CHAPITRE II

Le grand jour arrivait enfin pour les anciens élèves de Poudlard et chacun avait sa façon bien à lui de montrer ses émotions. Lily sautillait partout comme une petite fille. Remus était occupé à lire les différentes horaires et destinations sur l'écran numérique. James ronflait, appuyé sur le chariot à bagages sur lequel Alice dormait. Marlene chantait une chanson de La Petite Sirène à tue-tête, cassant au passage les oreilles de son fiancé, qui, vu l'air sur son visage, ne demandait qu'à être achevé. Peter s'amusait à jouer à la moto en poussant un chariot vide en courant, tel un enfant. Elizabeth, avachie comme James sur son chariot à bagage, avec une expression ennuyée écoutait Sirius se plaindre et maudire Lily et Disneyland pour avoir troublé son sommeil. Et Frank se prenait la tête avec un de ces distributeurs de boissons et nourriture, le secouant pour que son paquet de chips coincé tombe et par la même occasion, que la machine lui rende la monnaie.

-Les passagers du vol A230, à destination de Denver, sont priés de se rendre au hall 2, porte C pour déposer leurs bagages.

-Ça y est ! Ça y est ! On s'en va à Disneyland ! s'extasia Marlene, en secouant son amoureux.

-Snape, contrôles ta femme avant que je la tue, râla Sirius.

-Si c'est pas moi qui la tue d'abord, rétorqua ce dernier.

Les adultes se dirigèrent au lieu demandé et firent la queue. Sirius et Severus étaient à deux doigts de faire une crise cardiaque en voyant la longue file d'attente. James dormait toujours. Alice avait fini par se réveiller à force d'entendre Marlene jouait les Madonna et Sirius râlait.

-Liz, rassures-moi. On fait la queue pour embarquer, hein ? demanda Sirius à son épouse, inquiet.

-Euh non, c'est juste pour déposer les bagages.

-QUOI ?! s'affola le sorcier, sortant James de son sommeil.

-Hein ? Quoi ? On est arrivé ?! marmonna James de sa voix ensommeillée.

-Par les Sept Enfers, Sirius. Tais-toi, tu attires l'attention sur nous, grommela Elizabeth.

-Je m'en fous ! Non mais qu'est-ce que ça veut dire, ça ? Bravo, l'organisation de cet aéroport ! dit-il ironiquement en applaudissant.

-La ferme Black, dit Severus irrité. Tu es en train d'attirer toute l'attention sur nous en plus de nous foutre encore plus la honte. Déjà que Marlene joue la diva -ne t'inquiètes pas, Chérie, je t'aime toujours, dit-il à son encontre- et que Potter nous a littéralement trempé le sol de sa bave en dormant sans compter ce petit rat de Pettigrow qui se comporte comme un sale gamin turbulent, si alors toi aussi tu t'y mets à jouer les capricieux, je sens que on va avoir du mal à passer des vacances tranquilles.

Cela fit clouer le bec à tout le monde bien que la plupart de la foule continuait de fixer les sorciers. Finalement, tous embarquèrent enfin, pour le plus grand soulagement de Sirius, bien qu'il dut se faire violence pour ne pas rouspéter face à la longue file d'attente pour embarquer.

-Bonjour, mesdames, mesdemoiselles, messieurs et bienvenue sur le vol A320 à destination de Denver. Je suis Gerard Woods et je serai votre capitaine pendant tout le long du vol. Je vous laisse entre les mains d'Amber, Victoria et Elaine, vos hôtesses, qui, je suis sûr, s'occuperont bien de vous et...

Sirius, Elizabeth et Frank étaient installés sur la rangée de gauche, Alice, Remus et Marlene sur celle du milieu, Peter, James et Lily étaient installés juste derrière eux, alors que Severus se retrouvait derrière la rangée de Sirius, coincé entre un vieux monsieur dégoûtant et un autre homme à coté qui n'avait pas honte de regarder en public un magazine de charme.

-Alors, Snape ? Pas trop dur derrière ? le nargua Sirius en se retournant.

-Va te faire voir, Black.

-C'est pas bientôt fini, tous les deux ? s'impatienta Elizabeth en se retournant à son tour.

-Si ton mari pouvait me foutre la paix, je t'en serai extrêmement reconnaissant.

L'une des hôtesses de l'air, une très jolie Afro-Américaine, s'avança vers eux.

-Je vous en prie, messieurs dame, asseyez-vous et attachez vos ceintures. Nous allons bientôt décoller.

Tous s'exécutèrent et l'avion commença à rouler. Elizabeth, Sirius, Lily et Severus étaient parfaitement sereins puisqu'ils avaient déjà pris l'avion, Alice et Remus étaient tranquilles également mais alors que Marlene s'excitait et bougeait telle une pile électrique et James priait sûrement toutes les divinités possibles qu'il connaissent, Frank Londubat et Peter Pettigrow commençaient à être terrorisés.

Pour le plus grand malheur de leurs voisins.

-Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ! Ça y est ! On vole ! On décolle ! s'excita Marlene en secouant Remus comme un pommier.

-Oh... oh oh ! Aaaaaah ! Aaaaaaaaaaaah ! J'ai peur ! J'ai peur ! paniqua Frank en s'agitant sur son siège.

-Calmes-toi, Frank ! Doucement... doucement ! essaya de le calmer Elizabeth. S'il te plaît, Sirius, aides-moi à le tenir.

-Tout ira bien, Frank. Calmes-toi !

-Non, non, n'enlèves pas ta ceinture ! Arrêtes, arrêtes !

De son coté, Peter paniqua également, si bien qu'il réussit à se détacher et grimpa sur les genoux de Lily, comme s'il était un enfant qui avait besoin d'être rassuré.

-Peter, s'il te plaît, descends de mes genoux ! Je suis pas ta mère !

-Monsieur, je vous en prie, calmez-vous ! tentèrent de calmer les hôtesses de l'air.

Quelques heures plus tard, l'équipe et les six amis réussirent enfin à calmer les deux perturbateurs et certains des passagers somnolaient. Sirius ne parvenait pas à trouver le sommeil. Et sa femme non plus.

-Je suis en pleine période d'ovulation, chuchota-t-elle à son mari. Et il faudra attendre le mois prochain si on veut faire un bébé.

-OK, faisons-le.

-Maintenant ?

-Ouais.

-OK. Passes-moi ton portable.

Le fils aîné Black s'exécuta, donnant son téléphone à la blonde.

-C'est bon, t'es prête ?

Sirius ne reçut même pas de réponse que sa femme commença son grand numéro d'actrice.

-Est-ce que tu te fous de ma gueule, Black ?!

-Quoi ?

-Après toute la longue discussion qu'on a eu, tu parles toujours avec cette pétasse ?!

-Mais non, je ne lui parle pas du tout.

-Attends, tu viens de me traiter de menteuse ?!

-Mais non, pas du tout...

Les passagers commençaient à les fixer, mal à l'aise d'assister à une dispute conjugale. Même leurs amis ne dirent pas un mot.

-Et c'est quoi ce message où tu lui passes ton numéro privé ?!

-Non, mais arrêtes ! Tu deviens folle !

-Ah ! Maintenant je suis folle ! Oh oui, c'est moi la folle dans cette histoire !

-Arrêtes, on va pas se disputer en plein milieu d'un avion.

-Pourquoi ? T'as peur que tout le monde dans cet avion sache à quel point t'es un connard ?!

-OK, c'est bon, j'en ai marre, t'as besoin de te calmer, dit Sirius en se levant.

-Attends, où tu vas, là ?! s'exclama Elizabeth en se levant à son tour, le suivant.

-Je vais aux toilettes !

-Reviens ici ! On a pas fini cette conversation !

Elizabeth poussa son mari et les deux s'engouffrèrent dans les toilettes.

On pouvait encore entendre les bribes de leur querelle.

-J'arrive pas à y croire que tu viens juste de me suivre dans les toilettes d'un avion juste pour qu'on continue à se disputer !

La jeune femme dut se faire violence pour ne pas exprimer ses cris de plaisir alors que son mari la prenait juste contre le lavabo des toilettes, et continua à engueuler Sirius.

-J'arrive pas à y croire que tu envoies encore des messages à cette stupide pétasse !

-Je t'ai déjà dit que je ne lui envoyais pas de messages !

-Tu veux savoir c'que c'est ton problème ?

-Quoi ?

-T'essayes même pas de voir les choses de mon point de vue ! répliqua l'ex-Serpentarde.

-Tu veux savoir le tien ?

-Quoi ?

-Tu deviens cinglée !

-Oh, oh ! T'es vraiment un connard ! Un énorme connard ! dit-elle en réprimant son envie d'exprimer son plaisir.

-Si t'arrêtais de flipper aux moindres petites choses et si tu me laissais m'expliquer, on aurait pas ces problèmes.

-Ben vas-y ! Expliques-toi !

Une hôtesse de l'air inquiète allait taper à la porte pour savoir si tout aller bien mais en fut dissuadée par sa collègue pendant que le couple continuait sa querelle.

-Tu veux que je m'explique ici, sur le champ, au milieu de cet avion ?!

-Oui ! Sinon on n'aura jamais l'occasion d'en parler à nouveau !

-Pourquoi tu dis ça ?!

-Parce que c'est toujours ce que tu fais ! Tu préfères éviter et oublier !

-D'accord, je te promets qu'on en parlera quand on rentrera à la maison ! Est-ce qu'on peut, s'il te plaît, arrêter de se disputer dans cet avion ?

-Très bien !

-Est-ce qu'on en a fini ?

-J'en sais rien ! Est-ce qu'on en a fini ? demanda Elizabeth en regardant son mari.

-Presque.

On n'entendait plus rien dans les toilettes. Puis après que chacun ait enfin atteint la jouissance...

-Maintenant, on en a fini.

La porte s'ouvrit avec le couple qui jouait toujours sa comédie et puis qui se réinstalla dans leurs places. Les passagers évitaient de les regarder, bien trop gênés par la situation.

-Je suis désolé à propos de ça, s'excusa le brun à une dame moldue aux lunettes rouges.

-Oh euh... c'est rien, dit la dame en reportant son attention sur son journal.

Sirius leva son poing, imité par sa femme, et les deux checkèrent essayant de cacher leurs sourires satisfaits.

Quelques heures plus tard, après que Frank se soit endormi sur l'épaule d'Elizabeth, elle-même endormie sur celle de son mari, James s'adressa à son meilleur ami.

-Sirius ? Est-ce que tout va bien en ce moment entre toi et Elizabeth ?

-Hein ? Oh oui.

-T'es sûr ? Vous venez juste de vous disputer.

-Oh ça ? Ah non, t'inquiètes ! On a juste fait ça pour pouvoir faire l'amour, avoua-t-il en chuchotant.

-Hein ?! Mais vous êtes malades !

-Vous me dégoûtez ! s'exclama Severus à l'arrière, coincé entre ses deux voisins qui ont pris ses épaules pour des coussins.

-Non, on est juste amoureux, mariés et on veut avoir des enfants. Liz est en pleine période d'ovulation et on essaye d'avoir un bébé.

-Oh ! C'est trop mignon, se réjouit Alice. Depuis quand vous essayez d'en avoir un ?

-Seulement depuis deux mois.

Les filles pensaient déjà à quoi ressemblera et quoi offrir comme cadeau au futur bébé non-existant de leurs amis alors que les mecs restaient sur leurs avis d'origine. Le reste du voyage se passa calmement même si Severus se retenait de jeter un sort à ses voisins, Frank refit une crise de panique et grimpa littéralement au plafond, Remus se retenait d'étrangler l'enfant derrière lui qui lui lançait des fléchettes et James trempait la moquette et son siège de sa bave à nouveau.

Après plus de 12 heures passées en avion, le groupe arriva enfin à Denver et dut prendre des taxis pour être amenés chez Stan, un concessionnaire de voiture, selon Lily.

-C'est la première fois que je monte dans un taxi jaune !

-Je te rassure, Marley, dit Severus en embrassant la main de sa copine, ce ne sera pas la dernière fois.

Marlene, sous le charme, embrassa son fiancé à pleine bouche.

-Et après, il dit que c'est nous qui sommes dégoûtants, constata Sirius.

Les taxis s'arrêtèrent enfin devant chez Stan, le concessionnaire et ce fut James qui s'adressa à l'homme rondouillard, chauve et petit.

-Bonjour, mon brave. Nous avons réservés un véhicule et nous aimerions le récupérer.

-Bonjour, mon brave ? répéta Severus, interloqué. Non mais tu te crois au Moyen-Âge en train de parler à un palefrenier ou quoi ?!

L'homme semblait cacher un sourire moqueur face à la façon de parler de James et son accent britannique.

-Taisez-vous les gars et laissez-faire l'Américaine, déclara Elizabeth. Salut, mec ! On a appelé de Londres, y a deux semaines pour te louer une caisse. T'en a une à nous refiler ?

-Ah bien sûr que j'en ai pour toi, ma p'tite dame, rétorqua l'homme en fumant son cigare. Suivez-moi !

Le groupe le suivit dans une sorte de garage où tout plein de voitures étaient en train d'être réparées, peintes mais tous les hommes qui y travaillaient, se stoppèrent pour siffler et admirer les quatre jeunes femmes qui avaient pénétré dans la salle, snobant carrément les garçons.

-Alors, écoutes poupée, j'ai une option pour vous. T'es mignonne et t'as pas l'air idiote. Tes copines non plus. Par contre, pour ce qui est des gars qui sont avec vous... bref, comme vous êtes nombreux, je peux vous louer un camping-car, dit-il en montrant un camping-car bleu qui avait l'air comme neuf.

-J'espère pour toi que t'essayes pas de me filer une casse, dit Elizabeth, méfiante.

-Nan. T'inquiètes, ma belle, c'est une occasion en or pour vous. Un camping-car de luxe neuf avec double intérieur cuir, douche, sanitaires et cuisine complète intégrés et le tout, fraîchement repeint.

-OK, où est l'arnaque ?

-Mais, y en n'a aucune, Chérie. Ce petit bijou te fera voir toutes les routes de notre cher pays et tout cela pour 10 000 $.

-10 000 $ ?! Non mais tu m'as pris pour une British ?!

-C'est ce que tu es, Chérie ! murmura gentiment Sirius.

-T'es de son coté ou du mien ?! répliqua sa femme. 10 000 $ pour un carrosse retapé et qu'on loue pour seulement dix jours ! Écoutes-moi bien mon gars. Soit tu me fait un prix, soit ce tas de ferraille tu te le fous où je pense, c'est clair ?!

-J'peux te faire un prix à 9 500.

-9 200 !

-9 210 !

-8 700 !

Elizabeth et le vendeur se mirent à négocier pour finalement arriver à un prix raisonnable.

-Eh bien, eh bien. C'est qu'elle a le sens des affaires, la petite dame.

-Voilà la première moitié. On te paiera l'autre après.

-T'es douée en affaires, ma jolie, dit l'homme en comptant les billets. Voilà les clés.

La jeune femme s'empara des clés et c'est tout sourire qu'elle retrouva son groupe.

-En voiture, tout le monde ! Disneyland nous voilà !

Les sorciers montèrent tous dans le camping-car et c'est avec Lily au volant que le voyage commençait. Elizabeth, assise sur le siège passager, regardait une carte routière, guidant Lily dans son trajet.