CHAPITRE III
-Il faut que tu prennes à gauche sur Kalamath Street puis que tu suives la 6th avenue.
-Attends, attends. Shakalamata quoi ?
-Tu prends Kalamath Street. Calmes-toi, Evans, ça va aller. T'es stressée comme si tu repassais ton permis. Je vais pas te manger.
-Désolée mais c'est la première fois que je suis aux États-Unis et je suis toute excitée ! Et puis j'ai jamais conduit à gauche !
-Il y a des moments où je plains vraiment James de te supporter, soupira-t-elle.
-Méchante !
-Moi aussi, je t'aime, Evans, dit Elizabeth en regardant toujours la carte.
Le voyage se passait tranquillement lorsque la conductrice se mit à lâcher un cri assourdissant en freinant brusquement.
-HAAAAAAAAAAAAAAAAAA !
-Quoi, quoi ?! cria Frank en se réveillant subitement.
-Un lapin ! Un lapin ! J'ai écrasé un lapin !
-Mais non, c'est... c'était une... une feuille morte. Oui, voilà c'est ça ! C'était une feuille morte ! dit James, d'un ton plus ou moins rassurant, en regardant par la fenêtre, constatant les dégâts que sa petite amie avait fait sur la pauvre bête.
-Avec une petite queue touffue et de longues oreilles ? demanda-t-elle avec des yeux larmoyants.
-Euh.. oui c'était un carton, crut bon d'ajouter Remus.
-Mais non, Lily a bien tué un lapereau de huit semaines, pesant 650 grammes, dit Elizabeth avec un sourire presque sadique.
Lily se mit à fondre en larmes et cela prit plus d'une heure à la calmer si bien que c'est Severus qui se décida à prendre le volant.
…
Le pauvre homme voulait juste exploser maintenant lorsqu'il regardait dans le rétroviseur pour voir ce que faisait les autres. Marlene eut la merveilleuse idée de chanter une chanson de Disney pour remonter le moral à Lily. Avoir Marlene jouer les chanteuses professionnelles était déjà un supplice pour le brun mais voir qu'en plus elle avait réussi à entraîner tout le groupe dans sa chanson, une chanson qui ressemblait plus à des cris de marchand cherchant à vendre leurs produits selon lui, le poussait presque au bord de l'accident.
Severus Snape se demandait encore comment il avait fait pour encore supporter le groupe de gamins qu'était les Maraudeurs. Sirius quitta le groupe des chanteurs et prit place sur le siège passager, bien à coté de Severus.
-Alors, Snape ? Ça va ? Tu ne regrettes pas ton choix d'avoir demandé à Marlene en mariage ? dit-il, taquin.
-Absolument pas, répondit Severus en serrant les dents, irrité de voir que Sirius prenait un malin plaisir à l'embêter.
-T'es pas un peu énervé ?
-Je vais très bien, Black ! répondit Severus en perdant son sang-froid mais se reprit bien vite. Vas-t-en maintenant.
-T'es sûr ? On peut voir de la fumée émaner de ton crâne. Et ta grosse veine sur la tempe palpite, se moqua-t-il. À mon humble avis, t'es plus qu'énervé et t'as besoin d'un calmant. Peut-être que Marlene peut t'aider avec l'une de ses chansons.
-Par pitié, Black, ne fais pas ça, supplia presque Severus en détournant un instant son attention de la route pour regarder Sirius, qui était à la fois, surpris et enchanté de voir pour la première fois de sa vie un Severus Snape se rapprochait de ce qui ressemblait le plus à de la panique.
-Mais moi, je crois que t'as bien besoin de te détendre, Servilus, le nargua-t-il. Marlene !
-Si tu me fais ça, je dirais à Elizabeth toutes les filles que tu t'es envoyé à Poudlard, répliqua le sorcier avec un ton menaçant, bien qu'il soit à cours d'idées.
-Hé Marls ! cria-t-il en appelant la fiancée de Severus.
-Si tu ne veux pas que je sois la cause de votre futur divorce, t'as pas intérêt à oser me faire ça, riposta ce dernier en essayant de ravaler tant bien que mal la colère qui montait en lui.
-Viens, Marlene ! Severus a quelque chose à te demander ! poursuivait toujours Sirius, en appelant la blonde qui commença à se lever de sa place, puis il reporta son attention sur Severus. C'est con, parce qu'elle sait déjà toutes les filles que je me suis fait avant de sortir avec qu'elle. Mauvaise pioche, Snape. Retentes ta chance avec Potter et Evans, dit-il en se levant de sa place tout en tapotant l'épaule du conducteur dans un geste compatissant.
Marlene arriva toute guillerette et demanda à Sirius qu'est-ce qui se passait.
-Ton fiancé aimerait bien que tu lui chantes une jolie chanson, de préférence, une des dessins animés Disney, et que tu t'assois bien à coté de lui, expliqua Sirius à son amie, pour qu'il puisse encore mieux t'écouter.
-C'est vrai ? dit Marlene avec des étoiles plein les yeux.
-Oui ! Tiens, j'te laisse la place, lui répondit-il en lui montrant le siège passager.
Marlene entama donc une chanson de Cendrillon, la fameuse ''Bibbidi Bobbidi Boo'', au plus grand dam de son fiancé.
…
Après des heures à torturer l'ouïe de son pauvre amoureux, Marlene avait faim ainsi que Frank et Peter qui salivaient devant le prospectus d'un fast-food qui traînait.
Le camping-car fut garé après que Lily trouva l'adresse du plus proche restaurant nommé Chez Le Poulpe Balafré et Le Loup Maladroit. Le lieu était désert et la pancarte du restaurant était décrochée et à moitié effacée. Les murs avaient perdus leurs couleurs et les vitres étaient brisées. Les sorciers entrèrent dans ce qui semblait être les vestiges d'un restaurant, et purent découvrir l'état délabré et poussiéreux de l'intérieur. Le mobilier, le plafond, les fenêtres et les murs étaient recouverts de gras, de poussières et d'épaisses toiles d'araignées, certaines tables et chaises étaient cassées ou renversées et gisaient sur des tas d'immondices qui jonchaient le sol, et Alice et Elizabeth poussèrent un cri de peur en remarquant la présence de plusieurs rats et souris qui s'alimentaient de ce qui ressemblait à de la nourriture périmée depuis des lustres à en juger par l'odeur et la couleur.
-Il y a quelqu'un ? interrogea Remus, espérant intérieurement qu'aucune réponse ne viendrait et qu'ils quitteraient tous immédiatement cet endroit. Rien ne vint. Bon, y a personne ? Allez, on rentre, proposa-t-il en faisant demi-tour pour sortir du restaurant.
-Attends, attends, dit Frank en le retenant par le bras. Hé ho ! Il y a quelqu'un ?
Un bruit se fit entendre et un petit homme moustachu obèse, proche de la soixantaine, à la toque de chef cuisinier et à la veste de cuisine sale surgit dans la pièce, avec un énorme sourire collé sur le visage.
-DES CLIENTS ?! ALBERT ! ALBERT ! Bonjour, messieurs dames, s'adressa l'homme aux clients potentiels. ALBERT ! Qu'est-ce tu fous ?! hurla l'homme en repartant de là où il venait.
-Il est hors de question que je mange quoi que ce soit ici, chuchota Elizabeth tout en se rapprochant de son mari, écœurée par l'endroit. T'entends, Sirius ? Il faut qu'on dégage illico d'ici.
-Je suis d'accord avec Liz, il faut qu'on sorte de là, ajouta le loup-garou.
-Ben, pourquoi ? demanda naïvement Peter. J'ai faim, moi.
-Tu me dégoûtes, Pettigrow, fit remarquer simplement Severus avec un regard aussi écœuré que celui d'Elizabeth.
-Il faut peut-être leur laisser une chance à ces gens, proposa gentiment James.
-Non mais t'es malade ?! Je ne resterai pas une minute de plus dans ce taudis ! Frank ! Prends tes affaires, on s'en va ! s'énerva Alice en se dirigeant vers la sortie.
-À vrai dire, je suis de son avis, avoua Remus en la suivant.
-Je pars avec eux, rejoignit Elizabeth.
-Des clients, Albert. On a des clients, informa l'homme en refaisant son apparition, accompagné cette fois, du dit Albert, qui observa les ''clients''.
-Mesdames et messieurs, nous sommes heureux de vous accueillir Chez Le Poulpe Balafré et Le Loup Maladroit, notre humble demeure, dit le second homme, plus jeune d'une dizaine d'années, moins gros et ne portant aucune moustache. Asseyez-vous, prenez donc place et laissez nous vous proposer nos délicieux mets. MAURICE ! ANDRÉ ! JEAN-BAPTISTE ! JEAN-CLAUDE ! hurla Albert à son tour.
Bientôt une nuée de serveurs mal âpretés entrèrent et forcèrent les sorciers à s'asseoir.
