CHAPITRE IV
-MUSIQUE ! cria Albert et une mélodie entraînante vint caresser les oreilles de nos chers amis.
Frank et Peter bavaient devant les menus que les serveurs leur avaient fourni, Alice et Remus étaient ébahis, le couple Black était mortifié, Marlene et Lily tapaient des mains au rythme de la musique, James ne savait que faire devant la situation et Severus fulminait intérieurement.
Et l'action qui se passait devant eux avait de quoi être cocasse. Dès que la musique joua, les serveurs s'étaient mis à danser, sauter, faire des pirouettes... bref une chorégraphie bien organisée se déroulait sous les yeux des anciens élèves de Poudlard. Mais le pire fut les deux hommes qui devaient sûrement être les gérants et chefs cuistot du restaurant.
-Prêt, Barnabé ? demanda Albert au moustachu.
-Oh que oui, Albert !
Albert sourit et se lança dans la chanson, rejoint de près par Barnabé..
Ahh...
Les petites entrées !
Festoyons mes amis, voyez comme c'est joli !
Mangez, dégustez, le luxe n'a pas de prix !
C'est une merveilleuse friandise !
Que dis-je ! Une sublime gourmandise !
Armez-vous de vos couverts !
Savourez les délices de mon ami Jean-Boris !
Ouvrez la bouche, dévorez les petites saucisses
Avec le rouge qui remplit vos verres !
Ahh...
Les amuses-bouches !
Écoutez ce qui va suivre
Regardez-moi cet apéritif
Pour goûter toutes ces vivres
On se doit d'être festif
Festoyons mes amis, voyez comme c'est joli !
De la volaille fondante aux fruits confits
La meilleure des sensations
C'est de manger du bon poisson !
Petits gourmets et fines bouches
N'ayez pas peur d'en remettre une couche
Pour bien manger et bien boire
On f'ra une cuisine au beurre noir
Festoyons mes amis, voyez comme c'est joli !
Ahh...
Les bons plats de chez nous !
Dévorez sans compter !
Ne craignez pas de vous empiffrer
Comme on dit le client est roi
Désormais vous avez le choix
Festoyons mes amis, voyez comme c'est joli !
Vous prendrez bien un peu de filet mignon
Vous aimerez aussi les champignons
Picorez les écrevisses et prenez quand même du pain d'épices
Festoyons mes amis, voyez comme c'est joli !
Mangez, dégustez, le luxe n'a pas de prix !
Un bon repas sans fromage
C'est un oiseau sans plumage
N'oubliez pas le dessert
N'y allez pas avec le dos de la cuillère
Festoyons mes amis, voyez comme c'est joli !
Mangez, dégustez, le luxe n'a pas de prix !
À la casserole nous passons
Du chocolat aux cornichons
Festoyons mes amis, voyez comme c'est joli !
Festoyons mes amis, voyez comme c'est joli !
Mangez, dégustez, le luxe n'a pas de prix !
Le pain qu'on omets pas de croquer et grignoter
Festoyons mes amis, voyez comme c'est joli !
Ne l'oubliez pas braves gens
L'appétit vient en mangeant
C'est une merveilleuse friandise !
Que dis-je ! Une sublime gourmandise !
Ne nous mangeons pas le foie !
Régalons-nous de ce magnifique festin de roi !
Le spectacle se clôtura et les deux cuisiniers saluèrent et remercièrent leur ''public''. Seuls Peter, Frank et Marlene applaudissaient alors que les autres étaient abasourdis par la scène qui s'était jouée devant eux.
-Merci, merci, mesdames et messieurs !
-C'était sublime ! Absolument superbe ! s'exclama Marlene en applaudissant toujours aussi frénétiquement.
Les autres étaient encore sonnés de ce à quoi ils avaient assisté. Jamais ils n'auraient pu penser que ce restaurant mettrait les petits plats dans les grands, sans jeu de mots, pour les impressionner et leur donner envie de rester ici.
Ce fut James qui parla le premier.
-C'était un charmant spectacle mais la route est longue et je crois que le vin nous a un peu monté à la tête. Donc il vaudrait mieux partir.
-Oui, je crois que j'ai besoin de dormir, dit Elizabeth en se levant doucement de sa chaise tout en s'y accrochant pour ne pas vaciller. Je pense avoir assez mangé de champignons hallucinogènes pour la journée.
-Oh, mais vous ne pouvez pas partir maintenant, dit-il en faisant asseoir de force la femme de Sirius. Ce n'était que l'ouverture de notre animation de ce soir.
-Ah ben c'est tant mieux ! Parce que nous, on a faim, précisa Peter en désignant Marlene et Frank de son doigt.
-Vos désirs sont des ordres, chers clients bien-aimés ! C'est le moment, mes chers amis, de s'ouvrir l'appétit ! dit Barnabé. MARIE-THÉRÈSE ! ELLES ARRIVENT CES FARANDOLES DE LÉGUMES OUBLIÉS ?! Vous allez voir comme vous allez vous régalez ! Et ce ne sont que des produits venant de nos bon vieux terroirs français, continua-t-il en bombant le torse, fier de ses origines.
-Et vos produits, ils sont vieux aussi ? demanda Remus, ironique.
Albert et Barnabé rirent et ce dernier colla une grande tape sur le dos de Remus, lui décollant les poumons au passage.
-Ah ah ! Mais c'est qu'il a le sens de l'humour, le bonhomme ! Allez, je vais vous amener les escargots et les cuisses de grenouilles, vous m'en direz des nouvelles.
-Si on vous envoies les notes de frais de l'hôpital, ça vous va ? plaisanta à moitié Sirius.
Pas de réponse.
-Il nous reste plus qu'à espérer que nos estomacs soient bien accrochés, dit Severus en regardant les serveurs revenir avec les mets peu ragoûtants. L'heure est à la prière, dit-il en tendant ses mains.
Les autres l'imitèrent et fermèrent les yeux, écoutant le sorcier prononcer le bénédicité.
-Seigneur ! Bénissez-nous...
…
Un peu plus de deux heures étaient passés et ils purent enfin déguerpir de cet endroit. Tous, hormis les trois gloutons, avaient des yeux ronds, et semblaient totalement traumatisés par cette expérience. Tous montèrent dans le camping-car et soupirèrent. Trois soupirs d'aise et rassasiés pour les uns et un soupire commun de soulagement d'avoir pu quitter le restaurant pour les autres.
-Plus jamais je ne mettrais les pieds aux États-Unis ! jura Lily.
-Je vais demander à ce qu'on me retire la nationalité américaine, avoua Elizabeth, les yeux dans le vide.
-C'était génial ! Jamais je n'ai aussi bien mangé dans un restaurant ! clama Peter. Festoyons mes amis, voyez comme c'est joli ! chanta-t-il. Elle est super cette chanson ! Mangez, dégustez, le luxe n'a pas de prix !
Le sang d'Alice ne fit qu'un tour et sa tête tourna vivement pour faire face à Peter, une fureur presque meurtrière dans ses yeux noisettes.
-TOI !
Peter se fit tout petit en voyant la jeune femme se rapprocher de lui, le pointant d'un doigt accusateur.
-TOUT EST DE TA FAUTE, PETTIGROW ! À CAUSE DE TOI, ON A DU BOUFFER DANS CE RESTO MALFAMÉ ET DÉGUEULASSE TOUT ÇA PARCE QUE MÔSIEUR AVAIT FAIM ! JE VAIS T'ÉTRIPER SALE PETIT RAT DE MES DEUX DE PROVENCE ! vociféra-t-elle en tentant d'étrangler le cou de l'animagus.
Alice fut empêchée de commettre un meurtre par une paire de bras qui s'enroulèrent autour de sa taille pour l'abstenir de réaliser l'irréparable.
-POTTER ! SI TU NE ME LÂCHES PAS IMMÉDIATEMENT, TU ES LE PROCHAIN SUR LA LISTE QUE J'ÉTRANGLE ! hurla-t-elle en se débattant
-Non mais Alice chérie, calmes-toi. N'en fais pas tout un drame, lui conseilla Frank.
Alice devint immobile, si bien que James relâcha sa prise sur elle, et fixa son mari.
-QUOI ?!
-Ben...
-FRANKLIN JOHN LONDUBAT ! JE N'EN FERAI PAS TOUT UN DRAME SI TU N'AVAIS PAS SUIVI CE STUPIDE RAT GLOUTON ET CRÈVE-LA-FAIM QUI NE RÉFLÉCHIT QUE PAR SON ESTOMAC ! UN STUPIDE RAT GLOUTON ET CRÈVE-LA-FAIM QUE JE VOUDRAI BIEN ÉCRASER SOUS UNE VOITURE ! ET DONT JE VOUDRAI BIEN ENTERRER LE CADAVRE DANS LE JARDIN ! POUR L'AMOUR DE MERLIN, JAMES, LÂCHES-MOI !
-Mais enfin, je sais pas ce que vous reprochez à cette endroit. Moi, je trouve qu'il est magique, annonça la jeune McKinnon. Qu'est-ce qui vous a déplu tant que ça dans ce restaurant ?
-Severus, je t'en prie, dis-moi qu'elle est encore sous les effets de ces foutus champignons hallucinogènes ? questionna Elizabeth, désespérée.
-Je l'espère vraiment parce que moi-même je ne la reconnais pas, confessa-t-il.
-Festoyons mes amis, voyez comme c'est joli ! Mangez, dégustez, le luxe n'a pas de prix ! continuait de chanter Peter.
-Peter, je te jure que si tu ne t'arrêtes pas de chanter cette abominable chanson, je prendrai la relève d'Alice et t'étranglerai de mes mains nues ! s'emporta Elizabeth.
-Écoutes-la, Queudver. Écoutes-là parce que tu ne sais pas de quoi elle est capable, l'avertit Sirius d'un ton bas.
-Mais cette chanson est magnifique ! s'enquit-il à défendre.
-Tu as dit la même chose la dernière fois sur la chanson de la pub d'un fromage, renchérit Elizabeth.
-Non, c'est faux !
-Dès que quelque chose a un quelconque rapport avec la nourriture, tu es le premier au courant, admit Severus. Ça ne m'étonne guère d'ailleurs puisque que tu ne penses qu'à t'empiffrer jusqu'à ce que tu t'étouffes, rajouta-t-il avec un ton dédaigneux.
-C'est pas vrai ! dit Peter, se défendant tel en enfant en tort.
-Si ! Il vaut mieux pour toi que je ne t'entendes plus chanter cette maudite chanson parce que sinon, tu ne te relèvera pas le lendemain matin, menaça Elizabeth. Et adieu Disneyland pour toi.
-Mais c'est devenu ma chanson préférée ! Festoyons mes amis, voyez comme c'est joli ! Manger, dégustez, le luxe n'a pas de prix ! C'est une merveilleuse friandise ! Que dis-je ! Une sublime gourmandise !
-Je l'tue ! gueula Elizabeth en se jetant sur l'ami de son mari, telle une furie, ses mains blanches autour du cou de Peter, prêtes à étouffer la gorge grasse de l'homme.
