Coucou, je dois avouer que je suis particulièrement inspirée pour cette histoire, même si j'ai d'autres idées en tête et que je n'abandonne pas les autres non plus. Promis. Merci à vous de lire, suivre et mettre en favori cette fic, merci beaucoup aussi pour les commentaires, n'hésitez pas à en laisser :D. Bonne lecture.

Essaidel : Bonjour, je suis très touchée alors que tu l'es fait, merci :D. Tu n'avais pas beaucoup de retard vu que je ne l'ai pas posté il y a longtemps, oui je suis vraiment fan du Seigneur des Anneaux et si j'ai surtout des idées pour des crossovers HP/LOTR, mais celle là n'a pas voulu me sortir de l'esprit.

J'ai horreur de Denethor mais dans celle là, il sera particulièrement horrible je l'admets. Et non ça ne va pas être évident pour elle, elle va vraiment galérer pendant la guerre de l'anneau. Et oui j'ai un plan pour la première partie de l'histoire, c'est à dire toute la partie centrée sur la guerre ensuite pour l'après c'est un peu plus flou je l'admets. J'espère ne pas t'avoir trop fait attendre alors, bisous.

Boromir était assis près du feu, ils avaient quitté Fondcombe il y a quelques semaines déjà, il ne savait toujours pas quoi penser de ce projet, détruire l'anneau unique. Son père voulait qu'il le ramène à Minas Tirith, il avait dit que le peuple en avait besoin et c'était vrai. Ils manquaient de force et ils avaient besoin d'aide, l'anneau pourrait apporter cette aide, mais il savait que ça augmenterait le danger pour la Cité et il n'avait pas oublié les paroles d'Elrond et de Gandalf au Conseil. Son devoir demandait à ce qu'il obéisse et ramène l'anneau mais il avait juré de protéger Frodon et de l'aider à le détruire, son honneur était engagé et il comptait bien respecter son engagement, même si le fait d'être éloigné de sa Cité l'inquiétait. Osgiliath ne tiendrait pas éternellement surtout si leur père n'envoyait pas plus d'hommes pour garder la ville et c'était la dernière défense du Gondor, la dernière défense de Minas Tirith, la dernière protection entre le Mordor et sa sœur. A la pensée d'Aurore il sortit le ruban qu'elle lui avait donné, il était dans une poche sur sa poitrine, c'était une tradition depuis la première fois où il était parti en mission loin de la ville, chaque fois qu'il partait elle lui donnait un ruban qu'elle portait le jour du départ, il le lui rendait lorsqu'il revenait. Elle faisait pareil pour Faramir d'ailleurs.

Il était protecteur de son peuple, mais s'il se battait de toute ses forces à chaque fois, c'était toujours avec le visage d'Aurore dans son esprit. Il voulait protéger son frère et sa sœur bien sûr, c'était son rôle en tant que frère aîné, mais c'était différent pour Aurore, elle était sa petite sœur, et depuis qu'il l'avait tenu dans ses bras alors qu'elle n'était qu'un bébé, il s'était juré de toujours la protéger. Faramir était un de ses meilleurs amis en plus d'être son frère, ils n'avaient que cinq ans d'écart et si à une époque ça avait semblé énorme, à présent ce n'était rien, et il s'inquiétait pour son frère mais il était plus que capable de se battre, il n'aimait certes pas se battre mais il était doué, et puis Faramir refuserait catégoriquement de rester à la citadelle. Il se sentait trop responsable du peuple du Gondor, cela faisait des années que Denethor ne menait plus les troupes, ne sortait presque plus de la Citadelle, c'était à Boromir et Faramir de rassurer les gens, les soldats, tandis qu'Aurore devait rassurer le peuple et s'occuper des gens.

Aurore. Il lui avait appris à se défendre, à se battre, désirant qu'elle soit capable de se battre si le pire devait arriver, mais il ne voulait pas qu'elle le fasse pour autant, il avait peur pour elle. A cause de la guerre bien sûr mais aussi parce que depuis plusieurs années elle souriait moins, elle faisait des efforts mais il n'était pas aveugle, il y avait une ombre dans son regard, une ombre qui l'inquiétait énormément.

"Qu'est ce que c'est ?" demanda une voix le faisant sortir de ses pensées, c'était Pippin, un des hobbits du groupe.

Et quel groupe étrange, un elfe, un nain, quatre hobbit, un magicien et deux hommes. Il apprenait peu à peu à connaître les autres membres du groupe et il apprenait en même temps à les respecter, il n'avait pas eu beaucoup de contact avec les elfes et les nains et encore moins avec les hobbits. Il avait rencontré quelques fois Gandalf au fil des années, même s'il avait eu moins de rapports avec lui que Faramir et Aurore, ils avaient apprécié le magicien et avaient profité de ses enseignements, tandis qu'il était resté à l'écart. Il ne savait pas quoi penser du magicien et il avait voulu respecter la volonté de son père, Denethor n'aimait pas Gandalf. Mais en réalité ce n'était pas le Magicien qui lui posait un problème, pas plus que l'elfe, le nain ou les hobbits, c'était l'autre homme de la Compagnie. Aragorn, fils d'Arathorn, le descendant d'Isildur, le roi légitime du Gondor.

"C'est un ruban tu le vois bien Pip." pointa Merry.

"Oui mais je demandais pourquoi il avait ce ruban." répondit Pippin en levant les yeux au ciel avant de se retourner vers Boromir. "Alors ?"

"C'est un ruban que m'a donné ma sœur le jour de mon départ." répondit volontiers Boromir, il aimait bien les hobbits, surtout Merry et Pippin, ils étaient curieux de tout et posaient des questions mais ils avaient aussi une innocence agréable à voir. Ils lui rappelaient des temps plus heureux avec Faramir et Aurore.

"Pourquoi elle a fait ça ?" demanda Pippin curieux.

"C'est une tradition pour nous, chaque fois que mon frère et moi partons en mission, Aurore, ma sœur, nous donne un de ses rubans et on lui rend à notre retour. C'est pour nous rappeler qu'elle nous attends, pour nous rappeler pourquoi on se bat." expliqua Boromir.

"Donc tu as un frère et une sœur ?" demanda Merry, il était fils unique, comme Frodon.

"Oui, ils sont tous les deux plus jeunes que moi." acquiesça Boromir.

"Comment sont-ils ? Ta sœur, est ce qu'elle rigole tout le temps et elle se moque de toi et de ton frère ? Parce que c'est ce que font mes sœurs. Ou est ce qu'elle aime les blagues ? Est ce qu'elle se bat aussi ?" demanda Pippin qui était le dernier de sa fratrie, avec trois sœurs ainées.

"Non, Aurore faisait des blagues avant, avec Faramir et moi d'ailleurs mais on ne le fait plus trop maintenant. Il y a moins d'occasions de rire ces dernières années, même dans la Cité Blanche. Elle reste à Minas Tirith, elle ne se bat pas, enfin pas avec des armes. Et oui elle me taquine parfois." sourit Boromir.

"Elle s'appelle Aurore alors. C'est un joli prénom." commenta Frodon en se joignant à la conversation.

"Et elle le porte très bien." dit Gandalf "Les gens l'appellent la Lumière du Gondor."

"Vous la connaissez Monsieur Gandalf ?" demanda Sam.

"Oui, je l'ai rencontré plusieurs fois." acquiesça le Magicien.

"Comment sont tes sœurs Pippin ?" demanda Boromir curieux.


La forêt de Lothlorien était belle, de ça il n'y avait pas le moindre doute, mais Boromir ne réussissait pas à y trouver le repos. Il était trop attiré par l'anneau, ça commençait à le hanter, la mort de Gandalf lui faisait perdre espoir aussi et chaque jour le souvenir des paroles de son père lui revenait, avec l'inquiétude pour le Gondor. Les paroles de Galadriel ne l'apaisaient pas non plus, ils n'arrivaient pas à se détendre, et visiblement il n'était pas le seul. Il avait décidé d'aller marcher un peu en espérant trouver un peu de paix et était tombé sur Pippin qui était assis près d'un cours d'eau, le jeune hobbit avait l'air triste. Désirant l'aider il s'assit à côté de lui et resta silencieux, comprenant que parfois le silence et la compagnie aidaient plus qu'un grand discours.

"C'est ma faute si Gandalf est mort." avoua Pippin après un moment.

"Non, ce n'est pas de ta faute." dit Boromir.

"Mais c'est à cause de moi qu'on s'est fait repéré." pointa Pippin.

"Tu n'en sais rien, on aurait peut être été repéré dans tous les cas." remarqua Boromir mais ses paroles n'étaient pas efficaces, il le voyait bien, il comprenait, il avait traversé la même chose et c'était peut-être ça qui aiderait Pippin. "Ca me fait penser à une de mes premières missions lorsque j'étais chef de mission, j'ai donné un ordre et c'était une erreur. Suite à mon erreur des gens sont morts, des soldats sous mes ordres. Je me suis blâmé pendant des semaines, et aujourd'hui encore je regrette ce qui s'est passé mais je ne peux pas me morfondre, pas plus que toi. Des gens meurent tous les jours et ce que nous devons faire c'est avancer et apprendre de nos erreurs pour que ça ne se reproduise pas. Tu te blâmes parce que tu as fait tombé ce squelette et que ça a fait du bruit. Honnêtement je ne suis pas sûr qu'on aurait pu sortir de ces mines sans se faire repérer même sans ça, mais si ça te hante, alors concentre toi sur le fait qu'on a survécu et qu'un grand ennemi est tombé. La perte de Gandalf est grave mais imagine ce qu'un Balrog aurait pu faire à une armée si il était sorti."

"On était en danger par ma faute." insista quand même Pippin.

"On est en danger depuis qu'on a quitté Fondcombe, voire même avant." rétorqua sans hésiter Boromir. "Tiens, prends ça." il décida en sortant le ruban de sa poche, sur son torse pour le donner à Pippin qui n'osait pas le prendre.

"Pourquoi tu me le donnes ? C'est de ta sœur, je ne peux pas l'accepter." protesta Pippin qui au fil du voyage avait entendu parler souvent de Faramir et d'Aurore, il passait beaucoup de temps avec le fils de l'Intendant du Gondor après tout.

"Aurore m'a donné ce ruban pour plusieurs raisons, la première bien sûr était pour me rappeler que je devais revenir mais c'était aussi pour me dire qu'elle pensait à moi, et qu'elle m'attendait. Et surtout que quoiqu'il arrive, elle était là pour moi, quoique je fasse, quelque soit mes erreurs j'aurais toujours ma sœur. Et mon frère bien sûr." dit Boromir lentement, réfléchissant à ce qu'il disait, il voulait vraiment aider Pippin et il le pensait, il n'était pas responsable de ce qui s'était passé dans les mines. "Je suis sûr qu'Aurore t'aimerait beaucoup, ou plutôt qu'elle t'aimera beaucoup parce que j'ai bien l'intention de te présenter toi, Merry et les autres à Aurore et Faramir. Je ne peux pas t'offrir un lien avec la Comté, mais j'espère que ce ruban te rappellera quand même un peu pourquoi nous faisons ça, les gens que nous protégeons grâce à nos actions. Et puis un projet pour après la guerre, après tout il faudra bien rendre ce ruban à ma sœur. Alors ne le perds pas. Et ne t'en fais pas pour moi, si il est tradition qu'elle nous donne un ruban à Faramir et à moi-même à chacun de nos départs, je porte d'autres objets offerts par elle et qui remplissent le même office."

Ayant dit ce qu'il avait à dire et comprenant que Pippin avait besoin d'un peu de temps seul, Boromir se leva, les discours de ce genre n'étaient pas son genre normalement, c'était plus le rôle de Faramir qui était bien plus empathique que lui, mais le jeune hobbit avait eu visiblement besoin de quelqu'un et en dehors de la sympathie qu'il éprouvait pour Pippin, il lui avait aussi rappelé Faramir lorsqu'il était plus jeune, et Boromir n'avait pas pu l'ignorer. C'était vrai que résister à la voix qui lui disait de prendre l'anneau et de l'amener en Gondor était plus facile lorsqu'il se concentrait sur le ruban, sur le fait qu'il ne voulait pas sa sœur proche de ce maudit anneau, ou son frère d'ailleurs, et il ne voulait pas augmenter le danger pour sa cité, mais il trouverait un autre moyen pour la repousser. Il le devait, il était assez fort pour y résister, car c'était ça le plus important, contrairement à ce que son père croyait, il en était sûr. L'anneau ne pouvait rien apporter de bien.


Honte.

Boromir avait éprouvé beaucoup d'émotions au cours de sa vie, la honte aussi bien sûr, particulièrement lorsque son père parlait mal de ou à Faramir, mais ça avait été assez rare et jamais de manière aussi intense. Mais aujourd'hui il avait échoué à tout les niveaux, il avait trahi son honneur en essayant de prendre l'anneau à Frodon, trahissant en même temps la confiance que le hobbit et les autres lui portaient. Il avait trahi son père en échouant à récupérer l'anneau. Il avait trahi son capitaine, son roi en agissant de la sorte.

Il avait échoué à protéger Merry et Pippin. Il avait échoué à les protéger contre ces créatures étranges envoyées par Saroumane et maintenant il mourrait. Trahissant ainsi la promesse qu'il avait faite à Faramir et Aurore.

Jamais il n'avait eu autant honte de lui même que là maintenant, allongé sur le sol, la vie sortant de son corps, trois flèches dans le corps, étendu au milieu des Uruk-hai qu'il avait réussi à tuer. Il allait mourir sans honneur et seul. Aragorn l'avait certes sauvé d'une quatrième flèche mais il allait mourir, et si son roi ne revenait pas rapidement il ne pourrait pas l'avertir de la capture de Pippin et Merry et de ce qu'il avait osé faire à Frodon.

"Ils ont enlevé les petits." il dit, pressant dès qu'Aragorn revint vers lui, étant sorti vainqueur du combat.

"Restez tranquille." ordonna Aragorn en examinant les flèches.

"Frodon." urgea Boromir, réussissant avec difficulté à lever sa main droite pour la placer sur l'épaule de l'autre homme "Où est Frodon ?"

"Je l'ai laissé s'en aller." répondit Aragorn.

"Alors vous avez fait ce que je n'ai pas pu faire." dit Boromir soulagé "L'anneau, j'ai essayé de le lui prendre." il avoua.

"Sachez qu'à présent l'anneau est hors d'atteinte." dit Aragorn, regardant avec tristesse l'homme aux cheveux bruns, bien qu'étant un guérisseur il ne pouvait rien faire avec de telles blessures.

"Pardonnez moi." implora Boromir "Je n'avais pas réalisé, à cause de moi vous allez tous échouer."

"Non, non Boromir. Vous avez combattu bravement, votre honneur est sauf." pressa Aragorn en bougeant pour enlever les flèches du corps du gondorien.

"Laissez la." demanda Boromir en attrapant sa main pour l'arrêter. "C'en est fini, le monde des hommes va s'effondrer. Tout ne sera que ténèbres. Ma cité sera détruite et ma famille tuée."

"J'ignore quelles sont les forces qui me restent." avoua Aragorn, solennel, tenant la main gauche de Boromir sur son épaule droite. "Mais je vous jure que jamais je ne laisserai prendre la Cité Blanche, ni notre peuple échouer, et je ferai de mon mieux pour protéger également votre famille."

"Donnez ça à ma sœur, ça doit lui revenir." implora Boromir en touchant faiblement sa ceinture et une petite bourse qui y était attachée, essayant de la défaire pour la confier à Aragorn.

"Je le ferai." jura Aragorn.

"Notre peuple." répéta touché Boromir, content de savoir que malgré tout Denethor, Faramir et Aurore seraient protégés par leur roi, mais aussi qu'Aragorn acceptait vraiment sa place au Gondor. Il attrapa son épée, tombée au cours du combat et de sa chute, aidé par Aragorn. "Notre peuple... Je vous aurai suivi mon frère. Mon capitaine. Mon Roi."

Sur ce vœu, Boromir mourut, son honneur sauf, reconnaissant son roi dans son dernier souffle.


"Boromir." appela Aurore en se réveillant brusquement.

Sa respiration était saccadée, elle avait du mal à reprendre son souffle et à stopper la douleur dans son cœur. Le rêve qu'elle venait de faire était si réel, le corps de son frère reposant sur une barque, sans vie, des armes autour de lui. Ce n'était pas la première fois qu'elle rêvait, ou plutôt qu'elle faisait un cauchemar au sujet de la mort de ses frères, ça arrivait souvent depuis la première fois qu'ils avaient quitté Minas Tirith.

Aurore passait rarement des nuits paisibles, ou même des bouts de nuits où elle rêvait, ses nuits étaient à la place peuplées de cauchemars et de craintes qu'elle tenait éloignée lorsqu'elle était éveillée, autant que possible en tout cas. Mais la nuit elles revenaient plus terribles que jamais. Surtout lorsqu'elle n'avait pas de nouvelles depuis plusieurs semaines, même depuis plusieurs mois pour Boromir, mais jamais ça n'avait été aussi réel, et jamais elle n'avait senti l'horreur à ce point dans son cœur.

Elle voulait le nier, plus que tout, mais elle sentait que son frère aîné était mort. Qu'il ne reviendrait pas à la Cité Blanche, qu'il ne la prendrait plus jamais dans ses bras. Qu'elle ne l'entendrait plus jamais rire ou dire des idioties pour la faire rire. Ou supporter ses taquineries, elle ne verrait plus la compétition entre ses frères.

Elle sortit de son lit, enfila une robe de chambre et se glissa jusqu'à la chambre de Boromir, et une fois à l'intérieur, la porte fermée pour que ses gardes ne rentrent pas, elle s'assit sur son lit et prit une de ses capes favorites et en sentant son odeur, ô combien familière malgré la séparation, les larmes contre lesquelles elle avait lutté depuis son réveil, se mirent à couler.

Seule, la Lumière du Gondor, pleura et pria pour que ce ne soit qu'un cauchemar, que Boromir vivait encore. Tout en sachant au fond de son cœur, que c'était déjà trop tard, le grand Capitaine du Gondor, mais surtout son frère bien-aimé était mort. Et pour elle c'était pire que tout, la seule chose qui pouvait être pire c'était si Faramir périssait à son tour. Entre des prières pour la survie de Boromir, elle implorait la protection pour Faramir, elle ne survivrait pas la mort de ses deux frères.