Coucou, voici le nouveau chapitre, je dois reconnaître que j'aime bien cette histoire, j'ai pleins d'idées pour Aurore, enfin pour la première partie en tout cas. J'espère que vous aimez cette histoire et le personnage d'Aurore, j'essaie de la rendre réelle, humaine et pas trop Mary Sue, vous en pensez quoi ? Succès ? Échec ? Enfin, merci de lire cette fic, de la suivre, de la mettre en favori et surtout de la commenter. Bonne lecture.

Essaidel : Bonjour, comment était ta semaine ? Oui, malgré le temps avant les vacances, chaque semaine nous rapproche un peu plus. Même si c'est loin... ;) Heureuse que tu aies aimé le chapitre, j'espère que ce sera aussi le cas pour celui là, oui j'ai hésité, au début ce n'était pas prévu, mais comme j'imagine Aurore, elle n'est pas du genre à rester sans rien faire, sans envoyer des renforts pour le Rohan. Du coup, un petit groupe de gondoriens au Gouffre de Helm. Elle fait un peu la différence donc.

Oui pour Ohtar et Varon, je ne voyais pas Boromir et Faramir, qui sont vraiment protecteurs de leur sœur, la laisser sans défense. Et puis j'avais besoin d'au moins un garde pour la suite, du coup il y en a deux, un pour chaque frère. Dans les livres il y a le Prince de Dol Amroth, enfin je crois, et je crois que dans les films, le blond au dessus du corps de Faramir, il me semble que c'est lui. Du coup il apparaît aussi dans cette fic.

Je le ferai la prochaine fois que c'est nécessaire, je m'étais dit que simplement la ligne de séparation suffirait mais en lisant le chapitre après l'avoir posté, j'ai vu que c'était un peu choquant.

Pas de soucis, merci de ton long commentaire :D, oui la suite ne va pas être facile pour Aurore, mais elle ne sera pas entièrement seule ;).

Pims10 : Je ne suis pas sûre d'avoir très bien compris ta review, mais oui elle se comporte comme une reine, même si elle ne s'en rend pas vraiment compte.

"Milady, Lord Denethor désire vous voir." dit un serviteur en trouvant Aurore qui était en train de jouer avec des enfants dans la Cité. C'était une chose qu'elle aimait vraiment faire surtout lorsqu'elle perdait espoir, ce qui arrivait plus souvent qu'elle ne le voudrait. Elle avait passé les deux derniers jours à lutter pour ne pas s'effondrer, elle avait senti que c'était vrai mais en voir la preuve.. C'était différent. Boromir avait toujours été là pour elle, il était le protecteur, celui qui la protégeait des cauchemars lorsqu'elle était enfant, le frère un peu idiot qui l'avait prise sur ses épaules souvent uniquement pour la faire rire, et ce même devant ses hommes. Il n'avait pas été parfait et elle avait souvent souhaité le secouer lorsqu'il disait, ce qu'elle considérait comme, des idioties mais il était son frère ainé et elle ne savait pas comment vivre sans lui. Ce serait la même chose s'il arrivait quelque chose à Faramir, elle le savait très bien, ses frères étaient différents mais elle les aimait énormément tous les deux. Avec la mort de Boromir, une partie d'elle même était morte et sourire, même pour aider le peuple à garder espoir, était presque impossible. La présence d'Ohtar et de Varon était une des seules choses qui lui permettait de garder la tête haute et de ne pas s'effondrer devant les gens, dans l'intimité de ses appartements et bien c'était différent. Néanmoins elle savait qu'elle ne pouvait pas continuer comme cela, cela ne servirait déjà à rien sauf à empirer les choses pour la Cité, elle devait tenir bon, elle refusait de revoir Boromir uniquement pour lui dire qu'elle avait failli leur Cité, et puis c'était son devoir à elle. Son frère avait donné sa vie pour la Terre du Milieu, de ça elle en était sûre, alors elle allait faire de son mieux pour que ça n'ait pas été en vain.

Elle devait donc retrouver l'espoir, ou en tout cas faire comme si, et le meilleur moyen pour faire cela, c'était d'aller voir les enfants de Minas Tirith. Aurore allait souvent les voir depuis des années, c'était agréable d'entendre des rires, de pouvoir se détendre un peu et jouer avec eux, c'était le meilleur moyen de se mettre de bonne humeur en tout cas et être avec eux, ça lui avait fait beaucoup de bien. Une chose qui allait devenir nécessaire vu le message du serviteur. Denethor n'avait été vu par personne depuis l'arrivée du messager de Faramir, enfin personne en dehors de ses serviteurs personnels, et Aurore avait savouré la tranquillité, malgré la situation. Ce qu'elle avait fait en envoyant de l'aide, aussi maigre ait elle été, au Rohan, il ne l'aurait pas accepté aisément en étant de bonne humeur et elle ne pouvait qu'imaginer, et craindre, son humeur après avoir appris que le seul enfant auquel il tenait, était mort. Elle dut lutter pour ne pas pâlir et trembler, elle ne pouvait pas montrer ça devant les enfants, encore moins devant un des serviteurs loyaux à l'Intendant, elle refusait de lui faire ce plaisir, elle n'était plus l'adolescente perdue qui avait été entièrement sous sa coupe, qui avait pliée encore et encore devant lui par crainte d'avoir plus mal.

"Très bien, il est dans la salle du trône ?" demanda Aurore en se levant, reposant doucement un enfant qui était monté sur ses genoux, elle avait joué un peu avec eux avant d'accepter de leur raconter une histoire. A chacune de ses visites elle leur racontait une histoire, une petite ou une longue selon le temps qu'elle avait de libre, parfois elle leur racontait une histoire en plusieurs parties.

"Oui Milady." confirma le serviteur.

Aurore lui fit un signe pour lui dire qu'il pouvait disposer, avec un sourire léger, et après un au revoir et un sourire bien plus chaleureux aux enfants elle se mit en route, Ohtar et Varon avec elle. Les deux hommes avaient été encore plus présents pour elle depuis la confirmation de la mort de Boromir, ils n'avaient pas douté d'elle avant mais ils avaient vu qu'elle tenait bon, qu'elle voulait croire qu'elle avait tort, mais depuis la confirmation, elle avait eu plus de mal à continuer l'air de rien. Et puis c'était plus que ça, ils étaient aussi inquiets concernant Denethor, elle acceptait très volontiers leur présence et le soutien qu'ils offraient et elle savait que c'était parce qu'ils étaient là derrière elle, une force silencieuse, qu'elle pouvait continuer ainsi. Mais là elle allait devoir leur demander de la laisser, elle n'avait pas le choix. Elle connaissait suffisamment les deux gardes pour savoir que jamais ils n'accepteraient de rester sans rien faire lors de la confrontation avec Denethor, surtout pas s'il devenait violent comme elle le pensait, et craignait.

"Ohtar, Varon, restez là, pas la peine que vous assistiez à cette discussion." elle dit donc avant d'entrer dans la salle du trône.

Elle n'avait pas besoin de se retourner pour savoir qu'ils étaient contre son ordre, qu'ils voulaient la suivre et qu'ils étaient contrariés par sa décision, mais elle ne ralentit pas et continua son chemin, entrant lorsque les gardes ouvrirent les portes et laissant derrière elle ses propres gardes. Elle les connaissait assez pour savoir qu'ils obéiraient malgré leurs sentiments à ce sujet, réprimant son malaise à l'idée de ce qui allait surement arriver, Aurore entra sans montrer la moindre hésitation, marchant avec la grâce apprise avec ses tuteurs, les yeux légèrement baissés comme l'exigeait Denethor. La salle du trône pouvait être magnifique, elle en était sûre, mais Denethor insistait pour que les fenêtres supérieures soient couvertes par des rideaux, ne laissant donc pour seule lumière, celle des fenêtres placées dans les alcôves derrière les statues des anciens rois. Il était assis sur le trône de l'Intendant, comme à son habitude, vêtu avec son épaisse cape noire et tenant dans ses mains le cor brisé de Boromir. A la vue de cet objet si familier, elle l'avait vu si souvent accroché à la ceinture de son frère, Boromir ne s'en séparait jamais, elle dut lutter pour avaler mais aussi pour retenir ses larmes. Elle refusait catégoriquement de montrer la moindre faiblesse devant cet homme, même au sujet de son chagrin quand à la mort de son frère aîné. Et ce bien que la simple vue de cet objet semblait lui déchirer un peu plus le cœur.

"Vous avez demandé à me voir ?" elle demanda après s'être inclinée légèrement, très légèrement et le strict minimum qui était exigé d'elle. Elle n'éprouvait aucune loyauté ou respect envers lui et refusait de laisser penser le contraire. Il n'y avait pas non plus de familiarité entre eux, et c'était pour ça qu'elle le vouvoyait, Denethor n'avait jamais été proche de ses enfants, même de Boromir, et du coup ils le vouvoyaient tous.

"Penses-tu que je sois stupide ?" demanda Denethor, la regardant d'un air froid et calculateur comme presque toujours mais son regard était un peu différent, il y avait une lueur qui l'inquiétait, pas une lueur de folie mais pas loin.

"Non." nia sans hésiter Aurore, elle pensait bien des choses à son sujet, la plus grande partie négative mais certainement pas le manque d'intelligence, sa vie serait bien plus facile si c'était le cas.

"Crois-tu donc que je suis sourd ou aveugle ?" il continua à demander, sa voix presque douce.

"Je ne le crois pas, non." nia à nouveau Aurore qui avait une idée sur où il voulait en venir.

"Croyais-tu donc que j'ignorerai tes actions ? Ta traitrise ?" demanda Denethor en se levant, posant néanmoins avec douceur le cor sur l'accoudoir de son trône.

"Je n'ai en aucun cas trahi." nia Aurore en regardant droit devant elle, sans croiser le regard de l'Intendant.

"Tu as envoyé des hommes sans ma permission au Rohan. Affaiblissant nos défenses au passage." pointa Denethor qui marchait en cercle autour d'elle. "Le nies-tu ?"

"Non, j'ai en effet envoyé des hommes pour aider le Rohan à lutter contre Saroumane, mais sans affaiblir les défenses du Gondor." nia Aurore.

"Sans ma permission." pointa Denethor.

"Je n'ai pas trahi le Gondor." contra Aurore, luttant ensuite pour ne pas fermer les yeux et se mordre la langue, elle avait dépassé les bornes et le coup dans le ventre ne fut donc pas entièrement une surprise, même s'il fut douloureux et qu'elle dut se contrôler pour ne pas gémir ou crier de douleur, mais aussi pour regagner sa posture droite. Elle avait malheureusement l'habitude de la violence de l'homme qui était supposé être son père et était donc capable d'endurer la souffrance, elle avait un seuil de douleur bien supérieur à ce qui était attendu d'une dame de la cour.

"Tu m'as trahi moi." murmura presque Denethor avant de lui tirer les cheveux, les défaisant de son chignon et la forçant à tenir sa tête en arrière, exposant sa gorge.

"Je suis loyale au Gondor." dit néanmoins Aurore, elle ne devrait pas le provoquer elle en avait conscience, mais elle était fatiguée de se plier devant lui, oui il la terrifiait mais au fil des années, elle était devenue plus forte, majoritairement grâce à ses frères mais aussi dû aux responsabilités qu'elle avait assumé. Le Gondor comptait sur elle, en plus si elle détestait Denethor pour ce qu'il lui faisait subir, et plus encore pour ce que Faramir endurait, lui qui l'aimait et le respectait, mais elle pourrait essayer de passer outre s'il s'occupait vraiment du peuple du Gondor, qu'il se souciait des soldats, mais ce n'était pas le cas. Et puis ses actions avaient couté la vie à Boromir et ça elle ne pouvait le pardonner. Elle ignorait ce qui était arrivé exactement à son aîné mais il n'aurait jamais du y aller, il aurait du rester dans la cité ou dans le royaume. Elle n'était pas idiote, elle savait très bien que ses frères risquaient leurs vies chaque jour, mais au Gondor ils avaient des hommes prêts à mourir pour eux si nécessaire, Boromir avait été seul.

"Mais pas à moi n'est ce pas ?" commenta Denethor de sa voix, presqu'un chuchotement, trahissant à quel point il était furieux, c'était lorsqu'il hurlait étrangement qu'elle se sentait le plus à l'aise avec lui, ou lorsqu'il l'ignorait. "Je suis le chef du Gondor, l'Intendant Souverain." il cracha avant de la faire tomber après avoir balayé ses jambes sous elle. Elle se réceptionna de justesse pour éviter de tomber face contre terre, elle aurait voulu se relever, malgré la douleur dans ses genoux, mais elle savait que ce n'était pas une bonne idée. "Tu me dois ta loyauté, ton respect."

"Je suis loyale envers le Gondor." répéta Aurore, jamais elle ne dirait qu'elle était loyale envers lui, rien que l'idée lui donnait la nausée. Elle haïssait Sauron pour la menace qu'il représentait et les horreurs que ses armées commettaient en son nom, mais elle haïssait Denethor plus encore.

"Alors dis moi si tu es si loyale envers le Gondor, pourquoi affaiblir les défenses ?" demanda moqueur Denethor en donnant un nouveau coup de pied au côté de son dernier enfant.

"Aider le Rohan aide au final le Gondor, nous ne pouvons pas faire face à Sauron et Saroumane, pas seul." justifia Aurore en luttant pour ne pas trahir sa douleur.

La conversation continua encore un moment de la sorte, lui demandant qu'elle dise être loyale envers lui, critiquant sa décision, se moquant, disant qu'elle aurait leurs morts sur la conscience parce qu'ils n'avaient aucune chance contre les forces de Saroumane et parce que Théoden était faible, lui donnant des coups et elle faisant de son mieux pour garder son calme et ne pas trahir la douleur qu'il lui faisait subir. Heureusement ça ne dura pas trop longtemps, il était cruel et aimait faire souffrir sa fille, particulièrement lorsqu'elle le décevait, cependant il préférait quand elle criait ou lui demandait d'arrêter, comme elle faisait étant plus jeune. Ces jours ci, elle n'émettait aucun son, retenait ses cris et ça le soulageait moins, plus encore il fatiguait plus vite donc il pouvait lui faire du mal moins longtemps. Bien sûr il pourrait demander à ses gardes de le faire mais il n'était pas stupide, il avait vu qu'Aurore avait la loyauté d'un grand nombre dans la Cité et il ne pouvait pas être sûr que ses gardes n'en parleraient pas.

"Je dois aller gérer quelques affaires, fais en sorte de ne plus être là à mon retour et si tu sais ce qui est bon pour toi, ne désobéi plus jamais à mes ordres." ordonna Denethor en quittant la salle, laissant Aurore étendue au sol qui devait lutter pour ne pas pleurer à cause de la douleur et qui ignorait vraiment comment elle allait faire pour se relever. Elle était loin des trônes et ne pouvait donc pas se servir de ça, elle allait devoir ramper et vu à quel point elle avait mal aux côtes, elle l'appréhendait déjà. Elle fut surprise en voyant le visage d'Ohtar devant elle, elle ne l'avait pas entendu entrer et marcher.

"Ohtar, qu'est ce que..." commença Aurore avant de s'interrompre en voyant aussi Varon.

"Pouvez-vous marcher si on vous relève ?" demanda Ohtar sans répondre à la question muette.

"Pas de suite non." nia Aurore après avoir bougé ses jambes, ses genoux lui faisaient vraiment mal et elle s'était aussi fait mal à la cheville, elle ne pensait pas que c'était brisé, elle en avait eu l'expérience et c'était beaucoup moins douloureux. Néanmoins elle doutait être capable de poser le pied au sol sans douleur.

"Puis-je vous porter milady ?" intervint Varon, elle hésita un instant avant d'acquiescer, elle avait mal et leur aide était la bienvenue même si elle avait des questions, elle voulait aussi et surtout quitter cette pièce.

Varon la prit doucement dans ses bras, la soulevant avec aise, il était très fort et elle n'était pas bien lourde et si elle s'était un peu tendue dans son geste, elle avait suffisamment confiance en lui pour poser ensuite sa tête sur sa poitrine, un léger signe de faiblesse, où elle trahissait sa fatigue et sa douleur. Varon resserra un peu sa prise, lorsqu'il avait appris la tâche que lui confiait le capitaine Faramir il n'avait pas su comment réagir, s'il avait été touché par le fait que son capitaine lui fasse autant confiance, il savait à quel point l'homme tenait à sa petite sœur, il n'avait pas été ravi à l'idée de protéger une femme dans la Cité Blanche. Il était un soldat et il n'avait pas vu l'intérêt, pensant qu'une personne moins capable sur le terrain serait mieux placé dans ce rôle. Il avait espéré que sa tâche de garde de Lady Aurore ne soit que temporaire, il ne s'était certainement pas attendu à éprouver autant de loyauté pour la jeune femme qui luttait pour protéger le Gondor à sa manière, ou autant de complicité pour Ohtar qui était devenu un frère pour lui. Au fil des ans, vu qu'il était au service de Lady Aurore depuis six ans maintenant, il avait vu la jeune femme de bien des manières, hésitante, têtue, en colère, inquiète, dévastée plus récemment mais jamais, jamais il ne l'avait vu aussi vulnérable. Il savait qu'elle lui faisait confiance, il l'avait vu peu à peu, mais jamais ça n'avait été plus visible que lorsqu'elle s'était laissée aller aux larmes dans ses bras après avoir eu la preuve de la mort de son frère, ou maintenant lorsqu'elle laissait tomber les masques. Il accéléra un peu le pas, faisant attention à ne pas la bouger afin de ne pas lui causer la moindre souffrance, faisant aussi attention pour ne croiser personne, sachant très bien qu'elle ne voudrait pas être vu ainsi. Il était seul avec elle, Ohtar était parti chercher quelqu'un pour la soigner, c'était la première fois qu'il la voyait ainsi, même s'il savait que ce n'était pas la première fois que Denethor agissait ainsi. Une vague de rage l'envahit à la pensée de l'Intendant Souverain, il ne l'avait jamais aimé, même en étant enfant, mais il avait toujours été loyal envers la maison de l'Intendant, plus à Faramir qu'à Boromir c'était vrai mais il respectait les trois enfants de l'Intendant. Cependant à présent il serait heureux de trancher la gorge de l'Intendant.

Se rendre aux appartements de Lady Aurore était plutôt facile, il connaissait très bien la Cité Blanche et connaissait aussi les différents passages secrets, probablement pas tous mais assez, une fois à l'intérieur de ses quartiers, il posa Aurore sur un des canapés et alla lui servir un verre d'eau qu'elle prit sans un mot. Respectant son silence, il garda le sien et s'assit sur un des fauteuils qui lui permettait de voir la porte et les fenêtres, une main sur son épée, il veillait sur elle et attendait le retour d'Ohtar avec quelqu'un des maisons de Guérison. Son ami ne tarda pas, comme il savait qu'il ferait, ils étaient protecteurs de la Lumière du Gondor comme elle était appelé par beaucoup, et que ce soit pour anéantir ceux qui lui voulaient du mal ou pour qu'elle ait accès à des soins, ils étaient toujours prompts.

"Milady." s'inclina Idril, une matrone des Maisons de Guérisons qui connaissait Aurore depuis qu'elle était enfant, elle avait été là pour la naissance de Faramir et d'Aurore, aidant Lady Finduilas lors des accouchements. C'était une des rares, très rares, personnes de la Cité Blanche à avoir une idée sur la cruauté de Denethor envers ses enfants et surtout sa fille, Aurore lorsqu'elle était plus jeune était souvent venue dans les Maisons de Guérison pour passer du temps avec Idril et elle avait appris quelques petites choses pour soigner, ça avait été un refuge pour elle, un refuge que la vieille femme avait été plus qu'heureuse de lui offrir. Et lorsque Denethor avait augmenté sa violence, au point où Aurore ne pouvait plus se soigner seule, elle était venue voir Idril pour qu'elle l'aide, quoiqu'elle avait toujours trouvé des excuses pour justifier les bleus et les blessures. Idril avait ses suspicions mais elle gardait le silence, les lèvres pincées à chaque fois que son aide était nécessaire, elle avait tenté de faire parler la jeune femme, mais Aurore avait gardé le silence et avait même évité Idril pendant un temps, la plus âgée avait donc accepté de se taire en échange la femme aux yeux bleus venait la voir quand c'était nécessaire.

Elle aida la jeune femme à se lever et à aller dans sa chambre, Varon et Ohtar prêts à intervenir si nécessaire jusqu'à ce qu'Idril ferme la porte et n'aide Aurore à se dévêtir afin de pouvoir l'examiner, la fille de l'Intendant se laissant faire, ayant l'habitude. Son esprit se concentrant sur la lettre que lui avait fait parvenir Faramir, elle pouvait imaginer sans mal la voix de son frère lui disant ses paroles, elle était très inquiète pour lui malgré la lettre. Les temps étaient déjà dangereux et elle savait qu'il serait touché par la mort de Boromir, leur protecteur, et si elle pouvait gérer son chagrin dans la Cité Blanche, elle pouvait s'isoler un peu si elle le désirait, lui il était avec ses hommes dans un lieu dangereux. Il devait garder la tête froide et rester concentré pour la sécurité des gens sous son commandement et la sienne. Elle avait confiance en ses hommes, savait qu'ils feraient tout ce qui était possible pour Faramir, ils lui étaient loyaux, mais ça n'effaçait pas toutes ses inquiétudes, loin de là.

Aurore,

Je me doute que tout comme moi tu as senti ce qui était arrivé à Boromir, mon rêve, puis la découverte du cor du Gondor, tout cela n'a fait que solidifier mon sentiment, je suis désolé petite sœur, désolé que ce que j'avais dit n'ait pas été une réalité, que Boromir ne rentrera pas. Nous savons très bien que c'est un danger, surtout avec la guerre contre Sauron, que ça aurait pu arriver n'importe quand, j'ignore exactement ce qui lui est arrivé mais tu as ma parole que je ferai tout ce que je peux pour le découvrir et si nécessaire le venger. Mais en attendant de trouver l'ennemi qui a tué notre frère, je ferai en sorte de vaincre le plus d'ennemi possible, leur faire payer cette mort.

Je sais que tu es inquiète pour moi, pour le Gondor aussi, et je refuse de te faire une autre promesse vide, en te disant que tout ira bien, que ça s'arrangera même si je veux y croire de tout mon cœur. Rappelle toi que les temps sombrent ne dureront pas éternellement, malgré ce qu'on peut croire lorsque nous les vivons. Je veux avoir de l'espoir dans l'avenir, me dire que si Boromir est tombé c'était pour une juste cause, qu'il y avait une raison, qu'il n'a pas péri en vain. Nous devons y croire, continuer à espérer pour des jours ensoleillés et pour la disparition de Sauron parce que sinon à quoi bon continuer ?

Lorsqu'un soldat tombe au combat, nous levons nos verres en son nom le soir et on raconte des souvenirs que nous avons vécu avec lui, nous célébrons sa vie au lieu de nous lamenter sur sa mort, ça nous permet de continuer. J'aimerai que tu fasses ça pour Boromir, parce qu'il ne voudrait pas que tu pleures, pas plus que je ne le désire, nous n'avons jamais aimé voir des larmes dans tes yeux à part lorsqu'elles étaient de rire. Célèbre sa vie, va dans notre endroit à tout les trois, pense à toutes les aventures que nous avons eu lorsque nous étions tous les trois enfants, pense aux bons souvenirs et sourit Aurore, sourit parce que tu es ma Lumière autant que celle du Gondor, parce que lorsque je vois ton sourire, ça me redonne de l'espoir pour l'avenir. Sourit parce que je t'aime, parce que Boromir t'aime toujours où qu'il soit et que nous avons toujours voulu que ton visage ne connaisse que des sourires, que tu ne connaisses que la joie.

J'ai bien reçu ton message et tu as bien fait d'envoyer des hommes pour le Rohan, j'ai envoyé des miens et j'espère qu'ils réussiront à aider Théoden. Je suis fier de toi petite sœur.

J'aimerai pouvoir écrire une longue missive mais ce n'est malheureusement pas possible, je dois conserver du papier en cas d'urgence et je n'ai pas un grand stock à la base.

Tu me manques Aurore, et j'espère que le temps de nos retrouvailles soit proche, en attendant tu as ma parole, je suis prudent et je ne cours pas de risques inutiles. Les choses sont dangereuses en Ithilien, je ne veux pas te mentir mais nous tenons bon.

Je t'aime petite sœur et je t'embrasse.

Faramir.

Elle avait lu la missive de son frère si souvent qu'elle la connaissait presque par cœur, il avait raison, elle devait continuer à avoir de l'espoir et croire au retour des jours gais mais ce n'était pas évident. Elle maudissait, non pour la première fois, le fait qu'elle était une femme, en tant qu'homme elle aurait moins attiré l'attention de Denethor déjà, mais surtout elle pourrait se battre, elle n'aurait pas à attendre et craindre comme elle le faisait. Elle était nécessaire dans la Cité Blanche, elle le savait, pouvait le voir, mais ce n'était pas évident pour autant. Loin de là même.

"Je viendrais avant que vous n'alliez vous coucher pour passer encore de l'onguent sur vos blessures et voir comment se portent les blessures sous vos bandages Milady. En attendant essayer de vous reposer ou au moins de rester assisse aujourd'hui, voire aussi demain. Votre cheville a besoin de repos tout comme vos genoux, pour vos côtes je suggère de ne rien soulever et une fois encore de rester au repos." dit Idril une fois fini.

"Merci Idril, je suivrai tes instructions." acquiesça Aurore en s'appuyant sur la femme qui la guidait jusqu'à Ohtar et Varon, les deux hommes l'aidant à s'asseoir sans se blesser d'avantage.

"Soyez prudente Milady." conclut Idril après l'avoir regardé un moment avant de s'incliner et de quitter la pièce.

"Quand est ce que ça a commencé ?" demanda Ohtar, le moins patient des deux.

"Ohtar ..." souffla Aurore qui ne souhaitait pas en parler.

"Non, Milady vous nous avez ordonné de rester à l'écart alors que vous étiez en danger et nous savons que si c'est rare que ce soit à ce point, ce n'était pas pour autant la première fois." intervint Varon "S'il te plait Aurore, nous voulons être là pour toi."

"J'ai beau y réfléchir mais je ne me rappelle pas d'un temps où Denethor était doux et affectueux envers moi. Peut-être avant la mort de mère, mais je ne suis pas sûre." céda Aurore après un moment, parlant d'une voix douce, son regard au loin. "Je n'avais que cinq ans. En grandissant je croyais que c'était normal, qu'un père était supposé gifler lorsqu'il était mécontent ou être cruel avec ses paroles, que s'il me poussait parfois c'était attendu. Je ne le voyais pas souvent avec mes frères mais comme il était dur avec Faramir j'ai pensé que c'était la norme. Il m'a fallu du temps pour réaliser que j'étais la seule qu'il traitait ainsi, et un voyage chez mon oncle pour comprendre que les familles ne fonctionnaient pas ainsi. Ce qui a mené à la première raclée qu'il m'a donné quand je lui ai dit. Au fil des années sa violence a augmenté mais j'ai aussi appris à éviter sa colère, à agir comme il voudrait, au moins en apparence."

Elle refusait d'en dire plus, refusait de parler du cauchemar qu'elle avait vécu lorsqu'il la visitait durant les nuits, de ça elle ne se sentait pas capable de parler, pas avec eux, surtout vu qu'elle voyait déjà leur rage. S'ils apprenaient ça en plus, ils le tueraient et si une part d'elle serait soulagée, voire même heureuse, aussi horrible que ça puisse paraître vu qu'il était supposé être son père, elle voulait sa mort depuis des années mais elle n'allait pas le tuer pour autant. Seulement lorsque sa mort arriverait, elle ne le pleurerait pas.

"Milady, vous n'avez qu'un mot à dire et nous le tuons." dit Varon très sérieusement, parlant à la Dame à qui il avait juré loyauté, pas son amie.

"Non. Vous n'en ferez rien, je vous l'interdis." dit immédiatement Aurore, les regardant dans les yeux, les deux hommes voyant la lueur de détermination, de force dans son regard bleu. Aurore était souvent déterminée mais ils ne voyaient pas souvent l'acier qui était aussi présent chez elle que chez ses frères, elle avait moins d'occasions de le montrer déjà et elle avait aussi pris l'habitude d'être sous estimée, et c'était comme ça qu'elle préférait agir, discrètement et doucement même.

"Milady, pourquoi ?" questionna Ohtar qui était du même avis que Varon sur ce sujet, il voulait tuer l'Intendant, il avait voulu le faire lorsque l'homme frappait Dame Aurore mais elle leur avait ordonné de rester dehors et elle ne se défendait pas, pas plus qu'elle n'avait appelé à l'aide, c'était pour ça qu'il s'était retenu et n'était pas intervenu mais il voulait une raison pour continuer. Il lui était loyal et donc il se fiait à son jugement mais l'idée de rester sans rien faire alors qu'elle était blessée, il n'était pas sur de pouvoir le faire.

"Réfléchissez, nous tuons l'Intendant Souverain du Gondor, quelles sont les conséquences ?" demanda Aurore en les observant. "Je vais vous le dire, le peuple ne saura pas quoi faire, le peuple tout comme les soldats seront hésitants, pris entre la loyauté qu'ils ont envers Denethor et la loyauté que j'ai gagné. Mon oncle serait l'intendant en attendant le retour de Faramir, mais même là les gens du Gondor, mais aussi d'ailleurs, ne sauront pas quoi penser au sujet du frère d'une meurtrière. Cela créera des tensions au sein même du Gondor et avec les armées de Sauron à nos portes, on ne peut pas se le permettre. Je refuse de faire subir ça à mon frère et même si j'aime mon oncle, qu'il est un homme bien, il aime bien trop obéir pour être l'Intendant Souverain, même aujourd'hui Dol Amroth est en danger et il est satisfait ici parce que Denethor l'ordonne."

"Tu y as beaucoup pensé." comprit Ohtar, utilisant à nouveau la familiarité.

"Tu n'imagine pas." souffla Aurore en fermant les yeux un instant. "Je déteste cet homme et je veux sa mort, mais j'ai les mains liées et vous aussi. Le seul moyen que j'aurai de me débarrasser de lui, soit par sa mort ou simplement en l'enfermant, c'est s'il agissait en trahissant le Gondor. Il n'est pas stupide et donc je doute que ça arrivera mais je reste attentive. Tout ce que nous pouvons faire c'est être prudent et protéger le Gondor et la Cité de notre mieux."

"Pourquoi tu nous as empêché d'être présent, si on avait été là, visible, il n'aurait peut-être rien fait." demanda Varon.

"Ca ne l'aurait pas stoppé. Il y a quelques années il s'est fait surprendre par un garde n'appartenant pas à ses hommes, l'homme s'appelait Bram, il s'est interposé, a voulu me protéger. Je n'ai qu'un souvenir confus, Denethor avait été fou de rage, et j'ai été inconsciente un moment, quand je suis revenue à moi, Bram avait été exécuté pour trahison envers l'Intendant Souverain. Les gens ont assumé que c'était parce qu'il avait été celui qui m'avait blessé, alors que la vérité était tout autre." nia Aurore, le souvenir était toujours vif. "Donc vous ne ferez rien contre Denethor."

"Nous vous obéirons Milady." céda Ohtar après une discussion silencieuse avec Varon. "Quels sont les projets pour aujourd'hui ?"

"Je désirerai travailler encore sur les listes concernant les ressources dans la Cité, je ne peux pas bouger et sans nouvelles du Rohan, mieux vaut se préparer au pire." souffla Aurore.

Se préparer au pire en espérant le meilleur, c'était ce qu'elle devait faire, c'était ainsi que Faramir vivait, c'était ce que Boromir leur avait dit lorsqu'ils étaient plus jeunes. Elle devait se préparer au pire pour Minas Tirith parce qu'il était inconcevable en cas de siège, de ne pas protéger le peuple et la Cité Blanche.