Bonjour, voici le nouveau chapitre :). Merci à vous de lire, suivre, mettre en favori et surtout commenter cette fic. Je suis heureuse que vous l'aimiez et j'espère que vous apprécierez également le nouveau chapitre. Bonne lecture.

grimm-jenn : Je crains qu'il ne faille attendre encore un peu pour voir leur rencontre, il se passe un certain nombre de chose avant cela. Mais j'espère qu'elle sera à la hauteur de tes espérances :).

Pims10 : Si tu parlais des combats, désolée mais l'attaque de la Cité n'est pas pour de suite. J'espère que ça ne t'ennuie pas.

Essaidel : Coucou, je te remercie aussi des longs commentaires, crois moi c'est aussi très agréable. :). Désolée pour le délai, mais mon début de semaine se passe bien et le tien ? J'espère réussir à faire honneur à leur arrivée en tout cas, mais oui je suis plutôt d'accord, le Gondor est très différent du Rohan et le peuple souffre aussi d'une manière différente.

Je suis heureuse qu'il t'ait plu, oui je vois ce que tu veux dire, j'ai voulu marquer le fait que Théoden souffre dû à la mort de son fils surtout mais aussi de ses soldats, il est un peu dans l'idée, oui je suis heureux qu'on a gagné mais pourquoi c'est eux qui sont morts et pas vous... Je sais pas si ça rendait bien mais je voyais la scène comme ça. Et puis dans cette fic on va pas voir le moment où il dit qu'il viendra pas en aide au Gondor, qu'il n'a pas de raison de le faire, du coup je me suis dit une scène où il réagit d'une manière similaire même si c'est silencieusement, ferait bien.

Je suis heureuse qu'elle te plaise, honnêtement je ne pensais pas que ça allait partir comme ça, mais je suis heureuse de la tournure de l'histoire, je n'avais que les grandes lignes mais ça prend bien forme je trouve.

Elle connait bien les secrets de sa famille, et elle connait aussi assez Denethor pour deviner qu'il aurait eu l'arrogance nécessaire pour penser pouvoir s'opposer mentalement à Sauron. Après je pense que Gandalf le supposait, Denethor savait trop de chose, même du côté du Rohan pour que ça ne soit pas louche, sauf qu'au lieu d'arriver un peu après coup, Aurore le voit et y réfléchit. Après franchement dans l'entrevue entre Gandalf et Denethor, celle du film surtout, j'avais envie de secouer Gandalf, il connait la diplomatie ou quoi ?

J'espère ne pas t'avoir trop fait attendre pour ce chapitre alors. Oui les temps s'annoncent sombres pour Aurore...

Bonne journée.

Aurore était installée dans ses appartements, Varon s'était réveillé de son sommeil, il avait décidé de dormir quelques heures, Ohtar et lui insistaient pour garder la jeune femme même durant la nuit, elle avait dit que ce n'était pas nécessaire mais ils n'en démordaient pas, elle avait cédé. Et puis elle devait bien reconnaître que ça la rassurait d'avoir quelqu'un en qui elle avait confiance en dehors de sa chambre. Elle avait mis des années à se sentir en sécurité dans ses appartements, à ne plus se sentir obligée de barricader sa porte pour être sûre qu'il n'allait pas rentrer. Aujourd'hui encore elle avait le sommeil très léger et continuait à placer une chaise contre sa porte. Elle avait choisi de décorer ses appartements dans des teintes claires, à savoir du vert clair et du blanc, contrairement aux appartements dans les bleus de Faramir et dans les marrons de Boromir. Ça n'avait pas toujours été le cas, plus jeune elle avait préféré les teintes pourpres et argents, mais après ce qui s'était passé avec Denethor, elle avait voulu tout changé, effacer sa présence, espérant que si tout était différent alors elle pourrait oublier. Ca n'avait pas vraiment marché pour l'oubli, mais elle avait réussi à se détendre à nouveau et à l'époque ça lui avait suffi, pouvoir se sentir tranquille c'était précieux surtout chez elle, enfin ça et la dague qu'elle portait en permanence depuis des années. Il n'avait pas tenté à nouveau depuis qu'elle l'avait poussé à arrêter mais elle restait prudente, elle n'était pas stupide, Denethor n'était pas du genre à être sous-estimer, il pouvait être un véritable serpent, attaquant lorsqu'on ne s'y attendait pas. Elle ne le laisserait pas recommencer, même si elle devait le tuer et elle était presque sûre qu'il en avait conscience vu qu'il n'avait rien fait depuis.

Elle avait demandé à des serviteurs de faire monter un repas pour eux cinq, elle espérait surtout que Pippin mangeait comme eux, qu'il mangeait bien de la viande et des légumes. Elle ne savait rien de son peuple et de sa culture, quoiqu'elle pensait que le nom de son peuple était hobbit, Gandalf lui avait parlé de son ami Bilbon, mais elle reconnaissait ne pas avoir posé beaucoup de questions au sujet des hobbits. Si Pippin était bel et bien un hobbit, mais ça semblait logique, il n'était pas un nain et certainement pas un elfe pas plus qu'il n'était un homme, il ne restait que les hobbits. Enfin elle allait rapidement le savoir, un serviteur était venu lui dire qu'ils arrivaient.

"Milady, Mithrandir et Peregrin Took pour vous voir." dit le serviteur, Muran à qui elle avait demandé d'escorter les deux visiteurs de la Cité Blanche.

"Merci Muran, vous pouvez nous laisser." elle sourit poliment.

"Je vous en prie, asseyez vous et servez vous." elle invita en se levant pour les accueillir.

"C'est très gentil, je meurs de faim et connaissant l'appétit des hobbits Pippin doit avoir faim aussi." dit Gandalf avec un sourire en s'asseyant après Aurore, comme le voulait les bonnes manières, sur le sofa en face du sien, Pippin à côté de lui.

"Ça oui." acquiesça Pippin.

"Je ne sais pas beaucoup sur les hobbits, j'espère que vous pourrez manger ce que j'ai fait préparé." dit Aurore.

"Oui, ne vous en faîtes pas, on mange de tout et en grande quantité." assura Pippin. "Normalement on mange sept repas par jour, mais depuis que j'ai quitté la Comté et depuis Fondcombe, les repas se sont fait bien plus rares."

"J'en suis navrée, et je le suis encore plus de vous dire que vous ne pourrez probablement rattraper votre retard de suite, avec la guerre aussi grave nous devons rationner les provisions." dit Aurore avec un sourire d'excuse.

"Je comprends." acquiesça Pippin. "Ne vous en faîtes pas."

"Merci, c'est gentil." sourit Aurore légèrement.

"Les choses sont donc très graves pour Minas Tirith et le Gondor ?" demanda Gandalf sérieux.

"Oui, très graves Mithrandir, j'ignore combien de temps Faramir pourra faire tenir Osgiliath, mais chaque jour presque il y a de nouvelles attaques, toujours plus mortelles pour le Gondor." soupira Aurore. "Mithrandir, j'aimerai ce qui c'est passé de l'arrivée de mon frère à Fondcombe jusqu'à votre arrivée à tout deux ici."

"Je croyais que tu avais des questions." pointa Gandalf en la tutoyant, comme il faisait chaque fois qu'ils étaient en privé. "N'en sais tu pas déjà beaucoup ?"

"J'en ai, mais je pense que c'est plus simple pour avoir une vue d'ensemble d'écouter d'abord votre récit à tous les deux avant de poser celles que je me poserais encore." répondit Aurore. "Et oui j'ai des informations mais par bride, je préférerais entendre l'intégralité de l'histoire."

"Très bien." acquiesça Gandalf en sortant sa pipe, envoyant un regard interrogateur à Aurore qui acquiesça après un instant de réflexion. "Tu te rappelles de ma dernière visite ?"

"Bien sûr, tu voulais étudier les anciens manuscrits, ceux écrits au temps d'Isildur, particulièrement ceux écrits par lui." se rappela sans mal Aurore, elle l'avait aidé à les chercher même et en avait lu plusieurs avant qu'il ne trouve ce qu'il cherchait, un moyen de reconnaître l'anneau unique.

Elle avait eu des questions mais l'inquiétude, la presque panique, dans le regard de son ancien professeur l'avait stoppé, et puis si elle était heureuse de l'espoir que représentait l'anneau, c'était le seul moyen de vaincre Sauron après tout, elle ne le voulait pas près de Denethor. Elle ne voulait pas que l'homme ait la moindre chance de devenir plus puissant, plus dangereux encore et si elle avait confiance en un grand nombre de serviteur, savait qu'ils lui étaient loyaux, elle savait aussi qu'ils répondraient à Denethor si l'homme leur ordonnait, et elle comprenait. Elle savait très bien que Gandalf avait des défauts et elle n'était pas aveugle, il était manipulateur, mais sur un tel sujet que l'anneau unique, elle avait bien plus confiance en Gandalf qu'en Denethor. Elle n'avait donc rien dit, pas plus qu'elle n'en avait parlé à ses frères, et avait fait en sorte de dissimuler les recherches de l'Istari, ça n'avait pas été difficile, ils s'étaient installés dans une partie de la bibliothèque qui n'était pas beaucoup fréquentée. Aurore avait eu des soupçons quand à la mission de son frère, et son inquiétude augmenta en voyant le regard grave de Gandalf, elle ne dit rien, se contentant d'acquiescer.

"Bon, j'avais comme tu le sais besoin de savoir comment le reconnaître parce que j'avais un soupçon, mon ami Bilbon Sacquet avait en sa possession un anneau magique depuis des années, un anneau qui lui donnait la capacité de devenir invisible, je n'y avais jamais porté une grande attention et ça a été mon erreur. Lorsqu'il a quitté la Comté, je l'ai vu renoncer avec difficulté à cet anneau et ça a attiré mon intérêt et mon inquiétude après avoir découvert que la chaleur du feu permettait au langage sombre d'apparaître je suis revenu voir Frodon, le neveu de Bilbon et qui avait hérité de toutes ses possessions lors de son départ, c'était en effet l'anneau unique." soupira Gandalf qui s'en voulait beaucoup de ne pas l'avoir vu avant et aussi pour le fait qu'il avait placé un trop grand poids sur les épaules de Frodon qui était en grand danger. "J'ai fait l'erreur de le laisser seul pour qu'il aille jusqu'à Bree tandis que j'allais voir Saroumane, c'est alors que j'ai appris qu'il nous avait trahi. J'ai réussi à m'échapper après une période pénible et je me suis rendu à Fondcombe, Frodon est arrivé blessé mais vivant, il avait été chassé par les Nazguls. Les neufs."

"Quel horreur." souffla Varon, il avait vu un Nazgûl de près et n'avait échappé à la mort que grâce à la chance, imaginer les neufs après un groupe d'hobbit, c'était un miracle qu'ils avaient survécu.

"Oui, ils faisaient vraiment peur." acquiesça Pippin qui avait écouté en mangeant, profitant de l'occasion.

"Ils sont terrifiants." acquiesça Aurore, en adressant un léger sourire à Pippin avant de reporter son attention sur Gandalf.

"L'anneau était donc à Fondcombe mais il ne pouvait pas y rester. Lord Elrond a donc convoqué un conseil pour réunir des représentants de tous ceux concernés par la menace de Sauron, où Boromir s'est donc rendu et lorsque la décision a été prise de conduire l'anneau en Mordor, jusqu'à la montagne du Destin, il s'est porté volontaire, joignant donc la Communauté de l'Anneau, un groupe de neuf personnes. Frodon bien sûr, Aragorn, Legolas du Royaume Sylvestre, Gimli un nain d'Erebor, Pippin et son cousin Meriadoc qui préfère le nom de Merry et Samsagace dit Sam, le jardinier de Frodon et un ami protecteur. Ainsi que moi même." raconta Gandalf. "Nous avons donc quitté Fondcombe pour accomplir notre mission, prévoyant d'emprunter la trouée du Rohan seulement, comme je le craignais un peu, Saroumane surveillait cette route, nous ne pouvions donc pas la prendre, pas sans risque en tout cas. On a donc essayé de passer par le col de Caradhras, mais Saroumane est intervenu une fois encore nous poussant à emprunter une autre voie. Les Mines de la Moria, malheureusement les mines qui avaient été reprises par les nains, avaient été reprises par les orques et les gobelins et un être pire encore était réveillé, et avant que nous n'ayons pu sortir des mines, on a été attaqué. L'être était un Balrog."

"Un Balrog ?!" s'exclama horrifiée Aurore, les leçons de Gandalf avaient été variées portant sur les différents âges de la Terre du Milieu et le sujet des Balrogs était venu, des êtres de feu et d'ombre extrêmement puissants et surtout mortels. "Il est allié à Sauron ?" elle demanda encore plus effrayée, les Nazgûls étaient déjà des adversaires horribles, ils ne pourraient pas affronter des adversaires tels que les Balrogs en plus, et égoïstement elle craignait que Denethor ne pousse Faramir à en affronter un directement, pour prouver sa valeur. Le pire c'était qu'elle connaissait assez son frère pour savoir qu'il le ferait, même si c'était seulement pour protéger ses hommes et le Gondor.

"J'ignore qu'elles étaient ses allégeances, mais il n'est plus une menace. Je l'ai affronté et j'ai gagné." assura Gandalf.

"Est-ce que ta victoire est liée à ton passage du gris au blanc ?" questionna Aurore qui ne pensait pas que ça avait été quelque chose d'aussi simple comme de changer de tenue.

"Oui, Gandalf le Gris est mort après avoir vaincu le Balrog et Gandalf le Blanc s'est levé à sa place." acquiesça Gandalf peu désireux d'en dire plus, mais il était fier qu'elle ait compris ça seule, elle avait été son élève après tout. "Pippin, tu pourrais raconter ce qui est arrivé après ma chute."

"Oh...euh,... oui bien sûr." acquiesça avec hésitation Pippin, il n'avait pas pensé qu'il allait devoir parler en réalité, il n'était pas habitué à parler dans ce genre de situation, celles qui étaient sérieuses, mais en croisant le regard doux d'Aurore, si semblable à celui de Boromir, il inspira avant de se lancer. "Après la chute de Gandalf on est sorti des mines et Aragorn nous a poussé à continuer, on ne pouvait pas rester là vu que les orques allaient nous suivre à la tombée de la nuit. On a couru jusqu'à la forêt des elfes, celle de Lothlorien, où on a été accueilli et où on a pu se reposer un peu, c'est là que Boromir m'a donné votre ruban." dit Pippin en le détachant de son poignet pour le rendre à Aurore qui le prit avec soin, le regardant fixement. "Je me sentais responsable de ce qui s'était passé dans la Moria et il m'a parlé. Il m'a rassuré et écouté, et après il m'a confié ce ruban. Disant que je devais le prendre comme une promesse qu'il m'amènerait ici, à Minas Tirith et que je vous rencontrerais. C'était aussi un moyen pour moi de me rappeler pourquoi on faisait cette mission, pourquoi on risquait nos vies, pour protéger des gens. Pour protéger nos maisons. Il m'a aussi dit plus tard que vos rubans été ses portes bonheurs, à Boromir tout comme pour Faramir, leurs talismans."

"C'est vrai qu'ils m'ont dit ça." dit Aurore distraitement, en regardant le ruban vert, il était plus sale que lorsqu'elle lui avait donné, il y avait des tâches de sang et de terre mais ce n'était rien d'inhabituel, ses frères réussissaient rarement à les lui rendre propres.

"Lorsqu'on a quitté les elfes, ont a navigué pendant plusieurs jours et alors qu'on allait continuer notre route vers le Mordor, on a été attaqué par des orques de Saroumane, des Uruk'hai." continua Pippin sans oser la regarder, observant ses mains à la place, des larmes dans les yeux et dans la voix. "Merry et moi, nous nous étions cachés pour les éviter, quand on a vu Frodon, il partait pour continuer seul, des Uruk-hai arrivaient alors on les a attiré après nous pour lui permettre de partir. On avait pas réfléchi à la suite, on avait pas pensé à ce qu'on ferait ensuite parce qu'on avait un gros groupe après nous et qu'on avait eu que quelques leçons pour apprendre à se battre à l'épée de Boromir, pas assez pour lutter contre autant de monde. On était encerclé et on allait mourir mais il est arrivé et nous a sauvé, on a essayer de l'aider de notre mieux mais on était pas aussi forts que lui, il luttait contre tout ces orques et il gagnait. Il gagnait. Jusqu'à ce que cet Uruk-hai arrive avec son arc et ses flèches. Il s'est prit une flèche dans le torse mais il a continué à se battre, il a continué à nous défendre, il a fait de même après s'être pris une deuxième flèche, on a voulu l'aider. Je vous le jure mais on n'a pas pu, les Uruk'hai nous ont enlevé sans qu'on puisse l'aider. Saroumane croyait qu'on avait l'anneau alors il avait ordonné aux Uruk'hai de nous ramener, les Rohirrims les ont massacré et on a pu se réfugier dans la forêt de Fangorn où on a rencontré des Ents, les Arbres Gardiens. Je suis désolé pour Boromir, c'était notre faute."

"Non, ce n'était pas votre faute. Mon frère avait ses défauts, mais une de ses qualités c'était qu'il n'aurait jamais laissé des gens se faire massacrer ou capturer par les orques, ou par les Uruk'hai. Encore moins des gens à qui il tenait, et je n'ai aucun doute à ce sujet, il tenait à vous. Et je ne pense pas qu'il ait regretté son action, même si ça a causé sa mort, mais je suis sûre qu'il regrettait de ne pas avoir pu vous aider, vous protéger." dit doucement Aurore, des larmes dans les yeux même si elle luttait pour ne pas pleurer, si elle commençait, elle n'était pas sûre de pouvoir s'arrêter et elle ne pouvait pas se le permettre. Ce soir, ça serait une autre histoire, peut-être.

"Il avait raison vous savez, à propos de ce ruban, il m'a protégé et il m'a aidé. Surtout lorsque j'étais prisonnier des Uruk'hai avec Merry, j'avais peur mais chaque fois que je voyais ce ruban autour de mon poignet, je me rappelais que je ne pouvais pas abandonner et quand j'ai été tenté de rentrer chez moi, de retourner à la Comté et d'oublier tout ça. J'ai vu ce ruban et j'ai pas pu, j'ai pas pu rentrer comme ça, je n'ai pas pu abandonner. Et on a trouvé un moyen d'aider, on a convaincu les Ents d'aider contre Saroumane." raconta Pippin en regardant ses mains, il n'osait pas la regarder en face. Il avait honte, Boromir était mort pour lui, pour Merry et lui, et il avait pensé à gâcher son sacrifice en rentrant chez lui, en oubliant tout.

"Gardez le." dit Aurore doucement en remettant le ruban dans la main de Pippin et en fermant les doigts du hobbit dessus, lorsqu'il leva la tête, choqué, il vit avec choc que le regard bleu de la sœur de Boromir n'avait aucune trace d'accusation ou de colère, juste une immense tristesse mais aussi de la compassion et de la gentillesse. "Je donnais ces rubans à mes frères dans l'espoir que ça leur rappelle qu'ils devaient se battre pour revenir, que ça leur donnait du courage lorsqu'ils voyaient les forces ennemis. Si ce ruban vous a donné du courage et vous a aidé alors j'aimerai que vous le gardiez. Mes frères ont toujours dit que mes rubans leur portaient chance, vous êtes à présent à Minas Tirith, et vous avez offert votre service à la Cité et à l'Intendant, j'ignore ce que nous réserve l'avenir mais si ce ruban peut vous offrir une quelconque protection ou un soutien, gardez le."

"Milady..." souffla Pippin surpris.

"Je ne vous blâme pas, vous n'avez pas de raison de vous en vouloir, et je suis certaine qu'il ne vous blâme pas." assura Aurore. "D'après ce que vous avez dit, ils étaient très nombreux, il aurait risqué sa vie dans tous les cas, mais il aurait préféré mourir pour protéger des gens à qui il tenait plutôt que simplement en se battant. Je ne sais pas quelle sorte de lien il y avait entre vous et lui, ou ce qu'il avait en tête lorsqu'il a parlé de vous emmener ici, de nous présenter, mais je ferais de mon mieux, malgré la situation, le danger, pour vous accueillir comme il l'aurait voulu, comme un ami de mon frère."

"Vous ne me blâmez pas ?" souffla Pippin qui ne s'était pas attendu à ça, mais alors pas du tout.

"Non, je blâme des gens pour la perte de mon frère, mais pas vous. J'aimerai au contraire apprendre à vous connaître, qu'un jour je pourrais vous considérer comme un ami et vous de même." dit Aurore.

"J'aimerai ça, j'ai tellement entendu parler de vous. C'est comme si je vous connaissais déjà." sourit légèrement Pippin, malgré ses larmes.

"Je commence à avoir peur des histoires que mon frère a pu vous dire." plaisanta légèrement Aurore "On pourrait se tutoyer non ?"

"J'aimerai ça." acquiesça Pippin.

"Alors c'est entendu, maintenant Mithrandir, continue. Qu'est ce qui s'est passé après la mort de mon frère et la capture de Pippin et Merry ?" demanda Aurore, se reconcentrant sur le problème, elle parlerait plus tard avec Pippin de ce qu'il avait vécu et de Boromir.

"Aragorn, Legolas et Gimli ont couru après les Uruk'hai pendant quatre jours et trois nuits, jusqu'à Fangorn où ils m'ont trouvé, je savais que Pippin et Merry étaient en sécurité alors on est parti pour Edoras. Saroumane contrôlait le roi, il le possédait, aidé par Grima, le conseiller du roi, je l'ai libéré mais malheureusement Théodred est mort avant qu'on arrive. Ensuite Théoden a guidé son peuple jusqu'au Gouffre de Helm avec le trio, tandis que je partais pour rechercher Eomer et ramener du renfort contre les forces de Saroumane." reprit donc Gandalf qui avait regardé la scène avec un sourire heureux, comme Ohtar et Varon d'ailleurs.

Les deux gardes étaient heureux de rester silencieux, ils n'avaient rien à dire pour le moment, et puis ce n'était pas leur rôle, ils devaient assurer la sécurité d'Aurore même si elle les traitait plus comme des amis que des serviteurs. Mais surtout ils ne savaient pas quoi dire. S'ils étaient heureux de la présence de ce Peregrin, alias Pippin qui pouvait parler de Boromir et raconter ce qui s'était passé, une chose qu'ils savaient être nécessaire pour le bien de la fille de l'Intendant, et qu'ils étaient heureux de la présence de Mithrandir vu qu'il était un ennemi de taille de Sauron, ils savaient aussi que sa présence n'augurait rien de bon. La scène d'un peu plus tôt le prouvait bien, Denethor et Gandalf ne s'entendaient pas et Aurore allait se retrouver au milieu, une chose sur laquelle ils n'étaient pas du tout d'accord. Ils ne l'auraient pas été déjà avant, mais à présent qu'ils savaient de quelle manière Denethor traitait sa fille lorsqu'elle ne se pliait pas à sa volonté, ça leur faisait encore plus peur. Ils avaient donné leur parole qu'ils n'attaqueraient pas Denethor mais ils n'étaient pas sûrs de pouvoir s'y tenir s'ils le voyaient s'en prendre à elle à nouveau. Une fois avait été horrible.

"Saroumane est toujours un danger ?" demanda Aurore, en se levant et en allant à une des portes qui menaient à un des balcon, la vue était magnifique, elle ne voyait pas le Mordor de là mais elle ne voyait rien. Rien que la guerre qui approchait, que les menaces à venir. Son regard était plongé dans des pensées sombres.

"Non, il est mort." nia Gandalf.

"Je suis désolée, je sais que vous étiez proches." dit Aurore.

"Merci." dit Gandalf, touché. La trahison de Saroumane lui avait fait beaucoup de mal, il l'avait considéré comme un frère. "Je suppose que tu sais pour le Gouffre de Helm."

"Oui, le capitaine Bergeon m'a raconté." acquiesça Aurore.

"J'ai été surpris que des hommes du Gondor soient présents." pointa le magicien."Denethor a accepté ça ?"

"Non, ça a été fait sans son accord. Bergeon m'a obéi." répondit la femme aux cheveux clairs.

"Les soldats t'obéiront encore Aurore, n'est ce pas ?" demanda Gandalf.

"Qu'est ce que tu attends de moi Mithrandir ?" demanda Aurore en se retournant, son regard distant.

"Tu dois appeler le Rohan en renfort, les feux d'alarmes doivent être allumés." dit Gandalf.

"Je ne peux pas faire ça Mithrandir." nia la jeune femme.

"Bien sûr que si, tu le peux et tu le dois." insista Gandalf.

"Je ne peux pas, l'Intendant Souverain du Gondor l'a interdit après votre entrevue." contra Aurore. "J'aurais pu réussir à le faire mais vos propos m'en ont empêché, je peux naviguer autour des ordres de Denethor mais pas si ce sont des ordres directs, si les soldats m'obéissent ce sera de la trahison. Le châtiment en cas de trahison est la mort, soit ici dans la cité soit envoyé dans les coins les plus dangereux pour lutter contre le Mordor. Je ne condamnerai pas les soldats à ça."

"Alors tu laisseras ton père détruire la Cité Blanche, vous ne tiendrez pas sans l'aide du Rohan." protesta Gandalf en se levant et en haussant le ton.

"Tu ne crois que je ne le sais pas ? Tu crois que je ne suis pas consciente du danger que représente Sauron, que j'ai pas conscience qu'Osgiliath ne tiendra plus longtemps ? Je ne peux pas aller contre les ordres de l'Intendant Souverain du Gondor, pas ses ordres directs. Pour le faire il faudrait que Denethor trahisse le Gondor, et malgré toutes ses actions, il ne l'a pas fait." nia Aurore, il avait commis des horreurs, négligé le royaume, mais il n'avait pas trahi, pas encore en tout cas. Et si elle voulait sa destruction, si elle voulait qu'il souffre et qu'il voit tout son monde s'écrouler, elle craignait bien plus les conséquences pour le Gondor et pour Faramir. "Je ne peux pas ordonner qu'on allume les feux d'alarmes pas plus que je ne peux le faire moi même. Votre entrevue a eu des conséquences Mithrandir, tu n'aurais jamais du lui dire de telles choses, notre travail pour protéger la Cité s'est compliqué à cause de ce que tu as dit."

"Je n'aurais pas du lui parler de la sorte, mais il m'a mis hors de moi." reconnut Gandalf en se rasseyant, appuyant sa main sur son front.

"On ne peut pas abandonner." protesta Pippin "Les autres comptent sur nous."

"Rien n'est impossible pour peu qu'on ait un peu d'imagination. C'est ce que tu nous disais à Faramir et moi." dit Aurore après un moment de silence. "La route traditionnelle est inaccessible, mais certains obstacles peuvent être franchis de peu qu'on soit bon grimpeurs. Je suis incapable de me rappeler du nombre de fois où nous avons grimpé aux tours, nous trois. Mais nous étions enfants."

"Nous avons suffisamment abusé de votre générosité Lady Aurore, permettez nous de nous retirer." dit Gandalf en se levant à nouveau, de l'espoir à nouveau dans le regard. "Venez Pippin, nous devons y aller." il pressa le hobbit qui après avoir fait un signe de la main à Aurore et aux deux gardes suivit le magicien qui quittait rapidement les appartements de la femme aux yeux bleus.

"Tu crois qu'ils vont réussir ?" questionna Varon.

"Elle n'est pas difficile à grimper, le plus difficile sera de ne pas se faire voir avant et après." répondit Aurore en s'asseyant.

"Le Rohan viendra-t-il ? Les relations ne sont pas excellentes entre Rohan et Gondor." demanda Ohtar.

"Non, elles ne le sont pas." reconnut Aurore avec un soupir "Mais Théoden n'est pas un idiot, j'en suis sûre, il sait très bien que si le Gondor tombe, le Rohan sera seul ou presque face à Sauron. Les Rohirrims ne s'inclineront devant le Maudit, ils seront massacrés. Quelques soient les sentiments du roi du Rohan, il ne laissera pas le Gondor seul, je refuse de le croire. La question n'est pas si ils viendront, mais si ce sera assez. La menace grandit, Sauron ne sous estimera pas le peuple du Gondor, encore moins après la défaite de Saroumane, je crains que nous ne soyons trop peu pour repousser l'armée qui attaquera. Le Gondor assaillit par Sauron, la Cité Blanche ne recevra pas d'aide des garnisons des autres cités, des autres points de défense, cela n'est tout simplement pas faisable. Plus maintenant."

"Aurore..." dit Varon avant de s'arrêter, il ne savait pas quoi dire.

"J'ai peur, j'ai peur pour le Gondor. Quel espoir reste-t-il vraiment aux hommes ?" demanda Aurore d'une voix brisée.

"Il reste Mithrandir, un magicien puissant, il y a Aragorn, fils d'Arathorn, le roi légitime. Mais surtout il y a la pensée et le souvenir du Capitaine Boromir, il y a le capitaine Faramir, et il y a vous la Lumière du Gondor. Je n'ai pas cru pendant longtemps que cette guerre s'arrêterait un jour, mais vous m'avez redonné espoir Milady, et aujourd'hui encore, j'espère." dit Ohtar en s'agenouillant devant elle.

"Vous avez donné de l'espoir à deux soldats qui ont vu des horreurs, votre simple présence donne de l'espoir aux habitants de cette Cité. Vous avez enduré des horreurs pour protéger le peuple du Gondor, nous avons foi en vous Milady. Foi en votre courage, en votre détermination et en votre force. Vous verrez, la Lumière du Gondor brillera dans ces temps de guerre mais brillera également dans le prochain âge, celui de la Paix." continua Varon en s'agenouillant à son tour.


"Siera." appela Aurore des appartements de Faramir.

"Milady ?" répondit la jeune fille de vingt ans à peine, elle était la servante personnelle d'Aurore, l'aidait à se préparer le matin, à se coiffer. Elle était orpheline, sa mère étant morte de maladie alors qu'elle n'avait que huit ans et son père, un soldat, avait été tué par les orques, Aurore l'avait choisi parce qu'elle était maligne et attentive et si elle écoutait les rumeurs, elle n'y participait pas.

"Faites en sorte que cette tenue arrive dans les appartements de Mithrandir, c'est la tenue pour Peregrin Took, qui préfère le nom de Pippin." demanda Aurore en désignant la tenue noire et l'épée, enfin ce qui était une épée pour une personne de la taille de Pippin, ou d'un enfant, qui était plus une dague en réalité.

"La tenue de Lord Faramir ?" demanda surprise la jeune fille brune aux yeux marrons.

"Oui, mon frère appréciera Pippin, j'en suis certaine, et je pense que Pippin a beaucoup de points communs avec Faramir." répondit songeuse Aurore en regardant la tenue, si le hobbit avait paru bien moins intéressé par la lecture que son frère, elle avait vu un air de farceur dans son regard et il y avait une force en lui qu'il sous-estimait, tout comme Faramir d'ailleurs. "Denethor n'a pas posté Pippin dans un rôle précis pourtant il a juré sa loyauté et son service, je pense qu'il fera un bon garde de la Citadelle, même si j'espère qu'il n'aura pas à se battre."

"Je vais lui faire parvenir immédiatement Milady." assura Siera.

"Merci Siera." remercia Aurore en sortant des appartements de son frère après la jeune fille.

"Les feux d'alarmes ne sont toujours pas allumés." pointa Ohtar une fois assis à nouveau dans les appartements d'Aurore, en sécurité, à l'abri des possibles espions de Denethor.

"Non, ils le seront sans doute demain. Mithrandir n'aurait pas pu grimper et Pippin semblait épuisé, ce n'est pas le genre de chose que l'on fait lorsqu'on est fatigué. Ce ne serait pas prudent mais extrêmement dangereux." nia Aurore en allant sur le deuxième balcon de ses appartements, observant Osgiliath. "La situation est pressante et Mithrandir ne tardera pas à le faire."

"Ayez foi en Faramir, Milady, il est un bon capitaine." assura Varon en voyant le regard d'Aurore inquiet, regardant les feux d'Osgiliath.

"Je le sais, mais Osgiliath n'est pas facile à défendre, surtout en ce moment." soupira Aurore avant de se reprendre. "Mais tu as raison Varon, il est très capable, il réussira."

"Milady, qu'est ce que cela ?" demanda Siera qui les avait rejoint, la jeune fille ne participait que peu aux conversations étant d'un naturel timide et n'osant pas, malgré les efforts d'Aurore, la traiter comme une amie ou une personne de son rang.

"Cela vient de Minas Morgul, la Cité où vit le Chef des Nazgûl." répondit Aurore, ses mains blanchies par la prise qu'elle avait sur la pierre de la rambarde. "Le Roi-Sorcier d'Angmar sort pour mener l'armée de Sauron. L'heure de la bataille approche. Vous avez toujours de l'espoir ?"

"Oui." répondirent en chœur Ohtar et Varon.

"Siera, vous avez toujours de l'espoir ?" demanda à nouveau Aurore.

"Oui Milady." affirma Siera.

"Alors allons y." dit Aurore en rentrant dans ses appartements et attrapant un châle blanc.

"Où allons nous milady ?" demanda Varon, tout en la suivant.

"Nous faire voir par les gens, si ma présence peut apporter un peu de réconfort alors je vais leur donner ça." dit Aurore, décidée. "Parce que nous ne sommes certainement pas les seuls à avoir vu ce présage."

Aurore marcha d'un pas vif, se sentant plus déterminée et forte que depuis la mort de Boromir, elle ne pouvait pas chanceler, pas maintenant, pas alors que la guerre était si proche et la menace si grande. Elle haissait Denethor de toute son âme, mais si Minas Tirith était parfois une prison pour elle, elle aimait quand même cette ville, ce peuple. Elle était prête à tout pour protéger les habitants de cette Cité, que ce soit en manipulant les ordres de l'Intendant ou à affronter elle même les orques si nécessaire, mais en attendant elle allait se contenter de leur donner de l'espoir. Même si elle n'en éprouvait pas, si elle pouvait leur en donner simplement parce qu'il la voyait, alors elle était prête à rester au bout de la crête, du meilleur point de vue de la Cité et le plus visible, aussi longtemps que nécessaire.


"Regardez." appela un soldat. "C'est Lady Aurore."

Habillée d'une robe bleu clair avec un châle blanc, et ses cheveux clairs, toute la Cité pouvait voir la fille de l'Intendant, qui se tenait droite face au Mordor.

Ils avaient tous tremblé en voyant l'étrange tour de lumière verte qui se dressait à présent non loin de la lueur rouge de l'Œil de Sauron, mais en voyant celle qu'ils appelaient la Lumière du Gondor, ils étaient rassurés et calmés, la maison de l'Intendant les protégeait.