Coucou, j'espère ne pas trop vous avoir fait attendre, voici le nouveau chapitre :D. J'espère que vous l'aimerez en tout cas merci à vous de lire, suivre, mettre en favori et surtout merci de commenter cette fic, ça me fait super plaisir à chaque fois. Bonne lecture.

Gabi : Merci beaucoup, c'est gentil :), j'espère ne pas te décevoir alors.

Essaidel : Coucou, ne t'en fais pas c'est rien, je suis simplement contente d'avoir ton commentaire. Ça va et toi ?

Je suis contente que tu aies aimé la conversation entre Pippin et Aurore, je me sentais idiote parce que chaque fois que j'essayais de l'écrire je me mettais à pleurer en imaginant la scène, ce qui était, tu t'en doutes, problématique. Mais oui, je voulais qu'on voit le lien entre Pippin et Aurore, après tout Pippin a juré, ou va juré, fidélité au Gondor, pas simplement à Denethor ou Aragorn. Oui, Aurore et Pippin vont être proches, je ferai plusieurs scènes avec eux deux, promis.

Tant mieux alors, je me demandais comment la tenue de Faramir était arrivée dans les mains de Pippin, et je me suis dit, tiens pourquoi pas Aurore ? Donc tada ;) Et oui je sais, j'écris plus en fonction des films comme je te l'ai dit, mais je le fais selon les versions longues, il y a pleins de détails intéressants dedans. Et cette conversation est absolument géniale.

Oui, c'est un traumatisme qui date de quelques années déjà, mais ça reste néanmoins très présent pour elle, je voulais que ça se voit sans en faire trop ou sans le minimiser non plus. Heureuse de savoir que j'ai réussi en tout cas.

Ça va pas être facile, ça je te le garantis, il lui a fallu des années pour se détendre en présence d'Ohtar et de Varon, ça ne va pas être évident pour Aragorn et il va devoir ramer un peu avant de la séduire. Je n'ai pas encore d'idée précise au sujet de ses réactions, bien sûr ça ne va pas être positif ou quoique ce soit, mais je n'arrive pas encore à le visualiser. Mais après pour le moment je me concentre vraiment sur la guerre et la période des films, après ça me viendra peut être. Enfin je l'espère sinon les choses vont se compliquer.

Qu'est ce que tu veux dire par une autre phase plus critique ?

Oui, c'était exactement ce que je voulais montrer. Avec cette fic je montrais beaucoup le pouvoir d'Aurore, comment elle agissait et elle faisait un peu ce qu'elle voulait, un petit peu en tout cas. Mais je voulais montrer que ce n'était pas du tout le cas, qu'au contraire elle avait un champ d'action plutôt réduit, qu'elle était tenue d'obéir aux ordres de l'Intendant. Elle ne peut pas s'opposer ouvertement à lui après tout. Parce que même s'il y a des femmes importantes dans le Seigneur des Anneaux, elles sont limitées par les 'ordres' qu'on leur donne, pas les directives de leurs proches mâles... Enfin c'est comme ça que je le vois, un peu en tout cas. Et Aurore est aussi dans ce cas.

Je suis contente qu'elle te plaise en tout cas, et j'espère que ce sera aussi le cas pour ce chapitre là.

Un bon week-end en avance à cause du délai ? ;)

Bisous

Aurore avait depuis longtemps appris à couvrir ses traces lorsqu'elle s'opposait d'une quelconque manière à Denethor, elle ne pouvait pas toujours le faire, parfois ça venait de ses ordres et c'était donc très facilement traçable, mais là, elle n'avait aucune intention de se faire attraper. Elle était aidée par le fait qu'elle n'avait aucune idée de quand Gandalf et Pippin comptaient agir, et elle savait que c'était aussi le cas pour Pippin vu qu'elle avait mangé avec lui le matin même et que le hobbit ne lui avait rien dit. Elle appréciait la compagnie de Pippin, il était à la fois innocent mais aussi très adulte, il arrivait aussi à la faire sourire et c'était quelque chose qu'elle savourait, surtout vu qu'il lui parlait de Boromir et de leurs aventures, quelques unes en tout cas, les moments drôles. Il lui avait beaucoup parlé de la Comté, un endroit si cher à son cœur et l'endroit avait l'air magnifique, Aurore n'avait jamais voyagé en dehors du Gondor, mais pour la première fois elle avait envie d'aller à un autre endroit que Fondcombe, la ville des elfes dont elle avait tant entendu parler.

Elle était donc avec Bergeon et Rudril, deux capitaines expérimentés, et Rudril était aussi le chef des soldats de la Citadelle, leur responsable. Elle examinait les armes qu'il y avait dans l'armurerie et discutait avec eux des défenses potentielles de la Cité Blanche, le danger était imminent, la lueur venant de Minas Morgul la veille au soir le prouvait bien. Le lieutenant de Sauron ne sortirait pas pour rien, il menait les troupes et cela voulait dire qu'une armée marchait vers Minas Tirith, une armée contre laquelle ils allaient devoir se battre et gagner, d'une manière ou d'une autre. Aurore n'avait pas suivi les cours de stratégie et de combat de ses frères, ça n'aurait pas été correct, selon Denethor, mais elle avait eu bien des discussions avec eux, elle avait parlé aux différents capitaines et soldats, et elle avait appris grâce à eux et à ses lectures. Elle n'était pas une experte cependant, loin de là, mais elle était plus que prête à écouter les deux capitaines du Gondor ainsi que ses deux gardes, Ohtar et Varon étaient de bons conseils, et ensemble ils préparaient la défense de Minas Tirith. En tout cas ils en parlaient et répertoriaient tout ce qui pouvait servir.

"Les portes sont solides Milady, elle seront difficiles à briser." pointa Rudril.

"Mais ce n'est pas impossible, on ne doit pas l'oublier." contra Aurore. "Et puis il y a d'autres moyens d'entrer, ils ont probablement des tours pour arriver au niveau des remparts."

"On ne peut pas oublier les Nazgûls non plus." ajouta Varon.

"Et qui sait quels autres moyens Sauron a à sa disposition pour nous attaquer." continua Ohtar.

"Nous devons être préparé au pire." acquiesça Bergeon.

"Milady, Osgiliath est attaqué." appela un serviteur.

Aurore ne se mit pas à courir, ce ne serait pas correct de la part de la fille de l'Intendant, mais elle sortit d'un pas pressant pour observer la ville d'Osgiliath qui était dissimulée par l'obscurité envoyée par Sauron, néanmoins des feux étaient visibles, et pas des feux pour se réchauffer. Les soldats du Gondor essuyaient une nouvelle attaque, un peu plus pâle que normalement, Aurore pria à nouveau pour la survie de Faramir mais aussi pour demander une protection pour les autres soldats, elle avait beau ne pas tenir à eux comme elle tenait à son frère, ça ne voulait pas dire qu'elle ne voulait pas qu'ils aillent bien, qu'ils survivent. Elle connaissait les familles après tout.

"Milady." l'appela Bergeon, il l'avait suivi ainsi que les autres hommes, elle se tourna vers lui et il lui montra la tour derrière, celle des feux d'alarmes. Le bois était allumé. Pippin avait réussi, le Rohan allait être appelé.

"Lord Denethor en a donné l'ordre ?" questionna Rudril surpris, les ordres qu'il avait reçu la veille semblait dire le contraire.

"Pas que je sache non." nia Aurore.

"Le Rohan viendra vous pensez Milady ?" demanda Bergeon.

"Je le pense oui." acquiesça Aurore, choisissant de ne pas parler de ses doutes, et de ses craintes. Le faire avec Varon et Ohtar était une chose, mais avec les deux capitaines ce n'était pas une bonne idée, pas du tout. Même si elle craignait qu'ils n'arrivent trop tard, c'était dans ce genre de moment que ses masques, que sa capacité à dissimuler ses émotions, étaient aussi importants.

"Milady." appela Ohtar qui n'avait pas quitté des yeux Osgiliath. "Regardez."

"Les Nazgûls." souffla Aurore horrifiée. "Plusieurs Nazgûls. Regardez, ils évacuent Ozgiliath."

Son cœur se serra, ils étaient bien trop loin pour différencier les soldats, elle n'arrivait même pas à voir qui portaient une armure et qui portaient une tenue des rodeurs d'Ithilien, alors repérer son frère... C'était impossible et horrible. Elle craignait le pire. Son visage tendu et luttant pour ne pas fermer ses mains dans des poings, jusqu'à ce que ses phalanges blanchissent, elle quitta son poste d'observation au bout de la crête devant la Citadelle, pour aller trouver Mithrandir et se rapprocher par la même occasion des portes de la Cité.

Elle ne pouvait rien contre que les Nazgûls, c'était le pire pour elle, son incapacité à agir, Denethor ne voulait rien faire alors qu'il le pouvait mais elle, alors qu'elle le voulait, presque désespérément, elle était impuissante. Majoritairement parce qu'elle était une femme, le plus grand reproche de son géniteur, qu'il n'ait pas eu trois garçons, elle avait mis du temps à se rendre compte, et à se convaincre, qu'être une femme était une bonne chose. Surtout après les actions de Denethor. Être une femme voulait dire rester dans la Cité et aider le peuple, ses frères ne se rendaient pas compte de tout ce que ça voulait dire, vivant avec les soldats, mais elle si, elle voyait les besoins des gens et pouvait mieux agir, et elle le pouvait parce qu'ils étaient plus à l'aise vu qu'elle était une femme. Alors que si elle avait été un homme, elle aurait du partir défendre le Gondor comme ses frères. Rester en arrière comme elle le faisait, c'était très difficile, un poids lourd à porter, surtout vu ce qui était arrivé à Boromir, mais elle l'avait accepter. C'était son rôle tout comme c'était le rôle de Faramir d'aller se battre même s'il n'aimait pas ça, et malgré les restrictions qu'elle subissait face au fait qu'elle était une femme, elle ne pouvait pas nier qu'elle préférait ça à l'idée d'être au front et de tuer des orques et des haradrim, mais dans ce genre de cas c'était pesant.

Elle ne pouvait pas aider son frère et ses hommes, même s'ils étaient en danger, mis à part prévenir les gardes de se tenir prêts à tirer des flèches enflammées mais les serviteurs de l'Ennemi étaient bien trop loin d'eux, ils ne pouvaient pas être efficace. Les soldats poursuivis ne pouvaient compter que sur eux même, un fait insupportable pour la fille de l'Intendant qui dévalait les marches, les quatre hommes sur les talons, malgré leur entraînement et la force physique de chaque soldat, ils peinaient à tenir le rythme mis par la jeune femme tandis qu'elle se hâtait vers les portes de Minas Tirith, gardant l'œil ouvert pour repérer Gandalf.

"Mithrandir." elle appela en le voyant, Pippin était à côté de lui et elle était soulagée de voir que le hobbit n'avait pas eu de problèmes pour redescendre de la tour. Elle l'avait certes grimpé plusieurs fois, mais jamais seule, ses frères avaient toujours été avec elle.

"Aurore, que se passe-t'il ?" demanda le magicien inquiet, il n'avait jamais vu la jeune femme dans cet état, aussi inquiète.

"Faramir et la garnison d'Osgiliath fuient l'ancienne ville, ils sont pourchassés par les Nazgûls." dit Aurore, pressante. "Peux tu aller les aider ? Ta magie pourrait repousser les Nazgûls non ?"

"Je vais les aider de mon mieux." acquiesça Gandalf, il avait observé les lumières des feux d'alarmes, satisfait, avant de surveiller Pippin, s'assurant qu'il allait bien et qu'il ne risquait rien. Il n'avait pas vu la situation avant.

"Vous ne pouvez pas y aller Milady." lui dit Bergeon, un air d'excuse sur le visage. "Ce n'est pas sûr pour vous et Lord Faramir ne voudrait pas cela."

"Je le sais." reconnut à regret Aurore "Mais je vais néanmoins aux portes pour accueillir les soldats."

Elle pointa en reprenant la route, ordonnant aux gardes d'ouvrir les portes au passage, pour permettre à Mithrandir de sortir bien sûr mais surtout aux soldats de rentrer, et il n'y avait plus qu'une chose à faire, la pire de toute. Attendre sans rien faire, à part observer la situation, les cavaliers et les simples soldats qui fuyaient les Nazgûls, les créatures ailées attaquant encore et encore, sans qu'ils puissent se défendre.

"Quels sont vos ordres Milady ?" demanda un des soldats qui gardait les portes.

"Préparez du feu, si les Nazgûls s'approchent d'assez près, alors tirez des flèches enflammées." dit simplement Aurore, gardant son calme malgré les cris perçant qui lui faisaient mal aux oreilles et l'inquiétude qui la rongeait, il y avait de nombreux survivants c'était vrai mais il y avait eu aussi de nombreuses pertes, c'était visible, même dans le nombre approximatif qu'elle devinait. Elle ne devait pas réagir même en voyant les trois créatures ailées que chevauchaient les Nazgûls attraper de la sorte les fuyards. Heureusement Gandalf réussit à les repousser et à escorter la troupe jusqu'à Minas Tirith, la tension se fit moins présente dans les épaules de la jeune femme, mais elle resta, elle avait besoin de voir son frère, de s'assurer qu'il était bel et bien vivant. Elle quitta donc les remparts, et donc son poste d'observation, les habitants de la Cité se poussant sur son chemin avec respect, pour rejoindre la première cour, celle où les cavaliers entrèrent. Elle était d'ailleurs suivie par les habitants, ils étaient tout aussi inquiets qu'elle, même si ce n'était pas forcément pour Faramir, ils avaient aussi des proches dans ce groupe.

Elle ne voyait pas Faramir, dans les cavaliers, mais elle choisit de se rapprocher de Gandalf, pensant que lui saurait où était son frère, sinon elle demanderait aux proches de Faramir, même si elle ne voyait pas non plus Madril, son second. Mais ce n'était pas comme si elle pouvait voir tous leurs visages. Pas de raison de s'inquiéter...

"Mithrandir." appela une voix ô combien familière "Ils ont fait une pensée dans nos défenses. Ils ont pris le pont et la rive Ouest, des bataillons d'orques traversent le fleuve."

"Faramir." appela Aurore en arrivant près de lui, souriant en voyant sa sœur, il ne perdit pas de temps à démonter pour la prendre dans ses bras. Il hésita un instant, après tout il n'avait pas pu se laver de quelques jours et il avait du sang sur lui, mais Aurore prit la décision à sa place en se jetant dans ses bras, elle s'en moquait des tâches qu'il y aurait ensuite sur sa robe. Elle avait son frère et c'était le plus important.

"C'est ce que le Seigneur Denethor avait prédit. Il a vu cet échec depuis bien longtemps." intervint leur oncle, le Prince Imrahil en arrivant à son tour sur les lieux.

"Il l'a prédit mais il n'a rien fait." répondit avec humeur Gandalf en tournant son cheval, faisant face à Faramir et montrant par la même occasion Pippin qui était assis devant le magicien.

"Faramir ?" appela Aurore en sentant son frère se tendre en voyant le jeune hobbit, elle leva son visage vers le sien et ne vit pas de la curiosité comme elle s'y attendait, après tout il n'avait pas vu un hobbit avant, elle l'aurait su. Non il y avait de la familiarité... Elle pali en se rappelant du message qui était arrivé à la Cité quelques jours auparavant, un message de Faramir au sujet d'un présent, et maintenant il reconnaissait un hobbit..."Faramir, dis moi ce qui se passe. Dis moi que tu n'as pas touché à cet objet." elle implora, ne voulant pas donner le nom de l'objet en question, pas la peine d'affoler les gens.

"Je n'y ai pas touché." il assura de suite, voyant la peur dans le regard de sa sœur, une part de lui même avait honte, une grande part. Il allait tellement la décevoir, ce qu'il avait à dire au sujet de ses actions à lui mais aussi de ce qu'il avait appris au sujet des actions de Boromir. Il avait envie de lui cacher, mais il ne pouvait pas, Aurore avait toujours su lorsque ses frères lui dissimulaient quelque chose, et s'il voulait la protéger, égoïstement il voulait aussi pouvoir se confier.

"Ce n'est pas le premier semi-homme que vous voyez n'est ce pas ?" demanda Gandalf qui n'avait pas entendu la discussion presque chuchotée entre le frère et la sœur, observant à la place la réaction de Faramir face à Pippin.

"Non." confirma Faramir.

"Vous avez vu Frodon et Sam ?" demanda avec espoir Pippin et si Aurore était toujours inquiète sur les conséquences d'une telle rencontre et vis à vis de la réaction de Faramir, elle était aussi heureuse pour le hobbit. Il n'avait pas eu la moindre nouvelle de ses amis depuis l'attaque des Uruk'hai et c'était il y a plusieurs semaines déjà. C'était une confirmation qu'ils étaient vivants et dans ces temps sombres, c'était une nouvelle précieuse.

"Où ? Quand ?" demanda Gandalf après avoir vu l'acquiescement de Faramir.

"En Ithilien, il y a environ deux jours." répondit Faramir, mais avant que Pippin et Gandalf ne puissent se réjouir, il poursuivit. "Gandalf, ils ont emprunté la route de la Valée de Morgul."

"Non." souffla Aurore horrifiée, tous les chemins pour se rendre au Mordor étaient dangereux mais celui là était terrible.

"Et le passage du col de Cirith Ungol." comprit Gandalf, tout aussi horrifié, sentant le trouble de sa sœur, Faramir raffermit sa prise autour de ses épaules, voulant la rassurer.

"Ca veut dire quoi ?" demanda Pippin qui n'avait que peu de connaissances sur le monde en dehors de la Comté, encore moins au sujet du Mordor. "Qu'il y a t'il ?"

"Faramir, racontez moi tout. Dîtes moi tout ce que vous savez." implora Gandalf.

"Mon oncle, pouvez-vous aider les soldats qui en ont besoin à accéder aux Halls de Guérison ?" demanda Aurore, elle ne voulait pas laisser Faramir seul, surtout pas vu qu'il allait devoir faire son rapport à Denethor. Encore moins avec l'état de Denethor ces derniers temps, il était plus cruel que jamais, elle n'allait certainement pas laisser son frère seul face à lui. Et puis elle n'avait vraiment pas envie de le lâcher, elle avait perdu Boromir il y a peu, et passé le temps depuis à s'inquiéter pour son autre frère, pour la première fois depuis des semaines elle se sentait en sécurité et heureuse, au moins un peu. Elle avait besoin de Faramir et de sa présence, et vu la prise qu'il avait aussi sur elle, c'était réciproque. Elle ne savait pas combien de temps leur serait accorder avant que la guerre ne se rappelle à eux, mais elle comptait profiter de chaque minute possible avec son frère.

Imrahil les regarda un instant, vérifiant discrètement que Faramir n'était pas blessé, elle le savait, elle avait eu le même regard très souvent, avant d'acquiescer. Un air doux sur le visage, ils n'avaient pas passé beaucoup de temps avec leur oncle, ne faisant que quelques visites à Dol Amroth dans leur enfance, Aurore y était allé plus souvent, sa tante avait voulu l'instruire pour qu'elle devienne une grande dame. Elle avait de l'affection pour son oncle, même si ils n'étaient pas très proche, elle avait passé plus de temps avec sa tante et sa cousine, même avec ses cousins, mais depuis l'arrivée d'Imrahil à Minas Tirith, elle s'était un peu rapproché de lui. Elle n'était pas d'accord avec son attitude vis à vis de Denethor, et la foi qu'il avait en l'homme, mais il n'avait probablement pas passé assez de temps avec l'homme pour se rendre compte du véritable caractère de l'Intendant Souverain. C'était la seule possibilité qui lui venait à l'esprit en tout cas. Mais elle savait qu'il se souciait d'eux, qu'il tenait à eux et qu'il avait aussi pleuré la mort de Boromir, il lui avait même raconté quelques histoires sur Boromir quand il était un enfant, avant sa naissance à elle, et aussi avant la naissance de Faramir. Ca avait été agréable, et avait réussi à la faire sourire plusieurs fois, ça avait été un soulagement de pouvoir penser à son frère de cette manière, plutôt que les images qu'elle avait eu de ses derniers moments.

"Allez y, je me charge des soldats ici." il acquiesça en pausant sa main sur l'épaule de Faramir, la serrant brièvement avec un sourire avant de partir pour le faire, sans un regard pour Gandalf, la relation entre les deux était loin d'être excellente et vu l'attitude du magicien depuis son arrivée, Aurore ne pouvait pas blâmer son oncle.

"Allons y, je parlerai sur le chemin pour aller voir Père." invita Faramir en faisant signe à Gandalf et Pippin.

"Faramir, je te présente Peregrin Took, un hobbit de la Comté, il était un ami et compagnon de Boromir, ainsi qu'un ami à moi." le présenta Aurore, un sourire doux pour le hobbit qui avait été une bouffée d'air frais depuis son arrivée la veille, il avait tout fait pour la faire rire ce matin déjà. Aurore aurait pu lui en vouloir pour être lié à la mort de Boromir, elle aurait pu le repousser mais faire cela aurait sali la mémoire de son frère et sa volonté. Elle ne pouvait pas y penser, elle ne le voulait pas du tout et puis elle appréciait vraiment l'innocence de Pippin, différente mais similaire en même temps à celle des enfants. Son désir d'aider était aussi touchant, même si elle ne le voulait pas au milieu des combats, pas du tout d'ailleurs. "Pippin, je te présente mon frère Faramir."

"Enchanté." répondit Pippin en s'inclinant, étant descendu de cheval.

"De même." répondit Faramir.

"Quel est ce passage ?" insista Pippin en regardant Aurore, Gandalf ne lui donnait que rarement des réponses, mais pour le moment la jeune femme lui avait toujours dit la vérité.

"La lumière verte qui a jailli dans le ciel soir hier, tu t'en rappelles ?" demanda Aurore tout en marchant, ils ne pouvaient pas faire attendre Denethor, pas après la chute d'Osgiliath et pas après que les feux d'alarmes aient été allumé, encore moins vu l'humeur de Denethor depuis l'annonce de la mort de Boromir.

"Oui." acquiesça Pippin en fronçant les sourcils.

"Elle venait de Minas Morgul, une ancienne cité du Gondor qui est tombée entre les mains des Nazgûls, on l'appelait Minas Ithil avant cela. Il y a un passage devant cette cité qui mène à une ancienne forteresse gondorienne, celle de Cirith Ungol, qui est elle aussi occupée par l'ennemi. De par son emplacement, ce passage est très dangereux mais en plus on a appris qu'une araignée géante occupe ce passage." expliqua Aurore avec un air inquiet, enfin si on la connaissait bien, elle ne voulait pas inquiéter le peuple du Gondor qui l'observait, elle et son frère, et surtout pas le jeune hobbit. "C'est aussi malheureusement le moyen le plus rapide d'arriver en Mordor depuis l'Ithilien." elle concéda ensuite "Lui aviez vous parlé de ce passage Mithrandir ?" elle demanda ensuite, consciente qu'elle était en public, Denethor n'aimait déjà pas le lien qui existait entre ses plus jeunes et le magicien, pas la peine qu'il sache à quel point elle appréciait l'homme. Mieux valait qu'il pense qu'il n'y avait qu'une relation tuteur-élève, qu'une relation amicale, c'était préférable.

"Non, je n'avais pas parlé des chemins pour aller jusqu'en Mordor." nia Gandalf.

"Ils avaient un guide, une créature étrange, Frodon l'appelait Smeagol mais la créature disait souvent Gollum." commenta Faramir, qui n'avait pas lâché sa sœur, uniquement changé de position, au lieu de la tenir serré contre lui par son bras au milieu de son dos, il l'avait sur son épaule. Il n'était pas prêt à la lâcher, pas plus qu'elle ne semblait le vouloir, il avait vu la vulnaribilité dans son regard parce qu'il la connaissait par cœur, elle était sa petite sœur. Il savait qu'elle avait des secrets, qu'elle ne lui avait pas tout dit, il y avait quelque chose qui voilait son regard, et ce n'était pas que la guerre et l'inquiétude, non il y avait plus. Et ça lui faisait peur, parce qu'il ne savait pas contre quoi ou contre qui il devait la protéger, tout comme il savait que Boromir n'en savait rien non plus, ils en avaient parlé quelques fois. Il avait espéré que Varon ou Ohtar leur disent quelque chose, leur explique ce qui était arrivé, mais les deux hommes étaient loyaux envers elle seule, et s'ils s'en étaient heureux, heureux qu'elle est un réel support, ça les frustraient aussi parce qu'ils ne savaient pas.

Il avait eu peur en apprenant la mort de Boromir, il avait été dévasté bien sûr, c'était son frère aîné, son héros ainsi que son protecteur, il l'adorait, mais son propre instinct de protecteur le poussait à se soucier en priorité de sa petite sœur. Il avait eu peur de la retrouver brisée et anéantie, mais s'il pouvait voir une grande tristesse elle semblait se dominer. Elle était tellement forte, il reconnut avec un faible sourire, il avait rencontré bien des femmes au cours de sa vie, vivant à la cour du Gondor et étant un des enfants de l'Intendant faisait que malgré la guerre et ses missions, il était un beau parti et bien des jeunes filles avaient cherché à le séduire, parfois poussées par leurs parents, mais il n'en avait trouvé aucune à son gout. Pas plus que Boromir d'ailleurs. Ayant grandi avec une sœur telle que la leur, ils avaient plutôt cherché une femme qui réfléchissait par elle même et sans les contredire en permanence, pouvait quand même s'opposer à eux si nécessaire. Ils ne voulaient pas d'une femme qui acquiesçait à tout ce qu'ils disaient, pas comme leur mère avait été avec leur père, Faramir avait moins de souvenir d'elle que Boromir, mais il se rappelait du fait qu'elle approuvait toujours Denethor, quoiqu'il dise ou fasse. Malheureusement il n'avait jamais rencontré une femme comme ça en dehors de sa sœur, ou même sa cousine, et il ne pouvait pas s'empêcher de penser à la femme qu'il avait vu parfois en rêve...

"Gollum ? Tu es sûr ?" demanda interdit Gandalf. "Ils lui faisaient confiance ?"

"Frodon oui, je ne sais pas pour Sam Gamegie." répondit Faramir sortant de ses pensées. Aurore semblait tenir bon mais il allait veiller sur elle, le plus possible, comme il l'avait promis à Boromir il y a des années. Ils s'étaient jurés mutuellement que si l'un des deux perdait la vie alors l'autre devrait protéger Aurore deux fois plus, et il allait le faire.

"Qui est Gollum ?" questionna Aurore, son nom ne lui était pas familier.

"Il est l'ancien porteur de l'anneau, celui qui l'a porté pendant près de cinq cent ans, avant que Bilbon ne le prenne." expliqua Gandalf. "L'anneau l'a brisé, il le désire plus que tout autre chose."

"Il risque donc de les trahir ?" s'inquiéta Pippin.

"Je l'ignore mais c'est malheureusement probable." reconnut inquiet Gandalf.

"Néanmoins ils allaient bien quand tu les as vu il y a quelques jours." pointa Aurore voulant rassurer Pippin ainsi que Faramir. Elle ne savait pas quoi penser de ce sujet, c'était inquiétant c'était vrai, néanmoins Faramir ne devait pas défendre ses actions devant Denethor s'il doutait de sa décision, l'homme le détruirait. Déjà que l'entrevue allait être difficile, pas la peine de l'empirer d'avantage.

"Oui." reconnut Faramir, souriant avec gratitude à sa sœur.

"Milady, nous y sommes." pointa Varon, le groupe avait été absorbé par leur conversation.

"Merci Varon." sourit Aurore, elle ne s'était pas aperçue qu'ils avaient fait tant de chemin déjà. "Allons y."

"Tu n'es pas obligé de venir avec moi." dit immédiatement Faramir.

"Je ne vais pas te laisser seul." nia de suite Aurore, elle n'abandonnerait jamais son frère à Denethor, jamais.

Ils quittèrent Gandalf et Pippin et continuèrent leur route jusqu'à la salle du trône, Faramir lâchant sa sœur pour qu'elle marche simplement à ses côtés plutôt que serrée contre lui, il n'en avait pas envie, mais Denethor le lui demanderait de toute façon.

"Ne l'écoute pas Faramir, quoiqu'il dise à ton sujet, il a tort, tu m'entends ? Il a toujours été cruel, mais depuis l'arrivée du cor du Gondor,..." elle s'interrompit, sa voix luttant contre un sanglot, c'était tellement difficile de maintenir son masque devant son frère, surtout quand elle voyait le même chagrin dans son regard, aussi bleu que le sien, que celui de Boromir, il lui serra la main pour la réconforter, au moins un peu. "Il est pire que tout, plus cruel encore qu'auparavant, je crains ce qu'il va te dire."

"Je ferai de mon mieux pour ne pas l'écouter." promit Faramir. "Allons-y."

Aurore marcha un pas derrière son frère, Ohtar et Varon derrière elle, il était hors de question qu'ils la laissent seule face à Denethor, elle tenta bien de leur demander mais le regard qu'ils lui lancèrent était clair, ce n'était pas la peine d'insister.


"Alors c'est ainsi que tu sers ta Cité. En risquant sa ruine totale." cracha Denethor, son visage portant un rictus. Faramir venait de lui faire son rapport sur la situation, y compris sur sa décision concernant l'anneau. Elle aurait tellement voulu qu'il ne dise rien, que Denethor ne l'apprenne jamais, il allait le lui faire payer, elle en était sûre. Malheureusement le messager qu'avait envoyé Faramir avait fait son devoir, il avait donné son message à l'Intendant et Denethor avait demandé une explication.

"J'ai fait ce que j'ai jugé bien." répondit Faramir d'un ton posé, heureux malgré la situation d'avoir sa sœur derrière lui, en soutien.

"Ce que tu as jugé bien ?" répondit Denethor qui semblait trembler de rage, la lueur de folie qu'elle avait vu à plusieurs reprises dans son regard encore plus marquée. "Tu as envoyé l'anneau de pouvoir au Mordor. Dans les mains d'un semi-homme sans intelligence." il hurla, et Aurore dut s'enfoncer les ongles dans les mains pour ne pas protester, Faramir avait suivi la volonté du Conseil de la Terre du Milieu, conseil auquel Boromir avait participé. La décision avait été prise par les hommes, les elfes, les nains et les hobbits, l'anneau devait être détruit, et puis il n'avait parlé que quelques minutes à un semi-homme, il n'avait aucun moyen de savoir leur niveau d'intelligence. Elle resta néanmoins silencieuse, elle ne devait pas provoquer Denethor, encore moins alors qu'il était dans une telle humeur, son visage était toujours pris dans une expression de rage même s'il avait changer de ton, parlant dans un murmure. "Il aurait fallu le rapporter à la Citadelle et le mettre en sécurité. Le cacher, au plus profond des ténèbres, ne pas s'en servir, sinon dans la plus extrême nécessité."

"Je ne m'en serai pas servi, même si Minas Tirith était en ruines et que j'étais le seul à pouvoir la sauver." dit de suite Faramir, et Aurore dut réprimer un sourire de fierté, il avait raison et il avait résisté. Son cœur se serra à la pensée de Boromir qui n'avait pas réussi, mais il avait été à proximité de l'anneau maudit bien plus longtemps, sans compter que Denethor lui avait probablement donné des ordres clairs...

"Tu veux toujours paraître noble et généreux, comme un roi d'antan." se moqua Denethor avant que son rictus ne se fasse plus marqué. "Boromir se serait souvenu des besoins de son père. Il m'aurait apporté ce magnifique présent."

"Boromir n'aurait pas apporté l'anneau, il aurait tendu la main vers cette chose et la prenant il serait tombé." dit Faramir, et elle dut contrôler sa réaction, comment le savait-il ? Il ne lui fallut qu'un instant pour comprendre, les deux hobbits avaient du lui dire.

"Tu ne sais rien de ces choses là." affirma Denethor qui s'énervait à nouveau.

"Boromir l'aurait gardé pour son compte et à son retour vous n'auriez pas reconnu votre fils." dit doucement Faramir, ne quittant Denethor du regard qu'une seconde pour envoyer un regard d'excuse à sa sœur, il se retourna néanmoins vite en voyant l'alarme sur son visage, et il recula ensuite d'un pas en voyant son père fou de rage qui s'était levé dans son emportement.

"Boromir était loyal envers moi." hurla Denethor, brandissant son sceptre "Il n'était l'élève d'aucun magicien."

Il recula et tomba à la renverse en se heurtant aux marches qui menaient à son trône, tombant au sol et laissant échapper des sanglots, Aurore le regarda et ne ressentit aucune pitié envers lui, et ça l'effraya, parce qu'il était pitoyable mais il n'y avait que du mépris, du dégoût, de la haine même et de la colère pour Denethor dans son cœur. Après tout ce qu'elle avait subi aux mains de ce monstre, c'était peut être normal mais elle craignait de devenir un jour comme lui si la guerre finissait un jour et en leur faveur, c'était une de ses plus grandes craintes. Devenir aussi mauvaise et cruelle que Denethor, parce qu'elle savait qu'il n'avait pas toujours été ainsi, elle ne l'avait jamais connu bon et aimant mais il n'avait pas toujours été aussi cruel et elle craignait de devenir comme lui. Elle ne revint à la situation, sortit de ses pensées et releva la tête à l'appel de Faramir.

"Père." alors qu'elle réfléchissait, il s'était avancé vers Denethor, inquiet probablement.

Elle s'avança également, mais par inquiétude pour Faramir, Denethor se relevait et elle ignorait dans quel but, il avait été sur le point de frapper son frère et elle ne voulait pas qu'il lui fasse du mal. Elle ignorait totalement ce qu'elle ferait mais elle ne pouvait pas rester sans rien faire, mais au final peut-être aurait-ce été préférable... Il s'était relevé seul, le visage rempli d'émerveillement en regardant Faramir, sauf que ce n'était pas Faramir qu'il voyait, mais Boromir. L'affection sur son visage, la fierté, tout cela n'était pas destiné à son second, alors que ce dernier avait tout fait pour lui plaire, uniquement pour être rejeté encore et encore, simplement pour être lui même.

"Laisse moi." il ordonna à Faramir, son visage retrouvant son rictus et ses yeux de nouveaux cruels.

Faramir se tourna et en voyant son regard Aurore détesta un peu plus Denethor, pour ce qu'il venait de faire subir à son frère. L'espoir était vraiment le pire des poisons. Elle quitta la pièce avec Faramir et dès qu'ils furent hors de vue de Denethor elle lui prit la main, hésitante, elle ne savait pas s'il voudrait plus de contact. C'était cependant le cas vu qu'il l'attira à nouveau à lui, sans un mot ou un regard, mais Aurore le laissa faire, elle le suivit donc en silence jusqu'à ses appartements, où elle ne le brisa que pour demander à Ohtar et Varon de les laisser seuls. Les deux hommes étaient hésitants mais ils acquiescèrent néanmoins sans protester, elle savait que leur hésitation était due à ce qui s'était passé l'autre jour dans la salle du trône, lorsqu'ils avaient vu Denethor qui la frappait, vu qu'avant ils n'avaient jamais eu le moindre soucis à la laisser seule avec ses frères du moment qu'ils étaient en privés.

Dès qu'ils furent seuls, Faramir la prit dans ses bras, posant sa tête sur l'épaule de sa sœur tandis qu'elle faisait de même, plus ou moins vu qu'il était plus grand qu'elle quand même. Elle se laissa aller aux larmes, sentant son frère faire la même chose pour un bref moment ils n'étaient plus Aurore et Faramir, de la maison des Intendants, ils étaient simplement une sœur et un frère qui avaient perdu quelqu'un qu'ils adoraient. Ils parleraient plus tard, pour le moment ils se laissaient simplement aller à leur chagrin, se réconfortant mutuellement.