Bonne année 2019 :D J'espère que vous avez passé de bonnes fêtes de fin d'année 2018.
Ouah, trois semaines depuis le dernier chapitre. Désolée pour le délai, je bloquais, je n'arrivais pas à l'écrire à mon goût, je ne suis pas entièrement satisfaite mais le voici, j'espère qu'il vous plaira.
Merci en tout cas de lire, suivre, mettre en favori et surtout de commenter cette fic, j'adore les reviews :). Bonne lecture en tout cas.
Pims10 : Heureuse que ça t'ai plu alors.
Gabi : Désolée pour l'attente alors, mais j'espère que tu aimeras cette suite ;).
Essaidel : Très bon choix de musique, j'approuve :D.
Et comme je te l'ai aussi dit, j'adore Faramir, il est génial. Et oui tu commences par la fin, normal c'est ce que tu viens de lire, totalement logique selon moi :). C'est le seul moment du film où j'ai eu un peu pitié de Denethor, quand il était comme ça souffrant de la perte de son fils aîné, le seul moment où il n'a pas été un total abruti à mes yeux. Oui il était tellement aveuglé par son amour pour son fils aîné, si semblable à lui même et c'est plus qu'un peu narcissique de sa part, qu'il a totalement négligé son second, qui est tout aussi génial, voire plus, que Boromir.
Oui, il me fait aussi vraiment de la peine Faramir, là, comme dans la scène entre lui et Denethor de ce chapitre d'ailleurs, voire plus cette fois.
Il est au moins bien accueilli par un membre de sa famille, qui le soutient, mais qu'il soutient en retour. C'était ça que je voulais montrer dans le dernier chapitre, oui Aurore est forte mais elle l'est surtout grâce à ses frères qui l'aiment plus que tout. Et oui, elle connait assez Denethor pour savoir comment il va agir, quoiqu'il la surprend aussi parfois, et elle essaye de le protéger, pas très bien malheureusement vu qu'il aime quand même son père.
Les Rohirrims ont la classe, on est d'accord. J'adore le moment où Eomer se plante devant un Oliphant et gagne, le combat entre la souris et le géant un peu, c'est tellement impressionnant :D.
Et oui on va arriver à l'inédit, j'espère que je réussirais à faire honneur à tes attentes en tout cas et que tu aimeras la suite. En espérant que le prochain chapitre me donne moins de fil à retordre que celui ci.
Bonne lecture en tout cas.
Bisous
Malheureusement Aurore et Faramir ne pouvaient pas rester dans leur bulle éternellement, se contentant de se réconforter et ignorant le reste du monde, ils finirent par se relâcher lorsque Siera arriva avec une collation. Elle baissa le regard et ne regarda pas les deux nobles, posa rapidement le plateau sur la table basse et repartit.
"Je meurs de faim." reconnut Faramir avec un soupir, il aurait voulu un peu plus de tranquillité mais il ne pouvait pas blâmer la suivante de sa sœur. "Mais si tu pouvais m'accordé un bref moment pour que je me lave et que je me change."
"Je le fais très volontiers." taquina légèrement Aurore avec un faible sourire, poussant l'amusement jusqu'à agiter une main sous son nez, s'éventant.
"J'aimerai t'y voir." répondit avec un sourire Faramir, heureux de voir un peu de vie dans les yeux de sa sœur, c'était exactement ce dont il avait eu besoin. Le chagrin concernant la perte de Boromir était toujours présent, toujours vif, mais avec Aurore avec lui, il était plus tolérable et il sentait que c'était pareil pour elle. Boromir leur manquait horriblement, ils avaient bien sûr su qu'il mettait sa vie en danger, tout comme Faramir et grand nombre des hommes du Gondor, cependant leur aîné avait paru tellement fort, tellement invincible, qu'ils n'étaient pas préparés pour sa mort. Ils avaient pensé que ce n'arriverait pas, qu'il vivrait encore longtemps, la perte était d'autant plus choquante et douloureuse, surtout qu'ils avaient été seuls, chacun de leur côté à devoir faire face au chagrin. Faramir ne pouvait pas rentrer à Minas Tirith pour consoler sa sœur, pour la soutenir et recevoir son soutien en retour, tandis qu'elle avait été aussi seule de son côté, pas entièrement bien sûr, elle avait été entourée mais pas par celui qu'elle avait vraiment voulu, son frère.
"Je passe mon tour." répondit Aurore, sur le même ton léger. Bien sûr elle le ferait si nécessaire, ce ne serait pas agréable mais elle comprenait bien que lorsque les soldats étaient en poste, ce n'était pas toujours évident de se laver tout les jours. Ce n'était pas la faute de Faramir, mais si ça pouvait les faire sourire un moment, alors elle était preneuse. "Va te laver, je t'attends pour manger."
"J'y vais, je t'aime Aurore." il dit en l'embrassant sur la tempe avant de partir, ne la laissant même pas répondre.
Une tension disparut de ses épaules avec le retour de Faramir à Minas Tirith, une tension qui apparaissait à chaque fois que ses frères partaient en mission, l'inquiétude pour eux la rongeait toujours. A juste titre vu ce qui était arrivé à Boromir, son inquiétude pour son deuxième frère n'avait fait qu'augmenter, elle avait craint le pire. Il contrôlait mieux ses émotions que Boromir le faisait, cependant elle savait que le deuil pouvait pousser des gens à faire des erreurs sur le champ de bataille, prenant des risques plus grands que de coutume. Heureusement il était rentré mais le danger était loin d'être passé, bien au contraire et d'une certaine manière elle craignait plus Denethor que Sauron. Le Maudit, on pouvait se battre contre lui sans avoir à s'inquiéter des apparences premièrement et il connaissait bien moins les points sensibles de Faramir aussi, tout comme il n'avait pas la loyauté de son frère. Faramir se battrait de toutes ses forces contre Sauron, alors que contre Denethor...
Elle avait vraiment peur pour lui, Denethor avait passé des mois à désirer l'anneau, à attendre qu'il arrive à la Cité, entre ça et la mort de Boromir, elle craignait les conséquences pour Faramir, il allait le lui faire payer et Aurore n'était pas capable de l'empêcher. Malgré tout Denethor était l'Intendant Souverain du Gondor et il était intouchable, le seul qui pourrait lui prendre son titre, et qui était dans la ville, était Faramir, le Conseil le suivrait, elle savait comment convaincre les récalcitrants si nécessaire, mais elle ne voyait pas son frère agir de la sorte. Il ne voulait pas du pouvoir et ne voudrait pas manquer ainsi de respect à Denethor. Le seul espoir auquel Aurore tentait de se raccrocher c'était que Denethor pouvait être logique et qu'il ne voudrait surement pas se priver d'un excellent capitaine alors que la guerre était à leurs portes, malheureusement elle doutait beaucoup. Cela faisait longtemps que l'homme ne prenait plus de décisions pour le Gondor, plutôt des décisions pour lui, pour l'arranger.
Elle allait attendre de voir ce qu'il comptait faire tout en essayant de parler de ça à Faramir, c'était leur seule chance, cependant si ses frères ne lui avaient pas refusé grand chose au fil des années, le sujet de leur... père était un sujet sensible et sur lequel il n'allait pas forcément la suivre, leurs opinions et leurs expériences avec Denethor étaient après tout très différentes. Et puis dû à la situation en Gondor, ces dernières années ses frères n'avaient pas passé beaucoup de temps à Minas Tirith, ils n'avaient donc pas pu voir le déclin de Denethor, il avait toujours été cruel, au moins envers Aurore, mais au fil des années ça s'était empiré, il était devenu plus froid, plus distant avec le peuple du Gondor, même les nobles et surtout plus désinvolte avec la sécurité des soldats. D'un côté il disait qu'il fallait se méfier de Sauron, qu'il était dangereux, mais il ne faisait rien pour le contrer, au contraire même. Aurore l'avait vu, elle était en première loge pour l'observer, même si elle faisait de son mieux pour garder ses distances avec l'homme, eux, ils ne l'avaient pas vu ou en tout cas pas assez.
"Ca va ?" il demanda en revenant, voyant une expression inquiète sur le visage de sa sœur.
"J'ai eu mieux, et toi ?" répondit Aurore.
"Pareil, Ohtar et Varon semblent me faire confiance, ils n'étaient pas à ta porte même mais dans l'appartement en face du tien." pointa Faramir, une touche de curiosité.
"Ils sont particulièrement protecteurs en ce moment." répondit Aurore sans détailler pourquoi, elle ne comptait pas parler de ça à Faramir et normalement son frère penserait que c'était dû à la mort de Boromir ce qui l'arrangeait. "Que voulais-tu dire par rapport aux agissements de Boromir vis à vis de l'anneau ?"
"Tu attaques d'entrée avec les questions difficiles." soupira Faramir en s'asseyant à côté d'elle, acceptant avec reconnaissance l'assiette qu'elle lui tendait, avec ce qu'il préférait il nota avec l'ombre d'un sourire. "Que sais-tu du voyage de Boromir ?"
"Beaucoup, Mithrandir ne voulait pas répondre à mes questions mais j'ai réussi à en apprendre beaucoup grâce à lui et surtout grâce à Pippin, il n'a pas pensé à dissimuler quoique ce soit contrairement au magicien." répondit Aurore, c'était vrai, Gandalf avait beau dire, il était un politicien, plus ou moins capable selon les moments néanmoins il en était un quand même. Et malgré l'affection qu'il lui portait il avait cherché à tourner la situation à son avantage, pour réaliser ses buts, y compris placer Aragorn sur le trône du Gondor.
"Frodon et Sam ne savaient pas pour la mort de Boromir, donc tu en sais sûrement plus que moi à ce sujet, ils ne voulaient rien me dire au sujet de leur mission ou de ce qui c'était passé mais je pouvais voir qu'il y avait eu un soucis avec Boromir. Ils ne disaient rien, cependant Gollum ou Smeagol a parlé, ce n'était pas beaucoup mais assez pour que je comprenne de quoi il s'agissait, l'anneau unique de Sauron. Lorsque j'ai dit qu'on partait pour le Gondor, avec les deux hobbits, Sam Gamegie a voulu me convaincre de ne pas le faire et a fini par me dire ce qui c'était passé avec Boromir, il avait tenté de prendre l'anneau de force à Frodon, s'était parjuré après avoir promis de le protéger. Ca n'a pas été assez pour me faire revenir à la raison, je voulais ramener l'anneau à Minas Tirith, rendre fier de moi Denethor, réussir là où Boromir avait échoué..." avoua Faramir, il avait baissé le regard, ne voulant pas croiser celui de sa sœur, persuadé qu'elle était forcément déçue, il fut donc très surpris lorsqu'elle lui prit la main et qu'elle se rapprocha de lui.
"Ne soit pas trop dur envers toi même, tu étais inquiet pour le Gondor et la nouvelle de la mort de Boromir a du beaucoup t'atteindre, je sais que ça l'a fait pour moi. Tu n'étais pas entièrement toi même." dit doucement Aurore.
"J'ai quand même eu tort." pointa Faramir.
"Je n'ai jamais dit que tu avais raison." rétorqua immédiatement Aurore, s'attirant un regard mi-surpris, mi-amusé de son frère. "L'idée d'amener l'anneau à Minas Tirith était stupide, l'histoire nous a bien prouvé que nul ne peut contrôler l'anneau autre que Sauron, le conduire ici serait condamner la Cité. Je pense même que c'est pour ça que Sauron envoie autant de force à l'assaut de Minas Tirith."
"Comment ça ?" demanda curieux Faramir.
"Je t'expliquerais quand tu auras fini." répondit de suite Aurore. "Continue."
"Ils ne voulaient pas venir avec moi mais je ne leur ai pas vraiment laissé le choix, ce n'est que lorsque j'ai vu Frodon, prêt à remettre l'anneau à un des Nazguls que je me suis rendu compte de ce que je faisais. Que je me suis rendu compte que l'anneau m'avait contrôlé, j'avais succombé à son pouvoir." avoua Faramir, après un instant d'hésitation, il avait beaucoup de question et il comptait bien obtenir des réponses après. "Je les ai laissé partir après. J'ai menacé Gollum mais je ne sais pas si ça a servi à grand chose, je n'ai pas du tout confiance en cette créature."
"Tu as fait la seule chose possible." dit doucement Aurore. "Je suis heureuse que tu l'ai laissé partir. Je ne savais pas que Boromir avait tenté de prendre l'anneau à Frodon Sacquet."
"Je suis désolé Aurore." s'excusa Faramir, ayant été confronté à la tentation il comprenait la réaction de son frère, néanmoins il ne savait pas du tout ce que ressentait Aurore. Il aurait préféré ne pas lui parler de ça, mais elle aurait senti qu'il lui cachait quelque chose et puis il avait déjà vendu la mèche devant Denethor.
"Il n'est pas mort dans la honte." dit Aurore en croisant le regard de son frère, ses yeux bleus remplis d'un grand nombre d'émotions, tellement que l'aîné des deux n'arrivait pas à savoir ce qu'elle ressentait exactement.
"Pourquoi dis-tu ça ?" il demanda surpris.
"Pippin a offert son service à Denethor." répondit Aurore, pour la plus grande confusion de Faramir qui ne voyait pas le rapport. "Il a offert son service parce que Boromir a donné sa vie en essayant de le protéger, lui et son cousin Meriadoc Brandebouc qu'il appelle Merry."
"Tu sais ce qui c'est passé ?" il s'exclama, encore plus attentif qu'auparavant. "Comment ?"
"Pippin me l'a raconté." répondit Aurore, tenant les mains de Faramir mais regardant ailleurs, elle ne voulait pas le regarder. "Peu après avoir quitté la forêt de Lothlorien, ils ont été attaqué par des créatures appelées Uruk'hai, des êtres crées par Saroumane, un mélange d'orques et de gobelins, grands, forts et extrêmement dangereux. Pippin et Merry ont attiré les Uruk'hai loin de Frodon mais sans penser à ce qui se passerait lorsqu'ils les rattraperaient, ils ont eu de la chance, Saroumane savait probablement qu'un des hobbit transportait l'anneau et avait demandé qu'on lui amène les hobbits vivants, ça leur a sauvé la vie sans aucun doute. Alors qu'ils étaient piégés tout les deux, pris entre deux groupes d'Uruk'hai, Boromir est arrivé, il a tué un grand nombre d'ennemi avant de se prendre une flèche dans la poitrine, pourtant il n'a pas abandonné, il a continué à se battre. Même chose lorsqu'il s'est pris une deuxième flèche dans le torse, cependant à la troisième, il tomba à genoux." elle était incapable de dire si c'était elle qui serrait avec force les mains de Faramir ou l'inverse, néanmoins leurs jointures étaient presque blanches. "J'ignore ce qui s'est passé ensuite exactement vu que Pippin et son cousin ont été amené par les Uruk'hai, mais Capitaine Bergeon m'a dit qu'il avait rencontré un homme du nom d'Aragorn, un homme qui lui a dit que Boromir n'était pas mort seul, qu'il lui avait parlé avant sa mort."
"Qu'en est-il des Uruk'hai ?" demanda Faramir, qui avait aussi tiquer en entendant le nom d'Aragorn, il le reconnaissait mais ce n'était pas le moment d'en parler, et puis il n'y avait pas grand chose à dire à ce sujet.
"Les Rohirrims s'en sont chargés, ils les ont tous massacrés sous le commandement de Lord Eomer." répondit de suite Aurore, comprenant le sens de la question de son frère.
Lorsque Pippin et Mithrandir lui avaient dit le sort des Uruk'hai elle avait été heureuse, ceux qui étaient responsables de la mort de son frère étaient morts, ils ne feraient jamais plus de mal à quiconque mais surtout Boromir avait été vengé. Ca ne ramènerait pas leur aîné, c'était vrai, mais ça leur permettait quand même de respirer, pour deux raisons différentes pour Aurore. La première bien sûr, Boromir était vengé, mais la seconde tout aussi importante, voire plus, son autre frère ne partirait pas à la poursuite des Uruk'hai pour venger Boromir. C'était après tout une inquiétude légitime, même si Faramir était censé et réfléchi, ça ne voulait pas pour autant dire qu'il n'avait pas fait des choses stupides, surtout lorsque ça concernait ceux qu'il aimait.
"Qu'a dit Denethor lorsqu'il a appris que tu avais envoyé de l'aide au peuple du Rohan ?" demanda Faramir, après un moment de silence, ce que lui avait dit Frodon l'avait tourmenté, énormément même, il avait craint le pire. Craint que dans un geste de folie et de regret son frère ait choisi de se donner la mort pour s'être parjurer. Savoir comment il était mort était un réel soulagement, même si ça ne faisait pas diminuer la peine qu'il ressentait, cependant il devait se reprendre. Même s'il aimerait oublier la guerre, Denethor, le Gondor même, tout autre que sa sœur et leur chagrin, il n'en avait pas le droit. Même après ce qui s'était produit il y a peu, la mort d'amis à lui, d'hommes sous son commandement à cause de l'attaque des orques et de l'abandon d'Osgiliath. Il n'avait pas le droit de pleurer et de gémir, il devait être un capitaine du Gondor avant tout, le fils de l'Intendant Souverain du Gondor, surtout vu que Boromir n'était plu et que sa sœur était limitée dans ses actions, non pas qu'il la veuille près des combats. Bien au contraire. Quoiqu'elle n'aurait peut-être pas le choix rapidement, avec Osgiliath prise, et occupée par les orques et les nazgüls, qu'est ce qui empêchait Sauron de demander l'attaque sur la Cité Blanche ? Et ils n'étaient pas assez nombreux pour la défendre, il n'y avait pas assez de soldat, tout le monde sera nécessaire si le pire devait arriver, y compris sa précieuse petite sœur.
"Il était furieux, autant dire que je suis en disgrâce. Je suppose qu'il me soupçonne aussi d'avoir quelque chose à voir avec les feux d'alarmes, mais il n'en a pas parlé pour le moment. Cependant je ne regrette rien et s'il fallait le refaire, alors je le ferai et sans hésiter." répondit Aurore, sincèrement, c'était vrai en plus, malgré les coups de Denethor, certains qui la faisaient toujours souffrir, elle ne regrettait pas le moins du monde ses actions. "Mais le Rohan tient toujours debout, le roi est vivant et il se bat, malgré la perte de son fils, et les Rohirrims ont été victorieux. Le Gouffre de Helm a été abîmé comme tu dois déjà le savoir par Saroumane, mais il ne fera plus de mal, le traître est mort."
"Tant mieux. Sauron est un ennemi déjà bien trop redoutable sans que nous ayons à nous inquiéter de Saroumane en plus." commenta Faramir avec justesse.
"J'ai cherché avec Ohtar et Varon un point faible des Nazgüls mais je n'ai rien trouvé, les seules défenses contre eux semblent être la lumière et les flammes." continua avec chagrin Aurore, elle n'aimait pas du tout l'impuissance qu'elle ressentait, surtout avec le souvenir plus que clair dans sa mémoire de son frère et de ses hommes fuyant Osgiliath poursuivis par les Nazgüls. "Enfin bien sûr autre que la destruction de l'anneau mais même si nous faisons confiance à Frodon Sacquet et à Sam Gamegie ainsi que leur guide... ils leur faudra plusieurs jours pour atteindre la Montagne de Feu, et ce s'il n'y a aucune complication, comme par exemple une armée entre eux et cet endroit."
"Tu as confiance en eux ?" demanda Faramir, curieux de savoir ce que sa sœur pensait de cette mission, et après le résumé, exact mais plutôt pessimiste, qu'elle venait de faire, il était en droit de se le demander.
"As-tu confiance en eux ?" elle demanda à la place. "Crois-tu qu'ils puissent le faire ?"
"Oui, je le pense." acquiesça Faramir après y avoir vraiment réfléchi, il ne voulait pas lui donner une fausse réponse, ce n'était pas ce qu'elle voulait.
"Alors oui j'ai confiance en eux, même sans les connaître et sans savoir grand chose au sujet des hobbits... Boromir et toi, vous avez choisi de croire en eux deux pour réussir cette mission folle, ainsi que Mithrandir, mais si je sais que le magicien sait beaucoup de chose, j'ai bien moins confiance en jugement qu'aux vôtres. Et puis après avoir parlé avec Pippin, je dois bien reconnaître que ces hobbits, ont quelque chose de spécial en eux. J'espère que j'aurai la chance de rencontrer Frodon Sacquet mais aussi ce Sam Gamegie dont tu parles avec tant d'affection. Qu'à t'il fait pour mériter ce ton ?" elle demanda, une lueur légèrement taquine dans son regard.
"Tu es toujours la première dans mon cœur." assura Faramir, une lueur amusée dans le regard. "Il est le jardinier de Frodon mais il est aussi très protecteur de lui, il m'a tenu tête à plusieurs reprises et ce sans hésiter. Ce n'est pas un combattant, pourtant il était, j'en suis sûr, prêt à affronter chacun d'entre nous si ça voulait dire protéger son Monsieur Frodon. J'espère vraiment le revoir."
"Tu ne devras rien faire de stupide pour cela." dit Aurore, luttant pour garder le sourire sur son visage et le ton taquin de la conversation, elle avait dit une chose similaire à Boromir peu avant la reconquête d'Osgiliath, et donc avant son départ. Ca avait été difficile, surtout avec le Mordor aussi proche d'eux, le danger permanent sur leur famille, mais ils avaient tout les trois tout fait pour que les moments passés ensemble, soient aussi joyeux et taquins que possible. Elle allait tout faire pour continuer, mais ce n'était pas facile, loin de là même.
"De stupide ?! Moi ?!" s'indigna faussement Faramir. "Quand ais-je fait quelque chose de stupide ?"
"Tu veux une liste ?" demanda Aurore en haussant un sourcil.
Ce fut donc dans un mélange de plaisanterie et de discussions sérieuses sur la situation du Gondor que les deux enfants survivants de l'Intendant Souverain du Gondor passèrent le reste de la journée, quoique leur oncle était venu passé un moment avec eux, surtout Faramir vu qu'il avait souvent vu Aurore ces dernières semaines, voire ces derniers mois. Pippin et Mithrandir se joignirent à eux pour le dîner, qu'ils passèrent dans les appartements d'Aurore avec Ohtar et Varon, ainsi qu'Imrahil. Si la présence de Mithrandir et d'Imrahil empêchait Faramir de discuter pleinement avec Pippin, et donc d'apprendre à connaître le hobbit pour qui son frère s'était sacrifié et qui avait déjà gagné l'amitié de sa sœur, Aurore était une bonne hôtesse et réussit à garder les conversations agréables, et entre tout le monde. Pour une soirée, ils pouvaient se détendre au moins un peu, vu qu'il y avait quand même des discussions concernant la guerre.
Elle venait bien trop souvent dans cette pièce, pensa Aurore en entrant une fois encore dans la salle du trône, ou se trouvait bien sûr Denethor. Elle y était pour deux personnes en ce jour, pour Faramir bien sûr qui avait été convoqué par l'Intendant Souverain, mais aussi pour Pippin qui allait officiellement jurer son service au Gondor. Bien sûr elle n'était pas nécessaire, mais en tant que Dame du Gondor, elle était tenue d'être présente, silencieuse mais présente. Cela faisait deux jours depuis l'arrivée de Faramir à Minas Tirith, et s'ils avaient passé le plus clair de leur temps ensemble, ça n'avait pas été que pour se remémorer des bons moments avec Boromir ou pour se détendre, loin de là même. Si le premier jour avait été occupé pour que Faramir sache exactement ce qui se passait partout en Gondor, vis à vis de Sauron majoritairement, le second avait été passé à examiner les armes et les potentielles défenses de la Cité. Aurore était certes intelligente et avec une grande connaissance de ce qu'il fallait faire, mais c'était parce qu'elle étudiait beaucoup et qu'elle écoutait ses frères, elle n'avait pas l'expérience de la bataille. En dehors de quelques combats qui s'étaient produits lorsqu'elle se rendait à Dol Amroth et que son convoi avait été attaqué, même chose lorsqu'elle se rendait à une maison où ils avaient passé plusieurs vacances, avant la mort de leur mère mais aussi quelques unes ensuite.
Bien sûr elle écoutait avec attention les conseils des soldats autour d'elle, soldats qui avaient gagné sa confiance, néanmoins Faramir s'y connaissait bien mieux et était plus dans son élément qu'elle. Elle n'avait abordé l'idée que Denethor pouvait être poussé hors du siège de l'Intendant Souverain avec le soutien du Conseil, ce qu'elle pouvait obtenir pour Faramir, ses actions avaient rendu plus d'un mécontent, cependant comme elle avait pensé, il avait refusé. Elle savait que faire une telle chose était risquée concernant le moral et la confiance du peuple en la maison de l'Intendant, il ne pouvait pas y avoir de doute. Mais Denethor n'était pas un bon chef et elle craignait ses décisions, il était resté bien trop calme et silencieux ces derniers jours pour qu'elle se sente tranquille. Il préparait quelque chose et elle craignait quoi. Néanmoins elle se força à se concentrer sur la situation actuelle plutôt que sur ses craintes, le moment était venu et visiblement Pippin était hésitant et incertain quand à son rôle, elle ne pouvait le blâmer, Denethor ne l'avait traité qu'avec du mépris le jour de leur rencontre et il n'avait pas croisé l'homme depuis.
"C'était bien." intervint Faramir avant qu'elle ne le fasse, elle marchait aux côtés de son frère qui était vêtu de sa tenue de combat, non que ce soit une surprise, c'était la tenue qu'il portait le plus, même à l'abri dans la Cité Blanche. "Un acte généreux n'aurait pas du être accueilli avec tant de froideur." il avait écouté avec attention le récit de sa sœur concernant tout ce qu'il avait raté, y compris l'arrivée de Mithrandir et de Pippin au Gondor, ainsi que ce qui c'était passé dans la salle du trône. "Vous rejoignez les gardes de la Tour."
"Je ne croyais pas qu'ils trouveraient une livrée à ma taille." reconnut Pippin.
"Elle appartenait à un jeune garçon de la Cité. En vérité un jeune sot, qui passait plus d'heures à tuer des dragons qu'à s'adonner à ses études." raconta Faramir, un léger sourire aux lèvres, qui grandit en entendit un rire de la part de sa sœur.
"C'était la vôtre ?" s'étonna Pippin, qui avait également un sourire aux lèvres.
"Oui, elle était à moi." reconnut ajustant les épaules de Pippin "Mon père me l'avait faite faire. Et ma sœur a jugé avec justesse, qu'elle vous irait parfaitement. J'en suis heureux."
"Mais je suis plus grand que vous ne l'étiez." pointa Pippin, avec un peu de fierté avant de continuer, une lueur amusée dans le regard. "Seulement je ne vais plus grandir moi. Sauf en largeur." ce qui les fit rire tout les trois, même Ohtar et Varon souriaient.
"Ne t'en fais pas Pippin, Faramir n'est pas non plus exempt de cette possibilité, surtout s'il continue ses voyages à la cuisine." taquina Aurore, se sentant plus légère qu'elle ne l'avait été depuis des années dans cette pièce.
"Elle ne m'allait pas non plus." répondit Faramir en pinçant le bras de sa sœur en réponse."Boromir a toujours été le soldat. Ils étaient pareils lui et mon père. Fiers, têtus comme des mules, mais forts."
"Vous aussi avez de la force." dit immédiatement Pippin, avant même qu'elle ne puisse réagir, et elle ressentit un élan d'affection pour le hobbit qui était véritablement un ami, surtout dans des heures si noires. "Une force différente, et un jour votre père s'en apercevra."
"Il a raison, Boromir était peut-être le soldat, mais tu as été aussi efficace sur le champ de bataille, tu utilises peut-être un peu plus ta tête voilà tout. Et pour le têtu comme une mule, tu m'excusera mais tu es pareil." dit Aurore, après avoir laissé Pippin et Faramir se regarder en silence, ils échangeaient clairement quelque chose même si elle ne savait pas quoi exactement. Tournant le visage de son frère pour qu'il voit ses yeux, la sincérité dans son regard, elle ne voulait pas qu'il ait le moindre doute quand à sa valeur et son courage. Il était différent de Boromir mais il valait tout autant à ses yeux, en plus leur frère aîné avait beaucoup estimé Faramir et ses conseils.
Il acquiesça légèrement et l'embrassa sur la joue, se baissant un peu pour le faire, Aurore était certes grande mais il la dépassait quand même. Malheureusement le moment agréable passa, comme d'habitude, et ils durent aller rencontre Denethor. Au signal de l'Intendant il s'avança pour s'agenouiller devant le trône noir de Denethor. Faramir s'avança également, se mettant en diagonale du trône noir tandis qu'Aurore restait près des piliers, juste derrière son frère. Observant en silence les évènements, c'était son rôle présentement.
"Je jure d'être fidèle et de servir le Gondor. En paix, en guerre. Dans la vie ou la mort. Dès ce moment et ce jusqu'à ce que mon Seigneur me délie ou que la mort me prenne." récita Pippin, il avait un peu bafouillé mais il s'en était très bien sorti pour quelqu'un qui n'avait pas eu longtemps pour les travailler. Aurore avait passé du temps avec lui et lui avait appris les paroles qu'il allait devoir prononcer, elle l'avait fait à contrecœur. Non pas parce qu'elle ne souhaitait pas aider Pippin mais parce qu'elle ne voulait pas qu'il fasse ce serment, une partie d'elle souhaitait l'envoyer le plus loin possible de la Cité Blanche, néanmoins il avait demandé et elle l'avait aidé. Elle espérait simplement qu'elle n'aurait pas à annoncer aux amis du jeune hobbit qu'il avait été tué.
"Je ne l'oublierais pas." affirma avec un grand sourire Denethor qui se leva, c'était ce sourire qui poussait Aurore à lutter pour ne pas se tendre, elle avait un très mauvais pressentiment. "Et ne manquerais pas de récompenser ce qui est donné." il promit en tendant sa main, ou plutôt la bague de la famille et du pouvoir afin que Pippin l'embrasse, comme le voulait le protocole. Ce qu'il fit après un instant d'hésitation. "La fidélité par l'amour. La valeur par l'honneur. Le parjure par la vengeance." il conclut en regardant Faramir droit dans les yeux avant de s'asseoir à table ou son repas avait été servi. "Je ne pense pas que nous devrions abandonner à la légère les défenses extérieures. Défenses que ton frère a longtemps gardé intactes."
"Qu'aurais-je du faire selon vous ?" demanda Faramir, tendu.
"Je n'aurai cédé ni le fleuve du Pelennor ni le fort. Osgiliath doit être reprise." il décréta sans regarder son fils, ou le regard horrifié d'Aurore, se servant à manger comme si de rien n'était.
"Mon Seigneur, Osgiliath est occupée." dit doucement Faramir, comme si priant que Denethor ne dise que tout cela n'était qu'une mauvaise blague.
"Il faut prendre des risques à la guerre. Y a t'il un capitaine ici qui a le courage d'exécuter la volonté de son Seigneur ?" il demanda en continuant à se servir ou à jouer avec sa nourriture, Aurore s'en moquait, elle luttait pour ne pas hurler ou s'effondrer. Il n'était pas sérieux ?
"Souhaiteriez-vous donc que nos places eussent été échangées ? Que je sois décédé et que Boromir ait vécu ?" demanda Faramir.
"Oui." reconnut Denethor, une coupe à la main. "Oui je le souhaiterais."
"Faramir non." dit dans un souffle Aurore.
"Puisque vous êtes privé de Boromir, je ferais ce que je pourrais à sa place." déclara Faramir, des larmes dans les yeux et dans la voix, avant de s'incliner et de se tourner pour quitter la pièce, prenant soin de ne pas rencontrer le regard de sa sœur. "Père, si je dois revenir, ayez meilleure opinion de moi."
"Cela dépendra de la manière dont tu reviendras." déclara froidement Denethor.
"Que faites vous." s'exclama Aurore, reprenant ses esprits en voyant Faramir quitter la pièce.
"Change de ton avec moi. Je suis ton père et ton seigneur. Tu me dois le respect." dit sèchement Denethor.
"Vous n'avez jamais été un père pour moi. Et si vous êtes mon seigneur, alors agissez en tant que tel. Rappelez Faramir et annulez cet ordre, c'est de la pure folie, il se fera massacrer, lui ainsi que ses hommes. Osgiliath ne peut être reprise par une attaque frontale, pas alors que nous manquons à ce point d'homme. Faire cela, avec une telle menace à nos portes, c'est tous nous condamner." répondit Aurore, son ton changeant pour se faire presque suppliant. "Que demandez vous pour annuler cet ordre ? Que faut-il faire pour que vous n'envoyiez pas mon frère à la mort ?"
"J'ai donné mes ordres." répondit sur le même ton Denethor, en se levant de manière menaçante. "Aurais-je besoin de te donner une leçon de respect ?"
"Je n'ai aucun respect pour vous." cracha presqu'Aurore, furieuse. Elle voyait la vérité dans le regard, même si elle se jetait à ses genoux et le suppliait, il ne changerait pas d'avis. C'était sa vengeance pour ne pas avoir ramené l'anneau et pour être vivant alors que Boromir était mort. "Vous en méritez encore moins que le plus pathétique des mendiants. Frappez moi si ça peut vous faire sentir mieux, mais ça ne changera rien à mes sentiments à votre égard. Faut-il être minable pour frapper une femme, qui plus est sa fille."
Ayant dit tout ce qu'elle avait à dire pour le moment à Denethor, elle courut presque pour retrouver Faramir, elle devait le stopper, ne faisant pas attention au visage de Pippin qu'elle avait oublié et qui avait entendu ses paroles, ou au fait qu'Ohtar et Varon la suivaient, elle dévala les escaliers pour rattraper son frère. Il était en train de parler à un de ses hommes, lui donnant certainement l'ordre de réunir les autres pour reconquérir Osgiliath si elle se fiait à l'expression du visage de Dorian.
"Faramir." elle appela en le rejoignant, il fit signe à Dorian de partir pour exécuter ses instructions et l'homme le fit après s'être incliné devant Faramir et Aurore. "Ne fais pas ça, je t'en supplie."
"Je le dois." il répondit sans croiser son regard, marchant vers ses appartements.
"Tu dois quoi ? Te tuer parce que ce ... te l'ordonne ?" s'exclama Aurore en se retenant pour ne pas insulter Denethor. "Faire cela sera du suicide, pour toi et tes hommes. Nous avons besoin de toi ici Faramir. Ils se rassemblent et se préparent à attaquer et lorsque le moment sera venu, nous aurons besoin d'un capitaine derrière qui se rassembler pour protéger Minas Tirith et le Gondor. C'est ton rôle."
"Mon rôle est d'obéir aux décisions de mon Seigneur." répondit Faramir.
"Alors devient l'Intendant Souverain, et protège Minas Tirith en attendant l'arrivée du Roi, ton seigneur véritable. Le Conseil se rangera derrière toi, Oncle se rangera derrière toi de même que tous les soldats. Denethor est fou. Ne l'écoute pas je t'en supplie." pria Aurore, se permettant de dire une partie de ce qu'elle pensait de Denethor à présent qu'ils étaient dans les quartiers de Faramir.
"Faire cela serait trahir, je refuse de me parjurer." nia Faramir.
"Tu servirais le Gondor dans son ensemble, est ce que ça ne compte pas ? Ta vie ne compte t-elle pas à tes yeux ?" demanda Aurore d'une voix douce, des larmes dans les yeux.
"Bien sûr que si, mais agir ainsi me permettrait de protéger la Cité Blanche, et toi." répondit Faramir en lui faisant finalement face. "Je ne veux pas que nous nous séparions sur une dispute Aurore."
"Alors reste. Protège la Cité d'entre ses murs. Protège moi d'ici, plutôt que mort à Osgiliath. Tu sais qu'il n'y a pas d'espoir de victoire dans cette charge. Il te punit pour avoir suivi la volonté du Conseil de la Terre du Milieu concernant le sort de l'anneau, à savoir ne pas le ramener ici." elle dit, essayant d'appeler à son désir de la protéger mais aussi à sa raison.
"Je sais, mais cela ne change rien à ce que je dois faire." nia Faramir. "Je suis un Capitaine du Gondor et je dois obéir à ses ordres."
"Tu souhaites donc condamner ces hommes à la mort parce que Denethor le désire ? Te faire tuer pour la même raison ? Faramir, je t'en supplie ne fais pas ça." implora Aurore.
"Je le dois." il dit, intransigeant. "Accepte mon choix s'il te plait."
"Tu me demandes d'accepter de devoir enterrer mon deuxième frère. Me demande d'accepter et de soutenir ton suicide ? Je ne le peux pas Faramir. Je refuse de te voir mourir, de perdre la seule famille qui me reste parce qu'un vieux fou le demande." nia Aurore, des larmes pleins les yeux.
"Je n'aurais donc pas le droit à un dernier sourire et à ta bénédiction ?" il appela alors qu'elle quittait la pièce, mais elle ne lui répondit pas.
Comment pouvait-il lui demander d'accepter une telle folie ? Elle n'avait même pas pu enterrer Boromir et elle ignorait même où se trouvait son corps, ainsi qu'où il était tombé. Et maintenant son deuxième frère, son confident lui demandait de sourire alors qu'il partait pour sa mort, et ce même s'il n'y avait pas le moindre espoir. Elle était dévastée, et ce alors qu'il était dans la Cité, mais plus que le chagrin, elle était folle de rage. Retournée dans ses appartements elle attrapa une coupe qui était sur la table et la jeta violemment contre le mur avant de s'effondrer sur le canapé en larmes, il y avait un dessin sur la table, un dessin qu'elle avait regardé avec Faramir le matin même. Un dessin d'un temps plus gai, un dessin d'eux trois, elle était entre ses deux frères et ils avaient tous un sourire sur le visage. C'était un jour de joie à Dol Amroth, un cadeau de leur cousine Lothiriel, qui adorait le dessin presqu'autant que les chevaux. Elle pleura longtemps dans ses appartements, Varon et Ohtar l'ayant laissé seule à contrecœur, mais ils avaient pu voir qu'elle ne souhaitait pas être avec de la compagnie pour le moment.
"Milady." appela Varon en ouvrant avec hésitation la porte.
"Qu'il y a t'il ?" demanda fatiguée Aurore, elle avait arrêté de pleurer un moment auparavant mais était toujours dévastée, elle tenait aussi encore le dessin de sa cousine.
"La compagnie de Capitaine Faramir s'apprête à partir." répondit Varon.
"Je dois lui dire au revoir." reconnut après un moment Aurore. Elle ne voulait pas qu'il parte, pensait toujours que c'était de la folie, néanmoins l'idée qu'il meure et que la dernière conversation qu'elle ait eu avec lui ait été cette dispute,... ça lui était insupportable. Ses frères et elle s'étaient promis il y a longtemps, lors de la première mission de Boromir, qu'ils se sépareraient toujours avec un sourire et un mot agréable, et si bientôt elle serait la seule détentrice de cette promesse, elle refusait de s'y soustraire. Même si son cœur semblait être brisé dans sa poitrine. "Où est l'Intendant ?"
"Toujours dans la salle du trône." répondit Varon après s'être renseigné grâce à un serviteur, tout en suivant avec Ohtar le pas de la femme aux cheveux châtains.
"Alors nous allons faire un détour." répondit Aurore, son ton assez sec, quoique ce n'était en aucun cas dirigé aux deux hommes avec elle, et ils le savaient bien.
Aurore rentra dans la salle d'un pas déterminé, une chose qu'elle n'avait jamais faite auparavant, ses yeux bleus normalement doux semblaient lancer des éclairs, et toute son attention était sur ... l'homme assis à sa chaise en train de manger. Quoiqu'il arrêta en la voyant rentrer de la sorte.
"Vous n'avez même pas la décence de vous étouffer tandis que vous envoyez des gens à la mort. Ou au moins de les regarder dans les yeux." cracha presqu'Aurore.
"Tu t'oublie, et ce pour la deuxième fois. Je suis ton seigneur." répondit Denethor, d'un ton dédaigneux.
"Je sers le Gondor, et le Gondor est un royaume, ce qui veut dire que je sers le roi du Gondor." répondit Aurore, attirant de suite sur elle l'attention de Denethor qui avait l'air furieux, mais elle ne le craignait pas. Pas cette fois, sa colère était bien pire pour le moment. "Je vous conseille de prier, mon Seigneur." elle dit en se moquant clairement du titre. "Oui priez, parce que si vous envoyez mon frère à la mort, pour la seconde fois étant donné que c'est vous qui avez ordonné à Boromir de se rendre à Fondcombe, cela même après que Faramir se soit proposé." elle rappela, dure. "Alors lorsque le roi arrivera, je vous traînerais devant lui pour vous forcer à vous agenouiller, je vous humilierais devant tout le Gondor et devant les Rohirrims. Je ferai en sorte que vous n'ayez pas plus de pouvoir qu'un insecte, vu que le pouvoir est clairement la seule chose à laquelle vous tenez. Priez alors pour que Faramir survive, parce que si la Cité est perdue, je ferai en sorte que vous soyez le premier à affronter les orques, à périr."
"Comment ..." commença Denethor, furieux en se levant.
"Je vous ai détesté, et ce depuis des années, je vous ai méprisé même." dit Aurore, doucement.
"Tu crois que je ne le sais pas ? Que je n'ai pas vu ça dans tes yeux ? Tu ne m'aimes pas et alors ?" questionna moqueur Denethor.
"Je ne vous aime pas. Mes masques sont bien plus efficaces que ce que je croyais alors, parce que je vous hais." dit Aurore, un sourire moqueur, mais vide de toute émotion positive, bien loin de ses sourires habituels, aux lèvres. "Je vous déteste depuis si longtemps, je ne croyais que vous pouviez tomber plus bas encore dans mon opinion, mais j'avais tort. Je vous hais pour tout ce que vous m'avez fait subir, je vous hais plus encore pour ce que vous avez subir à Faramir, tout au long de ses années alors qu'il a tout fait pour gagner votre respect et votre affection. Je vous ai haï pour avoir envoyer Boromir à Fondcombe, pour l'avoir envoyer à sa mort en demandant à ce qu'il vous rapporte l'anneau. Mais aujourd'hui je vous hais plus encore. Si mon frère ne me revient pas en vie, alors vous n'aurez pas à craindre Sauron parce que je vous détruirais. J'en fais le serment."
Ayant dit ce qu'elle avait à dire, et satisfaite de la lueur de rage et de peur dans les yeux de Denethor, elle quitta la salle, cependant elle ne se sentait pas plus légère après lui avoir tenu tête, Faramir était toujours en danger. Il allait toujours à sa mort et elle devait le retrouver. Utilisant toutes ses connaissances de la Cité, elle alla du haut de Minas Tirith, aux portes de la Cité Blanche, attendant Faramir et ses hommes, grâce aux passages secrets elle y fut bien avant eux, cela alors qu'ils avaient déjà commencé la descente lorsqu'elle était partie voir Denethor. Toute la Cité était assemblée pour dire au revoir, ou plutôt adieu, aux soldats du Gondor, tous portaient l'armure de la Cité, même Faramir, cependant pas une femme, pas un homme ne se mit sur le chemin d'Aurore, la laissant passer. Elle s'était presque attendue à des injures pour laisser une telle chose se produire mais ils la regardaient simplement avec tristesse, certains avec compassion même, cela alors qu'elle avait fait en sorte de se nettoyer le visage pour que personne ne puisse voir ses yeux rougis par les larmes.
"Aurore." dit doucement Faramir en la voyant, après ne pas l'avoir vu à la Citadelle, il avait pensé qu'elle ne viendrait pas lui dire au revoir, mais elle était là.
"Toujours j'ai dit au revoir à ceux que j'aimais lorsqu'ils quittaient la Cité Blanche, je ne vais pas m'abstenir cette fois." répondit Aurore, en se hissant sur la monture de son frère, il y avait assez de place pour qu'elle puisse s'y glisser et puis Starlight en avait l'habitude, elle était depuis longtemps la jument de Faramir et c'était loin d'être la première fois qu'Aurore montait ainsi sur les chevaux de ses frères. "Il n'y a rien de plus à dire que ce que j'ai dit." elle continua en plaçant sa main sur la joue de son frère. "Malgré tout je suis immensément fière de toi, même quand tu es un imbécile, et surtout je t'aime mon frère. Je ... Je guetterai ton retour de la Tour Blanche." elle finit, sa voix tremblant légèrement, de même que ses lèvres, elle dénoua ensuite un des nœuds qui retenait ses cheveux, dégageant ainsi un ruban qu'elle accrocha au poignet de son frère. "Puisse-t'il te protéger et ramener chez toi."
"N'ai je pas le droit à un sourire ?" demanda Faramir, essayant vainement de parler d'un ton taquin.
"Reviens moi." répondit à la place Aurore. "Je t'aime grand frère."
"Je t'aime aussi, ma lumière, ma très chère petite sœur." répondit Faramir, observant sa sœur descendre de cheval et se déplacer pour laisser passer les hommes.
Le cœur lourd, il inclina sa tête à son égard et sortit de la Cité Blanche, ses hommes derrière lui.
Tout comme elle était descendue le plus rapidement possible, Aurore fit de même en sens inverse, le meilleur endroit pour voir ce qui allait se passer était devant la Citadelle, au pic, et elle n'avait aucune intention de détourner le regard, elle voulait savoir, elle ne pouvait pas rester dans l'ignorance, certainement pas cette fois.
"Milady, êtes vous sûre ?" demanda Ohtar, inquiet pour elle comme pour son frère d'arme. Il imaginait sans peine ce que Varon ressentait actuellement, ils étaient certes entièrement loyaux à Lady Aurore, ça ne changeait pas le fait qu'il avait suivi le Capitaine Boromir tout comme Varon avait suivi le Capitaine Faramir, il avait pleuré la mort de son ancien capitaine et à présent son ami observait le sien partir à sa mort.
"Rester dans mes appartements seraient pire Ohtar." répondit Aurore sans quitter du regard l'avancée des cavaliers du Gondor, l'avancée vers la mort.
Ils étaient impressionnants, et nombreux, mais ce n'était pas assez, elle en était convaincue, et elle avait raison. Tour à tour les chevaux et leurs cavaliers tombèrent aux flèches des orques. Elle n'avait aucun moyen de savoir lequel était son frère, quand il était tombé, mais en voyant cette petite armée vaincue elle s'effondra, en larmes au sol. Peu importait ses masques, le peuple et les soldats qui la regardaient, elle ne pouvait plus les conserver, pas quand tout ces gens étaient morts à cause de deux fous, l'un deux étant le Seigneur même de la Cité.
"Milady." crièrent les deux soldats qui étaient ses amis, qui la protégeaient depuis des années pour ses frères et cela la fit pleurer de plus belle, ses frères étaient morts. Elle était seule. Ils l'avaient toujours appelé leur lumière, mais comment pouvait-elle briller quand elle ne voyait plus que l'obscurité, quand ils n'étaient plus là. Ohtar et Varon, malgré leur chagrin, l'aidèrent à regagner ses appartements où pour la deuxième fois de la journée elle s'effondra en larme. Pourquoi devrait-elle se relever cette fois ?
