Bonjour, j'espère ne pas trop vous avoir fait attendre, bon le chapitre est un peu plus court que les précédents mais je voulais diviser l'action en plusieurs parties. Après je préfère vous prévenir, je ne suis pas très douée pour décrire des scènes de combat, je vais faire de mon mieux, néanmoins je m'excuse par avance. Dans le film, ce sur quoi je me base surtout pour cette fic, Elrond donne l'épée brisée qui a été reforgé, à Aragorn parce qu'Arwen le lui a demandé et qu'elle est en train de mourir. Là, la relation entre Aragorn et Arwen est bien moins importante, sinon ce ne serait pas possible pour Aragorn et Aurore de finir ensemble, ce qui serait problématique vu que c'est un peu le cœur de cette fic. Donc je ferai un chapitre du point de vue d'Aragorn pour expliquer pourquoi il a l'épée et pourquoi il va prendre le chemin des morts. :D. En tout cas merci à vous de lire, de suivre, de mettre en favori et surtout de commenter cette fic. J'espère que ce chapitre vous plaira. Bonne lecture.
ValeriaEpicMomo : Mes compétences en espagnol étant ce qu'elles sont... je vais te répondre en français. Je suis heureuse que tu as aimé le dernier chapitre et que tu apprécies l'histoire, j'espère que l'attente n'a pas été trop longue pour ce chapitre et bonne lecture.
Essaidel : Coucou :)
Je comprends, ça m'est déjà arrivé de ne plus me rappeler mon mot de passe, les enregistrements automatiques nous facilitent peut-être un peu trop la vie parfois...
Je suis heureuse que tu aies aimé le chapitre et d'avoir bien réussi à faire ressentir des émotions au lecteur, c'était le but. Oui comme je l'ai dit, Aurore est forte mais elle reste humaine et là elle a perdu beaucoup en très peu de temps, ce n'est pas facile à gérer. Encore moins lorsque le seul survivant de sa famille est Denethor.
Bientôt, bientôt un peu de patience. Il y a plein de choses qui se passent en très peu de temps et je ne veux pas aller trop vite. Après normalement dans deux chapitres c'est la rencontre, peut-être moins même selon comment les choses évolueront.
Je suis totalement d'accord sur ton point de vue de Denethor, il est comme ça dans mon esprit lorsque j'écris cette fic. Après il réalise sa folie alors qu'il a tenté de brûler son fils donc ... Je peux pleurer assez facilement devant les films, je pleure toujours devant le Roi Lion lorsque Mufasa meurt par exemple, pour le plus grand amusement de mon père. Mais je n'ai jamais pleuré devant la mort de Denethor. Il le mérite juste en fait. Surtout quand tu le compares à Théoden, qui a fait des erreurs et qui a été parfois agaçant mais qui a quand même bien agi.
Oui pauvre Faramir, il ne mérite vraiment pas tout ça, et pareil pour Aurore. C'est pas facile pour eux deux. Et c'est pas fini ;).
Enfin j'espère que tu aimeras ce chapitre.
Bisous.
Aurore se sentait vide, ses frères étaient morts, les deux à cause de Sauron mais surtout à cause de Denethor, une partie d'elle même souhaitait tout arrêter, à quoi bon continuer de se battre ? Elle avait perdu les deux personnes les plus importantes de sa vie pourquoi devrait-elle continuer ? Pourquoi ne pas simplement abandonner ? La femme aux cheveux châtains voulait abandonner, en partie en tout cas néanmoins Aurore aimait son pays, elle aimait le Gondor ainsi que la Cité et l'idée de laisser la ville et les habitants aux mains des orques sans rien faire, elle ne s'en sentait pas capable. Elle ne connaissait certes pas tout les habitants de Minas Tirith mais elle ne souhaitait pas les laisser mourir, au contraire, elle avait toujours fait de son mieux pour les aider, elle ne pouvait pas les abandonner maintenant. Elle était triste, dévastée même, mais elle savait qu'elle n'était pas la seule. Combien de fois au fil des années avait-elle consolé une famille en deuil ? Combien de fois avait-elle été témoin du chagrin, des larmes de ces pauvres gens ? Combien de fois leur avait-elle assuré qu'ils avaient son soutien, qu'elle ferait tout pour les aider dans leur peine mais aussi après. Elle leur avait dit que surement les ténèbres ne dureraient pas toujours, que le monde s'éclairerait à nouveau, mais comment avait-ils pu la croire alors qu'elle n'y croyait pas elle même ? Même lorsque ses frères étaient vivants elle avait eu du mal à y croire, doutant souvent d'un succès contre Sauron, comment pouvait-elle y croire aujourd'hui ?
Elle avait envie de se recroqueviller sur elle-même, de pleurer toutes les larmes de son corps sans s'arrêter, c'était tentant, tellement tentant. Ne plus jamais sortir de cette pièce, ne plus à avoir à se battre contre Denethor, ne plus devoir voir les regards remplis d'espoir et de questions aux quels elle était supposée répondre, ne plus avoir aucune responsabilité. Rester seule avec son chagrin. Mais ça lui était impossible, comment pourrait-elle regarder ses frères dans les yeux après sa mort si elle abandonnait sans combattre la cité qu'ils avaient tant aimé ? Comment pourrait-elle même leur faire face ? Comment pourrait-elle se faire face ? Elle avait une responsabilité auprès du Gondor, auprès de Minas Tirith, elle ne pouvait pas abandonner, elle ne pouvait pas abandonner le peuple, elle refusait de faire comme Denethor. Boromir et Faramir avaient été des héros, ils avaient été prêt à tout pour protéger la Cité Blanche et son peuple, ils avaient risqué leurs vies chaque jour et étaient même morts pour cette cité. Elle ne pouvait pas faire moins, pas alors qu'elle aimait vraiment le Gondor. Elle devait les protéger, c'était son devoir et en plus c'était ce qu'elle souhaitait faire.
Une partie d'elle désirait mourir lors du combat, pourquoi continuer sans Boromir et Faramir ? Cependant elle ne pouvait pas abandonner la Cité, si elle devait mourir, ce serait ainsi, elle l'accepterait, mais elle devait se battre, elle n'abandonnerait pas le Gondor. Certainement pas aux mains de Denethor, mais elle ne connaissait pas non plus le roi légitime, elle ne savait pas si elle pouvait lui faire confiance avec le Gondor. Elle ne comptait pas s'opposer à lui bien sûr, il était le roi, mais elle ne savait pas quoi penser de lui, Mithrandir pensait clairement beaucoup de bien de cet Aragorn, fils d'Arathorn, mais elle était méfiante, il avait tout intérêt à le peindre sous un beau jour. Pippin était tellement élogieux à son égard, c'était évident qu'il respectait beaucoup Aragorn, ou Grand-Pas comme il l'appelait parfois, d'après ce qu'il lui avait dit, c'était Aragorn qui les avait mené de Bree à Fondcombe, les protégeant des Nazguls même, et cela bien qu'à l'époque ils n'aient eu aucune confiance en lui. Elle reconnaissait que le portrait que faisait Pippin de lui était très impressionnant, ça semblait être un homme d'honneur, très capable et noble, le capitaine Bergeon n'avait pas eu de critiques sur l'héritier au trône, au contraire. Néanmoins Aurore restait prudente, elle avait confiance en Bergeon, il était très intelligent et observateur, bien plus que ce que les gens pensaient et elle se fiait beaucoup à son jugement.
Cependant Aurore préfèrerait se fier à son propre jugement, le rencontrer elle même, il avait été un des compagnons de son frère, avec un elfe et un nain, et elle souhaitait parler avec ceux qui avaient connu son frère. Ceux avec qui il avait voyagé, ceux avec qui il avait ri en dernier, ceux auprès de qui il était mort... Elle voulait les rencontrer. Se faire une idée sur qui ils étaient en réalité en personne. Elle avait envie de croire en cet idée d'un roi noble et honorable qui venait pour sauver le Gondor, mais elle avait vu trop d'horreur pour croire à une fin heureuse, pour croire à cette idée. C'était bien trop parfait pour être réel. Digne d'une des histoires que lui lisait sa nourrice lorsqu'elle était enfant, un conte ni plus ni moins, et elle avait appris à ne plus y croire depuis bien longtemps.
Même si elle ne croyait pas en tout cela, ça ne voulait pas dire qu'elle n'espérait pas que cet Aragorn était quelqu'un qui voudrait le meilleur pour le Gondor, qu'il serait un roi compétent, voire un bon roi. Pour que cela arrive, pour qu'elle puisse voir ses capacités sur le trône, elle devait faire en sorte que Minas Tirith survive, que le Gondor tienne bon encore un peu. Priant bien sûr pour que les secours ne tardent pas, quoique les prières ne semblaient pas fonctionner, combien de fois avait-elle prié pour la sécurité de ses frères ? Et maintenant ils étaient tous les deux morts, leurs corps hors d'atteinte, elle ne pourrait probablement pas organiser de véritables funérailles pour eux, les funérailles qu'ils méritaient, non leurs corps étaient perdus et elle était seule, sans eux. Elle se secoua, elle ne pouvait pas penser ainsi, elle n'avait pas le droit de se replier sur elle même, sur son chagrin. Les gens croyaient en elle et elle n'avait pas le droit de les décevoir, tel était son rôle, rester la lumière du Gondor même lorsqu'elle ne voyait que des ténèbres, même lorsqu'elle n'avait plus d'espoir. Elle devait garder la tête haute et un visage serein, elle se releva de l'endroit où ses gardes, ses amis, l'avaient laissé, hésitant mais elle leur avait demandé d'être seule et ils avaient respecté son souhait, ce pourquoi elle était très reconnaissante. Elle avait une entière confiance en eux, et savait qu'elle pouvait s'appuyer sur eux au besoin, elle l'avait même fait, mais lorsqu'elle était vulnérable, lorsque ses masques tombaient entièrement et que ce n'était pas son choix, elle préférait être seule. Les émotions c'est la faiblesse. Montrer ta vulnérabilité c'est juste attendre que quelqu'un en profite. Tu es faible quand tu pleures. Tu dois toujours être digne. C'étaient les paroles de Denethor, elle n'y croyait pas, pas entièrement mais il lui avait tellement répété, lui ainsi que son ancienne gouvernante que c'était ancré en elle, elle n'arrivait pas à être entièrement vulnérable devant quelqu'un, à part ses frères et même là elle avait souvent du mal. Ils le savaient et ils l'acceptaient, même s'ils ne savaient pas pourquoi. Non, ils l'avaient su et ils l'avaient accepté, aujourd'hui c'était fini.
Essuyant ses larmes Aurore s'observa dans le miroir, ses cheveux étaient toujours maintenus dans un chignon serré, comme le voulait l'Intendant Souverain, sa robe était un peu froissée et son visage était défait, ses yeux rouges. Se voir ainsi, poussa la jeune femme à prendre plusieurs inspirations, peu importe ses émotions, ce n'était pas important, pas pour le moment, elle devait se reprendre. Elle était de la maison de l'Intendant, elle ne pouvait pas continuer ainsi, c'était impossible, elle n'avait aucun respect pour Denethor, c'était un fait, mais la maison de l'Intendant représentait bien plus que le monstre à sa tête présentement. C'était son grand-père, un homme bon, ses frères, ses ancêtres, elle n'avait jamais eu la fierté de Boromir pour leur famille, rêvant parfois de naître dans une simple famille de Minas Tirith, une famille où elle aurait des parents aimants et dignes de respect ainsi que des frères comme les siens, mais elle avait du respect pour leur histoire. Et elle n'était pas la seule.
"Milady." appela Varon en entrant dans ses appartements avec Ohtar, elle s'était éloignée du miroir et était en train de se passer de l'eau sur le visage, voulant faire disparaître ses larmes. Elle avait néanmoins entendu les coups à sa porte et les avait invité à entrer.
"Qu'il y a t'il ?" elle demanda donc en se tournant vers eux tout en se séchant le visage.
"Les choses bougent du côté d'Osgiliath, l'attaque ne devrait plus tarder." dit Ohtar, les deux hommes étaient visiblement hésitants, que pouvaient-ils dire pour l'aider ? Ils avaient craint qu'elle soit toujours en train de pleurer, ça aurait été compréhensible, mais ils n'auraient pas su quoi faire, ils pouvaient compter le nombre de fois qu'elle avait pleuré devant eux sur une main alors ils ne savaient pas comment l'aider. La voir ainsi, secouée mais déterminée, c'était un réel soulagement.
"L'heure du combat approche donc." dit Aurore pensive, ses yeux étaient toujours distants et même brisés pour ceux qui la connaissaient bien, mais il y avait aussi une détermination farouche. "Faîtes entrer Siera, je vais me préparer à me battre. Les orques vont attaquer mais ils vont comprendre que la Cité Blanche n'est pas prête à tomber."
"Bien Milady, nous vous attendons." dirent les deux hommes en s'inclinant et en sortant.
"Vous m'avez fait appelé Milady ?" demanda Siera en rentrant ensuite, s'inclinant au passage.
"Oui, si je dois me battre, je ne peux pas le faire dans cette tenue." dit Aurore, en montrant sa robe. "Je vais avoir besoin de toi pour mettre celle là."
Il n'avait pas été difficile pour Aurore d'entendre les murmures, Starlight était de nouveau dans la Cité Blanche, traînant le corps de Faramir. Qu'est ce que ça voulait dire ? Etait-il mort ? Ou vivant ? Luttant contre l'espoir qui existait dans son cœur, Aurore marchait d'un pas vif dans les couloirs de la Citadelle, que son frère soit vivant ou mort, et elle priait de tout son cœur pour que ce soit vivant, elle ne pouvait plus rester enfermée. L'heure du combat était là.
"Faramir, ne me dit pas qu'il est tombé." cria Denethor et Aurore hâta encore plus le pas, comment osait-il prendre ce ton, se comporter de la sorte après l'avoir envoyé à la mort ?
Elle se rendit à côté de l'arbre mort du roi, où son frère était allongé, sur une civière, il était inconscient, pâle et elle voyait des flèches sortir de son corps, était-ce ainsi qu'il était mort ? Tué par un arc comme Boromir ? Ignorant son oncle, Denethor, et tous les gardes, y compris Pippin, elle s'agenouilla sans attendre auprès de son frère.
"Ils étaient trop peu nombreux. Nul n'a survécu." informa gravement Imrahil, son oncle, elle entendait le chagrin dans sa voix mais elle ne pouvait pas quitter le visage sans vie de Faramir, elle n'osait même pas le toucher, rendre cela plus réel encore. Des larmes voulaient couler de ses yeux mais elle luttait contre, elle avait réussi à se relever tout à l'heure mais elle n'était pas sûre de pouvoir le faire à nouveau, elle n'était pas sûre de pouvoir rester forte si elle pleurait encore sur ses frères disparus.
"Mes fils sont morts." dit Denethor en se relevant et en titubant en arrière. "Ma lignée s'est éteinte."
Aurore qui devait se contenir pour non seulement pas craquer à cause de son chagrin mais aussi pour ne pas tuer Denethor, il était responsable, fut surprise de voir Pippin s'agenouiller à côté d'elle. Encore plus lorsqu'il posa ses mains sur le front de son frère et ensuite dit une chose qu'elle n'arrivait pas à croire.
"Il est vivant." dit Pippin, en observant Faramir avec attention, avant de se tourner vers Aurore, ses yeux marrons l'implorant de la croire.
"La maison des Intendant a failli." continua Denethor mais Aurore l'ignora sans mal cette fois, elle osa toucher le cou de son frère, cherchant son pouls et en le trouvant, faible mais il était là, elle sentit son cœur battre à nouveau. Elle s'était sentie mourir un peu lorsqu'elle avait vu les soldats du Gondor tomber l'un après l'autre, sachant que son frère était lui aussi tombé, mais là, là pour la première fois depuis tellement longtemps, elle croyait en nouveau en la lumière. Elle croyait à nouveau en l'espoir. Certes une armée était aux portes de Minas Tirith, mais elle sentait une flamme nouvelle en elle, avant elle avait été prête à tout pour défendre la Cité, même si elle devait mourir au passage, mais elle n'avait pas eu un grand espoir. A présent, même si le péril était toujours le même, la situation était différente, son frère vivait.
"Il a besoin de soin." dit Pippin à Aurore, soulagé de voir à nouveau un peu de vie dans les yeux bleus de la femme qu'il appréciait tant, lorsqu'il avait croisé son regard un peu plus tôt, il y avait vu un réel désespoir. "Il a besoin de soin mon Seigneur." il répéta un peu plus fort pour Denethor qui s'était éloigné.
"Ma lignée s'est éteinte." continua Denethor qui se donnait en spectacle devant tous les soldats et nobles qui se trouvaient dans la cour, sans compter que d'autres pouvait les voir. "Le Rohan nous a abandonné. Théoden m'a trahi. Abandonnez vos postes." il hurla soudain "Fuyez pour vos vies."
"Assez." cria Aurore en s'interposant entre lui et les soldats qui écoutaient. "Tenez vos positions." préoccupée par les forces du Mordor devant elle et l'attaque imminente, Aurore ne vit pas venir la gifle de Denethor. Elle encaissa le coup, c'était loin d'être la première fois néanmoins la gifle avait été brutale et elle savait que ça allait laisser des traces, si ce n'est pire, malgré son âge et les dernières années, Denethor avait encore une certaine force et les bagues qu'il portait n'avaient pas arrangé les choses. Elle le vit lever la main à nouveau, prêt à recommencer visiblement sauf que c'était différent cette fois, elle attrapa son bras et l'immobilisa, il était fort oui mais elle n'était pas non plus en reste.
"Ca suffit." elle dit, sa voix froide et dure, tout comme son regard, il se figea en la voyant, elle ignorait ce qu'il voyait et elle s'en moquait, elle avait d'autres choses à faire, d'autres priorités. "Vous ne lèverez plus jamais la main sur moi ou sur ceux que j'aime. Je ne vous laisserai pas non plus abandonner Minas Tirith, pas encore plus en tout cas."
"Aurore." appela Imrahil, son oncle avait accouru vers elle, lui ainsi que la plupart des gardes. "Tu vas bien ?" il demanda en repoussant Denethor, s'interposant entre lui et elle, il voulait la protéger c'était clair et vu le comportement des gardes, il n'était pas le seul.
"Oui, ramenez le dans ses appartements, l'Intendant ne se sent pas bien." dit Aurore. "Qu'on conduise également Faramir dans les maisons de Guérison."
"Tout de suite Milady." dirent plusieurs gardes en s'exécutant.
"Que compte tu faire ?" demanda son oncle en l'observant, elle s'était désintéressée de Denethor pour se tourner vers les orques au pied de la Cité. Imrahil n'avait jamais trop su comment traiter sa nièce, ainsi que sa fille, elles étaient différentes de la plupart des femmes qu'il connaissait, outre sa femme bien sûr mais Elpis était bien plus classique que sa nièce. Sa femme et sa fille n'auraient jamais osé s'habiller de la sorte, Aurore avait revêtu une armure du Gondor, visiblement faite sur mesure, mais en dehors des ajustements évidents, elle était identique à la tenue des soldats du Gondor, avec une cotte de maille d'excellente qualité s'il ne se trompait pas Elle avait tressé ses cheveux en une longue tresse avant de la nouer dans un chignon afin qu'ils ne la gênent pas au cours des combats, elle était prête à aller à la guerre. Imrahil avait vu Boromir et Faramir souvent alors qu'ils allaient au combat, et là c'était la même expression, la même détermination qu'il voyait sur le visage de leur sœur. Elle était prête à tout pour protéger cette cité, il n'en doutait pas une seule seconde et il comptait bien l'aider, et par la suite obtenir des informations. Notamment sur si c'était la première fois que Denethor levait la main sur elle, parce que si ce n'était pas le cas, le prince de Dol Amroth comptait bien montrer à son beau-frère qu'il avait eu tort d'agir ainsi. D'oser toucher Aurore, sa nièce par sa sœur Findulas.
Imrahil n'était pas un homme particulièrement autoritaire ou à la recherche du pouvoir, parfois être le prince de Dol Amroth était trop à ses yeux, mais il avait assumé son rôle comme son devoir l'avait demandé, suivant néanmoins les ordres de l'Intendant Souverain du Gondor. Comme par exemple venir à Minas Tirith alors que Dol Amroth était souvent attaquée par l'ennemi, il aurait pu protester d'avantage mais il avait voulu veiller sur sa nièce, il ne savait pas pourquoi mais il avait vu qu'elle n'était pas proche de son père, et avec ses deux frères au loin il s'était inquiété et avait donc fait le déplacement. Faisant aussi confiance à ses fils, son aîné Elphir était prudent, tandis qu'Erchirion était un guerrier qui avait affronté Boromir souvent dans des duels amicaux, les deux cousins arrivant rarement à gagner contre l'autre, et son dernier fils, Amrothos était un très fin stratège. Ensemble ses fils formaient une excellente équipe et puis ils avaient auprès d'eux des conseillers de confiance.
Et si maintenant il regrettait de ne pas avoir pu passer plus de temps avec sa femme, ses fils et sa fille, il ne regrettait pas non plus d'être là. Il avait vu que sa nièce était l'ombre d'elle même depuis l'annonce de la mort de Boromir, même un peu avant, et il l'avait vu un peu plus tôt s'effondrer totalement tandis que Faramir chevauchait vers la mort avec ses hommes. Il était un peu surpris de la voir aussi déterminée, mais aussi très fier, et il comptait faire de son mieux pour que sa nièce survive à cette attaque. Il allait l'aider à défendre Minas Tirith. Et s'ils en sortaient vivants, alors ils parleraient des actions de Denethor. Il espérait de tout son cœur que la gifle que l'homme venait de lui donner était la première, mais la réaction d'Aurore laissait présager une situation bien différente. Sa réaction à la gifle mais aussi son attitude au fil des années, une attitude qui avait grandement inquiété Boromir et Faramir, mais aussi sa propre épouse et lui même, ainsi que le reste de sa famille. Il avait pensé que c'était lié à l'inquiétude de la guerre, aux responsabilités qu'elle avait, mais il avait probablement tort...
"Protéger cette Cité. Poursuivre l'œuvre de ma famille." répondit Aurore, elle ne parlait pas de Denethor, mais de ses frères et de ses ancêtres. "Mais surtout les protéger eux." elle dit en regardant non plus les orques et leurs alliés, mais le peuple du Gondor.
"Aurore, tu dois leur parler." lui dit Gandalf en approchant d'elle.
"Je sais ce que j'ai à faire Mithrandir." répondit Aurore, elle jeta un regard vers son frère, toujours étendu inconscient sur une civière. Jamais elle n'avait souhaité tenir ce rôle, certainement pas comme ça en plus mais visiblement elle n'a plus le choix.
"Habitants de Minas Tirith." elle commença d'une voix forte, elle s'était déplacée un peu, de sorte d'être à un endroit pour être vue et entendue par toute la Cité sans problème, mais elle devait quand même hausser le ton pour être entendue, ce qui n'était pas vraiment une chose qu'elle aimait faire. Mais elle n'avait pas le choix. "Je vois ce que vous voyez, une armée importante est à nos portes, nous sommes en danger. Je ressens la même peur mais nous ne devons pas nous laisser envahir par cette peur, nous devons rester fort et unis. Pas pour la gloire, ou la bravoure, pas pour la richesse mais pour vous même, pour nous tous ici. Il est normal de craindre les orques et la menace qu'ils représentent pour nous tous, la menace que représente Sauron, cependant si nous nous laissons dominer par la peur, alors autant ouvrir les portes en grand pour nous laisser mourir en priant pour que nos ennemis nous témoignent de la pitié. Mais quelle pitié ont les orques ? Quel seraient nos futurs, la mort ? L'esclavage ? La souffrance ? Si nos fins doivent venir, alors ne devrions nous pas nous battre jusqu'à notre dernier souffle ?
Il fut un temps où les orques étaient divisés et isolés, où les nôtres pouvaient les affronter loin de nos Cités. Il fut un temps où le nom de Sauron appartenait aux légendes, de même que ses créatures, je souhaite retourner à ces temps ou en tout cas permettre à ces temps de revenir. Pour qu'un jour nos enfants, nos petits-enfants puissent se servir à nouveau du nom du Maudit pour pousser leur progéniture à manger des légumes ou à obéir. Je rêve d'un temps où lorsque les soldats du Gondor sortent de nos Cités, nous ceux qui restions en arrière, nous n'aurions pas à prier pour leur retour sain et sauf. Où chaque jour n'apporte pas la nouvelle d'une perte, où il n'y a plus de deuil avant l'heure. Plus de famille séparée par les armées du Mordor. Où cet œil n'existe plus et où le soleil peut à nouveau illuminer notre Cité, plutôt que d'être dissimulé avec les astres par ces nuages qui ne servent qu'à couvrir l'avancée de l'ennemi, ennemi qui craint toujours la lueur du jour.
Je ne vous demande pas de vous battre pour mes frères, pour ma maison ou pour moi-même, non c'est pour vous que je vous demande de lever vos armes. C'est pour vos vies, vos familles que je vous demande de surmonter votre peur. Ne l'oubliez pas mais concentrez-vous plutôt sur la colère qui existe en vous, crée par le deuil que vous avez du porter, encore et encore à cause de Sauron et de ses armées. C'est de votre colère, de votre détermination dont on a besoin, ne les laissez pas gagner. Ils se moquent de nos sacrifices, ils se moquent de ceux qu'on a pleuré, qu'on pleure encore, ils nous insultent en nous envoyant les têtes des braves soldats qui ont donné leurs vies pour protéger notre Cité. Nous ne pouvons pas renoncer après leur sacrifice, au contraire, nous devons nous battre d'autant plus, parce qu'ils ne peuvent pas être morts en vain, ce serait trop injuste. Trop cruel.
Ils pensent que nous sommes faibles, brisés, prouvons leur qu'ils se trompent, qu'il y a toujours de la force chez les hommes et femmes de notre peuple, chez les hommes et femmes de notre Cité. Prouvons leur que nous n'avons pas oublié nos disparus, et montrons leur à quel point nous tenons à eux, vengeons nous si nécessaire, défendons les nôtres, battons-nous pour les enfants de cette Cité, pour tout les innocents qui ne connaitront aucune pitié des orques.
Le Rohan a tenu face aux Uruk'hai de Saroumane jusqu'à l'arrivée des renforts, c'est à notre tour de tenir, nous devons tenir jusqu'à l'arrivée du Rohan, parce que je refuse de croire que l'âge des orques soit arrivé. Je refuse de céder une Cité de plus à Sauron et ses sbires, trop de nos anciennes villes sont tombées entre leur main, autrefois un symbole pour notre peuple mais aujourd'hui un de leur repère. Protégeons la Cité Blanche et ses habitants, unissons-nous pour lutter contre cette armée.
Hommes armez-vous. Soldats préparez-vous.
Femmes préparez-vous à montrer ce que vous êtes capables de faire pour protéger vos familles.
Pour nos disparus.
Pour notre avenir.
Pour nos enfants.
Pour le Gondor."
"Pour le Gondor." reprit presque d'une voix le peuple de Minas Tirith, répétant les paroles d'Aurore qui si elle ne brandissait pas un drapeau, avait sorti son épée et l'avait levé bien au dessus de sa tête.
Elle se retourna, elle devait lutter pour ne pas porter sa main à sa gorge, elle ne parlait pas souvent fort et certainement pas aussi longtemps, ce n'était pas très agréable et elle aimerait ne pas avoir à le refaire, cependant pour organiser la bataille, ça risquait d'être nécessaire malheureusement. Heureusement, elle s'était abstenue vu que tous les gardes, ainsi que les serviteurs et les nobles du Gondor qui se trouvaient à ce niveau, s'inclinèrent ou s'agenouillèrent devant elle, même son oncle le fit.
"Quels sont vos ordres Milady ?" demanda Rudril, le chef des soldats de la Citadelle en s'approchant d'elle.
"Je veux des guérisseurs à tout les niveaux, qu'on renforce les portes principales, même si nous devons accumuler des charrettes contre. Toutes les femmes enceintes, ainsi que les enfants de moins de dix ans doivent se rendre dans la Citadelle, en sécurité, je ne veux pas qu'ils soient en danger." ordonna Aurore.
"Aurore,..." commença son oncle, mais elle le coupa d'un geste.
"Je sais que nous avons besoin de tout le monde, mais je ne veux aucun enfant de moins de dix ans sur le champ de bataille. Et ceux qui sont plus vieux, je veux deux enfants pour un groupe de cinq soldats expérimentés, ils seront chargés de récupérer les flèches ou les armes. Les envoyez au combat comme ça, ce serait les envoyez à la mort, je ne suis pas ignorante, je sais qu'il y aura des morts mais je veux les limiter autant que possible. Si nous sortons victorieux de ce siège, je ne veux pas avoir à enterrer enfant après enfant." dit fermement Aurore. "Distribuez les armes, sortez les armes de guerre. Je veux un groupe de soldat minimum pour tout les niveaux."
"Milady, les guérisseurs ne sont pas supposés faire ça." protesta un noble. "Ils doivent rester dans les Maisons de Guérison. C'est la tradition."
"Je m'en moque. Je refuse de voir des gens mourir parce qu'ils n'ont pas eu de guérisseurs à temps tout cela à cause de la tradition. Si cela vous pose un problème, alors allez dire aux familles pourquoi les leurs n'ont pas pu être sauvés. Pourquoi ils ont du perdre un membre, ou pourquoi ils se sont vidés de leurs sang. Allez leur dire ensuite alors." répondit Aurore. "Non ? Alors ne me parlez pas de tradition, pas quand Minas Tirith est sur le point d'être attaqué par une armée. J'ai du respect pour notre histoire, pour notre passé et nos traditions, mais je ne ferai pas passer ce respect avant la vie des habitants de cette cité. C'est hors de question. Est ce que je suis claire ?"
"Oui Milady." il s'inclina, le visage pâle, mais surtout honteux.
"Préparez des feux, si les Nazguls attaquent, ce sera notre protection. Et si vous avez l'occasion de mettre feu à leurs tours alors n'hésitez pas, même si les champs de Pelennor doivent brûler, qu'importe si c'est le prix de notre survie. Faites en sorte que les archers soient proches de soldats qui préfèrent l'épée, ils vont devoir se couvrir pour survivre." dit Aurore. "Renvoyez les pierres, servez vous des ruines comme d'armes. Préparez vous à défendre les remparts. Mithrandir, puis je demander que vous m'accordiez quelques minutes, je dois régler un détail avant de rejoindre les hommes pour me battre."
"J'y vais." acquiesça Gandalf.
"Capitaine Bram, suivez moi." elle demanda en passant devant le capitaine en question qui acquiesça et suivit volontiers la Dame du Gondor, leur Lumière, lui accordant un instant pour embrasser le front de son frère avant de reprendre sa marche. Il se demandait bien sûr pourquoi elle le conduisait au fond de la Citadelle, du Palais en réalité.
"Milady ?" il finit par demander, les airs curieux des deux gardes de Lady Aurore ne le rassurait pas, pas plus que l'air sérieux et même tendu qu'elle avait lorsqu'elle se tourna vers lui alors qu'ils étaient arrivés devant un mur.
"Je vais vous confier une mission de la plus haute importance capitaine. J'ignore qui ou même quand cette porte a été réalisé, ainsi que comment on a pu convaincre des nains de faire une porte secrète mais c'est le cas. Elle existe et elle conduit dans un passage qui vous mènera loin de Minas Tirith, suffisamment loin pour vous permettre de conduire les femmes et les enfants en sécurité si le pire se produit et que la Cité est perdue." dit gravement Aurore, elle avait conscience de ce qu'elle lui demandait, de la difficulté de cette mission tant pour obéir au début mais ensuite pour réussir. Mais elle n'avait pas pris cette décision à la légère, le capitaine Bram était extrêmement compétent et du à une blessure au bras il y a quelques semaines, elle ne voulait pas le mettre au front, pas alors qu'il fallait penser à ceux incapables de se battre.
"Milady." cria horrifié l'homme.
"Je sais ce que je vous demande, mais vous comprenez pourquoi n'est ce pas ? Je dois prier pour que ça n'arrive pas, mais je ne peux pas prendre le risque que le pire se produise et que je n'ai rien préparé pour ces gens. A l'intérieur de ce tunnel il y a des vivres, je les ai installé moi même au cas où, ce n'est rien de grandiose, mais ça vous permettra de voyager plusieurs jours. Il y a aussi des gourdes et une rivière un peu plus loin où vous pourrez les remplir. Je ne peux me priver que de quinze hommes, c'est peu pour assurer la sécurité d'un aussi gros groupe, j'en ai conscience, mais je n'ai pas le choix." expliqua Aurore en lui tendant la clé, lorsqu'il ne la prit pas elle continua. "Capitaine Bram, puis-je compter sur vous ? Obéirez-vous à mon ordre ?"
"Oui Milady." céda le capitaine en posant un genou à terre devant elle.
"Si la Cité venait à être perdu, vous partirez, sans un regard en arrière et guiderez ces gens en sécurité, que ce soit chez une autre cité du Gondor, au Rohan ou encore chez les elfes ou les nains ?" insista Aurore.
"Oui Milady." il acquiesça à nouveau.
"Prenez cette clé capitaine." elle demanda.
"En espérant ne pas avoir à m'en servir Milady." il dit en la prenant avant de lui baiser la main.
"En espérant." acquiesça Aurore en l'embrassant sur le front. "Que les Valars nous protègent tous."
"Milady, vous devriez rester avec nous ici." demanda le Capitaine en se relevant alors qu'Aurore avait déjà fait demi-tour pour se rendre sur les remparts rapidement.
"Ma place est là dehors, près de ceux qui vont se battre selon mes ordres. Je ne peux les abandonner." dit simplement Aurore.
"Tirez sur les tours. Tirez sur les catapultes. Tenez vos positions." ordonna Aurore en rejoignant les soldats sur les remparts.
"Vous avez dit il y a peu que vous aviez confiance en moi. Est ce toujours le cas ?" demanda Aurore en voyant arriver les orques.
"Plus que jamais Milady." acquiesça Ohtar.
"Je ne voudrais être nulle part ailleurs." renchérit Varon tout en observant la situation. Malgré les efforts des archers, les tours arrivaient au niveau des remparts, les orques arrivaient dans la Cité."
"Alors espérons que votre confiance n'est pas mal placé." commenta Aurore avant de passer à l'attaque, décapitant le premier orque qui avait posé le pied dans la Cité Blanche. Les hommes ne tardèrent pas à suivre son exemple. Ils devaient tenir.
