Bonjour, ouah j'ai vraiment eu du mal pour écrire ce chapitre, pas trop pour la fin mais le début m'a vraiment donné du mal. Désolée pour l'attente en tout cas mais voici le nouveau chapitre ;), au cas où vous n'ayez pas remarqué. En tout cas merci pour votre support, merci pour lire cette fic, pour la suivre, pour la mettre en favori et surtout merci pour la commenter. Bonne lecture, j'espère que vous aimerez ce chapitre en tout cas.
Morgane451 : Désolée mais fallait bien finir au bout d'un moment quand même. Je ne pouvais pas écrire tout d'un coup. Heureuse que tu aies aimé ce passage alors, avec Elrond et l'explication concernant Arwen et la raison qui fait que oui Aragorn est célibataire dans cette fic, pour le moment en tout cas ;). J'espère que tu aimeras la manière dont j'ai eu de commencer les relations entre Aragorn et Aurore alors, que ce sera à la hauteur de tes attentes. Je ne peux malheureusement pas répondre à tes questions dans cette réponse, mais il y a certaines réponses dans ce chapitre pour le reste tu verras ;D. J'espère que tu aimeras la suite en tout cas, j'ai hâte de savoir ce que tu en as pensé.
Duncan D Jeanne : Merci beaucoup, heureuse que mon histoire continue à te plaire, j'espère que ce sera toujours le cas après ce chapitre alors :D.
ValeriaEpicMomo : English is well, I understand it well, even if I'm not sure I can write well in english. Here I hope that you can still understand what I want to say anyway. I'm really happy for your support, thanks really. It's nice of you and I love your reviews. So thanks for trying.
Essaidel : Coucou, en effet ton timing était impressionnant :D. Les journées sont pas trop dures j'espère...
Je vais donc répondre aux deux commentaires en un seul alors.
Oui, je voulais qu'on voit un peu Aurore prendre les rennes, en tant que chef de guerre mais aussi en tant que meneuse du peuple, sans qu'elle ne paraisse trop puissante, après tout elle ne sait pas vraiment ce qu'elle fait et je voulais que ça soit clair. Elle doute beaucoup, sur tout en plus et elle a perdu un frère et un autre est entre la vie et la mort. Les conditions sont donc loin d'être idéales pour elle.
Heureuse que tu penses ça en tout cas, j'ai hésité à m'appuyer plus sur les films ou au contraire faire quelque chose de totalement différent mais j'ai choisi cette voie là et je suis contente que ça soit bien passé :).
Oui moi aussi, ce n'est que dans la mort qu'il retrouve la raison et son humanité, quoique là on peut se le demander, mais bon il est mort et c'est le principal pour Aurore.
Alors non, le Roi-Sorcier était toujours vivant, Eowyn devait quand même l'affronter, mais les actions d'Aurore ont eu des conséquences ;D.
Heureuse d'avoir réussi à te surprendre en bien alors, ça fait plaisir. Je ne savais pas trop au début à quel moment j'allais commencer le point de vue d'Aragorn, au moment du départ de Gandalf ? A l'arrivée près de la montagne ? Ou dans la tente ? J'hésitais mais je suis contente de mon choix final, ça a plutôt bien rendu non ?
Oui il fallait bien l'aborder, sa relation avec Arwen j'entends, et oui je voulais aussi pointer un peu l'attitude d'Elrond qui n'a pas toujours bien agi envers Aragorn. Et l'aperçu sur les pensées d'Aragorn, sur son hésitation à devenir roi, et bien ça m'a un peu surpris pour tout dire. Le dernier chapitre c'est vraiment écrit tout seul, ou presque, même moi je m'attendais pas à certains passages pour dire. Non c'est difficile à oublier, après tout il s'agit de plusieurs décennies, ça s'efface pas comme ça. Je suis heureuse en tout cas que ce soit bien passé :D.
Oui vis à vis de l'attitude d'Aurore, j'ai donné pas mal d'indice quand même, après il devra quand même faire ses preuves, elle en a trop vu pour faire aveuglément confiance en un homme et un étranger, même s'il est le roi et qu'il a été un compagnon d'arme d'un de ses frères.
Voici donc le nouveau chapitre, j'espère que tu aimeras :)
A bientôt,
Bisous.
Pims10 : J'espère que tu aimeras les idées que j'ai alors pour les débuts d'Aragorn dans la Cité.
Miss Egypte : Salut. Ça fait plaisir à lire, merci beaucoup. Je suis heureuse que ma fic te plaise autant. Contente de changer un peu les choses en tout cas et d'offrir un nouveau point de vue sur cette trilogie si magnifique, livre et films. J'espère aussi réussir à faire d'elle une bonne reine, mais il va y avoir pas mal de chapitre avant qu'on en arrive à ce point, je préviens. Heureuse que tu aies aimé le passage concernant l'histoire d'Aragorn et Arwen en tout cas :D. Merci beaucoup, voici la suite, j'espère que ça te plaira. Bises.
xiu : Thanks, I'm happy that you like it. Sorry for the wait but here, the new chapter :).
Guest : Here, I hope you'll like it.
Miss MPREG : Bonjour, ravie d'avoir pu aider au moins un peu :D.
Je suis contente que le chapitre t'ai plu, tant vis à vis des pensées d'Aragorn que sur son histoire avec Arwen, c'est un énorme sacrifice quand même et là l'amour n'était pas assez fort. Un moyen de régler la situation sans faire d'Arwen une méchante ;), non que c'est forcément une mauvaise chose, ça peut être intéressant à lire mais c'était pas l'angle que je voulais aborder dans cette fic.
Merci beaucoup, j'espère que ça te plaira. Bisous.
Tu ne dois pas flancher. Tu ne dois pas leur montrer ta peur ou ton incertitude.
Combien de fois, combien de temps allait-elle encore devoir se répéter ce mantra ? Un mantra que lui avait inculqué Denethor, une chose qu'elle avait considéré utile et même nécessaire de retenir.
Aurore savait mieux que beaucoup à quel point porter un masque était important, mais en porter un avait rarement été aussi difficile. Elle était épuisée, son corps était meurtri et endolori, elle avait besoin de soin, elle se sentait horriblement coupable pour les morts inutiles lors de la charge qui avait été ordonné par Denethor, ainsi que par le fait qu'elle aurait du réagir plus vite, ne pas se laisser submergé par le chagrin comme elle l'avait fait. Comment les gens pouvaient la respecter ? S'incliner devant elle ? La regarder avec tant de respect et d'admiration alors qu'elle était responsable de tant ? Alors qu'elle aurait du convaincre Faramir de ne pas faire une charge pareille, ces soldats étaient morts à cause de son impuissance. Mais elle ne pouvait pas penser à ça, pas si elle voulait garder une semblance de contrôle sur elle même, elle sortait pour voir ceux qui les avaient sauvé, les Rohirrims bien sûr mais aussi pour rencontrer le roi. Quelle était la marche à suivre dans cette situation ? Quel genre d'homme était-il ?
Etait-elle supposée accueillir d'une manière particulière l'armée de fantôme ? Comment parlait-on avec un fantôme ? Les habitants de la Cité seraient-ils en sécurité vis à vis des fantômes ? Comment pouvait-on lutter contre un fantôme ? Et elle n'aurait jamais cru devoir se demander ce genre de chose, c'était supposé être une simple légende, rien de plus mais apparemment le temps des légendes était arrivé vu que le roi revenait en Gondor avec une armée de fantôme. Et elle ne pouvait pas montrer son inquiétude vu que les soldats l'observaient et ajustaient leurs comportement au sien, pas la peine de provoquer une panique dans la Cité, c'était la dernière chose dont ils avaient besoin.
Varon et Ohtar étaient à nouveau près d'elle et si elle avait noté leurs blessures, particulièrement la blessure à la jambe d'Ohtar, elle s'était résignée au fait qu'ils ne la laisseraient pas, même pour être soigné. Elle allait devoir se rendre aux Maisons de Guérisons pour voir Faramir déjà mais aussi pour elle même, dire que son corps était endolori était un euphémisme, elle avait été blessé à plusieurs reprises au cours des combats et certaines de ses blessures avaient besoin d'être traitées. Ses deux gardes n'avaient rien dit, ils n'avaient pas critiqué le fait qu'elle les avait envoyé loin d'elle tandis qu'elle était en danger, cependant elle savait qu'elle en entendrait parler dès qu'ils auraient un moment seuls. Ils étaient tendus et elle savait très bien qu'ils ne la laisseraient pas seule pendant un long moment, les expressions sur leurs visages lorsqu'ils avaient vu la marque autour de sa nuque avaient été sombre, et elle était sûre que Denethor avait de la chance d'être mort parce qu'elle avait le sentiment qu'ils l'auraient tué. Ordre ou pas ordre.
Ils allaient donc avoir besoin de soins et de préférence rapidement vu qu'elle allait devoir être active, et donc eux aussi, alors mieux valait éviter d'aggraver les blessures. Avant cela elle avait des obligations à gérer, y compris sortir de la cité pour rencontrer le roi, Pippin et Gandalf étaient avec eux. Elle n'avait pas besoin de se tourner pour voir l'inquiétude sur le visage de Mithrandir, il ne savait pas comment elle allait réagir, c'était peut-être un peu méchant de ne pas lui dire, mais si elle avait beaucoup de respect envers lui, elle ne pouvait pas nier qu'elle appréciait la situation. C'était normalement lui qui avait toutes les cartes, ou presque, et qui donnait des informations à son bon vouloir. Elle appréciait donc le retournement de situation, et vu qu'elle avait parlé de ses projets devant Pippin, elle avait le sentiment qu'elle n'était pas la seule. Ou alors le jeune hobbit ne s'en était pas rendu compte, elle ne le connaissait pas encore assez pour être sûre, et ce n'était pas le moment pour le déterminer, il y avait beaucoup à faire en cette heure sombre. La situation aurait pu être bien pire sans l'intervention des Rohirrims et des fantômes, mais il y avait quand même beaucoup de pertes et énormément de blessés rien que dans la Cité, elle n'imaginait pas ce que c'était pour les soldats du Rohan qui avaient du affronter les Oliphants guidés par les Haradrims.
C'était étrange après les bruits des combats, les hurlements de rage, les cris de douleur, les bruit des lames qui s'entrechoquaient, ce silence... C'était glacial même, un silence de mort et c'était plutôt logique vu qu'elle était en train de regarder des fantômes.
"Libérez-nous." demanda d'une voix grave un fantôme qui semblait être en charge, si ce qu'elle voyait de son armure était quelque indication. Il se tenait en avant de son armée, devant un nain, des elfes et des hommes qui étaient respectueusement à un pas ou plus, derrière un homme aux cheveux mi-longs noirs et elle était presque sûre qu'il s'agissait d'Aragorn, fils d'Arathorn, donc le roi.
"Mauvaise idée." dit le nain Gimli, c'était le nom que Pippin avait utilisé pour parler de lui. "Très pratique ces aides de camps. Même s'ils sont morts."
"Vous nous avez donné votre parole." dit le fantôme, avec de la colère dans la voix.
"Je considère votre serment accompli." dit l'homme, dit le roi, après un instant de silence, respectant apparemment la parole donnée à des traîtres et cela même s'ils auraient pu être extrêmement utile pour la guerre. "Allez. Soyez en paix."
L'expression sur le visage du chef des fantômes, mais aussi sur ceux des autres, se fit calme, apaisée, visiblement ils attendaient cela depuis longtemps, le repos accordé aux morts. Et après un bref moment, il n'y eut plus la moindre trace de l'armée des fantômes, l'air se fit plus agréable, et Aurore dut retenir un soupir de soulagement vu que un certain nombre de problèmes disparaissaient avec eux. Après il y avait encore une grande pile donc tout n'était pas fini, loin de là même. Cependant c'était un énorme souci en moins. Quoiqu'un coin de son esprit était intrigué par les émotions qu'éprouvaient les fantômes, à quel point était-ce réel ? A quel point ressentaient-ils les émotions ? Qu'est ce que l'attente leur avait fait vivre ? A quel point avaient-ils soufferts pour leur trahison ? Néanmoins ce n'était pas le moment pour penser à de telles choses, elle devait faire face au roi, l'homme s'était en effet retourné vers eux, lui ainsi que les autres d'ailleurs, Mithrandir inclina la tête devant le roi avant que ce dernier ne l'observe elle. Elle était loin d'être au meilleur de sa forme et elle n'était pas vraiment présentable, elle sentait d'ailleurs que le bleu causé par le coup de Denethor avant tout ce désastre était bien visible et elle ignorait ce qu'il en était des traces de main autour de sa gorge. Sans compter bien sur le sang d'orque sur sa tenue, ou encore du sang des soldats qui avaient été blessé près d'elle, certain qu'elle avait aidé à transporter en sécurité, ou la poussière sur son visage. On était très loin de l'image qu'elle donnait d'elle habituellement, mais elle n'hésita pas à croiser le regard de l'héritier au trône du Gondor, avant de faire la révérence.
"La maison des Intendants est heureuse de rendre les pleins pouvoirs au roi et de vous voir de retour au Gondor, Sire." elle dit en s'inclinant.
"J'apprécie mais relevez-vous s'il vous plait, le moment n'est pas encore venu, je ne souhaite pas que mon retour soit connu." dit Aragorn en s'approchant d'elle et du reste de son groupe, Varon et Ohtar s'étant également incliné.
Aurore haussa un sourcil tout en se redressant, pourquoi attendre ? Pourquoi avait-il attendu autant de temps avant de revenir prendre sa place ? Elle avait bien des questions à poser mais ce n'était pas sa place et puis ce n'était pas non plus le moment, il y avait eu tant de morts, tant de blessés... Dans la Cité mais aussi au dehors, elle voyait bien des corps autour d'elle, des cavaliers comme leurs montures et ce n'était pas simplement les Rohirrims. Elle n'avait aucune pitié pour les orques, loin de là même, néanmoins il y avait aussi des mercenaires du Sud, des gens qui faisaient qu'obéir aux ordres, comme les soldats du Gondor quoiqu'ils ne servaient définitivement pas le même chef.
"Comme vous le souhaitez." elle acquiesça doucement, elle ne savait pas pourquoi c'était vrai, elle ne comprenait pas ses raisons mais il était le roi. Elle n'avait pas encore de respect pour lui, même si elle lui était reconnaissante pour son intervention, pour avoir sauver la Cité Blanche, elle ne le connaissait pas. Il était un étranger pour elle et elle n'avait pas de beaucoup bonnes expériences avec les hommes en position de pouvoir, après selon Gandalf et Pippin, il n'avait rien à voir avec Denethor. Mais Gandalf n'avait aussi rien su au sujet des actions de Denethor, pensant simplement qu'il était un idiot ou autre chose du genre, les gens portaient des masques, plus ou moins bien selon les personnes. Tout le monde pouvait se tromper, cependant il y avait quelque chose qui était en faveur de cet homme. Un homme que Boromir avait choisi de suivre, à qui son frère avait choisi d'être loyal. Certes il avait fait confiance à Denethor, il avait éprouvé du respect pour lui, cependant Boromir avait tout fait pour la protéger, elle tout comme Faramir, et au cours des années il avait même servi de bouclier entre leur père et eux. Peut-être qu'il avait senti que quelque chose n'allait pas...
"Aurore." appela soudain son oncle qui arrivait en courant vers elle, des soldats derrière elle. Elle soupira de soulagement en voyant qu'il étaient vivant et qu'il n'était pas blessé, en tout cas pas gravement. Elle avait bien sûr fait de son mieux pour se renseigner avant de quitter la Cité sur le sort de son oncle, et un soldat lui avait dit qu'il avait croisé le Prince Imrahil et qu'il allait bien mais c'était différent de s'en assurer de ses propres yeux. De pouvoir le faire. "Tu vas bien ?" il demanda dès qu'il arriva à son niveau, ses yeux l'observant avec attention, notant le sang et sa posture, elle le dissimulait bien. Trop bien d'ailleurs, ce qui le poussa à froncer les sourcils, un soupçon qui s'accentuait d'heure en heure dans son esprit, elle ne devrait pas être habituée à se déplacer alors qu'elle était blessée, à se tenir droite quand elle avait une blessure à la cuisse au moins.
"Je vais bien." elle assura avec un semblant de sourire, acceptant l'embrasse que son oncle lui donna, elle était loin d'être à l'aise avec ce contact mais elle était quand même heureuse de voir qu'il allait bien.
Cependant même si elle était ravie de voir son oncle, elle ne pouvait pas non plus nier qu'elle aurait préféré qu'il reste un peu plus longtemps à l'écart, pas parce que sa présence n'était pas la bienvenue, mais parce qu'il avait amené avec lui des capitaines et des soldats du Gondor et ça voulait donc dire qu'elle devait prendre les choses en main, fin de la pause. Si on pouvait appeler ça une pause en premier lieu. Certes elle connaissait assez bien les différents capitaines et lieutenants du Gondor, parce que la plupart étaient proches de ses frères mais en plus en tant que seule femme de la maison de l'Intendant, elle était aussi l'hôtesse, celle en charge d'organiser tout pour les banquets ou les simples repas et donc elle avait du savoir ce qu'ils aimaient ou non, avec qui ils s'entendaient ou non... Après tout ce genre de chose devait se passer aussi bien que possible et il fallait éviter les disputes, ou en tout cas les limiter vu que lorsqu'il y avait un peu trop d'alcool, les gens s'emportaient plus aisément.
"Que voulez-vous faire pour les survivants Milady ?" questionna le capitaine Bergeon qui avait observé un peu curieusement le groupe entourant la Lumière du Gondor, particulièrement Aragorn qu'il reconnaissait. Pour l'avoir déjà rencontré bien sûr, lorsqu'il était allé le Rohan mais plus simplement parce qu'il savait qui il était, alias le roi légitime. Un homme qui avait gagné son respect à la bataille du gouffre de Helm, et qui venait de sauver Minas Tirith avec son arrivée, la sienne et celle de l'armée de fantôme. Cependant Bergeon ne le connaissait pas plus que ça, c'était un homme respectable apparemment mais avait-il ce qu'il fallait pour être roi ? En plus il était loyal et il avait donné sa loyauté à la famille de l'Intendant, particulièrement à Aurore qui les représentait pour le moment, donc il la suivrait jusqu'à nouvel ordre.
"Les Maisons de Guérisons sont vastes et il y a des bâtiments autour pour si jamais il y a trop de blessés, les Rohirrims sont les bienvenus pour utiliser nos ressources s'ils le désirent, c'est le moins que nous puissions faire." dit Aurore, évitant soigneusement de croiser le regard du roi, c'était un peu gênant de donner des ordres aux capitaines et aux soldats, devant lui. C'était supposé être son rôle, mais il avait dit qu'il ne voulait pas que son retour soit connu, pourquoi ? Etait-ce un test ? Cherchait-il à la juger ?
"Et pour les Haradrims ?" demanda un autre capitaine du Gondor, s'inclinant devant elle avec respect.
"Des prisonniers à part s'ils attaquent." dit Aurore après un bref instant de réflexion.
"Milady, êtes-vous sûre ?" il demanda de suite.
"Je suis sûre qu'il y a eu bien trop de morts sans que nous en rajoutions d'avantage si nous en avons le choix." elle répondit, son regard se tournant vers la Cité Blanche avant de balayer les Champs du Pelennor. Tant de morts, tant de blessés, tant de souffrance, c'était assez, c'était même bien trop.
"Bien Milady." il céda sans protester, les autres s'inclinant également, elle était en train de réfléchir à quoi faire ensuite. Elle n'était pas en charge de ce genre de chose normalement, faire en sorte qu'il y ait des vivres, qu'il y ait à boire, qu'il y ait des bandages et autre après les combats oui, être là pour les familles oui encore, mais tout cela, c'était le rôle de ses frères.
"Milady." quelqu'un appela, lui offrant une distraction, mais ce n'était pas une bonne distraction, pas alors qu'elle reconnaissait les deux soldats qui courraient vers elle. Deux soldats qui avaient appartenu à la garde personnelle de Denethor et qui avait été présent lorsque cet homme avait essayé de tuer Faramir et de se tuer en même temps. Elle leur avait ordonné de ramener Faramir aux Maisons de Guérisons, de se faire oublier et d'aider autant que possible, si ce n'était pas au front, au moins en protégeant les guérisseurs ou en les aidant.
"Qu'est ce que vous venez faire ici ?" demanda Gandalf d'un ton agacé, visiblement il les reconnaissait également et il n'était pas heureux de les voir, un coup d'œil vers Pippin l'assura que c'était un sentiment partagé par le hobbit, quoique ce dernier resta silencieux.
"Pardonnez-nous mais Milady, vous devez vous rendre aux Maisons de Guérison." dit un des deux soldats après qu'ils se soient tous les deux agenouillés devant elle, les têtes baissées et ils ne bougeaient pas. Elle sentit une boule se former dans son ventre, c'était très mauvais signe, ils ne l'approcheraient pas à part si c'était extrêmement sérieux et s'ils se sentaient responsables d'une manière ou d'une autre. Elle n'était pas crainte comme Denethor avait été, ou comme les colères de Boromir étaient redoutées. Cependant elle était quand même respecté et les gens savaient qu'elle pouvait être dangereuse lorsqu'elle était poussée, de la même manière que Faramir, quoiqu'elle mettait plus de temps à pardonner que Faramir qui avait un tempérament plus doux, enfin après ça dépendait. Parce que lorsqu'elle était concernée, ses deux frères étaient dangereux, et le meilleur moyen de la pousser à bout était ses frères.
Après avoir obéi de la sorte à Denethor, après avoir mis en danger Faramir et elle même, quoiqu'elle était bien plus concernée par son frère, ils auraient du l'éviter à l'extrême, le fait qu'ils étaient là était donc d'autant plus inquiétant. Elle avait vraiment un très mauvais pressentiment, un poids sur la poitrine, similaire à celui qu'elle avait ressenti lorsque Boromir était parti pour Fondcombe, une mission d'où il n'était pas rentré, une mission d'où il ne rentrerait jamais. Elle sentit ses mains se fermer en deux poings, luttant pour ne pas trembler ou pâlir, la condition de Faramir était sérieuse et ce petit moment passé au dessus d'un bûcher n'avait sans aucun doute pas arrangé les choses mais sûrement ce ne pouvait pas être ça. Elle ne pouvait pas le perdre après tout ça, pas maintenant. Elle ne voulait pas survivre à cette bataille uniquement pour enterrer son frère.
"Que se passe-t-il ?" elle demanda, sa voix posée malgré la tempête qui semblait régner dans son esprit. Mais c'était loin d'être la première fois où elle avait du faire bonne figure alors qu'elle voulait simplement s'effondrer, quoiqu'elle ne s'était jamais senti aussi briser par le passé, même lorsque Denethor avait été son visiteur nocturne et qu'elle s'était glacée et au cœur des ténèbres.
"C'est l'Intendant Souverain, Idril vous dit que vous devez venir vite, elle ignore combien de temps il lui reste." dit un des soldats, elle ignorait lequel, elle avait fermé les yeux pour contrôler sa réaction. C'était la confirmation de ses pires craintes, de son pire cauchemar et elle se sentait faiblir, jamais, même aux pires moments passés en compagnie de Denethor, elle n'avait autant souhaité avoir Boromir près d'elle. D'avoir sa présence réconfortante, ses bras autour d'elle tandis qu'il lui assurait qu'elle allait bien, que tout irait bien. Depuis son départ, elle avait souhaité son retour, sa présence dans la Cité bien souvent, presque tout les jours même, mais jamais avec autant de ferveur mais il ne reviendrait pas et à présent elle allait aussi perdre Faramir. Elle devait lutter de toutes les forces qu'il lui restait pour ne pas s'effondrer, comme elle l'avait fait lorsqu'elle avait vu les cavaliers tomber les uns après les autres face aux flèches des orques, il y a une journée à peine, mais ça semblait être une éternité, ça avait eu des conséquences à ce moment là et là les conséquences seraient pires encore. Parce qu'elle était la seule de la maison des Intendants à présent, elle connaissait bien Idril, elle ne lui dirait jamais une telle chose si elle ne le pensait pas réellement, si elle pensait qu'il y avait encore un espoir. Faramir était mourant.
"Milady, il n'y a pas assez de mots pour vous dire à quel point nous sommes désolés, horrifiés même pas ce qui c'est passé." dit un des soldats.
"Nos actions sont impardonnables, nous ne pouvons rien faire pour compenser les conséquences de nos actions alors nous vous offrons nos vies." continua le second, elle avait les yeux fermés mais elle entendit le bruit familier d'une lame qu'on sortait de son fourreau, de deux lames actuellement.
"Que s'est-il passé ? Qu'est-ce qui est arrivé à Faramir ?" demanda Imrahil tandis qu'elle peinait à se reprendre, sa question la forçant presqu'à ouvrir les yeux, constatant que tous les soldats évitaient son regard, évitaient de la regarder, lui offrant un minimum d'intimité. Tous sauf Pippin qui s'était rapproché d'elle et était appuyé contre sa jambe, elle sentait également que Varon et Ohtar étaient proches d'elle.
"Denethor a perdu l'esprit et a voulu brûler le corps de son fils, se faisant brûler au passage, refusant de croire que Faramir était bel et bien toujours en vie." résuma Gandalf.
"Quoi ?" cria presque Imrahil.
"Heureusement Pippin l'a vu et est venu nous avertir Mithrandir et moi-même et à nous trois nous avons empêché ça. Sauvant Faramir mais Denethor qui s'était recouvert d'huile à pris feu."continua Aurore, son ton toujours aussi posé même s'il était un peu plus sombre qu'auparavant. Et malgré le contrôle qu'elle exerçait sur elle-même, une larme coula de son œil droit, échappant à ses yeux bleus remplis de larmes refoulées.
"Et ces imbéciles étaient là, ils ont aidé Denethor." finit Gandalf en jetant un regard courroucé aux deux soldats qui étaient toujours agenouillés aux pieds d'Aurore, leurs épées tenues devant eux, les lames tournées vers eux pour que la jeune femme puisse les saisir si elle le souhaitait.
"Quoi ?" demanda Imrahil, son ton moins horrifié et plus énervé.
"Relevez-vous et rangez-moi ces épées." ordonna Aurore.
"Aurore, tu ne parles pas sérieusement, après ce qu'ils ont fait..." dit Imrahil.
"Ils méritent d'être punis pour ce qu'ils ont fait." acquiesça Gandalf.
"Je sais ce qu'ils ont fait." dit Aurore, son ton un peu sec. "Je l'ai vu. Mais ils ne l'ont pas fait par choix, ils ont obéi à l'Intendant Souverain du Gondor. Est-ce que je souhaite qu'ils n'aient pas agi de la sorte, qu'ils aient osé protester, oui. Mais je sais aussi quel genre de conséquences ils risquaient, Denethor n'était pas du genre à pardonner aisément ou à tolérer la désobéissance au cas où vous l'auriez oublié, ou que vous ne vous en soyez pas rendu compte. Le châtiment pour une attaque sur la famille de l'Intendant est la mort Mithrandir, et comme je l'ai déjà dit, il y a eu bien assez de mort à cause de Sauron et de ses sbires." Elle s'était tournée de sorte de rencontrer les regards de son oncle et du magicien, avant de se retourner vers les deux soldats qui lui avaient obéi doucement, hésitants, se remettant debout et rangeant leurs épées. "Sortez de mon champ de vision, rendez-vous utile, essayez de ne plus obéir aveuglément et faites en sorte de ne jamais me rappeler vos actions."
"Vos instructions Milady ?" demanda le capitaine Bergeon en s'inclinant devant elle.
"Capitaine Bergeon, Capitaine Arthion, aidez les Rohirrims à rassembler leurs blessés... et leurs morts, ainsi qu'a arrêter les survivants ennemis." ordonna Aurore, croisant à peine le regard de l'ancien second de Boromir, c'était douloureux de le voir ainsi, sans son frère près de lui, surtout maintenant que son aîné était mort. "Quand ce sera fait, vous connaissez les consignes habituelles, elles n'ont pas changé. Notre priorité est les vivants mais nous honorerons également les morts. Pour vous autres, je vous demanderais d'aider autant que possible dans la Cité." tour à tour les capitaines et les soldats qui étaient sortis de la Cité s'inclinèrent devant elle avant de partir pour exécuter leurs ordres.
"Aurore..." commença Imrahil hésitant en s'avançant vers elle.
"Mon oncle, puis-je te demander de rester là, d'aider les Rohirrims autant que possible ?" elle demanda, une supplique silencieuse dans son regard, s'il la réconfortait, s'il la prenait à nouveau dans ses bras elle s'effondrerait et elle ne le voulait pas. Pas maintenant et certainement pas devant tout ces étrangers, y compris le roi.
"Bien sûr." acquiesça Imrahil, cédant à la demande et inclinant la tête devant elle.
"Où est Merry ?" demanda Pippin, se tournant vers Aragorn, Legolas et Gimli, ainsi que le reste de leur groupe, après tout il ne les connaissait pas, il sentait qu'Aurore avait besoin d'une distraction. Et il était très inquiet pour son cousin.
"Nous l'avons laissé avec les Rohirrims." l'informa Aragorn, qui avait observé Aurore depuis un moment, et il n'était pas le seul, ses frères adoptifs, Elrohir et Elladan avaient fait de même.
"Aurore..." dit le hobbit, hésitant. Il ne voulait pas laisser son amie seule, pas alors qu'elle devait aller voir son frère qui était mourant, mais d'un autre côté il s'agissait de Merry, son cousin et meilleur ami.
"Vas y Pippin." dit Aurore, luttant pour faire un semblant de sourire. "Je souhaite vraiment rencontrer ton cousin Merry, il va devoir me dire si tu ne m'as pas ou non menti sur la beauté de la Comté et toutes vos aventures."
"Merci. Ne t'en fais pas, tu m'as dit que Faramir était solide, qu'il était un battant, il va s'accrocher j'en suis sûr." il sourit en lui faisant un câlin, ce qui était faisable vu qu'elle s'était baissée pour lui parler, quoiqu'elle accepta volontiers l'aide de Varon qui lui offrit son bras afin qu'elle puisse se relever.
Aurore ne lui répondit pas, elle s'en sentait incapable, mais elle regarda le capitaine Bergeon qui acquiesça, il était évident que le jeune hobbit était sous la protection de la Lumière du Gondor et qu'il allait faire son possible pour le protéger. Surtout vu qu'il avait apparemment aidé à sauver, au moins temporairement, Faramir.
"Tu vas te rendre aux Maisons de Guérisons n'est ce pas ? Tu vas te faire soigner ?" demanda Imrahil.
"Promis oui." acquiesça Aurore, quoiqu'elle lança un regard vers Ohtar qui était blessée, sa jambe saignait d'ailleurs bien trop à son gout, elle était plus concernée par ça que ses propres blessures, après tout si elles étaient douloureuses et un peu trop nombreuses à son goût, n'étaient pas mortelles. Celle d'Ohtar, c'était à revoir et Varon n'était non plus épargné.
"J'ai ta parole que tu te laisseras faire et que tu écouteras toutes les consignes d'Idril ?" insista le Prince.
"Tu as ma parole." assura Aurore, comprenant la position de son oncle, leur famille était plutôt connue pour en faire qu'à sa tête concernant les consignes des guérisseurs. Surtout Boromir mais les deux plus jeunes le faisaient aussi.
"Aragorn, pourrais-tu essayer quelque chose ?" demanda Gandalf en se tournant vers l'homme en question.
"Je veux bien." il acquiesça volontiers.
"Je ne voudrais pas vous manquer de respect, mais que pouvez-vous faire ?" demanda Aurore, très hésitante à parler de la sorte au roi.
"Je suis un guérisseur." expliqua Aragorn.
"Il a appris auprès de Lord Elrond, un des meilleurs guérisseurs que je connaisse." compléta Gandalf. "Si quelqu'un peut faire quelque chose pour Faramir, je suis certain que c'est lui."
"Enfin si vous voulez bien me laisser agir." demanda Aragorn.
"Si vous le souhaitez." elle acquiesça. "Même en dehors de votre position, vous êtes plus que les bienvenus dans la Cité Blanche après l'avoir sauvé, et si vous avez besoin de quoique ce soit, n'hésitez pas. Nous serons heureux de vous le fournir." elle dit en notant que si le roi ainsi que le nain et l'elfe blond, qu'elle croyait être Legolas, deux des compagnons de Boromir, ne semblaient pas être blessés, certains des hommes auprès d'eux n'avaient apparemment pas eu cette chance. Les guérisseurs allaient avoir beaucoup de travail, et c'était une bonne nouvelle vu que tant qu'ils travaillaient, alors il y avait de l'espoir. C'était ainsi qu'elle devait voir les choses en tout cas.
Le retour à la Cité Blanche se fit silencieusement, il n'y avait pas grand chose à dire pour le moment et puis ils étaient tous plus préoccupés par la situation plutôt que par faire la conversation. Déjà des soldats du Gondor étaient en train de ramasser les corps des orques et du reste de leurs ennemis pour les jeter en dehors des murs de la Cité, tandis que d'autres étaient plus concernés par les corps des soldats, parfois poussant des cris pour attirer l'attention de guérisseurs, tous s'inclinant au moins légèrement lorsqu'ils voyaient Aurore. La laissant passer sans poser de question, par respect ou parce qu'ils savaient ce qui se passait, elle l'ignorait mais elle n'allait pas s'en plaindre.
"Milady." appela un vieil homme alors qu'ils entraient dans le deuxième cercle. "Comment pouvons-nous aider ?" il demanda après s'être incliné, désignant un groupe d'ancien de la Cité, elle en connaissait la plupart, ayant du leur annoncer la mort d'un fils, d'un gendre, d'un frère parfois, mais certains lui étaient simplement connu parce qu'elle avait écouté leurs histoires concernant le passé, lorsque les temps étaient plus gais.
"Nous ne pouvons pas faire autant que ceux plus jeunes, mais surement nous pouvons aider au moins un peu ?" ajouta un autre ancien. "Nous sommes prêts à faire les tâches les plus pénibles si nous pouvons aider d'une quelconque manière, libérer vos épaules d'un poids."
"Il y a une tâche extrêmement pénible qui n'attendra malheureusement pas éternellement et qui est même plutôt pressante surtout lorsque les enfants se remettront à parcourir notre Cité, mais ..." elle s'interrompit hésitante.
"Milady, nous sommes à vos ordres, surtout si nous pouvons protéger un peu les enfants de la Cité." acquiesça vivement l'ancien qui l'avait appelé.
"Il s'agit des têtes." répondit Aurore, son visage montrant brièvement son chagrin.
"Nous les ramasserons toutes." dit de suite l'ancien qui était à la tête de ce groupe, un ancien charpentier de talent. "Que voulez-vous qu'on fasse d'elles ?"
"Le quartier des vanniers n'est pas loin, si vous pouviez les mettre dans des paniers pour le moment. Nous leur rendrons honneur plus tard." demanda Aurore.
Il n'en fallut pas plus pour que le groupe se mette en action, s'organisant déjà tandis qu'Aurore reprenait sa marche vers les Maisons de Guérison, surveillant un peu Ohtar qui était blessé, elle ne voulait pas aggraver la situation et elle brulait d'envie de lui dire de s'asseoir, qu'elle ferait venir un guérisseur à lui, mais elle savait que ce serait inutile. Ohtar était aussi têtu que l'avait été Boromir, il n'obéirait pas volontiers s'il le faisait et il penserait qu'elle n'avait pas foi en lui, en ses capacités et ce serait une insulte grave à ses yeux. Voyant un jeune adolescent elle pensa soudain au groupe qui était dans la Citadelle, craignant sans doute le pire, elle ignorait si quelqu'un les avait averti de ce qui s'était passé ou s'ils avaient assumé que le silence voulait dire que Minas Tirith était perdue.
"Kail, fils de Kram n'est ce pas ?" elle appela le jeune qui avait à peine treize ans.
"Oui Milady." il répondit en s'inclinant avec une légère maladresse, il n'était pas habitué et semblait même gêné par cela, mais elle n'y accorda pas d'importance, ce n'était rien.
"Etais-tu en mission ou cherchais-tu un moyen d'aider ?" elle demanda en se baissant un peu pour être à sa hauteur, ignorant la douleur de son corps avec ce mouvement.
"Je voulais aider Milady. Je peux vous être utile ?" il demanda avec espoir.
"Oui, tu connais sans doute tous les passages pour aller rapidement à la Citadelle n'est ce pas, avec ta mère travaillant là bas ?" demanda Aurore.
"Pour sûr Milady." il acquiesça vivement.
"J'ai besoin que tu t'y rendes, tu as vu où ceux qui ne se battaient pas se sont réfugiés dans la Citadelle ?" elle demanda et après avoir eu un acquiescement elle poursuivit, ôtant de sa main gauche le collier qu'elle portait toujours à son cou. "Alors tu vas t'y rendre et aller parler au Capitaine Bram et lui remettre ce collier en lui disant que le siège est fini et grâce à de l'aide surprenante, la Cité est sauve."
"Milady, votre collier, êtes vous sûre ?" demanda Varon qui était plus qu'un peu surpris, de même qu'Ohtar, elle n'enlevait presque jamais ce collier à leur connaissance, voire même jamais, il lui était extrêmement précieux.
"Ce sera une garantie pour le Capitaine Bram, afin qu'il soit certain que c'est bel et bien moi qui ait envoyé Kail." acquiesça Aurore. "Tu peux faire ça ?"
"Oui Milady. Et je ferais très attention, je ne vais pas perdre votre collier." il assura.
"Je n'en doute pas une seule seconde." elle dit, ses yeux s'adoucissant un peu. "Lorsque tu auras donné ton message, confies lui mon collier et dis lui que je serais aux Maisons de Guérison. Ensuite va voir aux cuisines, non seulement pour rassurer ta mère qui doit être très inquiète mais aussi pour avertir tout le monde que nous allons avoir besoin de repas chauds et nourrissants pour les soldats."
"Les têtes ?" demanda Gimli qui était dans le groupe, après un moment de silence, le jeune de treize ans était parti presqu'en courant, le collier de la Dame du Gondor tenu fermement dans sa main.
"Oui, un groupe de cavaliers menés par mon frère Faramir, ont chargé Osgiliath hier pour tenter de repousser les orques, mais ils ont tous été tué à l'exception de Faramir qui a été gravement blessé. Les orques ont ensuite choisi de découper les têtes de chaque cavalier pour nous les envoyer en début de combat." répondit Aurore d'un ton un peu moins neutre qu'un peu plus tôt, une touche de colère se faisait entendre. "Je ne vous ai pas demandé, pour soigner, vous avez besoin de quelque chose en particulier ?" elle questionna en se tournant vers Aragorn, rencontrant son regard bleu-gris.
"De l'athelas oui." il acquiesça. "Il y en a t'il dans la Cité ?"
"Ce n'est pas une plante très connue dans la Cité, mais j'en ai, j'en ferai chercher. Vous en faut-il des feuilles sèches ou fraiches ?" demanda Aurore.
"De la fraiche de préférence." répondit Aragorn en l'observant, elle était si différente de Boromir, et aussi de l'image qu'il s'était faite d'elle selon les descriptions de son frère. Il ne savait pas vraiment quoi penser d'elle, elle était belle, très belle même, mais il ne voyait pas pourquoi elle avait été surnommée la Lumière du Gondor alors que ses yeux semblaient brisés. Il voyait en elle le même désespoir qu'il avait vu en Boromir. "Vous ne pensez pas que je peux aider votre frère."
"Je ne sais que penser." reconnut Aurore, qui avait été un peu surprise par la phrase, un peu soudaine, d'Aragorn. Elle réfléchit à la meilleure manière de répondre, et choisit d'être honnête, au moins un peu."Ce que je sais, c'est que l'espoir peut être le pire des poisons et je ne peux pas me permettre de croire en la survie de Faramir uniquement pour le perdre, pas après avoir fait la même chose à trois reprises en très peu de temps."
Aragorn ne savait pas quoi répondre, et la même chose pouvait être dite au sujet des autres membres du groupe, heureusement il n'y avait pas grand chose à dire de plus vu qu'ayant marché d'un bon pas, et empruntant un certain nombres de raccourcis connus par Aurore, ils étaient enfin aux Maisons de Guérison. Elle n'hésita pas avant de demander à un apprenti d'aller dans ses appartements, sur son balcon et d'y ramasser l'athelas qui y poussait, un cadeau de Gandalf lors d'une de ses visites dans la Cité, un plant d'athelas pour l'aider à mieux dormir, en tout cas c'était ce qu'il avait dit et si ça n'avait pas toujours aider, l'odeur l'apaisait un peu. Elle n'avait pas su que cette plante avait des propriétés médicinales mais si le roi en avait besoin, alors elle était plus qu'heureuse d'en faire chercher. Une fois fait, trouver la pièce où était installé Faramir n'était pas difficile, c'était une pièce où la famille de l'Intendant était soignée, c'était tradition et en effet il s'y trouvait, pâle comme un linge, Siera auprès de lui, passant un linge sur son front et sa suivante avait fait cherché, ou y était allée elle même, Aurore l'ignorait, une cape de Boromir comme elle l'avait demandé lorsque le corps de Faramir avait été amené, après que Pippin ne lui ait dit qu'il n'était pas mort, qu'il respirait.
Aurore ignora totalement Idril qui voulait l'examiner pour panser ses blessures et la soigner en général, et heureusement la guérisseuse la laissa seule sans faire d'histoire, s'occupant à la place d'Ohtar, en effet il était hors de question pour la jeune femme qu'elle quitte le chevet de son frère, s'il devait mourir alors elle souhaitait être près de lui. Autant que possible être là pour lui. Elle observa en silence la manière dont Aragorn avait de soigner, c'était plutôt étrange après tout il passait simplement un linge qui avait trempé dans de l'eau et de l'athelas sur le visage de Faramir et sur sa blessure, et c'était vraiment pas beau à voir, néanmoins ça semblait marcher, vu que Faramir ouvrit les yeux. Il dévisagea un instant Aragorn, le roi avant de se tourner vers Aurore, leurs yeux identiques se croisant brièvement avant qu'il n'abaisse le regard pour mieux voir les blessures qu'arboraient sa petite sœur.
"Tu es blessée." il s'inquiéta de suite, ses yeux se voilant un peu de rage en remarquant les marques autour de son cou et les traces de sang sur son armure.
"Je vais bien." elle assura, la voix remplie de larme qu'elle laissa couler, des larmes de joie cette fois. "J'ai été épargné de ma pire blessure."
Elle n'élabora pas mais ce n'était pas blessure, la lueur douce mais aussi coupable dans les yeux de Faramir disait qu'il avait compris.
"J'ai été un idiot." il ajouta, fermant les yeux à la pensée de ce qu'il avait fait.
"Oui." elle acquiesça. "Mais on en parlera plus tard, tu dois te reposer, reprendre tes forces. Tu es vivant, la Cité est sauvée, pour le moment concentre toi sur ça d'accord ?"
"Tout ce que tu veux." il affirma.
"Merci, pour ce que vous venez de faire." dit Aurore en faisant une révérence bien plus marquée que la première, alors qu'Aragorn allait quitter la pièce. "Merci pour avoir sauvé mon frère."
"Vite un guérisseur pour le roi. Un guérisseur pour Dame Eowyn." appela soudain des cavaliers du Rohan.
"Milady, venez, vous avez besoin de soins maintenant que le Seigneur Faramir est guéri vous n'avez plus d'excuses." sermonna un peu Idril, cachant mal les larmes de joie qui coulaient de ses propres yeux.
La victoire était acquise, en tout cas pour cette victoire, mais il y avait encore beaucoup à faire.
