Bonjour, désolée pour le retard, j'avais prévu de poster ce chapitre la semaine dernière mais il y avait des endroits qui ne me plaisaient pas trop et que j'ai du reprendre. Mais voilà, après cinq semaines de délai, voici le nouveau chapitre, j'espère qu'il vous plaira. Pas trop d'action certes mais des explications sur les pensées des personnages, ce qui est aussi important. Merci en tout cas pour votre soutien, merci de lire, suivre, mettre en favori et surtout merci de suivre cette fic. J'adore vos reviews. Bonne lecture.

Pims10 : Contente que ça t'ait plu, il y a un peu de ça mais pas que, j'y reviendrais plus tard dessus, promis. C'est prévu.

Morgane451 : C'est certainement très flatteur, merci beaucoup pour le compliment :), j'apprécie. Oui, Aurore aura des moments de faiblesse, où elle ne sera pas vraiment égale à elle même, mais après elle est têtue, ça ne l'arrêtera pas forcément. Vis à vis d'Aragorn je l'explique un peu dans ce chapitre mais j'y reviendrais, Aurore est trop curieuse pour ne pas finir par lui poser la question. C'est clair que s'ils la coincent, ce sera une sacrée discussion, mais tout est dans le si ;). Ahah, je ne dirais rien, tu verras. J'espère que le chapitre te plaira en tout cas.

Miss MPREG : Coucou, oui c'est bien ça, Denethor est mort donc c'est le titre de Faramir à présent, enfin tant qu'Aragorn ne prend pas officiellement sa place, ensuite ce sera simplement l'Intendant du Gondor.

J'aime beaucoup les dunedains et je ne pouvais pas les faire venir sans faire intervenir les fils d'Elrond, surtout vu qu'Arwen n'apparaîtra plus, il faut des représentants des elfes autre que Legolas après tout.

Oui c'est exactement ça, elle ne sait pas comment se comporter vis à vis de lui, vu qu'il est non seulement différent de ce qu'elle a l'habitude de gérer mais aussi qu'il est lui même différent de ses attentes. Sans compter qu'elle sait qu'il a un lien avec Boromir et qu'elle a des questions.

Merci beaucoup en tout cas, oui c'est vrai que leur compétition est drôle, géniale même, mais vu que je ne me centrais pas sur leur groupe vis à vis des combats, je ne pouvais pas la faire apparaître. Mais je pense y faire mention, donc tout n'est pas perdu ;). Je suis heureuse que tu aies aimé le chapitre et le comportement d'Ohtar, loyal mais un peu taré, voire plus qu'un peu.

Merci pour le soutien. Bonne lecture.

Bises.

xiu : There it is, the new chapter. Sorry for the wait, hope you'll love it too.

TheProudHufflepuff : Contente que ça t'ait plu alors, ça fait plaisir. Voici la suite, j'espère que tu n'as pas trop attendu :).

En ouvrant les yeux, réveillé par la lumière du soleil sur son visage, Aragorn eut un peu de mal à se rappeler de ce qui s'était passé, d'où il était. Le fait qu'il était allongé sur un matelas extrêmement confortable, rien à voir avec un lit de camp ou quoique ce soit du genre, un genre auquel il était très habitué, le poussa à s'asseoir pour examiner la pièce où il se trouvait. C'est vrai, il était à Minas Tirith, dans une belle chambre, il avait à la base prévu de dormir dans une tente, hors de la Cité après avoir aidé à soigner le frère de Boromir, et d'autre blessés. Il ne s'était pas attendu à devoir soigner Dame Eowyn, il n'avait pas su qu'elle était venue, ainsi que le roi Théoden qui avait été gravement blessé, mais il survivrait, en revanche le rodeur ignorait si l'homme pourrait un jour marcher à nouveau. Après avoir soigné Faramir, il avait soigné un grand nombre de blessé, perdant le compte en réalité, et il aurait continué plus longtemps encore si Lady Aurore ne l'avait pas fait arrêter.

Elle était venue le trouver, tenant un bol de soupe et il avait revu Eowyn faire la même chose, ce qui l'avait fait hésiter, non seulement parce que la soupe d'Eowyn n'avait pas été mangeable. La Shieldmaiden du Rohan avait sans aucun doute un grand nombre de qualité, mais elle n'était pas une cuisinière, et certainement pas une bonne. Plus encore, il avait craint que la sœur de Boromir ne commence à éprouver une admiration pour lui qui n'était pas désirée. Aurore était une belle femme, c'était un fait même si ses yeux étaient bien trop tristes, ils n'en étaient pas moins captivants, elle était sans aucun doute une beauté mais ce n'était pas le moment pour de telles pensées, et de toute façon il n'avait aucun désir d'être avec une femme qui n'aimait qu'une ombre. Il n'était pas un héros, il était un guerrier, il était surtout un homme avec des défauts et des qualités, ainsi que des doutes. Au fil des années, plusieurs femmes avaient pensé être amoureuse de lui, du héros, le tout sans vraiment le connaître, Eowyn n'avait été que la dernière en date et il espérait vraiment qu'Aurore ne serait pas dans un état similaire. Surtout vu ce qu'Eowyn avait choisi de faire après qu'il lui ait dit qu'il n'était pas pour elle...

Il n'avait pas pu s'empêcher de demander si ça avait été elle qui avait cuisiné, elle avait nié mais elle avait paru surprise par la question, ainsi qu'étonnée. Non que la réaction avait été très visible, elle avait une capacité à se contrôler impressionnante, mais Aragorn avait passé beaucoup de temps auprès des elfes qui ne montraient pas beaucoup leurs émotions. Il avait donc l'habitude. Elle avait ensuite réussi à le convaincre d'aller se reposer, insistant de manière respectueuse mais aussi déterminée, il n'avait vraiment rien vu venir. Il s'était retrouvé avec ses frères ainsi que Gimli et Legolas dans un appartement avec des chambres pour eux tous, ainsi que des vêtements propres et des bains privés. Il ne savait toujours pas comment elle s'était débrouillée.

Aurore était très différente de l'image qu'il s'était fait d'elle, Boromir avait beaucoup parlé d'elle et de leur frère Faramir, certes l'homme du Gondor s'était plus confié à Pippin et Merry, qu'à lui mais ça ne voulait pas dire qu'il n'avait pas écouté. La description que Boromir avait fait d'elle, avait été celle d'une femme douce et aimante, ainsi qu'attentive et intelligente, mais aussi avec une grande force mentale. Honnêtement Aragorn avait pensé que l'homme était vraiment un grand frère aimant voire un peu aveugle au sujet de sa sœur.

Il ne la connaissait pas assez encore pour savoir si elle était vraiment ce parangon de vertu, en tout cas il savait une chose, elle était forte. Il l'avait vu lorsqu'elle était restée droite quand on lui avait annoncé que son frère était en train de mourir, elle avait tenu le coup, restant forte, prévoyant des actions pour la Cité et ses habitants, organisant les affaires pour les Rohirrims aussi. En la voyant rester immobile, il ne pouvait pas nier qu'il s'était demandé si elle tenait à ses frères autant que Boromir avait tenu à elle, une chose dont il avait eu honte ensuite. Ce n'était pas la réaction de Pippin et des deux soldats qui étaient clairement en charge de sa protection, qui lui avait fait comprendre à quel point il avait tort, c'était la larme qui avait échappé un de ses yeux.

Elle était resté maîtresse d'elle même, montrant une force de caractère à laquelle il ne s'était pas attendu mais si ça avait gagné un peu de son respect, le fait qu'elle s'était battue avec les soldats pour protéger la Cité Blanche, le poussait à la respecter déjà. Ce n'était pas une attitude courante des femmes nobles. Néanmoins il ne pouvait pas s'empêcher de se demander comment et pourquoi elle avait appris une telle chose ? Boromir montrait clairement ses émotions, il savait se contrôler et dissimuler sa peur bien sûr, mais ce que semblait faire sa sœur, c'était bien plus que ça.

S'il lui était resté le moindre doute quand à l'amour qu'elle éprouvait pour ses frères, en tout cas pour Faramir vu qu'elle n'avait pas mentionné Boromir, non qu'elle avait eu une raison ou le temps de le faire, ça se serait évanoui lorsqu'elle avait croisé son regard une fois dans la Cité. Elle n'avait rien dit concernant ses doutes vis à vis de ses capacités pour soigner son frère, elle n'avait pas prononcé un mot mais il avait su. Elle n'avait pas nié lorsqu'il l'avait confronté, elle n'avait pas fait d'excuse, elle lui avait simplement dit pourquoi et si sa réponse n'avait pas percé son cœur... 'L'espoir peut être le pire des poisons'.

Sa mère avait-elle pensé de la sorte avant sa mort ? Le prénom que les elfes lui avait donné, Estel, avait-il été une source de réconfort ou de douleur pour elle ? Pour les autres Rodeurs ? Pour son peuple ? Il secoua la tête, il devait se concentrer, Aurore s'était battue pour le Gondor, comme Boromir et Faramir, comme tous les autres soldats. Sauf qu'elle ne s'était pas arrêté là, elle avait pensé au bien être des habitants de la Cité Blanche, mais aussi des Rohirrims et des rodeurs juste après.

C'était impressionnant, et le fait qu'elle avait réussi à le faire après le siège de la Cité, les combats et les nouvelles concernant Faramir, tout cela le faisait doutait. Pouvait-il vraiment être roi ? En était-il capable ? Ne serait-il pas une déception pour le peuple du Gondor ? Particulièrement vu le respect, l'amour, qu'ils portaient pour Aurore, ça avait été visible dans les regards qu'ils posaient sur elle. Il n'était pas sûr d'être à la hauteur, il ne se rappelait que trop bien les paroles de Boromir au Conseil, certes l'homme l'avait reconnu comme son roi, mais est-ce que le Gondor penserait de manière similaire ? Cela faisait si longtemps qu'il n'y avait pas eu de roi, que la famille des Intendants était en charge.

C'était vrai qu'Aurore s'était inclinée devant lui, mais l'avait-elle fait parce qu'il avait amené une armée de fantôme ? Parce qu'elle le craignait ? Parce que c'était son devoir ?

Que penserait les gens ? Accepteraient-ils le retour d'un roi ?

Agacé par le tour de ses pensées, de ses doutes, des choses auxquelles il ne pouvait pas répondre en restant ainsi dans cette chambre, finissant de se préparer, gardant Anduril à sa ceinture, il sortit de la pièce pour entrer dans la pièce commune des quartiers, une pièce où il y avait de la nourriture. Des gens étaient apparemment venus pour qu'ils aient à manger s'ils le voulaient, ce n'était pas un repas somptueux, mais en voyant ce qu'il y avait sur la table, à savoir des fruits, des morceaux de blanc ainsi que du pain et de la confiture, l'estomac d'Aragorn gargouilla. Ca avait l'air délicieux, et puis il avait certainement eu pire, il était surpris de voir qu'il était le seul éveillé, que Gimli dorme encore, ce n'était pas une surprise, lorsqu'il avait la possibilité le nain pouvait dormir longtemps. Pourtant c'était certainement surprenant de la part de Legolas, Elladan et Elrohir, les trois elfes étaient en général debout avec le soleil, après les derniers jours avaient été épuisants donc c'était compréhensible.

Une fois qu'il eut fini son petit-déjeuner, Aragorn choisit de sortir, il avait besoin de s'occuper et aussi il voulait voir comment se remettaient ses patients de la veille, ou d'un peu plus tôt dans la journée ? Il voulait aussi parler à Aurore, voir ce qu'il y avait à faire pour la Cité Blanche, ce qu'il pouvait faire. C'était peut-être la Cité sur laquelle il était supposé régner, mais il ne savait rien sur les besoins de son peuple, de ce qu'il fallait faire à présent. Cependant c'était le cas d'Aurore, enfin s'il ne s'était pas trompé sur elle.

"Vous avez besoin de quelque chose Lord Aragorn ?" demanda un serviteur.

"Je voudrais parler à Lady Aurore, où est-elle ? Est-elle levée ?" demanda Aragorn, il était encore tôt, le soleil était levé depuis quelques heures certes mais vu l'heure à laquelle il s'était couché ...

"J'ignore si elle est réveillée, mais normalement elle se trouve dans les Maisons de Guérisons. Milady y va chaque fois qu'un de ses frères est blessé. Elle essaie d'y rester le plus longtemps possible, ne quittant les Maisons qu'une fois ses frères guéris, ou lorsqu'elle n'a pas le choix, soit dû à un ordre de l'Intendant Souverain, soit parce qu'elle est appelé par ses obligations." répondit le serviteur.

"Je vous remercie pour vos réponses." répondit Aragorn un peu curieux. "Vous êtes très aimable."

"Lady Aurore a demandé à ce que vous soyez traité avec grand respect, que nous remplissions vos demandes." répondit le serviteur, il était assez âgé et il avait bien entendu la question derrière la phrase.

Aragorn avait demandé à ce que personne ne soit au courant de qui il était, à savoir le roi, il n'était pas prêt à ce qu'on le considère comme tel, il ignorait même s'il le serait un jour. Ce qu'il savait, c'était que tant que Sauron vivrait, tant que l'être qui n'était vivant que dû à la faiblesse d'Isildur, son ancêtre, il n'accepterait pas d'être reconnu comme tel. C'était sa faute, la faute de sa famille s'il y avait la guerre actuellement.

Il appréciait le fait qu'Aurore ait respecté sa volonté, qu'elle ait gardé le silence, même s'il ne savait pas comment réagir vis à vis du fait qu'elle avait quand même demandé à ce qu'il soit bien traité. Pourquoi avait-elle fait ça ? Craignait-elle qu'il ne réagisse mal sans traitement de faveur ? Avait-elle peur pour les serviteurs ? Pour le peuple du Gondor ? Ou pour elle-même ? Le faisait-elle par respect ou pour une autre raison ?

La tête emplie de question, et sans la moindre idée d'où se trouvait Gandalf, il fit son chemin pour rejoindre les Maisons de Guérison, quoiqu'il eut besoin d'être guidé pour y arriver. Il avait certes connu la Cité Blanche, il avait travaillé pour le père de Denethor, quoique l'homme n'avait pas su sa véritable identité, uniquement le nom qu'il avait utilisé alors, Thorongil. Cependant ça faisait longtemps et certains passages avaient été changés, particulièrement avec les derniers évènements, après trouver un enfant qui cherchait à se rendre utile n'était pas difficile, et ainsi le rodeur n'avait pas à s'en vouloir de déranger quelqu'un qui travaillait pour lui servir de guide. En plus c'était intéressant d'écouter la conversation de cet enfant, le jeune qui ne devait pas avoir plus d'une dizaine d'année, s'était présenté timidement, comme Bergil, fils de Beregond. Il était clair que l'enfant, un jeune garde de la Citadelle, avait énormément de respect pour les enfants de feu Denethor, et qu'il adorait Aurore. La jeune femme avait apparemment l'habitude de passer du temps avec les enfants et les traitait avec affection.

"Vous cherchez Aurore, Seigneur ?" demanda Idril, une guérisseuse qu'il avait rencontré la veille, efficace et clairement respectée, lorsqu'il la trouva et lui demanda si elle avait vu la jeune femme aux cheveux châtains, blonds. Il s'était renseigné d'abord sur ses hommes, les autres dunedains, particulièrement Halbarad, son second qui avait été gravement blessé, il vivrait mais il avait eu de la chance.

"Si elle est disponible oui." acquiesça Aragorn qui observait la situation, à savoir tous les gens qui se déplaçaient dans les Maisons de Guérison, dans un chaos organisé. "Je souhaiterais aussi voir Faramir afin de l'examiner."

"La connaissant si elle n'est pas réveillée, elle le sera bientôt. Aurore ne dort pas assez." la deuxième partie était presque un murmure et Aragorn était sûr qu'il n'aurait pas du l'entendre. "Elle est sans nul doute auprès de Faramir, je vais vous conduire à eux."

"Vous les connaissez bien ?" question Aragorn, il avait vu qu'Aurore écoutait sans trop protester les paroles d'Idril, qui la tutoyait par moment, elle semblait familière avec les enfants de l'intendant.

"J'étais la guérisseuse qui a aidé Lady Finduilas à les mettre au monde, je m'occupe d'eux depuis leurs naissances à tous." acquiesça Idril. "Heureusement je n'ai pas eu à les soigner trop souvent, même si c'était plus régulièrement que je l'aurai désiré, cependant Aurore est souvent venue me trouver. Elle passe du temps avec les soldats blessés, ou les malades, enfin lorsqu'ils ne sont pas contagieux, ce que j'exige d'ailleurs. On a bien trop besoin de notre Lady pour que je la laisse tomber malade de la sorte."

L'expression sur le visage âgée de la guérisseuse, disait clairement que c'était loin d'être la raison derrière sa volonté de protéger Aurore, Aragorn voyait clairement l'affection dans les yeux marrons d'Idril. Elle tenait à Aurore et Faramir, elle avait probablement tenu à Boromir aussi, ce n'était pas de la simple affection en plus, non c'était de l'affection maternelle.

"Faramir, il va s'en sortir ?" demanda Idril, le sortant de ses pensées.

"Si son état ne s'est pas empiré, je dirais que oui." acquiesça Aragorn, sincère. "Je compte bien vérifier."

Il suivit Idril qui le conduisit dans une partie privée des Maisons de Guérisons, la partie réservée à la famille de l'Intendant, l'endroit où il avait soigné Faramir après les combats, il savait qu'Aurore avait fait en sorte que le Roi du Rohan, Théoden et sa nièce Eowyn soient soignés dans cette partie là également. Proche l'un de l'autre, ce qui était une bonne chose, ça les aiderait certainement. Les deux soldats qu'il avait vu la veille proches d'Aurore étaient installés sur des chaises à l'entrée, celui qui n'était pas blessé à la jambe était réveillé tandis que l'autre dormait. En le voyant il se tendit un peu, avant d'incliner la tête en signe de respect, quoiqu'il laissa sa main sur la paume de son épée lorsque le rodeur entra dans la pièce.

L'homme était clairement très protecteur des deux endormis dans la pièce, Faramir dormait sur le lit où il avait été installé la veille, une cape sur lui, ce qui était cependant un changement c'était qu'un lit avait été collé à celui du capitaine du Gondor. Lit sur lequel était étendue Aurore, elle était allongée sur le côté, une main tenant celle de son frère tandis que son autre bras était en écharpe. Elle était habillé d'une robe marron simple et ses cheveux étaient toujours attachés, dévoilant son cou marqué, lorsqu'il l'avait vu la première fois, les marques avaient été rouges, là elles étaient noires. C'était des mains humaines, bien plus petites que celles des orques, qui lui avaient fait ses marques, Aragorn pouvait le voir. Il n'avait que trop d'expérience dans le combat contre les orques. Elle avait aussi un autre bleu sur la joue. En se rappelant de l'attitude de Gandalf la veille, du ton qu'employait son vieil ami lorsqu'il parlait de Denethor, Aragorn fronça les sourcils, qu'est ce qui c'était passé exactement ? Les paroles d'Aurore après qu'elle ait choisi de ne pas punir les deux soldats qui avaient apparemment manqué de brûler Faramir, ne le rassuraient pas du tout. Que savait-elle du mécontentement de son père ? Qu'avait-il fait ? Quel genre d'homme était Denethor exactement ?

Aragorn était certain de ne pas avoir fait le moindre bruit et Idril avait été également silencieuse, pourtant comme si elle sentait leurs regards sur elle, Aurore se tendit et se redressa brusquement. Relâchant la main de son frère pour plaquer la sienne sur sa bouche, comme pour retenir un cri, elle se ressaisit rapidement en croisant le regard d'Idril et en le voyant lui, une légère rougeur se dessina sur ses joues avant qu'elle ne se lève, réprimant visiblement un gémissement en bougeant.

"Milady." s'alarma le garde éveillé en s'approchant d'elle, prêt à l'aider si nécessaire.

"Ça ira Varon." dit Aurore, lui faisant un signe de s'arrêter, elle n'était pas au loin de sa forme, loin de là même, mais elle avait eu pire. En plus son ami avait été lui aussi blessé, et si ça n'avait pas été à la jambe, ça ne voulait pas pour autant dire qu'il n'avait pas besoin de repos. Elle préférait de loin qu'il reste assis à se remettre, surtout qu'elle savait déjà qu'il allait insister pour la suivre toute la journée, Ohtar également.

"Seigneur Aragorn." elle salua ensuite en inclinant la tête. "Idril." elle continua avec un sourire un peu plus marqué, elle tenait vraiment à la guérisseuse. "Seigneur Aragorn aviez-vous besoin de moi ou étiez-vous venu examiner l'état de Faramir ?"

"Le deuxième pour commencer mais je voulais aussi savoir si je pourrais vous parler ensuite." répondit Aragorn.

"Milady vous êtes réveillée, je vous apportais des vêtements pour la journée, je pensais les laisser près de vous." dit Siera en arrivant dans la pièce, baissant rapidement le regard en voyant qu'Aurore n'était pas seule mais qu'il y avait le roi avec elle. L'homme ne souhaitait certes pas que sa réelle identité soit connue dans la Cité et pour le moment ce n'était pas le cas, cependant Siera était une confidente d'Aurore et elle avait entendu parler d'Aragorn fils d'Arathorn qui avait aidé le Rohan, qui avait été un des compagnons de voyage de Lord Boromir.

"Venez Milady, je vais vous examiner et on va vous aider à vous habiller tandis que Lord Aragorn s'occupera de Faramir." décida Idril en aidant Aurore à se lever, ignorant le fait que la jeune femme souhaitait clairement se débrouiller seule.

Décidée la guérisseuse conduisit la femme aux yeux bleus dans une partie privée de la pièce pour permettre à Aurore de se changer et de faire un brin de toilette, elle s'était lavée après la bataille, voulant se débarrasser du sang d'orque certes, mais aussi de la sensation que Denethor avait laissé sur elle. Si ça n'avait pas été pour le fait qu'elle avait été prise par le temps et qu'il y avait tant à faire avant qu'elle puisse se reposer une paire d'heures, elle se serait probablement frotté la peau jusqu'au sang, elle l'avait fait par le passé. Elle aimerait bien prendre un autre bain ou une douche mais là encore le temps manquait, il y avait tant à faire, sans compter que si Siera ne poserait pas de question par respect, qu'Idril ne le ferait pas non plus parce qu'elle se doutait de beaucoup de chose, et qu'Ohtar et Varon l'accepteraient sans soucis. Elle ne souhaitait pas faire attendre le roi et Faramir risquait de se douter de quelque chose dans le cas où il se réveillait.

Elle aurait souhaité dire qu'elle n'avait pas besoin de l'aide des deux femmes pour se changer mais ça aurait été un mensonge, elle sentait certainement les derniers jours et c'était sans parler de ses blessures. Vu ses bandages et ses bleus, Aurore était vraiment heureuse d'avoir l'habitude de porter des robes qui recouvrait la plus grande partie de son corps, même si elle savait que d'autres femmes avaient par le passé critiqué le fait qu'elle ne montrait pas plus de son buste, elle s'en moquait totalement. Elle ne pouvait malheureusement rien faire pour sa joue ou sa nuque, cependant elle avait assez l'habitude des traitements de Denethor pour pouvoir au moins un peu atténuer les marques, surtout sa joue en réalité. Siera avait d'ailleurs eu l'excellente idée de prendre cela en plus d'une tenue pour qu'elle puisse se changer. Il fallait chercher la marque pour la voir à présent, ou qu'elle soit vraiment exposée à la lumière, pour sa nuque en revanche elle ne pouvait rien faire. Elle allait devoir faire avec et espérer que les gens n'osent pas lui poser de questions. Ou alors qu'ils assument que c'était les orques qui avaient fait cela. Elle adorerait traîner le nom de Denethor dans la boue, voire même plus bas encore, cependant faire cela maintenant ne servirait à rien, à part à nuire à Faramir, et aussi à elle même. Sans compter que les gens risquaient de poser trop de questions sur des sujets auxquels elle n'avait aucun désir de répondre, mieux valait éviter le sujet. C'était d'ailleurs ce qu'elle comptait faire avec son oncle et Mithrandir, ils avaient l'air de vouloir poser des questions mais elle n'avait aucun désir d'y répondre, c'était fait, c'était dans le passé, et il était mort. Il ne pourrait plus jamais lui faire de mal.

Cette pensée soudaine, une réelle révélation, la force à s'asseoir un peu brusquement, Denethor était mort, elle n'avait plus à craindre qu'il passe sa colère envers elle sur Faramir, elle n'avait plus à craindre qu'il ne franchisse le seuil de ses appartements, elle n'avait plus à craindre ses colères... Elle était libre de lui.

"Aurore, on t'a fait mal ?" demanda la voix inquiète d'Idril qui la regardait avec inquiétude, Aurore se hâta de se reprendre, elle n'avait pas le temps pour ça, ce n'était ni le moment ni le lieux pour réfléchir à de telles choses. Sans compter que sourire au sujet de la mort de l'Intendant Souverain Denethor risquait d'attirer l'attention. Pour le coup elle était plutôt soulagée du fait qu'il n'y avait pas de corps à laver et à préparer pour les funérailles, elle n'était pas sûre qu'elle aurait pu le faire en dissimulant ses sentiments, sa colère, voire même sa haine envers lui qu'elle rendait responsable de la mort de Boromir et des blessures de Faramir, ainsi que pour tous les morts, les soldats qui avaient suivi Faramir dans cet assaut sans espoir sur Osgiliath. Elle n'avait pas encore parlé à leurs familles, elle n'avait pas eu le temps, mais c'était simplement une excuse, elle reportait cette série de discussion. Ce ne serait pas la première fois qu'elle allait voir une famille pour annoncer une terrible nouvelle, ça n'avait pas été une responsabilité de Finduilas, ou même de Denethor, cependant Aurore avait choisi de le faire, elle ne prenait aucun plaisir à annoncer aux gens la mort d'un proche, ou dans les meilleurs cas le fait qu'un proche se trouvait dans les Maisons de Guérison. Mais elle y tenait quand même, ses frères se battaient auprès des soldats, ils partageaient des moments particuliers, certains avaient peut-être protégé les deux hommes qu'elle aimait plus que tout, le moins qu'elle puisse faire c'était d'être là pour leurs familles. En tout cas c'était ainsi qu'elle avait vu les choses à l'époque où elle avait fait ce choix et elle voyait toujours les choses ainsi, même si les discussions allaient être pénibles et douloureuses.

"Non, ce n'est rien." nia Aurore en se relevant, aidée à nouveau par les deux femmes, elle allait devoir faire attention à ses mouvements, elle ne pouvait pas se permettre de montrer de la faiblesse maintenant. Pas avec Faramir dans les Maisons de Guérison et Boromir mort..., pas avec Denethor qui était mort également, les gens devaient avoir de l'espoir, c'était pour cela qu'elle s'était montré lorsque la lumière avait jailli de Minas Morgul et c'était ce qu'elle allait faire une fois encore. Qu'importe ses sentiments à ce sujet, ou à quel point elle désirait rester auprès de Faramir, à continuer à regarder sa poitrine qui se soulevait et redescendait, une preuve qu'il était bel et bien vivant malgré tout ce qu'elle avait pensé et vu ces derniers jours.

"Comment va-t'il ?" elle demanda en voyant Aragorn qui semblait avoir fini l'examen de Faramir, qui dormait encore, le teint pâle.

"Bien, son état n'a pas empiré et il devrait pleinement guérir." dit Aragorn avec un léger sourire.

"Merci." dit Aurore en retour, pas simplement pour les paroles qu'il venait de dire, mais aussi pour avoir soigné Faramir la veille, pour avoir sauvé la vie de son frère. "Comment va Merry ?"

"Je ne suis pas encore allé le voir, je souhaitais voir votre frère, Théoden et Eowyn avant, ce jeune hobbit est solide comme le reste de son peuple d'ailleurs." répondit Aragorn.

Acquiesçant, Aurore se baissa pour embrasser Faramir sur le front, réprimant une grimace et un gémissement de douleur dû à ses mouvements, elle allait devoir faire plus attention que ce qu'elle avait cru, une erreur stupide. En se redressant elle observa Ohtar, qui s'était réveillé, et Varon, les deux hommes semblaient déterminés à l'accompagner, elle appréciait leur présence et leur compagnie, mais elle n'oubliait pas qu'Ohtar était blessé à la jambe et elle ne voulait pas que ça s'aggrave, surtout qu'elle allait beaucoup marcher, arpentant les différents niveaux de la Cité et ce ne serait vraiment pas bon pour son ami.

"Ohtar, peux-tu rester près de Faramir, je serais plus tranquille de savoir qu'il avait quelqu'un en qui j'avais confiance et qu'il apprécié près de lui." demanda Aurore, poliment et son ton doux mais il y avait une lueur déterminée dans son regard bleu, c'était un ordre.

"Bien sûr Milady." céda Ohtar après un instant de silence, s'inclinant devant elle avant de s'asseoir un peu plus dans la pièce, à un endroit où il allait pouvoir étendre sa jambe. Il n'était pas ravi mais il n'était pas non plus surpris, il s'était attendu à quelque chose dans ce genre depuis le moment où Aurore s'était aperçue de sa blessure. Etant donné qu'elle n'avait pas tenté de donner une tâche à Varon qui le tiendrait loin d'elle, l'ancien soldat de Boromir allait suivre ses ordres. Surtout qu'avec la mort de Denethor, un gros problème venait de disparaître, il n'avait plus autant à craindre pour la sécurité de celle à qui il avait juré fidélité.

"Vous parliez de la solidité des hobbits, je dois reconnaître que je sais très peu sur ce peuple." commenta Aurore après un sourire léger à Ohtar avant de suivre Aragorn qui allait voir les deux membres de la famille royale des Rohirrims.

"Je n'ai pas eu la chance d'échanger beaucoup avec eux avant cette année je le reconnais, et j'ai eu un grand nombre de surprise les concernant, mais oui ils sont très solides et bien plus courageux qu'on ne pourrait le croire." acquiesça Aragorn, pensant à Frodon qui était en ce moment même en train de faire son chemin vers la Montagne du Destin afin de détruire l'anneau.

"Je vous crois." acquiesça Aurore, son regard un peu loin, elle repensait aux actions folles qu'avaient fait Pippin pour sauver Faramir, pour la sauver elle. Elle avait une dette énorme envers lui.

Eowyn était à peine consciente tandis que le roi Théoden était toujours inconscient, la blessure d'Eowyn n'était pas trop grave, son bras était bien abîmé à cause du coup qu'elle avait reçu par le Roi Sorcier d'Angmar mais le réel danger c'était qu'elle avait été exposé au souffle des Morguls, et vu qu'elle avait déjà été dans une place sombre avant, son état était grave à cause de ça. Elle avait besoin d'être exposé à des émotions positives, elle devait ressentir de la joie, avoir de l'espoir à nouveau, elle avait besoin de vivre à nouveau plutôt que de simplement survivre. Tandis que Théoden, c'était le physique qui était le problème, son cheval avait rué et il était tombé méchamment sur le dos, il n'était plus aussi jeune et en forme que par le passé, c'était dangereux ce genre de chute. Pire encore, alors qu'il se relevait, un orque l'avait attaqué, lui plantant une lance dans le dos. Il survivrait mais c'était une méchante blessure. Pire encore son mental n'était guère mieux que sa nièce, Aragorn avait eu du mal à le ramener, ce qui était compréhensible vu qu'il avait perdu son fils, il y avait aussi le risque qu'il ne puisse plus monter à cheval et pour un Rohirrim, c'était une chose grave, horrible même.

"Aurore, tu vas bien ?" demanda Pippin en souriant en la voyant. "Aragorn, content de te voir."

Elle ne put s'empêcher de lui sourire, il était ainsi, son cousin Merry avait l'air d'aller bien mieux que lorsqu'elle l'avait vu arriver dans la Cité hier, ce qui n'était pas dur, il avait été si pâle, blême. Il n'avait pas encore les couleurs de Pippin, mais il avait l'air mieux, plus encore il était en train de manger. Aurore avait averti les cuisines que les hobbits mangeaient bien plus qu'eux et qu'elle voulait qu'ils soient extrêmement bien traités, elle ne savait pas si c'était simplement par respect pour elle ou si les serviteurs avaient entendu parler des actions de Pippin envers Faramir et elle, néanmoins les deux hobbits avaient eu droit à un plateau bien rempli. Avec des champignons. Pippin lui ayant dit que c'était un met particulièrement savoureux pour lui et son peuple.

"Oui, ça va. Et toi ? Bien dormi et bien mangé ? Vous devez être Meriadoc, comment vous sentez-vous ?" demanda Aurore en se mettant un peu sur le côté afin de laisser la place à Aragorn pour qu'il puisse examiner le hobbit blessé.

"Merry s'il vous plait. Enchanté de faire votre connaissance. Je vais mieux merci." répondit Merry avec une ébauche de sourire.

"Moi de même. Je suis heureuse de l'apprendre." dit Aurore.

Elle resta silencieuse ensuite tandis qu'Aragorn échangeait avec les deux hobbits, c'était intéressant de voir comment il était avec eux, on apprenait beaucoup d'un homme en observant son comportement avec les autres, que ce soit les gens qui lui étaient techniquement égaux ou ceux qu'il pourrait voir comme inférieur. Il semblait être un homme digne de respect, mais elle restait prudente, il y avait trop en jeu, cependant sa manière d'agir avec les deux hobbits était encourageante. Comme elle l'avait pensé en l'écoutant raconter tout ce qu'il avait vécu depuis son départ de la Comté, Pippin avait en effet énormément de respect envers Aragorn. Il était peut-être un peu innocent mais moins qu'il y paraissait et il était très malin. Elle essaierait peut-être de faire plus confiance au roi. Il n'était certainement pas Denethor, l'ancien Intendant Souverain n'aurait jamais parlé ainsi, plaisanté ainsi avec quiconque.