Bien le bonjour à vous, c'est avec plaisir que je vous poste mon deuxième chapitre comme promis.

Comme je vous avais déjà prévenu, mes chapitres sont pour le moment assez court, mais les prochains seront de plus en plus long.

Je ne m'attarde pas plus, et vous souhaites une bonne lecture.


Un homme, du même âge que le père de Lucy, pénétra en premier dans la pièce. Habillé d'un costume assorti à son immense barbe noire, il était d'une grande carrure. Mais ce qui fit frissonner Lucy particulièrement ne fut pas son attitude froide et austère mais bel et bien ses yeux noirs, emplis de vice. Oui, il n'y avait rien de bienveillant qui émanait de lui. Il salua d'un mouvement de tête les deux personnes présentes dans la pièce.

- Ivan Draer, Maître de la société de Raven Tail.
-Enchanté, Jude Heartfilia, et voici ma fille, Lucy Heartfilia.

Lucy sourit et inclina la tête tout en réalisant une petite courbette. Elle n'eut comme réponse qu'un sourire sarcastique de la part de de son visiteur.

L'homme se retourna ensuite, pour laisser place à un jeune homme tout aussi imposant que son père. Ces cheveux blonds étaient en pétard, pourtant on devinait que l'on avait fait preuve de patience pour les dominer un minimum. Ces larges épaules étaient recouvertes d'une chemise noire. De sa main gauche, le jeune homme tenait avec nonchalance une veste de costume anthracite assortie à son pantalon. Mais ce qui tétanisa Lucy tandis qu'elle le détaillait, fut ces yeux, d'un bleu électrique où des reflets dorés venaient se perdre en flexuosité. Il la toisa de haut en bas, une marque de mépris sur le visage puis détourna la figure, ennuyé.

- Et voici mon fils, Laxus Draer.

Pour toute réponse, ce dernier haussa les épaules.

- Bien, allons rejoindre la salle à manger où un bon vin nous attend déjà.

…..

Lucy les suivit, le sourire moins prononcé qu'en début de soirée, appréhendant la suite. Mais heureusement, ou malheureusement pour elle, le repas se passa comme si elle n'existait pas. Étant d'éducation noble, à table, les femmes n'avaient pas droit à la parole. Lucy fit donc ce qu'on lui avait enseigné depuis qu'elle était petite. Elle regardait son assiette, se tenait droite et mangeait en silence, essayant de n'écouter qu'à moitié la discussion qui tournait autour des deux hommes, qui vantaient les mérites de leurs empires respectifs. Elle jeta, malgré elle, un regard à la dérober à celui qu'elle allait devoir désormais appeler son fiancé. Ses yeux rencontrèrent à nouveau ceux d'un bleu électrique alors qu'une légère expression de dégoût apparaissait sur son visage. Elle rougit, mais si imperceptiblement, que personne ne le remarqua, et rebaissa promptement ses yeux sur son assiette. Elle déposa ses couverts et mit ses mains sous la table pour cacher les légers tremblements qui les lui parcouraient. Mais son visage restait serein. Elle serait assurément une excellente actrice, si cette carrière lui était accessible.

Le repas terminé, les deux hommes partirent dans un salon adjacent, décrétant qu'ils devaient parler affaires. Son père lui jeta un regard où on y lisait un avertissement, avant de définitivement se retirer, sans doute pressé de fumer un bon cigare, et de boire un bon digestif. Lucy se leva, elle aussi, et s'apprêta à proposer au jeune homme de la suivre dans un autre salon, pour y déguster un scotch de son père.

- Ne crois pas que cela m'enchante. Ne pense pas que cela faisait partie de mes plans d'être ici et de devoir me coltiner une truie comme toi. Alors pas la peine d'ouvrir la bouche. Garde-la bien fermée comme tu as l'habitude de le faire et fait venir une domestique pour qu'elle m'emmène à mes appartements.

Lucy serra la serviette qu'elle tenait encore dans sa main, prit une grande respiration pour évacuer tout sentiment néfaste qui aurait pu la faire sortir de sa carapace.

- Je pense qu'il serait judicieux pour nous d'apprendre à nous connaître l'un l'autre. Mais je comprends que vous devez être fatigué après ce voyage…
- Je pense que tu ne comprends pas gamine, mais sache que je n'ai pas envie de te connaître. Je n'ai pas envie de t'écouter, et encore moins désireux de te côtoyer. Crois-moi, la fatigue n'y est pour rien !
-Bien. Mais sache, petit crétin arrogant, que je n'ai également rien demandé à cette situation, donc je ne te permets pas de me parler comme tu le fais. Et tu vas gentiment me suivre, poser tes sales fesses sur un de nos fauteuils et boire le verre que je vais te servir. Et tu la fermeras!

Lucy avait chuchoté ces mots, plein de rage. On pouvait lire dans son regard qu'une tempête se préparait. Allez savoir si la tirade fonctionna, ou si le regard avait suffi de lui-même, mais le résultat fut le même, Laxus se tut. Il laissa, tout de même, un sourire énigmatique poindre sur le coin de ses lèvres. Il la suivit donc dans ledit salon, s'assit, prit le verre que Lucy lui tendit et la ferma. Non pas qu'il eût peur d'elle, loin de la ! Mais il s'avérait que cette gamine était la première personne à oser le traiter de petit crétin arrogant. Donc de curiosité, il l'avait suivi, et maintenant le verre à la main, l'observait du coin de l'œil. Elle était assise bien droite dans un fauteuil, les mains posées sur cette magnifique robe qu'elle portait, les yeux perdus vers l'âtre, où brûlait un petit feu.

Si on s'était mis à la place de Laxus, et que l'on avait observé cette demoiselle bien pâle, bien droite dans cette robe rouge, à l'attitude quasi irréprochable, il était vrai que l'on aurait pensé comme lui : On aurait déclaré qu'elle était quelconque, sans intérêt. Mais il y avait quelques minutes à peine de cela, Laxus avait vu en elle un feu qui brûlait, un vent la secouait de l'intérieur. Pendant un bref instant, il avait vu quelque chose qui justifiait son soudain intérêt pour elle. Il la regardait franchement à présent, attendant de voir combien de temps elle tiendrait cette mascarade et cette situation grotesque. Combien de temps resterait-il dans cette pièce à attendre ? À attendre, oui mais quoi ?

Il eut sa réponse à 21h45. Les deux patriarches entrèrent dans la pièce. La jeune fille se leva tout de suite, fit une révérence aux messieurs. Puis elle le regarda droit dans les yeux.

- Merci pour cette belle soirée Laxus, en espérant vous revoir au plus vite. Maintenant si vous me permettez père, je vais me retirer dans mes appartements.

Elle dit tout cela, un sourire chaleureux sur les lèvres. Si Laxus n'avait pas été présent lors de cette prétendue soirée, où aucun mot n'avait été échangé, il y aurait presque cru.

…..

Notre demoiselle partit se réfugier dans sa chambre. Son premier réflexe fut de se déshabiller de rage. Debout dans la pièce, ses petits poings serrés le long de ses cuisses. Elle mit toute son énergie à retenir ses larmes qui menaçaient de couler devant à la réalité qui lui faisait face. Elle alla chercher sous son matelas, un petit carnet en cuir relié, son stylo, son bracelet, maintenant trop petit pour son poignet, s'installa sur sa méridienne le long de la fenêtre et commença sa lettre.

Ce petit carnet, seul témoin de ce qui se passait réellement au fond de la jeune fille, était un recueil de lettres qu'elle écrivait à sa maman. C'était son rituel.

Alors, elle commença.

« Chère Maman,
… »


Voilà, c'est ici que je vous abandonne, mais je vous retrouves ce dimanche, pour le chapitre suivant.

Je me répète mais encore un tout grand merci à Syana pour son aide.

N'hésitez pas à me poser vos questions si vous en avez, ou à poster une critique, si besoin est.

Bien à vous, et à dimanche!