Notes de l'auteur: Bonjour à toutes et à tous. Ceci est la deuxième fanfic que je publie sur ce site et sur internet. Il s'agit de l'histoire de Fallout 3 tel que j'en ai fait l'expérience lors de mon dernier playthrough et à laquelle j'ai ajouté quelques éléments narratifs.
Disclaimer : je ne détiens aucun droit sur l'univers de Fallout, ses personnes, etc...
Pour celles et ceux qui sont encore là et qui n'ont pas fermé leur navigateur web en se disant que c'est une énième tentative de romancer une histoire que nous connaissons tous plus ou moins par cœur, je vous remercie et vous souhaite une bonne lecture.
L'alarme résonnait dans la pièce, une grande rotonde où était installée une salle de contrôle, construite autour d'une statue en bronze représentant un homme, figure emblématique d'un lointain passé, aujourd'hui tombé dans l'oubli. La statue baignait dans une eau presque entièrement opaque. La salle de contrôle était jonchée de fils et de câbles électriques et contre les murs s'entassaient des consoles et des ordinateurs dont les écrans affichaient des lignes de calculs et dont les diodes s'éclairaient à un rythme alarmant.
Le jeune homme se tenait dans un sas fermé. Il était calme, serein, malgré l'énervante alarme qui lui résonnait dans les oreilles. Il posa ses yeux bleus sur un point sur le sol devant lui, de l'autre côté de la porte. Un sourire triste se dessina sur son visage alors qu'il relevait les yeux vers la statue. Il passa sa main gauche dans ses cheveux bruns en bataille et la laissa retomber sur son visage et effleura ses joues mangées par une petite barbe.
- Ça y est…, murmura-t-il. Tout va se terminer à l'endroit où ça a commencé. La boucle est enfin bouclée.
Il tourna la tête et vit un boitier de commande, servant à verrouiller et déverrouiller la porte du sas. Il posa sa main droite, couverte de sang, sur l'interrupteur. Il actionna le bouton et la porte coulissa dans un sifflement. Le jeune homme entendit un grésillement venant d'un grand bracelet gris à son bras gauche. Le grésillement s'intensifia lorsqu'il entra dans la salle de contrôle et le jeune homme sentit des picotements dans tout son corps. Il se dirigea vers la console principale et à mesure qu'il avançait, il se rémora tous les évènements qui l'avaient mené dans cette situation.
Parti. Parti ? Le mot résonnait, tel un écho lancinant, se répétant en boucle dans le cerveau de Damian. Le jeune homme ouvrit la bouche pour parler mais aucun son ne sortit. Il cligna plusieurs fois des yeux et secoua rapidement la tête.
- Attends… Quoi ?
- Ton père a quitté l'Abri !
La phrase que prononça Amata Almodovar, son amie de toujours, lui fit l'effet d'un coup de poing à l'estomac.
- Mon père ne peut pas avoir quitté l'Abri ! C'est impossible…
- Je sais pas comment il a fait mais il est parti… Et… Mon père… Il a…
Le jeune homme se leva de son lit et la dévisagea. La jeune femme était au bord des larmes. De mémoire, Damian ne l'avait jamais vu aussi bouleversée et effrayée. Il se leva et posa ses mains sur les épaules d'Amata et tenta de la rassurer.
- Qu'est-ce qui se passe Amata ?
La jeune femme hispanique éclata en sanglots.
- C'est Jonas ! Ils l'ont attrapé et…
- Que… Quoi ?
- Oh mon Dieu ils l'ont tué ! Ils l'ont frappé encore et encore et ils ne voulaient pas s'arrêter !
Elle essuya les larmes sur ses joues et retira ses longs cheveux bruns de son visage.
- Il faut que tu partes, vite ! Les hommes de mon père vont venir te chercher !
Alors que Damian essayait d'assimiler ce qu'il venait d'entendre, il réalisa que l'alarme de l'Abri retentissait.
- Attends, je comprends rien…
- Mon père est persuadé que tu étais au courant du départ de ton père ! Il pensait que Jonas aussi savait quelque chose ! Et maintenant il en a après toi ! Il pense que tu l'as aidé à quitter l'Abri !
- Je… Non ! Je savais pas que mon père allait partir !
Des éclats de voix les firent sursauter. Amata se pencha en arrière et jeta un coup d'œil vers la porte d'entrée du logement de son ami.
- Ecoute, il faut que tu partes, dit-elle en baissant la voix. Tu dois quitter l'Abri toi aussi.
L'image de Jonas, le jeune assistant de son père, baignant dans une flaque de sang passa devant les yeux de Damian. Le regard que lui lançait son amie lui enleva toute envie de protester.
- Il y a un tunnel entre le bureau de mon père et la sortie. Tu vas devoir passer par là et ouvrir la porte.
- D'accord… Ok… D'accord… Le bureau, le tunnel, la porte…
Amata s'éloigna pour regarder à nouveau par la porte. Quand elle se retourna, elle vit Damian, son sac de sport estampillé du logo de Vault-Tec à ses pieds, jetant frénétiquement les rares affaires qu'il avait dans sa commode, une balle et un gant de baseball, une casquette rouge, une petite figurine Vault-Boy brandissant une grande seringue et une photo de lui et son père.
- Encore une chose.
Damian se tourna vers son amie. Amata plaça ses mains dans son dos et en sortie un pistolet 10mm.
- J'ai volé le pistolet de mon père, j'espère que tu n'auras pas à t'en servir mais…
La jeune femme laissa la fin de sa phrase en suspens. Damian prit l'arme entre ses mains. Il l'observa un bref instant, en silence, et l'accrocha à sa ceinture, dans son dos.
- Il faut que tu y ailles maintenant.
- Mais et toi ? demanda Damian en attrapant et en rangeant un vieux fusil à air comprimé dans son sac.
Amata lui lança un sourire triste.
- T'en fais pas pour moi. J'essaierai de te retrouver à la porte si je peux.
Elle enlaça rapidement le jeune homme avant de quitter la chambre. Damian resta quelques secondes, à regarder autour de lui, ses yeux se posant à tour de rôle sur son lit, les rares meubles présents dans la pièce, les murs gris et fades, typiques des Abris antiatomique Vault-Tec.
Damian actionna la porte de son logement donnant sur le couloir. Les lumières de l'Abri vacillèrent avant de s'éteindre, puis se rallumèrent lorsque le générateur de secours prit le relais quelques secondes plus tard. L'alarme continuait de résonner. Régulièrement la voix du Superviseur retentissait dans les haut-parleurs du couloir, annonçant de ne pas interférer avec les agents de sécurité.
Des Radcafards s'étaient introduits dans l'Abri. Damian espérait pouvoir profiter de la confusion générée pour rejoindre le bureau du père d'Amata.
A peine sorti de sa chambre, il vit une silhouette au bout du couloir.
- Là ! Il est là !
Damian se figea, regardant l'Agent Kendall, engoncé dans sa combinaison d'Abri un peu trop serrée et vêtu par-dessus d'un gilet en kevlar noir et d'un casque avec une visière en plexiglace, s'avancer vers lui et déplier sa matraque télescopique. Le jeune homme lança des regards paniqués autour de lui et remarqua la porte menant aux sanitaires. Il amorça un geste vers la porte lorsque la voix de Kendall le stoppa.
- Non de non encore des cafards !
Plusieurs Radcafards s'étaient mis à ramper autour de l'agent de sécurité. L'un des insectes lui sauta sur le ventre et commença à le mordre, rapidement imité par les autres. Kendall entama une danse grotesque en tentant de se débarrasser des cafards qui grouillaient sur son corps.
Damian en profita pour s'enfuir. Alors qu'il regardait par-dessus son épaule pour s'assurer que Kendall se débattait toujours avec les Radcafards, il percuta quelque chose. En relevant la tête, il réalisa qu'il était rentré dans Butch, son camarade de classe et l'une des brutes de l'Abri. L'expression de dur à cuire qu'il arborait généralement avait laissé place à un visage tordu par la panique.
- Il faut m'aider ! Ma maman est coincée avec les Radcafards !
Damian allait l'ignorer et continuer sa fuite quand il entendit des bruits de pas derrière lui. Il poussa Butch à travers la porte menant à ses quartiers et à ceux de sa mère et s'y engouffra à son tour.
- Je peux pas t'aider Butch, souffla Damian en essayant de discerner si les bruits de pas étaient réels ou le fruit de son imagination sous l'effet du stress.
Les cris de la mère de Butch dans la pièce d'à côté retentirent.
- S'il te plaît ! Il faut que tu l'aides !
Damian jeta un coup d'œil par la petite fenêtre de leur chambre mais ne vit personne. La mère de Butch appela à l'aide une seconde fois. Le regard implorant du jeune homme croisa celui de Damian. Il déposa son sac, l'ouvrit et en sortit sa carabine à air comprimé. Damian avait du mal à croire qu'il allait aider celui qui l'avait brutalisé toute sa vie. Il actionna la porte et entra dans la chambre.
Le sol était jonché de bouteilles de vodka vides et d'emballages divers. Madame DeLoria était debout sur une table basse et criait à l'aide, dansant d'un pied sur l'autre, les yeux rivés sur les trois Radcafards qui rampaient lentement sur le sol. Au premier abord, Damian eu du mal à croire que Butch DeLoria, un « Serpent des Tunnels », l'une des grosses brutes de l'Abri, toujours prêt à chercher la bagarre, avait peur de quelques cafards.
Damian épaula son fusil et visa. Le sentiment familier qu'il avait ressenti à chaque fois qu'il s'était entrainé au tir avec son père ou avec Amata, près de la salle du réacteur, l'envahit. Les conseils de son père refirent surface dans sa mémoire.
« Vise, respire et tir. »
Le plomb fut éjecté du canon et transperça le dos du cafard géant, le tuant instantanément. Les deux autres Radcafards suivirent rapidement. En rangeant son arme, Damian sentit Butch lui donner une tape dans le dos.
- Oh merci ! Ma maman est sauvée !
Les réjouissances cessèrent brusquement lorsque quelqu'un tambourina à la porte. Damian reconnu la voix de l'Agent Kendall. Il avait dû se débarrasser des cafards qui l'attaquaient et s'était remis à la recherche de Damian.
Le regard du jeune homme croisa celui de Butch. Ce dernier réajusta son blouson, fit signe à Damian de se taire et se dirigea vers la porte. Damian resta sans bouger, persuadé d'être pris au piège. Il croisa le regard encore empli de peur de la mère de Butch et entendit la porte coulisser et la voix de Kendall retentir.
- Hey, on cherche le fils du Doc, tu l'as vu ?
- Oh mais oui bien sûr, Agent Kendall !
Le cœur de Damian cessa de battre pendant une microseconde, jusqu'à ce qu'il entende Butch continuer.
- Il est parti dans cette direction. En vous dépêchant, vous pourrez p'tet le rattraper.
- Super ! s'écria l'agent de sécurité. Si tu le revois passer par ici, crie !
Kendall s'éloigna au pas de course. Butch retourna dans la chambre et lança un regard interloqué à Damian.
- Quoi tu pensais que j'allais te balancer ?
Damian balbutia quelques remerciements, surpris par l'attitude si atypique du jeune délinquant de l'Abri. Il contourna Butch et se dirigea vers la porte quand il entendit sa voix.
- Ecoute, je suis désolé pour… Enfin tu sais les bagarres, tout ça…
Damian ne répondit pas et se contenta de secouer la tête. La dernière chose qu'il voulait, c'était rester ici plus longtemps à attendre que Kendall ou un autre agent de sécurité ne revienne.
- Fais gaffe à toi.
Le jeune homme se tourna vers le Serpent des Tunnels et le remercia d'un signe de la tête. Il quitta la chambre des DeLoria et se dirigea vers un escalier. Arrivé en haut, il sentit quelqu'un l'attraper par l'épaule. Damian se retourna et se retrouva nez à nez avec un poing qui vint s'écraser sur son visage. Damian bascula en arrière, tombant sur le sol froid et métallique de la cage d'escalier. En ouvrant les yeux, il vit l'Agent Kendall, son visage tailladé et son uniforme couvert de griffures et de taches de sang, lui faire face.
- Sale petit enfoiré, tu crois pouvoir échapper à la Loi ?
Damian se releva en massant sa mâchoire. Il pouvait sentir un liquide chaud et au gout désagréable dans sa bouche. Kendall fit tourner sa matraque dans sa main et frappa. Le jeune homme esquiva tant bien que mal le coup avant de recevoir le genou de l'agent de sécurité dans l'estomac.
- J'ai ordre de te ramener au Superviseur mais apparemment ça ne sera pas sans un peu de casse de ton côté !
Le pistolet glissa de Damian glissa sur le sol. Lui et Kendall regardèrent l'arme et échangèrent un bref regard. Kendall laissa tomber sa matraque et se jeta au sol pour récupérer l'arme. Damian fut plus rapide que lui et attrapa le pistolet. Kendall se rua sur lui et tenta de le désarmer. Les deux hommes luttèrent pour s'emparer du pistolet. Kendall plaqua Damian contre le mur de la cage d'escalier. Un coup de feu résonna et Damian reçut un liquide chaud et poisseux au visage. L'Agent Kendall lâcha prise et tomba à genou, tenant sa gorge, un flot de sang jaillissant de sa bouche et de son cou. Un gargouillis désagréable s'échappa de sa bouche alors que des bulles de sang éclataient chaque fois qu'il bougeait les lèvres. Il tomba en arrière et son corps dévala l'escalier jusqu'en bas.
Damian, laissa tomber le pistolet et expira bruyamment. Sa tête tournait. Il se pencha en avant, posant ses mains sur ses cuisses, tentant de reprendre son souffle. Il fut pris de nausées. Un son rauque s'échappa de sa bouche alors qu'il tentait de se contenir et de se retenir de vomir.
Il venait de tuer quelqu'un. L'expression de l'Agent Kendall, tentant de recoller les morceaux de sa gorge déchirée, du sang lui sortant du nez et de la bouche et coulant lentement sur son uniforme, restait gravée sur sa rétine. Le jeune homme eu un nouveau haut-le cœur. Il toussa et cracha. L'alarme qui résonnait toujours lui donnait mal à la tête.
Il essuya sa bouche du revers de sa manche et se redressa. Il tituba et se rattrapa au mur. Ses yeux se posèrent sur le pistolet, tombé au sol. Son père lui avait appris à manier des armes. Tirer sur des Radcafards constituait un excellent entrainement et participait en quelque sorte à protéger l'Abri, mais jamais il n'aurait pensé devoir un jour, tirer sur quelqu'un et tuer un être humain.
Des bruits de pas et des éclats de voix provenant de l'étage où le corps de Kendall se trouvait le sortirent de son état léthargique. Si les agents de sécurité de l'Abri le trouvaient, ils n'allaient pas simplement le ramener au Superviseur après lui avoir donné quelques coups. Ils allaient le tuer. Il ramassa le pistolet et gravit quatre à quatre les escaliers.
Le jeune homme passa près d'une des cafétérias de l'Abri, celle-là même ou neuf ans plus tôt, il avait fêté ses 10 ans. Alors que les souvenirs ressurgissaient, il vit le corps d'une femme qu'il identifia comme étant celui de Madame Taylor, allongé sur le dos au centre de la cafétéria, plusieurs Radcafards grouillants autour d'elle. Damian pressa le pas. La voix du Superviseur continuait régulièrement d'interpeller les résidents de l'Abri, arguant que l'infestation de Radcafards était sous contrôle et que quiconque apercevant Damian devait le signaler à la sécurité.
Le jeune homme grimpa encore des escaliers, jusqu'à ce qu'une voix l'interpelle. Il leva la tête et vit une silhouette arborant un uniforme de la sécurité. Damian se figea, incapable de réagir. A sa grande surprise, l'agent de sécurité leva les mains en signe de reddition. Il s'approcha et Damian reconnu le visage de l'Agent Gomez.
- Tu as de la chance de tomber sur moi et pas sur…
Gomez fronça les sourcils et vit le sang sur le visage et la combinaison du jeune homme. Damian avala sa salive.
- C'est l'Agent Kendall, il… Je voulais pas ! Je voulais pas !
- Ecoute, le coupa Gomez. Je veux pas savoir ce que tu mijotes, ni ce que tu as fait ! Faisons comme si on ne s'était pas vu. Il faut que tu files, va retrouver ton père, avant que les autres te mettent la main dessus.
L'Agent Gomez semblait secoué.
- Ce pauvre Jonas, l'Agent Mack a complètement disjoncté ! Va retrouver ton père, vite !
Gomez s'éloigna laissant Damian seul. Le jeune homme le regarda disparaitre dans la cage d'escalier avant de poursuivre sa fuite. Il passa devant la clinique de son père. Le jeune homme ralentit et s'approcha de l'entrée. Plusieurs Radcafards s'enfuirent, poursuivit par Andy, le robot Mister Handy de l'Abri. Damian s'écarta juste à temps, pour voir le robot actionner son lance-flammes. Le craquement des carapaces des cafards carbonisés parvint aux oreilles du jeune homme, suivit du chuintement des insectes en train de cuire.
« Oh Monsieur Franklin, vous chercher votre père ? J'ai bien peur que vous ne l'ayez manqué de peu. Il est monté prendre un bol d'air frais à l'extérieur. »
Stanley, l'un des responsables de la maintenance de l'Abri fit irruption dans le couloir, brandissant une clé à molette et regardant autour de lui, excité et apeuré.
« Les cafards sont morts Stanley. Plus la peine de paniquer », lança de manière moqueuse Andy.
Le technicien sembla se détendre. Il s'aperçut de la présence de Damian et parut surpris.
- C'est toi que tout le monde cherche ? Ton père a toujours pris soin de nous, en ce qui me concerne, alors t'inquiète pas. Tu devrais déguerpir avant que la sécurité ne pointe le bout de son nez, bonne chance.
Le vieil homme se tourna vers le robot et ouvrit un panneau de commande, dévoilant des fils et des câbles. Damian entra dans la clinique. Tout était sens-dessus dessous. L'œuvre d'Andy et des Radcafards ou des hommes du Superviseur ? Impossible de répondre à cette question pour l'instant. Le bureau de son père était renversé, ses papiers et dossiers éparpillés dans toute la pièce et son terminal avait souffert de la chute depuis le bureau. Damian fouilla rapidement, persuadé de pouvoir trouvé un mot, une note, n'importe quoi de la part de son père et expliquant pourquoi il était parti sans rien lui dire.
Le temps pressait et à contre cœur, le jeune homme quitta la clinique. En sortant, il entendit, Stanley se disputer avec quelqu'un.
- Laisse-moi passer, abruti !
- Hey ! Il est là !
Deux agents de sécurité bousculèrent Stanley et se ruèrent sur Damian. Le jeune homme se mis à courir. Derrière lui il entendit une détonation, puis un claquement à côté de lui. Des petits morceaux de béton atterrirent à ses pieds. Une seconde détonation résonna et il entendit un sifflement près de son oreille droite.
Damian actionna la porte menant à l'Atrium de l'Abri. Il la referma, retira le boitier de commande et arracha les fils électriques. La porte se leva de quelques centimètres avant de se bloquer.
- Le sale petit enfoiré, il a bloqué la porte !
Le jeune homme fit quelques pas en arrière avant de se retourner. L'Atrium était vide. En entendant des éclats de voix, Damian, se cacha derrière un des piliers. Du coin de l'œil, il vit deux résidents, un homme et une femme, se diriger vers un couloir menant à l'entrée de l'Abri.
- Il faut qu'on se tire, comme le docteur !
- Non Tom c'est de la folie !
Damian reconnu les voix de Tom et Mary Holden. Il allait sortir lorsque l'un d'eux se rua dans le couloir, levant les mains en l'air et criant.
- Hey ! C'est moi Tom, Tom Holden…
Sa phrase était à peine terminée que plusieurs coups de feu retentirent. Mary se précipita dans le couloir à son tour, hurlant le nom de son mari. Son cri s'arrêta net lorsque d'autres coups de feu résonnèrent.
Damian ferma les yeux et s'élança. Il traversa l'Atrium. Du coin de l'œil, il vit les corps des deux époux, étendus du le sol, deux agents de sécurités penché au-dessus d'eux, se disputant sur qui avait tiré le premier.
Damian gravit d'autres marches et arriva à l'étage Toutes les portes étaient verrouillées à l'exception d'une, donnant sur une salle de maintenance. Il se dirigea à l'intérieur. Si sa mémoire était bonne, il pourrait rejoindre les quartiers d'Amata et de son père et le bureau du Superviseur en passant par là. Il devrait toutefois d'abord passer devant les cellules de l'Abri et le poste de Sécurité.
- C'est ta faute, espèce de petit merdeux ! Ta faute et celle de ton père !
Damian ignora la personne qui l'interpellait depuis la fenêtre de ses quartiers et entra dans la salle de maintenance. D'autres Radcafards rampaient dans la pièce, se repaissant sur le corps d'un résident que Damian ne put identifier. Il quitta la salle de maintenance et se heurta au chef de la sécurité de l'Abri, Paul Hannon Sr.
- Tu croyais pouvoir nous échapper hein ?
Il abattit sa matraque sur Damian qui recula juste à temps pour éviter de se faire fracasser le crâne. Damian allait sortir son arme lorsque le souvenir du cadavre de Kendall jaillit devant ses yeux, arrêtant net son geste. Hannon en profita pour lui envoyer un coup dans les côtes. Le chef de la sécurité leva ensuite sa matraque et l'abattit sur Damian qui, par réflexe, l'attrapa. Le choc remonta dans tout son bras jusqu'à l'épaule. Le jeune homme envoya un coup de pied dans les parties génitales de son adversaire qui tomba à genou avant d'être mis KO par un dernier coup de poing.
Damian secoua sa main. Si Hannon avait frappé plus fort, il aurait eu la main brisée. Fort heureusement, le gant en cuir de son Pip-Boy avait également amorti le choc. Le jeune homme ramassa la matraque et la rangea dans la poche de sa combinaison.
Le poste de sécurité était droit devant. Damian s'accroupit et s'approcha discrètement. Il n'avait pas recroisé de gardes depuis son altercation avec Paul Hannon Sr. Il regarda par la fenêtre. Le spectacle qui s'offrit à ses yeux le laissa sans voix.
Amata était assise sur une chaise face à son père, Alphonse Almodovar, le Superviseur et un des agents de sécurité, que Damian reconnu comme étant l'Agent Mack. En le voyant, Damian repensa à Jonas, battu à mort. Sa mâchoire se serra. L'irrésistible envie de coller une balle dans la tête de Mack s'empara de lui. Cette fois, le souvenir et le dégout qu'il avait ressenti envers lui lorsqu'il avait tué l'Agent Kendall disparu.
- Dis-moi où il est, Amata !
- Je te l'ai dit, papa ! Je ne sais pas !
Damian releva la tête. Amata était au bord des larmes et implorait son père de la laisser tranquille. Alphonse Almodovar soupira et fit un signe à l'Agent Mack.
- Tu ferais mieux de commencer à parler fillette !
L'agent de sécurité leva sa matraque de manière menaçante. Amata cria, levant les mains pour se protéger. Le corps de Damian bougea tout seul. En une fraction de seconde, il avait dégainé son arme, était entré dans la pièce et braqué son pistolet vers le Superviseur et l'Agent Mack.
- Laissez la tranquille ! cria-t-il.
Mack et le Superviseur se retournèrent, et Amata en profita pour se lever de sa chaise, son visage s'illuminant à la vue de son ami. Elle se dirigea vers Damian et se réfugia derrière lui.
- Bien, j'espère que tu es venu te rendre, jeune homme, dit le Superviseur avec un léger sourire arrogant.
- Je vais partir d'ici et vous allez me laisser tranquille et vous n'allez plus lever la main sur Amata ! s'écria Damian d'une voix tremblante.
- Tu crois pouvoir t'en tirer comme ça ? s'écria le Superviseur. James, ton père, s'est enfui de l'Abri, nous mettant tous en danger, semant le chaos en laissant une horde de Radcafards pénétrer l'Abri ! Ne rends pas les choses plus difficiles et remets-nous tes armes !
Le Superviseur fit signe à l'Agent Mack qui esquissa un sourire et s'avança vers Damian. Le jeune homme pointa son arme directement vers lui. Ses mains tremblaient tellement qu'il resserra encore plus sa prise sur la poignée de l'arme, de peur de la lâcher. La colère qu'il avait ressenti contre l'Agent Mack avait disparue et il revoyait à présent le visage de Kendall avec la gorge déchirée par le coup de feu.
- Tu crois que tu me fais peur ? Tu me fais rire. T'es comme ton père, un petit merdeux arrogant qui se croit au-dessus de tout. Regardes- toi, tu trembles comme une feuille. Tu vas rien me faire parce que t'as pas les couilles de presser la détente.
Il s'avança encore.
- Le Superviseur était prêt à ce que je tabasse sa fille chérie, alors imagine un peu ce que je vais pouvoir faire avec toi.
Damian baissa son pistolet et pressa la détente. Son tir de sommation, avait atteint l'Agent Mack à la cheville. Il poussa un hurlement et s'effondra sur le sol. Amata posa ses mains sur son visage, l'air terrifiée. Damian resta une poignée de secondes à observer l'Agent Mack, les images du cadavre de Kendall défilant devant ses yeux. Il pivota vers le Superviseur et pointa son arme vers lui.
- Non ! Ne tire pas ! S'il te plaît !
Amata se plaça devant Damian, le suppliant de ne pas tirer. Il croisa le regard d'Alphonse Almodovar. Ce dernier tentait de masquer la peur qu'il ressentait en prenant un air autoritaire. Damian baissa les yeux vers l'Agent Mack qui se tortillait de douleur sur le sol en gémissant. Il sentit Amata qui le poussait vers la sortie. Il baissa son arme et s'éloigna.
Les quartiers du Superviseur n'étaient plus très loin. En chemin, ils traversèrent une pièce mise sens-dessus dessous. Au centre, le corps de Jonas, méconnaissable. Recroquevillé sur lui-même baignant dans une mare de sang. Son corps était recouvert de fractures ouvertes, d'ecchymoses et d'entailles et sa tempe droite semblait avoir été enfoncée par un violent coup.
Damian s'approcha et s'agenouilla. Il allait soulever les bras de Jonas pour voir son visage mais il arrêta son geste. Il posa sa main sur le corps de son ami. Il sentit quelque chose de rigide à l'intérieur d'une des poches de sa blouse. Intrigué, Damian fouilla et en sortit une holobande grise, légèrement abimée, certainement par un coup de matraque. Une étiquette avait été collée dessus.
« Pour Damian »
Le jeune homme reconnu l'écriture de son père. Il rangea l'holobande dans sa poche et se releva, laissant derrière lui le cadavre de Jonas.
Le bureau du Superviseur était d'une propreté impeccable. Amata essuya les larmes qui coulaient sur ses joues et alluma le terminal de son père. Un sifflement se fit entendre. Le bureau et la dalle de béton sur lequel il était fixé se souleva de quelques centimètres et glissa, dévoilant un escalier secret.
Amata dévala les marches, suivie de près par Damian qui referma le passage derrière eux. Le tunnel n'était pas gardé et ils atteignirent rapidement l'entrée de l'Abri. Damian accrocha son pistolet à sa ceinture et brancha son Pip-Boy à la console de commande de la porte.
Une alarme résonna et un gyrophare orange clignota dans l'entrée. Une lourde vis en métal descendit du plafond et s'inséra dans une gigantesque porte en acier en forme d'engrenage. La porte grinça alors que la vis géante la tirait vers un rail. Un courant d'air frais s'engouffra dans l'Abri, apportant avec lui un étrange sentiment de liberté. La porte roula lentement, dévoilant une caverne.
Damian s'avança vers le seuil de la porte. A sa grande surprise, le compteur Geiger intégré à son Pip-Boy ne grésilla pas. Il releva la tête et regarda le fond de la caverne. Il pouvait distinguer un faible rayon de lumière blanche. Un simple rayon de lumière qui semblait tellement différent de la lumière fade des néons de l'Abri.
Le jeune homme sentit le seuil de sa porte contre ses pieds. Plus qu'un pas à faire et il serait sorti de l'Abri. Un pas, et il aurait abandonné tout ce qu'il avait toujours connu pour entrer dans un monde dont il ignorait tout.
- Mon Dieu… Tu as réussi !
Le jeune homme se retourna vers Amata. La jeune femme était restée près de la console de commande, n'osant visiblement pas s'approcher plus près.
- Merci pour ton aide Amata.
- Non, sourit la jeune femme. Tu aurais pu y arriver sans moi. C'est plutôt à moi de te remercier. Si t'avais pas été là… Je ne sais pas ce que mon père aurait été capable de faire.
Il s'avança vers son amie et se plaça face à elle.
- Je suis désolé que tu es dû subir tout ça, murmura Damian. Je vais retrouver mon père et je reviendrai, je te le promets.
La jeune femme l'enlaça. Amata relâcha son étreinte et embrassa Damian sur la joue.
- Il faut que tu partes. Va retrouver ton père. Tu… tu vas me manquer.
Sa voix était déformée par la tristesse et ses yeux étaient embués de larmes. L'une des portes menant à l'intérieur de l'Abri, s'ouvrit à la volée. Plusieurs agents de sécurité, accompagnés du Superviseur firent irruption. L'un des agents leva son pistolet. Le Superviseur lui fit baisser son arme, criant qu'il risquait de toucher sa fille.
Damian regarda une dernière fois Amata et s'élança vers la porte. Derrière lui il entendit l'alarme de l'entrée retentir et la lourde porte en forme d'engrenage grincer. Il se cacha derrière un rocher et attendit, l'arme à la main. Un long grincement métallique suivit d'un lourd claquement résonna dans la grotte. Il quitta sa cachette. La lourde porte en acier s'était refermée derrière lui. Il resta quelques secondes à regarder la gigantesque porte et le numéro « 101 » peint dessus, le même qui était cousu sur le dos de sa combinaison d'Abri.
Il inspira profondément et fit volte-face, se dirigeant vers le rayon de lumière au bout de la caverne. Il entendit des craquements sous bottes et en baissant les yeux, il se rendit compte qu'il était entouré de cadavres. Des ossements humains, de toutes les tailles, certains portants encore des lambeaux de vêtements, d'autres tenant toujours fermement des pancartes, sur lesquelles des messages implorants étaient encore lisibles.
Damian avala sa salive avec difficulté. Le nouveau monde dans lequel il venait d'entrer venait de lui envoyer en pleine figure une infime partie de l'horreur qu'il pouvait receler.
J'espère que ce premier chapitre vous a plu. N'hésitez pas à me faire part de vos remarques ou commentaires, et à bientôt pour la suite.
