4. 2022/2023 Les vacances
La famille Potter venait de prendre ses quartiers d'été à Godric's Hollow. James passait son temps par monts et par vaux avec ses amis Lawrence Niles et Julian Abercrombie. Ils voulaient en profiter au maximum car, dès le mois d'août, ils allaient commencer à travailler. Le jeune homme avait convaincu ses oncles George et Ron de l'embaucher aux Farces pour sorciers facétieux. Il avait en effet dans sa besace de nombreuses idées de produits. George ne tarissait pas d'éloges sur lui.
Albus filait toujours le parfait amour avec Anwenn Kendal, avec laquelle il ne cessait d'échanger des hiboux. Lorsque les parents de celle-ci l'invitèrent à venir passer quelques jours chez eux, son niveau de stress augmenta sensiblement. Il en revint cependant ravi, chantant les louanges de Mary et John Kendal à qui voulait l'entendre.
Lily était particulièrement pensive, en ce début d'été. Elle était en train de réaliser que Scorpius était devenu plus qu'un ami pour elle. Elle était tombée amoureuse du fils de l'ancien plus grand rival de son père. De ce qu'elle en savait, les relations entre les deux hommes s'étaient considérablement améliorées depuis leur sortie de Poudlard, mais elles ne dépassaient pas une cordialité courtoise. Elle s'en fichait, cependant, ainsi que de la vieille rivalité entre Gryffondor et Serpentard. Surtout que celle-ci était seulement symbolique, désormais. Tout ce que Lily voyait, elle, c'était la personnalité du jeune homme. Mais était-ce bien à elle qu'il avait fait allusion, peu avant les examens ? Et si c'était le cas, serait-il prêt, lui, à passer outre leurs différences ? Certes, les deux jeunes gens étaient devenus amis, et se fichaient des critiques à ce sujet. Une relation amoureuse, en revanche, ce serait bien différent...
Trois enveloppes étaient posées près de l'assiette de Lily, lorsqu'elle descendit déjeuner, ce matin-là. Elle commença par ouvrir les deux premières qui portaient, pour l'une l'écriture d'Ailis MacGuire, pour l'autre celle d'Erin Finnigan. Ses amies lui racontaient le début de leurs vacances et lui demandaient si elle irait à la Coupe du Monde de Quidditch. Celle-ci revenait tous les quatre ans et se déroulerait cet été-là en Espagne. Cet événement était très attendu chez les sorciers, dont c'était le sport préféré. Tout en continuant à manger, Lily déposa les lettres à côté d'elle, prévoyant d'y répondre dans la matinée.
La jeune fille ouvrit le dernier pli. Son cœur se mit à battre plus vite lorsqu'elle s'aperçut qu'il s'agissait d'une lettre de Scorpius. Elle déchanta cependant en voyant qu'il lui parlait de cours et glissa sa lettre sous les deux autres. Son petit-déjeuner fini, elle rangea son courrier dans son bureau et alla faire sa toilette. Elle prit ensuite sa plume et du parchemin et commença par répondre à ses amies. Elle les invita, ayant l'accord de ses parents, à venir passer une semaine de vacances à Godric's Hollow.
Une fois cela fait, Lily caressa la lettre de Scorpius rêveusement, avant de la relire soigneusement. Il lui parlait de sa BUSE d'Études des Runes, lui demandant son avis sur son travail. Elle leva les sourcils, perplexe. Le Serpentard savait pourtant bien qu'elle avait deux ans de moins que lui, et donc pas le même niveau. À la fin de sa lettre, il lui demandait en deux lignes si elle allait bien et si elle comptait se rendre à la Coupe du Monde.
La jeune Gryffondor sortit son syllabaire de runes et son livre de cours. Elle se pencha sur l'énoncé qu'il avait recopié et les solutions qu'il proposait. C'était une matière qu'elle appréciait, aussi ne vit-elle pas le temps passer. Surtout qu'elle pensa à Scorpius tout du long. Cependant, il lui fallut beaucoup plus de temps pour ce travail que pour ceux qu'elle avait l'habitude de faire. La jeune fille sentit qu'elle avait encore beaucoup à progresser avant de passer ses BUSE.
Après cela, elle prit un parchemin et sa plus belle plume pour répondre à Scorpius que ses réponses lui semblaient justes. Elle lui raconta le début de ses vacances et lui dit que ses parents avaient promis de les emmener, ses frères et elle, voir la finale, qui aurait lieu le 25 août, peu avant la rentrée. Les enfants Potter espéraient les convaincre d'y camper la semaine précédant le match. Elle lui demanda ensuite comment se passaient ses propres vacances, et si lui-même comptait s'y rendre. Lily confia ensuite ses lettres à la chouette familiale.
Quelques jours plus tard, Ginny et Lily étaient en train de jardiner. La jeune femme sentait sa fille préoccupée. Elle essaya de la faire parler. La jeune fille biaisa.
— Dis, Maman, tu veux bien me raconter encore comment tu es tombée amoureuse de Papa, et comment vous avez fini par sortir ensemble ?
Ginny sourit à cette question.
— Bien sûr, ma chérie. J'avais donc 10 ans lorsque je suis tombée amoureuse d'un garçon aux yeux verts, perdu dans la gare de King's Cross un premier septembre...
Se rappelant ses souvenirs avec émotion, elle lui conta à nouveau leur histoire sans se faire prier.
— Et donc, s'il a mis si longtemps à bien vouloir sortir avec toi, c'est parce qu'il te voyait seulement comme la petite sœur de son meilleur ami, puis parce qu'il avait peur pour toi à cause de son destin ?
— Oui, c'est ça, ma chérie. C'est pour ça que j'ai fini par lui forcer la main, dit Ginny en souriant à ce souvenir.
— Puis il a préféré rompre pour te protéger... Et après l'Année des Ténèbres ?
— Nous étions en deuil... Et lui se sentait coupable pour tous les morts. Et encore plus vis-à-vis de nous à cause du décès de Fred.
— Mais il n'y était pour rien !
— Je le sais bien, et je l'ai toujours su. Mais ton père a porté un très lourd poids sur les épaules, tu sais. Sa charge de Chef du bureau des Aurors est bien plus facile et reposante.
La jeune fille ne pouvait qu'imaginer cela, même si elle en avait souvent entendu parler.
— Et donc, vous avez refusé de le laisser se morfondre tout seul dans son coin, comme il le voulait.
— Oui, tes grands-parents lui ont répété qu'il était comme un fils, pour eux. Mes frères l'ont entouré pour qu'il se joigne à nous, autour du corps de Fred.
— Les Weasley l'avaient adopté depuis longtemps, et lui les avait adoptés aussi, remarqua Lily avec fierté.
Sa mère opina en souriant.
— Un peu plus tard, alors que nous étions seuls, il m'a regardée, de l'espoir dans les yeux et un sourire triste sur les lèvres. Je lui ai souri et il a timidement entrouvert ses bras. Je me suis jetée dedans et nous nous sommes serrés l'un contre l'autre, comme des noyés s'accrochant à une bouée. Nous avons longtemps pleuré nos morts dans les bras l'un de l'autre.
Lily baissa la tête tristement.
— Ton père m'a alors chuchoté : « Est-ce que tu veux bien encore de moi, malgré tout ça, Gin ? » Je lui ai dit que je le comprenais, que je l'avais attendu et que je l'aimais toujours.
— Et il a dit quoi ?
— Il m'a d'abord serrée encore plus fort. Il m'a ensuite raconté que lorsque j'étais à Poudlard, cette année-là, il regardait mon point sur la Carte aussi souvent que possible. Qu'il n'avait pas cessé de penser à moi et d'espérer me retrouver. Il m'a aussi avoué que sa plus grande peur, lors de la Bataille finale, avait été que je meure. Puis il m'a dit qu'il m'aimait, qu'il n'avait jamais cessé de m'aimer, et qu'il désirait passer sa vie entière à mes côtés.
Lily se mit à sourire en imaginant la scène.
— Puis vous avez fait votre septième année ensemble !
— Oui, et ce fut la plus douce de toutes nos années à Poudlard, remarqua Ginny avec un large sourire. Il pouvait enfin se permettre d'être heureux et insouciant, et j'ai tout fait pour que ce soit effectivement le cas.
— Et vous vous êtes mariés un an après vos ASPIC... C'est vraiment une belle histoire d'amour, soupira-t-elle.
— Toutes les histoires d'amour sont différentes, ma puce, regarde Oncle Ron et Tante Hermione, par exemple.
— Les sorciers se marient toujours avec quelqu'un de leur Maison ?
— Oh non, tu le sais bien ! s'exclama Ginny. Ton parrain Neville, tu sais qu'il était Gryffondor, mais sa femme, Hannah, était une Poufsouffle. Tiens, les parents d'Ailis, ton amie, c'est pareil : sa mère, Demelza Robins, elle aussi de notre Maison, a épousé un Serdaigle, Douglas MacGuire. Je pourrais te citer de nombreux autres exemples.
Lily réfléchit puis dit d'un air innocent.
— Finalement, il n'y a que les Serpentard qui ne se marient qu'entre eux, alors.
— Même pas ! Laisse-moi réfléchir... Ah ! Tu as déjà entendu parler de Drago Malefoy, qui était de l'année de ton père.
Lily opina en se forçant à ne surtout pas tressaillir.
— Eh bien il a épousé une Serdaigle, Astoria Greengrass. Et ce genre de mariage est de plus en plus courant, l'ambiance entre les Maisons est beaucoup moins tendue qu'à notre époque, Neville nous l'a souvent dit.
Lily opina et se repencha vers les fleurs qu'elles étaient en train de planter.
— Tu es amoureuse d'un garçon qui n'est pas un Gryffondor, n'est-ce pas, ma chérie ?
Lily sursauta et se mit à rougir.
— Et j'ai comme l'impression que tu ne sais pas si c'est réciproque... continua sa mère en la fixant avec un sourire en coin.
— Maman ! Arrête, ou je vais croire que tu es legilimens !
Ginny éclata de rire, puis sourit doucement à sa fille.
— Tu veux m'en parler ?
— Eh bien... Je suis troublée parce qu'il a dit quelque chose de particulier... et je ne sais pas si je dois prendre pour moi ou pas...
— Il te l'a dit directement ? Ou bien tu as surpris une conversation ?
— Il l'a dit à un de ses amis. Mais je ne suis pas la seule à avoir entendu, il y avait beaucoup de monde.
— Il savait que tu étais là ?
Lily réfléchit quelques secondes et se souvint qu'il faisait partie de ceux qui l'avaient saluée de la main, quand elle était arrivée avec ses amies.
— Oui.
— Tu veux me dire ce qu'il a dit, et qui te trouble autant ?
— En fait, son ami lui a demandé pourquoi il était actuellement célibataire, alors que beaucoup de jolies filles lui tournent autour. Et il a répondu qu'aucune de celles-là ne l'intéressaient, et que son cœur a déjà été attrapé... répondit la jeune fille pensivement.
— Il a dit attrapé ?
Lily opina.
— Ce n'est pas une expression courante, continua sa mère. C'est parce que tu es attrapeuse que ça te trouble, ou je me trompe ?
— Non, tu as raison, Maman, je me demande justement s'il faisait allusion à moi à cause de ça...
— Il y a d'autres attrapeuses, à Poudlard ?
— Mary Since, celle de Poufsouffle, mais elle vient de finir sa septième année...
— Tu as déjà vu ce garçon avec elle ?
— Euh non, pas spécialement. Et elle est beaucoup plus vieille que lui !
Ginny sourit.
— Et avec toi, il cherche à passer du temps ?
Lily rougit.
— Euh... oui, on peut dire ça, mais il y a toujours une bonne raison, tu sais.
Ginny regarda sa fille malicieusement.
— Ça, ma chérie, c'est un excellent moyen pour s'approcher de quelqu'un sans risquer de se faire envoyer sur les mandragores. Si tu lui plais, il va certainement trouver d'autres prétextes. Et rien ne t'empêche d'en chercher toi-même, lui glissa-t-elle avec un clin d'œil.
Lily ne put s'empêcher de sourire rêveusement.
Lily reçut la réponse de Scorpius peu de temps après. Il lui disait que lui-même comptait se rendre avec ses parents à la finale de la Coupe du Monde, et qu'ils pourraient peut-être s'y croiser. Il lui racontait aussi ses vacances. Le Serpentard terminait sa lettre en lui demandant si elle voulait des renseignements sur les cours de la quatrième année. La jeune fille espéra sincèrement que ce ne soit qu'un prétexte pour lui écrire. Elle se dépêcha de lui répondre et lui demanda notamment de lui parler des animaux qu'il avait étudiés cette année-là en Soins aux créatures magiques. Ils échangèrent ainsi plusieurs lettres sur le sujet, ainsi que sur les runes ou le Quidditch, durant le reste de l'été.
Le manoir était en effervescence. Erin et Ailis allaient bientôt arriver. Lily leur avait préparé une jolie chambre avec l'aide de sa mère. Elle était en train de mettre le couvert avec Albus, tandis que James aidait Ginny et Dwylie en cuisine. Ils avaient dressé une grande table dehors. En effet, les Potter avaient invité les Finnigan et les MacGuire à partager ce repas avec eux, avant d'accueillir leurs filles pour la semaine.
— Alors comme ça, c'est la fameuse maison où les Potter ont été assassinés, et où Harry a survécu à Vous-Savez-Qui ! s'exclama Mrs Finnigan peu après son arrivée.
— Lavande ! la rabroua sèchement Seamus, son mari.
Harry avait blêmi mais Ginny se planta devant la jeune femme et la guida vers la maison. Elle lui dit d'une voix ferme :
— Oui, c'est ici que mes beaux-parents ont été tués par Voldemort. Ta curiosité est satisfaite ?
— Elle n'avait pas été détruite ? ne put s'empêcher de demander son ancienne camarade, d'une petite voix.
— Seulement cette aile-là, lui désigna Ginny, là où se trouvaient la chambre de Harry et celle de ses parents. Nous l'avons réparée en 2001 et avons renforcé les défenses — par exemple, on ne peut pas transplaner ici. Maintenant, tu serais gentille de bien vouloir parler d'autre chose, lui dit-elle avec un sourire poli, accompagné d'un regard qui fit taire la jeune femme.
Demelza MacGuire avait posé une main compatissante sur l'épaule de Harry et Seamus lui fit un sourire désolé. Les adultes firent ensuite en sorte de trouver de nombreux autres sujets de conversation. Le repas fut finalement très gai. Moira MacGuire posa de nombreuses questions aux amies de sa sœur et à celle-ci. Elle était impatiente que le mois de septembre arrive, puisque ce serait sa première rentrée à Poudlard. Lily, qui se souvenait de sa propre hâte, lui répondait très volontiers.
Un peu plus tard, Eamon Finnigan annonça à ses coéquipiers qu'il avait été désigné par le professeur Londubat, leur directeur de Maison, pour reprendre la charge de capitaine de l'équipe de Quidditch. James se déclara ravi et lui révéla que son propre père les avait précédés à ce poste.
— Oh, c'est génial de rencontrer un ancien capitaine, Monsieur Potter ! lui déclara le jeune homme, l'air ravi. Vous étiez attrapeur, comme Lily maintenant, c'est ça ?
— Oui, confirma Harry avec un petit sourire. Ginny m'a parfois remplacé à ce poste, mais elle excelle surtout comme poursuiveuse. Demelza aussi était poursuiveuse, poursuivit-il en les désignant de la tête.
— C'est le poste que vous occupiez chez les Harpies de Holyhead, Mrs Potter, c'est bien ça ?
Ginny opina. La conversation continua sur le Quidditch. Eamon dit qu'il espérait trouver un aussi bon gardien que leur ancien capitaine, qui se rengorgea. Ils parlèrent ensuite de la Coupe du Monde.
Les trois amies passèrent une excellente semaine. Lily entraîna plusieurs fois Ailis et Erin en promenade du côté moldu, que celles-ci connaissaient beaucoup moins qu'elle. Elles jouèrent aussi au Quidditch, lorsque les frères ou les parents de Lily étaient disponibles. Les trois jeunes filles discutèrent beaucoup avec Ginny et firent de la pâtisserie avec Dwylie. Elles parlèrent aussi de l'année scolaire qui allait commencer. C'était leur dernière avant les BUSE, elles avaient bien l'intention d'en profiter.
Sans trop s'expliquer pourquoi, Lily ne voulait pas que ses amies voient les lettres de Scorpius, même celles arrivées durant la semaine. Elle y répondit donc en secret pour éviter leurs soupçons. La jeune fille avait caché soigneusement tout ce que le Serpentard lui avait écrit. Elle possédait un coffret inviolable, cadeau de son oncle George, qu'il avait lui-même ensorcelé. C'était sa meilleure cachette, là où elle rangeait ses bijoux et autres trésors. Elle l'emportait avec elle à Poudlard et le rapportait à chaque fois qu'elle était en vacances.
La jeune fille ne put cependant échapper à un interrogatoire en règle de ses amies. Elle accepta donc de reconnaître ce qu'elles avaient pressenti, elle était bel et bien amoureuse. Elle se refusa cependant à en dire beaucoup plus. Face à leurs suppositions, elle précisa cependant qu'il ne s'agissait pas du frère de l'une d'elles, même s'il n'était pas de leur année. Ailis et Erin lui arrachèrent la promesse de tout leur raconter si elle parvenait à sortir avec ce garçon.
La fin du mois d'août arriva très vite. Le Quidditch occupait quasiment toutes les conversations. La défaite de l'équipe d'Angleterre, en quart de finale, avait assombri les Weasley, les Potter et les Lupin. Lors du repas dominical qui avait suivi, au Terrier, chacun avait fait et refait le match pour comprendre ce qui avait mené leur équipe à s'incliner contre l'Allemagne. Voir celle-ci arriver en finale leur apporta une maigre consolation. Elle allait affronter la Bolivie, dont l'équipe, redoutable, s'était facilement imposée jusque-là.
À la demande des enfants, qui désiraient profiter au maximum de l'ambiance de la Coupe du Monde, et n'eurent pas beaucoup à argumenter pour convaincre, toute la famille Weasley-Potter-Lupin partit camper sur place une semaine. Ils avaient réservé des emplacements mitoyens, afin de profiter les uns des autres, et emporté des tentes magiques. Une grande regroupait les filles, une autre les garçons. Les adultes s'étaient répartis entre les trois dernières. Ces tentes modernes étaient spacieuses, lumineuses et confortables, et Harry plaisanta à ce sujet avec Ron et Hermione.
L'ambiance était très gaie, dans le camping. De nombreux Britanniques étaient installés dans le même coin qu'eux, aussi virent-ils beaucoup de connaissances et amis. Les Finnigan partageaient une grande tente affichant clairement leur fierté d'être Irlandais. Plus loin, la tente des MacGuire était reconnaissable au tartan de leur famille, un beau rouge quadrillé de larges bandes vert sapin, de bandes blanches et de fines bandes bleues. Albus repéra très vite les Kendal et se dirigea aussitôt vers eux. James fit remarquer qu'il avait surtout repéré la ravissante et volcanique blonde qui était leur cadette, et qui se jeta dans ses bras dès qu'il fut suffisamment proche. Leur fille aînée, Lydwinn Kendal, était main dans la main avec Arnold Vaughn, l'ancien capitaine de Gryffondor, qui était déjà son petit ami à Poudlard. Lorsque les enfants Potter les saluèrent, ils leur annoncèrent qu'ils allaient se fiancer et furent chaleureusement félicités.
Un peu plus tard, Lily réussit à s'éloigner de sa famille et de ses amis. Elle semblait flâner mais cherchait en réalité la tente des Malefoy. Elle sursauta malgré elle lorsqu'elle entendit une voix familière dans son dos.
— Beau temps pour un match, tu ne trouves pas ?
La jeune fille se retourna.
— Oui, ils ne devraient pas souffrir de la pluie, lui répondit-elle avec un éclat malicieux au fond des yeux.
Scorpius opina, avant de demander :
— Il y a longtemps que vous êtes arrivés ?
— Non, juste le temps de nous installer, par là-bas, expliqua-t-elle en lui désignant du menton les tentes familiales.
— C'est amusant, nous sommes aussi arrivés aujourd'hui, fit-il en montrant de la tête une tente à l'allure simple, à l'opposé. J'ai entendu dire qu'il y a plusieurs petits terrains de Quidditch à l'extérieur du camping. Ça te dit d'aller voir ?
— D'accord, je vais chercher mon balai, répondit-elle avec un grand sourire. Il y a probablement déjà plusieurs de mes cousins ou frères là-bas.
Des équipes improvisées de jeunes de plusieurs nationalités se mettaient en place. Lily vit James et plusieurs de ses cousins et cousines, certains déjà en l'air, d'autres en train de négocier. Grâce aux sortilèges de traduction, elle put se proposer à une équipe en formation, qui cherchait justement un attrapeur. La jeune fille retint difficilement un sourire radieux lorsqu'elle vit l'équipe qui se dirigeait vers eux pour disputer un match. En effet, l'attrapeur adverse n'était autre que Scorpius. Il lui fit un clin d'œil et un sourire, avant de prendre un air innocent. En attendant qu'un terrain se libère, les joueurs des deux équipes firent connaissance. Un Américain jeta un regard soupçonneux aux deux attrapeurs lorsqu'il comprit qu'ils se connaissaient. Il fit part de sa crainte de les voir favoriser l'un ou l'autre.
— Aucun risque ! rétorqua Lily gaiement. Nous sommes tous les deux à Poudlard, dans deux équipes rivales. Même si nous sommes amis en dehors des stades, nous ne nous sommes jamais fait de cadeau sur le terrain, bien au contraire.
— Elle a parfaitement raison, approuva Scorpius. Et j'ai une revanche à prendre sur elle, continua-t-il avec un sourire carnassier, en fixant son adversaire favorite.
Tout au long de la semaine, les petits terrains de Quidditch ne désemplirent pas. Les jeunes s'en donnaient à cœur joie, mais des équipes de plusieurs générations se formaient aussi. Malgré les demandes répétées de leurs enfants, neveux et filleuls, Harry et Ginny refusèrent de participer, craignant d'attirer les foules. De leur côté, Lily et Scorpius se trouvèrent très souvent opposés l'un à l'autre. Ils n'arrivèrent pas vraiment à se départager, au final, ayant attrapé le Vif d'Or à peu près autant de fois l'un que l'autre. Ils ne se parlaient vraiment qu'autour des terrains, avant et après les matchs. Comme à leur habitude, ils échangeaient seulement de courtes paroles de défi durant ceux-ci. Et, dans le camping, ils ne faisaient guère plus que de se saluer, comme par un accord tacite. La jeune fille était généralement en compagnie d'Ailis et d'Erin ou de sa famille, le jeune homme avec des amis.
La finale de la Coupe du Monde arriva très vite. Le stade était immense, il pouvait contenir des centaines de milliers de sorciers. Lily et sa famille étaient très bien placés. Ils avaient tous des multiplettes, pour mieux profiter du spectacle. Seule la petite Maud semblait indifférente à l'excitation générale. Elle dormait, confortablement lovée contre son père, dans une écharpe de portage multicolore à laquelle il avait assorti ses cheveux.
Le match fut très disputé et dura longtemps. Les sandwichs emportés par prudence furent les bienvenus, ainsi que les bièraubeurres qui les accompagnaient. Victoire allaita tranquillement sa fille. Celle-ci profita ensuite un moment du spectacle, avant de se rendormir à nouveau contre son père. La Bolivie l'emporta finalement par 380 points contre 260.
