7. 2022/2023 Noël

Le château se vida de la majeure partie de ses habitants durant les vacances de Noël. Dans le Poudlard Express, l'ambiance était très gaie. Quelques élèves chantaient parfois des chants de Noël, sorciers ou moldus. Quelques autres s'amusaient à lancer des sortilèges de décoration, garnissant les wagons de guirlandes et de boules.

Lily et Scorpius voulaient à tout prix passer le trajet ensemble. Non sans mal, ils finirent par convaincre leurs amis de partager un compartiment. C'est ainsi que Lily Potter, Ailis MacGuire et Erin Finnigan, en quatrième année et à Gryffondor, voyagèrent avec Scorpius Malefoy, Hugh Boot et Michael Nott, en sixième année et à Serpentard. Les deux attrapeurs adverses s'étaient assis côte à côte et se tenaient par la main, tout en essayant de lancer la conversation. Ils eurent beaucoup de mal, l'ambiance entre leurs amis étant aussi douce et agréable que la température qui régnait sur la campagne anglaise au même moment. Lily finit par dire :
— J'ai des prototypes des Farces pour Sorciers Facétieux à tester. Il y en a notamment un qui fait voir la vie en rose, il me paraît tout indiqué, aujourd'hui. Évidemment, on ne sait pas encore très bien quels sont ses effets secondaires. Il se pourrait, par exemple, qu'il incite à sortir avec la première personne que l'on rencontre... Ou sinon, on peut faire une Bataille Explosive, si vous préférez, termina-t-elle avec un sourire en coin.

Aussitôt, les jeunes gens s'empressèrent d'accepter la proposition de la Bataille Explosive, sous le regard franchement amusé des deux amoureux. Au fur et à mesure du jeu, les langues se délièrent et chacun vit l'être humain sous la Gryffondor ou le Serpentard. Lorsque le chariot à friandises passa, c'est dans une ambiance joyeuse que chacun commanda, avant de revenir grignoter chocogrenouilles, patacitrouilles et autres dragées de Bertie Crochue. Les cartes étant rangées, la conversation devint plus vive. Lily et Scorpius multipliaient les piques et leurs amis les imitaient, dans un esprit joyeux et bon enfant. La conversation dévia sur les professeurs, qu'ils se mirent à comparer. Ils parlèrent ensuite de leurs cours.

— Pfff, vous avez vraiment de la chance d'être seulement en quatrième année, les filles, soupira Michael. Les sortilèges informulés, c'est vraiment difficile.
— Lily sait déjà en réaliser, le nargua Erin.
— Vraiment ? s'étonnèrent les Serpentard.
La jeune fille soupira et lança un regard noir à son amie. Comme les garçons insistaient, elle sortit sa baguette et, sans remuer les lèvres, fit léviter un paquet de Chocogrenouilles.
— Tu as appris ça où ? s'étonna Hugh.
— Avec mes frères. Ils veulent être sûrs que je sache me défendre en toute circonstance, dit-elle en levant les yeux au ciel.
— Tu es vraiment une sorcière épatante, Lily, je ne devrais plus être surpris. J'ai vraiment de la chance d'avoir une petite amie aussi merveilleuse que toi. Déjà que je suis le plus beau garçon du collège, dit Scorpius en passant la main dans ses cheveux.
— Le plus vaniteux, oui ! rétorqua-t-elle en riant.
Il fit une moue et elle l'embrassa sur le bout du nez.
— Ça, c'est typiquement Serpentard, ricana Erin.
— Mais non, s'écria Michael, et puis d'abord, ce n'est pas Scorpius le plus beau !
— C'est vrai que Louis Weasley est... commença Ailis.
— Le plus beau, c'est moi ! s'exclamèrent Hugh et Michael en chœur, tout en se rengorgeant.
Les trois filles éclatèrent de rire.


Lily et Albus retrouvèrent avec plaisir leurs parents et leur frère James. Ceux-ci avaient pris des congés pour passer les vacances avec eux. Ils décorèrent ensemble la maison dans la joie et les rires. La jeune fille aimait beaucoup le 12 square Grimmaurd, où les Potter passaient la majeure partie de l'année. Elle savait comment celui-ci avait été autrefois, mais il ne restait plus aucune trace du passé sombre de ce lieu, en dehors des récits de sa famille ou des anciens membres de l'Ordre du Phénix.

Harry et Ginny en avaient fait une demeure chaleureuse, où dominaient les couleurs de Gryffondor. Leur fille savait qu'il avait fallu plusieurs mois à son père, aidé de son oncle Bill et de sa tante Hermione, pour briser les sorts et désactiver enchantements et maléfices noirs, ce qui n'avait pu être correctement fait pendant la guerre, faute de temps. Ceux concernant la sécurité de la maison avaient cependant été soigneusement maintenus en place, Harry ne désirant pas être dérangé par tout un chacun. La tâche avait été très difficile, mais Bill avait assuré que cette maison était une vraie villégiature, à côté de certaines pyramides égyptiennes.

Lily avait entendu parler du fameux portrait hurleur de Mrs Black. Même Albus Dumbledore n'avait pas réussi à le décrocher. Finalement, c'est Ginny qui avait trouvé la solution. Il faut dire qu'elle n'avait aucune envie de partager son futur foyer avec la vieille furie. Après avoir épuisé de nombreuses autres idées, elle avait fini par suggérer de découper le mur autour du tableau. Il n'y avait plus eu ensuite qu'à réparer l'immense trou. Kreattur, l'ancien elfe de maison des Black, s'était longuement lamenté de voir disparaître ainsi les dernières traces de sa maîtresse. Pour le faire taire, Harry avait organisé une cérémonie pendant laquelle le tableau avait été enterré dans le caveau familial des Black, ainsi que les têtes d'elfes qui décoraient autrefois la maison. Cela avait un peu consolé Kreattur.

C'était d'ailleurs aussi un peu pour le vieil elfe que Ginny et Harry s'étaient installés dans l'ancienne demeure de Sirius, lorsqu'ils s'étaient mariés. Lily n'avait pas connu le petit être, celui-ci étant décédé peu après la naissance d'Albus. Dwylie, une elfe libre, avait alors été embauchée par les Potter. Elle logeait dans une petite chambre confortable, installée pour elle près de la cuisine. L'elfe de maison gérait les tâches ménagères et aidait Ginny en cuisine. Elle l'avait secondée auprès des enfants durant leur prime enfance. Tous l'aimaient beaucoup et c'était réciproque. Elle était très attachée aussi à Teddy et Andromeda et trouvait la petite Maud ravissante.

À la place de Mrs Black se trouvait désormais un tableau bien plus gai. Il représentait une scène printanière, ayant le château de Poudlard en arrière-plan. À l'avant se trouvait un groupe de cinq jeunes gens, dans la fraîcheur de leurs vingt ans. Sirius Black se tenait au milieu, un bras sur l'épaule de chacun de ses amis, James Potter à sa droite, Remus Lupin à sa gauche. Lily Evans et James se tenaient par la taille, comme Remus et sa femme, Nymphadora Tonks, qui semblait avoir le même âge que lui. Tous semblaient heureux et insouciants. Lily Potter savait que son père n'avait pas voulu que soit représenté Peter Pettigrow, le quatrième Maraudeur, et comprenait parfaitement pourquoi — il avait trahi ses grands-parents et fait de son père un orphelin. Harry avait fait peindre un autre exemplaire du tableau pour Teddy, qui l'avait aussi installé en bonne place chez lui.

Harry avait fréquemment raconté aux enfants tout ce qu'il savait sur les Maraudeurs. Lorsque Lily avait compris que la demeure que Sirius avait tant détestée était celle qu'ils habitaient, la fillette lui avait demandé si celui-ci n'aurait pas préféré qu'elle soit vendue ou détruite.
— Au contraire, lui répondit son père, je pense que mon parrain aurait été vraiment ravi de voir cette maison devenir un véritable antre Gryffondor. Il la détestait pour son côté noir, donc ce pied de nez à ses ancêtres lui aurait beaucoup plu. C'est, entre autres, pour cette raison que ta mère et moi avons choisi ces couleurs.
Quelques temps plus tard, Andromeda Tonks, la grand-mère de Teddy, avait confirmé qu'il en aurait été très heureux. Née Black, la cousine préférée de Sirius était l'une des rares à ne pas partager les idées de cette famille. Elle avait d'ailleurs épousé un né-Moldu.

La chambre de Sirius avait été la seule dont la décoration n'avait pas été modifiée. La pièce avait néanmoins été remise à neuf. Une seule chose avait été changée, sous la pression de Ginny, vigoureusement soutenue par Hermione. Au grand regret de Harry, les pin-up avaient été masquées, pour ne pas risquer de choquer les enfants, qui commençaient à grandir. Lorsqu'il avait sept ans, James avait demandé à avoir la chambre de l'homme dont lui venait son second prénom, et qu'il admirait tant. Harry avait accepté avant que Ginny ait le temps de dire quoi que ce soit. Lorsque son fils avait eu quinze ans, il lui avait appris un contre-sort permettant de voir les pin-up pendant quelques minutes. Il lui avait fait promettre de ne jamais le dire à sa mère et à sa sœur et de ne pas en parler à Albus avant que celui-ci n'atteigne à son tour l'âge de quinze ans.

La tapisserie représentant l'arbre généalogique des Black n'avait pas été détruite. Hermione avait trouvé le moyen de la restaurer et de réhabiliter les membres effacés, créant ainsi de nouvelles branches sur la tapisserie. Par le jeu des alliances, elle représentait désormais une grande partie des familles sorcières de Grande-Bretagne. Andromeda et Teddy y figuraient évidemment, ainsi que Tonks et Remus Lupin. Les Potter et les Weasley y étaient apparus, là où leurs familles s'étaient alliées à celle des Black.


Quelques jours après le début des vacances, Albus vint chercher sa sœur. Lily était occupée à faire des biscuits de Noël avec James et Dwylie. Fébrile, il l'entraîna vers le salon où se trouvait la tapisserie. La jeune fille se méfiait : il avait le même air que James lorsque celui-ci s'apprêtait à faire une blague. Son frère vérifia que la pièce était vide, ferma soigneusement la porte et lança un sortilège d'insonorisation.

— Regarde ! s'exclama-t-il joyeusement, en tendant la main vers la tapisserie.
— Quoi donc ? Je sais déjà que Maud est dans l'arbre.
— Remonte jusqu'à Granny, dit-il avec un sourire en coin, appelant, comme à leur habitude, Andromeda Tonks de la même manière que son petit-fils. Tu verras qu'elle a deux sœurs.
— Oui, il y a la fameuse Bellatrix... Celle qui a assassiné son cousin Sirius et sa nièce Nymphadora... dit Lily d'un ton de profond dégoût.
— C'est sa grande sœur. Et regarde sa petite sœur. Le nom de son mari et, surtout, ses descendants.

La jeune fille laissa glisser ses doigts sur la tapisserie en même temps que ses yeux. Elle eut tout à coup un hoquet de surprise.
— Scorpius ?! Scorpius est cousin avec Teddy ?! Ça alors ! Je ne pensais pas que notre Teddy avait un cousin aussi proche !
— Proche par le sang, peut-être, mais je ne crois pas qu'ils se connaissent particulièrement... Teddy avait déjà quitté Poudlard quand nous y sommes entrés.
— C'est vrai... Mais pourquoi Granny ne nous en a-t-elle jamais parlé ?
— Tu sais bien qu'elle ne parle quasiment jamais de sa famille. Et il est rare que l'on évoque les Malefoy, à la maison...
— Tu as raison, Albus. Merci de me l'avoir montré. C'est fou, ça, il faudra que j'en parle avec Scorpius...


Le jour de Noël, le Terrier fourmillait de personnes de tous les âges. Une année, Charlie avait suggéré de rebaptiser cette maison la Ruche, Molly en étant la reine. Cela avait beaucoup fait rire tout le monde. Les cadeaux furent déballés dans la joie et la bonne humeur. Lily reçut un pull vert avec un grand L, celui de Lucy étant rose, tandis que Louis en avait un bleu, comme chaque année. Tous les cousins arboraient leur pull plus ou moins fièrement. Même Maud avait eu le sien, assorti à ceux de ses parents. La génération du dessus n'en recevait plus depuis longtemps, ses enfants ayant finalement réussi à convaincre Molly que l'usure ne nécessitait pas de renouvellement annuel, lorsqu'on ne grandit plus. Le nombre de plus en plus conséquent de ses petits-enfants avait largement aidé à la réussite de cette entreprise.

Un petit paquet attira l'attention de Lily. Il ne portait que son prénom, pas de mention de l'expéditeur. Elle se mit à sourire encore plus largement et le mit à part, le gardant pour la fin, afin de faire durer le plaisir. Après le pull, elle s'attaqua aux livres. Comme chaque année, sa tante Hermione lui offrait un ouvrage correspondant à ses goûts (cette année-là, c'était un manuel de sortilèges rares qu'elle trouva passionnant) et un roman moldu. Elle choisissait toujours des auteurs reconnus, anciens ou récents, et savait sélectionner ce qui plairait à chacun. Il y avait aussi un roman en français, cadeau de sa tante Fleur, comme à chaque occasion. En effet, celle-ci avait enseigné sa langue maternelle à tous les cousins. La jeune fille ne connaissait pas l'auteur, Anna Gavalda, mais le résumé d'Ensemble c'est tout lui sembla intéressant.

Après avoir déballé tous ses cadeaux, en finissant par l'assortiment de farces et attrapes offert par ses oncles George et Ron, Lily reprit le petit paquet qu'elle avait écarté. Elle vérifia d'un regard circulaire que chacun était bien occupé avec ses propres cadeaux. Lentement, délicatement, elle défit l'emballage. Il contenait une boîte. Avec un petit sourire, elle l'ouvrit. Son sourire s'élargit lorsqu'elle vit ce que celle-ci contenait. Il s'agissait d'un pendentif représentant un Vif d'Or de deux centimètres de diamètre environ, dont les ailes, en argent, étaient repliées contre lui. Aussitôt, Lily détacha la chaîne qu'elle portait au cou, retira son pendentif, mit le petit Vif à la place et rattacha la chaîne.

Elle s'apprêtait à ranger son ancien pendentif dans la boîte, lorsqu'elle s'aperçut qu'il y avait un morceau de parchemin plié dans le fond. Elle le retira, rangea le bijou et le déplia discrètement pour le lire.
"À la plus jolie des attrapeuses, qui a attrapé mon cœur comme elle attrape les Vifs d'Or. En espérant avoir aussi attrapé le sien... Et si tu murmures mon prénom tout contre mon cadeau, tu pourras voir... ce que tu verras. S."

Lily sourit en voyant qu'il n'avait signé que de son initiale. La jeune fille sortit de la pièce en emportant ses cadeaux vers la chambre qu'elle partageait avec Lucy et Rose. Elle scella la porte et murmura dans un souffle : "Scorpius", ses lèvres contre le métal. Aussitôt, le pendentif s'ouvrit en deux par le milieu. Elle aperçut alors leurs initiales entrelacées et son cœur bondit dans sa poitrine. Elle avait hâte que le jeune homme découvre le cadeau qu'elle lui avait envoyé.


Scorpius n'aimait décidément pas beaucoup le 24 décembre. Il lui préférait nettement le 25. Il faut dire que c'était beaucoup plus chaleureux chez ses grands-parents Greengrass qu'au Manoir Malefoy. Il lui était d'ailleurs arrivé de plaindre son père d'avoir grandi dans une maison aussi lugubre. Son grand-père Lucius le regardait pourtant comme la septième merveille du monde. Le patriarche aurait voulu le gâter et lui offrir toujours tout ce qui lui faisait plaisir, comme il l'avait fait pour Drago. Mais Astoria s'y était fermement opposée dès le début. Le vieil homme devait donc obtenir l'aval de sa bru, avant d'offrir quoi que ce soit à l'héritier de son nom et de sa lignée. Celui-ci n'était pas dupe et avait bien compris que son grand-père désirait l'acheter. Le jeune homme avait mis longtemps à comprendre que sa grand-mère l'aimait sincèrement, celle-ci ne sachant pas montrer ses sentiments. Les réveillons au Manoir Malefoy étaient très guindés et Scorpius appréciait peu les réceptions mondaines qui s'y tenaient chaque année.

Heureusement, ses parents et lui rentraient toujours dormir chez eux, dans leur maison de Falmouth, sur la côte sud des Cornouailles. La perspective de passer la journée chez ses grands-parents maternels lui arracha un mince sourire. Le jeune homme fit sa toilette rapidement et revint vers le pied de son lit. Il contempla la pile de cadeaux avec satisfaction et se mit aussitôt à les trier. Un seul d'entre eux n'indiquait pas sa provenance. Le Serpentard le prit avec un sourire et l'observa soigneusement. Qu'est-ce que la jolie Gryffondor pouvait bien lui avoir envoyé, qui tienne dans un petit paquet carré et plat ? Il se dépêcha de retirer le papier et ouvrit la boîte qu'il contenait. Scorpius y découvrit un objet rond et plat en argent sur lequel était gravé un serpent émaillé en vert. Un bel objet qui lui correspondait bien, pensa-t-il en se rengorgeant.

Il le souleva pour l'observer sous toutes ses coutures et s'aperçut que l'objet s'ouvrait en deux. Il actionna le mécanisme et découvrit un miroir. Aussitôt, son sourire satisfait s'évanouit et il pensa, déconfit :
— Elle ne me trouve quand même pas si vaniteux, en réalité ? Elle ne prend quand même pas mes déclarations au premier degré ?
Le jeune homme regarda dans le fond de la boîte et découvrit un parchemin. Il y était inscrit :
"Bien sûr, mon cher Scorpius, tu peux admirer ton beau visage dans ce miroir. Mais j'espère que tu préfèreras son autre usage. En effet, c'est un Miroir à Double Sens. Je ne sais pas si tu en as déjà entendu parler, c'est très simple à utiliser. Assure-toi de ne pouvoir être écouté, dis mon prénom et mon nom en face de la glace et... j'espère que la suite te plaira. L."

Scorpius haussa un sourcil, surpris. Miroir à Double Sens ? Cela ne lui disait vraiment rien. Il se prit à espérer voir apparaître le portrait de sa petite amie sous le couvercle du miroir et ne put s'empêcher de sourire à cette idée. Le jeune homme lança un Collaporta pour sceller la porte de sa chambre et un sort d'insonorisation pour ne pas être entendu. Il se pencha alors vers le petit miroir et prononça distinctement : "Lily Potter". Il attendit quelques instants sans que rien ne se passe, à son grand étonnement. Enfin, le miroir se brouilla et il y vit effectivement Lily mais comme si elle se reflétait dans le miroir, pas en peinture comme il s'y était attendu.

— Bonjour, Scorpius, joyeux Noël !
— Lily ? coassa-t-il.
— C'est bien, je vois que tu te souviens encore de moi, malgré notre longue séparation de six jours.
— Ce n'est pas parce qu'il y a beaucoup de jolies rouquines dans ta famille que je vais oublier ma préférée.
La jeune fille leva les yeux au ciel, franchement amusée.
— Merci pour le pendentif, il me plaît beaucoup, dit-elle en triturant la chaîne entre ses doigts.
— J'en suis content. Et merci pour ce drôle de miroir. J'ai l'impression qu'il nous sera bien utile.
— Je suppose donc que tu ne connaissais pas.
— Non. Il y a encore beaucoup d'autres choses que tu vas me faire découvrir ?

Elle eut un sourire sybillin.
— À toi de me surprendre. Je connais peut-être plus de choses que la plupart des Quatrième année, mais je suis encore bien loin d'être prête à passer mes ASPIC, tu sais.
— Alors j'ai encore toutes mes chances de te garder, dit-il avec un sourire carnassier. En tout cas, c'est vraiment une invention géniale, ces miroirs ! Tu as trouvé ça où ?
— Ton miroir, je l'ai acheté, le mien je l'avais déjà. Mon grand-père James et son meilleur ami Sirius en avaient une paire, ça a donné l'idée à mes parents et oncles et tantes d'en utiliser aussi pour communiquer plus facilement entre eux. Le mien, tu t'en doutes, est le modèle Gryffondor, précisa-t-elle avec un sourire en coin.

— Ça s'achète déjà ensorcelé ? Je n'en ai jamais vu en boutique ou dans les publicités de vente par hibou.
— Non, ça ne se vend pas comme ça, c'est quelque chose de rare. Je me suis beaucoup renseignée sur le sujet, je voulais le faire seule. Mais c'est de la magie très complexe, aussi j'ai demandé à ma tante Hermione de m'aider.
Scorpius ne répondit pas mais se mordit les lèvres.
— Ne t'inquiète pas, elle n'a pas vu le motif de ton miroir, je l'avais ouvert avant. Et je lui ai laissé croire que c'était pour une amie...
— Tu aurais fait une parfaite Serpentard, dit-il avec un sourire machiavélique.
— Dans tes rêves, Malefoy ! répondit-elle en riant.