8. 2022/2023 Hiver
Les vacances touchaient à leur fin et les enfants Potter retourneraient bientôt à Poudlard. Lily avait besoin d'une robe pour le Bal de la Victoire. Plutôt que d'aller directement chez Madame Guipure, Ginny et elle décidèrent de passer la journée à faire les boutiques. Depuis qu'elle avait rejoint ses frères à Poudlard, la jeune fille appréciait davantage ce genre de moments avec sa mère. Elles commencèrent par le Londres moldu et prirent le métro pour rejoindre le centre-ville, qu'elles connaissaient bien.
En passant devant une bijouterie, Ginny dit d'un ton dégagé :
— Il est très joli, au fait, ton nouveau pendentif, Lily.
— C'est vrai, dit celle-ci, tout en se mettant à triturer le bijou sans s'en rendre compte.
— Ton père aussi m'en avait offert un de ce style. C'était durant notre dernière année à Poudlard.
La jeune fille rosit.
— Au fait, ma chérie, tu as réussi à élucider ce dont tu me parlais cet été ?
— Quoi donc, Maman ?
— Eh bien ce garçon dont le cœur a été attrapé, tu sais...
— Oh...
— Aurait-il un quelconque rapport avec le Vif d'Or que tu portes au cou ?
Lily rougit tout en grommelant puis répondit :
— On ne peut rien te cacher...
Ginny se mit à rire.
— J'ai été jeune avant toi, tu sais. Et... euh... C'est un garçon bien, j'espère ?
— Tu veux savoir s'il s'intéresse à moi pour moi ou pour mon nom, c'est ça ?
Sa mère opina.
— Justement, il voit en moi Lily, et se contre-fiche que je sois la fille de Harry Potter.
— Bien, répondit Ginny avec un sourire. C'est un né-Moldu ?
— Non, mais il n'est pas du genre à se pâmer devant ce que Papa a fait.
Mrs Potter sourit.
— Je suis contente pour toi, ma chérie. Et alors, continua-t-elle avec un sourire complice, dans quelle Maison est-il ?
— Écoute, Maman, pour l'instant, j'ai encore envie de garder tout ça pour moi. Ça ne fait pas très longtemps...
— Oh ? Si tu veux.
— Tu veux bien me promettre de ne pas en parler à Papa ou à James, pour le moment, s'il-te-plaît ? Et de ne pas chercher à en savoir plus.
Ginny dévisagea sa fille quelques instants.
— Rien de grave ?
La jeune fille secoua la tête en signe de dénégation.
— Tu voudras bien nous parler de lui un jour, Lily ?
— Bien sûr, Maman !
— Alors c'est d'accord.
Ginny et Lily flanèrent toute la matinée dans les rues commerçantes moldues. Elles achetèrent quelques vêtements pour l'une et l'autre. Les Potter tenaient beaucoup à ce que leurs enfants sachent se débrouiller dans le monde moldu et puissent y passer inaperçus. Ginny avait même imposé à chacun d'eux d'avoir en permanence dans sa malle un sac à dos de survie. Celui-ci contenait quelques vêtements moldus et sorciers, un minimum d'affaires de toilette, des barres énergétiques et de l'eau, ainsi que de l'argent moldu et sorcier. Le tout ayant subi un sortilège d'allègement. Elle aurait bien imposé à ses enfants de les porter sur eux en permanence, miniaturisés, mais Harry avait trouvé cela excessif et Hermione avait réussi à la convaincre que c'était très contraignant. Et de toute façon, comme le lui avait rappelé son mari, si les ennuis devaient leur tomber dessus, on pouvait difficilement anticiper quoi que ce soit.
Entre deux boutiques de vêtements, la mère et la fille entrèrent aussi dans une librairie qu'elles appréciaient. Lily choisit quelques romans pour la fin de l'année scolaire et Ginny renouvela ceux de sa table de chevet.
Les deux sorcières décidèrent ensuite de manger dans un restaurant moldu, où elles ne risquaient pas d'être reconnues. Au moment où elles choisissaient leurs desserts, Lily sentit son miroir chauffer dans sa poche. Elle passa rapidement sa commande et s'éclipsa en prétextant un besoin urgent. La jeune fille s'isola soigneusement, ne pouvant faire de magie. Elle savait cependant que sa mère ne risquait pas de la surprendre et qu'un Moldu qui l'entendrait croirait qu'elle utilisait un téléphone portable. Ce qui n'était finalement pas si éloigné de la réalité que cela, se dit-elle.
— Coucou, jolie rouquine.
— Coucou, toi, dit-elle en souriant.
— Tu vas bien, depuis ce matin ?
— Oui, et toi ?
— On fait aller. J'aime vraiment beaucoup ce petit miroir, dit-il dans un large sourire.
— Tu n'avais pas encore de miroir de poche pour pouvoir t'admirer à tout moment ?
— Non et de toute façon je préfère m'admirer dans tes yeux.
La jeune fille pouffa.
— Et j'ai bien mieux que mon visage à admirer dans ce miroir, le tien, lui dit-il d'un ton charmeur. C'est pour ça que je l'apprécie autant. Mais tu sais ce que je préfère, avec ?
— Non, quoi donc ?
— Entendre le joli son de ta voix et pouvoir te parler !
— Je suis ravie de voir que ton cadeau te plaît autant qu'à moi !
Il lui fit un grand sourire.
— Alors, ta journée magasins avec ta mère, ça se passe bien ?
— Très. Là, on mange dans un petit restaurant... londonien, finit-elle avec un clin d'œil, lui faisant comprendre qu'il s'agissait d'un établissement moldu. Et toi, ce repas de famille ?
— Pfff... Aussi passionnant que je le craignais...
— Il n'y a pas tes cousines ?
— Si, mais ces pimbêches et moi n'avons pas vraiment les mêmes centres d'intérêt, tu sais.
— Vraiment ? Je pensais pourtant que tu aimais bien parler avec des filles, le taquina-t-elle.
— Crois-moi, Lily Potter, ta conversation est infiniment plus intéressante que celle de Hera ou Demetria Flint !
— C'est pour ça que tu tentes de leur échapper ? Moi qui croyais que c'était seulement pour mes beaux yeux... continua-t-elle d'un air innocent.
— Tes yeux sont bien plus beaux que les leurs, aussi. Mais finalement, il manque quand même quelque chose à ces miroirs...
— Ah bon ? Et quoi ?
— Je ne peux ni te prendre dans mes bras, ni t'embrasser !
Ils rirent ensemble.
— Quand j'aurai passé mon permis de transplanage, je pourrai remédier à ce petit inconvénient, dit-il avec un sourire gourmand.
— Encore faudra-t-il pouvoir trouver des endroits où nous pourrons nous rejoindre ! On ne peut pas transplaner chez mes parents...
— Et je suppose que ce n'est même pas la peine de chercher une faille...
— En effet, glissa-t-elle avec un sourire en coin.
— On trouvera bien des solutions pour cela, j'en suis sûr. Et puis... Zut, ma mère m'appelle, il faut que je file. Amuse-toi bien, Lily !
— Bon courage, Scorpius !
Juste avant de rentrer dans le Chaudron Baveur, Ginny et Lily passèrent acheter quelques vinyles dans le magasin de disques qui jouxtait le pub, sur la rue moldue, pour leur gramophone enchanté. Avec la proximité de la rue sorcière, c'était l'un des magasins qui proposait le plus de choix en musique moldue sur disques vinyles. En effet, c'était les seuls supports de musique moldus à pouvoir être utilisés dans le monde magique, sur des gramophones fonctionnant avec la magie au lieu de l'électricité. D'ailleurs, la boutique avait été rachetée par la sœur moldue de la sorcière qui avait lancé les gramophones enchantés.
En entrant dans le bar sorcier, elles saluèrent Hannah Londubat, la patronne, ainsi que Neville, son époux. Leurs enfants, Jane et Andrew, étaient en train de faire le service, comme souvent pendant les vacances, ce qui leur permettait d'augmenter substantiellement leur argent de poche. Les jumeaux Londubat étaient en septième année, à Gryffondor comme leur père. Ils vinrent les saluer avec plaisir. Les deux Potter s'étaient installées au bar pour discuter avec leurs amis sans les empêcher de travailler, tout en sirotant un jus de citrouille.
La mère et la fille passèrent ensuite par l'arrière-cour pour rejoindre le Chemin de Traverse, la grande artère commerçante sorcière d'Angleterre. Elles commencèrent par racheter quelques plumes, de l'encre et du parchemin. Elles firent ensuite le tour de plusieurs boutiques de mode sorcière, bien plus nombreuses qu'à l'époque où Ginny était jeune fille. Elles y trouvèrent des vêtements qui leur plaisaient, mais pas de robe de soirée. Ginny et Lily entrèrent donc chez Madame Guipure, où Harry et les garçons devaient les rejoindre en fin d'après-midi pour celle d'Albus.
La jeune fille se fit faire un modèle simple et sobre, mais élégant. Elle avait choisi un joli vert printanier qui lui allait parfaitement bien. Dès leur arrivée, ses frères et son père approuvèrent son choix. Pendant que Madame Guipure s'occupait des finitions de la robe de Lily, une jeune couturière prenait les mensurations d'Albus. Il feuilleta le catalogue de la boutique et choisit, avec l'approbation de sa famille, une élégante robe de sorcier d'un vert profond, qui rappelait celui de ses yeux.
— Vous serez parfaitement assortis, tous les deux, vous pourriez aller au bal ensemble, leur dit malicieusement leur mère.
— Ah non, pas question, je ne vais pas prendre le risque qu'Anwenn m'arrache les yeux !
Toute la famille éclata de rire.
— Tu as déjà un cavalier, Lily ? demanda James.
— On ne parle pas encore du bal, à Poudlard, personne ne me l'a donc encore proposé.
Albus se détourna discrètement pour cacher son envie de rire.
— Tu risques de n'avoir que l'embarras du choix, ma puce... dit son père d'un air navré. Surtout jolie comme tu l'es, continua-t-il avec un clin d'œil. Ne te sens pas obligée d'accepter le premier cavalier venu, surtout si un autre te plaît.
Ginny fixa Harry avec un sourire qui en disait long, avant de dire négligemment :
— Surtout que Lily est en quatrième année, elle n'est donc pas obligée d'avoir un cavalier pour aller au bal.
Se souvenant de ce qu'on leur avait raconté du Bal de Noël qu'avaient vécu leurs parents, lors du Tournoi des Trois Sorciers, les enfants Potter ricanèrent.
Les cours avaient recommencé depuis quelques jours, à Poudlard. Le château et ses alentours étaient recouverts de neige. Dans les vestiaires du terrain de Quidditch, l'équipe de Gryffondor était rassemblée autour de son capitaine, Eamon Finnigan. Celui-ci se tenait devant un tableau, une craie à la main, expliquant les « quelques » stratégies sur lesquelles il s'était penché. Le poursuiveur de septième année était un garçon calme et généralement sûr de lui. Il connaissait ses joueurs, leurs points forts et leurs points faibles, et savait pouvoir compter sur eux. Il appréciait son rôle de capitaine et était apprécié de son équipe.
Anwenn Kendal et Julia Blentwitch, les poursuiveuses qui formaient le trio offensif avec lui, s'étaient placées côte à côte. Malgré leurs deux années d'écart, les deux jeunes filles s'étaient très vite entendues à merveille. Elle se complétaient très bien, Julia étant aussi calme et posée qu'Anwenn était exubérante et fonceuse. Juste à côté des poursuiveuses s'étaient installés les batteurs, Walter Vaughn et Albus Potter. L'un comme l'autre d'un naturel calme, ils maniaient tous deux leurs battes avec dextérité sur le terrain et étaient redoutés des autres Maisons.
Bien qu'ils sortent ensemble depuis un moment, Anwenn et Albus étaient plutôt discrets sur leur relation. La jeune fille craignait en effet que l'on pense qu'elle ne sortait avec lui que pour son nom. Le jeune homme regrettait cette réaction mais la respectait. Lily, quant à elle, trouvait cela dommage. Elle avait donc dit à sa coéquipière que l'on voyait très clairement que ce n'était pas le cas, et qu'elle n'hésiterait pas à faire taire les rumeurs s'il y en avait.
Le gardien et benjamin de l'équipe, Michael Crivey, était assis face au tableau. La tête dans une main, l'air très concentré, il ne quittait pas celui-ci du regard. On sentait qu'il était inquiet à l'idée de ne pas être à la hauteur lors de leur prochain match, qui aurait lieu contre Poufsouffle début février. Les pensées de Lily dérivèrent vers le match de janvier, où les Serdaigle et les Serpentard s'affronteraient. Elle soupira.
— Un souci par rapport à la stratégie, Lily ? lui demanda le capitaine.
— Non, je repensais à ce fichu Vif d'Or...
— Écoute, on te l'a déjà dit et répété, ce n'est pas grave. C'est la première fois depuis que tu es dans l'équipe que tu ne l'attrapes pas. Rares sont les attrapeurs qui ont un aussi bon palmarès. Et Malefoy est très bon, d'ailleurs je n'ai jamais vu personne d'autre que toi le battre. Tu n'as pas à t'en vouloir.
— Peut-être, mais pour la Coupe...
— Tu sais aussi bien que moi, aussi bien que chacun d'entre nous, qu'un seul match ne suffit pas pour la perdre ou la gagner. Chaque équipe affronte les trois autres et tant que le dernier match de la saison n'est pas joué, nul ne peut prédire de manière fiable le vainqueur.
Et le jeune homme effaça une partie du tableau pour refaire devant ses coéquipiers de savants calculs, tenant compte des deux matchs déjà joués. Ils avaient encore toutes leurs chances et Eamon comptait bien mener son équipe à la victoire avant son départ définitif de Poudlard.
Siobhan Vaughn et Moira MacGuire se dirigèrent ensemble vers la table où travaillaient la plupart des Quatrième année, notamment leurs aînés, Amalric et Ailis, dans un coin tranquille de la Salle Commune. Comme souvent, les grands leur firent un peu de place. Lily appela Siobhan auprès d'elle. Elle aimait bien la fillette, qui lui ressemblait. En effet, Siobhan était rousse aux yeux bleus et avait du caractère. Elle n'avait pas la langue dans sa poche et s'intéressait à tout ce qui l'entourait, mais avait le cœur sur la main. Benjamine de la famille Vaughn, elle avait un frère de plus que Lily. Ceux-ci l'aimaient beaucoup, mais la jeune Potter la comprenait mieux sur certains points qu'eux.
— Tu travailles sur quoi, Lily ? lui demanda la fillette.
— L'Arithmancie.
— Tiens, Amalric en fait aussi. C'est intéressant ?
— Très. On étudie les propriétés magiques des nombres et l'on apprend à s'en servir.
— Ah oui, j'imagine.
— C'est même passionnant, mais plutôt difficile, il y a beaucoup d'équations.
— Et le professeur Vector, elle est comment ?
— Elle explique très bien, nous stimule vraiment, mais est très exigeante. Elle nous donne des devoirs compliqués mais, si l'on suit régulièrement et que l'on travaille vraiment, on est quasiment assuré d'avoir un Optimal ou un Effort exceptionnel à la BUSE ou à l'ASPIC d'Arithmancie.
— L'une des deux meilleures notes ? Wahou !
Elles se mirent à rire puis parlèrent des autres matières.
Le dimanche qui précédait le match Serdaigle/Serpentard, Lily se décida à aborder avec Scorpius le sujet qui la préoccupait. Sans quitter ses bras, elle le regarda gravement et lui demanda :
— Est-ce que tu sais où j'habite ?
— À Poudlard pendant l'année scolaire et chez tes parents le reste du temps, pourquoi ? lui répondit-il sarcastiquement.
Elle lui tira la langue et continua :
— Et mes parents, justement, sais-tu où ils vivent ?
Il la fixa, perplexe. Où voulait-elle donc en venir ?
— Ce ne serait pas dans un village en lien avec Godric Gryffondor ?
— Godric's Hollow. Oui, le Manoir Potter est situé là-bas. C'est la maison où nous passons toutes nos vacances d'été. Celle-là même où mes grands-parents ont été assassinés par Voldemort. Mais ce n'est pas de celle-ci dont je veux te parler.
— Ne me dis pas qu'ils vivent dans un village du nom de Salazar's Hollow le reste de l'année ! dit-il pour détendre l'atmosphère, ce qui fit sourire la jeune fille.
— Non, je ne crois pas qu'il existe de lieu portant ce nom. Mais, quelque part, tu brûles : la demeure dans laquelle mes parents passent la majeure partie de l'année vient d'une grande famille de sorciers dont presque tous les membres ont été à Serpentard.
Surpris, le jeune homme la fixa intensément.
— J'avais cru comprendre que tu descendais d'une lignée de fiers et braves Gryffondor...
— C'est le cas, Scorpius. Cette demeure n'est pas celle de mes ancêtres. Mon père l'a héritée de son parrain, dernier membre de cette noble et ancienne lignée... mais aussi premier Gryffondor de celle-ci.
Il la regarda, interloqué, sans savoir quoi dire. Un mince sourire étira les lèvres de la jeune fille tandis qu'elle l'observait.
— Le parrain de mon père était l'un des meilleurs amis de mon grand-père, James Potter. L'un des Maraudeurs. Patmol, c'était lui. Mon frère aîné porte d'ailleurs son prénom en deuxième position. Il s'appelait Sirius Black.
— Black ? Tu as bien dit Black ?
Elle opina.
— J'ai bien dit Black. La noble et ancienne famille sorcière dont la devise était Toujours Pur, oui. Dans notre maison, il y a une tapisserie qui représente l'arbre généalogique des Black.
— J'en ai entendu parler...
— Je m'en doute, parce que j'ai vu ton nom écrit dessus.
— Oui, ma grand-mère, Narcissa Malefoy, est née Black.
— Je sais, je l'ai lu. Elle avait deux sœurs.
— Oui, je sais. Elle les a malheureusement perdues il y a bien longtemps.
— L'une d'elles était Bellatrix Lestrange. Mangemort, bras droit de Voldemort, elle fut tuée lors de la Bataille Finale. Par ma grand-mère, Molly Weasley.
— C'est ce que j'ai entendu dire. Ta grand-mère doit être une duelliste redoutable.
— C'est ce que j'ai entendu dire aussi, mais je ne l'ai jamais vu moi-même. À vrai dire, elle cache bien son jeu la plupart du temps. Connais-tu le nom de l'autre sœur de ta grand-mère ?
Il fronça les sourcils.
— J'ai déjà dû l'entendre, mais elle n'en parle quasiment jamais. Je ne sais pas comment celle-ci est morte, mais le sujet semble douloureux pour elle.
— Elle n'est pas morte, Scorpius, dit Lily doucement.
Le jeune homme se leva brusquement, bouleversé.
— Comment ça ? Qu'est-ce que tu en sais ?
— Andromeda Black a été reniée par sa famille lorsqu'elle a épousé un né-Moldu, Ted Tonks, un Poufsouffle de la même année qu'elle. Elle a eu une fille avec lui, Nymphadora Tonks. Celle-ci a d'ailleurs épousé Remus Lupin.
— Euh... Le Maraudeur loup-garou ? s'exclama-t-il, complètement perdu.
— Exactement. Ainsi, Nymphadora Tonks était la cousine germaine de ton père et son fils Teddy Lupin est donc ton cousin. C'est aussi le filleul de mon père.
Bouche bée, le jeune homme fixa sa petite amie sans réagir. Encore sous le choc, il finit par s'asseoir face à elle et dit d'une voix cassée :
— Ça fait longtemps que tu es au courant ?
— Albus m'a montré ton nom sur la tapisserie durant les vacances de Noël. Je ne l'avais jamais remarqué avant. Et Granny ne parle quasiment jamais de ses sœurs.
— Granny ?
— C'est comme ça que nous appelons Andromeda Tonks. Elle est une grand-mère de cœur, pour mes frères et moi, comme Teddy est notre frère de cœur.
Brusquement, il se mit à rire et serra la jeune fille contre lui.
— Tu es une fille incroyable, Lily ! Je n'aurais jamais imaginé qu'un jour ma petite amie m'apprenne que j'avais de la famille inconnue ! Et encore moins qu'elle en soit si proche !
Elle joignit son rire au sien puis il redevint sérieux.
— J'aimerais vraiment beaucoup les rencontrer, en tout cas. Enfin, s'ils veulent bien faire ma connaissance...
Lily lui fit un large sourire et lui dit :
— Je suis sûre qu'ils seront très heureux de connaître le jeune homme que tu es, Scorpius.
Il parut rasséréné. Les deux jeunes gens s'embrassèrent. Le Serpentard se souvint brusquement de ce qu'elle avait dit plus tôt.
— Et Sirius Black... le parrain de ton père, c'est bien ça ?
Elle opina tandis qu'il continuait :
— Qui était-il, par rapport à moi ?
— C'était un cousin germain de ta grand-mère.
Il hocha la tête en souriant et continua à l'écouter.
— Mais sa cousine préférée était Andromeda. J'ai d'ailleurs toujours trouvé très amusant qu'un des Maraudeurs ait épousé la fille de la cousine d'un autre !
Il rit puis lui demanda :
— Ils avaient une grande différence d'âge, alors ?
— Non, douze ans seulement. Sirius était plus jeune que ses cousines.
Ils discutèrent encore un moment des Maraudeurs et des Black.
