9. 2022/2023 Quidditch et Pré au Lard
— Alors, Lily, tu vas encourager quel capitaine ?
Celle-ci se trouvait dans les couloirs de Poudlard, avec Erin et Ailis, à la veille du match qui opposerait Serdaigle à Serpentard. La jeune fille grogna.
— Tu préfères voir gagner ta cousine ou ton petit copain ? insista Erin sur le ton de la plaisanterie.
— Je les encouragerai tous les deux. Et c'est Gryffondor que je préfère voir gagner, donc j'espère que le résultat de ce match ne défavorisera pas notre équipe !
Ses deux amies sourirent, la reconnaissant bien là.
Le lendemain matin, en entrant dans la Grande Salle, Lily se dirigea vers la table de Serdaigle. Elle eut un sourire amusé en voyant Alec McKinnon donner la becquée à sa cousine Rose Weasley, qui stressait visiblement beaucoup trop pour manger. Celle-ci se laissait cependant faire par son petit ami, qui se montrait délicat et prévenant. C'était un grand roux aux yeux verts. Sa large carrure était bien digne d'un Écossais. Il était dans la même Maison que Rose, mais en septième année. D'un naturel joyeux, il avait cependant une volonté de fer. Le jeune homme cherchait toujours à se dépasser et à être le meilleur, ce qui ne l'empêchait pas d'être attentif aux autres et de faire de son mieux pour les aider, raison pour laquelle il avait été nommé préfet-en-chef, cette année-là.
Lucy Weasley, qui se tenait non loin de là, grimaça un sourire à sa cousine en la voyant arriver. Cela ne lui ressemblait pas du tout, elle était gaie et enjouée presque tous les jours de l'année. Lily s'assit à côté de la fille de Percy et lui dit :
— Oh, ne fais pas cette tête-là, Lucy, vous avez une excellente équipe, vous avez toutes vos chances de gagner !
— Surtout si ton petit ami nous laisse le Vif, ironisa la Serdaigle.
Les jeunes filles se mirent à plaisanter et arrivèrent même à dérider Rose. Les trois cousines parlèrent un moment, avant que la benjamine des Potter ne quitte la table bleu et bronze pour la table vert et argent.
Scorpius était en train de discuter avec Michael Nott et Hugh Boot, ses deux meilleurs amis, accessoirement batteurs de son équipe. Les trois garçons n'avaient presque pas touché à leur petit déjeuner. Lily posa ses mains sur les yeux de son petit ami, qui les emprisonna aussitôt dans les siennes. Il bascula la tête en arrière pour lui faire un large sourire.
— C'est agréable de se faire encourager par la plus jolie fille de l'école.
— Vil flatteur ! dit-elle en pouffant, avant de poser ses lèvres sur les siennes.
Il en profita pour la faire pivoter et l'asseoir sur ses genoux.
— Je suis content de voir que ce sont les Serpentard que tu espères voir gagner.
— Tu rêves, beau blond ! C'est Gryffondor que je veux voir gagner ! se récria-t-elle joyeusement.
— Pourquoi ça ne m'étonne pas ? demanda-t-il en ricanant.
— Mais ça ne m'empêche pas de t'encourager face à mes cousines, et d'encourager mes cousines face à toi, continua-t-elle avec un sourire en coin et les yeux pétillants.
Il resserra sa prise autour de la taille de la jeune fille et lui glissa à l'oreille :
— Toi, je ne suis pas près de te laisser filer, ma jolie lionne.
— Le feu et la glace. Comme c'est mignon... susurra Drenka O'Reilly, l'une des poursuiveuses de Serpentard, qui avait l'air franchement amusée, en prenant place non loin d'eux.
— Tu ferais mieux de garder ton énergie pour le match, O'Reilly ! lui rétorqua son capitaine avec le sourire, tandis que Lily tirait la langue à sa camarade de classe.
Lorsque Lucy eut fini de déjeuner, elle s'approcha de la Gryffondor et lui dit avec un air machiavélique :
— Super, Lily, continue à distraire le capitaine de Serpentard ! Comme ça, il en oubliera peut-être de chercher le Vif !
Scorpius éclata de rire.
— Je te rappelle que je suis capable de l'attraper sous le nez de ta cousine... Alors ce n'est pas sa présence sur mes genoux maintenant ou dans les gradins tout à l'heure qui pourra m'en empêcher !
— Ben voyons. Fais gaffe à tes chevilles ! s'exclama Lily en lui piquant un toast.
Lily s'installa dans la tribune de Gryffondor, près d'Ailis MacGuire et Erin Finnigan. Les trois amies aimaient le Quidditch, mais la fille des Potter était la seule à pratiquer ce sport à Poudlard. Elles étaient en train de discuter gaiement lorsqu'Albus passa près d'elles avec Anwenn. Il s'arrêta près de sa sœur et lui fit remarquer malicieusement :
— Alors comme ça, tu désertes la table Gryffondor, Lily ?
— Ce n'était pas prémédité, Al, et je n'ai pas vraiment eu le choix !
— Oh, vraiment ? Prétends que tu n'as pas aimé cet enlèvement !
Pour toute réponse, elle fronça le nez dédaigneusement.
Les trois poursuiveurs de Serdaigle, Bruce Ackerley, Rose et Lucy Weasley, étaient particulièrement en forme, ce samedi-là. Comme toute l'équipe bleu et bronze, d'ailleurs. Lily voyait Scorpius blêmir, au fur et à mesure que les Serpentard encaissaient des buts et prenaient du retard. Il criait sur ses troupes pour les galvaniser, sans cesser de fouiller le stade des yeux pour trouver le Vif d'Or.
— Salut les filles ! lança Eamon Finnigan en se plaçant juste derrière les trois jeunes filles.
— Salut Eamon ! lui répondirent sa sœur et Ailis.
— Salut Capitaine ! s'exclama Lily.
— Vous avez vu ce jeu ?
Elles opinèrent.
— Les Serdaigle se sont sacrément améliorés. Elle se débrouille vraiment bien, ta cousine, Lily. Je crois que ça fait longtemps qu'ils n'ont pas eu de si bon capitaine.
La benjamine des Potter ne put retenir un sourire de fierté.
— On dirait bien que tes cousines se sont entraînées tout l'été.
— Pas plus que d'habitude, à ma connaissance. En revanche, je sais que Rose a passé beaucoup de temps avec ma mère, durant les vacances. J'ai comme l'impression qu'elles ont discuté Quidditch...
— Avec l'ancienne poursuiveuse vedette des Harpies de Holyhead ? Aujourd'hui considérée comme une spécialiste du sujet, vu ce qu'elle écrit dans la Gazette du Sorcier ?
Le sourire de Lily s'accentua.
— Merlin, nous sommes perdus ! Si tes cousines deviennent aussi bonnes que ta mère et se mettent à utiliser des stratégies de professionnels... dit le jeune homme d'un ton volontairement théâtral.
Les trois jeunes filles éclatèrent de rire.
— Nous avons une bonne équipe aussi, Eamon. Je suis sûre qu'on peut les battre.
— Justement, c'est pour ça que je suis venu vous voir, les filles.
Étonnées, elles lui demandèrent ce qu'il voulait dire précisément.
— Je fais le tour de tous les joueurs de l'équipe pour être sûr qu'ils soient attentifs à la technique des Serdaigle. On devra les affronter juste avant les examens, ce sera le dernier match de l'année et il est crucial... J'aimerais vraiment qu'on ait pu, d'ici là, décortiquer leur jeu pour s'entraîner à les contrer.
— Pas de problème !
— Sinon, Lily, comment tu le trouves, leur attrapeur ?
— Il s'est sacrément amélioré depuis l'an dernier. Mais je ne pense pas qu'il puisse battre Scorpius.
— À propos de ton copain, tu pourras lui demander ce qu'il pense du jeu des Serdaigle ?
— Tu sais, Eamon, lui et moi restons rivaux sur le terrain. Il me dira ce genre de choses seulement s'il pense que cela peut avantager les Serpentard.
Ils discutèrent encore un peu puis le jeune homme finit par s'éloigner. Les trois amies se concentrèrent sur le match.
Les Serpentard l'emportèrent de 20 points seulement, grâce au Vif d'Or que leur capitaine avait attrapé, sauvant l'honneur. Lily complimenta ses cousines qui avaient si bien joué. Elle rejoignit son petit ami, qu'elle devinait tendu, à la sortie des vestiaires et le félicita. Ils rentrèrent au château main dans la main. Lorsqu'ils se séparèrent, dans le Grand Hall, elle lui recommanda de bien profiter de la fête que sa Maison était certainement en train d'organiser, masquant sa sollicitude derrière un air malicieux.
Il faisait froid, cet hiver-là, et la neige avait recouvert Poudlard et ses environs. Chaudement emmitouflés, blottis l'un contre l'autre, Lily et Scorpius se promenaient dans le parc tout en discutant de tout et de rien. Ils s'arrêtaient de temps à autre dans des endroits calmes pour s'embrasser. C'était justement ce qu'ils étaient en train de faire lorsqu'ils entendirent du bruit dans l'arbre qui les surplombait. Ils levèrent la tête vivement, la main se portant machinalement vers la poche qui contenait leur baguette. Un même sourire de soulagement étira leurs lèvres. Un chat gris venait de bondir pour tenter d'attraper un oiseau, qui avait sauté sur la branche supérieure.
— Salut à toi, félin chasseur, lui dit Scorpius.
Celui-ci se mit à fixer les jeunes gens, tandis que Lily riait.
— Tu as fini de te moquer de moi ? lui demanda le jeune homme avec une grimace.
— Mais non, Scorpius, je ne me moque pas. En fait, je ne m'attendais pas à t'entendre saluer ainsi Sphinx.
— Ah, c'est lui !
Lily opina avec un sourire, avant d'appeler le chat.
Celui-ci descendit tranquillement vers les sorciers puis sauta sur les épaules de sa maîtresse. Il continua à fixer le Serpentard.
— Il est vraiment très beau. Tu l'as choisi parce qu'il a les mêmes yeux que toi ?
Elle mordilla sa lèvre et expliqua :
— À vrai dire, c'est plutôt lui qui m'a choisie.
À ce moment-là, Sphinx sauta dans les bras de la jeune fille.
— Oh, vraiment ?
Il se pencha vers le chat et le regarda dans les yeux. Au bout d'un moment, celui-ci se mit à ronronner et posa tranquillement sa patte sur la main de Scorpius.
— Ça alors ! s'écria Lily. Je ne l'avais jamais vu réagir comme ça auparavant, surtout avec quelqu'un qu'il ne connaît pas !
— On dirait qu'il m'aime bien, fit le jeune homme avec un sourire de triomphe. Mais dis-moi, Lily, il ne serait pas un peu Fléreur, ton chat ?
Elle sourit.
— Mmmh, et qu'est-ce qui te fait penser ça ?
— Sa queue ressemble plus à celle d'un lion que d'un chat et ses oreilles sont très grandes. Mais surtout son regard, je suis sûr qu'il comprend bien plus qu'il ne le laisse croire.
— Bien vu, Mr Malefoy. Tu t'y connais en créatures magiques.
— Ça m'a toujours passionné. D'ailleurs, je me demande si je ne vais pas tenter de devenir vétérimage.
Elle le jaugea du regard un instant.
— Je crois que ça t'irait bien, en effet... C'est donc pour ça que tu m'en as parlé, cet été, dans tes lettres, continua-t-elle d'un ton badin.
Il éclata de rire.
— Non, ça, c'est comme les runes. Un excellent prétexte pour t'écrire et espérer recevoir une réponse de ta part !
— C'est bien ce que j'avais supposé... et espéré, glissa-t-elle dans un sourire malicieux, avant de déposer un baiser sur ses lèvres.
Le match Gryffondor contre Poufsouffle eut lieu le deuxième samedi de février, une semaine avant la sortie à Pré-au-Lard. Les lions s'étaient beaucoup entraînés et firent tout leur possible pour accumuler un maximum de points d'avance. La principale tâche de Lily était d'empêcher l'attrapeuse adverse, Ann Whitby, une Deuxième année, de s'approcher suffisamment du Vif d'Or. La jeune fille y réussit assez facilement, s'amusant beaucoup. Dans les tribunes, Scorpius la fixait avec un sourire amusé, ayant très bien compris son manège. À la fin du match, il descendit sur le terrain pour féliciter sa petite amie et la serra contre lui. Puis il défit la tresse de la Gryffondor et lui demanda, un air de défi dans le regard, s'il pouvait garder le cordon de cuir qui avait servi à attacher ses cheveux, en guise de porte-bonheur. Lily sourit à cette idée et le lui accorda volontiers.
C'était jour de sortie à Pré-au-Lard. Ailis, Erin et Lily entrèrent chez Weasley Farces pour sorciers facétieux. Elles saluèrent Ron, George et Lizbeth, la vendeuse, qui leur répondirent chaleureusement. James sortit de l'arrière-boutique, un carton rempli de farces à mettre en rayon dans les mains, et s'arrêta en voyant les trois jeunes filles. Il plaqua aussitôt un sourire charmeur sur son visage, refourgua le paquet à son oncle George et s'approcha d'elles.
— Ah, voilà les plus jolies filles de tout Poudlard ! Quel plaisir et quel honneur de vous recevoir en cette humble boutique ! Me ferez-vous la joie de gaspiller quelques minutes de votre précieux temps avec le misérable vermisseau que je suis ?
— Pas la peine de faire le joli-cœur, James, ça ne marche pas avec nous ! Nous sommes immunisées, depuis le temps, tu sais, dit Lily sur un ton qui laissait voir son amusement.
Ses amies ricanèrent. Exagérant volontiers son ton charmeur, James s'enquit des études des jeunes filles et des nouvelles de Poudlard, tout en les entraînant vers l'arrière-boutique pour plus de tranquillité. Au bout d'un moment, Erin et Ailis s'excusèrent et partirent faire le tour du magasin.
— Alors, Papa et Maman sont toujours aussi amoureux ?
— Toujours ! fit-il en simulant une grimace de dégoût qui fit sourire sa sœur, comme à chaque fois.
C'était une plaisanterie courante, entre les enfants Potter. Surtout depuis que James était entré à Poudlard. Celui-ci ne l'avouerait pour rien au monde, mais il aimait autant que Lily voir les gestes tendres et entendre les mots doux qu'échangeaient régulièrement leurs parents.
— Et comment vont-ils ?
— Très bien. Ils m'ont chargé de te dire qu'ils pensent bien à toi. Et, va savoir pourquoi, ils te rappellent de prendre exemple plutôt sur Albus que sur moi, finit-il en se passant la main dans les cheveux.
La benjamine pouffa puis répliqua malicieusement :
— Franchement, je ne vois pas pourquoi !
Son frère lui retourna un sourire machiavélique.
— Et sinon, la cohabitation avec les garçons, toujours aussi idyllique ?
Le jeune homme avait en effet pris un appartement en colocation avec ses deux meilleurs amis, Lawrence Niles et Julian Abercrombie, dans le Londres moldu.
— Le paradis ! répondit-il avec un grand sourire. Comme je te le disais à Noël, il faut vraiment que tu viennes voir par toi-même cet été.
Elle le lui promit à nouveau.
— Et sinon, depuis Noël, tu as changé combien de fois de copine ?
— Oh, une seule ! Et tu ne devineras jamais, à propos de la nouvelle... dit-il avec un sourire en coin.
La jeune fille haussa un sourcil.
— C'est quelqu'un que je connais ?
Il fit non de la tête.
— Alors, qu'a-t-elle de si particulier ?
— C'est une Moldue ! s'exclama-t-il fièrement, ses yeux pétillant de malice.
— Rassure-moi, tu n'as pas transgressé le Code du Secret Magique ?
— Ah non, ne t'inquiète pas, je connais les limites à ne pas franchir ! Elle ne sait rien du monde sorcier !
Lily ricana.
— Attends, James, tu es en train de me dire que tu sors avec une fille pour qui tu n'es qu'un individu lambda, pas le fils du célèbre Harry Potter ?
Il opina.
— Alors là, ça ne te ressemble pas du tout, du tout, mon cher ! fit-elle d'un ton amusé, en touchant le front de son frère, comme pour vérifier s'il avait de la fièvre. À moins que tu ne sois sérieusement amoureux d'elle ?
— Moi ? Sérieusement amoureux d'une fille ? Eh, Lily, ne te mets pas à confondre tes frères ! dit-il en riant.
— Bon, alors, qui t'a mis au défi de sortir avec une Moldue ? Julian ou Lawrence ?
— Décidément, sœurette, tu nous connais par cœur ! s'exclama-t-il en faisant mine d'être vexé, se taisant un moment, avant de reprendre avec un sourire malicieux. C'était une idée de Julian. Et je dois dire que je trouve l'expérience vraiment intéressante.
— Tu ne changeras jamais ! dit-elle en lui donnant une bourrade, ne pouvant cacher totalement son amusement. Enfin au moins, cette pauvre jeune fille ne se sera pas fait de film en s'imaginant à la une de Sorcière Hebdo ou bien devenant la nouvelle madame Potter !
— Si j'en crois ce que j'ai vu tout à l'heure, Lily, la prochaine madame Potter sera très probablement une certaine Anwenn de notre connaissance... Albus est encore plus dégoulinant de sentimentalisme que Papa et Maman réunis !
Ils éclatèrent de rire ensemble.
— Mais bon, Jenny est adorable et quelque part, c'est très rafraîchissant de sortir avec une fille qui ne se pâme pas rien qu'à l'évocation de mon nom.
— Ne me dis pas que tu as cherché à lui plaire uniquement avec tes qualités intérieures !
— Tu plaisantes, Lily ? Le charme Potter dont je suis naturellement pourvu a fait son effet, dit-il avec un sourire un peu vaniteux. Il faut profiter de la vie, tu sais.
— Oh ça, James Sirius Potter, pour profiter de la vie, tu en profites, il n'y a pas de doute !
— Et toi, Tête-de-pioche, où en sont tes amours ?
— Ouh là, c'est compliqué !
Il fronça les sourcils.
— Mais rien de grave, rassure-toi !
— James Potter, à votre écoute, jolie demoiselle ! lui dit-il dans une révérence, tout en souriant en coin.
— Je sais que je peux toujours compter sur toi, Jamesie, mais je n'ai pas vraiment envie d'en parler maintenant...
— Quand tu veux, je suis toujours là pour toi, tu le sais.
Elle lui sourit chaleureusement et lui dit :
— On pourra en parler tranquillement cet été, pendant les vacances, si tu veux.
La benjamine des Potter prit ensuite des nouvelles de la famille, auprès de son frère et de ses oncles. George et James lui confièrent un sac en papier contenant les nouveautés à tester et elle leur donna le compte-rendu des précédentes. Elle alla ensuite choisir ce dont elle avait besoin dans le magasin puis rejoignit ses amies, qui l'attendaient près de la sortie.
— Il est toujours aussi mignon, ton frère, dit Ailis peu après qu'elles aient quitté la boutique de farces et attrapes.
— C'est vrai, continua Erin, et puis...
— Je vous arrête tout de suite, les filles ! les interrompit leur amie. Je l'aime vraiment beaucoup, et James est un frère génial. Mais n'oubliez pas qu'il collectionne les petites copines... Et croyez-moi, il n'a pas arrêté en sortant de Poudlard !
Elles continuèrent à discuter tout en se dirigeant vers l'autre côté du village.
Il faisait décidément très froid, en ce troisième samedi de février. La neige avait fondu depuis longtemps, lorsque le temps s'était un peu radouci, mais le froid était revenu de plus belle par la suite. Trois silhouettes emmitouflées traversaient les rues de Pré-au-Lard d'un pas alerte. Des rires s'élevaient de temps en temps du petit groupe. Fréquemment, les silhouettes échangeaient un salut avec d'autres silhouettes. Au bout d'un moment, elles s'arrêtèrent devant un autre groupe, dont les écharpes étaient aussi vert et gris que les leurs étaient rouge et jaune. De chacun des deux groupes se détacha une silhouette. Ces deux-là se rejoignirent, saluèrent les autres de la main et partirent ensemble, côte à côte, dans une autre direction.
— Alors, Lily, ton frère et ta famille vont bien ?
— À merveille. Tu as trouvé ce que tu voulais ?
— Oui, répondit-il avec un sourire de contentement. Mais tu m'as manqué. Quand ils sauront, pour nous, je me ferai un plaisir de t'accompagner dans la boutique de tes oncles.
Elle sourit en imaginant la crispation de ceux-ci et de son frère.
— Toi aussi, tu m'as manqué, glissa-t-elle avant de lui déposer un baiser sur les lèvres. Est-ce que je peux savoir, maintenant, où tu as décidé de m'emmener ?
— Regarde, nous sommes arrivés.
Ils se tenaient devant la ménagerie magique. Elle se tourna vers lui en souriant.
— C'est vrai que tu t'intéresses aux créatures magiques. Tu connais Hagrid, je suppose ?
— Oui, je discute parfois avec lui. Et toi ? Encore un ami de ta famille, je présume ?
Le regard de la jeune fille se mit à pétiller, tandis qu'elle laissait échapper un rire cristallin.
— En effet. Il est absolument fascinant.
— C'est vrai, lui répondit-il en souriant.
Ils entrèrent dans la boutique après avoir mis une certaine distance entre eux deux. Hagrid était penché sur une cage. En entendant sonner la clochette qui se trouvait au-dessus de la porte, il se redressa et se tourna vers l'entrée. Le demi-géant se mit à sourire et s'exclama joyeusement :
— Oh ! Quelle bonne surprise ! Si je m'attendais ! Lily Potter ! Scorpius Malefoy ! Comment allez-vous, les enfants ?
Ils lui répondirent qu'ils allaient très bien et commencèrent à engager la conversation avec lui. Au bout d'un moment, il les regarda d'un œil soupçonneux et leur demanda :
— Mais vous vous connaissez, tous les deux ?
Les jeunes gens se crispèrent imperceptiblement. Lily adressa un grand sourire au vieil homme et lui répondit :
— Oui, bien sûr, nous sommes adversaires sur le terrain de Quidditch, puisque nous sommes tous les deux attrapeurs.
— Nous nous sommes croisés non loin d'ici et, comme nous voulions tous les deux venir vous voir, nous avons fait le chemin ensemble, continua Scorpius avec une belle assurance.
— C'est vraiment très gentil à vous de venir me rendre visite, leur dit-il avec un grand sourire. Mais venez donc vous asseoir, je vais vous faire du thé. J'ai aussi des gâteaux.
Les jeunes gens se figèrent à l'idée des biscuits immangeables que le commerçant leur offrait régulièrement. Celui-ci poursuivit sans s'en être aperçu.
— D'ailleurs, Lily, tu remercieras ta mère de ma part, c'est elle qui me les a envoyés.
Elle sourit aussitôt et accepta avec plaisir son invitation.
Hagrid les entraîna vers l'arrière-boutique et les fit asseoir d'autorité à la grande table qui se trouvait là, qu'il débarrassa d'un large geste du bras. Il leur demanda d'abord des nouvelles de Sphinx et de la chouette effraie de Scorpius. Puis il s'enquit des membres de la famille de Lily.
— Quand je pense que j'ai tenu ton père dans mes bras alors qu'il n'était pas plus grand que ça ! s'exclama-t-il ensuite, de sa grosse voix bourrue, en écartant à peine ses mains immenses. Et maintenant, c'est sa fille qui vient me rendre visite...
Le demi-géant resta songeur un instant puis scruta les jeunes gens face à lui. La Gryffondor prit l'immense tasse de thé qu'il venait de lui servir et commença à boire pour garder contenance, se brûlant un peu la langue au passage.
— Je sais que vos pères se détestaient alors je suis bien content de voir que ce n'est pas votre cas. Vous formeriez même un joli couple, tous les deux.
Aussitôt, la jeune fille s'étrangla avec son thé et en recracha une partie tandis que le jeune homme blémissait. Hagrid prit un air penaud et dit sur un ton d'excuse :
— Oubliez ce que je viens de dire. Je ne suis qu'un vieux gâteux...
Tandis qu'il se levait, Lily posa une main sur l'immense bras de l'ancien professeur et lui dit d'une petite voix :
— Il n'y a pas de mal, Hagrid...
Gêné, il grommela quelque chose dans sa barbe et partit vers sa boutique. Les jeunes gens entendirent les cages remuer. Scorpius regarda sa petite amie d'un air amusé.
— J'ai toujours pensé que mon père avait tort de le considérer comme un imbécile.
Elle lui renvoya un regard complice, se sentant cependant un peu coupable de ne rien dire au vieil homme.
