10. 2022/2023 Des Potter très convoités
Plus les mois passaient et plus les professeurs parlaient, durant les cours, de la guerre qui s'était terminée vingt-cinq ans plus tôt. Fin mars, la directrice de Poudlard sollicita l'attention de tous les élèves, au début du déjeuner. Eileen Brown leur annonça que la Cérémonie du Souvenir aurait lieu le jour anniversaire de la Bataille finale, le 2 mai, qui serait cette année-là un mardi. Cela ferait vingt-cinq ans que ce jour-là était férié pour les sorciers anglais, en mémoire de la guerre et surtout de la victoire sur Voldemort. Huit élèves déposeraient une gerbe devant le petit monument érigé près de la tombe de Dumbledore. Un élève de première année et un de septième année par Maison, choisis en fonction de leurs résultats scolaires et de leur comportement.
Pour bien distinguer la commémoration de la guerre, d'une part, de la célébration de la victoire, d'autre part, et éviter que les élèves soient dissipés lors de cette importante cérémonie, le bal aurait lieu plus tard, le 6 mai, c'est à dire le samedi suivant. Le professeur Brown précisa que seuls les élèves de la quatrième à la septième année y étaient invités. Les plus jeunes pouvaient néanmoins aller au bal s'ils avaient un cavalier suffisamment âgé. Elle rappela ensuite avec humour à tous les élèves que la recherche d'une cavalière ou d'un cavalier n'était pas la priorité, et que leurs examens arriveraient très vite.
Scorpius tourna son regard vers Lily, un sourire satisfait sur les lèvres. Elle était vraiment belle, avec ses longues boucles rousses et ses grands yeux bleus. Il se voyait très bien faire son entrée au bal avec elle et se délectait à l'avance de la réaction de leurs parents. Tout en sachant très bien que, quoi que ceux-ci disent ou fassent, rien ne le ferait changer d'avis sur la Gryffondor de son cœur.
Un mouvement attira son attention. Un grand blond à la démarche assurée semblait se diriger droit vers Lily. Il dégageait une impression de grande confiance en lui et arborait un sourire charmeur. Scorpius fronça les sourcils. Qui était-ce, déjà ? Un Septième année, vu son âge et puisqu'il n'avait aucun cours en commun avec lui, mais son nom lui échappait. Le Poufsouffle se pencha vers la jeune fille, lui faisant visiblement un numéro de charme. Le Serpentard serra les poings sous la table. Ce crétin prétentieux n'allait tout de même pas oser inviter sa Lily ?
Celle-ci avait d'abord accueilli l'importun avec un sourire poli. Elle fronça les sourcils en l'écoutant et jeta un bref regard à son petit ami, qui bouillait à sa table. Lorsqu'elle fit non de la tête, ses lèvres semblant délivrer le même message, et que le charmeur repartit dépité, Scorpius desserra les poings et s'aperçut qu'il avait retenu sa respiration jusque-là.
Drenka O'Reilly, qui mangeait non loin de son capitaine, n'avait rien manqué de la scène. Elle s'adressa à lui sur un ton badin, une lueur amusée au fond des yeux :
— Je crois que Potter vient de battre le record de la fille invitée le plus rapidement à un bal.
Il grogna sans répondre.
— Il va falloir t'y faire. Je pense qu'une bonne partie des garçons de l'école aimerait aller au bal avec la fille de Harry Potter, tu sais, Scorpius.
— Lily est tellement plus que simplement la fille de ses parents !
— Je sais, je te rappelle que nous sommes de la même année, elle et moi. J'ai bien remarqué qu'elle déteste qu'on ne la voie que comme ça.
Le jeune homme opina, il était parfaitement au courant.
Lorsqu'ils se retrouvèrent, juste après le déjeuner, deux autres garçons avaient tenté d'inviter la jeune fille dans l'intervalle. Lily et Scorpius étaient tous deux passablement énervés.
— Alors, la fille du sauveur du monde sorcier est très courtisée, aujourd'hui ?
— Par Merlin, les gens ne peuvent pas oublier mon nom et me regarder pour ce que je suis ?
— Visiblement, il y en a qui trouvent qu'aller au bal avec une Potter est prestigieux.
— Toi aussi, tu as du succès, si ça peut te rassurer ! J'ai entendu des filles se pâmer sur le capitaine de Serpentard !
— Sûrement pas autant que les garçons qui te suivaient des yeux.
— Qu'est-ce qu'il y a ? Tu es jaloux ?
— Jaloux d'une telle notoriété ? Certainement pas !
— Tu sais très bien que je ne l'ai pas choisie, et que j'aimerais mieux être connue pour mes propres mérites que pour ceux de mes parents !
— C'est vrai que ton père est aussi connu que Merlin...
— N'empêche que s'il n'avait pas vaincu Voldemort, je te rappelle que les Malefoy y auraient encore plus perdu, parce qu'ils étaient en disgrâce auprès de leur maître !
— Tu sais très bien que je n'ai jamais partagé ces idées-là !
— Ben heureusement, parce que si c'était le cas nous ne serions jamais devenus même simplement amis !
— Oh mais ça j'imagine très bien, Potter !
— En tout cas, Malefoy, je ne te remercie pas. Ma journée commençait mal, là elle est complètement gâchée.
Et elle partit aussitôt, le laissant en plan, ébahi. Ce n'était pas la première fois qu'ils se disputaient. Mais, n'étant pas rancuniers, ils ne s'étaient jamais encore quittés fâchés. De rage, Scorpius frappa le mur avec son poing.
En sortant de son cours d'Étude des Runes, où le professeur Babbling les avait fait travailler sur l'intérêt de l'emploi de la rune Dagaz sur les amulettes, Lily aperçut Scorpius. Adossé au mur d'en face, les mains dans les poches, il semblait passer le temps tranquillement à observer les élèves qui passaient dans ce couloir. Lucas O'Brien, un grand brun sympathique qui était à Serdaigle, sortit derrière la jeune fille et l'accosta tandis qu'elle fixait son petit ami. Elle se tourna vers son camarade de classe, surprise, et lui demanda ce qu'il voulait.
— Tu serais d'accord pour...
— N'y pense même pas ! s'exclama Scorpius, qui s'était aussitôt approché, en lui lançant un regard meurtrier.
Le garçon partit en bafouillant, les oreilles rouges. Le Serpentard proposa son bras à Lily et elle le prit calmement, tandis qu'ils se mettaient à marcher.
— Tu es très doué pour avoir l'air désinvolte, Scorpius, mais ça ne prend plus depuis belle lurette avec moi, lui glissa-t-elle au bout d'un moment.
Il lui fit un petit sourire.
— À vrai dire, je me demande même comment tu as fait pour être ici aussi rapidement, alors que tu avais cours de Potions dans les cachots avec le professeur Cook. Tu devrais être essoufflé !
— Savais-tu qu'il existe des sorts anti-essoufflement ? dit-il d'un air narquois.
Elle sourit, amusée.
— Bon, j'espère que tu n'es pas venu ici dès la fin de ton cours pour que nous nous disputions à nouveau...
— Non, au contraire, Lily... dit-il en baissant la tête, tandis qu'elle percevait un soupçon de gêne dans son ton.
La jeune fille fixa son petit ami, interloquée. Ce comportement ne lui ressemblait pas du tout.
— Il y a un souci, Scorpius ?
Il s'arrêta, l'entraîna à l'écart, vérifia qu'il n'y avait personne aux alentours et prit les mains de la jeune fille entre les siennes. Il la regarda alors dans les yeux et lui dit :
— Lily... Je suis vraiment, vraiment désolé de m'être comporté comme un imbécile tout à l'heure. Je n'aurais pas dû passer ma colère sur toi. Surtout que ce n'est pas contre toi que j'étais énervé mais contre tous les crétins qui n'arrêtent pas de te courir après à cause de ce fichu bal...
La Gryffondor lui fit alors un grand sourire et lui effleura tendrement la joue du bout des doigts.
— Moi aussi, Scorpius, je suis désolée de m'être laissée emporter. D'autant plus que je n'étais pas fâchée contre toi, mais contre ces mêmes crétins...
Le Serpentard serra alors sa petite amie dans ses bras et ils s'embrassèrent.
Le soir même comme le lendemain, nombreux furent ceux qui tentèrent leur chance auprès de la jeune fille. Son frère Albus était très sollicité aussi, ce qui incita Anwenn Kendal, la petite amie de celui-ci, à s'afficher à ses côtés et à se montrer tendre avec lui en public. Il était absolument ravi de la voir enfin agir ainsi et ne se rendit pas compte qu'elle était motivée par la crainte de le perdre. Lily fit d'ailleurs remarquer, malicieusement, à la jeune fille que ce bal avait eu du bon et que ça rendait son frère heureux. Celle-ci soupira :
— Elles veulent toutes aller au bal avec un Potter. Mais moi, je m'en contre-fiche, d'y aller avec un Potter ! Tout ce que je veux, c'est y aller avec Albus !
— Bienvenue dans la famille... lui répondit la rouquine d'un ton faussement compatissant, qui cachait mal le rire qu'elle contenait.
Les cousins Weasley n'étaient pas en reste. Leur nom avait été auréolé de gloire pendant la guerre et leur famille était active et très connue dans le monde sorcier, aussi étaient-ils très demandés. Roxanne et Lucy, qui n'avaient pas de petit ami, trouvèrent rapidement un cavalier à leur goût. Louis, qui avait toujours eu du succès auprès de la gent féminine en raison de sa grande beauté, était littéralement assailli par des filles de tout âge et de toute Maison. Mais plutôt que l'une d'elles, il décida d'inviter Jane Londubat, la fille du professeur de Botanique. Cette nouvelle alimenta les ragots durant plusieurs jours : en effet, celle-ci et Andrew, le jumeau de la jeune fille, étaient les deux meilleurs amis de Louis. Ils étaient tous les trois en septième année à Gryffondor.
Tout Poudlard savait que Rose et Hugo Weasley étaient les enfants de Ron et Hermione, les plus proches amis de Harry Potter, ceux qui l'avaient accompagné et aidé dans sa lutte contre Voldemort. Aussi avaient-ils quasiment autant de succès que les Potter. Rose en était très contrariée, ayant déjà pour cavalier Alec McKinnon, son petit ami. Hugo, au contraire, en profitait pour charmer les jeunes filles et semblait apprécier vivement d'être aussi bien entouré. Il n'avait pas encore choisi de cavalière et ne se pressait pas de le faire.
Quand ils se retrouvèrent à la fin des cours, le lendemain de l'annonce, Scorpius constata que sa petite amie était particulièrement tendue et énervée. Il la prit dans ses bras et lui embrassa les cheveux.
— Qu'est-ce qui ne va pas, ma Lily ?
— Je sature ! J'en ai marre que la plupart des gens ne voient chez moi que Potter, pas Lily !
Le jeune homme soupira et la serra plus fort contre lui.
— Ils continuent à te demander...
— Oui, pire encore qu'au début de l'année pour avoir des informations sur mon père et ma famille ! Même des Deuxième et des Troisième année m'ont proposé d'être leur cavalière !
— Mais ils ne peuvent pas aller au bal !
— S'ils sont avec quelqu'un de la Quatrième à la Septième année, si.
— Bon, il va vraiment falloir faire quelque chose pour qu'ils arrêtent de te harceler !
Elle éclata d'un rire sans joie.
— Parce que tu as une idée, peut-être, Scorp ? demanda-t-elle sarcastiquement.
— Je crois, oui, dit-il en souriant en coin.
— Tu n'as pas l'intention de faire du mal à quelqu'un, j'espère ?
— Non, ne t'inquiète pas, ce n'est pas mon genre. On va utiliser la bonne vieille méthode serpentarde : la ruse ! Tu me fais confiance ?
Elle étudia son visage quelques instants puis répondit :
— D'accord... Aurais-tu peur que l'un d'entre eux finisse par me convaincre ? continua-t-elle malicieusement.
— Mais tu as déjà un cavalier !
— Oh, vraiment ? Je ne me souviens pas avoir dit oui à aucun de ceux qui me l'ont proposé.
— N'est-ce pas évident que tu y vas avec moi ?
— Ah, le doux romantisme des Serpentard...
— Je n'envisage pas d'y aller sans toi et ne supporterais pas l'idée de t'y voir avec un autre garçon que moi, ma petite lionne préférée.
— Ah oui ? Et pourquoi ? demanda-t-elle, l'air de s'amuser beaucoup.
— Parce que je tiens vraiment à toi et que j'ai besoin de toi... souffla-t-il très doucement.
Émue par cet aveu, elle l'embrassa tendrement puis lui sourit, les yeux pétillants, et persista :
— Mais tu ne me l'as toujours pas demandé. C'est si compliqué, pour un Serpentard, de demander quelque chose ?
Il grogna et fronça son nez. Puis il se reprit, regarda la jeune fille dans les yeux et lui dit :
— Tu veux bien m'accompagner au bal, Lily ?
— Avec plaisir, Scorpius, répondit-elle dans un grand sourire.
— Tu cherches quelqu'un ?
Ils venaient d'arriver devant la Grande Salle et Scorpius fouillait les environs du regard.
— Oui, tes deux amies.
La jeune fille jeta un coup d'œil discret dans la pièce.
— Elles ne sont pas encore arrivées. Elles doivent être entre la Tour Gryffondor et ici. Viens !
Lily le prit par la main et l'entraîna à travers escaliers et passages secrets. À mi-chemin, ils rencontrèrent enfin Ailis et Erin, qui descendaient tranquillement manger tout en discutant avec Hugo. Ils se saluèrent et Scorpius leur demanda vers quelle partie de la table Gryffondor ils comptaient s'installer. Il leur demanda aussi de réserver une place pour Lily et ils lui répliquèrent qu'ils le faisaient toujours lorsqu'elle arrivait après eux.
Les cinq jeunes gens redescendirent vers la Grande Salle et continuèrent à discuter sur le chemin. Ils se séparèrent à l'entrée de celle-ci, le Serpentard retenant sa petite amie.
— Bien, je crois que la plupart des élèves sont arrivés. Tu me fais confiance quoi que je fasse, d'accord ?
— D'accord, répondit-elle en le regardant droit dans les yeux.
Il la prit alors par la taille et ils entrèrent ensemble dans la Grande Salle. Scorpius la mena jusqu'au centre de la pièce, entre la table des Poufsouffle et celle des Serdaigle. Là, il s'arrêta, se tourna face à la jeune fille, posa ses deux mains sur sa taille, lui fit un sourire charmeur et lui murmura :
— Prête, Lily ?
Elle lui sourit en retour et il se pencha alors vers elle pour l'embrasser. Lily glissa ses bras autour du cou du jeune homme pour mieux répondre à son baiser, tandis qu'il l'enlaçait pour la rapprocher de lui.
Les conversations se turent petit à petit dans la Grande Salle. Les deux jeunes gens sentirent tous les regards se braquer sur eux. Quand Scorpius estima qu'ils avaient suffisamment attiré l'attention, il interrompit tout doucement leur baiser et sourit à sa petite amie. Il guida alors la Gryffondor vers sa table, à la place que lui avaient réservée ses amis. Le Serpentard lui fit alors un baise-main accompagné d'un léger clin d'œil et la quitta pour rejoindre sa propre table, à l'autre bout de la pièce.
Les conversations reprirent de plus belle tandis que les amoureux mangeaient tranquillement, comme si de rien n'était. Ils échangeaient parfois un regard, par-dessus les deux tables centrales. À la table des professeurs, Neville Londubat ne cachait pas un petit sourire. Il devinait sans peine les raisons qui avaient incité le jeune Malefoy à agir ainsi et trouvait que celui-ci avait bien géré la situation. Il se délectait à l'avance des réactions que leur apparition ensemble au bal provoquerait chez leurs parents.
À la fin du repas, Scorpius vint galamment chercher Lily à sa table. Elle lui rendit son sourire et, main dans la main, ils se dirigèrent vers le terrain de Quidditch, puisque c'était le soir où ils s'entraînaient ensemble. Sur le chemin, la jeune fille lui dit malicieusement :
— Bravo, Scorpius, pour ce geste très Gryffondor, et merci, je devrais être tranquille, maintenant.
— Tss, tss, tss, Lily, c'était purement Serpentard ! J'indique les limites à ne pas franchir et je laisse entendre que ceux qui les dépassent le font à leurs risques et périls...
Elle éclata de rire.
— Eh bien, mon serpent chéri, si tu as besoin de les mettre en application, tes menaces, j'ai quelques accessoires en provenance directe du magasin de mes oncles qui pourraient être du plus bel effet...
— Ah, ça c'est la Lily que je connais ! s'exclama-t-il avec un grand sourire, avant de la faire tournoyer dans ses bras et de l'embrasser.
Quelques jours plus tard, le cours de Botanique portait sur les plantes à pipaillon. Ailis, Lily et Erin taillèrent soigneusement les feuilles des arbustes tremblotants. À la fin du cours, le professeur Londubat demanda à Miss Potter de rester pour l'aider à ranger la serre. Lorsque le directeur de Gryffondor avait quelque chose qui n'était pas grave à dire à un élève, il le gardait ainsi à la fin de son cours. Être convoqué dans son bureau était, en revanche, redouté. Il ne valait mieux pas avoir provoqué la colère du débonnaire professeur ou, pire encore pour les élèves de sa Maison, sa déception. Lily resta donc et il scella soigneusement la porte d'un sort, avant d'insonoriser les lieux.
— Alors, Lily, les garçons te laissent tranquille, maintenant ? demanda-t-il sur un ton amusé.
— Oui, ouf ! répondit-elle de la même manière.
— Jolie démonstration, en tout cas. Qui en a eu l'idée ?
— Scorpius.
— Je m'en doutais, dit Neville en ricanant. Bon, ce n'est pas de ça que je voulais te parler. Le professeur Brown commence à préparer les plans de table pour le Bal de la Victoire.
— Tout le monde sera placé ?
— Pas les élèves. Mais les invités et les professeurs le seront. Et la directrice m'a demandé mon avis en ce qui concerne ceux que je connais.
Lily hocha la tête en attendant la suite.
— Voilà donc à quoi j'ai pensé. Nous pourrions installer tes parents, Ron et Hermione, les Malefoy, un autre couple pour équilibrer ainsi qu'Hannah et moi à une même table.
— Tu veux compter les points ?
— Je reconnais que ça m'amuserait beaucoup d'être aux premières loges pour observer leurs réactions ! dit-il en souriant. Et cela leur permettrait surtout de parler de vous en limitant les risques qu'ils se tapent dessus.
— Parfait ! dit-elle avec un sourire malicieux. Je sens que Scorpius va beaucoup aimer l'idée.
— Vous ne devinerez jamais ce qui vient de m'arriver, les filles ! s'exclama Erin en entraînant ses amies vers leur dortoir, pour discuter à l'abri des oreilles indiscrètes.
Les deux jeunes filles la pressèrent de questions pour en savoir davantage.
— Lucas O'Brien, vous savez, le Serdaigle super mignon qui est de notre année et qui me plaît beaucoup...
Elles opinèrent.
— Il t'a invitée ? demanda Ailis avec un grand sourire.
— Eh bien pas exactement... En fait, il y a deux Serdaigle de troisième année qui m'ont abordée pour me demander un service, fit-elle d'un air mystérieux.
Surprises, Lily et Ailis lui demandèrent des détails.
— Ils sortent ensemble et veulent aller au bal, mais ils sont trop jeunes pour y aller seuls. Du coup, des copains à eux leur ont donné l'idée d'y aller avec des plus grands. Et vous ne devinerez jamais à quel garçon ils ont pensé !
— Ben à O'Brien, non ? répondirent aussitôt les deux Gryffondor en pouffant.
— Oui ! s'exclama-t-elle toute excitée. Euh... comment vous avez deviné ? demanda-t-elle, dubitative.
Ses deux amies explosèrent de rire.
— Mais ça veut donc dire qu'une fois dans la Grande Salle pour le bal, vos cavaliers vont vous abandonner et que lui et toi serez « obligés » de passer la soirée ensemble... remarqua ensuite Lily avec un faux air ennuyé sur le visage, démenti par ses yeux qui pétillaient.
— Et tu as répondu quoi, alors ? interrogea Ailis avec un sourire en coin.
— Ben j'ai dit oui, murmura Erin avec un air de ferveur sur le visage qui fit glousser ses meilleures amies.
Quelques semaines avant la cérémonie, le professeur Londubat pénétra dans la Tour Gryffondor. Plusieurs têtes se tournèrent vers lui, sourcils froncés, mais son sourire rassura les élèves. Il se plaça au centre de la pièce et annonça :
— Je tiens à féliciter tous les élèves de première année, ainsi que tous ceux de septième année. Vos efforts ont été remarquables, tant au niveau du travail que du comportement. Il m'a été très difficile de désigner deux d'entre vous, pour représenter notre Maison lors de la Cérémonie du Souvenir. Il s'agira de Siobhan Vaughn et de Louis Weasley.
Neville laissa réagir ses Gryffondor pendant quelques instants. Il tendit ensuite un parchemin aux deux élèves concernés.
— Ne les perdez pas, il s'agit des informations concernant vos répétitions. Vous retrouverez vos camarades des autres Maisons, dont les noms sont indiqués sur cette même feuille, pour préparer ensemble votre rôle.
Le directeur de Maison souhaita une bonne soirée à l'ensemble de ses élèves et quitta la pièce.
Lily sauta au cou de son cousin et le félicita chaleureusement. Elle rejoignit ensuite Ailis et Erin et les trois amies se dirigèrent vers le groupe des Première année, qui entouraient leur représentante. Siobhan leva la tête vers les Quatrième année et leur adressa un sourire rayonnant. Ailis posa ses mains sur les épaules de sa sœur, Moira, la meilleure amie de Siobhan, comme pour la réconforter de ne pas avoir été choisie.
— Oh la la, mais je vais représenter notre Maison devant tout Poudlard et tout un tas de personnages importants ! paniqua brusquement la fillette sélectionnée.
— Je suis sûre que tu t'en sortiras très bien, lui rétorqua Lily avec un sourire. Tous ceux que je connais sont très gentils.
La jeune Vaughn lui sourit, vaguement rassurée.
— Tu sais pourquoi il y aura des répétitions ? lui demanda Moira.
— Non, s'inquiéta à nouveau son amie. Et c'est avec tous les représentants des Maisons !
— Louis est super gentil, précisa sa cousine. Et qui sont les autres ? On les connaît peut-être.
Siobhan déroula le parchemin.
— Alors pour Serdaigle, il y a Emily Goldstein de septième année et Nicholas Corner de première année. Pour Poufsouffle, ce sont Eleanor MacMillan, Septième année, et Lysander Scamander, Première année. Et les Serpentard sont Dedalus Warrington pour le Septième année et Edna O'Reilly pour la Première année.
Ce fut alors un joyeux bourdonnement. Tous ceux qui connaissaient l'un ou l'autre de ces élèves se mirent à raconter ce qu'ils savaient sur eux. Louis s'était rapproché et avait joyeusement félicité sa partenaire, ajoutant quelques pitreries pour finir de la destresser.
Un midi, Rose prit Lily à part juste avant que celle-ci ne rentre dans la Grande Salle pour le déjeuner.
— Tu sais que tout le monde parle de Scorpius et toi ? fit-elle avec une moue embarrassée.
— Oui, et alors ? lui répondit sa cousine en haussant les épaules. Tant que ça ne sort pas de Poudlard pour l'instant, je m'en fiche. Grâce à ça, les autres garçons ont arrêté de m'inviter au bal.
— Tu te souviens où aura lieu la Cérémonie du Souvenir ?
Lily jura vivement d'une manière que sa mère aurait fortement désapprouvée. L'événement devait avoir lieu dans le parc même de l'école de Sorcellerie. Et ses parents seraient bien évidemment présents.
