11. 2022/2023 25 ans après
Scorpius tendit la main vers le Vif d'Or que sa petite amie portait autour du cou et fit tourner le pendentif entre ses doigts. Il semblait ne pas remarquer la rougeur qui était apparue sur les joues de la jeune fille.
— Je suis content que tu portes mon cadeau tous les jours, mon attrapeuse préférée. Mais je crois qu'il manque quelque chose...
Étonnée, elle lui demanda ce qu'il voulait dire. Il lui tendit alors une petite boîte, tout en lui disant :
— Joyeux anniversaire, Lily !
Les yeux pétillants, elle le remercia et ouvrit la boîte. Celle-ci contenait une paire de boucles d'oreilles assorties à son pendentif. La Gryffondor fit un grand sourire, embrassa tendrement son petit ami et accrocha les bijoux à ses oreilles.
— Comme vos directeurs de Maison vous l'ont rappelé hier soir, la Cérémonie du Souvenir se tiendra cet après-midi à quinze heures, annonça le professeur Brown juste avant que le déjeuner ne commence, le 2 mai. Les représentants des quatre Maisons, vous viendrez avec moi immédiatement après le repas. Pendant ce temps, chacun rejoindra sa Salle Commune pour aller se préparer. Je compte non seulement sur les Préfets, mais aussi sur tous les Sixième et tous les Septième année pour que personne ne se perde en route et que chaque élève porte un uniforme impeccable et soit correctement coiffé avant quatorze heures. Vos directeurs de Maison iront vous chercher à ce moment-là, ne leur donnez pas l'occasion de vous ôter des points. Je compte sur chacun d'entre vous pour faire honneur à sa Maison et à Poudlard.
Lorsque Neville Londubat vint chercher ses Gryffondor, tous étaient prêts et l'attendaient en bavardant gaiement. Il inspecta soigneusement ses troupes et leur rappela d'une voix ferme que l'heure était grave, qu'il s'agissait de commémorer une guerre terrible qui avait fait de nombreuses victimes sorcières et moldues. Il leur demanda donc de bien vouloir s'abstenir de frivolités devant les officiels et les anciens combattants qui arrivaient.
Ceux-ci étaient justement entre Pré-au-Lard et Poudlard, à bord des diligences. À leur grand regret, la plupart d'entre eux voyait parfaitement bien les sombrals qui tiraient les véhicules.
Ginny Potter cachait soigneusement son émotion derrière un visage calme. Un échange de regards avec Harry lui apprit que son mari n'était pas dupe et partageait la même émotion qu'elle. Cela faisait quinze ans qu'ils n'avaient pas mis les pieds à Poudlard. Lors de la commémoration des dix ans de la victoire, Lily était encore un nouveau-né et James n'avait pas cinq ans. Albus et lui, au milieu de tous leurs cousins et des enfants de leurs connaissances, avaient joyeusement animé le solennel événement. Les journaux avaient ensuite titré sur l'espoir que représentait, pour le monde sorcier, la génération née après la guerre.
James travaillait, maintenant, et Albus quitterait Poudlard à la fin de l'année suivante. Même son bébé n'en était plus un depuis longtemps. Ginny ne put retenir un soupir, en passant les grilles de l'école. Elle glissa sa main dans celle de Harry. Comme le temps avait passé vite ! Ils avaient quitté l'école de Sorcellerie vingt-quatre ans plus tôt, leurs ASPIC en poche. Bien plus joyeux, malgré la mélancolie de ce départ, qu'ils ne l'avaient été l'année précédente, après la Bataille finale au si lourd prix... L'ancienne joueuse de Quidditch sentait combien son époux était ému. Elle devinait qu'une faible culpabilité le taraudait encore. Elle avait tout fait pour lutter contre celle-ci, mais n'y était jamais complètement parvenue.
Les calèches déposèrent tous les invités devant les grandes portes de Poudlard. Ils furent alors conduits vers le parc. Toute l'école se trouvait rassemblée auprès de la tombe d'Albus Dumbledore. Juste devant celle-ci, on apercevait la stèle érigée à la mémoire des combattants et des victimes de la guerre. Les élèves étaient regroupés par Maison. Ginny laissa courir son regard sur eux, cherchant chez les Serdaigle et, surtout, chez les Gryffondor, sa famille. Elle aimait beaucoup ses neveux et nièces mais pas autant que ses enfants, qui la remplissaient de fierté.
Albus arborait un air grave, particulièrement conscient de ce qu'ils commémoraient. Autant le jeune homme ressemblait à son père, autant Lily ne ressemblait pas du tout à sa mère. Certes, elle avait la rousseur caractéristique des Weasley. La même teinte que sa mère, lumineuse et flamboyante, bien plus claire que l'auburn de sa grand-mère paternelle. Mais, alors que les cheveux de Ginny étaient lisses, ceux de sa fille ondulaient en grosses boucles souples. Les yeux de l'adolescente étaient du même bleu clair que ceux de son oncle Ron, tandis que ceux de sa mère étaient marrons. Et, si ses yeux avaient la même courbure que les siens, son visage, lui, avait indubitablement la même forme que celui de Harry.
Elles étaient beaucoup plus proches, en revanche, au niveau du caractère. Lily était une jeune fille pleine de confiance en elle, qui savait profiter de la vie et ne se laissait pas marcher sur les pieds. Ginny se tourna vers son mari, qui regardait aussi la jeune Gryffondor. Harry était très fier de sa fille, qui ne l'avait jamais déçu. Il était sûr que ce n'était pas près d'arriver, celle-ci était épanouie et avait fait siennes les valeurs de sa famille. Il avait toute confiance en sa benjamine, qui était une adolescente sans problème.
Mrs Potter remarqua avec plaisir Anwenn Kendal juste à côté de son fils. Elle avait beaucoup d'affection pour la jeune fille, qui le lui rendait bien. Elle pensa observer la direction des regards de Lily, espérant apercevoir le petit ami de celle-ci. Mais sa fille se tenait bien droite et bien sage, observant les officiels et non les autres élèves. Ginny retint un sourire. Cela ressemblait tellement à sa benjamine ! Celle-ci comptait peut-être leur présenter son petit ami juste après la cérémonie. Ou bien alors elle voulait faire une entrée remarquée au bal, auquel cas se garderait-elle sûrement de s'afficher auparavant aux côtés du garçon qu'elle fréquentait.
Hestia Jones, qui était Ministre de la Magie, venait de prendre place derrière le pupitre, afin de commencer son discours. Elle parla du courage de ceux qui s'étaient engagés pour lutter contre le Mal, de tous les petits et grands gestes qui avaient permis de le vaincre. Elle évoqua aussi les ravages commis par le terrible mage noir et ses sbires et cita en exemple Severus Rogue, qui avait eu le courage de changer de camp, pour montrer qu'il n'était jamais trop tard.
Non loin d'elle se tenait Hermione Granger-Weasley. La Chef du Département de la Justice Magique était déjà pressentie pour succéder à la Ministre, lorsque celle-ci se retirerait, dans quelques années. Ron Weasley était aux côtés de son épouse. Sa sœur se fit la réflexion que le passage des ans lui avait été vraiment favorable. Le Maître de Guilde des Artisans respecté et apprécié de tous était bien loin du jeune homme peu sûr de lui qu'il avait été.
Ce fut ensuite au tour de la directrice de Poudlard de prendre la parole. Eileen Brown raconta tout d'abord que, jeune Maîtresse des Potions chez un apothicaire, elle s'était précipitée à Poudlard dès qu'elle avait entendu parler de la Bataille finale. Elle décrivit le chaos qu'elle y avait découvert et ce qui avait été le plus impressionnant, pour elle : voir des adolescents, certains tout juste majeurs, d'autres encore mineurs, se battre contre des sorciers aguerris et de redoutables créatures. Elle expliqua que cela lui avait donné envie de devenir professeur, et qu'elle était fière et heureuse de l'être encore.
— Oui, il y a vingt-cinq ans, continua-t-elle, des élèves se sont levés pour combattre.
À ce moment-là, les élèves de chaque Maison s'écartèrent pour laisser passer l'un d'entre eux, de septième année, portant une robe de sorcier de la couleur de sa Maison. Rouge pour Gryffondor, vert pour Serpentard, bleu pour Serdaigle et jaune pour Poufsouffle.
— Combattre pour la justice et la liberté, poursuivit la directrice. Combattre pour protéger les plus jeunes.
De la même manière s'avancèrent alors quatre Première année, vêtus comme leurs aînés.
— Les quatre Maisons de Poudlard sont plus fortes lorsqu'elles s'unissent, dit-elle tandis que les huit élèves se rapprochaient pour former un cercle. Au fil des années, j'ai vu les Maisons devenir de plus en plus unies, non plus rivales mais sœurs.
Les quatre plus jeunes s'avancèrent alors et échangèrent leur place, Gryffondor contre Serpentard, Serdaigle contre Poufsouffle. Les quatre couleurs se retrouvèrent ainsi davantage mêlées à travers tout le cercle et les huit élèves se prirent la main.
— Chacun des sorciers qui est passé par Poudlard se reconnaît dans l'une ou l'autre de ces quatre Maisons : Gryffondor, Serpentard, Serdaigle ou Poufsouffle, disait encore la directrice, tandis que les huit resserraient leur ronde. Et à travers ces quatre Maisons, c'est l'ensemble des sorciers britanniques qui est représenté.
Au même moment, les représentants des Maisons avaient levé leurs mains liées, tout en se rapprochant autant que possible les uns des autres. C'est alors que, d'un discret coup de baguette de Michael Kent, le professeur de Métamorphose, chacune des robes de ces élèves devint quadricolore, portant les quatre couleurs symbolisant leurs Maisons dans le même ordre que sur le blason de Poudlard.
— À travers ces huit jeunes gens, c'est chacun d'entre nous qui va honorer les victimes et les combattants de la dernière guerre, conclut Eileen Brown, tandis qu'une immense gerbe de fleurs, dans les tons de rouge, vert, bleu et jaune, apparaissait entre eux, grâce aux bons soins de Filius Flitwick, le minuscule professeur de Sortilèges, directeur de Serdaigle.
Les représentants des quatre Maisons portèrent alors la gerbe devant le monument aux morts. Tout le monde se recueillit pendant quelques instants, puis les représentants rejoignirent leurs Maisons, tout en conservant leurs robes bariolées. Ils s'installèrent bien en vue, devant leurs camarades.
Ce fut alors au tour de Harry Potter de s'avancer afin de faire un discours. Il cita en exemple plusieurs des combattants et affirma que le rôle de chacun avait été décisif. Il parla longuement de Severus Rogue, Mangemort devenu espion pour l'Ordre du Phénix par amour, afin de montrer qu'il n'est jamais trop tard pour choisir le Bien. Il évoqua aussi tous ceux qui avaient protégé des nés-Moldus ou des Moldus durant l'Année des Ténèbres, parfois au prix de leur vie, et célébra leur courage. Ginny remarqua que Lily et Hugo s'échangèrent un regard de connivence, durant ce discours. Elle devina qu'ils y voyaient la patte d'Hermione.
Après la cérémonie était prévu un temps libre, où les enfants des officiels et des anciens combattants invités pouvaient prendre le temps de discuter avec eux. Les Potter et les Weasley se rassemblèrent dans un coin tranquille du parc. Roxanne en tête, tous les cousins serrèrent George dans leurs bras. Ils savaient tous combien il avait souffert de la mort de son jumeau, survenue exactement vingt-cinq ans plus tôt. Même s'il s'était fait un devoir de continuer à rire et faire rire, en hommage à son frère, il n'avait plus jamais été le même. Et les nombreux récits des adultes faisaient regretter à la nouvelle génération de ne pas avoir pu connaître leur oncle Fred.
Petit à petit, des groupes se mélangèrent. Les Finnigan vinrent saluer les Potter. Lily en profita pour attirer sa mère à l'écart avec Erin, Eamon et Albus. Ils se mirent alors à parler Quidditch. Les trois joueurs de Gryffondor décrivirent avec force détails l'amélioration considérable du jeu des Serdaigle. Ginny ne put s'empêcher d'avouer qu'elle était fière de sa nièce. Elle interrogea ensuite longuement ses enfants et le jeune capitaine sur les points forts et les points faibles de chacun des équipiers rouge et or. Elle leur indiqua ensuite quelques techniques qui pouvaient s'adapter et suggéra à Eamon la lecture de deux ouvrages sur le sujet, qu'elle savait présents à la bibliothèque de Poudlard.
Le soir venu, Lily et Scorpius se retrouvèrent dans une salle de classe vide comme à leur habitude.
— Heureusement que Rose nous a mis en garde à temps, pour le Tabou !
— Oui, nous devons une fière chandelle à ta cousine, sur ce coup-là. Personne n'a pu leur en parler.
— Maintenant qu'il est renforcé, nous sommes même tranquilles jusqu'à notre entrée dans la salle de bal.
— Mais dis-moi, Lily, est-ce ton petit ami ou le capitaine de Serpentard qui doit être jaloux ?
— Jaloux ? De quoi ?
— Je t'ai vu parler avec ta mère et le capitaine de Gryffondor.
— Oh ! Je pourrais te répondre que c'est le frère d'une de mes meilleures amies et le fils d'amis de mes parents.
— Et tu sais très bien que cette réponse ne suffirait pas à me berner. Je suis trop Serpentard et je te connais trop pour ça.
Elle sourit et lui embrassa le bout du nez.
— Exactement. Rassure-toi, Scorp, le petit ami n'a rien à craindre. Je n'en dirais pas autant du capitaine de Serpentard...
Lily luttait contre le sommeil. La voix de Binns, le professeur fantôme d'Histoire de la Magie, était particulièrement soporifique. Passées les premières minutes du cours, où elle notait soigneusement le thème afin de pouvoir le travailler et apprendre par elle-même, il lui était généralement très difficile de se concentrer. Tout à coup, un bruit éveilla son attention. Ailis, qui se trouvait juste à sa gauche, venait de glousser. La jeune rousse redressa la tête et observa son amie du coin de l'œil. Elle s'aperçut que celle-ci lui tournait presque le dos. Elle était en grande conversation avec son petit ami, Jack Newman, qui se trouvait de l'autre côté et laissait échapper de temps en temps un petit rire discret. Lily tourna la tête vers Erin. Elle aussi avait entendu les gloussements et s'y intéressait.
— Peut-on partager la cause de votre hilarité ?
— On parle du dernier cours d'Etudes des Moldus, répondit Ailis.
— Qu'y avait-il de si drôle ? interrogea Erin.
— On a parlé des méthodes ménagères moldues, on a d'ailleurs un devoir à faire sur les différences entre les méthodes sorcières et moldues. Vous vous rendez compte qu'ils conservent leur nourriture dans des boîtes froides au nom étrange de réfigolateur ? gloussa la jeune fille.
— Réfrigérateur, corrigea machinalement Lily. Oui, puisqu'ils ne peuvent pas utiliser de sort de conservation.
— Mais c'est fou, ça, alors ils mangent froid ? s'étonna Erin.
— Non, répondit Lily, ils ont d'autres appareils pour réchauffer les plats. Ma tante Audrey est une Moldue, donc mon oncle Percy et elle en ont chez eux. Elle fait toute sa cuisine à la moldue et utilise non seulement un réfrigérateur, mais aussi un congélateur.
— Ah oui, intervint Jack, c'est pour transformer la nourriture en glace, c'est ça ?
La benjamine des Potter opina.
— Et il y avait quoi d'autre, sinon ? intervint l'Irlandaise.
— On a parlé aussi de l'apiléteur.
— Tu veux dire l'épilateur ? s'étonna Lily.
— Euh peut-être...
— Ça sert à quoi, ton truc ?
— Ben à manger la poussière par terre !
Lily gloussa à son tour.
— Ah non, rien à voir avec un épilateur ! C'est un aspirateur, ça !
— Ta tante en a un aussi ?
— Oui, mais elle ne s'en sert quasiment jamais. C'est mon oncle Percy qui fait le ménage, c'est bien plus pratique et rapide à la baguette. Ma cousine Molly aussi, depuis qu'elle est majeure.
En route vers le stade pour l'un de leurs entraînements d'attrapeurs, Lily raconta à Scorpius qu'Anwenn Kendal, la petite amie d'Albus, lui avait dit qu'ils avaient réalisé de l'Amortentia en cours de Potions.
— Et toi, Scorp, tu as senti quoi ?
— Mmmmh... ça sentait le Quidditch.
— Le Quidditch ?
— Oui. Et plus particulièrement le Vif d'Or. Avec une note de cordon de cuir, dit-il d'un air dégagé.
La jeune fille se tourna vers son petit ami et l'observa avec un sourire en coin. Il avait justement gardé comme porte-bonheur le cordon de cuir qu'elle avait utilisé pour attacher ses cheveux, à la fin du précédent match...
Lorsque Lily rejoignit Scorpius, le samedi soir, dans une pièce vide non loin de la Grande Salle, il prit l'une des mains de la jeune fille entre les siennes et lui dit sur un ton charmeur :
— Je savais déjà que j'allais au bal avec la plus belle fille de Poudlard. Je suis ravi de voir qu'elle est aussi la plus élégante.
— Vil flatteur ! s'exclama-t-elle tout en lui tapotant le nez, ses yeux rieurs démentant ses paroles. Je ne voudrais pas faire enfler davantage tes chevilles, Scorp, mais tu es superbe, habillé comme ça.
Le jeune homme portait une robe de sorcier de soirée gris perle, parfaitement bien coupée. Il remercia sa petite amie et l'embrassa.
— Bon, on lève le Tabou au signal de Neville, pour qu'ils puissent parler de nous, et il ne nous restera qu'à aller observer les réactions à notre entrée ensemble, dit-elle avec un sourire mutin.
— Tout bien réfléchi, et si je t'enlevais maintenant, que je t'épousais et que nous allions vivre ensemble loin, très loin de toutes ces vieilles histoires ? lui suggéra-t-il sur un ton mi-sérieux, mi-amusé.
— Ah, la couardise des Serpentard face aux épreuves... répondit-elle sur un ton faussement navré, en secouant la tête de gauche à droite.
— Tu vas voir si je ne suis pas capable d'être courageux ! rétorqua-t-il en redressant fièrement le menton. Mais sérieusement, Lily, je crois que je pourrais le faire... fit-il tout en l'enserrant dans ses bras et en déposant plusieurs petits baisers sur son visage.
— Allons, Scorpius, redescends sur terre ! Je viens d'avoir quinze ans et tu es à peine majeur ! Nous n'avons pas fini nos études à Poudlard, de quoi vivrions-nous ?
Il l'embrassa et ils n'en parlèrent plus.
Un peu plus tard, tandis qu'ils parlaient des cavaliers de leurs meilleurs amis, pour ne pas penser à ce qui les attendait, la jeune fille sentit chauffer la bague qu'elle portait à la main droite. Son parrain lui signalait ainsi qu'ils pouvaient faire leur entrée.
— Prête à descendre dans l'arène affronter les dragons, Potter ? demanda alors Scorpius d'un ton sérieux et froid, derrière lequel Lily sentit son appréhension.
— Prête, Malefoy ! répondit-elle avec un sourire qui se voulait rassurant. Je crois que je te suivrais n'importe où, alors une salle de bal, ce n'est rien du tout ! lança-t-elle dans une tentative de plaisanterie.
— Attention à ce que tu dis, jolie lionne, je pourrais te prendre au mot... fit-il avec un sourire charmeur. Et tâchons d'oublier que cette salle de bal n'est pas n'importe quelle salle de bal.
Vérifiant une dernière fois les instructions notées sur un parchemin, ils levèrent ensemble le Tabou qu'ils avaient posé sur leur relation. Le Serpentard offrit ensuite galamment son bras à la Gryffondor, qui posa sa main dessus. Ils échangèrent un petit baiser, puisèrent du courage dans les yeux l'un de l'autre puis se composèrent une expression neutre avec un sourire de façade. Ils s'approchèrent alors des portes de la Grande Salle, entièrement aménagée pour le bal, et pénétrèrent dans l'immense pièce.
Alors qu'ils avançaient vers le centre de la salle, peu après un couple de Poufsouffle de la même année que la jeune fille, le regard de Lily croisa celui de son oncle Ron, qui portait un verre à ses lèvres pour boire. Elle crut apercevoir dans ses yeux une lueur d'affection qui se mua en incrédulité, avant que le Maître de Guilde ne se mette à recracher ce qu'il venait de boire, sous le coup de la surprise.
Ce n'est pas moi qui ai eu l'idée de faire de Ron le Maître de Guilde des Artisans ou d'Audrey Weasley une Moldue. Rendons à César ce qui est à César : en se basant sur les indications données par JKR, Alixe l'a écrit de manière tout à fait convaincante dans sa fic post-tome 7. Je recommande vivement la lecture de son excellente saga, qui couvre la période séparant le dernier chapitre du tome 7 de l'épilogue, Les Survivants, Les Bâtisseurs et Les Réformateurs. Des heures d'une lecture plaisante et passionnante, parfaitement respectueuse du canon.
D'autre part, je n'ai pas choisi le nom de Jack Newman au hasard : c'est celui d'un pédiatre canadien mondialement connu comme un spécialiste de l'allaitement. J'ai déjà eu l'honneur de dîner avec ce grand monsieur. Si vous vous intéressez au sujet de l'allaitement, je vous invite vivement à chercher son nom sur le web, il a notamment écrit des feuillets informatifs complets et accessibles à tous.
