13. 2022/2023 Astoria Malefoy
Lorsque leurs lèvres se séparèrent, Lily fit un large sourire à Scorpius. Elle avait les yeux qui brillaient.
— Moi aussi, je t'aime... Ils peuvent bien dire ou faire ce qu'ils veulent, ça ne changera rien pour moi non plus... J'ai juste envie qu'ils nous laissent tranquilles, avec leurs vieilles histoires !
Et elle se dressa sur ses pieds pour l'embrasser à nouveau.
Avant même que Harry ait eu le temps de poser la moindre question à son fils, Ron sembla se réveiller de son ébahissement.
— Notre petite Lily sort avec le fils de cette raclure de Malefoy ! s'exclama-t-il brusquement avant de se mettre à jurer, ne laissant pas à Hermione la possibilité de réagir.
— Je ne te permets pas de m'insulter ou d'insulter ma famille, la Belette, rétorqua Drago d'une voix traînante et glaciale. Et ne va surtout pas imaginer que ça me fait plaisir de voir mon unique fils avec la fille du Survivant, finit-il avec énormément d'ironie sur le dernier mot.
Harry avait alors bondi en fronçant les sourcils, prêt à parler, mais le Maître de Guilde l'avait une nouvelle fois devancé.
— Et puis d'abord, qu'est-ce qu'il fait là, celui-là ? Tu ne vas pas me dire qu'ils t'ont invité pour tes exploits durant la guerre, Malefoy ! cracha-t-il.
Tous ceux qui se trouvaient autour de la table se tendirent aussitôt. Drago voulut se lever mais Astoria l'en empêcha en le retenant par le bras.
— Oh mais rassure-toi, Weasley, répondit l'ancien Serpentard de la même voix traînante et glaciale. Je n'ai été invité ici qu'au titre de cavalier de ma chère épouse, dit-il en enserrant la main de celle-ci entre les siennes.
Aussitôt, les Potter et les Weasley dévisagèrent Astoria Malefoy, interloqués. Hermione avait les sourcils froncés, ne se rappelant pas que celle-ci tienne un rôle particulier, dans la société sorcière, qui ait incité à l'inviter. Neville Londubat, quant à lui, contenait à nouveau difficilement un sourire.
— Je suis là au même titre que vous, répondit doucement la mère de Scorpius à leur question muette.
Ce fut au tour de Ginny Potter de froncer les sourcils.
— Attends... Tu es plus jeune que moi, Astoria, non ?
— Oui, en effet. Mais je ne suis pas la seule mineure à m'être battue, rétorqua-t-elle en fixant la benjamine des Weasley avec un sourire de connivence. Et je n'étais pas loin d'être majeure, puisque je suis de septembre 1981.
— Je croyais que tous les Serpentard avaient été soigneusement évacués dès le début, s'étonna Harry.
— Qu'est-ce qui te fait penser que j'étais dans cette Maison ? demanda-t-elle sur un ton franchement amusé, avant d'attraper son verre et d'en boire quelques gorgées tranquillement.
Harry, Ron et Hermione la fixèrent à nouveau, intrigués, tandis que Ginny souriait. Reprenant contenance, Hermione lui répondit :
— Ta sœur, ton époux et ton fils sont des Serpentard, il nous a semblé logique que tu le sois aussi, je crois.
— Daphné a été la première Greengrass à aller dans cette Maison, répondit-elle en souriant. Moi, j'étais à Serdaigle.
— Oui, je me souviens, confirma Ginny.
Hermione lui sourit en retour et lui dit :
— Désolée, nous connaissions mieux ta sœur que toi, je crains que nous n'ayons tiré des conclusions hâtives.
— Epouser une ancienne combattante... Joli coup pour se faire bien voir du Ministère, la Fouine, intervint alors Harry.
— Je ne l'ai pas épousée pour leur plaire, le Balafré, tu peux ranger tes sarcasmes.
— Oh, vraiment ? continua-t-il pourtant, un sourire narquois aux lèvres.
Alors que Ginny, mal à l'aise, allait intervenir, c'est Astoria qui le fit, l'air de s'amuser toujours autant.
— Si tu connaissais notre histoire, Harry, tu ne dirais pas une telle chose.
Drago sembla soudain gêné et regarda sa femme comme pour lui demander de se taire. Remarquant son manège, Ron posa ses deux coudes sur la table et demanda, du ton doucereux qu'il utilisait avec ses adversaires, lors des réunions de gestion de la Guilde des Artisans :
— J'aime beaucoup les histoires. Je serais vraiment ravi d'entendre celle-là, Astoria.
Albus était toujours assis sur la chaise que Harry avait invoquée après l'avoir appelé. Il cherchait un moyen de s'échapper mais, connaissant son père, il savait que celui-ci le rappellerait aussi sec s'il tentait de s'éclipser. Il implora sa mère du regard, qui lui répondit par un petit signe d'impuissance. Elle savait que, dès que sa curiosité sur le couple Malefoy serait assouvie, son mari voudrait en savoir plus sur la relation que sa fille entretenait avec leur fils.
— J'ai d'abord maudit Daphné, commença Mrs Malefoy. Avant de finir par la remercier, fit-elle avec un sourire tendre en direction de son mari, qui serra davantage sa main entre les siennes. En fait, tout a commencé après la guerre, lors de ma sixième année à Poudlard. Cette année-là, beaucoup d'élèves ont redoublé celle qu'ils avaient ratée, partiellement ou totalement.
Ses vis-à-vis opinèrent. Ils se souvenaient très bien de cela. Hermione avait passé et réussi ses ASPIC, déplacés en août, après avoir travaillé d'arrache-pied tout l'été, tandis que Harry était venu faire sa septième année au château avec Ginny, retrouvant notamment Dean Thomas, son camarade de chambre des années précédentes.
— Ce fut le cas de Drago. Tandis que ma sœur, elle, avait quitté Poudlard. Du coup, elle lui a demandé de me surveiller. Daphné a prétendu qu'elle craignait que je fasse des bêtises, puisque j'avais fait partie de la Résistance et participé à la Bataille finale. Évidemment, lui n'avait aucune envie de surveiller une « gamine ». Alors il a décidé de m'embêter.
En entendant cela, Harry et Ron ne purent s'empêcher de ricaner.
— C'est vrai, j'ai tout fait pour embêter Astoria, ça me changeait les idées. Et cette peste ne m'a pas laissé faire et m'a répondu.
— Après plusieurs mois de vacheries réciproques, il a fini par m'embrasser, par pure provocation. Mais je ne crois pas qu'il ait prévu que cela changerait nos relations à ce point... Nous sommes sortis ensemble un peu plus tard.
Drago lança un regard mauvais à ses deux anciens ennemis qui se moquaient ouvertement de lui, tandis que leurs femmes avaient un sourire attendri, bien que légèrement moqueur.
— Nous avons continué à nous fréquenter et, peu après la fin de mes études, Drago m'a demandée en mariage.
— Ton père en a pensé quoi ? demanda Harry à son ancien ennemi, narquois.
— À ton avis ? rétorqua l'ancien Serpentard, cinglant. Il s'y est farouchement opposé. Presqu'autant que les parents d'Astoria, continua-t-il en levant les yeux au ciel.
— Mais ils ont changé d'avis, finalement, constata Ginny sur un ton apaisant.
— On ne leur a pas laissé le choix, expliqua Astoria avec un petit rire. C'était cela ou nous allions nous marier chez les Moldus, sans eux et contre leur avis. Drago avait même commencé les préparatifs.
Celui-ci reçut alors plusieurs regards surpris.
— Eh oui, moi aussi je me suis battu, dans ma vie, asséna-t-il en croisant les bras et en les fixant avec un regard satisfait.
Le cadet des Potter tenta de profiter de l'émotion pour filer à l'anglaise. Son père se retourna aussitôt vers lui avec un sourire plaqué sur les lèvres.
— Albus, tu passes une bonne soirée ?
— Euh... justement, Papa, il ne faudrait pas que je fasse attendre ma cavalière trop longtemps...
Harry Potter balaya l'argument d'un revers de la main.
— Allons donc, je suis sûr qu'elle comprend parfaitement que tu aies envie de discuter aimablement avec ta famille. D'ailleurs, Anwenn est elle-même en train de parler avec ses parents. Nous avons donc tout notre temps, finit-il doucement.
Albus déglutit péniblement et ferma machinalement les yeux un instant, avant de les vriller dans ceux de sa mère, comme un nouvel appel au secours. Ginny lui répondit par un sourire embarrassé.
— Alors, ton année se passe bien, Al ? Pas trop stressé par les examens qui approchent ?
Le jeune homme répondit succinctement, tout en songeant in petto que ce n'était pas, et de loin, ce qui le stressait le plus à ce moment-là.
— Et ta sœur ? Rien de particulier à signaler ?
— Lily a de bons résultats en cours, au Quidditch...
— Tiens, parlons-en, du Quidditch ! J'ai appris que Malefoy était aussi attrapeur.
Albus opina.
— Tu ne trouves pas ça curieux, toi, que deux adversaires aillent ensemble à un bal ?
— Oh ben ça fait tellement longtemps qu'ils ne sont plus adversaires que lors des matchs...
Des exclamations de surprise s'élevèrent, tout autour de la table.
— Comment ça ? demanda Drago, sourcils froncés.
— En fait... euh... ils s'entraînent ensemble depuis plus de deux ans, toute l'école est au courant...
Harry échangea un regard consterné avec Ron et Drago.
— Il y a d'autres choses dont tout Poudlard est informé, et que nous ignorons encore ?
— Maintenant que tu les as vus s'embrasser, non, du moins pas à ma connaissance, Papa, glissa le jeune brun tout en faisant mine de se lever.
Son père le fit rasseoir d'un geste, augmentant du même coup la largeur du sourire artificiel qu'il arborait.
— Ah, nous y voilà ! Justement, mon fils chéri, nous nous interrogions. Depuis quand Lily et Scorpius sortent-ils ensemble ? Comment cela se fait-il que personne ne nous en ait informés jusqu'à présent ?
— Oh... Eh bien... Ce sont deux questions différentes...
— J'ai tout mon temps, tu sais. Et je ne suis pas le seul à être accroché à tes lèvres. Décharge donc ta conscience, Albus.
Sa sœur ayant permis, lors d'un Conseil des Cousins, de répondre à toutes les questions de leurs parents sur son couple, le jeune homme se mit à raconter ce qu'il savait, récoltant des exclamations énervées de Harry, Ron et Drago et des sourires attendris ou amusés de la part des autres.
Les autres Weasley présents dans la salle avaient sursauté en voyant les jeunes gens s'embrasser. Arthur avait même blêmi. Sa propre petite-fille, avec le petit-fils de cette ordure de Lucius ? Le noir sorcier qu'il avait toujours détesté autant que celui-ci le haïssait... Il avait amorcé un mouvement pour se lever, déterminé à séparer les jeunes gens, mais Molly était aussitôt intervenue.
— Laisse leurs parents gérer la situation, Arthur, dit-elle d'une voix apaisante.
— Mais c'est un Malefoy, Molly ! Tu sais de quoi ils sont capables ! Oublierais-tu ce qu'ils ont fait à Ginny ou à Hermione ?
— C'est ce garçon qui leur a fait du mal ? demanda-t-elle sur un ton ironique.
Il baissa un peu la tête mais reprit, d'une voix moins assurée :
— Non, bien sûr que non. Mais Drago était aussi mauvais que Lucius, comment ce Scorpius pourrait-il être meilleur ?
— Tu connais notre petite Lily. Tu la vois vraiment sortir avec un mage noir ?
Il grommela quelque chose dans sa barbe et se contenta de surveiller aussi bien les amoureux que la table de leurs parents.
Lily et Scorpius n'avaient pas cessé de danser, bien plus proches l'un de l'autre qu'avant leur baiser, ne se forçant plus à faire semblant. Ils observaient leurs parents du coin de l'œil et avaient tenté de comprendre la teneur de leurs discussions. L'attitude de leurs mères et d'Hermione les rassura grandement. Ils devinèrent sans peine le moment où l'histoire de Drago et Astoria était arrivée sur le tapis. Et lorsqu'Albus put enfin quitter la table, soulagé, ils échangèrent un sourire complice.
Au bout d'un moment, ils finirent par céder à l'insistance des regards posés sur eux et vinrent rejoindre leurs parents. Regards tout aussi indulgents d'un côté que courroucés de l'autre. Hannah Londubat prit l'initiative de commencer la conversation et complimenta la filleule de son mari sur sa tenue.
— Et ce chignon te va très bien aussi, Lily. Tu es devenue une vraie jeune fille.
— D'ailleurs, il met bien en valeur tes nouvelles boucles d'oreilles, continua Ginny avec un air malicieux. Tu as très bon goût, Scorpius.
Les deux jeunes gens se regardèrent, amusés, et le jeune homme la remercia. La conversation partit ensuite sur leurs études à Poudlard. Neville intervint plusieurs fois, faisant remarquer qu'ils étaient tous les deux de très bons élèves, appréciés aussi bien des professeurs que de leurs condisciples.
Haussant les sourcils, Drago leur demanda de sa voix traînante pourquoi ils n'avaient pas parlé de leur relation plus tôt, et pourquoi avoir choisi le bal. Son fils lui rétorqua de la même manière qu'il aurait vraiment regretté d'avoir manqué la tête qu'ils ont faite en découvrant qu'ils sortaient ensemble. Il reçut alors des regards noirs de la part de Harry et Ron, tandis que Ginny, Hermione et Astoria échangeaient des regards amusés.
— Accessoirement, compléta Lily, nous savions qu'il y avait peu de chance pour que vous vous battiez, ici. Vous n'avez plus l'âge de vous lancer des sorts à travers la Grande Salle de Poudlard, finit-elle sarcastiquement, provoquant le rire de Neville.
Harry invita ensuite Scorpius à venir avec lui. Tandis que celui-ci faisait mine de le rejoindre, Drago fronça les sourcils. Il allait s'interposer quand son vieil ennemi lui répondit :
— T'inquiète, Malefoy, je ne vais pas te l'abîmer, ton héritier. Tu le retrouveras entier. Sauf si c'est un mage noir, évidemment.
— Tu te crois toujours aussi spirituel, Potter, répondit celui-ci sur son ton habituel, tout en croisant les bras sur sa poitrine.
Son fils se pencha alors vers sa petite amie et l'embrassa rapidement, avant de lui glisser :
— N'oublie pas ce que je t'ai dit tout à l'heure, Lily.
— N'oublie pas ce que je t'ai répondu, Scorpius, rétorqua-t-elle tout en lui caressant la joue tendrement.
Le Chef des Aurors soupira intérieurement en entraînant le jeune homme vers un lieu plus calme.
Scorpius commença avant même qu'ils ne soient arrivés :
— Auriez-vous souhaité m'entretenir à l'écart si je m'appelais Smith ou Carmichael, Monsieur ?
Harry marqua un infime temps d'arrêt.
— Je suppose que vous désirez connaître mes intentions par rapport à votre fille.
L'homme acquiesça.
— J'aime sincèrement Lily et je n'ai aucune intention de lui faire du mal. C'est quelqu'un de merveilleux et elle est vraiment importante pour moi.
Le père de celle-ci le jaugea du regard un instant, avant de demander sarcastiquement :
— Et le fait de sortir avec une Potter, c'est important, pour toi ?
— Je ne sors pas avec une Potter, je sors avec Lily ! rétorqua Scorpius immédiatement, sa réponse claquant comme un coup de fouet. C'est peut-être ce que vous pensez, Mr Potter, mais je ne suis pas sorti avec elle à cause de son nom, de votre nom. Au contraire, c'est plutôt malgré ce nom que je suis sorti avec elle. Je serais avec elle même si elle s'appelait Carmichael ou Smith !
— J'espère que tu n'essayes pas de me faire croire que tu ne savais pas qu'elle est ma fille.
— Je savais, en effet, qu'elle est la sœur de James et d'Albus. Et n'importe qui, dans le monde sorcier, sait qu'ils sont vos trois enfants, Monsieur. Comme vous vous en doutez certainement, je savais aussi quels ont été vos rapports, à mon père et vous.
Harry opina tout en continuant à l'écouter.
— Malgré tout cela, et non à cause de cela, j'ai été attiré par elle. Lily a un tempérament fougueux — je suppose que je ne vous apprends rien — elle ne se laisse pas marcher sur les pieds et cherche à être reconnue pour elle-même, continua le jeune homme, tandis que son aîné ne retenait qu'à moitié un sourire. Vous savez que nous sommes tous les deux attrapeurs. Lors de notre premier match l'un contre l'autre, elle m'a battu. C'était la première fois que cela arrivait depuis que j'avais intégré l'équipe de Serpentard, deux ans plus tôt. Et quand je l'ai félicitée, me posant en joueur plus expérimenté, elle s'est moquée de moi sans se laisser impressionner !
L'ancien capitaine de Gryffondor se mit à rire.
— Je suppose que tu as donc voulu mieux la connaître.
— Oui. Je lui ai proposé de s'entraîner au Quidditch avec moi, et c'est comme ça que nous sommes passés d'adversaires — ce que nous restons sur le terrain — à amis, puis que je suis tombé amoureux d'elle.
Harry Potter observait le jeune homme avec ce qui pouvait ressembler à un sourire.
— Si tu la quittes un jour, ce que je ne t'empêcherai pas de faire, surtout ne lui fais pas de mal.
— Quand on est amoureux, on n'a pas envie de penser à ce genre de choses, Monsieur. Mais je peux vous assurer que je n'ai aucune intention de faire du mal à Lily un jour. Et, avant que vous ne me le précisiez, je sais très bien que, si c'était le cas, j'aurais aussitôt à dos tous les Potter, tous les Weasley, ainsi que les Lupin et probablement quelques autres. Je sais cependant que c'est Lily que j'aurais le plus à craindre, elle est une sorcière redoutable — ce qui n'est pas la moindre de ses qualités.
— C'est elle qui t'a entraîné à repondre à mes questions ?
Scorpius se mit à rire.
— Non, Monsieur, elle a refusé ! Elle a seulement accepté de me donner un conseil.
— Lequel ? demanda Harry Potter avec un sourire en coin.
— Celui d'être naturel, d'être moi.
À son tour, le père de la jeune fille rit.
— Lily a toujours parfaitement bien su cerner les gens !
— Je n'en doute pas, Monsieur, rétorqua Scorpius en souriant.
Lily profita de leur absence pour aller aux toilettes. Alors qu'elle revenait vers la Grande Salle, elle croisa sa tante Hermione qui lui sourit.
— Tu m'attendais ?
— On ne peut rien te cacher.
— Merci d'avoir éloigné Oncle Ron, tout à l'heure.
Hermione balaya cela d'un geste de la main.
— Ton père et lui prennent Scorpius pour son père. Mais, te connaissant, et pour ce que j'ai vu de lui, je pense qu'il est bien loin du Drago que nous avons connu.
La jeune fille opina.
— Comment avez-vous fait pour que personne ne soit au courant, en dehors de Poudlard ?
L'attrapeuse fit un sourire en coin.
— Un Sortilège du Tabou. C'était une idée de Rose, d'ailleurs.
Mrs Granger-Weasley trouva l'idée excellente et sourit fièrement en pensant à sa fille.
— À part ça, Lily, ta copine pour qui je t'ai aidée à réaliser un cadeau de Noël, elle ne serait pas attrapeur de l'équipe de Serpentard, par hasard ?
Celle-ci rougit légèrement, même si elle s'était attendue à ce que sa tante fasse le lien.
— Surtout, ne le dis pas, s'il te plaît ! Je n'ai pas envie de risquer qu'on nous les retire...
Hermione la rassura d'un sourire.
— Si tu as envie d'en parler à ta mère, n'hésite pas, tu ne risques rien de sa part.
Lily et Scorpius étaient retournés sur la piste de danse depuis un moment. Ron, Harry et Drago continuaient à ruminer leur amertume. Tout en se fixant du regard furieusement, les deux pères ne pouvaient s'empêcher de penser :
— Une Gryffondor, passe encore, mais la fille de Potter...
— Un Serpentard, passe encore, mais le fils de Malefoy...
Ils se sentaient aussi trahis par leurs épouses qui, elles, discutaient aimablement tout en s'échangeant régulièrement des compliments sur leurs enfants. Le Maître de Guilde vit passer sa fille et Alec McKinnon. Il les interpella aussitôt et ceux-ci vinrent les rejoindre.
— Ah, Alec, mon cher Alec ! commença-t-il joyeusement en lui tendant les bras, à la grande surprise des deux jeunes gens, tandis qu'Hermione étouffait un rire. La soirée se passe bien ? Vous vous amusez bien, Rose et toi ?
Les intéressés opinèrent, toujours étonnés de cette amabilité.
— T'ai-je déjà dit combien je t'appréciais, mon garçon ? Mais dis-moi, ça te dirait, de venir passer une partie des vacances avec nous ?
Alec et Rose se regardèrent, ahuris. Ron ne s'était jamais comporté ainsi avec le jeune homme. Était-ce le fait de voir sa nièce sortir avec Scorpius Malefoy qui lui faisait tant d'effet ?
Drago se tourna vers Harry et lui demanda, sur un ton presque aimable :
— Tu comptes passer tes vacances où, Potter ?
Celui-ci le regarda, interloqué. La Fouine n'espérait tout de même pas lui envoyer son fils en vacances ou, pire, les passer avec lui ? Cette idée saugrenue s'évanouit sitôt qu'Harry eut compris. Il fit un sourire machiavélique à son ancien ennemi, avant de lui répondre.
