29. 2023/2024 Weasley Farces pour Sorciers Facétieux
— Rha, ils m'agacent, mes oncles ! s'écria Lily en retrouvant Scorpius ce jour-là.
— Ah bon ? Je les trouve pourtant tellement plus cools que le mien, remarqua-t-il sarcastiquement.
— Ça n'a rien à voir ! répondit-elle en roulant des yeux. Tu sais, ils peuvent être franchement pénibles, quand ils s'y mettent.
— Qu'est-ce qu'ils t'ont fait ? demanda Scorpius, conciliant.
— Tu as vu le colis que j'ai reçu ce matin ? Ça venait d'Oncle George et Oncle Ron.
— Je croyais qu'ils préféraient te les remettre lors des sorties à Pré-au-Lard ? Surtout que beaucoup de leurs produits sont interdits ici.
— Tout à fait. C'est de la provocation.
— Non ? Ne me dis pas qu'ils t'ont envoyé les fameux...
— Si. Les Chocomangas qu'ils t'avaient fait tester, et qui sont enfin prêts à être commercialisés.
Scorpius éclata de rire.
— Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle ! déclara Lily, les mains sur les hanches.
— Tu sais, j'ai plutôt apprécié leur mauvais tour, avec ces Chocomangas. J'ai eu un succès fou, dans la Salle Commune, remarqua-t-il avec un sourire en coin.
— Ça a duré trois jours, tout de même, rappela-t-elle sur un ton revêche.
— C'est vrai que j'ai eu quelques soucis pour les cours, admit Scorpius.
— Quoi ? J'espère qu'ils ne t'ont pas fait perdre de points !
— Hein ? Mais non ! C'est juste que... Wilkins est assis derrière moi d'habitude, en cours de potions. Et du coup... il ne voyait plus rien du tableau, avec mes cheveux en pétard ! Ce qu'il a pu râler !
— Oh.
— J'ai simplement demandé la permission de suivre les cours depuis le fond de la classe, le temps que mes cheveux redeviennent normaux. C'est tout.
— Ils me le paieront...
— Lily, ta famille est chouette. Vraiment. Ce chocolat, je le prends comme un test plus que comme une agression. Une manière de vérifier si j'étais digne de toi ou pas, à leurs yeux, je pense.
— Mouais, vu comme ça, peut-être... M'enfin tu ne connais pas le meilleur, là, reprit-elle, vindicative.
— Dis-moi ?
— Dans le mot qu'ils y ont joint, ils se sont excusés que la Saint Valentin soit passée depuis si longtemps, et me souhaitent de bien profiter de ces chocolats malgré tout. Non mais tu te rends compte ? s'énerva-t-elle.
Le jeune homme mit sa main devant sa bouche pour cacher son hilarité, avant de la laisser éclater franchement. Même s'il comprenait son exaspération, il trouvait que Lily avait vraiment une famille extra.
— Hé ! s'indigna-t-elle.
— D'accord. Tu es furieuse parce qu'ils en rajoutent une couche.
— Exactement !
— Tu penses que c'est fait exprès pour te faire réagir ?
— Évidemment !
— Bien. Il faudrait donc leur répondre de façon à leur faire croire que tu es ravie de leur colis.
— Mais je ne suis pas ravie, justement !
— Tss, tss, la ruse, ma petite lionne, c'est parfois bien utile... Je sais bien, moi, que tu es loin d'être ravie. Mais eux, s'ils s'attendent à recevoir une Beuglante de ta part et qu'ils reçoivent des remerciements à la place, comment vont-ils réagir ?
— Des remerciements ? Oooooh... Scorpius, tu es génial ! assura-t-elle avec un sourire carnassier. Voyons voir... Je sais ! On va faire quatre tas de chocolats, et tu vas m'aider, finit-elle en ricanant.
— Avec plaisir, affirma-t-il avec un sourire en coin en se joignant à elle pour partager les friandises ensorcelées. Tu sais, Lily, continua-t-il au bout d'un moment, j'aime bien l'idée qu'ils continuent à penser à nous en tant que couple. Après tout, c'est aussi ce que ça veut dire. Ils vont bien finir par s'y habituer.
Après lui avoir expliqué son plan, Lily donna à Scorpius les chocolats destinés aux Serpentard. Elle confia à sa cousine Rose la part de Serdaigle, avec ses instructions, et fit de même pour la part de Poufsouffle avec Violet Young.
— Ron ! James ! appela George en se dirigeant vers eux. La réponse de Lily vient d'arriver, venez, on va bien se marrer !
Son frère et son neveu le rejoignirent aussitôt, et il décacheta la lettre pour la lire à voix haute.
« Mes petits oncles chéris,
Je vous remercie pour vos bons vœux, j'ai effectivement passé une excellente Saint Valentin. »
George s'arrêta pour regarder Ron et James, médusé. Ron lui rendit son regard. James, lui, avait le sourcil levé, attendant la suite. George reprit :
« Merci aussi pour ce gros paquet de Chocomangas. Scorpius et moi en avons fait quatre tas pour les distribuer dans les quatre Maisons. Ça a eu un succès fou ! Il y a même des élèves qui ont réussi à en refiler aux professeurs, je vous joins une photo de leur table au repas d'après — je suis sûre que vous serez ravis de l'afficher. J'ai distribué plein de bons de commande, j'espère que vous avez prévu du stock !
Votre nièce préférée,
Lily »
— Alors là, on dirait bien que vous avez raté votre coup ! s'esclaffa James.
— Pfff, même pas drôle... grogna Ron. Je m'attendais à autre chose, comme réaction.
— Moi aussi. J'étais persuadé qu'elle serait verte de rage... se désola George. Soit elle n'a pas vu la provocation...
— Soit elle a fait exprès de ne pas y répondre, continua Ron. Désolant.
— Ou alors c'était trop subtil ?
— Trop subtil pour Lily ? intervint James.
— Mouais, tu as raison. C'est dommage, j'aurai mieux aimé la faire enrager, conclut George en secouant la tête.
James se garda bien de dire qu'il trouvait cela un peu trop facile, et qu'il craignait un retour de bâton de sa sœur.
Lily et ses deux meilleures amies, Ailis MacGuire et Erin Finnigan, se dirigeaient vers leur cours de soins aux créatures magiques. Erin soupira bruyamment, exaspérée.
— Vivement que les BUSE soient passées, j'en ai ras le bol de cette matière ! râla-t-elle. L'an prochain, c'est sûr, j'abandonne. Et vous, les filles ?
— Moi j'aime bien, répliqua Ailis. Et puis si je veux travailler sur un volcan, il faut que je sois au point avec les salamandres et les autres créatures magiques qui y vivent.
Lily ne répondit pas tout de suite, pensive.
— Et toi, Lily ? lui demanda Erin, revenant à la charge.
— Oh... Je ne sais pas trop. Je n'ai pas vraiment d'idées sur ce que je veux faire plus tard. Sans doute pas un métier en lien avec les créatures magiques mais... C'est une matière que j'aime bien et j'ai des notes correctes, alors je pense pouvoir obtenir l'ASPIC de soins aux créatures magiques sans trop de problème. Et puis... j'aime bien aussi parce que ça me fait un lien avec Scorpius.
Ses deux amies éclatèrent de rire et se mirent à la taquiner.
— Scorpius, Scorpius, toujours Scorpius ! À t'entendre, c'est le seul garçon au monde !
— Hé, c'est un peu normal, les filles, je vous rappelle que c'est mon petit ami !
— N'empêche, tu n'es pas obligée de choisir tes cours en fonction de lui, remarqua Ailis.
— Je sais, je sais. C'est juste un argument supplémentaire en faveur de ça, pas mes raisons principales. Et de toute façon, l'an prochain, il ne sera plus à Poudlard, soupira la jeune attrapeuse.
— Et si ça se trouve, vous vous lasserez et tu finiras par sortir avec un autre, présuma Erin.
Lily s'arrêta pour réfléchir.
— Oui, peut-être, reconnut-elle. Ou peut-être pas. Scorpius et moi... c'est particulier.
— Quoi, tu penses que c'est l'homme de ta vie ? s'enquit Erin.
— Non, ce n'est pas ça. Je n'ai aucune idée de notre avenir l'an prochain ou dans deux ans, alors la vie entière ?
— Alors quoi ?
— Ben vous voyez, les filles, quand je sortais avec Amalric, je ne me posais pas de question. On est de la même année, de la même Maison et, surtout, mes parents n'ont rien contre les siens. Sa mère s'est battue à leurs côtés durant la guerre et son père est un Né-Moldu, précisa Lily.
— Je croyais que ton père avait témoigné en faveur des Malefoy, à la fin de la guerre, s'étonna Ailis.
— Oui, c'est vrai, il l'a fait. Mais franchement... Quand on voit le père de Scorpius et lui côte à côte... pfff...
— À ce point-là ? Leur hostilité du bal continue, alors ?
— Il semblerait... Pourtant, de ce que j'ai compris, avant qu'on sorte ensemble, il y avait une sorte d'indifférence polie entre eux, une sorte de statu quo.
— Alors vous avez déterré la hache de guerre ? remarqua Erin malicieusement.
— Surtout, c'est pénible parce que l'on doit tenir compte d'eux dans notre relation... soupira Lily.
— C'est à dire ?
— Ben... Je ne sais pas si notre histoire serait devenue aussi sérieuse aussi vite, sans eux, expliqua Lily.
— Quelque part, ça va trop vite, c'est ça ? présuma Ailis.
— C'est ça... soupira Lily. Alors oui, on s'aime, oui, on est bien ensemble, oui, on n'a pas envie de se quitter, mais... parfois... J'ai un peu l'impression que l'on nous demande de décider entre s'engager pour la vie ou se séparer tout de suite ! regretta-t-elle. Alors que j'ai seulement 15 ans, quoi !
— C'est clair que, vu comme ça, ce n'est pas très motivant, soupira Erin.
— Et de toute façon, personne ne devrait avoir à faire un tel choix sous la pression, remarqua Ailis, tandis qu'elles arrivaient sur les lieux de leur cours.
Le professeur Gobe-Planche rassembla ses élèves autour d'elle et leur montra les créatures qui se trouvaient dans l'enclos, qui avaient la tête et les pattes avant d'un aigle ainsi que l'arrière du corps d'un cheval.
— Bien. Voilà ce que nous allons étudier durant les prochains cours. Qui peut me dire de quelles créatures il s'agit ?
Plusieurs mains se levèrent, dont celle de Lily.
— Oui, Mr Weasley ?
— Ce sont des hippogriffes, Professeur, répondit Hugo.
— Très bien, cinq points pour Gryffondor. Quelqu'un sait comment ils se reproduisent ?
Il y eu quelques rires étouffés mais, là encore, plusieurs mains se levèrent.
— Miss O'Reilly ?
— Ils pondent des œufs, Professeur, mais allaitent leurs petits, répondit Drenka.
— Tout à fait. Cinq points pour Serpentard. Bien, sortez vos cahiers, vous allez d'abord prendre des notes. Comme la plupart des animaux que nous voyons cette année, les hippogriffes sont des créatures dangereuses, et nous ne les approcherons que lorsque vous aurez bien compris leur fonctionnement. Attention, il est tout à fait possible que vous ayez des questions à leur sujet lors de vos BUSE.
Les élèves durent noter soigneusement tout ce que leur professeur leur indiqua, avant de pouvoir enfin aller à la rencontre des majestueuses créatures magiques.
— Figure-toi qu'aujourd'hui, on a commencé à étudier les hippogriffes, en cours de Soins aux Créatures Magiques. Ils sont encore plus grands que je ne le pensais ! raconta Lily à Scorpius le soir même, tandis qu'ils se dirigeaient vers le stade de Quidditch.
— Ah oui, je m'en souviens, ça m'avait fait la même impression. Mon père les déteste, il a été blessé par l'un d'eux lors d'un cours ici. Figure-toi que mon grand-père et lui ont fait condamner à mort la pauvre bête ! Elle s'est échappée, heureusement...
Lily se mit à rire.
— Tu trouves ça drôle ? s'étonna Scorpius.
— Je connais la suite de l'histoire ! L'hippogriffe en question ne s'est pas enfui seul, Scorp, précisa-t-elle avec un sourire malicieux.
— Oh ! Hum... J'imagine que ton père et ses amis étaient dans le coup ?
— On peut dire ça... En fait, cet hippogriffe a permis de sauver Sirius Black...
— Quand je t'écoute, je me dis qu'ils ont vraiment vécu des trucs de dingue, et qu'il n'y en a qu'une toute petite partie qui a été rendue publique ! remarqua-t-il d'une voix pensive...
— Tu as raison, confirma-t-elle. Mais crois-moi, ils auraient vraiment préféré avoir une vie calme et tranquille, comme nous !
— Je n'en doute pas, assura-t-il gravement.
James était en train de garnir les rayons de la boutique des Farces pour Sorciers Facétieux, sur le Chemin de Traverse, lorsqu'il entendit George jurer. Il ne s'inquiéta pas, tout d'abord, car cela arrivait parfois, lorsqu'une expérience tournait mal. Il s'arrêta tout à coup, surpris, ayant cru entendre le prénom de sa sœur parmi les imprécations de son oncle. Il se dirigea vers l'arrière-boutique, croisant Ron qui prenait la même direction. George était devant un bureau, en train d'ouvrir des tas et des tas de lettres, et continuait à fulminer :
— C'est pas possible... Non mais c'est pas possible... Quelle vipère...
— Qu'est-ce qui se passe, vieux ? demanda Ron. C'est pas des commandes, tout ça ?
— Oh que si, grinça George. Des tas et des tas de commandes pour des Chocomangas.
— Génial ! On dirait même que ça a eu encore plus que succès que ce qu'on avait prévu ! se réjouit son frère.
— On dirait, ouais. Tu pourras remercier sa sœur, précisa George en indiquant James du doigt, et ta brillante idée.
— Comment ça ?
— Tiens. Regarde ce que la miss a rajouté sur nos bons de commande, précisa George en se levant et en tendant une pile de papiers à son frère.
Ron parcourut le premier du regard et sursauta. Il vérifia rapidement sur les suivants et jura, avant de s'écrier :
— C'est pas vrai ! Elle n'a pas osé !
— Euh... Vous parlez de Lily ? intervint James. Qu'est-ce qu'elle a fait ?
— Ta sœur, répondit Ron en insistant bien sur ces deux mots, a falsifié nos bons de commande. Regarde ce qu'elle a osé faire, indiqua-t-il en lui en tendant un.
À son tour, James prit le papier pour le lire. Il retint difficilement un sourire amusé. En effet, Lily avait rajouté : « Un Feu Fuseboum offert pour toute commande de Chocomangas ».
— Et... euh... Vous allez faire quoi ? demanda-t-il, se sentant un peu entre la baguette et sa cible.
— Bien obligés d'honorer les commandes, pesta George. Mais on va y perdre, avec autant de Feux Fuseboum en cadeau !
— Mais peut-être que ça va booster leurs ventes aussi ?
— Moui, sans doute, concéda George après un petit temps de réflexion. N'empêche que je vais lui écrire de ce pas pour lui demander de ne plus nous faire ce genre de mauvaises blagues.
— Faut croire que c'est une réponse très Weasley à votre propre blague. Vous ne pouvez pas nier le fait qu'elle soit votre nièce... glissa James, juste avant de filer à ses rayonnages, loin des grognements de ses oncles.
Victoire avait obtenu sans peine de son oncle Harry et sa tante Ginny la permission de prendre Lily durant la semaine des vacances d'avril. Aussi était-ce elle qui devait aller la chercher, en voiture, tandis que Teddy transplanerait avec Scorpius. Mais la jeune femme était inquiète.
— Teddy, Teddy, crois-moi, tu ferais mieux de l'attendre à l'extérieur du quai 9 ¾, assura Victoire en tournant en rond et en se tordant les mains.
— Je te rappelle que Ron passe par là pour sortir de la gare, et qu'il risque donc tout autant de m'y reconnaître, fit remarquer son mari.
— Alors donne rendez-vous à Scorpius ailleurs ! Sur la place devant la gare, par exemple ! proposa-t-elle nerveusement.
— Au risque que l'on se rate, et que l'on doive passer du temps à se chercher ? Pas très discret.
Victoire soupira.
— Il va te reconnaître...
— Je te rappelle que je suis métamorphomage, lui dit-il avec un clin d'œil, tout en modifiant la forme de son visage plusieurs fois de suite.
— Et moi je te rappelle qu'Oncle Ron te connaît depuis toujours. Et que ce n'est pas la première fois qu'il te verra métamorphosé.
— Tu sais, Victoire, la plupart du temps, je m'en fiche d'être reconnu, lui assura-t-il. Mais si je ne veux vraiment pas l'être, crois-moi, il n'y verra que du feu.
— Et si les enfants te reconnaissent ?
— Ils ne me reconnaîtront pas. Toi non plus, d'ailleurs.
— Mais je saurai que c'est toi !
— Certes, et alors ? Tu n'as pas l'intention de me faire remarquer.
— Bien sûr que non, je ne suis pas idiote !
— Alors tu vois, tout va bien se passer.
— J'aimerais te croire, Teddy... mais si tu fais tout capoter ? fit-elle remarquer nerveusement.
Il se rapprocha de sa femme et la prit tendrement par les épaules.
— Ma chérie, je n'ai aucune envie de gâcher les vacances de nos deux tourtereaux. Fais-moi confiance, Ron ne me reconnaîtra pas. Et de toute façon, je suis sûr qu'il ne lui viendra même pas à l'esprit que ce soit moi qui puisse venir chercher Scorpius à la gare.
— J'espère vraiment que tu as raison, soupira-t-elle. Mais fais bien attention, Ted Remus Lupin ! s'énerva-t-elle, les mains sur les hanches. S'il y a le moindre problème à cause de toi, tu vas le regretter !
Il sourit, avant d'embrasser sa femme.
