31. 2023/2024 Le chat de Lily
— Un sort ? Ben non, quelle idée ! Pourquoi je jetterais un sort au chat de Lily ? s'étonna Scorpius.
Teddy se frotta les yeux, l'air éberlué.
— Franchement, j'ai du mal à y croire. Tu as vu ça, Victoire ? Sphinx qui se laisse caresser par quelqu'un d'autre qu'elle !
— Oui et alors ?
— Cette sale bête ne se laisse approcher que par Lily !
— Eh ! Ne parle pas comme ça de mon chat ! s'indigna la jeune fille, tandis que l'animal poussait un feulement sourd.
— Je te rappelle que j'ai passé bien moins de temps que toi chez les Potter, mon chéri, et que je l'ai donc beaucoup moins vu.
— C'est une teigne avec les autres, ton chat, Lily, précisa Teddy. Je suis désolé, mais c'est vrai. Sérieusement, il snobe même Ginny et Harry, alors qu'ils le nourrissent régulièrement !
La jeune fille grimaça tout en relevant le menton. Teddy continua sans sembler y prêter attention.
— Il vient bien d'une portée des chats de tes parents, Victoire, non ?
— Oui, c'est ça, il est d'ailleurs de la même qu'Onyx — le mien, précisa-t-elle aussitôt en regardant Scorpius. C'est vrai qu'il ne se laissait déjà pas trop approcher par les humains, à l'époque, je me souviens que mon père s'en était inquiété. Enfin, jusqu'au jour où Lily est venue avec ses parents. On aurait vraiment dit qu'il l'avait choisie !
— C'est peut-être parce que Scorpius aime les animaux que Sphinx est allé vers lui, argua la jeune fille. D'ailleurs il veut devenir vétérimage.
— Et quand tu l'emmènes chez le vétérimage, il se laisse faire ? s'étonna Teddy.
— Euh... non, avoua-t-elle. Il m'a dit qu'il avait l'habitude de charmer les animaux, mais que Sphinx était l'un des plus réticents auquel il ait eu affaire. Il pense que son côté fléreur est particulièrement développé.
Teddy se mit à sourire.
— Soit tu es plus doué que lui avec les animaux, Scorpius, soit il se passe un truc spécial entre ce chat et toi, remarqua-t-il.
— C'est peut-être parce que je suis le petit ami de Lily ? supposa celui-ci.
— Peut-être sent-il un lien spécial entre vous deux, présuma Victoire en souriant.
— Si ça se trouve, sans le Quidditch, c'est grâce à lui que vous auriez commencé à vous fréquenter ! proposa Teddy en riant.
Lily et Scorpius échangèrent un regard surpris, avant de regarder ensemble Sphinx. Celui-ci les regarda tour à tour, sembla sourire puis se mit à se lécher la patte, sans quitter les genoux de Scorpius.
Aucun d'entre eux n'en reparla. Néanmoins, et sans se concerter, ils observèrent tous discrètement le comportement du chat durant les jours suivants. Celui-ci continua à se montrer tout aussi familier avec Scorpius qu'avec Lily, et tout aussi sauvage envers la famille Lupin.
La jeune fille profita aussi de la tranquillité de leurs soirées jeux pour demander à Victoire et Teddy comment ils avaient vécu les deux années qu'ils avaient passées loin l'un de l'autre, lorsque la future Mrs Lupin terminait ses études à Poudlard. Les jeunes époux s'étaient regardés de manière complice, et avaient commencé à évoquer souvenirs et astuces, soigneusement écoutés par leurs deux jeunes cousins.
Un matin, Lily remarqua que Scorpius observait un tableau accroché au mur du salon. Le jeune homme semblait perplexe. Elle s'approcha de lui et sourit en reconnaissant le sujet de celui-ci. Son petit ami se tourna vers elle en l'entendant approcher.
— C'est bizarre, il me dit quelque chose, ce tableau. Pourtant je suis certain de ne jamais être venu ici auparavant.
Elle se mit à rire.
— C'est normal, tu as dû apercevoir son jumeau cet été à Godric's Hollow !
— Ah, chez tes parents, d'accord. Mais alors, qui sont ces jeunes gens qui posent devant Poudlard ? Des personnes de vos familles, je suppose... Celui-là ressemble à ton père. Oh ! Cette jeune femme aux cheveux roses, elle me fait penser à Teddy. Serait-ce sa mère ?
La jeune fille opina et leva la main pour lui désigner les différentes personnes représentées sur le tableau, toutes dans la vingtaine par la grâce du pinceau de Dean Thomas, qui était devenu un peintre réputé.
— Tout à fait. C'est Nymphadora Tonks-Lupin, la cousine germaine de ton père. Le jeune homme à son bras, c'est son mari Remus Lupin, le père de Teddy. Au milieu, ce beau jeune homme, c'est Sirius Black, le parrain de mon père et cousin de vos grands-mères, à Teddy et toi. Et l'autre couple, ce sont mes grands-parents paternels, James Potter et Lily Evans. Donc trois des quatre Maraudeurs, avec les épouses des deux seuls qui se sont mariés. C'est mon père qui a fait réaliser le premier exemplaire de ce tableau... et il a préféré ne pas faire représenter celui qui avait trahi...
— Tu veux dire qu'il y en a d'autres exemplaires ?
— Oui. Au début, mon père en a commandé un pour notre maison de Londres, en expliquant très précisément au peintre ce qu'il voulait. Et quand il a vu l'intérêt qu'y portait Teddy à chaque fois qu'il venait, il en a fait réaliser une copie pour lui. Plus tard, il en a fait faire un troisième pour Godric's Hollow. Après tout, notre maison de Londres était à Sirius, tandis que celle de Godric's Hollow était à mes grands-parents, ils ont donc leur place dans l'une comme dans l'autre. Et après le mariage de Victoire et Teddy, mon père a fait faire une quatrième copie, pour Granny. Je sais qu'elle a été très touchée par le geste, le tableau est en bonne place chez elle.
— Il est très réussi, ils ont tous les cinq l'air heureux et insouciants.
— Oui, c'est ce que mon père voulait. Je me dis parfois que c'est comme si... comme si ça les représentait au Paradis. Tu vois ce que je veux dire ? Heureux et enfin réunis. Heureux malgré leur destin tragique...
Il opina silencieusement, tout en observant soigneusement les cinq jeunes gens.
— Je vois ce que tu veux dire. Et je leur souhaite vraiment d'avoir trouvé une telle paix et un tel bonheur.
Il s'interrompit un moment puis reprit.
— Au fait, je n'avais jamais réalisé que tu portais le prénom de ta grand-mère.
— Oui, ainsi que celui de ma marraine, confirma-t-elle en souriant. James porte ceux de notre grand-père et de Sirius. Et Albus ceux de Dumbledore et du professeur Rogue.
— C'est un bel hommage.
Les époux Lupin s'étaient approchés pendant les explications de la jeune fille mais n'avaient pas voulu interférer. Victoire intervint cependant, à ce moment-là :
— C'est vrai, Scorpius. C'est comme ça que Tante Ginny et Oncle Harry l'ont toujours vu. Mais ma mère a eu beaucoup de mal à le comprendre, et sa famille encore plus.
— Ah bon ?
— Oui, ils sont Français et, pour eux, ça ne se fait pas de donner le prénom d'un grand-parent ou d'un défunt, ou alors seulement en seconde position.
— Vraiment ? Ma mère porte le prénom de sa propre grand-mère et cela m'a toujours semblé normal, remarqua Scorpius.
— La mienne aussi ! indiqua Lily avec un sourire complice. Et mon père a reçu celui de son arrière-grand-père Potter.
— Et moi, je porte le prénom de mon grand-père maternel, qui est décédé peu avant ma naissance, ajouta Teddy. J'ai effectivement remarqué que ça surprenait beaucoup les Français qui étaient au courant, alors que ça ne m'a jamais dérangé. Je sais bien que je ne suis pas lui, et ma grand-mère ne nous a jamais confondus ! remarqua-t-il en riant.
— C'est vrai que Mathilde, la cousine française de Victoire avec qui je m'entends si bien, a du mal à le comprendre aussi. Pourtant, nos parents ne nous comparent pas du tout à eux. Nous sommes libres d'être nous-mêmes. D'ailleurs, nous avons mis des années avant de faire le lien avec nos grands-parents, James et moi. Albus, quant à lui, n'a vraiment compris d'où venaient ses prénoms qu'au moment d'entrer à Poudlard.
— Et du coup, d'où viennent les prénoms de vos enfants ? demanda alors Scorpius aux Lupin.
— Nous avons choisi des prénoms que nous aimions pour leur sonorité et, surtout, qui passent aussi bien en Angleterre qu'en France, ce qui n'est pas si facile que ça, expliqua Teddy en souriant.
— En revanche, nous leur avons donné un second prénom en hommage à un proche, précisa Victoire. Dora pour Maud, en souvenir de la mère de Teddy, et Arthur pour Paul, comme mon grand-père Weasley.
Scorpius hocha la tête.
Alors qu'il s'éloignait du tableau, son regard tomba sur le buffet où les Lupin avaient déposé de nombreux cadres contenant des photos de famille. Teddy s'approcha pour lui indiquer qui était qui sur les photos. En se tournant vers Lily, Scorpius désigna une jeune fille rousse, dans une élégante robe dorée, sur une photo de mariage.
— C'est ta mère, non ?
— Oui, elle était demoiselle d'honneur lors du mariage des parents de Victoire. L'autre demoiselle d'honneur, c'est la mère de mon amie Mathilde.
— Tu ressembles beaucoup à ta mère et à ta tante, Victoire, remarqua le jeune homme.
Elle opina avant de remarquer :
— Tante Ginny était très jolie, ce jour-là. Lily lui ressemble un peu.
— Je trouve que Lily est encore plus belle, affirma son petit ami avec conviction.
La fille des Potter se mit à rougir.
Un après-midi, ils écoutèrent des disques sorciers et moldus, français et anglais, sur le gramophone enchanté de Victoire et Teddy. Ceux-ci firent remarquer malicieusement que leurs disques étaient plus variés que ceux que Scorpius avait offerts à Lily lors du Noël précédent. La petite Maud, toute joyeuse, se mit à virevolter sur la musique. Scorpius se leva alors pour inviter Lily à danser avec lui. Victoire et Teddy se joignirent très vite à eux, et même le petit Paul participa, porté dans les bras à tour de rôle. Ils s'amusèrent beaucoup et profitèrent sans arrière-pensée de ce temps de complicité. Lily et Scorpius n'avaient pas dansé ensemble depuis le bal de la Victoire, à Poudlard, presqu'un an plus tôt. Ils apprécièrent nettement plus cette fois-ci, bien plus décontractée, sans les regards lourds de leurs parents.
Les deux jeunes gens profitèrent aussi largement des vacances pour se promener ensemble aux alentours, mais aussi pour utiliser leurs balais sur le stade de Quidditch, non loin de là. Ils allèrent au cinéma pour voir un film qui parlait de sorcellerie. Celui-ci les amusa beaucoup, tant la magie y était représentée différemment de ce qu'elle était en réalité.
Lors de l'une de leurs promenades, Lily expliqua à Scorpius qu'elle avait envie de remercier Victoire et Teddy pour cette semaine de vacances, et qu'elle avait eu une idée. Intrigué, il lui demanda de quoi il s'agissait.
— J'ai pensé qu'on pourrait leur proposer de garder les enfants, afin qu'ils puissent sortir en amoureux. Enfin, si ça ne te fait pas peur, bien sûr.
Il soupira.
— Pourquoi ça me ferait peur ? Ce n'est pas la première fois que tu me dis ça, Lily, et franchement, j'ai l'impression que tu n'as pas confiance en moi.
Elle le regarda avec des yeux ronds, horrifié à l'idée qu'il puisse penser cela.
— Mais j'ai confiance en toi, Scorpius ! Ça n'a rien à voir !
— Ah bon ? Alors pourquoi tu me demandes si j'ai peur ? Ai-je l'air peureux ?
— Ben non, pas du tout... reconnut-elle d'une voix confuse.
— Pourquoi cette question, dans ce cas ?
— Je ne sais pas... C'est... c'est... Ce n'est pas contre toi, c'est comme une expression...
— Une expression ? s'étonna-t-il.
— Enfin... C'est un truc qu'on dit souvent, avec mes frères ou mes cousins notamment, tu vois ce que je veux dire ? Une manière de se défier...
— Oh... Alors j'ai l'impression que c'est typiquement un truc de Gryffondor, ma petite lionne... C'est avec ce genre de phrases que vous apprenez à développer le courage et maîtriser la peur dès le plus jeune âge, non ? demanda-t-il sur un ton légèrement sarcastique.
— Je n'avais jamais vu les choses comme ça, remarqua-t-elle pensivement. Et puis, tu sais, mon père dit régulièrement que le courage, ce n'est pas de ne pas avoir peur, c'est d'avancer en surmontant ses peurs.
Scorpius prit quelques secondes pour réfléchir à cette phrase avant de répondre.
— Ça me paraît plein de bon sens. D'ailleurs, je pense que c'est l'expérience qui lui fait dire ça.
La jeune fille opina, avant de lui demander :
— Et... de ton côté, tu as entendu quoi ? Pas d'histoire de courage ni de peur, du coup, je présume...
— Pas spécialement. En revanche, ma mère Serdaigle aussi bien que mon père Serpentard m'ont fréquemment répété de toujours réfléchir avant d'agir.
— C'est vrai que ce n'est pas toujours mon fort ! remarqua-t-elle en riant.
— Mais j'aime ta spontanéité, lui assura-t-il en souriant. Et elle ne t'empêche pas d'avoir la tête sur les épaules, tu ne passes heureusement pas ton temps à foncer sans réfléchir !
Elle se mit à rire.
— En fait, d'une certaine manière, on se complète, tu ne trouves pas ? demanda-t-elle d'une voix mutine.
— Mmmh... Je ne sais pas, mais j'aime bien cette idée... répondit-il en la serrant contre lui tendrement. Dis-moi, Lily... souffla-t-il au bout d'un moment, pour en revenir à ton idée, pourquoi pensais-tu que cela pourrait me faire peur ?
— À cause des enfants. Je suppose que tu n'en as jamais gardé, si ?
— Non, en effet, et alors ? Je te fais confiance, tu sais. Si tu juges que nous sommes capables de garder les petits Lupin toute une soirée, pourquoi en douterais-je ? Et puis je les aime bien, ces petits, ils sont adorables.
— C'est vrai qu'ils t'ont bien adopté ! remarqua-t-elle en souriant. Bon, on propose ça à Victoire et Teddy en rentrant ?
Il opina et ils continuèrent leur promenade.
Une lettre, cependant, vint ternir quelque peu l'insouciance de ces vacances. En effet, Ginny écrivit que Harry et elle allaient venir embrasser leur fille sur le quai 9 ¾, avant qu'elle ne retourne finir sa cinquième année à Poudlard.
— Pourvu qu'ils ne se doutent pas que Scorpius a passé les vacances ici avec moi ! s'exclama vivement Lily après que Victoire leur ait lu la lettre.
— Il n'y a pas de raison, si ? De toute façon, j'avais prévu d'y aller en transplanant tout seul, pour que ton oncle Ron ne nous voie pas arriver ensemble.
— Il suffira de faire comme si vous ne vous étiez pas vus de toutes les vacances, affirma Victoire sur un ton calme.
— Si cela ne risque pas de vous poser problème, ça ne me dérange pas de leur dire que je suis passé voir Lily ici. De toute façon, ils savent que j'ai mon permis de transplanage, ça ne devrait pas les surprendre.
— Et je n'ai qu'à te présenter à Harry comme mon cousin ! dit Teddy en riant.
— D'accord, répondit Scorpius sans sourciller.
— Je plaisantais ! s'exclama aussitôt son cousin en levant ses mains.
— Moi pas, affirma calmement le jeune Malefoy. Sauf si ça doit vous porter préjudice, bien sûr. Ce qui serait une bien mauvaise manière de vous remercier, Victoire et toi, pour cette très chouette semaine.
— Ne t'inquiète pas pour ça, je crois qu'Oncle Harry a toujours été beaucoup plus indulgent envers Teddy qu'envers ses propres enfants, n'est-ce pas, Lily ?
Celle-ci opina avec une petite grimace comique. Le jeune Lupin les regarda toutes les deux avec un sourire amusé, tout en secouant la tête comme si elles racontaient n'importe quoi.
— Pour éviter de vous compromettre, peut-être peut-on dire que je suis venu manger un jour avec vous, puis suis allé me promener avec Lily ?
— Ça devrait passer, en effet, confirma la cousine de sa petite amie.
— C'est bien, tu n'es pas un lâche, remarqua Teddy sur un ton appréciateur.
— Tu aurais peut-être eu ta place à Gryffondor, finalement ? remarqua Victoire malicieusement.
— Non mais il n'y a pas que le courage qui détermine ou non l'appartenance à cette Maison ! affirma Scorpius en souriant. Je suis bien plus réfléchi que Lily, par exemple.
— Hé ! Dis tout de suite que j'ai tendance à foncer dans le tas ! s'insurgea-t-elle.
Il la fixa avec un sourire en coin.
— Non mais je n'ai pas dit que ça ne m'arrivait pas, hein, précisa-t-elle en lui tirant la langue. Mais c'est vrai que les qualités ne se limitent pas à la Maison qui a choisi de les privilégier.
— Espérons seulement que tout se passe aussi bien à la gare ! Parce que je ne suis pas certain que mon parrain ait réalisé notre lien de parenté, à Scorpius et moi...
Est-ce que ça se passera bien, à la gare ? Et comment va se dérouler la fin des vacances, à votre avis ?
D'autre part, j'ai commencé à écrire une histoire alternative. Ce sera une fic courte, avec plusieurs petits chapitres. Si vous avez aimé le chat de Lily, vous serez contents : il y occupe une place centrale. Voici une petite présentation de l'histoire : "Lily et Scorpius n'ont jamais fait de Quidditch. Deux ans d'écart, deux Maisons différentes, ils se sont aperçus à Poudlard sans jamais faire vraiment connaissance. Quelques années plus tard, Lily emmène son chat, Sphinx, chez le vétérimage. Scorpius remplace le vétérimage habituel de Lily. C'est ainsi qu'ils discutent ensemble pour de vrai pour la première fois..."
Je commencerai à la publier en juin ou en juillet.
Et surveillez bien mon profil : dans le cadre d'un concours, je vais publier un extrait de la sixième année de Lily dans Le Quidditch dans le sang... Ça s'appelle Dans la peau.
