Salut, désolée pour l'attente mais voici le nouveau chapitre. J'espère que vous l'aimerez, en tout cas merci pour votre support, merci de lire, de suivre, de mettre en favori et surtout de commenter cette fic. J'adore les commentaires :). Bonne lecture.
Pims10 : Contente que ça te plaise ;).
Miss MPREG : Bonjour, tu l'as fait pour Dame du Gondor si ça aide ;).
Heureuse que tu le penses, je ne savais pas trop quoi faire pendant un moment je le reconnais, comment éviter que ça se sache ? J'ai pensé que ce serait pas mal que ce soit le plan d'Aurore vu ce qui lui arrivait. Prouvant, à elle même comme à ses frères, qu'elle n'était pas totalement faible. Je suis très heureuse d'avoir réussi à rendre réelles les émotions des deux frères, c'était le but, j'espère que ce sera aussi le cas vis à vis de celles d'Aurore dans ce chapitre.
L'ancienne nourrice est morte, j'y ai fait mention il me semble dans les derniers chapitres. Je voulais montrer qu'il y avait des raisons qui avaient poussé Aurore au silence et que les actions de Denethor avait été remarqué, au moins par une personne. Donc elle ne révélera pas ce qu'elle sait, heureusement. Après si elle avait vécu, j'aurai aussi été pour lui couper la langue.
Oui elle va avoir du mal, je vais essayer de le montrer un peu dans l'évolution des chapitres, mais elle n'est pas seule, elle aura un support bien plus marqué que dans l'autre fic cette fois :D.
En tout cas merci beaucoup.
Troisième Âge, Février 3004, Minas Tirith.
Attendre.
Une des pires choses au monde pour Aurore, combien de fois avait-elle attendu une nouvelle pour s'assurer que ses frères allaient bien, qu'ils étaient vivants et indemnes. Cette fois elle savait que physiquement ils allaient bien, néanmoins elle s'inquiétait quand même pour eux, ils avaient tué Denethor pour elle, pour la protéger, elle n'était pas sûre de pouvoir se pardonner un jour de les avoir poussé à faire une telle chose. Une chose qui risquait de les ronger de l'intérieur, ils ne se pardonneraient peut-être pas. Parce qu'elle n'avait pas réussi à se protéger, ses frères souffraient. Et elle ne pouvait pas être avec eux, le plan était en action, ils devaient ramener le corps sans vie de Denethor qui passerait pour une victime supplémentaire des orques ou des hommes de Sauron, tandis qu'elle devait vaquer à ses occupations habituelles, l'air de rien et sans montrer son angoisse ou sa peur. C'était en réalité le dernier le plus évident, elle avait de la pratique après tout mais ça ne voulait pas pour autant dire que son estomac n'était pas noué sous l'inquiétude, cependant elle n'en montrait rien. Son visage était neutre, comme presque toujours récemment, hors des visites de ses frères.
Comment pourrait-elle faire semblant de sourire lorsqu'elle ne voyait que des ténèbres ? Lorsque le monde lui paraissait si sombre ? Ses frères avaient été la seule lumière dans sa vie, tout le reste était tâché, sali par Sauron certes mais surtout par Denethor. Aurore savait très bien que des deux Sauron était le plus dangereux pour le Gondor, qu'il voulait exterminer le monde des hommes, les faire plier devant lui, les changer en esclave au mieux. Cependant elle craignait bien plus Denethor, après tout lui avait été présent dans la cité et un danger immédiat pour elle. Elle avait beau avoir vu son corps, même si elle ne l'avait pas approché vu que ses frères l'avaient protégé, elle n'arrivait pas à se faire à l'idée. Elle sentait toujours ses mains sur son corps, sentait toujours son regard sur elle, sa respiration également...
Aurore dut fermer les yeux pour se reprendre, ce n'était pas le moment de penser à ça, elle devait garder la tête froide, elle devait être forte. Denethor était mort et ça voulait dire beaucoup pour le Gondor, premièrement ils allaient devoir organiser des funérailles digne d'un Intendant Souverain, c'était une preuve de respect. Cela bien qu'elle préfererait éviter tout cela, brûler son corps et jeter les cendres aux orques, au moins comme ça il serait utile... Mais il avait été un homme important et donc ça voulait dire que ce n'était pas possible d'agir ainsi, quoique ça n'aurait pas non plus été correct pour n'importe quel mort. Il y allait avoir beaucoup d'activités et c'était des activités sur lesquelles ses frères savaient peu, pourtant elles étaient primordiales, ils ne pouvaient pas se permettre d'insulter qui que ce soit, pas en ces temps sombres et dangereux, et certainement pas alors que Boromir prenait les fonctions d'Intendant Souverain. La moindre erreur pourrait résulter en une catastrophe pour le Gondor certes, mais aussi pour leur famille, Denethor n'avait pas accordé un grand pouvoir au nobles, ayant des moyens de pressions sur les membres du conseil des nobles afin de pouvoir agir comme il lui plaisait et pour qu'ils ne puissent rien faire contre lui. Denethor avait été un homme dangereusement intelligent, elle le détestait mais elle ne pouvait pas le nier, il était un homme redoutable et un politicien extrêmement habile, et malheureusement Boromir n'était pas comme ça. Pire encore il ne savait pas beaucoup sur ce genre de chose, ayant retardé chaque leçons de ce genre pour se concentrer sur la sécurité du Gondor, sur les défenses, sur les armées et là il allait devoir mener un genre de guerre très différent.
Il allait devoir faire de la politique, une chose qu'il n'aimait pas et qu'il ne maîtrisait pas, elle ne savait même pas s'il aurait la patience pour une telle chose. Elle savait qu'il ferait de son mieux mais elle doutait de son tempérament, il avait l'habitude de diriger des soldats, de combattre des orques ou des mercenaires, là il s'agissait d'un combat d'un autre genre. D'un genre plus dangereux peut-être, parce que là ce serait difficile de dire qui était les ennemis et qui était les amis, et surtout pour combien de temps ils seraient l'un ou l'autre.
Les premiers mois seraient particulièrement importants, l'attitude de Boromir par rapport à tout allait être observé et les choses risquaient d'être compliquées, s'il était trop ferme ou pas assez, s'il montrait une quelconque faiblesse. Ils étaient pires que des orques, Aurore en était certaine, au moins avec eux on savait qu'il ne fallait pas leur tourner le dos, et on était pas obligé de leur sourire et de les accueillir chez soi. Cependant il y avait une chose qui serait à leur avantage, Denethor n'avait jamais eu une haute opinion de Faramir et d'elle même, pourtant Faramir était un excellent négociateur, qui était également très intelligent et de très bon conseil. Tandis qu'elle, elle avait résidé dans la Cité Blanche, elle avait assisté à de nombreux conseils et discussions, sans attirer l'attention sur elle, elle avait vu les méthodes de Denethor et si elle n'était pas d'accord avec tout ça, loin de là même, elle avait quand même les informations et c'était déjà quelque chose. Elle savait comment ça fonctionnait et si pour protéger ses frères elle devait agir dans l'ombre, elle n'hésiterait pas une seule seconde. Pour ses frères, il y avait très peu qu'elle ne ferait pas, surtout quand ça voulait dire que c'était pour le bien du Gondor également. Et Boromir était exactement le genre de chef dont ils avaient besoin, elle en était certaine, elle comptait bien l'aider.
C'était le mieux pour le Gondor bien sûr, mais elle leur devait bien ça, elle aurait du être plus forte. Boromir et Faramir lui avaient appris à se battre, à utiliser une épée, elle aurait du l'attaquer avec ça, elle aurait du se défendre, se battre. Elle n'aurait jamais du avoir besoin d'eux, ils n'auraient pas du l'apprendre et certainement pas comme ça. A cause d'elle ils l'avaient tué, et si elle était heureuse de sa mort, elle s'en voulait, elle s'en voulait de les avoir mis dans cette situation. Qu'importe ce qu'ils avaient dit, ils avaient aimé Dentehor, ils l'avaient respecté, cherché son affection et son respect. Ce qu'ils avaient fait, ça allait les hanter, elle en était certaine et elle se détester pour ça. Ils méritaient tellement mieux que ce cauchemar, que savoir à quel point elle était salie...
"Milady." appela Iorlas, il était le fils de Irlas, qui avait été un domestique de Finduilas, il était d'une aide précieuse à organiser non seulement la maison de l'Intendant, mais aussi à gérer pas mal de chose dans la Cité et il lui était entièrement loyal, à elle comme à ses frères. Au cours de l'année écoulée il l'avait aidé à plusieurs reprises à souffler un peu, à s'isoler.
"Oui Iorlas ?" elle demanda en reposant le livre qu'elle avait pris dans l'espoir de s'occuper l'esprit, en vain. Tout ce qu'elle avait fait depuis le départ de Faramir se faisant passer pour Denethor, c'était avoir des pensées sombres et réfléchir à tout ce qu'il allait falloir faire en relation avec les funérailles. Elle ne se rappelait même plus sur quoi était ce livre, elle l'avait prit au hasard dans la bibliothèque avant de s'asseoir et de tourner les pages sans les voir.
"Je suis désolé Milady, Lords Boromir et Faramir sont rentrés. Ils ramènent le corps de Lord Denethor." dit Iorlas en s'inclinant. "Une attaque d'orque apparemment."
Aurore ne lui répondit pas, à part pour un acquiescement léger, preuve qu'elle l'avait entendu, à la place elle posa le livre sur le fauteuil où elle s'était assise et sortit de la pièce en se hâtant, voulant rejoindre rapidement ses frères. Elle n'imaginait pas ce qu'ils pouvaient ressentir et elle voulait être là pour eux, elle l'aurait voulu dans tous les cas mais après ce qui s'était produit, elle leur devait bien ça. Boromir et Faramir étaient sur la place devant la Citadelle, un brancard de fortune installé entre leurs montures sur lequel reposait le corps de Denethor.
Elle n'eut pas à feindre la pâleur de son visage, ou les tremblements de son corps, en voyant le corps de celui qu'elle devrait appeler père, la simple vision était suffisante, même ainsi il la terrorisait. Normalement elle réussissait à mieux se contrôler, mais ce qui s'était passé avec ses frères cette nuit tout changé, brisant ses masques au passage. Elle ne savait pas combien de temps elle avait passé à observer son corps, mais elle n'arrêta que lorsque Boromir se plaça dans son champ de vision, il était hésitant et elle comprit qu'il hésitait à la prendre dans ses bras. Elle n'eut qu'à le regarder brièvement dans les yeux, du même bleu que les siens, avant qu'elle ne se réfugie dans les bras de son grand frère qui la serra contre lui immédiatement, plaçant ses lèvres sur le front d'Aurore, murmurant des paroles de confort, ainsi que des excuses. Elle sentit la présence de Faramir et bougea un peu pour tendre un bras vers lui, elle n'avait jamais voulu qu'ils soient aussi hésitants avec elle, qu'ils hésitent ainsi à la prendre dans leurs bras. C'était vrai qu'elle était devenue plus distante mais elle n'avait pas voulu ça, jamais. Faramir n'eut pas besoin de plus avant de les rejoindre, Boromir l'acceptant volontiers, ils avaient vraiment besoin des uns des autres.
Malheureusement ils n'étaient pas en privé, ils ne pouvaient pas rester ainsi éternellement et ils ne pouvaient certainement pas se permettre de montrer trop de faiblesses, même si leur père venait de mourir. Quoique ce n'était certainement pas pour ça qu'ils étaient ainsi, pas uniquement en tout cas. Ils étaient des adultes, Boromir avait 26 ans tandis que Faramir en avait 21 ans et Aurore 18, et donc ils avaient des responsabilités, surtout Boromir.
"Tu dois leur parler." dit Aurore après un moment, très consciente des regards des serviteurs, des gardes mais aussi des nobles qui étaient sortis en entendant la nouvelle.
"Elle a raison, tu es leur chef à présent. Tu es l'Intendant Souverain." ajouta Faramir en s'écartant de son frère.
"Que puis-je leur dire ? Ils ne sont pas mes soldats." dit hésitant Boromir, c'était différent lorsqu'il parlait à ses troupes, il savait quoi dire dans ce genre de cas, mais là, il ne savait vraiment pas.
"Ils ne sont pas des soldats mais ils ont les mêmes peurs, les mêmes craintes. Tu dois leur dire que tu es là pour eux." dit Aurore, qui était bien plus au courant des craintes des habitants de la Cité Blanche par rapport à ses frères. "Concentre toi sur l'image que tu avais de lui avant."
"Tu peux le faire." affirma Faramir, le ton sombre.
"Je n'ai pas le choix n'est ce pas ?" demanda Boromir de manière rhétorique avant de laisser Aurore près de Faramir tandis qu'il s'avançait afin d'être entendu par la Cité entière.
"Le jour est sombre pour le Gondor, parce que nous pleurons tous la mort de son Intendant Souverain, la mort de Denethor, fils d'Echtelion. Un homme de valeur et digne de respect." dit Boromir d'une voix forte, évitant de regarder dans la direction de sa sœur ou de réfléchir à ses paroles, si contraire à ce qu'il ressentait présentement, la rage habitait toujours son être. "Les prochaines semaines vont être centrées sur sa vie, sur toutes ses actions, on va le célébrer mais je vous demande aujourd'hui de pleurer, de regretter la mort de mon père. En ce jour sombre, je vous fait ce serment, je vais tout faire pour être l'Intendant que vous méritez, pour être digne de vous, pour vous défendre, pour vous protéger.
Le Mordor et ses armées nous ont prit notre chef, mais clamons haut et fort ce message, le Gondor tient bon. Nous ne nous agenouillerons jamais devant le Mordor et continuerons à défendre le Gondor. Fiers et déterminés. Les orques paieront pour leurs actions."
"Longue Vie à Boromir." répondit d'une seule voix le peuple du Gondor.
Il fallut un peu de temps avant que les trois enfants de Denethor ne réussisse à avoir un moment pour eux, mais ils y arrivèrent, aidés par Arthion, le second de Boromir, ainsi que Madril, le second de Faramir, tout comme Iorlas. Réunis dans le bureau de Faramir, ils étaient assis sur le canapé, Aurore au milieu.
"Je ne peux pas faire ça." s'exclama Boromir en se levant.
"De quoi parles-tu ?" questionna Faramir en plaçant son bras autour des épaules d'Aurore, regrettait-il la supercherie ?
"Je ne peux pas être l'Intendant." expliqua Boromir en faisant des vas et viens.
"Tu es l'héritier pourtant." pointa Aurore hésitante et sans le regarder, observant ses doigts qui jouaient avec des plis de sa robe.
"Oui, je suis l'héritier de Denethor, et si je deviens comme lui ?" paniqua Boromir.
"Tu n'es pas Denethor." dit fermement Aurore, retrouvant un peu de sa force à l'idée que son frère puisse même penser une telle chose.
"Comment peux-tu en être sure ?" demanda Boromir, son regard presque suppliant. "Je lui ressemble le plus dans le caractère, dans les idées..."
"Parce que tu n'as jamais été d'accord avec les actions de Denethor lorsque ça concernait Faramir ou moi, parce que tu te soucis du peuple, des nobles tout comme des paysans, tu n'ignores personne. Tu n'a pas son cynisme ou sa froideur ou encore sa méchanceté ou sa cruauté." dit Aurore en se levant, croisant enfin le regard de Boromir. "Je le sais parce que la simple idée de ses actions te donne envie de vomir, je le sais parce que tu es mon protecteur et que tu es toujours dur envers les soldats qui abusent de leur pouvoir auprès des femmes et que tu n'as jamais levé la main sur une femme ou sur un enfant."
"Aurore a raison, tu n'es pas comme lui. Ou sous-entendrais tu que parce qu'il est aussi mon père, je deviendrais moi aussi comme lui ?" questionna Faramir.
"Bien sûr que non." protesta horrifié Boromir.
"Alors ne soit pas plus idiot que tu ne l'es d'habitude." plaisanta faiblement Faramir. "Et n'oublie pas qu'on est là avec Aurore, on ne te laissera jamais devenir comme lui."
"Si j'échoue, si je déçois le Gondor ? Je suis un soldat, je ne suis pas fait pour la politique et tout ça." dit ensuite Boromir.
"Faramir l'a dit non ? On est là pour toi Boromir, tu n'es pas seul. Je suis désolée que tu te retrouves dans cette position, mais je ferai tout pour t'aider." dit Aurore.
"Ce n'est pas ta faute Aurore, et je suis prêt à le redire autant de fois qu'il le faudra, tu n'es en aucun cas coupable. Le seul responsable c'est Denethor, personne d'autre." dit fermement Boromir.
"Boromir a raison, tu n'es pas fautive Aurore." ajouta doucement Faramir. "Et elle a raison, tu n'es pas seul, on est là et on t'aidera. On ne vas pas te laisser tomber."
"Ensemble pour le meilleur et pour le pire." dit Boromir.
"Ensemble pour le meilleur et pour le pire." répétèrent les deux plus jeunes, une phrase que leur mère avait dit quand ils étaient enfants, Finduilas avait toujours accordé beaucoup d'importance à la famille, communiquant souvent avec son frère et ses sœurs, et elle avait été déterminé que ce soit également le cas pour ses enfants. Contrairement à la famille de son mari qui n'était pas proche, Denethor ne parlant jamais à ses sœurs, elle ne voulait pas de ça pour ses enfants et son mari avait cédé.
"Bon à nous trois, qui va pouvoir nous résister ?" demanda Boromir d'une voix incertaine, mais avec une trace de son arrogance coutumière.
Les choses n'étaient pas faciles, et ça n'allait pas s'arranger, mais ils étaient tous les trois, le cauchemar de leur sœur était fini, les gens semblaient avoir cru à l'histoire concernant la mort de Denethor et il allait pouvoir aider d'avantage le Gondor, en tout cas c'était l'idée. Il allait faire de son mieux et il n'était pas seul, sans compter qu'il n'avait jamais sous estimer l'intelligence de ses deux cadets, il avait des alliés de choix et ses alliés ne le trahiraient pas, il en était certain. Alors peut-être que les choses n'étaient pas si terribles au final.
