Bonjour, désolée pour le délai mais voici le nouveau chapitre, j'espère que je ne vous ai pas trop fait attendre. Un chapitre sur la période après la mort de Denethor, désolée si vous souhaitez que j'aille plus vite mais une fois cette partie là terminée, j'avancerai plus vite, pour rejoindre la période des films. Je veux vraiment montrer les caractères de la fratrie, leurs sentiments sur la situation, les actions de Denethor vont avoir de l'importance dans la suite ;). Merci pour votre support en tout cas, je l'apprécie vraiment, dans le prochain chapitre il y aura quelques OC, qui apparaîtront aussi dans Dame du Gondor, des membres de la famille d'Aurore et de ses frères. Merci de lire, de suivre, de mettre en favori et surtout de commenter. J'espère que vous aimerez, bonne lecture.

Miss MPREG : Salut, et oui, mais même en étant l'aîné il ne voulait pas devenir l'Intendant Souverain, trop de politique à son goût. Enfin c'est comme ça que je le vois et que je vais l'écrire, il n'est pas un idiot mais il préfère la franchise aux coups bas des seigneurs du Gondor. Je suis heureuse que tu aies aimé mon chapitre et que aies pensé ça, oui cette fic sera vraiment centrée sur le lien qui existe entre les trois, heureuse que ça passe bien en tout cas, ça me fait vraiment plaisir :D.

Non elle n'est pas une souillure, mais ça ne veut pas dire qu'elle ne se voit pas ainsi, c'est un traumatisme important et dans cette fic elle n'a pas pu affronter Denethor elle même, donc elle se sent plus faible que dans mon autre fic, surtout que dans Dame du Gondor, elle a eu du temps pour surmonter les actions de son géniteur, pas là.

Je ne trahirai rien de mes projets, tu devras attendre ;D.

Merci en tout cas, et je suis plus qu'heureuse d'y répondre, enfin quand je peux, merci à toi de les poser :D. Bises.

Troisième Âge, Février 3004, Minas Tirith

Retenant un cri, Aurore se redressa dans le lit, sa main plaquée sur sa bouche afin de ne pas émettre le moindre son, si elle avait été dans ses quartiers les choses auraient été différentes, au moins un peu mais là elle ne pouvait pas se le permettre. Pas alors qu'elle séjournait dans les quartiers de son frère Faramir, avec ses deux frères. Après l'annonce de la mort de Denethor, ses deux aînés avaient refusé qu'elle retourne dans ses appartements, elle avait pensé à protester, elle devait faire face à ce qui c'était passé, cependant après les semaines où elle avait vécu dans la peur à cause de leur géniteur, après avoir vécu l'enfer, elle ne niait pas qu'une partie d'elle même était heureuse de leur support, de leur soutien. Même si elle se blâmait toujours pour l'ombre qui se voyait dans leurs yeux, l'ombre qui existait parce qu'ils avaient été forcé de tuer Denethor. Ils n'auraient jamais du le faire, elle n'aurait jamais du les placer dans une telle position...

Reprenant son souffle, elle tenta de se calmer, ce rêve ou plutôt ce cauchemar était pire vu que ce n'était pas que ça, c'était un souvenir et rien d'autre. Denethor était mort mais sa présence, elle la sentait encore, même mort il la hantait, elle et ses frères. Seraient-ils un jour libre de lui ? Elle l'ignorait et c'était horrible, cette incertitude, d'un mouvement rageur elle essuya les larmes qui s'étaient échappées de ses yeux, elle en avait assez d'être triste, d'avoir peur, de se sentir sale peu importe le nombre de bain qu'elle prenait. Elle était sauvée alors pourquoi ne pouvait-elle pas avancer ? Sortant du lit, elle marcha doucement afin de ne pas être entendu et se dirigea jusqu'au balcon de Faramir.

La nuit était belle. Elle pouvait voir l'ombre du Mordor, mais les étoiles retenaient son attention, combien de soirée avait-elle passé avec Boromir et Faramir à observer les étoiles ? A échanger les histoires des constellations ? Depuis quand ne l'avaient-ils pas fait ? Etait-ce Denethor le responsable, lui qui avait envoyé Faramir dans des missions au loin ? Ou était-ce elle qui avait repoussé ses frères pour ne pas qu'ils sachent ? La femme de glace. C'était ainsi que les gens l'appelaient, elle le savait et elle ne pouvait pas les blâmer, par moment elle avait voulu être de glace, ne rien ressentir, mais ce n'était pas le cas, ses frères l'avaient-ils pensé ? Avaient-ils douté de l'amour qu'elle avait pour eux ?

Ta faute.

Tu es sale.

Tu as apporté la honte.

Tu n'es rien.

Tu es à moi.

C'est ta place.

Tu ne vaux rien d'autre.

Tu les fais souffrir.

Tu le mérites.

Aurore desserra les poings, elle ne s'était même pas rendu compte qu'elle les serrait en premier lieu, prise dans ses pensées comme elle l'avait été. Elle avait entendu des pas, des pas familiers, ceux de Faramir. Ses aînés étaient plutôt silencieux habituellement, ils s'amusaient même à la surprendre, réussissant le plus souvent, pour sa plus grande frustration, mais depuis qu'ils savaient... Depuis leur retour dans la Cité Blanche, ils s'assuraient de toujours faire assez de bruit pour qu'elle les entende, afin de ne pas la surprendre, particulièrement lorsqu'ils voulaient la toucher. Elle faisait des efforts, ne voulant non seulement pas les blesser en s'écartant d'eux, mais en plus elle ne voulait pas laisser Denethor avoir un tel pouvoir sur elle. Elle ne voulait pas avoir à craindre le contact physique jusqu'à la fin de ses jours à cause de lui.

Elle n'était pas à l'aise avec les contacts, c'était un fait, même avec ses frères, lorsqu'elle les voyait arriver, elle devait lutter pour ne pas se tendre, c'était pire lorsqu'ils arrivaient dans son dos. Cependant elle refusait de laisser Denethor lui prendre une chose de plus, il lui avait déjà pris beaucoup trop, elle ne se marierait pas, n'aurait pas d'enfant à cause de lui, de ses actions. Elle ne le laisserait prendre rien d'autre. Certainement pas ses frères, elle luttait pour ne pas trembler, mais eux ils avaient un visage défait lorsque ça arrivait, visage défait qui était ensuite remplacé par de la colère, voire de la rage, du chagrin, et le pire la culpabilité. Elle ne les blâmait pas, ils n'étaient pas responsables pourtant ils le faisaient quand même, quoiqu'elle dise. Elle devait aller mieux pour qu'ils arrêtent de se sentir coupable, de la voir comme si elle était une poupée fragile sur le point de se briser, peut-être qu'alors ça irait mieux, qu'ils iraient mieux.

De toutes les actions de Denethor, de toutes les conséquences, c'était ça qu'elle ne lui pardonnerait pas, elle ne pourrait jamais lui pardonner d'avoir ainsi fait souffrir Boromir et Faramir.

"Tu ne pouvais pas dormir ?" demanda Aurore à Faramir qui l'avait rejoint sur le balcon, plaçant une robe de chambre sur les épaules de sa sœur.

"J'ai le sommeil léger et en plus je n'ai plus l'habitude d'avoir autant d'heure de sommeil." répondit Faramir en s'asseyant à côté d'elle sur le banc. Proche d'elle mais sans contact, il la laissait choisir ce qu'elle allait faire, ce qu'elle voulait faire.

Partager les quartiers de Faramir avait rapproché la fratrie, avant cela il était clair qu'ils s'aimaient et tenaient les uns aux autres, ils passaient aussi du temps ensemble lorsque les frères étaient dans la Cité, ou lorsqu'Aurore allait à Osgiliath pour voir Boromir qui était posté là bas. Cependant et malgré eux, ils s'étaient éloignés, ce qui était normal vu qu'ils étaient des adultes et qu'ils avaient tous un devoir envers leur pays, envers le Gondor. Devoir qui les menait dans des directions différentes, ça plus Denethor, cela faisait longtemps qu'ils n'avaient pas pu passer autant de temps ensemble, à être là les uns pour les autres, à se soutenir et se réconforter.

Apprendre qu'ils faisaient tous des cauchemars, pour différentes raisons, les avait aidé et surtout ça avait rapproché Boromir et Faramir. Le cadet adorait son aîné, et c'était réciproque, mais où qu'il aille, Faramir était presque toujours comparé à Boromir, qui était toujours plus que lui, plus fort, plus courageux... Il n'y avait que peu d'exceptions, les deux principales étant sa sœur, qui l'aimait tel qu'il était et qui ne l'avait jamais comparé à leur aîné, et ses hommes. Les rodeurs d'Ithilien avaient le plus grand respect pour leur chef, même si ça ne faisait pas longtemps qu'il était à leur commandement.

Faramir avait toujours eu l'impression de ne pas être au niveau, les gens du Gondor avaient semblé respecter Boromir bien plus que lui, beaucoup le trouvant ennuyeux parce qu'il appréciait autant les livres, parce qu'il était un érudit et qu'il était plutôt timide. Surtout lorsqu'on le comparait à son frère, ou à Denethor. Il n'avait pas une passion pour la guerre et détestait les combats, particulièrement leurs conséquences, les morts et les blessés, apprendre qu'il n'était pas le seul à faire des cauchemars de ces évènements ... Ca avait été un réel soulagement pour le deuxième fils de l'Intendant du Gondor. Du côté de Boromir, il avait apprécié pouvoir s'appuyer sur quelqu'un, il n'avait jamais osé s'ouvrir ainsi à son frère de peur de montrer de la faiblesse, maintenant il n'avait plus le choix et il se sentait mieux à présent. Son frère et sa sœur avaient été là pour lui malgré tout, le respectant toujours et ne le blâmant en aucune façon pour ces rêves, au contraire.

Les deux frères avaient des techniques de combat différents, ils n'appartenaient pas aux mêmes groupes, Boromir étant clairement un soldat, portant l'armure du Gondor, tandis que Faramir était un rodeur. L'un se battant avec son épée et son bouclier, tandis que l'autre préférait l'arc. Ils n'avaient pas beaucoup en commun, mais les derniers évènements les faisaient se rapprocher. Unis par leur chagrin à la perte de l'image d'un père, par la peur pour le futur, et par l'amour qu'ils éprouvaient pour leur petite sœur.

"Tu repartiras n'est ce pas ? Après les funérailles." demanda Aurore, ajustant la robe de chambre sur ses épaules pour mieux se protéger du froid. Elle n'y avait pas vraiment fait attention, il faisait froid oui mais Aurore avait pris l'habitude de passer une partie de ses nuits sur son balcon. Voulant échapper à sa chambre.

"Oui." acquiesça Faramir, hochant la tête d'une mine sombre. "J'ignore ce que fera Boromir mais il ne pourra plus rester loin de la Cité Blanche autant qu'auparavant, pas au début en tout cas."

"Les gens s'inquièteront sinon." reconnut Aurore, bougeant afin de s'appuyer sur l'épaule de son frère, qui la réceptionna avec un sourire. "Ils ont besoin d'un chef dans la Cité mais aussi d'un Capitaine qui les mène au combat."

Faramir s'inquiétait beaucoup pour elle, sa petite sœur était loin de l'adolescente qu'il connaissait par cœur, l'adolescente pleine de vie et de joie, celle qui le suivait partout, qui lui posait sans cesse des questions. La voir transformer en 'femme de glace' avait été un choc pour lui, un choc d'autant plus brutal vu qu'il savait pourquoi elle avait changé. Il y avait toujours eu une ombre dans les yeux d'Aurore à la mention de Denethor, elle avait d'ailleurs fait de son mieux pour l'éviter, mais il avait pensé qu'elle subissait comme lui des critiques orales. Il avait fait de son mieux pour rester avec elle, afin qu'elle ne soit pas seule avec lui, prêt à se faire critiquer à sa place, mais il s'était trompé. La situation était bien plus grave.

Il avait craint qu'elle ne pourrait pas surmonter le cauchemar que lui avait fait vivre, il ne doutait pas de sa force, Aurore était aussi forte qu'eux, aussi têtue, elle leur avait tenu tête bien souvent. Il avait toujours été admiratif du fait qu'elle ne leur avait jamais supplié de rester avec elle lorsqu'ils partaient pour combattre les forces de Sauron, enfin elle ne le faisait plus, les premiers départs de Boromir, elle l'avait demandé, mais elle était très jeune alors, elle avait eu à peine sept ans. Après avoir compris pourquoi ils partaient, elle n'avait plus protesté, c'était clair qu'elle s'inquiétait pour eux mais elle tenait quand même bon.

C'était un réel soulagement pour eux deux, Faramir le savait bien, parce que Boromir avait failli céder à l'époque et pour être honnête Faramir doutait qu'il réussirait à dire non à Aurore si elle lui demandait de rester. Les deux frères plaisantaient souvent vis à vis du fait qu'ils ne pouvaient rien refuser à leur petite sœur, mais c'était vrai, la voir malheureuse était la dernière chose qu'ils souhaitaient, que ce soit parce qu'elle n'avait pas pu manger ce qu'elle désirait ou un réel chagrin. Faramir ne voulait pas être tester sur ce qui était le plus fort pour lui, sa loyauté envers le Gondor, envers ses hommes, ou son amour pour sa sœur, et il savait que c'était pareil pour Boromir.

A présent qu'ils savaient ce qui c'était passé dans la Cité, leurs désirs de la protéger, de faire en sorte qu'elle soit heureuse à nouveau, c'était encore plus fort qu'auparavant, alors savoir qu'elle comprenait qu'il allait devoir partir, même si elle ne le voulait pas, qu'elle n'essaierait pas de l'en empêcher, c'était un réel réconfort pour le deuxième de la fratrie. Le fait qu'elle réussisse encore à accepter le contact, à être ainsi contre lui était un soulagement plus important encore. Il était d'un tempérament assez calme, il détestait les orques mais il ne haïssait pas les forces de Sauron, ou Sauron lui même, il était trop compatissant pour être un soldat, c'était en tout cas ce que Boromir avait dit parfois, renforcé par Denethor. Il avait un côté sombre, comme tout le monde, mais il ne s'était pas vraiment attardé dessus, n'en voyant pasl'intérêt tant qu'il se contrôlait et que ça ne se manifestait pas. A présent il sentait ce côté sombre, dans la rage qu'il avait envers Denethor, dans la haine qu'il éprouvait pour ce monstre.

"Penses tu que tu devras laisser le commandement des rodeurs à un autre ?" questionna Aurore, sortant son frère de ses pensées.

"Je ne le crois pas, mais je suppose qu'on verra, ça dépendra de beaucoup de chose mais je n'ai pas le désir de le faire. Tu sais que je préfères être un rodeur à un soldat ordinaire." il pointa, un léger sourire sur les lèvres.

"Oui je me rappelle très bien la dispute qu'il y a eu entre toi et Boromir à ce sujet." elle acquiesça, le visage un peu plus détendu et une lueur présente dans son regard qui agrandit le sourire de son aîné.

Et c'était une dispute, quoiqu'ils en disent, Aurore le savait bien, ça avait commencé avec les taquineries habituelles, accompagnées des vantardises, mais ça avait dégénéré, et une simple conversation sur les différentes capacités des rodeurs et des soldats avait failli finir en combat entre les deux frères. Après s'être calmés, ils avaient affirmé que c'était simplement un débat amusant entre deux frères, une simple discussion, elle n'était pas d'accord mais alors pas du tout. Elle n'avait pas non plus envie de voir la situation se répéter.

"Tu veux en parler ?" demanda Faramir après un moment de silence.

"Non." répondit Aurore immédiatement, comprenant très bien de quoi il parlait, la raison pour laquelle elle était réveillée, son cauchemar, son souvenir.

"D'accord." accepta sans protester l'aîné, il la connaissait assez pour savoir qu'insister n'aiderait en rien la situation, au mieux elle serait sèche envers lui et distante, au pire elle se refermerait totalement et refuserait catégoriquement de leur montrer sa vulnérabilité. C'était la dernière chose qu'il voulait.

"Je pense faire refaire mes appartements." elle dit, changeant de sujet sans sa grâce habituelle, apparemment elle n'avait aucune envie de se soucier de ça.

"Ah oui ? Comment ?" il questionna curieux.

"Changer les couleurs pour commencer, et plusieurs meubles, ils me plaisaient il y a quelques années mais maintenant,.. j'aimerai prendre un nouveau départ. Peut-être que Boromir voudra faire quelque chose de similaire." répondit Aurore.

"C'est une bonne idée, je n'ai pas changé grand chose mais c'est parce que mes meubles me plaisent tels quel, surtout que je ne passe pas forcément beaucoup de temps dans la Cité, en tout cas pas longtemps en continue." il corrigea, c'était vrai qu'il était souvent au loin mais il revenait et passait quelques jours régulièrement, enfin aussi souvent qu'il en était capable. Quoique ces derniers temps il avait peut-être été un peu plus distant dans un effort pour éviter Denethor. "Pour ses appartements ou pour ceux de l'Intendant ?"

"Vis à vis de Boromir, je ne sais pas vraiment mais j'ai l'impression qu'il préfèrera rester dans ses appartements actuels plutôt que de prendre les appartements destinés à l'Intendant. Il n'y a pas une grande différence entre les deux, c'était simplement la chambre que Denethor avait choisi lorsqu'il avait pris le rôle. Notre grand-père avait choisi une autre pièce, plus proche de la bibliothèque tandis que Denethor avait préféré une place à proximité de la salle des trônes. Je ne crois pas que ça poserait un problème s'il choisissait de conserver ses appartements. Et s'il y a quelque chose que tu voudrais changer n'hésite pas, on peut s'en charger quand tu es en mission." proposa Aurore, en tant que seule femme de la maison de l'Intendant, c'était techniquement son rôle.

Elle le savait via sa tante mais elle n'était pas vraiment à l'aise dans son rôle, elle n'avait eu que peu de leçons et devait vraiment se débrouiller sans guide. La femme du frère de leur mère faisait de son mieux, mais Aurore n'avait pas passé tant de temps que ça à Dol Amroth, lorsqu'elle avait été une enfant elle avait pu y passer plus de temps, jouant avec ses cousins, particulièrement Elphir, l'aîné d'Imrahil, qui n'avait qu'un an de plus qu'elle. Elle y était allée pour la naissance de sa cousine Lothiriel il y a cinq ans, et chaque année depuis pour l'anniversaire de la plus jeune, et quelques fois pour les anniversaires de ses autres cousins. Enfin lorsque Denethor la laissait y aller, ou lorsque ses frères étaient disponibles, voire encore y aller lui même, quoique le dernier cas était plus rare. Il n'avait pas aimé quitter la Cité Blanche, surtout pour un endroit où il n'était pas le maître des lieux, cela même si Imrahil était respectueux envers lui.

"Merci, j'apprécie. Je sais que ce serait entre de bonnes mains avec toi présente, même si je sais qu'il y aurait un risque que tu ajoutes ta petite touche personnelle." pointa Faramir, voulant la faire sourire, au moins un peu. Et puis c'était la vérité, Aurore pouvait être une farceuse lorsqu'elle le souhaitait, enfin elle l'avait été et il espérait vraiment que ce n'était pas une chose de plus que Denethor avait pris à sa sœur. "Aurore, tout va bien ?"

"Ils arriveront aujourd'hui, oncle Imrahil et sa famille." soupira Aurore qui s'était levée et tenait la balustrade du balcon.

"Oui je sais, quand le convoi du Rohan arrivera t'il ?" demanda Faramir en l'observant curieux.

"Après demain selon le messager qui est arrivé il y a deux jours, je ne les vois pas arriver plus tard, certainement pas avec leurs chevaux. Je pense que la seule raison pour laquelle ils ne sont pas arrivés plus tôt est parce qu'ils veulent laisser une impression sur la Cour du Gondor. Ce n'est pas comme s'il y avait urgence, il n'ira nul part." pointa Aurore. "La Cité a rarement été aussi pleine, tous les propriétaires, plus ou moins important, du Gondor sont venus pour les funérailles de l'Intendant Souverain."

"Oui, et aussi pour gagner la faveur du nouvel Intendant." acquiesça Faramir.

"Et je vais devoir prétendre que je vais le pleurer, que je le regrette, qu'il était un homme bien... Je ne sais pas si j'en aurais la force." elle avoua sans regarder son frère. "C'est égoïste je le sais, vous souffrez aussi et par ma faute mais... J'ai qu'une seule envie c'est de me cacher, de les laisser venir et de ne ressortir que lorsqu'ils seront partis. Que lorsque tout ça sera fini."

"Tu n'as rien à te reprocher et je refuse que tu penses une seule seconde que c'est ta faute. Boromir et moi, on est conscient des conséquences de nos actions et personnellement je n'éprouve pas le moindre regret, pas vis à vis de ça en tout cas. Je regrette de ne pas avoir pu te protéger, de ne pas l'avoir vu plus tôt, de ne pas avoir compris." dit Faramir en plaçant ses mains sur les épaules de sa sœur, la tirant vers lui et elle le laissa faire même si ses mains ne relâchaient pas la prise qu'elle avait sur la rampe.

"Faramir a raison." intervint Boromir qui s'était approché sans qu'ils s'en rendent compte.

"Vous l'aimiez. Et à cause de moi, vous avez du..." protesta Aurore, sans se retourner vers eux.

"On l'aimait parce qu'on était supposé le faire, parce que c'était notre père et qu'un fils est supposé aimer son père et le respecter. On l'aimait parce que c'était ce qui était attendu de nous, que c'était notre devoir." dit Boromir en s'avançant et en guidant gentiment Aurore de manière à ce qu'elle lui fasse face, qu'elle voit la sincérité dans son regard. "Je ne suis pas aussi doué avec les mots que Faramir, mais dans mes 26 années d'existence, il n'y a qu'une seule personne qui a réussi à capturer mon cœur instantanément, simplement en existant. Et cette personne Aurore c'est toi. Quand Faramir est arrivé, je l'ai pas bien vécu au début, il me prenait de l'attention et j'étais plutôt égoïste et possessif, j'ai pas tellement changé au final, mais à l'époque ce que je savais c'était que maman était moins disponible pour moi et j'appréciais pas. Oh, c'est venu, mais au début j'aurais donné beaucoup pour l'échanger ou plutôt pour qu'il disparaisse. Mais toi Aurore, tu n'as pas eu besoin d'ouvrir les yeux pour que je t'aime plus que tout au monde."

"Je suis d'accord avec lui, quand on nous a annoncé que maman avait donné naissance à une petite fille, qu'on avait une petite sœur, simplement savoir ça était... magnifique mais quand on a pu entrer dans la pièce et qu'on t'a vu dans ses bras. Tu étais toute petite, et tu avais la peau rouge des nouveau-né, tu n'avais pas ouvert les yeux ou quoique ce soit mais déjà pour nous deux tu étais la personne la plus importante." acquiesça Faramir.

"Denethor aurait du savoir qu'il n'avait aucun droit de te toucher, surtout qu'on ne le tolérerait jamais, quelque soit ses titres. Tu as toujours passé avant lui pour nous et maintenant il ne te fera plus jamais de mal, il ne critiquera plus jamais Faramir et on n'aura plus à la craindre ou à le supporter. Il est mort, c'est fini." dit fermement Boromir. "Aurore, tu es la personne la plus forte que je connaisse, si tu ne veux vraiment pas être là pour les funérailles alors on s'arrangera, mais qu'as tu à craindre ? Les gens parleront bien de lui, mais après si on ne veut plus en parler, alors on n'en parlera plus, il faisait bien en sorte qu'on ne parle que peu, voire pas, de notre grand-père. Même si ce n'était pas pour les mêmes raisons. On peut faire des excuses, disant que c'était douloureux pour nous de le savoir mort et les gens l'accepteront."

"Ce n'est pas comme s'il y avait beaucoup de bien à dire." pointa Faramir.

"C'est vrai. Quelque soit ta décision, on ne te jugera pas, on l'acceptera, on comprend." dit gentiment Boromir. Il ne comprenait que trop bien le fait qu'elle ne voulait pas entendre les louanges de Denethor, s'il le pouvait il éviterait la cérémonie lui aussi.

"Je serai là, pour vous, pour le Gondor." se décida Aurore en regardant le soleil qui se levait, succédant aux étoiles qui avaient progressivement disparu, et à la nuit. C'était un nouveau jour pour tout le monde, un jour de plus sans Denethor, face à ça, face à une vie sans lui, elle pouvait bien faire face au reste du monde et surtout être là pour ses frères, pour sa famille. C'était un premier pas pour faire en sorte qu'il n'ait plus la moindre emprise sur elle.