Il est presque sept heures du mat' et il est pas encore rentré. Enfin c'est pas comme s'il me manquait ou quoi hein. Ne pas avoir à subir ses caprices est reposant, mais ça m'inquiète. J'espère qu'il lui est rien arrivé à ce con, vu qu'à cette heure-là il est toujours rentré d'habitude. Enfin je crois du moins. Bordel, fait chier j'arrive plus à dormir parce que je flippe qu'il lui soit arrivé un truc. Même quand il est pas là, il arrive à m'emmerder quand même.
La porte d'entrée s'ouvre au moment où je me lève du canapé et il entre dans l'appart en titubant. Il est complètement bourré ma parole ! Il a pas pris la bagnole dans cet état au moins ?! Je le rattrape au moment où il se casse allègrement la gueule. Heureusement que j'ai des réflexes.
- Jiiiiiin ! Mon amour de ma vie que je n'aimeuuuuu ! gueule-t-il.
- La ferme Kazu, dis-je en le bâillonnant d'une main. Tu vas réveiller ton frère espèce de crétin aviné.
- 'ais 'e 'ai'e 'oiiiiii…
- Mais oui, mais oui… Allez vas te pieuter, t'empeste l'alcool à dix kilomètres. T'as du descendre un paquet de bouteilles avec tes clients. Allez debout, je vais t'aider.
Le problème c'est que vu son état, il a une façon bien à lui de voir le verbe marcher. En fait je suis obligé de le porter à moitié et comme il pèse son poids même s'il est pas bien gros, je le jette à moitié sur son lit. Sauf qu'il s'est accroché à ma chemise comme un con et que le fait de le balancer sur son pieu entraine la déchirure pure et simple de ma chemise et que ça le fait rigoler.
- Putain Kazu, t'es vraiment un boulet, y'a pas à dire…
Mais non seulement ça a pas l'air de lui poser problème, mais en plus il sourit comme un con, comme s'il était fier de lui.
- Je te laisse décuver, t'en as sacrément besoin, fais-je en me détournant pour sortir de sa chambre.
Mais il m'attrape par le poignet pour me retenir.
- Reste avec moi…
Ce ton suppliant, il l'a jamais eu depuis mon retour. Enfin depuis nos retrouvailles. Jusque là, il me parlait comme à un chien ou comme une pute à un client. Du coup, là, j'ai presque l'impression de le revoir à seize ans… et c'est franchement perturbant même si je sais qu'il est beurré et donc pas vraiment lui-même.
- C'est pas une bonne idée.
- Je veux pas rester seul… s'il te plait…
Je sais pas quoi décider. D'un côté j'ai envie de le laisser seul pour me venger de ses conneries et de ce qu'il me fait subir depuis un mois, mais de l'autre… je sais pas si c'est ma conscience ou autre chose, mais j'ai des réticences à l'ab andonner alors qu'il est clairement pas bien et qu'il semble avoir besoin de moi (ce matin du moins).
- Jin…
Je soupire lourdement.
- Ok, ok… cédé-je. Mais t'as pas intérêt à me gerber dessus hein, sinon, bourré ou pas, je t'en colle une.
Un sourire juste adorable fleurit sur ses lèvres alors qu'il se pousse pour me laisser une place à côté de lui. Je me sens un peu bizarre d'un coup, comme si j'avais bu moi aussi. Il m'a rendu ivre juste avec son haleine ? Chelou…
A peine allongé près de lui, il se colle à moi et passe un bras autour de ma taille avec un air profondément heureux qui me surprend au vu de l'étrangeté de nos rapports actuels. Est-ce qu'il aurait vraiment dit la vérité et qu'il serait toujours amoureux de moi ? Mais alors pourquoi il se comporte comme ça ? Je pige pas, c'est à devenir fou, on dirait qu'il a deux personnalités. Je le fixe encore un moment, mais lui a fermé les yeux et il lui faut que quelques secondes pour s'endormir. A cause de ma présence ou de tout l'alcool qu'il a bu, je sais pas mais c'était le mieux à faire dans son état. Et du coup, je ferais bien d'en faire autant maintenant que je suis rassuré sur son sort.
J'ai compté les moutons à rebours depuis trois mille mais rien à faire, contrairement à mon compagnon de lit qui pionce comme s'il avait pas fermé l'œil depuis un siècle, le sommeil me fuit. Ca me soule, je crève d'envie de dormir mais j'y arrive pas. Et pas moyen de me lever pour aller regarder la télé jusqu'à ce que le sommeil vienne, Kazuya est cramponné à moi comme une moule à son rocher. Je suis devenu une caillasse, cool…
Enfin bref, le même cirque s'est reproduit tous les soirs pendant une semaine : il rentrait rond comme une queue de pelle, me suppliait de rester avec lui et s'endormait serré contre moi avec un air heureux. Et franchement, même si je connais que dalle en matière de club d'hôtes, je doute que ce soit normal donc je déduis qu'il essaye d'oublier quelque chose en se mettant misère comme ça. Il a du se passer un truc à son taf, mais il me dira jamais rien de son plein gré cette tête de mule. Conclusion, si je veux savoir de quoi il retourne, j'ai pas cent possibilités : il faut que je me fasse embaucher comme hôte moi aussi. Moi qui avais dit que je me servirais plus de mon physique pour bosser, que ma "carrière" de gigolo était derrière moi, qu'est ce qu'il me fait faire ce baka de Kazuya...
Je soupire, regarde l'heure et vais prendre une douche avant de me fringuer de mon mieux. Un coup d'œil au miroir de la salle de bain m'apprend que je suis prêt : costume et chaussures blancs, chemise bleu clair, lunettes de soleil et chapeau immaculé à large ruban noir posé sur mes cheveux "artistiquement décoiffés". Parfait. Pour un hôte du moins. Au moment où je m'apprête à sortir, je croise Yuya qui rentre... et se fige avec l'air d'un poisson hors de l'eau en voyant ma tenue.
- J'ai l'air de quoi ? fais-je nonchalament en donnant une légère pichenette sous l'avant de mon chapeau pour le repousser vaguement sur mon crâne.
- Tu es... il n'y a pas de mot assez fort pour te décrire...
- Ca fait toujours plaisir à entendre, mais essaye quand même, dis-je en rigolant.
- Heu... Superbe, magnifique, sublime, renversant ? Je n'ai pas assez de qualificatifs en fait.
Un sourire en coin fleurit sur mes lèvres.
- Parfait. Exactement ce dont j'avais besoin.
- Besoin ? Pourquoi besoin ?
- Peu importe. Allez je file. A plus tard Yuya.
Je sors en refermant la porte sur un Kamenashi junior stupéfait et me dirige vers une station de taxi. Vu ma dégaine actuelle, ça aurait été bien plus classe que j'arrive au volant d'une décapotable, mais bon vu l'état quasi inexistant de mes finances...
J'indique donc au taxi l'adresse du Sun Paradise et me laisse guider. Heureusement je sais à peu près dans quoi je mets les pieds en décidant de m'engager comme hôte. J'espère juste avoir le temps de mener mon enquête au sujet de Kazuya. Je sais bien que ma réaction est probablement exagérée mais j'ai peur que cette semaine de beuverie soit que la partie émergée de l'iceberg et il est manifestement incapable de veiller sur lui alors il faut bien que je le fasse, je veux pas qu'il se détruise à petit feu.
Avec mon expérience passée et mon allure, il me faut que quelques minutes d'entretien avant d'être engagé par le patron du club manifestement ravi de son "acquisition". Il fait ensuite appeler l'un des hôtes pour me guider dans le club et je retiens un sourire triomphant quand je comprends qu'il s'agit précisément de Kazuya.
- Jin ?! fait-il d'ailleurs en me reconnaissant alors que je retire mes lunettes de beau gosse.
Son regard me scrute du bout des chaussures au chapeau et, comme son petit frère, les yeux ont l'air de vouloir lui sortir de la tête.
- Yo Kazu, fais-je nonchalament en levant deux doigts.
- Vous vous connaissez tous les deux ? fait alors le boss, ahuri.
- Oh oui nous sommes de vieux amis.
- Heu je vais faire visiter le club à Jin, se reprend mon cadet avant de me faire signe de le suivre.
Une fois loin des oreilles indiscrètes, il se tourne vers moi avec une expression indéchiffrable.
- Qu'est ce que tu fous là ?
Il a pas l'air vénère, c'est déjà ça.
- Bah écoute je peux pas rester indéfiniment à vos crochets alors il faut bien que je taffe. Et c'est un taff comme un autre.
- Ca avait pas tellement l'air de te déranger jusque là.
- Bah faut croire que j'en ai marre. Si tu me faisais vraiment visiter maintenant ? fais-je en me détournant.
Mais il m'arrête en m'empoignant par le bras avec un regard aigu.
- Attends... Pourquoi ici précisément alors qu'il y a des centaines d'autres clubs ?
- Pour la compète, improvisé-je.
- He ?
- J'avais envie de voir lequel de nous serait le plus demandé. Prends ça pour un challenge.
- Parce que tu crois que t'as la moindre chance contre moi, bleusaille ?
Il se fout ouvertement de ma gueule. Et en plus... "bleusaille". Le mot me fait rigoler intérieurement. J'ai probablement plus d'expérience en la matière que lui même s'il en sait rien.
- Ca se pourrait bien.
Il reprend son air arrogant qui veut clairement dire "aucun moyen", puis me fait signe de le suivre. Mais pour être honnête, je fais pas trop gaffe aux endroits qu'il me montre ni aux gens qu'il me présente, je suis surtout en train de guetter le moindre truc anormal qui pourrait se produire autour ou directement avec lui. Mais faut être honnête, les mecs qu'il salue au passage ont l'air réglo. Je sais pas ce qu'il me cache, le Kazuya, mais je trouve ça bizarre. Avec un petit sourire en coin, il finit par m'indiquer que les nouveaux ne démarrent jamais direct avec les clients mais s'occupent des basses tâches et il se fait un plaisir visible de me montrer… les chiottes. Nan mais sérieux, il croit qu'un mec comme moi, fringué de ce costume qui avait coûté une blinde, va vraiment nettoyer les chiottes toute la soirée ? C'est mal me connaitre.
- On va voir ça, fais-je avec l'intention manifeste d'aller parler au boss de cette règle à la con.
- Quoi, tu es trop bien pour en passer par là où on est tous passés, c'est ça ? me dit-il en attrapant de nouveau mon bras tout en me fixant.
- Exactement.
- Jin…
- Quoi ?
- Tu sais que tu es ultra sex quand tu fais ton macho comme ça ?
- He ?
En fait le regard enflammé qu'il pose sur moi est aussi explicite que ses paroles mais ça sort tellement de nulle part que je sais plus quoi dire.
- Jin il est encore tôt, on ne va pas ouvrir tout de suite et j'ai plus envie de toi que jamais.
- Heu Kazu, t'as bu un truc ou quoi ?
- Je suis sérieux. Prends-moi. Ici et maintenant.
Ah ouais, donc me faire du harcèlement sexuel à la maison lui suffit plus, il continue au boulot en fait. Je crois qu'il est vraiment devenu nympho et ça me plait pas du tout.
- A combien d'autres mecs t'as déjà dit ça au juste ? Y'en a combien qui te sont passés dessus ? Dix ? Vingt ? Plus ? Merci mais nan merci, j'ai aucune envie de figurer sur ton tableau de ch…
Je pensais qu'il allait me pourrir parce que là, je l'aurais traité de pute, ça aurait été pareil, mais non. Par contre je peux quand même pas terminer ma phrase parce qu'il a posé ses lèvres sur les miennes, les caressant de la pointe de sa langue, les moulant contre les miennes aussi étroitement que s'il voulait qu'elles fusionnent. Et il est tellement doué que mon cerveau est comme débranché. Je sais plus rien et suis plus conscient de rien à part de lui, son corps pressé contre le mien et sa langue dansant un ballet endiablé avec la mienne.
- Aucun, Jin. J'ai couché avec personne, me dit-il en se décollant légèrement de moi.
- Te fous pas de ma gueule, Kazu, je suis pas d'humeur.
- Je blague pas. Tu vas trouver ça con mais… je voulais que ce soit toi. C'est ce que je veux depuis des années.
Il a l'air tellement sérieux en disant ça que j'ai presque envie de le croire… Du coup je sais plus quoi penser, alors pour gagner du temps, je réponds en grognant à moitié :
- Bon on verra ça à la maison. Ici on est au boulot et j'ai pas envie de juste tirer un coup en speed avant de taffer.
- A la maison alors ? J'ai ta parole ?
- Hum…
- Je t'attends depuis si longtemps, Jin… M'oublie pas.
Oh ça pas de danger vu comment tu me regarde.
Du coup au vu de mon expérience, le boss a fait une exception en me laissant prendre des clients dès le premier soir, mais j'avoue avoir eu du mal à rester concentré, parce que Kazuya, tout proche avec ses propres clients, me jetait des regards plus brûlants que tous les feux de l'enfer toutes les deux minutes. S'il avait pu me sauter dessus là, dans la salle principale, ça l'aurait même pas dérangé de baiser devant tout le monde, j'en suis sûr. Du coup j'avais chaud dans mon costard et je suis presque sûr que du coup je transpirais comme un poney. Super sex quoi…
A la fin de la soirée, profitant qu'il parle aux autres mecs, je prends la poudre d'escampette. Je sais que je pourrais pas lui échapper, mais si au moins j'arrive à prendre une douche avant qu'il rentre… D'ailleurs il m'a tellement perturbé que j'ai complètement oublié de regarder ce qu'il pouvait se passer de bizarre autour de lui au club. Faudra que j'ouvre l'œil demain.
Je pousse un soupir de bien-être quand l'eau fraîche entre en contact avec ma peau échauffée et m'y prélasse un long moment avant de m'emparer du gel douche… et de sursauter violemment quand des bras s'enroulent autour de ma taille. Le contact, très brusque, me ramène des années en arrière, à l'orphelinat et, les souvenirs affluant, j'ai un réflexe de défense que j'avais pas eu à l'époque parce que j'étais trop jeune : je déplace rapidement mon bras et donne un violent coup de coude à mon agresseur. Le cri de douleur me fait retourner.
- Kazu ?! Merde… Désolé mais… mais pourquoi t'as fais ça espèce d'abruti ?! grondé-je en le voyant se tenir la poitrine au niveau du plexus solaire, le visage crispé de douleur. T'aurais du penser qu'avec mon passé j'allais prendre ça pour une agression !
- Je… voulais juste… te faire une surprise… halète-t-il.
- Ah bah bravo, c'est réussi… râlé-je encore avant de lui demander plus doucement : Ca va aller ?
Encore plié en deux, il lève une main comme pour me dire "c'est bon", sort de la douche et se dirige vers sa chambre, à poil et mouillé. Et moi je me sens mal de l'avoir physiquement blessé, même si c'est quand même de sa faute.
Je mets en vitesse une serviette autour de ma taille et le rejoint. Il s'est allongé sur son lit, recroquevillé comme si cette position pouvait chasser la douleur et moi je sais pas quoi faire alors je reste planté comme un piquet près de son lit, à le fixer connement comme une vache qui regarde passer un train. Je me sens très con. Du coup, l'ambiance est plus trop à la baise. Et limite je suis content en fait vu que… bah… j'ai jamais baisé de ma vie vu mes problèmes et que même si j'ai la théorie bah en pratique je sens que je me sentirais encore plus con et naze (si c'est encore possible).
- Kazu ? Ca va ? demandé-je en me retenant de justesse de me dandiner d'un pied sur l'autre comme un gamin embarrassé.
Il hoche la tête mais je vois bien qu'il ment, il a toujours l'air d'avoir aussi mal.
- Qu'est ce que je peux faire ?
Il me répond pas mais me fais signe de le rejoindre sur le lit et comme je me sens coupable, je m'exécute et me colle à lui comme pour le réconforter… Plusieurs minutes passent sans qu'il prononce un mot et je me demande même s'il s'est pas juste endormi même si ça me paraitrait chelou.
- Kazu ? Tu dors ?
- Non…
- Ca va mieux ?
Il se retourne doucement pour me faire face.
- Non… J'ai encore mal… souffle-t-il avec un tel air adorable que je sais que ce sont des craques.
- Baka… Tu m'as foutu la trouille… Je t'ai pas vraiment fait mal en fait ?
- Sur le coup, si.
- Pfff... Espèce d'acteur va, fais-je, soulagé, ce qui le fait pouffer comme un môme.
Plusieurs minutes passent, puis je me décide à lui parler de ce qui m'inquiète à son sujet.
- Dis Kazu... est ce que... t'as des problèmes au club ?
- He ?
- Ton comportement bipolaire à la maison est vraiment bizarre. Me traiter comme un chien la journée et comme un amoureux la nuit, c'est trop chelou. Du coup... j'en ai déduis que je pouvais pas être le seul responsable et qu'un truc devait se passer au boulot.
Il y a un silence. Long et pesant, qui me fait comprendre que j'ai touché juste. Ce que je sais pas c'est à quel point.
- Kazu ?
- Je pouvais rien te dire c'était trop dangereux, mais j'espérais tellement que tu t'en rendrais compte... que tu comprendrais mes appels au secours... dit-il soudain avant d'éclater en sanglots qui me surprennent autant qu'ils me fendent le cœur.
- Hé calmes-toi... fais-je en lui caressant les cheveux. Il se passe quoi exactement ?
- Il y a... un client au club... dit-il alors d'une voix hachée. Il a avait... des vues sur moi depuis longtemps et comme... je me suis toujours refusé à faire la pute, il a... perdu patience...
- Comment ça ? demandé-je, craignant soudain le pire.
- Il m'a menacé...
- Kazu, qu'est ce que ce fils de pute t'as dit au juste ?
- Qu'il s'en prendrait à Yuya si je lui cédais pas.
- Quoi ?!
- Il a dit qu'il savait tout de ma famille et que si je faisais pas ce qu'il voulait, il kidnapperait Yuya a la sortie de la fac, le séquestrerait... et que tous les membres du gang... lui passeraient dessus...
Je me sens blêmir et projeté des années en arrière. A travers la menace pesant sur Yuya, je me revois à l'orphelinat. Je LES revois.
- Je voulais pas que ce qui t'était arrivé lui arrive aussi, alors...
- Alors tu t'es sacrifié, deviné-je, crucifié. Pendant des semaines.
Il hoche la tête.
- Jin, je sais plus quoi faire... Je veux plus faire la pute mais... je me le pardonnerais jamais si quelque chose arrivait à mon petit frère par ma faute...
- On va trouver un moyen Kazu, fais-je en le serrant contre moi. Déjà il faut soustraire Yuya à son éventuelle vengeance. Pour bien faire, faudrait que le gamin aille faire un séjour chez votre paternel ou chez un de vos frères.
- Et s'il le retrouve et que toute ma famille court un danger ?
- Les yakuza sont balèzes mais c'est pas des dieux, ils sont pas omniscients donc ils pourront pas savoir où il s'est barré.
- Mais Yu' acceptera jamais d'arrêter la fac…
- Et bah faudra le persuader de faire une pause s'il veut pas avoir de très gros problèmes.
- Hum…
- Quant à toi… Je vais m'occuper moi-même de ce mec.
Ma déclaration le fait se redresser à moitié et me fixer avec stupeur.
- Quoi ?! Mais Jin, t'es dingue, il va te tuer si tu t'oppose à lui ! Je veux pas que tu meures, je t'aime trop !
Il l'avait déjà dit, mais quelque part, ça me fait chaud au cœur de l'entendre me le répéter.
- C'est gentil mais tu t'inquiète trop. Il m'arrivera rien, affirmé-je pour le rassurer alors que je suis sûr de que dalle.
