56. La réponse de Lily
Scorpius ouvrit l'écrin et le tourna vers la jeune fille.
— Me feras-tu l'honneur de devenir ma femme, Lily ?
En voyant la belle bague ancienne qu'il lui présentait, ornée d'un saphir en cabochon au cœur d'un entrelac de minuscules diamants et de quatre petits saphirs, Lily réalisa à quel point son petit ami était sérieux. À sa grande surprise, elle se retrouva submergée par l'émotion. Incapable de parler, elle avait la gorge serrée et les yeux humides.
Elle regarda Scorpius et se mit à penser à tout ce qu'ils avaient vécu. D'abord de la rivalité, puis de l'amitié, avant que d'autres sentiments ne naissent entre eux. Tous les bons moments qu'ils avaient partagés, toutes les épreuves qu'ils avaient traversées — à commencer par les difficultés avec leurs familles. Certaines personnes risquaient, d'ailleurs, de ne pas voir leur union d'un bon œil... Même si, le réalisa-t-elle alors, c'était le cadet de ses soucis.
Pouvait-elle imaginer sa vie sans Scorpius ? Clairement, non. Elle appréciait réellement de le voir bien plus fréquemment, depuis qu'elle avait quitté Poudlard. Or là, il voulait partir en France... Lily sentait bien que, si elle le lui demandait, son petit ami resterait en Grande-Bretagne. Pour autant, elle n'aurait pas le cœur à doucher son enthousiasme. Elle savait à quel point sa formation en magizoologie le passionnait.
Mais l'épouser ? Un mariage sorcier ne se faisait pas à la légère, c'était un engagement profond, qui liait les deux époux l'un à l'autre par leur magie. Lily se sentait-elle prête à passer toute sa vie avec Scorpius ? À porter son nom et ses enfants ? La jeune fille n'avait jamais osé y réfléchir jusque-là mais, dès qu'elle formula ces questions dans sa tête, la réponse lui apparut, comme une évidence.
Elle se mit alors à sourire, sûre de ce qu'elle allait répondre. Ce sourire sembla rassurer le jeune homme, qui commençait à s'inquiéter, à la voir si silencieuse, pendant tant de temps. Il craignait tellement de la voir refuser ! Il pourrait comprendre qu'elle lui demande d'attendre mais, par la barbe de Merlin, pourvu qu'elle ne le rejette pas définitivement...
Lily planta ses yeux dans ceux de Scorpius.
— Oui, Scorpius, lui répondit-elle d'une voix assurée, avant de l'embrasser.
Le jeune homme répondit instinctivement à son baiser, bloqué sur les dernières secondes. Elle avait dit oui ! Par Merlin, elle avait dit OUI ! Quand ils se séparèrent, il la regarda dans les yeux, ému et incapable d'ajouter un mot. Lily lui souriait tendrement, les yeux brillants. Elle laissa échapper un petit rire qui rappella à Scorpius qu'il avait oublié le plus important : passer la bague de fiançailles à son doigt. Pris par l'émotion, il eut un peu de mal à ne pas trembler.
— Je suis désolé, s'excusa-t-il dans la foulée, ce n'était pas très conventionnel. Je pensais tellement à tout ce que je voulais te dire que j'ai complètement oublié de sortir cette bague plus tôt !
Elle se mit à rire de bon cœur.
— Ne t'inquiète pas. De toute façon nous, les Gryffondor, on n'est pas toujours très à cheval sur les règles, remarqua-t-elle malicieusement. Tiens, je me demande dans quelles Maisons seront répartis nos enfants... continua-t-elle sur un ton pensif.
— Euh... Lily, justement, je voulais te parler de ça aussi... reprit-il sur un ton gêné. Je t'ai déjà dit que mes parents n'ont pas pu avoir d'autre enfant, n'est-ce pas ?
Elle opina.
— Eh bien... ce n'est pas pour des raisons médicales, ou ce genre de trucs. Je suis fils unique, mon père est fils unique, mon grand-père est fils unique. En fait... tous les Malefoy sont fils uniques depuis des générations et des générations. Et... nous n'aurons donc qu'un fils unique, exposa-t-il en se passant la main dans les cheveux.
Elle le fixa, perplexe, les sourcils froncés et la tête penchée sur le côté, attendant la suite.
— Tu vois, Lily, il y a une malédiction qui a été jetée sur ma famille. Depuis, il n'y a qu'un seul enfant, mâle, par génération, expliqua le jeune homme en baissant les yeux.
Lily ouvrit la bouche et écarquilla les yeux. Une malédiction !
— Mais c'est fou, cette histoire ! s'étonna-t-elle. Et... vous avez déjà tenté des choses pour la lever, je suppose ? Des briseurs de sort ? suggéra-t-elle.
— Oui, depuis 1756, je crois que tout ou presque a été tenté, répondit-il sur un ton désolé. Je sais qu'il y a un registre qui se transmet dans la famille. Il contient des informations sur cette malédiction et récapitule tout ce qui a été tenté au fil du temps.
— Wahou... C'est un truc de dingue...
Spontanément, il prit la main de Lily dans la sienne. Les yeux dans le vague, elle cherchait à assimiler tout cela. La jeune fille fut d'abord prise de compassion pour Scorpius. Elle comprenait mieux pourquoi il souffrait d'être fils unique, même s'il le cachait soigneusement. Elle réalisa brusquement à quel point cela allait la concerner. N'avoir qu'un seul enfant... Qui ne connaîtrait jamais la complicité qu'elle partageait avec ses frères...
Cette idée l'effraya tout d'abord. Mais rapidement, l'image de Gayatri Devarsi s'imposa à elle. C'était une amie de sa mère, une ancienne Harpie de Holyhead tout comme elle. Lily l'aimait beaucoup, c'était une femme charmante. Mais Gayatri et son mari n'avaient pu avoir d'enfant. Or un jour, Lily l'avait surprise, par inadvertance, confier à Ginny combien cela la rendait malheureuse.
De son côté, le jeune homme savait combien cela avait été dur pour sa mère. Elle avait dû renoncer à ses rêves de famille nombreuse, elle qui avait souffert de n'avoir qu'une sœur. Face au silence de Lily, il préféra prendre les devants.
— Lily, si tu préfères refuser de m'épouser à cause de ça... je comprendrai... je m'effacerai... Je ne veux pas te rendre malheureuse...
— Scorpius, arrête ça tout de suite ! Tu me connais mal si tu crois que ça va m'arrêter ! s'exclama aussitôt Lily, avant de prendre tendrement le visage de celui-ci entre ses mains. Franchement, je préfère avoir un seul enfant avec toi que plein d'enfants avec n'importe qui d'autre.
Il se mit à sourire largement, soulagé.
— Et puis, reprit-elle, voyons le bon côté des choses. Au moins, nous sommes assurés de pouvoir être parents un jour. Je connais des gens qui n'ont pas pu et... grimaça-t-elle sans se sentir d'en dire plus.
— Franchement, ma Lily, je crois que je serais fou de te laisser filer ! assura-t-il, des étoiles plein les yeux, avant de la prendre dans ses bras et de l'embrasser.
— N'empêche... pour répondre à ta question sur les Maisons... reprit-il un peu plus tard. Mon grand-père et mon père risquent de ne pas du tout aimer...
— Tu penses que notre fils ira à Gryffondor ? comprit-elle avec un sourire malicieux.
— C'est bien possible, avec une mère comme toi. Et puis... ne le répète surtout pas mais... le Choixpeau voulait m'y envoyer... souffla-t-il.
La jeune fille éclata de rire.
— Ah, j'avais raison quand je disais que tu y aurais eu ta place !
— Peut-être... Mais à onze ans, je n'étais pas du tout prêt à l'assumer. Même si ma mère m'avait répété que la Maison où j'irais n'avait aucune importance.
— C'est drôle, n'empêche... glissa-t-elle songeusement. Tu sais pourquoi ? Moi il m'a proposé Serpentard... Mais... J'ai eu peur de ne pas être avec les autres membres de ma famille.
— Je ne suis donc pas le seul à avoir remarqué que tu en avais les qualités ! assura-t-il avec un grand sourire amusé.
— Certes. N'empêche, c'est dommage, à peu de choses près, nous aurions été dans la même Maison, ça aurait été bien plus pratique pour nous voir, avec la Salle Commune, se désola-t-elle.
— Pas de regret, nous n'aurions pas pu être tous les deux attrapeurs, rappela-t-il avec un sourire en coin.
— Mais peut-être quand même dans la même équipe ? Mes frères m'avaient entraînée pour ce poste et celui de poursuiveur.
— Peut-être... On aurait aussi pu ne pas non plus partager de Salle Commune, si nous avions tous les deux écouté le Choixpeau, remarqua-t-il. Tu imagines, toi à Serpentard et moi à Gryffondor ?
Ils éclatèrent de rire à cette idée.
— Bon, maintenant, on va avoir affaire au plus difficile... reprit Lily avec une grimace.
— Quoi donc ? s'étonna Scorpius.
— L'annoncer à nos familles... Tout le monde ne va pas sauter de joie... soupira-t-elle.
— Mais quand même, depuis le temps, ils devraient s'y être faits... remarqua-t-il sur un ton désolé.
— Mouais, je dirais plutôt que certaines personnes ne font que tolérer le fait que nous sortions ensemble... Et là, on change carrément de perspective, ça risque de coincer.
— Certes. J'ai vu ça avec mon grand-père. Bon, d'accord, lui ne savait même pas qu'on sortait ensemble, mais...
— Je ne corresponds pas vraiment à son idéal d'épouse Malefoy, c'est ça ? remarqua-t-elle en riant.
— C'est le moins que l'on puisse dire ! répondit-il en riant aussi. Heureusement que les mariages arrangés ne se font plus du tout, parce que là, clairement, il aurait bien aimé.
Elle frissonna.
— De toute façon, on s'en fiche, de son idéal d'épouse Malefoy, Lily. On s'en fiche de ce que pensent nos familles, on ne va quand même pas faire notre vie en fonction d'eux.
— Bien sûr que non, Scorpius. Mais quand même, il faut en tenir compte. Je ne voudrais pas que nous coupions les ponts avec quelqu'un.
— Tu as raison, soupira-t-il. Il va sans doute falloir mettre en œuvre l'art de la négociation, si cher aux Serpentard...
Ils réfléchirent alors à la manière dont ils allaient annoncer officiellement leurs fiançailles à leurs familles respectives. Ils tentèrent de deviner quelles seraient les réactions de chacun. Qui serait ravi pour eux, qui y trouverait à redire. Puis, las de tout cela, ils remirent la question à plus tard et se concentrèrent sur leurs projets en France.
La jeune fille indiqua à son tout nouveau fiancé qu'elle allait écrire à son amie Mathilde Charmetant. En effet, cette nièce française de sa tante Fleur, qui avait le même âge que Lily, comptait aussi devenir météomage. Elle faisait donc sûrement ses études dans le Centre de Sortilèges qu'il avait évoqué plus tôt et pourrait la renseigner à ce sujet. Scorpius trouva l'idée excellente.
Les deux jeunes gens dînèrent ensemble dans un petit restaurant ce soir-là, et Lily tourna discrètement sa bague vers la paume de sa main en rentrant chez ses parents, au 12, square Grimmaurd. Elle l'aurait bien montrée tout de suite à sa mère, mais elle ne savait absolument pas comment son père allait réagir. L'annoncer au Terrier, au milieu de toute la famille réunie, sous les yeux de ses grands-parents, lui avait donc semblé plus prudent.
À contre-cœur, la jeune fille retira sa bague dès qu'elle fut dans sa chambre et la cacha dans son coffret inviolable. Elle était la seule à pouvoir l'ouvrir, aussi son secret ne risquait pas d'être surpris. C'est la première chose qu'elle glissa dans le sac qu'elle devait préparer pour passer quelques jours à Loutry Sainte Chaspoule. Elle remettrait sa bague juste avant de faire son annonce, ce serait plus discret...
Les enfants de Molly et Arthur avaient toujours veillé à être présents à Noël, depuis le décès de Fred, pour leurs parents comme pour son jumeau George. Mais depuis que la jeune génération était devenue adulte et commençait à prendre son envol, il devenait de plus en plus difficile de la réunir dans la vieille maison sorcière bancale à cette date.
Or Lily tenait à ce que tout le monde soit présent. Et elle avait trouvé une astuce pour y parvenir sans, elle l'espérait, trop éveiller la curiosité. Elle avait donc fait envoyer à chacun, par hibou express mais de manière anonyme, un mot annonçant un Conseil des Cousins au Terrier, le jour de Noël. Connaissant ses frères et ses cousins, il n'y avait aucun doute : la curiosité les pousserait tous à être présents.
Magiquement agrandie pour pouvoir accueillir tout le monde sans que personne n'ait l'impression d'être à l'étroit, la vieille demeure bruissait comme une ruche. Il y avait des conversations dans tous les coins. Certains ne se parlaient jamais, ou seulement lorsqu'ils y étaient obligés, alors que d'autres semblaient pouvoir passer des heures à discuter ensemble.
Molly et Arthur aimaient voir leur maison aussi vivante et animée. Le temps qui passait n'avait rien changé à leur amour. Il se voyait, néanmoins, sur leurs visages. Tandis que les cheveux de la matriarche étaient devenus entièrement blancs, ceux de son mari avaient quasiment tous disparu. Tous deux avaient aussi de nombreuses rides, mais l'étincelle dans leurs yeux était toujours bien présente.
Voir leurs enfants, leurs petits-enfants et leurs arrières-petits-enfants autour d'eux était une grande joie pour eux. À vrai dire, à leurs yeux, c'était leur plus beau cadeau de Noël. Ils étaient bien conscients du fait qu'il devenait de plus en plus difficile de réunir tous leurs petits-enfants ce jour-là, et se réjouissaient donc sincèrement lorsque c'était le cas.
La préparation du repas de Noël avançait à grands pas. Molly tenait toujours à en présider l'organisation, néanmoins, elle ne pouvait plus gérer seule, comme autrefois, puisque plusieurs des membres de sa famille s'invitaient dans sa cuisine. Elle avait eu beaucoup de mal, au départ, à accepter l'aide de Fleur. Depuis, leurs relations avaient changé et mûri.
La matriarche avait découvert que sa première belle-fille n'était pas la femme superficielle et artificielle qu'elle semblait être. Elles avaient combattu ensemble, durant l'Année des Ténèbres comme durant la Bataille Finale. Alors que Fleur aurait parfaitement pu faire le choix de rentrer dans son pays, se mettre à l'abri. Bien au contraire, la Française avait organisé un réseau permettant d'évacuer des Nés-Moldus britanniques vers le continent.
Molly préférait néanmoins cuisiner avec Angelina. Les deux femmes avaient très vite été sur la même longueur d'ondes. Elles s'étaient alliées pour aider George à se relever de la mort de son jumeau, même s'il n'y parviendrait jamais entièrement. Angelina était forte et pleine de bon sens, et aimait profondément son mari.
Audrey, la femme de Percy, n'osait pas vraiment mettre les pieds dans la cuisine lorsque plusieurs sorciers étaient déjà occupés à éplucher les légumes ou préparer les plats. Comme elle était Moldue, elle se contentait généralement d'aider à débarrasser. Elle passait davantage de temps avec son beau-père qu'avec sa belle-mère, encore plus fascinée par la magie, si c'était possible, que celui-ci ne l'était par le monde moldu.
Ils avaient donc toujours eu de longues discussions sur le sujet, partageant leurs connaissances respectives sur ces deux mondes si proches et si différents. Arthur avait d'ailleurs longuement félicité Percy, lorsque celui-ci leur avait présenté Audrey. Le jeune homme avait été très gêné : il n'avait même pas pensé à la passion de son père pour le monde moldu, il était seulement amoureux..
Les jeunes mères avaient nourri leurs petits avant le repas et, bientôt, tout le monde put passer à table. Ce fut un joyeux capharnaüm au moment de choisir une place. Certains se recherchaient, d'autres s'évitaient. Il fallait composer avec tout cela, mais aussi avec les exigences de ceux qui préféraient tel ou tel type de chaise, tel ou tel type de place.
Lily avait profité de la cohue pour aller rechercher sa bague de fiançailles dans son coffret inviolable. Elle l'avait remise à son doigt avec une émotion qui l'avait surprise par sa force. Au point qu'elle avait aussitôt touché son tatouage, à travers ses vêtements, pour la transmettre à Scorpius. Elle avait reçu une vague d'amour en retour. Aussi, en prenant place à table, la jeune fille semblait totalement dans la lune.
Plusieurs personnes ne manquèrent pas de le remarquer, et Lucy fut la première à mettre les pieds dans le plat.
— Eh Lily, redescends de ton balai et atterris avec nous ! plaisanta-t-elle.
L'interpellée sursauta et rougit vivement. Machinalement, elle cacha sa main gauche de sa main droite. Évidemment, ce n'était pas la meilleure chose à faire. Bien au contraire, puisque cela éveilla encore plus l'attention de ses cousins. Tandis que Hugo levait un sourcil suspicieux, Roxanne se pencha vivement depuis sa place, trois chaises plus loin.
— Tu nous caches quelque chose ! s'exclama-t-elle vivement.
— Oh euh non... glissa Lily. Enfin ce n'est pas que je cache quelque chose... C'est juste que je n'ai pas encore trouvé le bon moment pour l'annoncer...
Évidemment, à ces mots, l'attention générale s'était rapidement portée sur la jeune fille. Clairement, le bon moment était venu tout seul. Tout en se mordillant la lèvre inférieure, Lily se redressa sur sa chaise. Son regard se déplaça sur les différents convives. Certains d'entre eux la regardaient avec perplexité. Quelques-uns avaient les sourcils froncés ou levés. Plusieurs autres la regardaient avec un large sourire.
Machinalement, la jeune fille cacha sa main gauche sous la table et porta sa main droite à son épaule gauche afin de toucher son tatouage à travers ses vêtements. Elle avait vraiment besoin de Scorpius, à cet instant précis. Le jeune homme ne tarda pas à lui répondre de la même façon, lui apportant un certain apaisement. Elle remarqua alors le clin d'œil complice que lui faisait Roxanne. Forcément, sa cousine tatoueuse avait compris son geste.
Mais Lily n'était pas sûre que quelqu'un, autour de la table, ait vraiment réalisé ce qu'elle s'apprêtait à annoncer. La grande nouvelle qui occupait presque toutes ses pensées, depuis la veille... Bien sûr, elle avait réfléchi avec Scorpius à comment cela allait se passer, à ce qu'elle allait dire. Mais face à sa famille réunie, inhabituellement silencieuse, suspendue à ses lèvres, les mots ne lui venaient plus...
— Eh bien euh... hum... Vous avez quelque chose de prévu l'été prochain ? se lança-t-elle finalement.
Sa question avait visiblement dérouté une partie des convives, tandis que d'autres semblaient comprendre. Les voyant tous sur le point de lui poser des questions, la jeune fille reprit très vite :
— Parce que... euh... Ben Scorpius m'a demandée en mariage, et on voudrait se marier durant l'été...
Il y eut d'abord un blanc, mais très vite, des félicitations fusèrent, tandis que des sourcils se fronçaient en silence.
— Déjà ? s'étonna Harry.
Lily se crispa légèrement. Tandis qu'elle s'apprêtait à répondre, Arthur, qui s'était prudemment éloigné de Molly, se redressa de toute sa hauteur et s'exclama sur un ton indigné :
— Il est absolument hors de question que tu l'épouses ! Tu m'entends, Lily ? Sortir avec un Malefoy, c'était déjà une mauvaise idée, mais passe encore, tu es jeune. L'épouser et, pire encore, avoir des enfants avec lui ? Non mais oh, il n'en est pas question !
En entendant son grand-père, si doux en temps habituel, s'exprimer ainsi, Lily avait blanchi et chancelé. Heureusement pour elle, d'autres membres de la famille avaient gardé du répondant, et plusieurs demandèrent des explications au vieil homme.
— Pas de Malefoy dans la famille, vous m'entendez ! Jamais, jamais, jamais ! se contenta-t-il de répondre fermement. Tout sauf un Malefoy !
— Mais... pourquoi ? demanda d'une petite voix Lily, qui avait puisé en elle toute la force qu'elle pouvait.
En effet, pourquoi Arthur réagit-il ainsi ? Bientôt une nouvelle révélation fracassante...
Ce chapitre a déjà révélé quelque chose d'important : la malédiction des Malefoy...
Et sinon, vous attendiez-vous à ce que le Choixpeau ait voulu répartir Lily à Serpentard et Scorpius à Gryffondor ?
Pour information, la bague de Lily a été créée par la maison Piaget.
