PDV Andy
« Tu devrais parler à Sullivan. »
Maya passa devant moi sans rien ajouter et je la suivis des yeux, abasourdie. Peu à peu, mon instinct me cria que ce que je craignais le plus, une trahison de l'homme que j'aimais mais aussi de ma meilleure amie, si toutefois elle méritait toujours cette appellation, s'était produite. Seule la nomination du nouveau capitaine de la Station 19 en la personne de Maya pouvait justifier une discussion en tête à tête avec Sullivan. Je sentis mon cœur se briser en milliers de morceaux alors que je parvenais à cette conclusion. Comment était-ce possible ? Je tournai à nouveau mon regard vers le bureau de Sullivan et marchai résolument vers lui. J'ouvris la porte et essayai de me composer un air le plus calme possible avant de me raviser. Après tout, ma colère était justifiée. J'avais du renoncer à une histoire d'amour avec le seul homme dont je sois vraiment tombée amoureuse à cause de nos promotions mutuelles et maintenant, lui seul était promu. Lorsqu'il me vit rentrer dans son bureau, Sullivan pâlit et je sus qu'il avait tout de suite compris pourquoi j'étais là et à mon air dévasté, que je soupçonnais tout ce qui venait de se passer.
« Que vient-il de se passer ? Demandai-je alors, tentant de garder mon calme.
« Andy, je… J'ai finalement décidé de promouvoir Maya au poste de capitaine de la 19. »
A ces mots, je sentis mon cœur se comprimer dans ma poitrine en même temps qu'une rage sourde m'envahissait, bien que je lui sois reconnaissante de ne pas essayer de me dissimuler la vérité.
« J'ose espérer pour ne pas ajouter une trahison à une autre qu'elle n'a pas émis le vœu de devenir capitaine ou endossé son costume de championne olympique prête à tout pour remporter la victoire, quitte à marcher sur ses amis? »
Le silence de Sullivan fut éloquent et je lui demandai, n'osant y croire et espérant une vraie réponse.
« Pourquoi ? Pourquoi me trahis-tu de cette manière? Me punis-tu d'être amoureuse de toi? » Dis-je, le regardant droit dans les yeux.
« Je ne te trahis pas. Je choisis simplement la meilleure personne en ce moment pour occuper le poste de capitaine. Et jamais je ne te punirai pour ça. »
« Je ne fais pas l'affaire c'est ça ? » Ses paroles me firent l'effet d'un coup de couteau dans le ventre et je ne pus que me sentir dévastée.
« Pas aujourd'hui en tout cas. On m'a conseillé… J'ai décidé de retarder un peu ta nomination au poste de capitaine. »
« On t'a conseillé ? Qui ça ? Mon père ? Il est venu et encore une fois, s'est opposé à ma promotion ? » Demandai-je, presque en criant.
« Oui. Il pense, et je suis de son avis, que si on te promeut maintenant, tu vas gâcher cette opportunité. »
« Et pourquoi je la gâcherais ? J'ai les compétences pour occuper ce poste ou non ? » Ma question était sincère et je vis Sullivan rester silencieux quelques instants avant de répondre:
« Tu as enterré ton meilleur ami hier et d'après ce qu'on m'a rapporté de cette intervention aujourd'hui, tu n'es pas encore vraiment prête à travailler sur le terrain. C'est pour cette raison que je t'assigne à la Station jusqu'à ce que tu ailles mieux pour n'être un danger ni pour toi ni pour les autres. Oui tu as les capacités, tu es un très bon pompier mais... »
Je ne lui laissai pas le temps de finir avant de déclarer, la mort dans l'âme :
« Alors c'est ça ? Toutes tes belles paroles sur nos promotions mutuelles, ce n'était que du vent ? J'ai tout perdu, murmurai-je. Maya, Ryan, toi, finis-je en le regardant dans les yeux. Tu a choisi ta promotion au lieu de moi et tu a promu Maya alors que tu me disais que tu voulais que je devienne capitaine mais que cela serait impossible si nous étions ensemble. »
« Andy… Dit Sullivan en s'approchant lentement de moi et essayant de me toucher l'épaule.
Il y était presque quand je m'éloignai brutalement en m'exclamant : « Ne me touche pas Robert ! Je te l'interdis ! ».
Son regard dévasté et clairement triste m'aurait fait de la peine si je n'avais été aussi furieuse contre lui.
« Tu n'as jamais eu envie d'être avec moi en réalité. Et tu ne m'aimes pas, tu ne m'as jamais aimé. Et même si c'était le cas, ça ne t'a pas empêché de me planter un couteau dans le dos et de me trahir. Je te déteste Robert.»
La fin de ma phrase blessa Sullivan, je le vis bien mais j'étais si furieuse et dévastée que je partis en claquant la porte de son bureau sans même attendre une quelconque réponse. A quoi bon de toute façon ?
