Hawks dût faire un effort conscient pour ne pas lâcher la brosse à dents. Comment avaient-ils pu ne pas les entendre entrer ? Toute la famille était réunie là, figée dans une stupéfaction coite, à l'exception de Katsuki Bakugou qui, lui, était tordu dans le fou rire du siècle. Personne n'osait bouger le moindre muscle, rappelant à Hawks les confrontations silencieuses des westerns. Ce serait à qui décide de tirer le premier. Et ce premier fut Natsuo, l'aîné des fils Todoroki. Il lâcha les cartons aplatis qu'il tenait entre les mains et serra les poings, tandis qu'il s'avançait dans le couloir.
— Non mais, tu te fous de notre gueule ?!
La jeune fille — Fuyumi, si les souvenirs de Hawks ne le trompaient pas — tenta d'arrêter son frère mais le geste était trop timide et le garçon bien trop furieux.
— Donc c'était ça, le plan, en fait ? Tu nous a pas acheté cette maison pour te racheter ! Tout ce qui tu voulais, c'était nous chasser de là pour pouvoir être tranquille avec ton nouveau gigolo !
Eh ho, je suis là et j'entends ce que tu dis, je te signale, songea Hawks, sans toutefois l'exprimer à voix haute. Il comprenait bien que, dans cette situation, il n'avait pas à intervenir ; il s'agissait d'une histoire de famille, dans laquelle il n'avait pas à s'immiscer. Il n'avait aucune idée de ce qui l'avait causée, mais il était clair que la rage de Natsuo était plus ancienne, et pas un simple coup de sang momentané. On n'avait pas ce genre de réaction face à une simple situation embarrassante.
— T'as vraiment honte de rien, ça me répugne ! Dire que je pensais que tu ne pouvais pas tomber plus bas…
— Natsuo, ça suffit maintenant. Calme-toi.
Fuyumi s'était elle aussi avancée d'un pas. Sa voix était douce mais ferme, et elle saisit d'une main délicate le poignet de son frère. Elle ne semblait pas en colère de prime abord, mais le regard glacial qu'elle lança à son père puis à Hawks les détrompèrent rapidement. Rarement Hawks avait vu autant de dégoût sur un visage.
— Non, je me calme pas, non ! hurla Natsuo en pointant Hawks du doigt. Tu sais qui c'est, ce gars-là ?! Tu sais qu'il a ton âge ? Ça pourrait être notre frère !
— Je sais, Natsu. Mais ça ne sert à rien de s'énerver comme ça.
Elle se tourna de nouveau vers Enji, qui n'avait pas desserré les dents depuis qu'ils étaient arrivés. Hawks aurait pourtant cru qu'il réagirait, qu'il hausserait le ton et leur ferait comprendre que le moment était mal choisi pour débarquer, mais non. Il ne disait rien et pire, se laissait hurler dessus sans répliquer. Rarement dans sa vie s'était-il senti dans une telle position d'infériorité. Même lorsque Dabi l'avait forcé à se débarrasser de toutes ses plumes, il avait eu plus confiance en ses possibilités de répliquer. Mais là, que pouvait-il faire ? S'il ne disait rien, le conflit ne pouvait que se poursuivre. Mais s'il intervenait, il risquait fort de se mettre à dos Enji, qui n'apprécierait sans doute pas qu'on s'en prenne ainsi à ses enfants, quand bien même aurait eu raison. Après tout, ils étaient deux adultes consentants, ils pouvaient bien faire ce qui leur chantait.
Fuyumi parvint finalement à calmer Natsuo, qui s'empressa de retourner dans l'entrée pour déplier les cartons qu'il avait apportés. Il disparut ensuite en compagnie de Shouto au fin fond d'un couloir perpendiculaire et Hawks fut plus que soulagé de réduire le nombre de ses opposants. Ne restait plus que les deux stagiaires, ainsi que Fuyumi, qui les fixait toujours avec un air mi-figue mi-raisin.
— Merci, Fuyumi, articula Enji d'une voix étranglée.
— Ne crois pas que j'approuve, répondit-elle avec une grimace. Au cas où tu l'aurais oublié, tu es toujours marié à maman.
Hawks eut du mal à croire ce qu'il entendait. D'après ce qu'il en savait, Enji était séparé de sa femme depuis des années et il était parti du principe qu'ils avaient divorcé bien avant. Une vague de dégoût le submergea. Il était devenu, sans le savoir, une de ces midinettes sans cervelle qui se laissent embobiner par des hommes mariés qui leur promettent monts et merveilles mais qui finissent invariablement par rejoindre le domicile conjugal une fois la nuit passée et la pulsion assouvie. Encore une fois, il attendit une réaction de la part d'Enji, mais rien. Toujours rien. Il avait gardé la main posée sur son épaule mais le frisson qu'elle provoquait n'était plus délicieux, non ; il était plein de bile amère et Hawks dut lutter pour ne pas s'en dégager et fuir à toutes jambes.
— On vient chercher quelques affaires, continua Fuyumi. Et tu as des conventions de stage à signer.
Le regard de Hawks croisa celui des deux lycéens. Il devait partir. S'enfuir d'ici le plus vite possible avant que l'humiliation ne l'étouffe davantage. D'un geste vif, il bondit dans la salle de bains, cracha le peu de dentifrice qui lui restait dans la bouche, puis rejoignit la chambre pour y réunir toutes ses affaires. Ce mouvement soudain sortit Enji de sa torpeur, et il le suivit pour s'habiller lui aussi. Ils n'échangèrent pas un mot. Quand Hawks fonça vers la sortie, il espéra à chaque pas qu'Enji le rattrape et lui fasse comprendre qu'il se méprenait sur la situation, que tout cela n'avait pas été qu'un simple coup d'un soir qu'on s'efforcerait vite de cacher sous le tapis.
Mais Enji n'en fit rien.
Hawks passa les jours suivants dans un état de torpeur proche de la léthargie. Il oscillait entre la colère contre Enji et l'embarras d'avoir été utilisé puis jeté comme un vulgaire Kleenex. Dans une brusque montée de colère, il fracassa une de ses figurines d'Endeavor préférées — une des premières à avoir été commercialisées, une rareté qui se vendait à prix d'or entre collectionneurs avertis — contre le mur et passa le reste de la soirée à la recoller.
Le huitième jour, une distraction bienvenue pointa le bout de son nez. Twice, qui avait enfin un moment à lui, le contacta pour un nouveau cours sur la doctrine du Front de Libération du Paranormal, à laquelle il ne comprenait toujours rien. Sans hésiter un instant, il fonça au manoir de Re-destro. Tant qu'il se concentrait sur la lutte contre Shigaraki et sa bande, rien ne viendrait le tourmenter.
Les quartiers de l'escadron Genesis faisaient partie des moins surveillés de l'immense bâtisse. Si Re-destro accordait une protection toute particulière à ses propres lieutenants ainsi qu'à Shigaraki, il semblait évident qu'il ne portait pas les membres de l'Alliance originelle dans son coeur. Aussi laissait-il aller et venir la plupart des invités à cet étage, sans un chaperon pour suivre chacun de leurs pas.
Tandis que Hawks remontait le couloir jusqu'au grand salon qui lui servait accessoirement de salle de formation, la porte d'une chambre s'ouvrit à quelques mètres devant lui. Ce qui aurait été un complet non-événement si celui qui en sortit n'avait pas été Shigaraki Tomura en personne. Shigaraki Tomura qui était censé se trouver en ce moment-même entre les mains du médecin qui lui avait promis d'augmenter ses pouvoirs de façon exponentielle.
Sans lui prêter la moindre attention, le jeune homme aux cheveux blancs s'étira et poussa un long soupir de contentement.
— Eh ! s'exclama une voix masculine à l'intérieur de la pièce. Ça va pas de sortir comme ça ?!
Hawks reconnut tout de suite Dabi, qui ne tarda pas à apparaître lui aussi dans le couloir, les cheveux en bataille — du moins, plus que d'habitude — et des marques de draps plein le visage.
— Ça va, je veux juste prendre l'air. Tu l'as dit toi-même, y a personne aujourd'hui.
— Je m'en fous ! Tu sors pas avec cette tête !
Ils finirent enfin par remarquer la présence de Hawks et le visage de Dabi se décomposa. Shigaraki, lui, laissa échapper un « Oups » accompagné d'une grimace faussement embarrassée. Quelque chose n'allait pas avec ce type. Hawks ne l'avait aperçu que quelques fois, et de loin, mais il ne ressemblait absolument pas à l'homme qui se tenait devant lui. L'explication ne tarda pas. Dans un répugnant craquement d'os, tout le corps de Shigaraki se déforma pour laisser la place à une femme d'une trentaine d'années, à la peau olive et aux formes plantureuses. Cette transformation ne sembla pas rasséréner Dabi, bien au contraire.
— Allez, c'est bon, fous le camp.
— Tssk tssk, répondit la femme en agitant l'index, je crois que tu as oublié quelque chose, mon chou.
Médusé, Hawks regarda Dabi sortir un rouleau de billets de dix mille yens de la poche de sa veste et en coller quatre entre les mains de la femme, qui les recompta en s'humectant le bout de l'index. Il se demanda s'il n'avait pas fait un AVC sur le chemin et si ce qu'il voyait n'était que le dernier délire de son esprit mourant. Enfin, la femme tourna les talons et s'éloigna dans la direction opposée.
— Et tu me rappelles quand tu veux, trésor, lança-t-elle avant de disparaître à un angle de mur. C'est pas tous les jours qu'on me paye à faire la sieste.
Dabi fit claquer sa langue contre son palais et se tourna vers Hawks, visiblement agacé. Ce n'était pas bon signe. Dabi ne le portait déjà pas dans son coeur, pas besoin de rajouter une couche de mauvaise humeur par dessus.
— Raconte ça à qui que ce soit, et on aura du poulet rôti au dîner, c'est clair ?
— Limpide.
Le premier réflexe de Hawks fut de s'en contrefiche. Après tout, sa vie sentimentale était suffisamment un calvaire pour qu'il n'aille pas s'intéresser à celle des autres. Mais d'un autre côté, se disait-il, il s'agissait là d'une information plus qu'intéressante pour sa mission. S'il existait ce genre de relations au sein de l'Alliance, il trouverait forcément un moyen de l'exploiter en sa faveur.
— Qu'est-ce que tu fous là, d'ailleurs ?
— Je viens voir Twice. Il a besoin de cours de soutien.
— Il est pas là, Twice.
Un long silence s'installa entre eux, pendant lequel Hawks chercha en vain toutes les excuses possibles pour rester encore un peu. Ces moments passés à leurs côtés étaient rares, il fallait qu'il en profite un maximum et surtout, qu'il ne rentre pas bredouille. Fort heureusement pour lui, Dabi décida de prendre les devants.
— Bon, si tu veux, on boit un coup en l'attendant. S'il est pas mort, il devrait être rentré d'ici une heure ou deux.
Hawks haussa les épaules dans une fausse désinvolture, avant de suivre Dabi jusqu'au salon. S'il n'avait plus rien à faire pour que les informations lui tombent dans le bec, il n'allait pas s'en plaindre. Il s'installa dans le grand canapé de cuir vert tandis que Dabi farfouillait dans la mappemonde qui servait également de réserve.
— Marasquin ? demanda-t-il en lui montrant une grande bouteille translucide.
— Il est dix heures du matin…
— Tu me casses les couilles. Réponds par oui ou par non.
Hawks déglutit. Boire durant ce genre de mission n'était jamais une bonne idée et il avait eu son lot de frasques avec l'alcool. Mais mieux valait ne pas contredire Dabi, surtout quand il était d'une humeur aussi massacrante.
— Ouais, allez…
Dabi sortit deux tumblers de la mappemonde et les remplit du liquide clair jusqu'à la moitié. Hawks n'était pas certain que c'était ainsi que ça se buvait, mais se passa de tous commentaires. Il accepta le verre et fit semblant d'y tremper les lèvres de temps en temps. Il faudrait bien qu'il boive, à un moment ou un autre, mais le plus tard serait le mieux. Dabi, lui, se jeta dans le fauteuil et but à grandes gorgées. Ainsi, en pleine lumière, il semblait plus épuisé que jamais.
— Alors, comme ça, dit Hawks pour meubler le silence, tu paies des putes pour faire la sieste ?
Il n'avait aucune idée de ce qui l'avait poussé à le provoquer ainsi. D'habitude, il n'avait besoin d'aucune justification pour faire chier son monde, mais il savait s'arrêter quand la situation devenait plus dangereuse qu'amusante. Mais ça avait été plus fort que lui, comme durant cette soirée, où au lieu de réagir comme un adulte normalement constitué, il était grimpé sur la table pour se jeter sur son idole de toujours. S'il survivait à tout ça, se disait-il, il faudrait qu'il consulte pour ce problème d'impulsivité.
Dabi ne le réduit pas en cendres, contrairement à ce qu'il avait promis. Il se contenta de lui lancer un regard noir et de remplir de nouveau son verre.
— Je croyais qu'on était d'accord pour que tu fermes ta gueule.
— J'ai dis que je n'en parlerai à personne d'autre, pas qu'on en parlerai pas entre nous.
Dabi soupira, mais ne répondit pas. Hawks, lui, se demandait comment il allait présenter la situation à ses contacts dans la police et surtout, quelle serait leur façon d'exploiter cette information. Il ne faisait aucun doute, après ce qu'il venait de voir, que leur relation dépassait la simple histoire de coucherie — du côté de Dabi, tout du moins — et quand bien même il prenait la pleine mesure de l'enjeu de sa mission, il ne savait pas s'il était parfaitement à l'aise avec l'idée d'instrumentaliser une peine de coeur de la sorte. Restait à savoir si c'était son côté rationnel ou bien son propre ego blessé qui parlait.
— En quoi ça te regarde, de toute manière ?
— Oh, en rien. Mais tu sais à quel point je suis curieux. Je ne peux pas m'empeĉher de poser des questions sur tout. J'ignorais complètement que lui et toi étiez… enfin, tu sais...
Il ponctua sa phrase d'un sourire et d'une petite gorgée de marasquin, dont le goût de cerise lui brûla la langue et la gorge. Il n'aimait pas l'idée de se retrouver éméché au milieu de ce coupe-gorge, mais mieux valait ne pas alerter la vigilance de Dabi.
— J'ai peur, ok ? cracha Dabi en retour. Et il me manque ! C'est bon, t'es content, maintenant ?
— Content, non. Mais ma curiosité est satisfaite.
Hawks accompagna son geste d'un haussement de sourcils suggestif, auquel Dabi répondit en levant les yeux au ciel. Hawks consulta discrètement sa montre ; s'ils devaient attendre Twice pendant encore une heure ou deux, ils allaient devoir trouver un sujet de discussion qui tienne jusque là. Ce qui était moins facile qu'il n'y paraissait. Il fallait trouver quelque chose de suffisamment anodin mais qui ne lui ferait pas perdre son temps non plus.
— Non mais je te jure, dit Dabi après une nouvelle lampée de marasquin. Est-ce que je t'en pose, moi, des questions sur ta vie amoureuse ?
— Oh, non, vaut mieux pas…
Hawks songea avec un mélange d'hilarité et d'effroi à la réaction de Dabi s'il venait à apprendre ce qu'il avait fait avec Endeavour. Il ne savait toujours pas pourquoi il en voulait à ce point au nouveau numéro un, ni en quoi consistait leur histoire commune, mais il savait qu'il perdrait sa confiance s'il avouait mener une relation aussi intime avec son ennemi juré. Enfin, « relation » était un bien grand mot, mais Hawks doutait que Dabi se préoccupe de la distinction entre « grand amour » et « coup d'un soir » dans cette situation.
— Pourquoi, tu as quelque chose à te reprocher ?
— Absolument pas, je disais ça comme ça…
Hawks s'admonesta mentalement ; il avait encore beaucoup trop parlé et maintenant, Dabi n'abandonnerait pas avant qu'il ait craché le morceau. Il ne fallut pas une seconde pour que ce dernier se redresse dans son fauteuil et le fixe comme s'il cherchait à décoder ses pensées. Il reconnut dans son regard cette étincelle hargneuse qui brillait dans ses yeux quand il s'apprêtait à attaquer. Ce n'était pas bon, pas bon du tout. Vite, improviser !
— Qu'est-ce que tu as fait ?
— Rien… rien de grave, je t'assure. C'était juste super embarrassant et j'ai pas trop envie d'en parler, c'est tout…
— Oh mais je suis tout ouïe.
Hawks n'avait qu'une fraction de seconde pour se décider et se dit que s'il lui donnait toute l'histoire sans les détails, il y avait encore une chance pour que Dabi ne se doute de rien.
— C'est juste que j'ai comme qui dirait passé la nuit avec un type, l'autre jour, débita-t-il à toute vitesse. Pas besoin de te faire un dessin. Et enfin, tout se passait bien, c'était nickel mais le matin, on allait à la salle de bains et paf ! ses deux fils, sa fille, et ses stagiaires qui débarquent, comme ça. Bref, grosse engueulade, l'aîné qui a du mal à supporter que Papounet se tape des gars qui ont l'âge d'être son frère, j'apprends qu'en plus il est toujours marié à sa femme alors qu'ils sont séparés. Bref, la honte intersidérale, le gros cauchemar. C'est plutôt cocasse, hein ?
Il reprit sa respiration, tandis que Dabi ricanait.
— En même temps, t'as qu'à pas te taper des vieux vicelards, dit-il en se réinsatallant dans le fauteuil.
Ouf, sauvé. Dabi se paierait sa tête jusqu'à ce que toute cette histoire soit terminée et qu'il croupisse en prison pour le reste de sa vie, mais au moins, sa couverture était sauve. Il inspira encore profondément, dans l'espoir de calmer son coeur affolé, mais celui-ci tambourina de plus belle quand Dabi arrêta de rire brusquement.
— Une fille, deux fils et des stagiaires, tu dis ? demanda-t-il, beaucoup trop calme. Et qui auraient plus ou moins ton âge ? C'est bizarre, ça me rappelle quelqu'un…
Un frisson remonta le long de la colonne vertébrale de Hawks. Le ton de Dabi ne trompait pas, il allait lui faire la peau. C'était le prix minimal à payer pour avoir frayé d'une manière aussi éhontée avec l'Ennemi avec un grand E — qui n'avait d'ailleurs pas que ça de grand mais Hawks songea que le moment était mal choisi pour de telles considérations.
— Ah oui ?
— Oui. Et à ta façon de réagir, je devine que j'ai tapé dans le mille.
Dabi se leva et Hawks en fit de même. L'un avança, l'autre recula.
— Je comprends mieux pourquoi tu ne voulais pas m'en parler. Et bien sûr, tu avais parfaitement raison.
A un moment, Hawks n'eut plus la place pour reculer et se retrouva bloqué dos au mur. Dabi le toisait, menaçant.
— Que tu joues les héros modèles avec lui en public, c'est une chose, mais que tu le suives jusque dans sa chambre, c'en est une autre. Tu croyais vraiment que j'allais laisser passer ça ?
Hawks eut tout juste le temps de se baisser et d'esquiver le poing enflammé de Dabi. Il le poussa pour se dégager et, arrivé au milieu de la pièce, empoigna une de ses plumes, qu'il brandit comme une épée.
— A quoi tu joues, Hawks ?! Il va falloir choisir ton camp !
Dabi bondit vers Hawks ; ils s'évitèrent de justesse. Hawks serra les dents. A ce rythme-là, il ne fuirait pas longtemps et serait obligé de lui faire face.
— Ça n'a rien à voir ! Je couche quand même avec qui je veux !
La remarque ne calma pas Dabi, bien au contraire. Les flammes qui entouraient ses mains redoublèrent d'intensité et il lança un regard assassin en direction de Hawks. Le rictus extatique qui déformait son visage ne trompait pas : il allait bel et bien le tuer.
Une sirène retentit dans tout le manoir juste avant que Dabi ne s'élance. Il s'arrêta dans son geste et répondit au regard interrogateur de Hawks :
— On dirait que la cavalerie est là. C'est le moment de me montrer que tu es avec nous.
Et voilà, c'est la fin de ce deuxième chapitre. Rendez-vous... herm... prochainement pour le troisième et dernier chapitre où on retournera suivre ce cher Endeavor.
N'oubliez pas de mettre une petite review, ça fait toujours plaisir et je ne mange personne.
A la prochaine !
