Avant-propos : Aujourd'hui, je vous propose une fic que j'ai écrite il y a environ 10 ans. J'espère qu'elle vous plaira :)
Bonne lecture !
Chapitre 1
Oscar se tenait face à l'océan, les yeux suivant machinalement le flux et le reflux des vagues, l'esprit tourné ailleurs. Vers Paris. Où était André ? Que faisait-il ? Pensait-il à elle ? Ou à ce qui les avait séparés ? Se trouvait-il dans un estaminet à faire en sorte de l'oublier ? Ou dans les bras d'une autre femme ? Lui manquait-elle ?
Elle serra les poings. Pourquoi fallait-il qu'elle ait si mal ? N'avait-elle pas raison ? Pour être libre, indépendante, elle se devait de s'éloigner d'André. Qui plus est, elle n'avait pas le droit de le laisser s'enchaîner à elle. Dieu que ses paroles lui avaient coûté ! Comme il est difficile de demander à un être si proche de s'éloigner, de prendre son envol !
Les images de la scène durant laquelle elle lui avait demandé de ne plus attacher chacun de ses pas aux siens dansaient dans sa tête, passaient et repassaient inlassablement sous ses yeux, comme les vagues qui allaient et venaient devant elle. Comme il lui manquait ! Elle songea que certaines personnes sont incapables de se passer d'alcool ou d'opium. Elle, elle ne pouvait vivre sans André.
« Mais pourquoi me hantes-tu ainsi, André ?! Vas-t-en ! Laisse-moi ! Laisse-moi avec moi-même ! Laisse-moi être à moi et à personne d'autre » cria-t-elle par-delà le grondement des vagues.
Frappant du talon le sable, Oscar réalisa qu'elle se détestait. Comment pouvait-elle ressentir le manque dans chacun de ses membres après ce qu'il avait fait ?! Elle avait détesté ce baiser, haï le corps-à-corps au cours duquel il l'avait plaquée contre lui, lui faisant sentir de force la violence de la manifestation physique de son désir, exécré le bruit de sa chemise qui se déchirait. Ce bruit ! Ce bruit assourdissant, monstrueux, entêtant ! Qu'il cesse ! Qu'il n'ait jamais existé ! Assez ! Que ce moment répugnant n'ait jamais eu lieu ! Que malgré cela, elle ne réclame pas la présence d'André ! Mais qu'était-elle pour souffrir à ce point de l'absence de celui qui l'avait brutalisée ?! Serait-il allé jusqu'au bout ? Avait-elle si peu d'honneur pour se poser la question ? Les actes d'André n'étaient-ils pas suffisamment outrageants ?! N'avaient-ils pas jeté au rebus toute trace de lien entre eux ?! Si, bien sûr ! Mais pourquoi avait-elle si mal ?
Les questions s'entrechoquaient en elle, les souvenirs lui mordaient le cœur, l'absence lui tordait l'estomac. Il n'était plus là. Rien d'autre ne comptait. Elle avait besoin de lui…. pour… pour… lui expliquer comment se passer de lui… Cette découverte lui faucha les jambes, la faisant chuter à genoux sur le sable humide. La tête dans les mains, elle hurla : « Pourquoi ? Pourquoi ais-je si mal ?! Va-t-en ?! Je te hais pour m'avoir rendue si dépendante ! Je me hais de l'être ! … Mais pourquoi n'es-tu pas là ?! ».
Allongée, la tête sur le sable, elle sanglotait, avec le sentiment de se regarder sangloter. Elle détestait l'être secoué de sanglots, mais, elle aurait voulu qu'André la console. Lui qui lui avait fait si mal par ses actes. Lui qui lui faisait si mal par son absence.
Une vague vint lui lécher le visage, comme une caresse qui tenterait d'effacer ses larmes. Elle laissa la vague partir et revenir, envahir totalement son visage, puis son corps, espérant qu'elle lave toutes les douleurs de son cœur.
A suivre…
