Bonjour à vous amis lecteurs! Je reviens avec le 4ème chapitre en je remercie tous ceux qui suivent (heureusement que les stats me montrent que cette fic est lue...) et je ne peux que vous encourager à laisser des commentaires (il n'y a que comme ça que je pourrais m'améliorer et voir si ça vous plait ou non!^^)
Une fois de plus, un grand merci à Meldy! Je suis bien contente que cette fic te plaise et je te promets que les surprises arriveront tout au long de cette histoire! Fais bien attention, ce sont parfois les petits détails anodins, glissés entre deux phrases, qui se révèlent être les plus importants. Tu vas devoir attendre un moment avant de savoir pourquoi Helena a un auto-mail et, non, ça ne va pas s'arranger entre elle et Ed. Tu peux plaindre ce pauvre Alphonse, il va en baver.^^
Sur ce, bonne lecture à tous!
_ Resembool ! Resembool ! Dix minutes d'arrêt ! Prochaine station dans…
Edward sauta à terre, pieds joins sur le quai et laissa un grand sourire de môme s'étaler sur son visage. Il inspira un grand coup l'air de la cambrousse, leur cambrousse, et balaya les lieux des yeux. Il était bon quelque part, de revenir sur les terres de son enfance. C'était réconfortant de constater que quelqu'un vous attendait ici, à la maison.
_ Dépêche-toi Al ! S'exclama-t-il à l'adresse de son cadet qui avait quelques soucis pour descendre du train. Sa volumineuse enveloppe corporelle n'était pas pratique et il avait vraiment hâte de retrouver son véritable corps. Ne serait-ce que pour passer les portes sans avoir à se baisser ou bien se mettre de côté.
_ Je persiste à croire qu'on aurait dû téléphoner à Winry et Mamie avant de venir, se plaignit-il en donnant la valise à son frère qui la prit en agitant la main.
_ Mais non, t'inquiètes ! De toute façon, que je prévienne ou pas je me prendrais quand même une clé de 12 dans la figure. Alors autant économiser la facture de téléphone !
Alphonse secoua sa grosse tête, navré, pendant que dans leur dos, Helena descendait du wagon, son sac à l'épaule. Comme à chaque fois qu'elle débarquait dans un lieu, connu ou non, ses yeux volèrent d'un bout à l'autre de la place, analysant les moindres recoins et les personnes s'y trouvant en un temps record. Combien de fois Jean s'était-il moqué d'elle en la traitant de paranoïaque ? N'empêche que c'était grâce à cela qu'elle était encore en vie à l'heure actuelle. Et qu'importe ce que pouvait en penser les autres. Son regard ardoise se posa sur les frères Elric, qui discutaient joyeusement à quelques pas devant elle. On aurait facilement pu croire que la tension et l'animosité qu'elle avait ressenties dans le train n'avaient jamais existées.
Roy l'avait prévenu que son plus jeune subordonné était une forte tête et qu'il n'acceptait que très mal l'autorité, surtout quand celle-ci n'avait que quelques années de plus que lui. Helena avait eu le temps de s'en rendre compte, le blond ne lui avait pas adressé la parole de toute la journée, s'était contenté de regards noirs et boudeurs, ne cessant de remettre en cause chacune de ses paroles. Elle avait bien essayé de briser la glace. Du moins, selon elle, elle avait essayé, mais Edward semblait bien peu réceptif à ses maigres efforts. Elle avait fini par laisser tomber, ne voulant pas se torturer l'esprit plus que cela pour le moment. Ils auraient tout le temps pour discuter un peu plus tard, lorsque le Fullmetal se serait fait à l'idée qu'il allait devoir travailler avec elle mais également suivre ses ordres.
Elle avait encore un peu de mal à comprendre pourquoi son père lui avait donné cette mission en duo. Bien que son rôle au sein de l'armée ces derniers temps ait été purement diplomatique (avec le nombre de dialectes étrangers qu'elle maitrisait, ça n'avait rien de bien étonnant) elle préférait nettement faire ses interventions en solitaire, sans personne dans ses pattes et encore moins un ado colérique.
D'après ce qu'elle en avait lu, l'affaire sur laquelle le Colonel l'avait… les avait mis, ne semblait pas nécessiter la présence de deux Alchimistes d'Etat. De simples enlèvements aurait dû être à la charge de la police locale, au pire, des militaires basés dans le coin. Pourquoi diable les envoyer là-bas ?
Une douleur aigüe vrilla soudain son épaule gauche, lui rappelant vivement l'état de sa prothèse mécanique. Elle avait à peine eu le temps d'y jeter un coup d'œil mais savait par avance que l'auto-mail en avait pris un sacré coup. Muddy était une vraie brute, il s'en était d'ailleurs fallut de peu pour que ce ne soit pas sa colonne vertébrale qui se retrouve dans le même état que celui de son bras.
Alphonse tourna la tête vers Gust lorsqu'elle étouffa avec une certaine difficulté, une brusque quinte de toux. Il l'aurait presque oubliée tient, elle était si discrète lorsqu'elle s'y mettait. Preuve en était qu'elle s'était éclipsée une ou deux fois du wagon sans qu'aucun d'eux ne s'en aperçoivent. Ce n'était que lorsqu'elle était revenue s'assoir à sa place qu'ils avaient soudain remarqué qu'elle s'en était levée.
_ Tout va bien Mlle Lewin ?
La grande brune hocha la tête tout en gardant une main plaquée devant sa bouche pour limiter sa toux. Un coup de froid sans doute, la saison s'annonçait fraiche cette année. Et ça n'allait pas aller en s'arrangeant. Ils filaient doucement vers un hiver rude et le Nord-Est du pays n'était pas réputé pour sa météo clémente en cette saison. Edward jeta un coup d'œil par-dessus son épaule, vérifiant tout de même si elle n'allait pas leur claquer entre les pattes.
'Remarque, si elle est malade, elle pourra rester chez Pinako. Je dirais au Colonel qu'on ne peut pas partir avec des effectifs si faibles et qu'il doit envoyer quelqu'un d'autre. C'est bon ça, faut absolument qu'elle tombe malade !'
Personne ne remarqua le sourire machiavélique qui ornait les lèvres du jeune blond, lequel se mit en route en fanfaronnant.
_ Du nerf, mauvaises troupes ! Faut qu'on soit là-bas avant la tombée de la nuit !
_ C'est loin de la gare ? S'enquit Helena en remontant son sac d'un coup d'épaule. Non pas qu'elle était fatiguée mais… Ed lui adressa un sourire moqueur et presque cruel.
_ Noooon ! À quatre kilomètres à peine, on en a pour une heure. Fatiguée Major Lewin ?
Helena lui lança un regard noir sans répondre. Il lui cherchait des noises le morveux ? Alphonse s'empressa de désamorcer la bombe, s'interposant entre les tirs croisés des Alchimistes, brisant leur contact visuel.
_ Ah, ah ! Ed est un sacré farceur n'est-ce pas Mlle Lewin ?
_ A mourir de rire, rétorqua froidement la jeune femme en balançant un regard mortel à son collègue qui le lui rendit bien.
_ En même temps, si mon humour ne te convient pas, tu peux aussi reprendre le train direction East City. Il part dans deux minutes.
_ Très drôle Fullmetal mais je ne suis pas du genre à abandonner mon poste et encore moins à plier devant les difficultés. Les grandes, comme les petites.
Evidemment, la réaction ne se fit pas attendre et Alphonse aurait juré que Gust l'avait fait exprès.
_ Non mais attend une minute ! Qui c'est que tu traites de nabot ici ?
_ Qui a parlé d'un nabot ? J'ai dit petit, ça n'a rien à voir. Et tu te considères comme étant une difficulté insurmontable ? Dans un sens tu n'as pas tort, ton cas à l'air sacrément compliqué.
_ JE NE SUIS PAS COMPLIQUE !
_ C'est pas ce qu'on m'a dit, se moqua Helena alors qu'ils cheminaient le long d'un sentier de terre battue. Edward avait pris une délicate teinte violacée rougeâtre, preuve de sa colère grandissante. Alphonse le retint lorsqu'il voulut se jeter sur Gust qui se contenta de le regarder et d'éclater d'un rire fort peu aimable.
_ Je te jure que je vais la tuer, fulmina le blond en soufflant comme un bœuf, voulant s'extirper de l'étreinte étouffante de son cadet alors que ses yeux lançaient des éclairs à l'adresse de sa cible qui passa devant eux sans lui accorder plus d'attention. Si elle continue comme ça je…
_ Pitié Grand frère! Avoue que tu l'as bien cherché aussi !
_ Quoi ? Tu prends sa défense maintenant ? Aahh ! J'aurais dû m'en douter lorsque tu jouais les jolis cœurs sur le quai de East City, faux frère !
_ Quoi ! S'insurgea le plus jeune des trois, lâchant son aîné sous le coup de la surprise et de la gêne. Mais pas du tout !
_ Oh ne fais pas l'innocent ! Attaqua Edward en le pointant d'un doigt accusateur tout en reprenant leur route et suivant Helena à quelques mètres de distance. Tu crois que j'ai pas vu comment tu te comportais avec elle ? Je croyais t'avoir déjà dit qu'on ne pactise pas avec l'ennemi !
Alphonse bénit le ciel qui lui avait fait ce corps et qui ne laissait pas passer les rougeurs qui auraient certainement colorées ses joues s'il avait été humain. Enfin bénir, s'était une façon de parler, il aurait largement préféré rougir devant les insinuations de son frère plutôt que de devoir afficher ce masque neutre. Quoique.
_ D'abord je ne jouais pas les jolis cœurs, j'essayais juste d'être aimable, se justifia le petit frère, maintenant plus agacé que gêné. Tu devrais essayer de temps en temps.
_ Je suis très aimable.
_ Bien sûr, ironisa Alphonse devant tant de mauvaise foi. Et ensuite, je ne pactise pas avec l'ennemi, le Major Lewin est avec nous sur cette affaire, je ne vois pas en ça te gêne.
_ Ce qui me gêne figures toi, c'est que le Colonel nous a envoyés bosser ensemble alors qu'il connait parfaitement nos antécédents. Le problème vois-tu, c'est que je ne fais pas du tout confiance à cette fille et que j'ignore encore ce qu'elle sait et ce qu'elle ne sait pas.
Alphonse regarda son frère, plissant mentalement les yeux dans l'espoir de comprendre la logique de son raisonnement. Ed était tellement doué pour les hypothèses farfelues et les plans sans queue ni tête. Suivre ses réflexions n'était pas toujours simple.
_ Ed, il y avait une pointe de désolation dans sa voix. Tu crois vraiment que le Colonel est assez stupide pour lui confier toute notre histoire ? Même son équipe n'est au courant de rien et pourtant nous travaillons avec eux.
_ Qu'en sais-tu ? rétorqua vertement son ainé en shootant dans un caillou. Je te rappelle aussi qu'il s'agit de sa fille.
La petite pierre roula le long du sentier sous l'impulsion qu'il lui avait donnée et frappa sèchement Helena au niveau de la cheville. Elle se retourna et lui lançant un regard noir avant de se détourner d'un mouvement presque hautain qui fit ricaner le blond.
Un léger silence s'installa entre les deux frères qui marchaient désormais plusieurs mètres derrière Gust qui ne s'en formalisait outre mesure. De toute façon, à moins d'être particulièrement stupide, elle ne pouvait pas se perdre, il n'y avait qu'une seule route. Le ciel se teintait doucement de couleurs sanguines à mesure que le soleil se couchait de l'autre côté de la colline, et Ed estima qu'ils seraient arrivés dans une petite demie heure à tout casser.
Alphonse fit un peu grincer son armure en penchant la tête vers Edward qui avançait lentement, les yeux quelque peu perdus dans le vague.
_ Dis Ed.
_ Hum…
_ Tu voyais vraiment le Colonel s'occuper d'un enfant, toi ?
L'ainé s'arrêta quelques secondes pour prendre le temps de réfléchir puis il se remit en marche en haussant les épaules.
_ C'est vrai que c'est pas son genre, déclara-t-il. Ce sale bâtard, il court toujours à droite à gauche, ça m'étonne un peu qu'il l'ait adoptée pour tout dire.
_ Je me demande comment ils se sont rencontrés, songea le plus jeune à voix haute, pensif. Ed eut un rire un peu grinçant, clairement méprisant.
_ On s'en moque. Pour le moment, il faut qu'on termine cette mission au plus vite, tu auras tout le loisir de demander à madame le pourquoi du comment.
_ Mais ça ne t'intéresse pas de savoir, toi ? Moi ça m'intrigue vraiment.
_ Je m'en fiche, c'est sa vie pas la mienne. Est-ce que je vais lui raconter nos histoires de famille moi ?
Al se tut et n'ajouta rien. Il n'aimait pas voir son frère dans un tel état d'énervement. Le reste du trajet se déroula dans le calme, chacun perdu dans ses propres pensés, le silence à peine troublé par les toux répétitives de Gust.
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Le soleil venait tout juste de disparaître derrière l'horizon lorsqu'ils arrivèrent enfin devant la maison Rockbell. Helena leva les yeux vers la construction, une main sur la hanche, appréciant la vue des alentours.
Il n'y avait pas à dire, la campagne de Resembool était vraiment ravissante. Les champs et les collines, les quelques maisons dont les cheminées fumaient de ci, de là, tout ceci avait son charme qu'elle savait juger à sa juste valeur. Les fenêtres de la bâtisse étaient éclairées, preuve que les occupantes étaient là et visiblement occupées. Les Elric étaient curieusement restés quelque peu en retrait, comme si quelque chose les effrayait. Helena aurait aimé savoir quoi- au moins savoir à quel type de menace ils avaient à faire, si menace il y avait- et n'avait certainement pas l'intention d'aller s'annoncer à leur place. Cela aurait été extrêmement déplacé de sa part, elle en était convaincue.
_ Et alors ? S'impatienta-t-elle. Vous avez l'intention de planter une tente ou quoi ?
_ Tu crois que c'est bien raisonnable Ed ? demanda doucement Alphonse sans bouger d'un poil.
_ Ben, va bien falloir y aller non ?
_ Elle va piquer une crise.
_ Comme d'habitude.
Edward poussa un soupir monumental qui tira à la grande brune un regard septique. Il s'avança finalement, son frère légèrement en retrait dans ce qui semblait être une posture de défense et le blond frappa doucement à la porte. Une série de jappements se fit soudain entendre, le canidé de l'autre côté du battant grattant furieusement le bois comme pour espérer y faire un trou.
_ Ca suffit Den ! Rhoo mais quel idiot ce chien ! Pousse-toi !
La porte s'ouvrit finalement sous les gémissements plaintifs de Den qui n'attendit pas une seconde de plus pour se jeter sur Edward, se faufilant dans l'entrebâillement. Une jeune fille blonde apparut sur le seuil, vêtue d'une salopette violette et d'un bandeau noir dans les cheveux. Ses yeux océan se posèrent sur l'armure à quelques pas du perron, puis sur la crevette blonde qui gesticulait en hurlant sous les coups de langue du chien.
Winry Rockbell laissa fuser une drôle d'expression en reconnaissant ces deux amis puis brandit soudain une clé à molette surgit de nulle part en direction de Den. Ce dernier avisa la menace et se recula précipitamment, pas fou, laissant le champ libre à l'adolescente qui en profita pour abattre l'outil sur le crane de l'ainé Elric.
_ Edward Elric, espèce de crétin ! Combien de fois t'ai-je dis de téléphoner avant de venir ? Tu crois quoi toi ? Que tu peux te pointer comme ça, sans rendez-vous ? Paysan !
Helena recula d'un pas sous la puissance de cri phénoménale et son instinct la mit automatiquement en garde. Par pure habitude, sa main se porta au niveau de sa poche droite, là où elle rangeait ses mitaines dans la doublure de son ample manteau de voyage. Elle n'eut pas le temps de les enfiler, encore moins de les sortir que déjà une petite vieille se profilait sur le pas de la porte, crachant une volute de fumée, pipe à la main.
_ Allons, allons, Winry du calme. Tu sais très bien comment sont les garçons. C'est gentil d'être passés.
_ On vient seulement pour une révision, corrigea Ed en se redressant sur un coude. Mal lui en prit car il se reçu un autre coup de clé.
_ Mais ça va pas non ? Hurla-t-il en se tenant la tête, une bosse sur en son sommet. Tarée !
Winry le menaça de nouveau.
_ Comment oses-tu dire ça Edward Elric ? Se lamenta-t-elle en prenant une pose tragique, digne des plus grands dramaturges. Une simple révision, est-ce seulement à cela que nous servons, Mamie et moi ?
_ Ben…
SBAF !
Edward retourna agoniser dans son coin et la grande blonde se tourna vers Al, ouvrant la bouche avant d'aviser la présence muette de la brune près de lui, qui n'en revenait pas. Winry rougit un peu et balança sa clé dans la tête d'Ed qui se relevait à peine.
_ Abruti ! S'écria-t-elle. Tu aurais dû dire que vous n'étiez pas seuls ! Bonjour ! Je suis Winry Rockbell, spécialiste en auto-mail à votre service !
S'en fut presque si elle ne bondit pas sur la jeune femme qui esquissa un pas en arrière avant de se raviser. Alors que la blonde déblatérait des propos rapides et forts peu élogieux sur Edward et son manque de courtoisie, le cadet Elric se pencha sur son frère pour l'aider à se remettre sur ses pieds. Edward grogna en se massant le front, ses yeux lançant des éclairs à son amie d'enfance qui piaillait comme une dinde en invitant Helena à entrer.
La brune affichait un air gêné et réticent, se mettant inconsciemment en arrière comme pour éviter d'entre plus que nécessaire en contact avec l'adolescente.
_ Finalement, soupira Al avec un sourire dans la voix. Ça c'est plutôt bien passé non ?
_ Ouais, je suis encore en un seul morceau mais bonjour la migraine…
_ Vous vous dépêchez oui ! Hurla leur douce et ravissante mécanicienne depuis le pas de la porte. Pinako eut un sourire derrière sa pipe et laissa entrer la joyeuse troupe. Non, ce ne serait pas la soirée calme qu'elle avait prévue avec sa petite fille.
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_ Humf, marmonna Winry en étudiant avec soin l'auto-mail d'Edward, lui tordant le bras en tous sens. Il a l'air d'être en bon état…
_ Qu'est-ce que tu crois ? Plaisanta le blond en réprimant une grimace de douleur alors qu'elle retournait le membre pour étudier les connexions. J'en prends soin !
Le regard qu'elle lui jeta lui fit froid dans le dos et il n'osa pas répondre encore une fois. Il fallait avouer qu'il n'avait jamais été très tendre avec son bras artificiel, le ramenant bien souvent en miettes à sa mécanicienne qui piquait alors des crises monumentales. Certes, elle avait une bonne raison mais était-elle obligée de lui coller une rouste en plus d'un sermon chaque fois qu'ils se voyaient ?
Le repas s'était déroulé dans la bonne humeur générale, Ed allant même jusqu'à oublier qu'une « emmerdeuse » siégeait à la droite de son petit frère et mangeait avec eux. Helena s'était présentée très brièvement face aux deux Rockbell et avait parfaitement capté les regards qu'elles s'étaient lancées lorsqu'elle leur avait dit qu'elle était Alchimiste d'Etat. En soit, ça n'avait rien de bien surprenant, nombreux étaient les gens qui détestaient les Alchimistes à la botte de l'armée. La jeune brune avait accepté de partager leur repas, avait répondu relativement succinctement à leurs interrogations, restant sur la défensive. Toujours assurer ses arrières, même en terrain « connu », s'était grâce à cela qu'elle avait pu se sortir de quelques situations périlleuses.
Sitôt le ragout engloutit par le ventre sur pattes qu'était Edward –Helena avait été sidérée de voir à quel point il était capable d'avaler autant de nourriture en si peu de temps, elle-même n'ayant fait que picorer dans son assiette –Winry s'était lancé dans une rapide inspection des membres artificiels de l'ainé Elric.
Pendant qu'elle « torturait » son ami, Helena laissait courir son regard sur les différentes parties de la pièce et jouait distraitement avec Den, qui semblait l'avoir à la bonne. Elle avait enfin laissé son manteau brun et portait une tunique de couleur bordeaux sur son pantalon en toile marron, un peu grisâtre. Son bras gauche pendait le long de son corps, inutile et déboité, Pinako lui lança un regard vaguement septique et inquiet.
_ Aahhh ! Hurla Winry en pointant le bras du blond du doigt. C'est quoi ça ?
Ed blêmit en se rappelant soudain ce qu'avait dit son frère dans le bureau de Mustang lorsqu'ils étaient partis, le matin même. Merde, il avait oublié cette foutue éraflure. Dans son coin, non loin de lui, Al se raidit en grinçant furieusement. Ouuuh…
_ Qu'est-ce que quoi ? Demanda innocemment le plus âgé des Elric en priant intérieurement pour qu'elle ne sorte pas la clé de 12. Trois fois dans une même soirée, c'était déjà bien assez.
_ Une rayuuuuuure ! Tu as fait une rayure sur mon magnifique auto-mail ! Monstre ! Comment as-tu pu ?
Helena sourit un peu. Si une simple rayure la mettait dans cet état, il valait mieux qu'elle ne voit pas sa propre prothèse. Depuis le temps qu'elle n'était plus passée voir un artisan pour une simple révision… Elle avait très vite apprit à bidouiller son auto-mail afin de gagner du temps lors de ses différentes missions au grand dam de son père, qui bien que n'y connaissant rien en mécanique, savait que cela n'était pas bon pour sa santé. Mais Helena avait toujours eu la fâcheuse tendance à faire comme elle l'entendait, aussi avait-il cessé de lui en faire la remarque depuis quelques années.
Le pauvre bras mécanique avait une sale tête, était rayé de partout et il lui était déjà arrivé de devoir le réenclencher elle-même. Ce qu'elle avait d'ailleurs envisagé de faire après son combat avec Kingston. Ce crétin avait forcé comme une brute sans cervelle et elle avait préféré tout miser sur la résistance de son bras plutôt que sa rapidité qu'elle lui savait inférieure. Elle avait peut-être un peu trop surestimé les capacités de sa prothèse sur ce coup-là. Enfin, cela n'était pas bien important, elle pouvait parfaitement pratiquer l'alchimie avec une seule main.
_ Montrez-moi donc votre bras Mlle Lewin, lança soudain Pinako en se levant de la chaise où elle se tenait, observant d'un air blasé sa petite fille et Ed qui se chamaillaient comme des enfants.
Helena releva la tête, surprise, se tirant brusquement de ses pensées. La petite vieille lui sourit et se planta devant elle. En haussant les épaules, ce qui lui tira une grimace d'inconfort, elle ôta sa tunique, se retrouvant du même coup en débardeur. La vénérable femme plissa des yeux et fronça les sourcils.
_ Eh bien. Pour un modèle ancien, s'en est un. Ces modèles ne se vendent pratiquement plus de nos jours.
Elle préféra se taire quant au travail d'amateur qui semblait avoir été effectué sur cette prothèse. Si elle en jugeait par les cicatrices dues aux brulures de la pose et qui se diffusaient comme une toile d'araignée de l'épaule jusqu'à la clavicule et mangeaient un peu son cou, l'opération avait dû être une véritable torture. Ou bien étaient-ce des cicatrices plus anciennes, résultats de la perte de son bras ?
Winry leva le nez de l'auto-mail d'Edward qui se pencha un peu, sa curiosité l'emportant, pour mieux voir la prothèse de la jeune femme. Al fit de même, restant bouche bée devant l'auto-mail. Le métal était patiné par le temps, éraflé en plusieurs endroits, terne et fatigué. Les articulations grinçaient un peu, de la poussière s'était glissée dans les engrenages complexes et grippait le mécanisme interne. Les fils étaient à peine protégés et quelques pièces semblaient manquer. En un mot comme en cent, cet auto-mail était une véritable épave.
Helena eut un sourire qui sembla un peu forcé, visiblement gênée et mal à l'aise. Al ne comprenait pas, avec un salaire comme celui des Alchimistes d'Etat, elle avait largement de quoi se payer une prothèse digne de ce nom. Pinako enleva un peu de sable logé entre deux plaques de fer.
_ Hum…Depuis combien de temps n'êtes-vous pas allée le faire réviser ?
_ Je n'ai pas souvent l'occasion de le faire. La dernière fois doit remonter à un ou deux ans.
_ Vous le manipulez vous-même ?
_ On a pas toujours un artisan d'auto-mail sous la main, sourit Helena. Je vous le déboite ?
Et sans attendre la réponse, elle porta la main à son épaule, pressa une partie de métal et déverrouilla une sécurité dissimulée dessous. Dans un « clac » sonore, le bras se décrocha du port et tomba sur les genoux de la jeune femme qui le tendit à la doyenne. Pinako eut l'air surpris mais ne dit rien et prit le membre sans un mot.
_ Depuis quand avez-vous un auto-mail Mlle Lewin ? demanda Al pour briser le silence un peu gênant qui s'était installé dans la pièce. Helena se tourna vers lui. Elle se passa une main dans les cheveux, les démêlant au passage. Den en profita pour jouer avec une de ses mèches qui pendait devant son nez.
_ Depuis mes 12 ans. Quand le Colonel Mustang m'a recueilli, j'ai pu me faire opérer, ça va bien faire 7 ans maintenant.
_ Wha, vous avez été opérée jeune !
_ Il me semble que je ne suis pas la seule dans ce cas. Elle lança un regard appuyé à Ed qui se renfrogna et reporta toute son attention sur Winry.
_ Quand est-ce que tu pourras me changer tout ça ? Demanda-t-il d'un ton un peu abrupt qui n'échappa à personne. Alphonse aurait réellement voulut lever les yeux au ciel et se contenta d'un soupir de désespoir. Lui et sa rancune alors…
La blonde se tourna vers lui, outrée qu'il lui parle si sèchement mais le fit pas remarquer, consciente que quelque chose n'allait pas. Pour tout avouer, elle aussi avait un peu mal à l'aise en présence la jeune femme. Trop silencieuse, trop étrange, elle semblait tellement méfiante aussi et son regard dur ne donnait vraiment pas envie de la connaitre d'avantage. Il se dégageait d'elle une mélange de crainte et de froideur qui n'avait vraiment rien d'engageant.
_ Il s'agit juste de changer les pièces extérieures pour les protéger des conditions climatiques. Avec une huile spéciale contre le froid, il ne devrait pas y avoir de soucis majeur. D''autant plus que la région dans laquelle vous allez n'est pas parmi les plus froides d'Amestris. Ceci dit, avec l'hiver qui arrive…
_ Nous avons un train qui part demain soir pour le Nord-Est, informa Helena en retirant ses cheveux de la gueule de Den. Est-ce que ce sera prêt à temps ?
_ Oui, largement, les rassura Pinako, déjà penchée sur le bras de l'Alchimiste du Vent. Bien que le vôtre risque de prendre un peu plus de temps. Nous allons commencer ce soir. Winry ? Va donc chercher une jambe de rechange pour Ed.
La blonde s'exécuta alors que son ami se lamentait.
_ Oh, non, je déteste ça ! Marcher avec ces prothèses d'attente c'est horriblement désagréable.
_ C'est juste pour la soirée et demain matin Ed, fit remarquer le plus jeune.
_ Mlle Lewin ? Appela soudain la vieille depuis son établi, dans un coin de la pièce. Ces marques sur la paume de votre auto-mail…
_ Un cercle de secours, répondit rapidement la jeune femme en se levant pour la rejoindre. Pour mes transmutations. Si vous pouviez éviter de l'effacer…
_ Vu comment il est gravé, je pense que pour l'enlever il faudrait changer toute la pièce. Bon les jeunes ! Y a des chambres à l'étage, allez-vous coucher. Les garçons, vous connaissez la maison. Mlle Lewin, on vous héberge pour la nuit y a suffisamment de place. Al va vous montrer.
_ Vraiment ? Ça ne vous dérange pas ?
_ Bien évidemment que non ! s'exclama Pinako en fixant la demoiselle comme si elle avait dit une énormité. La surprise sur les traits de la jeune femme l'étonna. Que pensait-elle ? Trouver un hôtel à cette heure, à Resembool en plus ? Helena la remercia posément, s'inclinant un peu avec respect et la vieille femme les envoya se coucher immédiatement. Winry marmonnait dans son coin comme quoi ça allait lui prendre une bonne partie de la nuit et Ed clopinait difficilement avec sa jambe de rechange.
Il gravit difficilement l'escalier à tel point qu'Helena, pleine de sollicitude et soucieuse malgré tout, de garder une bonne entente dans le groupe qu'ils allaient devoir former (c'était d'ailleurs plutôt mal parti), le suivit gentiment et lui proposa son bras droit pour s'appuyer.
_ Tu veux que je t'aide ?
Ed se tourna vers elle sur sa marche, fronçant les sourcils. Il n'y avait pas la moindre trace de moquerie dans la voix de l'Alchimiste et son sourire en coin n'avait rien de sarcastique. Le jeune blond ne le perçu toutefois pas et resta d'avantage bloqué sur le fait qu'elle lui proposait de l'aide, comme si elle le considérait comme étant diminué et handicapé au point de ne pas pouvoir monter trois marches.
_ Merci mais ça ira, déclara-t-il d'un ton sec en se détournant. Helena soupira et le laissa monter jusqu'en haut sans rien faire.
_ C'est inutile de me parler sur ce ton, remarqua-t-elle alors qu'ils se trouvaient sur le palier. Ce n'est pas parce que tu te montres désagréable que je vais partir et te laisser en paix. Le Colonel m'a donné une mission et je compte bien la remplir, avec ou sans ta bénédiction.
_ Ah oui ? Eh bien dans ce cas, pourquoi tu ne pars pas seule ? Après tout, vu ce qu'il nous demande, on n'a pas besoin de deux Alchimistes d'Etat là-bas.
_ Qu'en sais-tu ? Roy doit avoir ses raisons et en tant que notre supérieur hiérarchique, nous devons lui obéir. Si tu ne supportes pas qu'on te donne des ordres Fullmetal, il ne fallait pas s'engager dans cette voie-là.
Edward aurait aimé lui rétorquer qu'il n'avait pas eu le choix, que s'il faisait ça, c'était pour retrouver le corps de son frère mais il se retint. Il ne pouvait pas lui en parler et il n'avait pas à justifier ses choix devant elle.
Sans un mot, il la toisa durement avant de filer à l'autre bout du couloir et entrer dans la chambre qui leur été toujours réservée, à Al et lui. La grosse armure arriva à cet instant derrière Gust qui sursauta un peu et le laissa passer. Son heaume sans émotions se pencha vers Helena.
_ Vous savez, Ed est parfois un peu brutal et pas très délicat, mais c'est vraiment quelqu'un de très gentil, assura-t-il en l'invitant à le suivre.
_ Il ne semble pas apprécier le fait que ce soit moi qui dirige cette opération…
_ On a toujours agit en duo, alors il n'a pas l'habitude de devoir s'en remettre à quelqu'un d'autre que lui-même.
_ Il va devoir s'y faire pourtant. Je veux bien y mettre du mien pour améliorer nos relations mais il ne faut pas non plus que cela reste à sens unique.
Alphonse hocha la tête, entièrement d'accord. Il poussa la porte de la chambre de la jeune femme, juste à côté de la leur.
_ Je vais essayer de lui parler si vous voulez.
Helena le remercia d'un sourire et il la salua en lui souhaitant une bonne nuit. Elle fit de même et l'interpella avant qu'il ne referme la porte.
_ Alphonse.
_ Oui ?
_ Vraiment… j'aimerais que tu m'appelles Helena. J'ai l'âge d'être ta sœur, pas ta mère.
La grosse amure parut gênée, se dandinant d'un pied sur l'autre, ce qui amusa grandement la jeune femme qui se garda bien de faire le moindre commentaire, de crainte de le vexer. Oh, Helena n'avait pas un sale caractère et n'était pas du genre à se moquer, contrairement aux apparences qu'elle avait tendance à donner. Ses quelques escarmouches avec Edward n'étaient finalement que le fruit de sa fatigue et de sa mauvaise humeur, sans doute dû à la douleur de son auto-mail, bien moins supportable qu'elle ne l'avait cru.
Elle était quelque part comme un animal craintif qui tente de mordre et devient agressif lorsqu'il a mal ou bien se sent en position de faiblesse. Et elle savait pertinemment qu'Edward agissait d'une manière très similaire. Ses insultes et ses regards venimeux à son encontre en étaient la preuve.
_ Bonne nuit Alphonse.
_ Bonne nuit Mlle Le…Helena.
La porte se referma sur un sourire et Al gagna la chambre qu'il partageait avec son frère sans un mot de plus.
Lorsqu'il débarqua dans la pièce, il ne s'attendait guère à trouver Ed allongé sur son lit, les bras croisés derrière la nuque et fixant le plafond de ses yeux grands ouverts. D'ordinaire, son grand frère insistait toujours pour veiller avec lui, sous couvert de leurs recherches qui lui fournissaient un excellent prétexte pour ne pas le laisser seul. Edward savait depuis longtemps le désespoir qui envahissait son cadet chaque fois que le silence pesant de la nuit tombait sur lui et bien entendu, chaque fois il s'en voulait et se maudissait en silence.
Car si son petit frère passait ses nuits dans la solitude la plus étouffante, c'était bien de sa faute, grand frère indigne qu'il était, et il se devait de réparer ceci, de n'importe quelle manière. Aussi avait-il pris l'habitude de veiller jusqu'à une heure indécente, afin de tenir compagnie à son frère le plus longtemps possible. Combien de fois Al s'était battu pour que son abruti d'ainé trop soucieux aille finalement se coucher et prendre le repos dont il avait besoin ? Ce soir cependant, Al sentait qu'il n'aurait pas à lutter. Pas de façon violente en tout cas.
L'énorme tas de ferrailles s'assit en grinçant sur le lit d'en face, qui s'affaissa sous son poids. Ed tourna la tête vers lui, délaissant le plafond pour le fixer et lui offrir un sourire doux et tendre. Il désigna ses couvertures et sa tenue d'un geste de la main.
_ T'as vu ça ? S'enquit le plus vieux, enjoué. Même pas besoin que tu me cries dessus pour que j'aille me coucher. Elle est pas belle la vie ?
_ Merveilleuse. C'est le fait que Winry t'ait balancé trois clés de 12 dans la tête ce soir qui t'a rendu plus raisonnable ?
_ Ah ah, mort de rire.
Alphonse eut un sourire mental qu'il déplora de ne pas pouvoir inscrire sur son visage. Il se contenta d'un léger bruit amusé, entre rire étouffé et exclamation, avant de se caler plus confortablement sur le plumard, faisant dangereusement grincer le sommier.
Un silence apaisant se posa sur les deux frères qui n'éprouvaient aucunement le besoin de le briser, se laissant bercer par les sons de la nuit qu'ils percevaient par-delà leurs fenêtres closes et les bruits des outils dans l'atelier des Rockbell.
En entendant le tintement du métal, Edward eut un pincement au cœur. Une fois de plus il obligeait sa presque sœur et sa grand-mère à travailler, se privant de sommeil pour lui et il se sentit coupable. Cela semblait beaucoup lui arriver ces derniers temps et il avait peur de constater qu'il finissait par s'y habituer. Se sentir coupable, être coupable, devenir un fardeau pour tous ceux qui l'entourent, trainant le sien avec tant de difficultés.
Le jeune blond soupira, épuisé plus mentalement que physiquement. Il fallait avouer qu'il avait de quoi soupirer de désespoir. Après tout, sa vie n'était qu'un vaste enchainement de catastrophes et de malheurs et il avait toujours le chic pour entrainer les êtres chers à son cœur dans son sillage.
Depuis des années qu'il poursuivait un mythe, une chimère sans forme, pour essayer de réparer ses fautes, il se sentait doucement lâcher prise. Tout ceci était bien trop dur à encaisser et cela faisait trop longtemps qu'il se taisait et supportait en silence tous les remords, la douleur, la souffrance qu'il éprouvait.
Leur dernière vadrouille ne les avait menés nulle part, une fois de plus et Edward avait été plus que déçu, plus que désespéré de voir qu'une nouvelle piste s'envolait sans lui donner d'indices. Il doutait alors, de réussir à rendre à Alphonse, le corps qu'il avait perdu par sa faute.
Edward était fatigué. Vraiment. Et cette mission dans le Nord ne l'enchantait pas une seule seconde. D'ordinaire, il se pliait aux ordres sans rechigner –juste un peu pour la forme –mais c'était un réel plaisir que d'aider les autres grâce à l'Alchimie.
Cette fois ci, il n'avait pas envie d'aider mais seulement de rester là, avec sa famille, et profiter de quelques moments sans soucis, sans peur ni angoisse, sans douleur ni découragement.
Evidemment, prendre cette pause pourtant méritée ne lui était pas accordé. Non seulement il allait se les geler dans un trou paumé du Nord-Est mais en plus il allait se trainer dans les pattes, la fille de Mustang. Haut les cœurs.
Un nouveau soupir, plus profond que le précédent, passa les lèvres de l'Alchimiste qui se demandait vaguement quand son cadet allait lui en faire la remarque. Cela ne tarda pas, bien entendu, mais Alphonse l'interpella d'une façon bien étrange, sans réel rapport –du moins selon lui –avec la situation présente.
_ Dis Ed, pourquoi tu n'aimes pas Mlle Lewin ?
Rien à faire, Alphonse persistait à l'appeler par son nom et dans sa chambre, l'interpelée se retourna dans son lit en grognant, endormie. Ed se redressa un peu, surpris par la question et totalement pris de court. Finalement, le blond se reprit et s'assit en tailleur sur son lit pour faire face à son frère.
_ Je te l'ai déjà dit je ne lui fais pas confiance.
_ Pourquoi cela ? Insista le cadet. Il va falloir que nous collaborions, comment veux-tu mener cette mission à bien si tu ne lui adresses pas la parole ? Tu sais qu'elle fait des efforts ?
_ Des efforts de quoi ? Et qu'en sais-tu d'abord ?
_ Elle me l'a dit.
_ Et tu dis amen à toutes ses paroles, bien entendu.
Alphonse haussa ses larges épaules d'exaspération sous le ton méprisant et presque en colère de son ainé.
_ Qu'est-ce qui ne te plait pas chez elle ? C'est le coup de la porte, c'est ça ? Franchement, tu as passé l'âge de bouder comme un enfant !
_ QUI C'EST LE…
_ Chhhuuuut voyons ! Pas si fort, tu vas réveiller tout le monde.
_ La seule qui doit pioncer à cette heure-ci, c'est Gust et je me contrefiche de la réveiller ou non.
_ Ed… franchement je ne comprends pas, on dirait que tu lui en veux. Ce n'est pas elle qui a choisi de venir avec nous en mission tu sais.
Ed ouvrit la bouche, prêt à le rabrouer puis se ravisa. Oui, en vérité c'était cela, il lui en voulait d'être là, avec eux, s'immisçant sans le savoir dans la relation qu'il entretenait avec son frère. Ed savait bien qu'elle n'avait aucune mauvaise intention et qu'elle était ici seulement parce qu'on le lui avait ordonné, mais Al et lui avaient toujours fait la route ensemble, avait affronté leurs ennemis tous les deux, avaient sauvé des vies tous les deux. L'arrivée d'une tierce personne avait de quoi bouleverser pas mal de ses repères. Surtout quand la personne en question était la fille de Mustang, avait l'âge d'être sa sœur tout en lui étant supérieure d'un point de vue hiérarchique.
Edward tiqua sur cette dernière pensée. Helena s'était immédiatement imposée comme « chef » de groupe et Ed n'avait pas vraiment cherché à remettre ce fait en cause pour la principale raison qu'elle était plus vieille que lui. Plus vieille en âge, certes, mais qu'en était-il de son ancienneté au sein de l'armée ?
Elle n'était pas très âgée pour être Alchimiste d'Etat et lui-même était considéré comme étant le plus jeune de la profession. Entrer dans cette « élite » n'était pas chose aisée et il fallait être extrêmement doué pour pouvoir en faire partie. Vue la prestation qu'elle leur avait offerte en début de matinée, il était clair que Gust y avait sa place mais depuis combien de temps ? Les plus jeunes Alchimistes avaient entre 18 et 20 ans, l'âge légal pour s'engager dans le corps militaire étant de 16 ans.
Si les indications qu'elle leur avait fournies étaient exactes, elle avait aux alentours de 19 ans. Théoriquement parlant et à supposer qu'elle avait passé son examen à 16 ans, il avait plus de pouvoir qu'elle sur la question de l'ancienneté.
Alors qu'est-ce qui le poussait réellement à suivre ses ordres ? C'était finalement ça, qu'il ne supportait pas.
_ Ed ?
La voix de son cadet tira Ed de ses réflexions mathématiques et tordues.
_ Ce n'est rien, le rassura-t-il d'un signe de main et d'un sourire. Je me demandais juste quand Gust avait passé son examen d'entrée.
_ C'est vrai que je me suis aussi posé la question; elle est très forte. J'aimerais bien voir le type de cercle qu'elle utilise.
_ Eh bien tu n'auras qu'à lui demander demain, railla Ed en se laissant retomber sur le dos avec un sourire moqueur. Je ne sais pas si le Colonel appréciera que tu fasses du gringue à sa fille mais…
_ Mais je ne lui fais PAS du gringue ! Arrête de dire ça, tu es agaçant !
Ed ricana de la colère et de la gêne de son petit frère qui se tourna pour lui faire dos, boudant dans son coin, les bras croisés.
_ Oh allez, je te charrie, c'est tout. Tu vas pas en faire un fromage dis.
_...Humf.
Edward poussa une exclamation vaincue et abandonna la partie, se roulant en boule dans son propre lit, lui souhaitant bonne nuit. Ce ne fut que quelques minutes plus tard, lorsque de légers ronflements se firent entendre et qu'Alphonse se décida finalement à se retourner vers son frère qu'il s'aperçu que celui-ci avait encore réussi à détourner la conversation et ne lui avait pas répondu.
'Dis Ed, pourquoi tu n'aimes pas Mlle Lewin ?'
Je suis désolée d'avance mais le chapitre suivant risque d'être un peu long et pas très intéressant. Il y a toujours des "temps morts" dans une histoire et même s'ils donnent l'impression de ne pas servir à grand chose...comme je l'ai dit plus haut, ce sont les petits détails qui sont importants.
Une de mes amies m'a récemment demandé pourquoi j'avais appelé mon personnage ainsi. Tout bêtement parce que j'aime beaucoup le prénom Helena et que mettre un deuxième prénom, je trouvais ça classe.^^ Et le "Lewin", vint tout bêtement d'une des figures que j'ai étudié dans mes cours de psycho.( que j'ai trouvé relativement récemment. Elle en a eu des noms de famille louches, la pauvre Helena.)
Voila, je vous laisse donc et je vous remercie de votre lecture. Surtout n'hésitez pas à cliquer sur le bouton review et a me laisser un petit quelque chose. Ca prend 5 minutes et ça fait toujours plaisir. Merci.
