Bien le bonjou rà vous! Eh oui, après un silence, je me suis dis qu'il fallait quand même que je poste quelque chose, histoire de vous montrer que je ne sui pas morte et que je pense encore à vous! Voila, j'avais dit que ce chapitre là ne serait pas super, super important alors...pardonnez moi!^^
Mais surveillez bien quand même, on ne sait jamais...
Meldy, une fois de plus je te remercie, tu es ma seule lectrice me laissant des reviews!^^ Eh oui, la nature d'Alphonse l'empêche d'être méchant et d'avoir des réflexions tordues. Ce n'est pas le cas de Ed, le pauvre, et Helena va lui donner encore de quoi penser pendant des heures. De quoi hurler aussi. Parce qu'elle n'est pas la fille adoptive de Mustang pour rien...
Sur ce, je vous remercie de vos encouragements, et vous laisse à votre lecture! N'hésitez pas à poser des questions, me donner vos impressions ou autres suggestions sur ce qui est à faire, à refaire ou ce qui vous semble correct, incorrect, bref! Ce que vous en pensez quoi! Y a que comme ça que je peux progresser.
Contrairement aux prédictions d'Edward, qui affirmait que même adoptive, Gust restait la fille de Mustang et qu'il avait dû lui apprendre l'art de la fainéantise et de la paresse, la jeune femme était déjà levée lorsqu'ils débarquèrent, son frère et lui, dans la cuisine. Debout devant la fenêtre, elle était habillée et scrutait le dehors, passant machinalement sa main dans ses cheveux dénoués. Les frères Elric avaient rarement vu une telle tignasse, même Winry qui se targuait d'avoir les cheveux longs, ne lui arrivait pas à la cheville.
Sitôt un pied posé dans la pièce qu'elle pivota vers eux, clairement sur ses gardes et aux aguets.
_ Oh, c'est vous.
Ed dû se faire violence pour ne pas lui lancer un cinglant mais ô combien jouissif : ' bien sûr que non, c'est le Führer en personne'. 'Pauvre tache'. La présence de son frère dans son dos le retint il n'avait aucune envie de se prendre une « pichenette » de la part de son cadet pour s'être montré grossier de si bon matin. Sans un mot, il s'installa à table où étaient disposées toutes sortes de mets, Alphonse prenant difficilement place en face de lui, grinçant furieusement.
_ Vous avez bien dormi Mlle. Helena ? demanda-t-il poliment, s'attirant un drôle de regard de la part du plus vieux. Depuis quand Alphonse appelait-il la fille de ce bâtard de connard de Mustang par son prénom ?
'Va falloir que je surveille ça moi… Purée ! Il va devenir comme lui ! Oh pitié, tout mais pas ça, Al est bien trop innocent pour se transformer en…en…'
Ed n'arrivait même pas à trouver le mot adéquat. Helena le fixa un bref quart de seconde avant de répondre par l'affirmative. Ed leva le nez de son bol de café pour l'étudier discrètement, notant que tous les traits de son visage semblaient leur hurler « MENTEUSE ! ». Des cernes violacés ourlaient ses yeux ardoise légèrement éteints, preuve que la nuit n'avait pas été si bonne que ça. Bien que son teint mat ne lui permettait pas de l'affirmer avec précision, le Fullmetal aurait juré qu'elle était un peu pâle, voire presque jaunâtre. Se pourrait-il que quelqu'un ait entendu ses prières et l'ait exaucé ? S'il n'était pas athée, il aurait presque pu y croire.
_ Winry et Pinako ne sont pas là ?
Le blond se détourna un bref instant de ses chères tartines à qui il avait décidé de faire un sort digne de ce nom et regarda rapidement autour de lui, constatant que son petit frère avait raison. Helena retourna à la contemplation du jardin, haussant les épaules.
_ Elles sont dans la pièce d'à côté. Du moins, c'est le cas de Mme Rockbell. Il semblerait que mon bras gauche ait posé quelques soucis.
Al se redressa vivement en grinçant tout ce qu'il pouvait, jetant un coup d'œil navré à son frère qui se bâfrait dans les règles de l'art et s'en foutait partout. Charmant garçon…
_ Ne vous en faites pas, la rassura-t-il, un immense sourire joyeux et enfantin dans la voix. Mamie est la meilleure en ce qui concerne les prothèses mécaniques. Ce sont elle et Winry qui ont posé les greffes d'Edward vous savez.
Alors que l'intéressé lui jetait un regard noir par-dessus son morceau de pain beurré, Helena eut un sourire que pas un ne vit, dissimulé derrière ses immenses mèches châtains.
_ Je n'en doute pas une seconde, répondit-elle avec une étrange douceur, fatiguée. Je n'ai pas encore eu l'occasion de voir le Fullmetal à l'œuvre mais je suis persuadée qu'elles ont su faire sur tes prothèses, un travail formidable.
Cela, elle l'évaluait très simplement à l'état dans lequel se trouvait l'auto-mail, la forme qu'il avait, les matériaux employés et la mobilité quasi-parfaite qu'avait le Fullmetal. Même après des années avec son membre froid et déglingué, Helena n'était jamais parvenu à le mouvoir avec autant de souplesse que son jeune collègue. C'était comme si le bras, et la jambe, elle l'avait notée la veille, ce qui l'avait intérieurement peinée –personne ne devrait se retrouver avec un tel fardeau, encore moins un adolescent –n'existaient pas vraiment aux yeux du jeune homme. Comme s'ils n'étaient qu'un prolongement, une partie de lui-même. Helena, elle, avait toujours vu son bras comme quelque chose d'étranger et parfois même de profondément repoussant.
La jeune femme soupira avant d'étouffer une légère quinte de toux. Nom d'un chien, cela ne s'arrangeait pas.
La porte de la cuisine s'ouvrit soudain avec fracas sur une grande blonde énergique qui brandissait avec un sourire à quinze mille volts, une magnifique clé à molette toute neuve et prête à l'emploi.
_ C'est prêt ! Chantonna Winry en sautillant dans la cuisine, excitée. Elle adorait montrer à Ed toutes les améliorations qu'elle avait apportées sur ses auto-mail. Certes, dans le cas ici présent, c'était relativement pauvre et basique mais cela ne gâchait en rien son petit plaisir. Surtout en connaissant la douleur de la reconnexion, qui lui permettrait de venger son cher bras métallique, horriblement défiguré par cette monstrueuse éraflure.
_ Tu veux pas attendre que je finisse de manger ?
_ Non, non, non ! C'est maintenant au jamais ! Il faut absolument que tu vois ça, je t'ai modifié l'articulation au niveau du coude, c'est génial !
_ Formidable, marmonna Ed, sans joie, tandis que son amie d'enfance sortait de la pièce en le trainant derrière elle.
Al leur emboita le pas, rapidement suivit d'Helena et de Den, qui la suivait partout. Amusée, Gust lui gratouilla les oreilles tandis qu'ils s'installaient dans la pièce à vivre. Elle n'avait jamais eu d'affinité particulière avec les animaux et préférait nettement les chats mais le canidé avec une bonne tête et son affection était attendrissante.
Winry blablatait sur tout et n'importe quoi cependant qu'elle installait ses petites affaires et qu'Ed, morose, prenait place sur la chaise qu'elle avait mis là. Oh joie, la reconnexion des nerfs artificiels était toujours un pur bonheur. Surtout que lui n'avait pas un auto-mail, mais deux. Double ration quoi.
La blonde positionna correctement son ami et attendit que sa grand-mère vienne la rejoindre dans le salon tout en expliquant les différentes modifications qu'elle avait apportées à la prothèse.
_ Alors là, tu vois, j'ai rajouté une plaque un peu plus épaisse, pour protéger du froid. Je pense pas qu'il neige là-bas mais dans le doute, j'ai changé quelques pièces internes les plus exposées pour qu'elles ne risquent rien.
Ed décrocha rapidement de son discours sans fin tout en faisant mine de l'écouter avec attention. Il excellait dans ce domaine grâce à de nombreuses heures d'entrainement lorsqu'il se rendait chez Mustang pour remettre ses rapports, ce dernier n'hésitant pas à lui faire toutes sortes de remarques plus désagréables les unes que les autres. Tandis que Winry, plus joyeuse que jamais, bidouillait encore quelques morceaux de fer, Pinako vint les rejoindre au salon en tenant le bras d'Helena. La jeune femme y jeta un discret coup d'œil, histoire de s'assurer que le cercle de transmutation qu'elle y avait gravé n'avait pas été altéré par les réparations. La doyenne s'assit à la table, mâchonnant le bout de sa pipe.
_ On peut dire qu'il m'a donné du fil à retordre celui-là, déclara-t-elle. Il était dans un état, c'est étonnant qu'il ne soit pas tombé en morceaux avant. Enfin, j'dirais pas qu'il est comme neuf maintenant mais c'est déjà mieux.
Helena la remercia humblement avant que la vieille ne lui demande de se mettre en T-shirt et de s'installer. La grande brune obtempéra sans rien dire, retenant une grimace. A l'instar du Fullmetal, elle détestait les reconnexions. Qui pouvait les apprécier de toute façon ? Elle s'installa sur une chaise non loin du blond qui le jeta un regard de défi, attendant le moment où Pinako reconnecterait son bras. Lui n'avait jamais crié, jamais hurlé et pourtant Dieu sait que l'opération était douloureuse. Il se disait bien souvent que sa force mentale –et sa fierté –l'empêchait de se laisser aller à la souffrance. Il devait être fort pour son frère, plus que n'importe qui. Ne pas montrer sa douleur lors de la pose de son auto-mail, c'était une manière de lui dire qu'il était solide, qu'il pouvait compter sur lui pour retrouver son corps, qu'il allait réparer ses erreurs. Qu'en était-il pour Helena ? Elle n'avait pas grand-chose à prouver et Ed attendant avec une sorte de curiosité sadique, sa réaction face à la reconnexion.
Le port d'attache de la jeune femme était plus ancien que le sien et visiblement construit sur un autre modèle qu'il n'avait jamais vu. Les bords étaient un peu usés et la plupart des fils entortillés entre eux. Mais le plus impressionant restait sans doute la cicatrice qui bordait le métal, plus foncée que sa peau et plus grande que la sienne, on aurait dit qu'elle datait d'avant le pose de l'automail. Ed se demanda vaguement où elle avait pu récolter une blessure pareille.
_ On y va ? Demanda gentiment Pinako qui avait vu sa patiente du jour se raidir au fur et à mesure qu'elle approchait avec son bras révisé. Helena paraissait bien pâle soudain et Ed ricana un peu intérieurement. Oh, elle pouvait faire sa fière, n'empêche qu'elle était comme tout le monde elle avait peur. Il fallait avouer qu'une reconnexion, en plus d'être douloureuse, avait de quoi impressionner.
La jeune femme hocha lentement la tête en déglutissant, mal à l'aise. Pinako fit les derniers réglages, positionna le bras et l'enclencha à peine avant de saisir la poignée qui devait reconnecter les nerfs artificiels entre eux. Helena ferma brièvement les yeux, serra les dents et souffla profondément. Ce n'était pas vraiment la douleur de la connexion qu'elle redoutait mais celle qui viendrait par la suite.
Lancinante et impossible à calmer.
Pinako se garda bien de la prévenir et enclencha le levier. L'effet de surprise restait le meilleur moyen à ses yeux pour abréger toutes les souffrances du patient, aussi bien d'un point de vue mental que physique. Helena se mordit les lèvres jusqu'au sang et se recroquevilla d'un coup, se tenant l'épaule et poussant un cri de souffrance un peu rauque. Surprise par le mouvement si brusque Pinako recula d'un pas, les mains inutilement levées.
_ Bakavãsa ! (*)
Helena tremblait de tout son corps, les yeux étroitement clos, la respiration sifflante. Telle une vague, la brûlure bien familière se répandit dans sa poitrine, la faisant suffoquer.
'Merde, merde, merde ! Faut que je respire, faut… faut que je sorte. De l'air. Putain allez ! Lève-toi !'
D'un mouvement saccadé, elle tenta de se mettre debout sous les yeux ahuris des autres membres de la pièce. Pinako réagit au quart de tour et pivota vivement vers Alphonse qui se tenait sur le canapé près de son frère, un peu choqué. Il ne s'attendait pas à ce que Gust réagisse de manière aussi bizarre et vive.
_ Al, va la mettre dans la pièce d'â coté, il faut qu'elle se repose. A nous deux maintenant Ed.
La grosse armure s'exécuta, ramassant au passage une Helena bien mal en point et disparu dans la chambre annexe, laissant son frère aux bons soins de ses amies. Il savait pertinemment qu'Edward serait à peu près aussi frais que la jeune femme d'ici quelques minutes.
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Il faisait chaud. Beaucoup trop chaud. Etouffant, oppressant. Mortel. Et cette brûlure, cette douleur, vieux relents à peine dissipés…
...Au commencement était le feu…
Helena se redressa en sursaut, la respiration chaotique et le corps couvert de sueur. La douleur dans son épaule la fit gémir et elle se ramassa sur elle-même, notant qu'elle se trouvait dans ce qui semblait être un lit, avant que le mal n'explose comme un feu d'artifice dans sa poitrine dévastée. Une quinte de toux la secoua toute entière, la privant d'oxygène pendant quelques secondes de panique totale.
'Me calmer, me calmer. Concentre-toi bordel !
Au prix d'un gros effort, Helena parvint à apaiser quelque peu sa brusque crise et se détendit sensiblement. Elle avait chaud, sans doute un peu de fièvre mais plus que tout elle avait affreusement de mal à se remettre les idées en place. C'était comme si quelqu'un s'était amusé à mélanger les images de sa mémoire en lui demandant de ranger les pièces du puzzle par la suite. Et dans son état, elle ne s'en sentait pas vraiment capable.
Un rapide coup d'œil autour d'elle cependant qu'elle se passait une main dans ses cheveux trempés de sueur, le coude appuyé sur ses genoux ramenés contre elle. Une chambre simple et silencieuse, dépourvue de toutes autres présences que la sienne. La seule fenêtre de la pièce était voilée par les rideaux et si elle en jugeait par la lumière qui filtrait à travers le tissu il ne devait pas être loin de deux heures de l'après-midi.
'Bon sang, j'ai dormi tout ce temps… le Fullmetal ne va pas se priver de m'en faire la remarque'.
Avec un soupir las, elle se redressa et posa prudemment les pieds sur le planché, se levant avec précautions. Elle avait déjà perdu connaissance une fois dans un cas similaire et faire une rencontre brutale avec le sol n'était vraiment pas pour lui plaire. Se rappelant à elle, son bras gauche la lança, lui priant gentiment de lui prêter un peu d'attention. Dans la faible lumière, Helena inspecta rapidement la prothèse, retraçant les contours du cercle de transmutation qu'elle avait gravé sur le métal un triangle composé de quatre autres, le trait en son milieu coupant en deux le premier cercle qui l'entourait. Le deuxième n'était là que pour apporter plus de puissance et cibler l'attaque avec plus de précision. C'était son père qui lui avait appris ça, enfin son père adoptif.
Ses doigts parcoururent lentement la surface de métal, essayant de deviner ce qui avait changé puis elle tenta quelques mouvements de base qui lui tirèrent une grimace d'inconfort. Cependant, le bras lui paraissait plus léger et plus maniable. Alphonse avait raison, Pinako faisait vraiment de l'excellent travail.
Helena fit encore jouer son bras un moment puis elle se décida à sortir de la pièce lorsque son estomac gargouilla. La sensation de brûlure au niveau de ses poumons s'était un peu atténuée mais ne s'en allait pas, persistant encore longtemps, elle le savait. Des éclats de voix dans la salle d'à côté lui firent dresser l'oreille et elle se dirigea lentement vers la porte qu'elle poussa avec douceur, ne voulant pas déranger les autres.
Personne ne remarqua sa présence tant elle fut silencieuse et elle s'en réjouit quelque part elle détestait être le centre d'attention et plus encore lorsqu'elle venait à interrompre un moment aussi convivial que celui-ci. Les Elric étaient attablés face aux Rockbell, la plus vieille tournant les pages d'un album photos, les trois autres riant et commentant les clichés qui s'offraient à eux.
_ Tu te souviens Ed ? Demanda Alphonse en se penchant par-dessus la table. C'était la fois où tu étais tombé dans la rivière en courant après un chat errant.
_ Ah oui, c'est vrai ! Tu étais revenu tout trempé et couvert de boue. Tu sentais horriblement la vase aussi !
Ed lança un regard noir à son amie d'enfance qui lui souriait de toutes ses dents, moqueuse. Le jeune blond était toujours en T-shirt et caleçon mais semblait avoir bien meilleure mine que sa collègue dont la vision avait un peu trop tendance à tanguer. Décidemment, ce garçon était plein de ressources, Helena connaissait très peu de personnes capables de se montrer aussi résistantes à la douleur.
Ce fut Den qui interrompit cette joyeuse réunion familiale en se précipitant sur Helena en aboyant. Presque aussitôt, tous les regards convergèrent dans sa direction et Gust su à celui que lui adressait Edward, qu'il lui en voulait désormais deux fois plus. Il fallait avouer qu'elle n'avait rien fait pour partir sur de très bonnes bases avec lui elle commençait d'abord par le snober royalement, insinuant au passage –mais cela, elle ne le savait vraiment pas- qu'il était « petit », ensuite elle se montrait distante et désagréable simplement parce qu'il l'était avec elle –comme quoi, elle avait beau avoir 4 ans de plus quel lui, elle se demandait qui était le plus mature des deux- et enfin elle le surprenait dans une situation qu'on aurait pu qualifier d'attendrissante, alors qu'il baissait la plupart de ses barrières émotionnelles et affectives.
Autant dire qu'il n'était pas près de lui pardonner une telle fourberie. Parce que pour le jeune blond, cela ne faisait définitivement aucun doute Lewin le faisait clairement exprès et comme son père, s'amusait à le rabaisser à tout point de vue. Salope.
Alphonse se leva en grinçant horriblement dans le brusque silence à couper au couteau qui venait de tomber sur l'assistance médusée. Si les autres n'avaient pas développé la théorie du complot comme semblait le penser Ed, ils devaient bien avouer que la situation était un brin gênante. Helena en était la première à l'admettre. C' est pourquoi elle s'excusa platement en s'inclinant un peu.
_ Je vous prie de me pardonner, je ne voulais pas vous déranger.
Ce simple mouvement fit protester son pauvre dos et elle grinça des dents sous la vague de douleur qui manqua de la scier en deux. Reprenant lentement son souffle, elle fit mine de s'en retourner à sa chambre quand Pinako se leva à son tour, un peu étonnée de sa réaction inattendue. Du peu qu'elle en avait vu et de ce que les garçons lui en avaient dit, Helena Lewin ne semblait pas du genre à se montrer si humble et intimidée. On aurait davantage dit d'elle qu'elle était forte et déterminée, un peu insensible et asociale sur les bords mais certainement pas contrite comme à l'instant.
Pourtant, Helena n'était pas de nature bien belliqueuse et cherchait rarement à s'imposer, autant comme chef d'équipe que dans la vie courante. Beaucoup de ses collègues auraient pu en témoigner ainsi le Major Lewin était une fille solitaire et effacée dont on oubliait facilement la présence. La preuve, si Den ne l'avait pas remarquée, personne ne l'aurait fait avant qu'elle ne se racle la gorge pour signifier qu'elle était là.
Et encore, elle détestait par-dessus tout se faire remarquer, il aurait davantage probable qu'elle se soit tut en attendant simplement que quelqu'un porte son regard vers elle. Dire que malgré ses tendances au silence, elle était à la tête de nombreuses expéditions diplomatiques à travers tout le pays.
_ Y a pas de mal, lança la vieille dame en lui faisant signe d'approcher. Cette gamine trop vite grandie lui faisait presque pitié, on aurait dit une petite fille redoutant de se faire gronder. Venez donc vous assoir, comment va votre bras ?
Helena hésita un peu, se sachant de trop dans cette petite famille. Oh, elle savait pertinemment que les Rockbell et les Elric n'avaient aucun lien de parenté, cependant, ils étaient si unis et se connaissaient depuis si longtemps que la question ne se posait pas vraiment. Helena avait lu les dossiers concernant Edward, chose qu'elle faisait toujours lorsqu'elle devait travailler avec ou sur quelqu'un, et connaissait par-là un peu l'histoire des Rockbell. Le nom d'ailleurs ne lui était pas inconnu et elle était persuadée de l'avoir déjà entendu quelque part sans réussir à se souvenir où.
Den tira sur sa manche pour l'inciter à venir –quelle brave bête ce chien– et la jeune femme prit place près d'Alphonse qui s'était gentiment levé pour lui donner sa chaise, pouvant parfaitement rester debout compte tenu de son corps qui ne craignait pas la fatigue. Pas la fatigue physique du moins.
Le cadet des Elric aimait bien la brune, même sans la connaître depuis très longtemps. Il était persuadé, avec sa gentillesse et sa naïveté dont il ne pourrait sans doute jamais se défaire, qu'Helena était une personne bien, qu'elle était là pour les aider dans cette mission et qu'il pouvait lui faire entièrement confiance comme il le faisait avec Mustang. N'était-elle pas sa fille ? Il n'avait rien à craindre de sa part, il en était persuadé.
Winry partageait silencieusement l'avis d'Alphonse. Bien qu'il lui soit difficile de se faire une opinion en si peu de temps mais sa première impression sur Helena avait évolué, Dieu soit loué, dans le bon sens. De plus, la mécanicienne avait jeté un œil sur la prothèse du Major, en avait constaté l'ancienneté et le travail soigneux qu'elle avait tenté de lui apporter, toute amateur qu'elle était, et rien que pour cela, elle pouvait dire qu'elle appréciait Helena Lewin. Parce qu'un auto-mail comme celui-ci on en croisait pas tout les jours et c'était une aubaine qu'elle est pu voir un tel modèle.
Pinako même trouvait la jeune femme sympathique. Certes, elle s'était montrée relativement réservée lors du repas de la veille et n'avait pas souvent ouvert la bouche. Cependant il y avait chez elle quelque chose qui lui rappelait curieusement son fils, un mélange de douceur et presque de tristesse. La mécano avait bien vu dans ses yeux couleur ardoise que cette petite avait elle aussi, subit quelque chose de terrible qui l'avait... transformée.
Non, en fait, le seul à ne pas pouvoir la supporter c'était Edward. Pour lui, il semblait qu'il n'y avait rien à faire Helena était la fille de Mustang, elle était comme son père, il détestait Roy, donc il détestait Gust. Y avait pas plus simple que cela et c'était par pur principe qu'il se refuser à lui adresser la parole pour tout autre chose concernant la mission, ne cherchant surtout pas à la connaître davantage. Et puis quoi encore, elle espérait sincèrement faire ami-ami avec lui ?
Helena hocha la tête en levant sa greffe métallique pour que la doyenne puisse constater par elle-même que tout allait bien. Du moins, que tout allait aussi bien que possible, fallait pas non plus trop en demander.
_ C'est parfait, approuva la brune avec un sourire de remerciement. Je n'ai jamais eu autant l'impression que mon auto-mail ne pesait trois fois rien. Vous avez fait des prouesses Mme Rockbell.
_ Je n'ai fait que mon travail, petite. Winry, va donc chercher de quoi manger à Mlle Lewin, vu sa tête, je crois qu'elle en a besoin.
_ Ne te dérange pas Winry, proposa Al avec un sourire mental qu'il aurait adoré pouvoir afficher. Je vais y aller, je suis déjà debout.
Il disparut dans la cuisine et revint quelques minutes plus tard avec un bol de café et une assiette de boulettes de viande et du riz. Helena le remercia gentiment et commença à manger, mal à l'aise d'être la cible d'autant de regards. Est-ce que c'était si exceptionnel que cela de la voir manger ? Elle admettait volontiers qu'elle avait un appétit de moineau mais tout de même… inutile de la surveiller pour s'assurer qu'elle finissait bien son assiette.
Winry finit par rompre le silence pesant qui s'était de nouveau installé sur la table, seulement troublé par le raclement des couverts de la brune.
_ Et… ça consiste en quoi cette mission dans le Nord-Est ?
Helena leva le nez de son plat et coupa Ed dans son élan d'une voix catégorique et presque froide.
_ Désolée mais ce sont des affaires concernant l'armée, c'est confidentiel.
Dire que le plus vieux des Elric vit rouge était un euphémisme. Mais nom de Dieu pour qui elle se prenait cette pétasse pour parler ainsi à son amie d'enfance ? La blonde parut un peu déçue mais comprenait cependant qu'Helena ne puisse pas s'étaler plus que cela. Après tout, Ed et Al lui racontaient très rarement ce qu'ils faisaient pour le compte de l'armée. Dans un sens, peut-être préférait-elle ne pas savoir, elle n'avait jamais porté les militaires dans son cœur.
_ Le train part dans deux heures, informa Alphonse de manière relativement anodine. Son intervention sauva d'ailleurs Ed d'une implosion imminente et permit de désamorcer la bombe qu'il était devenu et ne demandait plus qu'à péter joyeusement au visage de Gust. On aura tout juste le temps de passer voir maman avant de faire nos valises. Helena releva la tête, notant l'emploi d'un pluriel imprévu dans son programme.
_ Je suis navrée Alphonse mais tu vas devoir rester ici.
Pour la seconde fois en moins d'une demi-heure seulement, tous les regards se braquèrent sur Gust qui s'était très légèrement redressée sur sa chaise, déterminée.
(*), ça, c'est ce qu'on appelle du traducteur internet (plus particulièrement google), du coup je ne sais vraiment pas si c'est correct. J'ai essayé de prendre différents traducteurs et autres dico mais... la traduction qu'on m'a offert s'apparente donc à "saloperie", dans le genre; cette merde fait un mal de chien. Si ça vous amuse de trouver la langue qu'elle utilise, allez y...
Eh bien, on peut dire qu'elle ne va pas se faire aimer cette petite Gust! Séparer les Elric, mission impossible? Suite et réponse au prochain chapitre!^^
Merci encore de la lecture et des reviews.
