Bonjour à vous tous! Alors je suis désolée de l'attente, seulement je saturais un peu et j'ai eu comme un trou, un blocage. C'est mon défaut quand j'écris, je ne fais que des bouts et ensuite, je raccorde. Sauf que là, j'étais à court de raccords, chose embêtante. Breeeeef! Je remercie les lecteurs et les revieweurs. Je m'excuse s'il ya des fautes, mais je viens juste de finir ce chapitre et, heum, j'ai relu très, très rapidement. En grande diagonale.
Je suis navrée si le rythme de l'histoire est lent, mais c'est comme ça. S'il n'y a que ça, je peux essayer de faire des chapitres plus long pour faire en sorte que cela paraisse moins lent. Mais dans ce cas là, la vitesse de post' s'en trouvera grandement ralentie elle aussi.
J'vous embête plus, bonne lecture!
Edward se pencha sur le côté, le nez contre la vitre pour regarder la ville de Ravenberg qui leur offrait ses « merveilles ». Malgré sa silhouette austère et son ombre menaçante, le village en lui-même n'avait rien de bien particulier. Beaucoup moins sordide que la bourgade de Vernes, cela allait sans dire, les maisons semblaient relativement âgées tout en restant en parfait état, bien entretenues. Ce qui étonna d'ailleurs Helena, la plupart des bâtisses étaient pourvus de petits jardinets pour le moins charmants. Ce n'était pas comme si on cultivait le touriste dans cette région.
Ravenberg était plus vaste qu'elle n'y paraissait au premier abord. Une large voie centrale la traversait de part et d'autre, goudronnée de bout en bout, et bordée de lampadaires plutôt chics. La seule avenue de la ville en vérité, où venaient se poser tous les bâtiments importants, aux façades joliment fleuries. La jeune femme ne tarda pas à trouver la mairie et gara habilement son véhicule sur le minuscule parking prévu à cet effet.
Helena n'était pas fâchée d'être enfin arrivée, rouler des kilomètres sans pause dans un brouillard humide et épais, avec à ses côtés un gamin ronchon et une armure muette…vivement qu'elle puisse se coucher dans un vrai lit, dormir 12h d'affilée et manger quelque chose de comestible. Parce que les sachets de pâtes et les cafés en poudre, merci bien.
Edward descendit le premier, avide de respirer l'air frais. Ce voyage l'avait tué, littéralement. Il n'en pouvait plus et n'aspirait plus qu'à s'éloigner de Gust le plus possible. La jeune femme vint se mettre près de lui, une main sur la hanche, observant le bâtiment blanc face à eux, visiblement désert et sans doute fermé. Evidemment, il aurait été trop beau que quelqu'un les attende gentiment. Ed gronda, irrité, puis sa patience légendaire prit le relais et il marcha fermement vers l'édifice. Ne prenant même pas la peine de vérifier si quelqu'un se trouvait à l'intérieur, il se mit à frapper énergiquement sur les portes vitrées. D'abord avec la main gauche, puis n'obtenant aucune réponse, avec la droite.
_ Oh ! Y a quelqu'un ! Ouvrez nous, on les Alchimistes d'Etat d'East-City !
_ Crie le plus fort, ironisa Helena en levant les yeux au ciel. Tout le quartier n'a pas entendu.
Ignorant sa réplique, Edward continua à frapper. La brune soupira, navrée et tandis qu'Alphonse se dirigeait vers son frère pour tenter de le raisonner, elle balaya la place où ils se tenaient d'un regard circulaire. Une petite maison se tenait accolée à la mairie, sans doute là qu'habitait un quelconque employé. Helena si dirigea sans plus s'occuper des frères Elric et frappa poliment. Elle attendit quelques secondes puis répéta l'opération. Au bout de la troisième fois, un petit vieux rabougri et sans doute sourd comme un pot et myope comme une taupe, vint lui ouvrir. Des cheveux éparses et grisonnants, un ventre rebondi et un nez rouge, le petit homme lui arrivait à peine à l'épaule et leva vers elle un visage marqué par l'âge. Il plissa méchamment des yeux derrière les verres épais de ses lunettes crasseuses. Comment pouvait-il seulement voir au-delà d'une telle couche de crasse ?
_ C'pour quoi ? Questionna-t-il d'une voix basse et caverneuse, mangeant la moitié de ses mots.
_ Nous aimerions rencontrer le maire, demanda doucement Helena, de peur qu'il ne comprenne pas toutes ses paroles. Il n'avait plus l'air d'avoir toute sa tête le grand-père.
Il la lorgna de haut en bas, mâchonnant dans le vide.
_ L'm'sieur maire est pas là, ahana-t-il en lui soufflant son haleine plus qu'avinée jusqu'au visage. Helena se retint de reculer d'un pas et esquissa une grimace de dégout. Qu'est-ce 'vous lui voulez, à m'sieur l'maire ?
_ Seulement lui parler. Où est-ce que je pourrais le trouver ? S'il vous plait ?
Le vieux parut réfléchir une seconde, les sourcils froncés, puis il la regarda et dans ses yeux brillait une lueur de convoitise. Helena sentit l'arnaque venir à plein nez.
_ Qu'est-ce qu'il a en échange l'vieux Gaston s'il vous dit où qu'il crèche m'sieur l'maire ?
La brune retint un hoquet de stupeur et considéra l'homme bedonnant face à elle, espérant qu'il plaisantait. Il plaisantait forcément. Forcément.
_ Euh…
_ Si vous z'avez rien pour l'pauv' Gaston, Gaston vous dira rien. C'donnant donnant.
'Eh bien. Qui aurait cru qu'ils connaissaient le principe de l'échange équivalent par ici.'
Songeant que le vieux ne devait pas être si difficile à satisfaire, Helena fouilla dans ses poches. Elle lui remit un sachet de tissu qu'il ouvrit lentement, plissant les yeux sous la couleur jaunâtre des pièces de monnaie. Il y avait peu et elle espérait que ce serait suffisant. Le vieux Gaston sourit, dévoilant ses quelques chicots abimés par le tartre et empocha l'argent sans faire de vagues. Dieu merci.
_ C'est plus loin là-bas, indiqua-t-il en tendant une main vers l'autre côté du village. A la sortie d'la voie. Vous pouvez pas la manquer, c'la plus jolie maisonnée de la ville.
Et sans plus de manières, il lui claqua la porte au nez.
Helena resta un moment figée sur place, dépassée, puis elle secoua la tête et revint vers la voiture. Edward venait de faire le tour du bâtiment et fulminait sur place, son pauvre petit frère essayant de le calmer.
_ Y a personne dans ce bled de merde, cracha-t-il, de mauvaise humeur.
_ Je sais, lança Helena en remontant dans leur voiture. Le maire habite à l'autre bout de la ville, près de la fin de la voie principale.
_ Comment tu peux savoir ça ?
_ Si tu n'avais pas passé ton temps à essayer de forcer un bâtiment désert, tu aurais sans doute remarqué qu'il y a ici des habitations, et donc des gens. Et que ces mêmes personnes sont, normalement, tout à fait aptes à nous fournir les indications dont nous avons besoin.
Edward lui jeta un regard meurtrier avant de renifler sèchement, hautain et d'une mauvaise foi des plus remarquables.
_ Et tu pouvais pas y penser avant, non ?
Helena leva les yeux au ciel, ne cherchant même plus à répliquer, trop fatiguée pour se lancer dans une altercation verbale. Remettant le contact, elle attendit à peine qu'ils soient tout de remontés dans la voiture qu'elle filait déjà à l'autre bout du village.
Aussi curieux que cela puisse paraître, ils ne croisèrent pas âme qui vive. Les rues étaient désertes, les volets des maisons étaient tirés et les portes fermées. Sur certaines nota Ed avec un frisson désagréable, étaient coulés des formes noires qu'il ne parvint pas à identifier.
Helena se penchait sur le volant, espérant y voir plus clair et levant les yeux vers le ciel d'un gris plomb inquiétant. Il n'aurait pas été étonnant qu'il pleuve encore avant la nuit. Et pourquoi pas de la neige aussi ? Avec la chance qu'ils avaient, ce n'était pas impossible.
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La maison –villa corrigea mentalement Helena, souriant ironiquement en repensant au « maisonnée » du vieux Gaston –du maire était immense, imposante et en bout de piste, comme l'avait précisé le vieillard. D'une couleur plus claire que les autres habitations de Ravenberg, elle s'élevait sur deux, voire trois étages. Des poutres massives supportaient un énorme balcon sculpté, une épaisse glycine fanée s'y accrochant de toutes parts. Les fenêtres étaient hautes et propres, des rideaux à carreaux rouges et blancs –traditions ou mode du coin, la jeune femme n'aurait pu le dire –les volets d'une jolie couleur pin. Des jardinières un peu dégarnies s'accrochaient sur les rebords du deuxième étage et une allée de gravier blanc menait vers le porche décoré d'une balancelle et de gros pots de végétaux enveloppés dans du papier bulle.
Helena gara la voiture devant la clôture et sortit, attrapant son sac au passage. Elle se retint de courir pour devancer Ed. Du peu qu'elle en avait vu et les quelques conclusions qu'elle en avait tiré, il était préférable que ce soit elle qui prenne la parole en présence du maire.
L'Alchimiste du Vent lança un regard féroce à son collègue en poussant le portillon.
_ Tu me laisses faire, merci, siffla-t-elle à voix basse. Les prunelles d'Edward flambèrent de colère tandis qu'Alphonse passait difficilement la petite ouverture.
_ Tu insinues que je ne sais pas me tenir devant des personnes importantes ?
_ Oui.
Le plus jeune suffoqua littéralement d'indignation devant cette simple réplique. Helena en profita pour grimper lestement les trois marches qui menaient au perron et tira fermement sur la cordelette reliant une petite cloche en bronze. Les frères Elric vinrent à sa suite et ils patientèrent un moment devant la porte d'entrée.
Soufflant, agacée et surtout frigorifiée par le vent qui soufflait fort, enfermé entre les couloirs de roche que formait la montagne, Helena s'apprêtait à retirer sur la corde lorsqu'une série de pas précipités raisonna de l'autre côté du battant de bois. Alléluia…
La porte s'ouvrit d'un coup, grinçant méchamment et les surprenant quelques peu. Une grande femme sèche au visage chevalin se tenait sur le seuil, vêtue d'une horrible robe à froufrous d'un vert criard. Helena et les Elric, bien que peu portés sur ce genre de détails vestimentaires, ne purent que retenir leurs exclamations choquées. La femme les étudiait de ses yeux bruns acérés, presque trop grands pour son visage, et resta un bon moment sur Helena.
_ Qui êtes-vous donc, jeunes gens ? Sa voix partait dans des aigues insupportables, comme celle d'une fillette de 5 ans. Des saltimbanques ? Sachez que nous ne faisons pas l'aumône et n'organisons aucuns spectacles!
Les trois alchimistes ouvrir la bouche –au figuré pour Alphonse, bien entendu –choqués. Paraissaient-ils si …misérables ? La femme commençait déjà à refermer la porte et Helena y cala violement son pied. Ed leva les yeux au ciel. Heureusement qu'elle avait dit qu'il ne savait pas se tenir en public…
_ Madame Ackermann ? Nous sommes les Alchimistes d'Etat envoyés par le QG d'East-city. Votre mari est-il ici ?
La femme, outrée et sans doute apeurée par l'attitude tout sauf civile de Gust, la fixa de ses grands yeux exorbités en essayant vainement de refermer la porte. Helena tient bon, son pied si solidement planté dans le sol qu'Edward se demanda un bref instant si elle n'avait pas aussi un auto-mail à la jambe gauche. Voyant que ses efforts étaient inutiles, Mme Ackermann se tourna vers son intérieur, hélant une personne dans la maison.
_ Charles Henri ! Charles Henri, venez immédiatement, des étrangers tentent de me violenter !
Ed poussa un soupir étonné cependant qu'un bruit de course se faisait entendre. Embêtée, Helena retira son pied alors que la femme reculait dans le vestibule. Il fallait avouer qu'il n'y était pas allée de main morte…quelle idée de lui chercher des noises lorsqu'elle était fatiguée aussi ! Et ce stupide maire ne pouvait-il pas être à son poste plutôt que chez lui !
La porte s'ouvrit à la volée, laissant place à un homme rondouillard et ridiculement petit, des lunettes à monture dorée posées sur son nez épais et rond. Son visage rubicond était rouge de par l'effort physique qu'il venait de fournir et sa chemise rayée se tendait sur son ventre rebondi, preuve de son caractère bon-vivant.
Comme sa femme quelques secondes plus tôt, Charles-Henri Ackermann toisa Helena de haut en bas comme si elle était une bête curieuse et particulièrement dangereuse. Sa peau, encore…quand les gens en finiraient-ils avec leurs satanés préjugés racistes ?
Le voyant ouvrir la bouche, la jeune femme ne laissa pas parler. Elle voulait qu'ils en finissent, et vite.
_ Je suis navrée de notre arrivée peu protocolaire Mr. Ackermann. Je suis…
_ Charles-Henri ! Chassez immédiatement ces voyous de notre domicile ! Regardez cette horriiiible armure !
_ Nous sommes les Alchimistes d'Etat envoyés par le QG de l'Est sur votre demande Mr. Ackermann, coupa fermement Helena en plongeant la main dans sa poche de manteau pour en tirer sa vieille montre cabossée qu'elle agita sous le nez du petit homme. Fullmetal et Gust.
Le visage du maire s'illumina soudain lorsqu'il reconnut le symbole des Alchimistes gravé sur l'objet et il leva les mains, semblant vouloir étreindre la jeune femme qui recula d'un demi pas, des fois que.
_ Bien sûr ! Nos amis de l'Est ! Je suis tellement ravi de vous accueillir dans notre humble village. Il se tourna vers sa femme qui se tenait digne et droite. Ce n'est rien Gretchen, ils sont là pour nous aider à retrouver Bérénice. Mais entrez, entrez donc ! Nous ne vous attendions pas de sitôt voyez-vous, vous êtes des rapides en ville, n'est-ce pas ? Vous prendrez bien une tasse de thé ?
_ Euh…
_ Gretchen, va nous préparer l'eau et les gâteaux secs je te prie. Passons à l'intérieur voulez-vous ? Monsieur, est ce que…
S'interrompant finalement au milieu de son flot de paroles, Charles-Henri se pencha un peu pour regarder Alphonse. Ed ouvrit la bouche et Helena intervint.
_ Alphonse Elric, le présenta-t-elle avec un grand sourire de vendeur de tapis. Un de nos plus brillants coéquipiers.
_ Oh, vraiment ? Et le port de cette armure à une signification particulière ? Vous savez ici les gens sont très attachés à leur croyances, je comprends parfaitement si c'est pour des motifs religieux. Questionna le petit homme en les faisant entrer dans le hall. Un riche tapis couvrait le parquet soigneusement ciré et des portraits et autres trophées de chasse étaient suspendus aux murs lambrissés. Un escalier menait vers les étages supérieurs, une arche élégante sur la gauche donnait sur le salon et une porte vitrée sur la droite, vers la cuisine. Alphonse tenta de prendre le moins de place possible et faillit cogner son heaume au lustre de l'entrée.
Edward répondit à la place de sa collègue qui ignorait quoi dire quant à la question du maire.
_ Alphonse suit un entrainement très rigoureux et l'armure fait partie de la tenue officielle à adopter durant toute la durée de sa formation.
_ Ooooh ! S'extasia l'homme. Comme c'est palpitant ! Vous savez, nous recevons peu de personne par ici, la venue d'étrangers est toujours un évènement. Venez, passons au salon.
_ Vraiment ? Ironisa Helena. Le village me paraissait un peu désert en arrivant…
Le maire ne remarqua pas la moquerie dans sa voix, n'entendit même pas sa phrase à vrai dire puisse qu'il leur pria de prendre place autour de la table basse du salon. La pièce était vaste, décorée avec un mauvais gout des plus prononcés. Partout des bibelots démodés, des napperons en dentelle sur des meubles sans âge, des fauteuils de velours et des tapis, des tableaux au style douteux. Sur tout un pan de mur était accrochée une collection complète d'assiettes en porcelaine (un héritage familial sans doute, Edward espérait sincèrement que ces gens n'avaient pas payé pour ces horreurs), chacune arborant un dessin différent, passant de la scène champêtre mal représentée aux chatons qui l'étaient peut-être trop. Il devait être déroutant de découvrir l'animal vous fixant de ses yeux vides en finissant sa soupe.
Mr. Ackermann les fit assoir sur le canapé en cuir d'une couleur inclassable. Helena se glissa avec réserve aux côtés du jeune blond qui se décala le plus possible. Le meuble gémit sourdement lorsqu'Alphonse prit place, incroyablement mal à l'aise. A dire vrai, il y avait tant de choses dans cette pièce qu'il n'osait pas faire un mouvement de crainte d'en casser une. Un éléphant dans un magasin de porcelaine.
Gretchen revint de la cuisine, un plateau dans les mains, avançant à petits pas précipités. Ses chaussures émettaient un frottement incessant sur les tapis et elle posa le tout sur la table basse en chêne. Son mari se frotta les mains, ravi, attrapant un biscuit sec à l'aspect plutôt déroutant. Sa femme versa le thé. Elle gardait un œil soupçonneux sur Alphonse, qui accepta poliment la tasse qu'on lui tendait et se fut presque si elle ne lança pas celle d'Helena, comme si entrer en contact avec la jeune femme allait la contaminer.
Mr. Ackermann se calla dans son fauteuil à haut dossier, ses pieds n'atteignant même pas le plancher –Ed sentit son cœur se gonfler de fierté en songeant qu'il y avait finalement pire que lui en ce monde –et sa femme prit silencieusement place à ses côtés, les lèvres pincées, les doigts crispés sur sa tasse.
Un silence tendu se posa sur le groupe, chacun se dévisageant, mal à l'aise. Passé les premières secondes d'exubérance, Mr. Ackermann semblait maintenant plongé dans ses pensées et dans sa tasse. Gênée par l'absence de bruit, Helena se racla la gorge ce qui lui valut un regard meurtrier de la part de Gretchen.
_ Mr. Ackermann, mes collègues et moi sommes ici dans le but de faire la lumière sur les disparitions dont vous êtes victimes. Est-ce que vous pourriez…
_ Vous voulez un gâteau ? Proposa Mr. Ackermann, qui visiblement ne l'écoutait pas. Il lui tendit la petite assiette avec un grand sourire et Helena recula un peu, déroutée.
Elle avait l'habitude de traiter avec des dirigeants lunatiques ou butés mais Charles-Henri Ackermann était un spécimen tout particulier. Elle déclina l'invitation cependant qu'Edward sirotait son thé. La femme jeta un coup d'œil à son frère qui n'avait pas bougé d'un pouce et ce dernier eu un petit rire embarrassé. Devant le regard d'aigle qui lui adressait Mme Ackermann, l'armure fut contrainte de soulever le haut de son heaume et de faire mine de boire, priant pour que le liquide se cale dans une de ses chausses et ne coule pas sur le plancher.
_ Mr Ackermann, concernant, retenta vainement Gust.
_ Ah, vous verrez, vous serez bien installés ici. Saviez-vous que nous venons tout juste de rénover l'hôtel ? C'était une vieille bâtisse, elle avait bien besoin d'un ravalement de façade. Des chambres vous ont été réservées bien entendu.
_ Mr Ackermann !
Cette fois-ci, la brune obtient l'attention du petit homme, accompagné d'une œillade meurtrière de son épouse. Helena n'y prêta pas attention.
_ Mr Ackermann, pardonnez-moi ma brusquerie, mais le temps presse. Les coupables ne sont toujours pas sous les verrous et le risque qu'un autre kidnapping se produise est élevé.
_ Oui, oui, bien sûr, bien sûr, marmonna le maire en fixant le fond de sa tasse vide. Edward ne se souvenait même pas qu'il l'ait vidé. Charles-Henri poussa un soupir et demeura silencieux. Sur le canapé, Helena s'agita, agacée, et Ed la sentit se tendre à mesure que le temps passait. Et c'était lui qu'on traitait de nerveux ? Depuis qu'ils étaient partis d'East-City, Gust n'avait fait que trépigner, les exhortant à se dépêcher, agissant parfois avec précipitation et stupidité. La scène à Vernes en était un parfait exemple d'ailleurs.
Le blond observa le couple devant lui par-dessus sa tasse de porcelaine. La grande femme et sa mâchoire chevaline ne lui plaisait pas. Hautaine, silencieuse et froide, elle les prenait de haut et leur aurait sans doute craché au visage en les traitant de mendiants si son mari n'avait pas été là.
Son mari, justement, qui derrière ses phrases enjouées et son air jovial, ne parvenait à dissimuler l'angoisse et la peur que semblait lui inspirer le sujet des disparitions. Peut-être était-il concerné de près, Helena n'avait-elle pas dit que la fille du président du Conté avait disparu ? Et lui-même les avait accueillis en expliquant à son épouse qu'ils aillent retrouver Bérénice.
Edward se reconcentra sur la situation présente. Pendant trente secondes, son regard s'était fixé sur l'une des assiettes aux chatons sur le mur face à lui. Et il estimait que cette vision était foutrement perturbante qui sain d'esprit collectionnait des morceaux de faïence hideux ?
Helena demandait quelques précisions à propos de leur affaire, mais le maire semblait toujours vouloir détourner la conversation. A bout de patience, la jeune femme fini par demander où se situait le relais militaire du village. Ils n'avaient pas de temps à perdre et le babillage inutile de l'homme l'agaçait.
_ Ils auront les renseignements dont nous avons besoin, affirma-t-elle avec force et un immense sourire de circonstance. Si Roy avait été dans la pièce, il aurait sans doute dit à Charles-Henri de lui fournir les informations nécessaires sur le champ et de se reculer un peu avant de se prendre un coup d'auto-mail en pleine face.
_ Bien, bien, vous avez l'autorisation bien sûr, déclara le maire en hochant vivement la tête. Tout ce dont vous avez besoin pour votre enquête. J'espère que vous nous ramènerez ces pauvres enfants.
Un voile de tristesse et peut être aussi de culpabilité se posa sur les yeux bruns de l'homme rondouillard et si Ed se félicita d'avoir tapé juste, Helena se sentit brusquement mal.
'Fait attention princesse, ne vas pas jouer trop loin…'
La jeune femme secoua violement la tête, s'attirant un reniflement sec et désapprobateur de la part de Mme Ackermann et des regards étonnés de celle des autres. Elle sourit, confiante.
_ Ne vous en faites pas Mr Ackermann. Nous les retrouverons.
'Mortes ou vives…'songea Edward en même temps que Gust. Comme la jeune femme, il choisit de se taire. Il était inutile d'ôter tous ses espoirs à ce pauvre homme. Helena se leva, reposant sa tasse à peine entamée sur la table basse. Le maire et sa femme firent de même et le blond siffla sa fin de verre rapidement, suivant le mouvement avec son frère. Le canapé craqua bruyamment quand l'armure se leva et Alphonse poussa un gémissement mental. Dieux ! Ce satané corps et son manque de discrétion.
Mr Ackermann serra vigoureusement la main d'Helena, semblant soudain remarquer qu'elle portait un auto-mail car ses yeux ne s'en détachaient plus.
_ Je vous remercie du fond du cœur d'être venus, dit-il. Et prie pour le succès de votre entreprise. Ramenez nous notre Bérénice.
Helena sourit, essayant de le rassurer. Si les yeux du petit homme étaient chatoyants de larmes contenues, sa femme elle, se maitrisait totalement, ou se fichait du sort de cette Bérénice –leur fille sans aucun doute.
_ Nous allons faire notre possible Mr Ackermann, et soyez assuré que nous vous tiendrons au courant des moindres indices concernant ces jeunes filles.
_ Bien, bien.
Il les accompagna jusqu'à la porte et leur souhaita une nouvelle fois bonne chance. Sa femme patientait elle aussi sur le seuil, droite comme un piquet. Sur la demande d'Edward, le maire leur donna la direction de leur hôtel et du relais militaire.
Ce fut presque si Helena ne se précipita pas sur leur voiture sitôt la porte refermée sur le couple. Elle fut au volant en moins de dix secondes et passait déjà la tête par la fenêtre pour appeler les deux autres.
_ Ça va ! On arrive, y a pas le feu au lac, coupa Ed avant même qu'elle ne prononce un mot. J'admets qu'ils étaient un peu…spéciaux mais c'est pas une raison pour fuir si vite. T'es pressée ?
_ Sans vouloir me montrer rabat joie, il y a dehors des maniaques qui enlèves des nanas pour en faire dieu sait quoi. Alors excuse-moi de vouloir accélérer le mouvement, je sais que les enfants en bas âge ont du mal à suivre le rythme des adultes mais s'il te plait, fait un effort.
Le Fullmetal vira au rouge pivoine, une jolie veine violette palpitant follement sur sa tempe. Serrant les dents, le jeune garçon s'engouffra dans la voiture sans un mot, bien décidé à ne pas lui donner ce qu'elle voulait.
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Alphonse descendit le premier de leur véhicule, garé sur le parking devant l'hôtel et leva les yeux vers le bâtiment. Etait-ce dans l'habitude de Ravenberg de faire dans le mauvais gout ?
L'établissement était scandaleusement grand, par rapport aux maisons qui le cloisonnaient au fond de cette petite impasse. Différent des hôtels de Centrale ou encore d'East-City, qui avaient tendance à s'étaler en longueur, l'unique pension de Ravenberg s'élevait en une improbable tour un rien biscornue. Ce simple détail aurait pu amplement suffire mais on avait décréter sans doute que le bâtiment n'était pas assez voyant.
La façade était d'un rose brique éclatant, que venait découper de lourdes poutres apparentes qui séparaient chaque étage de son voisin. A toutes les fenêtres étaient pendus les mêmes rideaux à carreaux que chez messieurs le maire, d'un rouge et blanc magnifique, tandis que des jardinières pleines de géraniums rachitiques s'accrochaient aux rambardes des petits balcons, tout juste assez grands pour y faire tenir une demie-personne.
Le rez-de-chaussée était constitué d'une baie vitré qui laissait entrevoir l'intérieur du hall et le coin salle à la manger de l'hôtel. Un auvent rayé, s'accordant parfaitement avec les rideaux, offrait une ombre inutile sur une terrasse ridicule où trois chaises et une table se battaient en duel.
Affichés près de la porte d'entrée, les tarifs des chambres et les menus proposés, coincés dans une vitrine fatiguée et sale.
Alphonse se demanda vaguement comment pouvait-être l'intérieur.
La grosse armure tourna la tête lorsque son frère descendit sa lourde valise de la plage arrière et qu'Helena, le houspillant une nouvelle fois pour il ne savait quoi, sortait à son tour. Sitôt dans la voiture, une dizaine de minute plus tôt, la jeune femme les avait conduits au relai militaire qui siégeait en bordure de ville, à l'autre bout de la maison de M. Ackermann. Le petit bâtiment était vieux et très peu plaisant, presque miteux et surtout, déserté comme cela semblait être le cas partout à Ravenberg.
On les avait informés que l'homme en charge de leur affaire, un certain Anton Landers et inspecteur de police du village, était absent pour le moment. Il ne reviendrait de sa tournée de routine dans les campagnes qu'à la tombée de la nuit et si Helena avait gardé son calme dans le relai, elle avait littéralement explosée une fois sorti. Le pauvre Landers avait été noyé sous les injures de la jeune femme qui ne comprenait pas un tel laxiste dans les fonctions militaires. Est-ce que les agents basés à Ravenberg avaient été prévenu de leur arrivée, oui ou merde ?
Après cinq bonnes minutes passées à râler contre le système d'information et la majeure partie des instances militaires reconnues, Helena avait repris le volant, plus maussade que jamais, pour les conduire à leur hôtel. Elle avait sincèrement prié pour que les propriétaires aient réellement reçu leur réservation, sans quoi ça allait saigner.
Elle descendit en dernier de la voiture, reluquant la façade de l'hôtel, un sourcil levé. Edward était déjà sur le pas de la porte, accomplissant les commandements de son estomac qui lui enjoignait de prendre note du menu que proposait l'établissement. Helena sourit, ironique, en passant près de lui et entra dans le hall, suivit d'Alphonse.
Un comptoir en bois occupait le côté droit, patiné par le temps et l'usage. Des cadres de trophées de chasse et de pèche s'accrochaient au mur au-dessus et la salle à manger se tenait directement en face, séparée par une tenture à carreaux. Un homme maigre comme un clou se tenait au comptoir, vêtu d'un costume un peu passé de mode. Son visage pâle et son air sec lui donnaient l'allure d'un croquemort. Helena se présenta, montre tendue.
_ Nous sommes les Alchimistes d'Etat d'East-City, nous avons réservé dans votre établissement.
L'homme la fixa d'un air stoïque et totalement désintéressé, se contentant de tourner une page de son registre presque vide sans s'occuper d'elle. Helena leva un sourcil, agacée, et se planta vivement devant lui. Les deux mains sur le comptoir, elle se pencha en avant.
_ Excusez-moi, grinça-t-elle en appuyant sur chacun de ses mots. Nous aimerions avoir nos chambres.
L'homme leva les yeux vers elle, soupira en haussant les épaules, visiblement ennuyé par tout ceci, puis attrapa lentement un crayon dans le pot près de son registre.
_ A quel nom ?
Sa voix était à l'image de sa grande carcasse dégingandée, sèche et plate, sans émotions si ce n'était un ennui profond qui menaçait de devenir mortel dans son cas. Helena retint un reniflement tout aussi désabusé et se recula un peu.
_ Helena Moera Lewin.
L'homme vérifia les noms, passant son doigt d'araignée sur le vieux papier. Puis il acquiesça, toujours aussi flegmatique.
_ Nous avons bien une réservation à ce nom. Une suite. Une chambre, salle de bain comprise.
_ Une chambre ? Comment ça une chambre ? J'avais demandé deux chambres lors de mon appel !
L'autre secoua la tête pas plus aimable pour autant, droit comme un piquet au milieu d'un champ. De nouveau, il haussa les épaules.
_ C'est la pleine saison, déclara-t-il comme si cela résolvait tout le problème. Helena le considéra, choqué, avant de frapper du doigt sur le carnet.
_ La pleine saison ? Faites-moi rire, votre registre est presque vide. Il doit bien vous rester des chambres de libres tout de même, vous voyez bien que nous sommes plusieurs ici, non ?
Le réceptionniste la regarda avec ses yeux bleus glacés, sans manifester le moindre sentiment. Il reprit la liste ridicule sur son registre avant de se tourner vers les casiers dans son dos. Il en ouvrit un, en haut à gauche, et en tira une clé qu'il posa sur le comptoir devant la jeune femme qui fulminait sur place. Tous les habitants de Ravenberg s'étaient passés le mot pour la faire tourner en bourrique !
Helena se frotta les yeux, se préparant mentalement à argumenter ses propos pour qu'il leur donne une pièce supplémentaire. Elle avait réussi à négocier des traités et des arrangements avec des gens plus coriaces que cela, elle n'allait pas se laisser marcher sur les pieds par un vulgaire réceptionniste !
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Edward posa son sac au sol, les poings sur les hanches. La suite était spacieuse, du moins le salon devant lui, l'était. Un large canapé couleur crème, un tapis qui semblait moelleux. Certes, le papier peint jaunâtre était d'une laideur à faire peur avec ses motifs vieillots. Le plâtre du plafond s'écaillait un peu, quelques fissures, de ci, de là et les rideaux à carreaux juraient quelque peu avec le reste du mobilier mais dans l'ensemble, l'endroit été agréable et bien entretenu. Une porte dans le fond menait sur les chambres et une autre sur la salle de bains.
Alphonse entra à la suite de son frère, se baissant pour passer la porte, suivit d'Helena, le visage fermé et les yeux lançant des éclairs. Sa main mécanique se serrait convulsivement sur les lanières de son sac et sa mâchoire était crispée. Ed se tourna vers elle, un sourire narquois sur les traits.
_ Tu disais quoi déjà ? Ah oui "Je veux que vous nous trouviez des chambres séparées". Bravo, belle performance.
_ Grand Frère, je crois que ça va aller, intervint doucement Alphonse.
_ Si, si, je tiens à la féliciter, ça tient de l'exploit là, surenchérit le blond, sans tenir compte de l'avertissement de son frère. Après l'auberge de Vernes, l'hôtel de Ravenberg. Tu as un problème avec ce genre d'établissement, Gust ?
_ Si tu ne te tais pas immédiatement Fullmetal, je te fais manger notre dossier.
_ Houuu, j'ai peur.
_ Ca suffit tout les deux, vous n'allez pas recommencer.
Les Alchimistes se tournèrent vers l'armure qui les regardait de haut. Alphonse haussa ses énormes épaules.
_ C'est vrai quoi, ce n'est pas si dramatique.
_ Je ne sais pas ce qu'il te faut, souffla Edward, faisant volter ses mèches pendant qu'Helena fermait la porte. Tout va de travers depuis qu'on est parti de Resembool. Depuis East-City en fait, et pour le moment, la seule responsable c'est Gust. D'ailleurs, je propose qu'elle paye pour tous les désagréments qu'elle a causés.
_ Grand Frère !
_ Attend, ce n'est que justice ! Je prends la chambre.
_ Ce n'est pas équitable, objecta Alphonse en fronçant mentalement les sourcils. Et ce n'est pas la faute de Mlle Lewin si on n'a qu'une chambre pour vous deux.
_ Elle n'aura qu'à prendre le canapé.
_ Tu es grossier, Ed.
_ Elle le mérite.
_ Elle aimerait surtout que vous arrêtiez de parler comme si elle n'était pas là. Jusqu'à preuve du contraire, je n'ai pas réussi à me transmuter pour devenir invisible.
_ Si tu réussissais à te transmuter pour devenir muette déjà, marmonna Ed dans sa barbe, boudeur. Alphonse poussa un soupir métallique. A une autre époque, il n'aurait pas hésité à flanquer une bonne tape à l'arrière du crâne de son frère pour espérer lui faire ravaler sa bêtise avant qu'elle ne sorte davantage de sa bouche. Dorénavant, il évitait même de le toucher de peur de lui briser quelque chose. Cela ne l'aurait certainement pas aidé à retrouver son corps s'il arrachait accidentellement la tête du seul être capable de réussir un tel exploit.
Helena soupira, posa son sac près du canapé et fit mine de se diriger vers la porte.
_ Tu vas où là ? Questionna abruptement Ed. Si tu vas te plaindre et que tu nous fais perdre la chambre, crois moi que…
_ Que quoi ? Tu espères pouvoir me battre ? Rétorqua la jeune femme, hautaine. Je vais passer un coup de fil, c'est pas interdit que je sache. Tu veux m'accompagner pour me surveiller ?
_ Y a que les mômes qu'ont besoin d'être surveillés…
_ C'est pour ça qu'on m'a envoyé ici avec vous.
_ ESPECE DE… !
Le claquement de la porte lui répondit.
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Helena s'appuya contre le mur et poussa un profond soupir. Décidément, rien n'allait comme elle le souhaitait. C'était bien la dernière fois qu'elle partait en mission avec un autre alchimiste. En particulier celui-ci ! De l'autre côté de la cloison, elle pouvait entendre Edward s'énerver sur sa dernière réplique. Elle sourit doucement. Cet adolescent était une vraie teigne, bourrée d'énergie qui plus est. Elle comprenait mieux pourquoi son père lui avait demandé de les accompagner…seuls, ils auraient fait plus de conneries qu'autre chose.
Bien qu'elle devait admettre que cela ne commençait pas fort. Qu'est-ce qui la perturbait autant au point de commettre bourde sur bourde ? Jamais encore elle ne s'était sentit si…vulnérable ? Le mot était peut-être mal choisit mais elle avait l'impression de ne plus maitriser la situation. Bon sang, si elle commençait à perdre ses moyens parce qu'un môme trainait dans ses pattes…
Helena se secoua. Ils avaient du travail, elle devait garder la tête froide, rester professionnelle. Tant pis si le Fullmetal ne l'aimait pas, elle n'était pas là pour ça après tout. Et qu'importe ce qu'il pourrait dire ou penser, à partir de maintenant, elle reprenait réellement les choses en mains. Elle n'était pas la fille adoptive de Mustang pour rien tout de même !
Ragaillardit, la jeune femme se dirigea d'un bon pas vers le rez-de-chaussée. Leur suite se trouvait au deuxième étage, au bout d'un couloir dont la plupart des portes closes semblaient pourtant occupées, ce qui l'avait étonné. Pourquoi si peu de noms apparaissaient sur le registre à l'accueil, Ou bien était-ce des habitués ? Ils n'avaient pas croisés beaucoup de personnes en venant ici, des touristes encore moins. Qui viendrait s'enterrer dans un pareil trou paumé de toute façon ? Les alentours de Ravenberg étaient jolis, certes, mais le brouillard était quasiment permanent, la pluie tombait régulièrement, la température n'était jamais bien haute…pas le genre d'endroit où on aime passer ses vacances.
Les escaliers en bois couverts d'un tapis rouge, marron, élimé de partout, craquaient à chacun de ses pas, avertissant tous les éventuels locataires que quelqu'un était dans le couloir. Difficile de passer inaperçu avec un tel boucan.
La brune atteignit le bas rapidement, tourna un instant sur elle-même pour se diriger vers l'hôte d'accueil, toujours aussi immobile derrière son comptoir. Helena inspira un coup. Elle n'aimait pas cet homme. Pas parce qu'il n'avait pas voulu leur fournir une deuxième chambre séparée, seulement…
Elle secoua la tête et se racla la gorge pour attirer son attention.
_ C'est pour ?
_ Vous auriez un téléphone ? S'il vous plait.
L'homme lui indiqua vaguement un coin près des cuisines, non loin des escaliers, et Helena le remercia avant de s'y précipiter. L'endroit était sombre et enfoncé dans le mur. Douillet et intime quelque part. Elle attrapa le combiné en priant pour qu'il marche. Elle avait eu son lot de mauvaises surprises pour la journée.
Tirant un petit carnet d'une poche de son pantalon, elle repoussa machinalement la manche gauche de sa tunique. Le métal patiné de son auto-mail prit des reflets luisants dans la pénombre et une fois encore, elle le fixa comme s'il s'agissait d'une chose particulièrement repoussante. S'y ferait-elle un jour…ne plus rien ressentir, ne plus pouvoir mesurer sa force, devoir sans cesse se contrôler, souffrir en silence, ne plus…
Le clic de la communication se fit entendre dans son oreille, la faisant presque sursauter.
_ QG militaire de East-City, que puis-je pour vous ?
Helena se reprit, feuilletant son calepin couvert de gribouillis illisibles. Elle n'avait jamais très bien écrit, et étant gauchère…une série de chiffres était entourée au crayon rouge sur le haut d'une page.
_ Major Lewin, matricule 912-X. Je souhaiterais parler au Colonel Roy Mustang je vous prie.
_ Un instant.
Helena patienta une trentaine de seconde avant que la standardiste ne lui demande le code d'identification de la ligne.
_ Je vous mets en relation, ne quittez pas.
_ Merci…
Encore une paire de minutes et la voix de son père ce fit entendre à travers le combiné. Helena ne sut expliquer pourquoi elle se sentit soulagée.
_ Colonel Mustang, j'écoute.
_ C'est moi.
_ Le « moi » peut désigner un paquet de personnes…
_ Je vais le refaire avec une intonation plus énervée et menaçante, on va voir si tu devines plus vite.
Le Colonel éclata de rire à l'autre bout de la ligne, faisant sourire sa fille. Elle l'imaginait parfaitement, renversé sur sa chaise, trop heureux d'un appel « officiel » pour échapper à sa paperasse quelques minutes.
_ Je commençais à croire que tu avais oublié de m'appeler, Lena.
_ Il y a eu quelques complications. Rien de grave. Nous sommes arrivés à Ravenberg il y a une heure environ.
Helena lui narra par le menu les ridicules aventures qui leurs étaient arrivées depuis qu'ils avaient quitté le QG, 4 jours plus tôt. Helena avait l'impression que cela faisait plus longtemps. Il fallait avouer que le Fullmetal pouvait se montrer parfois un peu épuisant. Ce qu'elle ne manqua pas de préciser.
Mustang rigola, fier de son coup.
_ Je savais que vous vous entendriez bien.
Helena grimaça, mécontente.
_ Tu avais tout prévu, hein ?
_ Disons que je m'en doutais. Vous êtes de fortes têtes tous les deux. Deux pôles positifs s'acceptent rarement.
_ C'est ce que tes collègues disaient aussi quand je suis arrivée.
_ Tu connais les autres, ils ne sont pas la science infuse. Bien, ce n'est pas que je m'ennuie mais le Lieutenant Hawkeye s'impatiente. Appelle-moi dès que vous avez quelque chose de nouveau. Quant à ce Landers, je suis navré mais je n'ai rien à t'apprendre sur lui pour le moment.
_ Je me débrouillerais. Encore faudrait-il que nous le rencontrions. Ils semblent tous très occupés dans ce village.
_ Je te fais confiance. Tu as toujours su te tirer d'affaires. Oui Lieutenant, je m'y remets !
Helena rit doucement en entendant Hawkeye sermonner son Colonel de père, dont elle devait juger qu'il passait trop de temps au téléphone pour un simple rapport de mission. Il s'apprêtait à raccrocher quand la jeune fille se souvint d'une chose.
_ Roy !
_ Quoi ? Encore une minute Lieutenant, Lena n'a pas fini ! Quoique tu veuilles dire, prend ton temps surtout ! Déclara-t-il plus bas à sa fille.
Helena sourit, puis reprit une attitude plus sombre. Elle n'aimait pas parler de ça, mais elle préférait le mettre au courant. Qu'au moindre problème, il puisse agir. Ou du moins essayer, ils étaient loin du QG après tout…
_ Ca a recommencé.
Il y eut un silence. Long. Froid. Nerveux. Avant que le Colonel ne le rompe. Sa voix avait perdu tous les accents d'amusements qu'elle avait pu contenir quelques secondes auparavant.
_ Bien.
_ Je voulais juste que tu le saches. J'ai de quoi tenir plusieurs semaines.
_ Parfait. Si ça se dégrade, reviens ici et laisse le Fullmetal se débrouiller.
_ Pour qu'il me salope tout mon travail, non merci.
_ C'est un ordre, Gust.
Helena grinça des dents. Elle détestait lorsqu'il faisait ça. Elle serra la main sur son carnet de notes.
_ Bien monsieur. Rapport terminé.
Sans plus de manières, elle raccrocha. Remettant son calepin dans sa poche, elle remonta vers sa…leur chambre à pas lents, un rien déprimée.
Le couloir raisonna un moment de quintes de toux et des grincements du plancher.
Heeeeee...eh voila. Oui, je sais, je sais, il ne se passe pas grand chose, encore une fois. Charmants les habitants de Ravenberg n'est-ce pas? Ca vous donne pas envie d'aller y passer vos vacances ça?^^ En tout cas, toutes ressemblances avec des gen que vous connaissez (non parce qu'il y en a, hein), ben c'est totalement, purement hasardeux.
Merci pour la lecture, bonnes vacancesà tous et au prochainn chapitre!
