*sort la tête de son trou et regarde autour d'elle, craintive*: bonjouuuuur...?

Je sais, je sais, honte à moi. Deux mois entier pour vous servir ça, même pas plus long que les autres et pas d'action. Me frappez paaaaaaaaaaas! Pour ma défense, j'ai bossé tout le mois d'aout avec de charmants petits enfants en centre aéré et le mois de juillet...bah, disons que j'ai eu quelques soucis pour trouver le "liant" entre deux paragraphes. Vous devriez vous en rendre compte en lisant d'ailleurs, je ne suis pas super satisfaite du passage entre Landers et Helena, au moment où il lui offre un café. Vous verrez bien, dites moi ce que vous en pensez, je suis navrée pour l'attente, je n'ai aucun chapitre d'avance et les cours reprennent.

...

Ca donne envie, hein? ^^ Une fois de plus, je vous prie de me pardonner. Je vais tenter d'avancer un max, ma première semaine de cours risque d'être plutôt cool au niveau des horaires et du contenu alors...je vais en profiter.

sur ce, bonne lecture à tous et je suis vraiment, vraiment très heureuse de recevoir des reviews sur cette fic. (s'incline) Merci beaucoup.

Reponse pour la nouvelle revieweuse anonyme: Merci beaucoup Missy! en espérant que ce chapitre tardif te plaise.


Helena poussa un gémissement à fendre une pierre tout en se passant une main sur la nuque. Dire qu'en arrivant à Ravenberg, elle avait cru, la naïve, qu'elle allait pouvoir se reposer et dormir dans un vrai lit. Qu'avait-elle fait pour mériter pareil sort ?

Se redressant sur le canapé du « salon », sa couverture glissa au sol dans un « plop » soyeux. Fort heureusement, le Fullmetal avait eu l'extrême gentillesse de lui offrir de quoi ne pas mourir de froid et s'installer un peu plus confortablement avant de s'enfermer dans la chambre à double tour. La veille au soir, ils s'étaient encore chamaillés pour savoir qui prendrait la chambre et qui se coltinerait le canapé. La courte paille avait méchamment tranché et Alphonse avait été désolé pour elle. Il avait plaidé auprès de son frère une bonne partie de la soirée pour qu'ils établissent un roulement afin qu'Helena ne finisse pas le séjour avec un lumbago et un torticolis. Trop tard cependant, son cou lui faisait un mal de chien, sans parler de son dos. Elle avait de la chance que le canapé ne soit pas qu'une planche de bois. Il était seulement affreusement étroit.

Elle se mit en position assise, les deux pieds bien à plats sur la moquette beige, les coudes sur les genoux et les cheveux dans un état lamentable. Son élastique avait, comme toutes les nuits depuis que sa tignasse avait dépassé les 60 centimètres, encore glissé et ses mèches châtains n'étaient plus qu'un innommable paquet de nœuds. Sans la valeur sentimentale qu'elle leur accordait, il y a longtemps qu'elle aurait fait un véritable massacre.

Fatiguée, courbaturée, Helena se leva sans aucune volonté, les yeux dans le vague. Un frisson la secoua lorsque l'air froid de la pièce passa sur ses bras dénudés. Lorsqu'elle était enfant, elle n'avait jamais dormi autrement qu'en short et T-shirt et cette mauvaise habitude lui était restée, chose qui pouvait parfois se révéler parfaitement idiote compte tenu de la météo ambiante. Elle se moqua intérieurement d'elle-même. Qu'essayait-elle de sauver en conservant des rituels ridicules et inutiles ?

Secouant la tête, Gust fit lentement le tour de la pièce. Le soleil n'était même pas encore levé et un rapide coup d'œil sur sa montre d'Alchimiste, enfouie dans les replis de sa veste, lui apprit qu'il n'était que deux heures du matin. La joie des insomnies. Pour une fois qu'elle n'était pas réveillée par un cauchemar…

Helena savait qu'il était inutile de se recoucher maintenant, elle ne parviendrait plus à trouver le sommeil. Aller trouver ce…Landers pour l'interroger à une heure pareille était stupide et elle ne pouvait rien faire pour avancer dans leur enquête tant qu'elle ne lui aurait pas parlé. Un nouveau soupir brisa le silence du salon plongé dans la pénombre. Elle alluma le plafonnier et se réinstalla sur le canapé, la couverture sur les épaules. Tirant à elle la table basse le plus silencieusement possible –elle ne voulait pas réveiller les frères Elric, le Fullmetal aurait été capable de l'écharper pour ça –elle ramassa ses affaires et étala soigneusement tous les documents que lui avait fournis son père à propos de leur enquête.

La jeune femme, se gratta la joue tout en positionnant les photos des disparues et les listes des témoins ainsi que leurs déclarations, relativement pauvres en détails.

Qu'est-ce que qui n'allait pas avec ses gens ? Des personnes de leur entourage disparaissaient sans laisser de traces, on ignorait tout des ravisseurs et de ce qu'ils voulaient et pourtant pas un n'avait voulu faire appel à l'armée. Elle n'était pas sans ignorer les ravages qu'avait subi la région lors de la guerre d'Ishbal et elle concevait parfaitement que les habitants du coin soient plutôt septiques envers le système militaire, mais tout de même !

Tirant un crayon mâchonné de son sac, elle entreprit de remettre ses notes au clair, préparant son entrevue avec le responsable de l'enquête. Pourvu qu'il coopère lui aussi sans faire de vague, elle n'avait aucune envie de se coltiner un homme prétentieux qui ne désirait que faire avancer sa carrière en prétendant ne pas avoir besoin de leur aide. Des comme ça, elle en connaissait quelques-uns et les détestait presque tous.

Helena attrapa la liste des victimes et leurs historiques respectifs. Pour le moment, seules 7 disparitions avaient été recensées mais comme elle l'avait fait remarquer aux Elric, il était plus que probable que ce nombre soit erroné. Jusqu'à combien s'élevait-il, elle l'ignorait pour le moment et il leur faudrait sans doute crapahuter dans la campagne pour rendre visite aux paysans les plus éloignés afin de le savoir. Ou de s'en approcher.

La jeune femme se frotta le bout du nez, songeuse, son doigt métallique tapotant distraitement la feuille sur ses genoux. Une des données frappante était le type même des disparus. Que des femmes, entre 18 et 20 ans, toutes blondes, célibataires, sans enfants. Facilement influençable, avait-elle noté dans un coin avec un point d'interrogation. Elle avait déjà vu un cas similaire d'enlèvement à Centrale une fois. Un trafic d'organe couplé d'un commerce humain assez impressionnant. Les femmes enlevées étaient pour la plupart, sorties d'une rupture difficile ou autre perte tragique qui les rendaient plus vulnérables. Quelques belles paroles et un mensonge bien ficelé, elles se retrouvaient piégées dans cet ignoble système. Etait-ce possible que le schéma soit le même dans leur affaire ?

Gust rejeta l'idée presque aussitôt qu'elle était apparue. Dans le cas d'un transit d'organes, pourquoi s'embarrasser à ne choisir que des blondes, du même âge de surcroit ? Dans un tel marchandage, on se fichait quelque peu de la figure des personnes qu'on découpait gentiment.

Un réseau de prostitution alors ? C'était l'une des premières hypothèses qu'avaient soulevé les militaires quand le dossier leur était tombé entre les mains. Là encore, Helena était septique. Ils auraient forcément retrouvé la trace des filles à un moment ou à autre, or elles semblaient s'être totalement volatilisées. De plus, pourquoi venir chercher sa marchandise dans un coin si peu praticable, et qui risquait d'attirer bien plus vite l'attention que dans une grande ville, où disparaître était si simple. Même les pays voisins ne se seraient pas embarrassés à frapper dans un village si reculé alors qu'il était plus facile d'accéder à North ou East-City.

Restait alors la théorie du tueur en série, la plus plausible aux yeux de la jeune femme. Le ou les types suivaient un schéma précis toujours des femmes, toujours jeunes, toujours blondes. La possibilité pour que ce fût des Alchimistes était affreusement faible mais Roy avait dû néanmoins la juger probable, ce qu'Helena trouvait un tantinet stupide. En tant qu'Alchimiste, elle avait du mal à imaginer ce qu'elle ferait avec des humains. Les Elric auraient peut-être des idées sur la question.

₪.₪.₪

Helena resta ainsi le reste de la nuit à repasser les différents éléments du dossier, trop peu fourni pour qu'elle puisse avancer dès maintenant des conclusions concrètes. Lorsqu'elle sortit le nez de ses papiers, plusieurs feuilles étaient couvertes d'annotations illisibles pour tout autre qu'elle et le soleil pointait timidement à travers les rideaux tirés. Se levant, elle jeta un œil à sa montre et se décida à aller voir ce fameux Anton Landers. En espérant qu'il pourrait davantage l'aider que ces bouts de papiers réunis par des militaires peu soigneux.

La jeune femme passa un temps relativement long dans la salle de bain, non pas pour se préparer ou bien choisir sa tenue, mais simplement pour démêler son impressionnante masse capillaire. Agacée des mèches qui partaient en tous sens, elle se décida pour une tresse la plus serrée possible, grimaçant à chaque nœud qu'elle tirait.

Lorsqu'elle sortit de la pièce, elle s'arrêta un moment devant la chambre que partageaient les deux frères. Elle ignorait totalement s'ils étaient réveillés et si, le cas échant, elle devait aller les lever. Il était encore tôt, le Fullmetal allait l'enguirlander et elle avait bien besoin d'un peu de calme. Parce qu'elle avait souvent exécuté ses missions en solo et qu'elle n'aimait pas avoir quelqu'un dans ses pattes, Helena haussa les épaules, désinvolte et quitta leur suite son sac sur l'épaule, laissant un mot à leur attention sur la table basse.

Les couloirs de l'hôtel étaient déserts et Gust ne s'attendait pas à trouver le croque-mort de la réception déjà sur pieds. Pourtant il était là, toujours aussi morne et silencieux derrière son comptoir. La jeune femme le salua poliment et il fit de même, quoiqu'avec beaucoup plus de froideur et de détachement. Helena sortit dans la rue et un vent frais balaya les lieux, comme pour lui souhaiter la bienvenue dans la si charmante ville de Ravenberg.

Un corbeau croassa depuis le haut d'un lampadaire avant de s'envoler à tire d'aile et l'Alchimiste repensa à ce film d'horreur qu'elle avait visionné avec Havoc il y avait peu, après encore une de ses ruptures tragiques et douloureuses. Le pauvre garçon, il ne savait pas y faire avec les femmes…

Helena sourit discrètement et s'engagea dans la ruelle vide. A cette heure de la matinée, ce n'était guère étonnant. Pourtant, lorsqu'elle gagna une route un peu plus grande, elle eut la surprise de constater que quelques fenêtres commençaient déjà à s'ouvrir, et des rideaux se tirer. Elle croisa même une vieille dame qui arrosait son balcon, un chignon gris sous un fichu noir, et qui lui jeta un drôle de regard avant de détourner la tête.

Helena avait renoncé à prendre la voiture. D'après les indications du maire, le commissariat de la ville (et relais militaire par la même occasion) se trouvait en bordure du village, pas si loin que ça de leur hôtel. Et elle avait besoin de marcher.

Gust avait pris cette habitude quand elle avait découvert que poser un pied devant l'autre lui permettait de se vider l'esprit et de penser plus clairement. Rester trop longtemps immobile dans un même endroit ne lui allait pas et elle avait besoin de bouger pour se sentir parfaitement sereine. Ce pourquoi elle n'avait été guère bien lunée ces derniers jours. Ce voyage en train puis dans la voiture l'avait tuée. Sans parler du Fullmetal qui n'avait rien fait pour aider à détendre l'atmosphère. Helena secoua la tête. Il ne fallait pas non plus qu'elle mette tout sur le dos de ce pauvre mioche. Après tout, il était embarqué lui aussi dans cette histoire qui promettait d'être terriblement ennuyante. Elle ne se souvenait pas avoir enquiquiné son père ces derniers temps pour qu'il veuille se venger ainsi. Ou bien était-ce sa dernière remarque sur son travail en retard ? Comme s'il s'en souciait, depuis le temps.

De lourds nuages s'amoncelaient sur les bords des montagnes, couvrant le village de Ravenberg d'une ombre grise guère agréable. Helena pressa le pas, une douleur bien connue dans la poitrine. Dieu, ce satané rhume qui n'en finissait pas.

Elle atteignit les bâtiments plats et bas du commissariat. A la différence du jour précédent, de la lumière émanait des fenêtres grillagées –bien que ce ne fut le cas que pour une d'entre elle dans tout le bâtiment – et Helena pria silencieusement pour que l'homme qu'elle cherchait soit ici.

Elle poussa la porte et faillit suffoquer tant l'odeur de café et de tabac froid qui se mélangeait-là était immonde. La grande brune s'arrêta un instant sur le seuil, prit une grande inspiration puis se jeta dans le bâtiment.

Bâtiment très peu animé d'ailleurs.

Helena se racla la gorge en espérant que quelqu'un lui réponde. Devant le manque de succès de son entreprise, elle tenta de retrouver le bureau éclairé. Si la malchance était de son côté, c'était simplement l'agent d'entretien qui avait oublié d'éteindre derrière lui.

Fort heureusement, l'agent d'entretien n'avait pas laissé la lumière allumée et quelqu'un se trouvait bien dans le bureau ouvert. Du moins, c'est ce qu'elle supposa car tout ce qu'elle vit dépasser de derrière le meuble en bois brut couvert de marques, était un morceau de cuir chevelu châtain tirant sur le blond. Ainsi qu'une longue série de jurons marmonnée à voix basse, dont une bonne partie lui échappa malgré ses connaissances linguistiques. Les patois étaient nombreux dans ces régions, et certains, franchement incompréhensibles.

Helena se pencha un peu sur le côté, se racla la gorge en toquant doucement sur la porte vitrée sur sa gauche. Elle craint un moment que son auto-mail ne brise le verre et le tintement clair fit se relever l'inconnu.

Un regard vert un peu dérouté, des cheveux en bataille suite à la recherche active d'elle ne savait quoi. L'homme devait avoir une trentaine d'années, un peu moins peut-être, et un visage agréable, un air d'enfant sur ses traits d'adulte, comme s'il n'était pas tout à fait sortit du monde de l'innocence.

_ Mr Landers ? Demanda doucement Helena tandis que son vis-à-vis se relevait lentement, époussetant fébrilement ses vêtements. Une chemise blanche et un pantalon de toile brune, une épaisse veste noire était pliée sur le dossier de son fauteuil. Gust songea avec amusement que cet homme représentait le parfait archétype de l'inspecteur dans toutes ces vieilles séries policières. Son arme de service était posée sur le bureau, à côté d'une tasse de café vide et de nombreuses feuilles volantes dont quelques-unes étaient tombées au sol.

La jeune femme fit un pas dans la pièce et tira sa montre d'Alchimiste d'Etat en guise de présentation.

_ Major Helena Lewin, du QG de l'Est. On nous a envoyé pour régler cette affaire de disparitions, mes collègues et moi.

L'homme la fixa un moment, sans bien comprendre ce qu'elle disait, puis un grand sourire qu'elle qualifia d'enfantin et d'enjoué étira ses lèvres et il se précipita sur elle. Instinctivement, Helena fit un pas en arrière et sa main gauche se crispa en couinant. Il lui prit la main et la serra vigoureusement, n'ayant visiblement pas remarqué le membre mécanique, chose qui ne manqua pas d'étonner la jeune femme. Les gens faisaient rarement abstraction de ce genre de détail avec une telle facilité.

_ Major Lewin ! Je suis ravi de votre venue, vraiment ! Il parlait de façon un peu précipitée, clairement excité par elle ne savait trop quoi. Etait-ce vraiment son arrivée qui le mettait dans un tel état ? Il semblait la prendre pour une quelconque figure de sauveur.

_ Landers Anton, je présume, sourit Helena avec gentillesse, éprouvant la curieuse sensation de se comporter avec lui comme elle le ferait avec un gamin. L'éclat de pure joie dans ses yeux verts était assez déroutant. L'homme prit aussitôt un air catastrophé et lui lâcha la main, agitant les bras, gêné.

_ Je suis navré ! Vous avez tout à fait raison, je suis Anton Landers, l'inspecteur en charge de cette enquête. Je suis…vraiment très heureux que vous vous soyez déplacée depuis East-City pour nous prêter main forte. J'ignorais que des femmes pouvaient devenir Alchimiste d'Etat.

Il lui désigna le siège en face de son bureau d'une main tandis qu'il prenait lui-même place de l'autre côté. Helena laissa tomber son sac au sol et jeta un rapide coup d'œil autour d'elle. Dès qu'elle avait posé le pied dans la pièce, ses yeux avaient automatiquement volé d'un bout à l'autre pour déceler une quelconque menace. Elle avait noté en priorité toutes les portes de sorties en cas de problème mais rien de suspect ne l'avait interpelé. Dans un bureau de policier, cela semblait peu probable d'ailleurs.

L'endroit était petit mais pas étouffant pour autant. Aucun cadre sur les murs, pas de photos de famille, elle en conclu qu'il n'était sans doute pas mariée et n'avait pas d'enfants. Les seules choses qui s'accrochaient sur le papier peint étaient des coupures de presse et de vieilles affiches de films. Une cafetière était posée dans un coin sur un meuble bas d'où dépassaient des dossiers soigneusement classés. Le bureau était un foutoir monstrueux, qui disparaissait sous des tonnes de feuilles et autres documents volants. Une chatte n'y aurait pas retrouvé ses petits.

Helena haussa un peu les épaules.

_ Tout le monde peut devenir Alchimiste d'Etat s'il le veut vraiment Mr Landers. Il éclata de rire, un peu fort au goût de ladite alchimiste mais pas désagréable pour autant.

_ Il faut tout de même avoir un sacré potentiel. Mais nous ne sommes pas ici pour parler de ça, pas vrai ? Plus tard autour d'un café peut-être ? Vous en voulez un ? J'allais justement remettre la machine en route.

Helena resta quelques secondes interdite, le temps de prendre conscience qu'il lui proposait un café et un rencart par la même occasion. Elle secoua la tête et se racla la gorge, un peu mal à l'aise.

_ Oui, avec joie.

Landers sourit de toutes ses dents et se précipita sur la cafetière qu'il entreprit de remplir d'eau, sortant des tasses propres d'une boite en carton posée juste à côté. Helena le regarda faire et engagea la conversation. Après tout, ce type avait l'air sympathique et il était courant de sortir des banalités lorsqu'on rencontrait quelqu'un. De plus, ils allaient devoir travailler ensemble pour une période indéterminée, autant partir sur de bonnes bases. Il aurait été agréable qu'il en soit de même avec le Fullmetal.

_ Ravenberg n'est pas un coin très peuplé.

Landers lui jeta un coup d'œil par-dessus son épaule et lui offrit un grand sourire.

_ Ah ça ! C'est plutôt calme en effet. Mis à part cette sale histoire. J'aime vivre ici, les gens sont très accueillants.

Helena esquissa un sourire en coin qui ressemblait un peu à un rictus moqueur.

_ Vraiment ? Je n'en ai pas eu l'impression pourtant.

_ Laissez leur le temps et vous verrez ! On n'a pas souvent d'étrangers par ici vous savez. D'ailleurs d'où venez-vous si ce n'est pas indiscret ?

Prit par la préparation de son café, il ne vit pas la légère hésitation de son vis-à-vis.

_ Du Sud. Un petit village près de la frontière. Pourquoi ? Vous avez quelque chose contre les gens basanés ?

_ Du tout ! S'exclama Landers, apparemment choqué qu'elle pense ça de lui. Il leva les mains en se reculant sur sa chaise. Bien au contraire, ça vous va très bien.

Helena leva un sourcil surprit et vaguement amusé. Il faisait quoi là ? Du flirt ? Il n'était pas le premier à essayer. Helena n'avait pas un physique désagréable, ni un caractère très difficile à vivre malgré les apparences. Au fil des ans, quelques prétendants s'étaient risqués dans cette voie périlleuse qu'était de sortir avec la fille adoptive du Colonel. Tous s'y étaient cassés les dents. Lorsque ce n'était pas le grand brun qui menaçait de cramer tous ceux qui osaient s'approcher de sa gamine, c'était Helena elle-même qui les rembarrait sèchement, pour pollution d'espace vital. Landers était bien partit pour suivre les traces de ses congénères. D'ordinaire, un tel comportement avait le don d'agacer la jeune femme. Cette fois-ci cependant, elle laissa glisser, essentiellement parce que le café qu'il lui présentait avait l'air bon, malgré la triste mine de la cafetière.

Helena saisit sa tasse avec reconnaissance et attendit qu'il se réinstalle derrière son bureau avec son propre mug pour boire.

Le café était chaud, allongé comme il le fallait et sucré, alors qu'elle ne l'avait pas vu verser quoique ce soit dans sa tasse. Qu'importe, le liquide faisait son œuvre, glissant le long de sa gorge avec délice. Comme son père, elle raffolait de ce genre de boissons. Elle n'avait pas eu trop l'occasion d'en gouter durant sa jeunesse et sa première gorgée avait été un fond de gobelet qu'elle avait sifflé sous le nez de son paternel, trop absorbé par sa paperasse pour s'en rendre compte. Elle avait rapidement saisi qu'il s'agissait de la boisson sacro-sainte des militaires, synonyme de la non moins sacro-sainte pause, et qu'elle permettait en outre de tenir toute une journée éveillé sans risque de piquer du nez sur ses papiers. Roy était souvent obligé d'en abuser et sa benjamine avait pris le pli. En grandissant, sa consommation était allée croissante elle aussi et Jean ne ratait pas une occasion pour lui offrir une tasse à la machine du coin.

Elle savoura l'arôme amer du café et leva les yeux vers Landers qui sirotait sa tasse avec un air rêveur sur les traits, les yeux dans le vague. Dieu, ce pauvre garçon semblait tellement à côté de la plaque en cet instant que s'en était presque effrayant. Helena espérait qu'il ne soit pas ainsi durant ses investigations. Elle n'avait jamais entendu parler de cet inspecteur avant aujourd'hui et ignorait si c'était parce qu'il était encore jeune dans le métier ou bien qu'il ne méritait vraiment pas d'être cité dans les archives militaires. Au quel cas, c'était un peu embarrassant. Elle le découvrirait dans peu de temps de toute façon. Se raclant la gorge et tirant l'homme de ses pensées par la même occasion, Helena se redressa un peu sur son siège (Se rendant compte qu'elle s'était laissée alors contre le dossier sans même faire attention. Son dos réclamait un peu de confort, elle devait bien l'avouer).

_ Sans vouloir vous offenser Mr. Landers, j'aimerais sincèrement rentrer rapidement à East City et terminer cette affaire au plus vite. Aussi, si nous pouvions commencer dès maintenant, je vous en serais très reconnaissante.

_ Bien entendu ! Il eut l'air un peu confus mais ne dit rien de plus et fouilla dans ses papiers pour en tirer le dossier qu'il avait constitué sur l'affaire. Déblayant son bureau d'un bon nombre de cochonneries, il étala une carte sur le bois et tint une liste de ce qui semblait être les victimes.

_ On vous a fournis les photos je crois…

_ Ainsi que les déclarations des familles. Avez-vous des suspects potentiels ?

_ Aucun pour le moment et je le déplore. Les gens sont tellement bouleversés par tout ce qui arrive. Ça et la fermeture de l'exploitation minière qui constituait la principale ressource commerciale du village, autant dire que ça ne va pas fort.

Helena leva un sourcil intrigué.

_ Une exploitation minière ? J'ignorais qu'il y avait une industrie pareille dans la région.

_ C'est une petite entreprise vous savez, Landers haussa vaguement les épaules. Il y a eu des éboulements, elle est close pour un certain moment, le temps que les gars remettent les tunnels en état. Mais ça fout un sacré moral aux troupes. Vous devez connaître ça, non ?

_ Secret militaire , je suis navrée.

Surtout qu'elle n'avait aucunement l'envie de s'étaler sur pareil sujet. L'homme lui adressa un sourire, comme s'il pouvait réellement comprendre ce qu'elle ressentait.

_ Bien entendu, je comprends. Alors…qu'est-ce que vous voulez savoir ? Mes collègues et moi-même avons tout remis aux militaires et depuis, nous n'avons rien trouvé de plus.

_ Les adresses des disparues et tout ceux qui seraient éventuellement susceptibles d'être impliqués d'une manière ou d'une autre dans cette affaire. Avez-vous des suggestions concernant ces enlèvements ? Est-on d'ailleurs certain qu'il ne s'agisse pas de fugues ?

L'hypothèse lui avait paru assez grotesque pour tout dire, mais Gust ne l'avait pas écartée pour autant. Mais à part une fugue massive...non, ce chemin collait encore moins avec ceux qu'elle avait pu élaborer jusqu'à maintenant. Landers se gratta la nuque, embêté. Il était impressionné par le sérieux et la quasi froideur qui émanait de la jeune femme devant lui. Il était petit inspecteur de campagne, et était venu s'installer ici sitôt ses examens validés, il n'avait jamais vraiment connu de situation intimidante durant sa carrière et le regard dur de la fille le mettait mal à l'aise. Il n'était pas dans sa nature de se montrer si sérieux et coincé. Il faisait son boulot, pouvait bien sûr se montrer ferme et inflexible, mais les évènements avaient toujours fait qu'il n'avait jamais réellement eu besoin de se mettre en avant, d'élever la voix.

Bien que plus âgé qu'elle, il se sentait étrangement insignifiant. De par son grade déjà, Helena lui était supérieure, et c'était suffisamment déroutant de devoir se mettre sous les ordres d'une enfant. Mais son attitude plus que professionnelle était également stupéfiante et un rien oppressante. Il se dégageait d'elle une force froide, parfaitement maitrisée, qui la rendait deux fois plus dangereuse que la normale.

_ Je ne pense pas Major, déclara l'homme se tendant sans même sans rendre compte. Qui avait-il dans ses yeux bleus pour qu'il se sente à ce point mal à l'aise ? Qu'avait-elle dit ou fait pour qu'il se fige sur place sans aucune raison ? Cette petite lueur agacée peut-être.

Gust soupira, secouant la tête et terminant son café. Elle se leva et s'approcha de la table.

_ Je veux que vous me remettiez tous les documents dont vous disposez, les adresses des familles, les rapports des enquêteurs, les suspects éventuels, les derniers problèmes, même quelconques, qui ont été rapportés au village. J'aimerais également que vous mettiez en place une surveillance sur les jeunes filles correspondant au type des disparues, résidant encore dans le village. S'il en reste, bien entendu, et si vous avez suffisamment de personnel. Si cela n'est pas trop demander, j'aimerais d'ailleurs avoir un entretien avec chacune d'entre elle.

Landers secoua fermement la tête, impressionné. Elle avait une sacrée poigne la gamine. Et déterminée avec ça !

_ Bien sûr, tout ce que vous voudrez. Je vais envoyer les documents à votre hôtel, le maire m'a prévenu. Euh…vous voulez une carte du village aussi ? Pour les adresses…

Helena sourit, mais son sourire n'avait rien de franchement amical. Un rien carnassier à dire vrai.

_ Merci, Mr .Landers. J'aimerais que vous soyez disponible dès que j'aurais besoin de vous. Seule, je ne pourrais pas arrêter ceux qui commettent ces crimes, j'ai besoin de votre entière coopération. La vôtre et celle de vos hommes.

_ Oui, Major Lewin, déclara solennellement le blondin avec un air très sérieux. Devant une autorité pareille, on avait tendance à s'écraser plus qu'autre chose. De toute façon, elle était là pour les aider, il devait suivre ses directives pour retrouver ces filles. Helena sourit en se redressant. En quelques minutes, son nouvel associé tira de son bureau les documents désirés et les lui remit avec des gestes fébriles. Gust le remercia et s'apprêtait à quitter la pièce.

_ Continuez à chercher des coupables Mr. Landers, et avertissez moi, ou mes compagnons, du moindre avancement dans vos enquêtes. Nous en ferons de même de notre côté, soyez en sûr.

_ Bien. Merci de votre aide Major. J'ignore si nous y serions arrivés sans vous.

_ Ces malfaiteurs ne sont pas encore sous les verrous. Merci pour le café Mr. Landers. Je repasserais sans doute en prendre un autre, si jamais j'ai l'occasion.

Le laissant planté au milieu de la pièce, la bouche entrouverte sous le choc, Helena quitta vivement les lieux, croisant quelques policiers qui la regardèrent passer d'un drôle d'air cependant qu'elle souriait un peu.

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Edward gronda en avalant son café bouillant, se brulant cruellement la langue dans sa précipitation. Comme souvent ces derniers temps, il s'était levé du pied gauche et sa mauvaise humeur planait au-dessus de sa tête comme un nuage menaçant. Assis à la table près de lui, son frère ne faisait aucune remarque quant au fait qu'il mangeait trop vite et comme un malpropre, s'attirant un discret regard courroucé de la part des quelques clients réunis dans la salle à manger. Alphonse avait été stupéfait de constater qu'ils n'étaient pas les seuls dans l'hôtel, comme il l'avait cru d'abord. Le tourisme ne semblait pourtant pas être la principale économie de la petite ville et le cadre ne s'y prêtait guère de toute façon. Mais il y avait avec eux quelques locataires venus des quatre coins d'Amestris, descendus dans ce village pour « changer de paysage ». Ah ça…

Lorsque les frères Elric s'étaient levés, ou plutôt, lorsqu'Edward avait daigné sortir le nez de l'oreiller et se réveiller, ils avaient eu la surprise de trouver leur suite vide de la présence de Gust. Ses affaires étaient encore là, preuve qu'elle ne s'était pas carapatée en pleine nuit, mais son sac avait disparu, les amenant à croire qu'elle vadrouillait quelque part dans le village.

Ils avaient bien trouvé une note sur la table basse, leur indiquant qu'elle reviendrait dans peu de temps, mais cela ne les avaient guère aidé à savoir ce qu'elle était partie faire seule, à une heure si matinale. Ed avait pesté contre son écriture quasi-illisible et Alphonse, diplomate jusqu'au bout des gants, avait préféré se taire à ce sujet, ne voulant pas lui faire remarquer que dans le genre, il n'était pas mal non plus. Il n'était pas très tard, 8h30 à peine quand ils étaient descendus pour prendre leur petit déjeuner. La salle à manger était presque vide, à l'exception d'une ou deux tables, un couple et un homme d'âge mur qui lisait son journal. L'homme les avait ignorés, se contentant d'un regard bref par-dessus ses feuilles, mais le couple les avait gentiment salués, avec des sourires ravis comme s'ils passaient le meilleur moment de leur vie.

Ed avait ronchonné une réponse avant de s'installer, de mauvais poil. Il n'aimait pas vraiment que Gust se la joue en solo. Déjà qu'il avait du mal à accorder sa confiance à cette fille, elle ne venait pas arranger son cas en se sauvant comme une voleuse au petit matin. Qu'y avait-il d'intéressant à faire dans ce village, de toute façon ?

La vieille cuisinière de l'hôtel était venue leur proposer le menu à petits pas trainants. Haute comme trois pommes, flétrie et rabougrie, sa voix était chevrotante et ses yeux gris étaient si délavés par l'âge qu'elle ne devait plus y voir très clair. Le dos arrondis et les mains pleines de rides, mal assurées, elle leur avait ramené tout ce que le vorace estomac sur pattes avait pu commander. Rayon de soleil de sa journée, la vieille se débrouillait bien avec la cuisine, c'était au moins ça de gagné.

_ Qu'allons-nous faire aujourd'hui Grand-Frère ? Et tu as de la crème sur le nez.

Ed s'essuya d'un geste vif et porta son attention sur son cadet, sagement assis sur sa chaise sans bouger de crainte de faire s'effondrer le fragile mobilier. Le blond haussa les épaules.

_ Retrouver cette pimbêche déjà. Et sinon, commencer nous même les recherches de notre côté. Faire un tour du village, interroger les commerçants, ça me semble pas mal pour un début.

_ Elle a dit que les paysans aussi devaient avoir subi des pertes.

_ Concentrons-nous sur le village déjà, c'est bien assez. J'espère juste qu'elle s'est pas planquée dans un coin pour nous laisser tout le boulot.

Alphonse eut un soupir et un air courroucé se peignit mentalement sur son visage de fer.

_ Je ne pense pas que ce soit son genre, Grand-Frère.

_ Qu'est-ce que t'en sais ? Grogna Ed en se levant, s'essuyant rapidement avec sa serviette. Il avait littéralement dévoré sa part et celle de son frère, son estomac était comblé et son moral quelque peu remonté. Un bon point, quand on savait que son humeur était bien souvent proportionnelle à la nourriture qu'il avait dans le ventre.

Alphonse le suivit dans le hall, puis à l'extérieur, saluant le réceptionniste qui fut aussi aimable que la veille. Ils se retrouvèrent sur la terrasse découverte, un petit vent frai balayant le lieu. Ed resserra machinalement son manteau en levant le nez vers le ciel grisâtre. Formidable. Un temps de merde en plus. Qu'est-ce que les dieux avaient contre lui, bon sang ?

Fidèle à son plan, le Fullmetal entraina son cadet à sa suite pour un rapide tour du village. Ils n'avaient pas fait deux pas et tournés le coin de la rue qu'ils s'emplafonnaient déjà dans un inconnu, lui arrachant un douloureux cri de stupeur et le faisant reculer de plusieurs pas.

_ Pouvez pas regarder où vous allez, non ? Tempêta Ed en se massant le front, mécontent. Ses yeux se posèrent sur son vis-à-vis et une moue désabusée glissa sur ses traits. Oh, c'est toi.

Sous-entendu c'est sans importance alors.

Helena lui renvoya un regard furieux, se frottant l'épaule où le Fullmetal était venu violemment taper. Y avait pas à dire, il tenait bien sa réputation de « foncer dans le tas tête baissée. »

_ Un « je suis désolé » aurait suffi, rétorqua-t-elle sèchement. Qu'est-ce que vous faites là ?

_ On pourrait te retourner la question. On n'était pas censé travailler en équipe ?

_ J'ai laissé un mot sur la table pour que tu évites de gaspiller ta salive à demander, je vois que ça a été très utile.

_ C'était donc ce que voulaient dire les hiéroglyphes sur ce morceau de papier, fit mine de comprendre le jeune blond, cynique. Tu m'excuseras si je n'ai pas su le déchiffrer, je ne lis pas le xinnois, moi.

Helena le considéra un instant, hésita entre une remarque cinglante sur un ton aussi acide qu'il lui lançait à la figure depuis qu'ils s'étaient rencontrés, ou bien laisser glisser, une fois de plus, histoire de ne pas perdre davantage de temps. Elle souffla un bon coup et fit un geste de la main pour désigner la route d'où elle venait.

_ Je me suis permise de prendre de l'avance sur notre charmant programme en allant visiter l'inspecteur Landers et en profiter pour récupérer les coordonnées des familles des disparues, que nous allons d'ailleurs voir de ce pas, puisque que nous sommes tous dehors.

_ Pour quoi faire ? demanda Alphonse, curieux, de sa petite voix innocente qui tranchait si vivement avant l'aspect terrifiant de son armure. Leurs déclarations ne sont-elles pas consignées dans le dossier que nous a remis le Colonel ?

Helena lui jeta un regard en coin, déjà partie le long de la rue, ses papiers en mains.

_ Je dois t'avouer que pour le moment, tout ce qui concerne cette enquête me semble être très superficiel et je tiens à vérifier toutes les informations que l'on a, même si c'est inutile. Et puis qui sait, on pourra peut-être glaner deux, trois indices supplémentaires.

L'armure hocha la tête, trottinant aux côtés de son frère dans un vacarme impressionnant. L'ainé avait affiché une mine boudeuse, les mains profondément enfoncées dans les poches, parfait gamin à qui on vient de retirer son jouet. Alphonse s'avança à la hauteur d'Helena qui lisait rapidement son morceau de papier et tentait dans le même temps de se repérer sur une carte que Landers lui avait gentiment fournie.

_ Ne serait-ce pas plus rapide de se séparer ? Suggéra-t-il. Ed et moi pourrions partir interroger quelques personnes pendant que vous faites les autres ?

Helena s'arrêta au milieu du chemin, levant le nez vers le ciel comme si la réponse s'y trouvait. Elle se tourna vers Alphonse et se pencha un peu pour apercevoir le Fullmetal qui shootait rageusement dans un caillou, colérique. Elle revint sur Al, extrêmement sérieuse.

_ Vous vous sentez de taille pour ça ? Interroger des personnes qui souffrent mais peuvent également être suspectes ? Faire face à leur deuil ou au contraire devoir calmer de faux espoirs ? Récolter suffisamment d'informations sans pour autant vous mettre dans une situation délicate ?

Elle dramatisait peut-être un peu, mais il lui était déjà arrivé de mener quelques interrogatoires déplaisants avec des familles en deuil. Ce qui n'avait vraiment rien de réjouissant et la mettait toujours aussi mal à l'aise. Elle ne connaissait personne capable de réellement s'habituer à ce genre de choses. L'Ecarlate peut-être, bien qu'il ne soit jamais un très bon exemple et qu'elle doutait fortement qu'il prenne le temps de parler à des inconnus pour découvrir un coupable.

L'armure la fixa et se redressa, bombant ce qui lui servait de torse avec ce qu'elle soupçonnait être de la fierté et de l'assurance, sans pour autant le voir. Il était étonnant de constater que même dans un corps de fer totalement stoïque, Alphonse était capable de faire passer dans le métal, une foule d'émotions.

_ Oui. Ed et moi avons déjà travaillé ainsi, mon frère est tout à fait capable de mener une enquête. Et je serais là aussi.

Manière assez directe de dire qu'en cas de problème avec l'ainé, le cadet saurait rattraper le coup. Après tout, il était le plus à même de canaliser son frère, il le connaissait mieux que personne et sa nature douce et posée devait influencer sur celle du Fullmetal. Le fait de vouloir se séparer n'était peut-être pas seulement pour pouvoir gagner du temps, songea Helena en les observant très attentivement. Depuis le début, elle et Edward n'avaient pas arrêté de se chercher des poux dans la tonsure. Peut-être qu'en s'éloignant un peu chacun de leur côté (chose qu'ils n'avaient pas réellement pu faire depuis quelques jours), leurs humeurs respectives s'amélioreraient ? Repartir sur des bases plus saines était peut-être un peu trop optimiste, mais une meilleure ambiance au sein de leur petit groupe aiderait surement à avancer plus vite et plus efficacement. Helena resta un moment sans rien dire puis elle hocha la tête, lui offrant un sourire confiant. Après tout, elle ne serait pas toujours derrière leur dos non plus. Et s'ils disaient être capables de se débrouiller sans elle, qu'il soit ainsi, elle n'allait certainement pas les forcer à faire le contraire !

_ Très bien, je vous laisse seuls. On se retrouve à l'hôtel pour le déjeuner afin de faire un premier point. Voici une série d'adresses, elle lui tendit un papier et la carte qu'elle tenait à la main. Et de quoi vous repérer.

_ Mais…et vous ?

_ De ? Alphonse agita la carte et elle comprit. Oh, non ça devrait aller. Ravenberg n'est pas un grand village et j'ai une assez bonne mémoire visuelle. Je pourrais toujours demander mon chemin, je sais encore parler leur langue.

Alphonse sourit mentalement avant de se rappeler qu'aucune expression ne s'affichait sur son visage et il rit doucement. Helena sourit de nouveau et lui tapota amicalement l'épaule, le métal de son auto-mail heurtant le sien avec un tintement sonore mais curieusement mélodieux. Comme quoi, ce corps pouvait tout de même produire quelque chose de bien malgré les apparences.

_ Eh bien allez-y alors. Veillez simplement à ne pas trop attirer l'attention sur vous.

Ce faisant, elle lança un long regard appuyé à Ed qui tourna la tête, ne lui prêtant pas la moindre attention. Helena secoua la tête, navrée puis elle tourna les talons et repartit le long de la rue sans plus perdre de temps. Alphonse jeta un coup d'œil à son frère qui ne semblait plus être très motivé pour la suite, puis à la carte et à sa liste d'adresses.

_ Bien…on n'a qu'à commencer par Mr et Mme Braun...


voila voila...toujours en très bons termes nos petits alchimistes. Alors quelques précisions en lisant et relisant les reviews des derniers chapitres: InkBox m'avait fait remarquer que Ravenberg, en allemand, voulait dire de manière plutôt littérale si je ne m'abuse: Montagne Corbeau. je ne fais pas d'allemand, donc je lui fait confiance pour la traduction et il se trouve que ça risque de me servir pour plus tard. Comme quoi, le hasard fait bien les choses, merci Ink!

ensuite, deuxième remarque de InkBox qui me disait que la collection d'assiettes chez les Ackermann lui faisaient penser à celle du professeur Ombrage dans Harry Potter. Petit clin d'oeil volontaire, de même pour le personnage de Gretchen, fortement inspiré de celui de la tante Pétunia. ^^Et oui, même si le dernier tome ne m'a pas plut autant que les autres et que je trouve les films tout bêtement horribles à partir du 4ème volet, je suis une fan d'Harry Potter, ou plus particulièrement de son univers (le personnage en lui même est d'un c...restons polie, hein? ^^)

enfin voila, je vous remercie tous très fort pour vos encouragements et vous souhaite une bonne rentrée (eeeeh oui, déjà...monde cruel tiens.)

A la prochaine.