Helloooo mes adorables petits lecteurs que j'aime plus que tout ! (jette un oeil à droite à gauche pour voir s'il y a encore du monde dans la salle)

Pour ceux qui sont encore là, merci de votre fidélité! J'avoue que j'ai eu du mal à sortir ce chapitre, surtout la fin, qui ne voulait pas venir (la saleté.) D'ailleurs à ce propos, je vous prie de remercier très fort Celine96, qui a eu la gentillesse de m'aider pour ne pas tomber dans la spirale infernale de la dépression (na, j'déconne, mais elle a été d'un grand secours, c'est grâce à elle que vous avez ce chapitre par ailleurs, sinon, ça aurait encore trainé pendant des semaines) et qui a également relut ma fic pour m'aider à la correction. Merci!

J'vous emmerde plus, bonne lecture à vous.


_ Al, c'est quoi ça ?

_ Hum ?

L'interpelé se tourna vers son frère en levant mentalement un sourcil étonné, un discret sourire en coin tout aussi fictif. Edward se tenait debout devant la table basse agitant à son attention une liasse de papiers griffonnés qu'il venait de trouver là, soigneusement empilés sur le meuble.

Assis à la table du salon, calée dans un coin de la pièce non loin de l'unique fenêtre, Alphonse observait son frère qui regardait les documents comme s'il s'agissait d'un produit chimique particulièrement dangereux, à traiter avec le plus grand soin. L'armure aurait dû le parier. Ce matin, lorsqu'il était sorti de la chambre pour aller chercher le petit déjeuner de son frère qui refusait, lui, de quitter le lit; il avait trouvé le salon vide, la présence de Gust totalement effacée. Elle devait les avoir quittés relativement tôt, pliant la couverture dans laquelle elle avait dormi, laissant sur la table ses propres recherches. L'armure aurait souhaité qu'elle reste pour s'expliquer calmement avec son ainé mais sans doute était-ce encore trop demander pour les deux partis.

_ J'en sais rien, Ed. Tu as dû oublier de ranger ça hier soir, c'est tout.

_ J'écris pas aussi mal, merci bien, rétorqua le petit blond en plissant les yeux pour déchiffrer les pattes de mouche. Il poussa un juron sonore et reposa rageusement les feuilles sur la table, laissant quelques papiers glisser au sol. Alphonse poussa un soupir métallique.

_ Gust est revenue ici cette nuit, c'est ça ?

Le plus jeune haussa ses larges épaules en grinçant.

_ Je n'en sais rien…

_ Te fous pas de moi, Al. C'est son écriture, je vois pas comment ses notes auraient pu atterrir ici autrement.

_ Et alors, ça te dérange ?

Edward leva un sourcil septique, se laissant nonchalamment tomber sur le canapé. Il posa sa jambe gauche sur la table, étendant ses muscles artificiels endoloris. L'humidité et les températures basses le faisaient souffrir. Bien que ne s'en plaignant pas le moins du monde, la douleur se faisait clairement sentir sur son humeur de chien. Machinalement, il massa les nerfs, déplaçant les plaques de protection pour y avoir un meilleur accès. Winry avait fait des merveilles, garantissant à la machine une imperméabilité totale à l'eau et au besoin, la neige. Cependant, les baisses de pression ne l'empêchaient pas de souffrir un peu, comme ces vieilles personnes et leurs articulations douloureuses, et toute la science de son amie ne pourrait rien y faire.

Malgré lui, le plus jeune Alchimiste d'Etat de l'histoire songea à Gust, qui devait, à moins erreur de sa part, crapahuter dans le vent avec sa greffe déglinguée. Comme Al, il avait été étonné en la voyant pour la première fois chez sa grand-mère. Pourquoi diable se borner à garder une telle épave au bras ? Le membre mécanique remplaçait l'original, le mieux était tout de même d'avoir la meilleure maniabilité possible, la plus grande agilité et légèreté. Ne serait-ce que pour le confort du greffé. Edward était suffisamment conscient des désagréments engendrés par une prothèse trop lourde (notamment au niveau de la croissance…)

Alors pourquoi Gust se bornait-elle à trainer un tel poids, qui ne faisait que l'entraver plutôt que de lui rendre service ? De toute façon, cette fille ne faisait rien de vraiment conforme à la logique…

Il reporta son attention vers son frère, qui attendait sa réponse, et haussa les épaules, tirant un couinement léger de son bras métallique.

_ Comment ça ?

_ Le fait que Gust nous donne son travail pour nous aider, ça à l'air de te poser problème. Je trouve ça plutôt sympa de sa part, compte tenu des récents évènements qui, avoue-le, ne te sont pas totalement étrangers.

Edward ouvrit la bouche, prêt à répliquer, et la scène de la veille se rejoua dans son esprit, lui tirant des rougeurs de gêne sur les joues. Bien que répugnant à l'admettre, Alphonse n'avait pas tout à fait tort sur ce point, il avait tout fait pour faire sortir la jeune femme de ses gonds. Il ne s'était juste pas attendu à ce que cela marche si bien…Helena n'était-elle pas censée être plus calme et posée que lui ?

Le jeune homme secoua la tête, agacé, évitant de répondre à la question de son frère et se releva, retournant chercher les feuilles qu'il avait laissé tomber. Il devait bien admettre qu'elles leurs seraient utiles, Gust était bien plus fine qu'eux en matière d'investigation et cela leur éviterait de passer par des endroits qu'elle avait déjà visités. Quoique le jeune Fullmetal ait pu dire ou faire à son encontre, Lewin ne laisserait plus rien entraver sa mission.

Avec un soupir, Edward entreprit de décrypter les notes de leur collègue désormais plus invisible qu'une ombre, assis à la table de leur salon en mâchonnant un crayon. Bien que son écriture soit affreusement tassée et presque illisible, le contenu des documents en lui-même était incroyablement précis et organisé, sans aucune faute ni le moindre oubli concernant les entretiens qu'avait fait passer l'inspecteur. Le blond s'étonna de la formidable mémoire de l'autre, quand il lut le compte rendu du seul interrogatoire auquel il avait assisté, retranscrit à l'exact. Gust avait-elle d'autres talents du même genre ? Il semblait que rien n'était totalement impossible à cette fille.

Ed gronda, énervé malgré tout, repoussant les feuilles sur la table. Alphonse leva les yeux de son livre, hésitant à tendre une main pour les récupérer et y jeter lui aussi un coup d'œil. Malgré sa curiosité maladive, il s'était retenu de le faire en se levant, ce matin-là. Il ignorait bien pourquoi d'ailleurs, il avait en général peu de scrupules à fourrer son nez dans les affaires de son frère, même quand cela concernait l'armée. Surtout, quand ça concernait l'armée en fin de compte.

Cependant, il s'était retenu pour les travaux de Gust, attendant l'autorisation implicite de son frère ainé qui se massait les tempes, les coudes sur le bois.

_ Qu'est-ce qu'on va faire aujourd'hui, Ed ? Questionna le plus jeune en parcourant rapidement les feuilles du regard, attrapant au passage deux trois informations. Le major Lewin semble avoir interrogé les commerçants du coin. Peut-être qu'on devrait essayer avec les paysans. Ils sont suffisamment nombreux et éloignés pour qu'on ne se croise pas…

Ed jeta un coup d'œil à la fenêtre, notant une fois de plus le ciel gris et les nuages bas, menaçants, annonciateurs d'une pluie imminente. Existait-il une autre météo que celle-ci dans cette région de malheur ? Il retenait Mustang de l'avoir collé sur cette foutue mission… Dès son retour à East City, une fois tout ce cirque terminé, il se ferait une joie de lui foutre son poing dans la tronche.

Le jeune blond soupira, se callant contre son siège.

_ Je crois qu'on n'a pas le choix de toute façon. Je doute que ça serve à grand-chose, mais bon. Gust avait pas dit qu'il y avait une mine dans le coin ?

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_ Je suis navré Mademoiselle, mais l'accès n'est autorisé que pour le personnel ou avec un laissez-passer écrit et signé par le maire.

Helena se pinça l'arête du nez pour ce qui semblait être la cinquantième fois de la matinée, poussant un soupir monumental qui envoya voler quelques mèches égarées sur son front. Elle se demandait vaguement ce qui la frustrait le plus: avoir dû se battre pour obtenir un itinéraire juste et précis pour monter jusque-là; ou bien expliquer à ce garde borné qu'elle était Alchimiste d'Etat et qu'elle avait besoin d'entrer dans cette saloperie de caverne pour les aider.

L'entrée de l'exploitation minière se situait à flanc de montagne, à plusieurs kilomètres du village. L'accès n'y était pas des plus faciles, que ce soit en voiture ou à pieds, le chemin qui y montait n'était composé que de virages en tête d'épingle qu'elle avait pris à deux à l'heure, priant tout ce qu'elle savait pour que rien ne lâche dans la voiture. Ou qu'elle ne fasse pas de fausses manœuvres. Mustang le lui avait fait plusieurs fois remarquer quand elle était plus jeune (et même encore aujourd'hui, il n'hésitait pas à la charrier sur ce sujet) elle n'avait jamais été très douée pour tout ce qui touchait du domaine de la mécanique et technologique. Que ce soit la simple machine à café de leur maison – qu'elle avait réussi tant bien que mal à dompter après des années passées à en tirer un jus de chaussettes immonde— ou bien comment conduire une voiture, l'apprentissage avait été long et délicat. Il semblait que toutes les machines qu'elle croisait lui en voulaient personnellement, ou bien qu'elle était victime d'une étrange malédiction. Roy avait depuis longtemps arrêté de l'envoyer faire des photocopies: neuf fois sur dix, le dispositif et Helena ne s'en sortaient pas indemnes.

Toujours était-il que monter là-haut avait été un combat et qu'une fois arrivée, elle aurait au moins voulut qu'on lui cède le passage sans faire d'histoire. Décroisant les bras, Helena respira à fond. Elle avait été négociatrice dans pas mal de conflits et autres traités concernant l'armée, elle allait quand même bien pouvoir réussir à faire plier cet imbécile sans lui fourrer son poing dans la figure !

_ Ecoutez, Monsieur. Rester polie, en toutes circonstances, avec un sourire 15mille volts au besoin. Helena aurait aimé pouvoir hurler sa frustration qui commençait un peu trop à s'accumuler. Je ne sais pas quelles preuves supplémentaires il vous faut. Je suis Alchimiste d'Etat, j'ai été envoyée ici pour résoudre cette affaire de disparitions. Le maire est parfaitement au courant de mes allées et venues. Si vous avez du temps à perdre, aller donc chercher confirmation, moi je n'en ai pas.

_ Les mines sont fermées je vous dis ! Insista l'autre, prouvant par la même occasion qu'il n'avait strictement rien écouté au discours de la jeune femme et commençait lui-même à s'énerver.

Elle lui cassait les pieds, cette étrangère qui se croyait tout permit sous prétexte qu'elle agitait une montre à gousset sous son nez. Les règles étaient les règles, elles s'appliquaient à tout le monde dans le village.

Helena gonfla les joues, retenant sa respiration pour ne pas hurler et se mis à taper du pied, considérant sérieusement le fait d'envoyer ce type borné au tapis comme étant une option valable. Ils étaient seuls, un simple revers suffirait pour un aller simple au pays des songes et ce, suffisamment longtemps pour qu'elle puisse s'occuper de ses petites affaires et entrer là-dedans comme si de rien était.

En même temps, ce n'était pas comme si l'idée de se jeter tête première dans ces mines l'enchantait particulièrement. Qui aurait envie de se ruer dans cette antre noire qui puait le souffre et la moiteur à plein nez ? Peut-être pouvait-elle déléguer ceci au Fullmetal…

Non, c'était ridicule. Elle devait y aller, le jeune pourrait louper un indice crucial si elle ne passait pas derrière, par simple mesure de sécurité. Deux regards avisés valaient mieux qu'un, n'est-ce pas ? Encore fallait-il qu'elle puisse en jeter un, de coup d'œil.

La brune inspira un grand coup, cherchant à calmer le plus rapidement possible ses nerfs bouillonnants. Helena était une jeune femme globalement compréhensive et pleine de patience à l'égard des autres. Cependant, il arrivait que les vannes de son self-control se brisent et il n'était pas conseillé de rester près d'elle à ce moment-là.

Malgré toute sa bonne volonté, Helena vit rouge lorsque le garde tourna les talons, ne lui accordant plus un regard, considérant la conversation comme définitivement close.

En un pas, Gust fut sur lui, abattant sèchement sa main sur son épaule. L'homme se retourna, ses doigts planant sur la matraque qu'il portait à la ceinture, prêt à dégainer et se défendre. Helena ne lui en laissa pas le temps, son auto-mail saisissant l'homme au collet, le soulevant sans le moindre effort à quelques centimètres du sol. Le garde haleta, sous le choc, portant instinctivement ses mains à celle de l'Alchimiste qui durcit sa poigne et le contempla froidement, effrayante. La lueur mauvaise et plus dure que l'acier qui brulait farouchement dans ses yeux ardoises suffit au garde pour qu'il cesse de s'agiter vainement.

Helena le laissa reconsidérer la situation une paire de secondes avant de parler. Sa voix était basse et dénuée de tout sentiment, si plate qu'elle en devenait terrifiante et mortelle.

_ Je déteste me répéter. Aussi, je vous conseille vivement de m'ouvrir cette barrière de votre plein gré, sans quoi vous ne serez pas en mesure de travailler pour les prochains mois.

Appuyant ses dires d'une pression supplémentaire sur l'uniforme de son vis-à-vis, elle eut la satisfaction de le voir déglutir aussi bruyamment que possible, les yeux exorbités, voltant nerveusement de gauche à droite, cherchant une échappatoire inexistante. N'obtenant toujours pas de réponse de la part du principal intéressé, Helena le secoua un peu plus durement, récoltant au passage un glapissement étranglé qui lui tira un sourire en coin.

_ Ou-oui ! Tout de suite mademoiselle ! Mais reposez-moi s'il vous plait !

Le sourire de Gust s'élargit, devenant presque carnassier et elle consentit à accéder à la requête de l'agent de sécurité, le lâchant sans ménagement. Elle ne l'avait pas tenu assez haut ou suffisamment fort pour que sa vie soit réellement menacée, mais son intervention avait eu son petit effet. Le garde lui jeta un coup d'œil effrayé, se massant machinalement la gorge. Les jambes flageolantes, il se dirigea d'un pas mal assuré vers les barrières que l'on avait mises en place afin de boucler l'accès au secteur. Helena le suivit, se délectant mentalement de la peur du type devant elle, qui ne cessait de la surveiller du coin de l'œil comme s'il craignait qu'elle ne lui saute de nouveau dessus.

Gust soupira mentalement. Elle détestait perdre ainsi le contrôle de ses nerfs. Lorsque, plus jeune, il lui arrivait d'être victime de ces sautes d'humeur exécrables, Roy était toujours là pour la calmer. Il lui renvoyait alors d'elle une image si honteuse qu'elle s'arrêtait presque aussitôt, mortifiée de voir briller dans ses yeux une flamme déçue. Sa crainte à l'époque, et comme la majorité des orphelins, était qu'il ne l'abandonne de par son comportement hors du commun. Helena n'avait pas été une enfant facile, elle-même le reconnaissait, et avait donné bien du fil à retordre à son paternel de substitution. Mais elle avait appris à se maitriser, faisant d'innombrables efforts pour ne plus avoir à contempler une fois encore ce regard glaçant.

Qu'un simple refus de la part d'un garde qui ne faisait, après tout, que son travail, la fasse à ce point flancher l'inquiétait quelque peu et la dégoutait tout autant. Fallait-il que Roy soit continuellement dans son dos pour qu'elle se comporte de manière décente ?

Abaissant leviers et manettes, ledit garde lui ouvrit l'accès aux mines, non sans la regarder passer d'un air oscillant entre l'incrédulité apeurée et le mépris profond. Helena le remercia d'un simple signe de tête, ne s'attardant pas plus que nécessaire et pénétra dans le boyau humide et peu rassurant.

Il ne lui fallut que quelques mètres pour comprendre qu'elle aurait toutes les peines du monde à aller plus loin.

Helena s'arrêta, figée sur place tandis qu'autour d'elle grandissaient des ombres moites et suffocantes.

'Mon dieu…'

Gust déglutit, fermant brièvement les yeux avant de les rouvrir, ne supportant pas le noir qu'ils apportaient. Bon sang, elle savait pourtant qu'elle détestait les endroits clos et peu éclairés, mais elle pensait tout de même pouvoir se maitriser ! Tâtonnant à son côté, la jeune femme fouilla sa sacoche d'une main tremblante, la respiration difficile. Elle en tira une lampe torche et inhala profondément pour calmer son cœur palpitant, soulagée lorsque le faible pinceau de lumière jaunâtre éclaira finalement l'espace autour d'elle. Helena resta une minute immobile, puis, lentement, balaya les murs suintants qui l'enfermaient telle la gueule d'un animal.

'Calme toi ma grande. Tu as en vu d'autres, pas vrai ? Et tu n'as pas le choix. '

Finalement, elle aurait mieux fait de laisser le Fullmetal s'occuper de ça.

Helena reprit sa route –ou la commença plutôt, elle était encore à 10mètres de l'entrée après tout – essayant de faire abstraction du sentiment de malaise qui étreignait son cœur et ne voulait pas la lâcher. Respirer correctement était difficile, ses poumons comprimés par la peur primaire de tout enfant en bas âge. Elle avait ses raisons pour craindre le noir plus que toute autre chose. Lentement, la jeune femme s'avança, le faisceau de sa lampe éclairant régulièrement son chemin en un ballet rassurant. Se sentant à peine mieux, Helena se força cependant à continuer alors que son cerveau s'acharnait à lui hurler l'inverse. Elle laissa courir une main sur la pierre, retraçant mentalement son itinéraire.

Elle avait eu du mal à trouver une carte précise des mines, malgré toute l'aide que lui avait apporté l'inspecteur Landers, visiblement réticent à la laisser aller là-bas. Ce qui avait poussé la jeune femme à vouloir s'y rendre à tout prix, bien entendu. Anton l'avait mise en garde contre la dangerosité de son entreprise, cherchant à la dissuader par tous les moyens possibles. Si son inquiétude avait été amusante, voire même mignonne les premières minutes, Helena avait dû hausser quelque peu le ton et lui assurer que, quoiqu'il dise ou fasse, elle se rendrait aux mines. Landers s'était incliné de bien mauvaise grâce et lui avait demandé d'être extrêmement prudente.

Selon les descriptions de l'inspecteur et de ce qu'elle avait pu elle-même en apprendre, les mines de Ravenberg exploitaient un minerai ferreux tout à fait banal dont ils faisaient commerce avec les villages voisins et parfois même North-City. C'était la principale activité rentable de ce coin paumé et la fermeture du lieu avait eu un impact conséquent sur la population. Les mines en elles-mêmes s'étendaient sur des kilomètres et des kilomètres de galeries, creusant la montagne en s'enfonçant loin dans la roche. Si l'entrée était large et spacieuse, suffisamment pour accueillir des machines et autres outils de terrassement, plus on s'enfonçait dans cette grotte austère moins l'envie de se perdre se faisait ressentir. Des câbles électriques couraient le long des parois à ras le sol, alimentant les installations que Gust voyait briller un peu plus loin et la lumière que personne n'avait songé à remettre. Tout était mort et silencieux, pareil à un tombeau immense qui n'attendait qu'un faux pas de sa part pour la happer toute entière. Helena frissonna quand un souffle de vent traitre siffla tout autour d'elle, s'engouffrant dans les tunnels. Machinalement, elle resserra son manteau et se frictionna les bras. Bien qu'il ne fasse pas si froid, l'air était humide et la température suffisamment basse pour lui tirer des frissons.

Promenant sa torche sur les installations minières, les monte-charges et les treuils qui descendaient dans les galeries inférieures, Helena se demanda un instant ce qu'elle était venue chercher ici. Sur le coup, les mines étaient apparues comme étant une bonne idée, la raison de leur fermeture était floue et cela était assez étrange pour qu'elle veuille en savoir plus. Mais maintenant qu'elle se tenait debout au milieu du couloir rocheux, elle s'interrogeait.

Si elle-même devait enlever des personnes pour X raisons, un tel labyrinthe était l'endroit parfait pour se cacher de tous et en particulier de la police locale. Qui oserait se jeter là-dedans alors que se perdre et croupir comme un rat mort dans cet effroyable dédale était si aisé ? Et comment retrouver un seul homme quand son terrain de chasse se trouvait courir sous des kilomètres de montagne ? Même avec une armada de militaires surentrainés, une traque de cette envergure n'était pas envisageable. Alors à elle toute seule, que pouvait-elle bien faire ?

_ Quelle conne parfois…

Gust sursauta au son de sa voix qui se répercuta en innombrables échos le long des murs. Elle sourit malgré elle de sa stupidité, en espérant mentalement que ce ne soit que passager et décida d'avancer encore un peu. Que risquait-elle, elle n'était même pas à 50 mètres de l'entrée qui se découpait encore dans son dos et maintenant qu'elle en était rendue là, elle pouvait bien rentabiliser son temps le mieux possible. Sans compter que le pauvre gars qui l'avait « laissée » passer risquait de piquer une crise de nerfs s'il la voyait ressurgir de ce trou glauque au bout de 10min.

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_ Merde, j'en peux plus.

Alphonse s'arrêta au milieu du chemin, se tournant à demi vers son frère plié en deux, qui peinait à reprendre sa respiration. Evidemment, pour lui, la montée de ce petit sentier de terre battue était loin d'être une partie de plaisir. Alphonse oubliait souvent que son frère, lui, était encore sujet à la fatigue et gouverné par les besoins de son corps. Non pas que le cadet se montrât égoïste au point de faire abstraction d'un fait pareil, seulement Edward se plaignait rarement de ses muscles endoloris ou bien de ses poumons agonisants, sans doute pour ne pas rappeler au plus jeune des deux, qu'il ne pouvait plus rien ressentir. Ni douleur, ni fatigue, aucune sensation de faim ou bien de soif. Il n'était qu'une armure après tout, un amas de métal contrôlé par une petite âme.

Alphonse redescendit ses quelques mètres d'avance, s'arrêtant au niveau de son ainé, en sueur et suffoquant. Les mains sur les genoux et le dos vouté, son visage devenu presque aussi rouge que son manteau, Edward Elric ouvrait la bouche dans l'espoir d'avaler le plus d'air possible. La montée n'était pas dure en soit, mais seulement incroyablement longue et traitre. Le Fullmetal avait pourtant l'habitude de marcher des heures dans une journée, il ne faisait pratiquement que ça durant ses incessants voyages, mais la montagne avait cette particularité de vous faire croire que votre objectif était là, tout proche.

Alors qu'il était loin, bien plus loin que ce qu'il avait escompté.

Il n'était pas encore midi, et pourtant le blond mourrait de faim et de soif. Comme il avait cru pouvoir en finir relativement rapidement avec ça, il n'avait rien emporté avec lui –grave erreur ! Lui qui était d'ordinaire si prévoyant à ce sujet –et souffrait maintenant de son oubli.

_ Ed, ça va ?

_ Je vais…juste…mourir…, ahana le plus vieux des deux tandis que son petit frère se penchait sur lui, inquiet. L'armure posa sa grosse patte sur le dos du blond, lequel dut se retenir pour ne pas s'affaisser sous le poids supplémentaire. Au lieu de ça, il gémit et se redressa, soufflant doucement pour faire disparaître son point de côté.

Sitôt le petit déjeuner engloutit par la vorace crevette, les deux frères Elric s'étaient mis en route, se renseignant au passage auprès du réceptionniste qui leur avait donné la direction des mines avec son habituel air de croquemort. Edward avait hésité avant de prendre sa décision, mais battre la campagne sans carte adéquate en espérant trouver les fermes perdues au milieu de nulle part ne l'avait pas vraiment attiré. Gust n'avait laissé aucune indication sur ce qu'elle prévoyait de faire à ce jour et le Fullmetal avait décrété qu'il ferait comme bon lui semble.

Bien entendu, la brune avait pris la voiture pour aller dieu seul savait où. En soi, ce n'était pas dérangeant, aucun des frères Elric ne savaient tenir un volant, le véhicule ne leur aurait été d'aucune utilité. Mais se faire le chemin à pied l'était un peu plus et Edward n'aspirait plus qu'à s'assoir et à mourir sur place, abandonnant sa pitoyable carcasse aux bestioles trainant dans les bois.

_ Tu veux que je te porte ?

Edward releva si brusquement la tête qu'il s'en fit mal au cou et manqua se prendre le plastron de son frère. Il lui fit les yeux ronds, clairement choqué par la question. Ok, il était un peu fatigué, mais pas au point de se faire porter comme un môme de 5ans pas capable de faire deux mètres sans brailler qu'il avait mal aux pieds. Il avait sa fierté tout de même.

_ Tu me fais ça, je te jure que je te renie.

Alphonse haussa les épaules, n'insistant pas davantage. Il connaissait suffisamment son frère maintenant pour savoir que celui-ci préférait encore crever dans l'honneur plutôt que de paraitre faible devant son cadet. L'armure devait cependant en convenir, sa proposition avait un côté assez humiliant, que le fier Fullmetal n'accepterait pas. Merde alors, il était le plus jeune Alchimiste d'Etat de tous les temps, il avait une réputation à tenir !

Al songea bien entendu à Helena qui, elle, semblait se foutre complètement de ce genre de choses. Cela ne l'étonnait guère, le major Lewin ne paraissait pas être ce genre de personnes désireuses de garder une parfaite image d'eux-mêmes. Soupirant mentalement, l'armure reprit son ascension comme si de rien était, enterrant l'incident qui n'en était pas un et laissant son frère galérer comme un idiot pour monter ce diabolique faux-plat.

Au prix de bien des efforts, jurons et autres soupirs, les frères Elric atteignirent enfin la lisière de la forêt et leur objectif, à une centaine de mètres plus loin devant eux. Edward, n'y tenant plus, se laissa brusquement tomber sur le bord du chemin, poussant un râle significatif et des plus disgracieux. A priori, les problèmes de fierté personnelle ne concernaient que quelques situations précises. S'affaler le long de la route en expirant bruyamment tout l'air de ses poumons n'en faisait visiblement pas partie.

Alphonse attendit patiemment que son ainé se relève, laissant tout le temps au jeune blondin pour reprendre son souffle et un minimum de dignité. Non pas qu'il y ait énormément de témoins dans le coin.

L'entrée des mines se découpait dans la montagne, gueule noire impressionnante entourée par une sorte de clairière de terre battue, creusée d'ornières et coupée par l'unique route d'accès. Des baraquements en tôle se tenaient en place contre la roche, de lourdes barrières de métal résolument posées devant l'entrée même des mines.

_ Le Major Lewin ne s'est pas trompée, souligna assez inutilement le cadet. Cette exploitation semble belle et bien fermée.

_ On s'en fout, ronchonna Ed en se redressant à la force des abdos. C'est pas ce qui nous aurait arrêtés de toute façon. Et puis, quoi de mieux pour des ravisseurs ou des sérials killers que des mines abandonnées ?

Alphonse acquiesça, bien d'accord avec lui, content dans un sens que le frisson d'appréhension qui le traversa ne fasse pas frémir sa grande carcasse. Secouant la tête pour chasser ses troubles pensées, le cadet Elric avança au centre de la clairière, son frère ronchonnant sur les talons qui cherchait à reprendre son souffle. Immédiatement, il repéra l'homme chargé de la sécurité de l'endroit, pendu au téléphone dans sa petite cabane en bois vermoulu, parlant vite et dans un patois incompréhensible.

Alors que les deux frères s'avançaient vers lui dans l'optique d'obtenir des renseignements, ils virent l'homme pâlir si brusquement qu'Edward se retourna pour vérifier derrière eux. Il voulait bien admettre que croiser son armure de petit frère était assez impressionnant, mais de là à leur faire un malaise à sa simple vue…

L'Alchimiste d'Etat fit un pas en avant, tandis qu'Alphonse, habitué malgré tout à ces situations gênantes, demeurait un pas en arrière pour ne pas perturber le pauvre bougre qui raccrochait le combiné d'une main tremblante.

_ Bonjour ? Hasarda Edward d'une voix puissante et enjouée, qu'il espérait suffisante pour mettre l'autre en confiance. Raté, son vis-à-vis se crispa légèrement, rentrant le cou dans les épaules comme s'il craignait qu'on ne lui saute à la gorge.

Ed le contempla un instant, jetant un coup d'œil incertain à son cadet, qui haussa les épaules, fataliste. Le blond avait l'impression de se retrouver devant un animal aux abois. Il soupira, fouillant sa poche pour en tirer sa montre.

Il sut, avant même d'ouvrir la bouche et d'annoncer son titre et le pourquoi de sa présence sur les lieux, qu'il avait fait le mauvais choix.

Le type écarquilla les yeux, son regard brillant d'une lueur de pure panique en l'espace de quelques secondes alors qu'il levait les mains comme pour se protéger.

_ Je-Votre amie est déjà à l'intérieur, balbutia-t-il, le teint maintenant verdâtre. J'vous ouvre, j'vous ouvre tout de suite !

Et de se précipiter sur ses leviers et différentes commandes sous le regard stupéfait des deux Elric. Edward laissa retomber sa montre dans sa poche et fronça les sourcils en s'avançant vers ce brave homme apeuré.

_ Hey, mais attendez une minute.

Le brun lui jeta un regard épouvanté, pressant furieusement un petit bouton qui enclencha l'ouverture de la barrière. Edward ronchonna, agacé.

_ Hey mais ça va, détendez-vous, j' vais pas vous manger j'ai pris mon p'tit dèj avant de partir. C'est quoi cette histoire ? Qui est déjà à l'intérieur ? Et d'où vous savez qu'on veut rentrer d'ailleurs ?

Le garde stoppa ses mouvements au milieu de l'avalanche de questions, toisant l'adolescent comme s'il était fou. Ouvrant la bouche une ou deux fois dans l'imitation parfaite du poisson rouge hors de son bocal, l'homme finit par retrouver la parole et pointa du pouce l'entrée des mines.

_ Bah, je…Vous êtes avec la fille, non ?

_ La fille ? Mais qu'est-ce que- Ah ouais. C'est vrai, j'l'avais zappée celle-là.

Alphonse leva mentalement les yeux au ciel. Le garde les dévisagea tour à tour, essayant visiblement de déterminer s'il devait craindre pour sa vie ou non en présence d'un adolescent qui lui arrivait à peine à l'épaule et une armure de 300kg. Si la pièce de ferraille avait l'air terrifiant, le petit blondin lui rappelait un peu son propre môme et il se détendit sensiblement.

Se passant une main dans les cheveux, l'homme reprit quelque peu confiance en lui.

_ Ou-oui. Une fille brune, le teint un peu mat et pas aimable. Elle m'a dit qu'elle était Alchimiste d'Etat.

_ Ouais, nan mais cherchez pas, c'est Gust, affirma Edward avec une moue embêtée et septique. C'te pouf, elle aurait pu nous prévenir qu'elle venait ici, ça nous aurait épargné le déplacement.

_ Grand-frère…

L'agent de sécurité sursauta en entendant parler l'armure tandis que le blondinet se tournait vers elle avec un geste agacé de la main.

_ Quoi, encore ? Tu vas pas me dire, mais question organisation, ça se pose là, tout de même. On perd du temps avec ses conneries.

_ Et est-ce que tu as besoin de devenir grossier ? Pardonnez-nous monsieur, reprit Alphonse en s'adressant directement à l'autre qui déglutit bruyamment, sur ses gardes. Mais, est-ce que vous savez depuis quand le Major Lewin est-elle entrée dans ces mines ?

Le brun secoua la tête, peinant à retrouver l'usage de la parole. Il avait eu son compte d'émotions pour la journée, entre l'autre timbrée qui le menaçait ouvertement et l'armure médiévale qui lui parlait avec une voix de gosse par-delà le métal…Merde, il avait pris ce poste pour être tranquille.

_ J'sais pas comment elle s'appelle. Il respirait fort, encore tremblant malgré le sourire du môme qui se voulait avenant. J'lui ai dit d'pas y aller, elle a rien voulu entendre. C'est dangereux là-bas, on a fermé, faut pas-

BOUM.

Pendant une seconde de panique intense, Alphonse crut que le monde venait de s'écrouler tant le tremblement qui agita le sol sous leurs pieds fut violent et inattendu. S'il avait été humain, le bruit assourdissant de l'explosion lui aurait déchiré les tympans et il vit son frère et le garde se recroqueviller, les mains plaquées contre leurs oreilles.

Déstabilisé, Alphonse tangua sur ses pieds, tenta de se rattraper et agrippa inutilement le vide en moulinant de ses bras avant de s'étaler dans un horriblement crissement de ferraille, qui passa presque pour une douce symphonie rapport au grondement sourd et inquiétant qui s'élevait depuis le fond de la montagne, comme un avertissement lointain.

Une vague de fumée grise s'échappa soudain de la gueule des mines, un souffle puissant qui envoya volter une série de débris et ébranla barrières et baraquements. Ed poussa un glapissement, perdu dans la tourmente et aperçut des blocs entiers se détacher depuis le haut de la paroi rocheuse, venant s'écraser sur les abords des mines et dans la forêt alentour.

Lorsqu'enfin le vacarme cessa, faisant place à un silence mortel, à peine troublé de temps à autre par des gravats qui venaient encore à rouler sur la route et dans les mines, le jeune Alchimiste se risqua à se redresser. La fumée stagnait encore dans l'air, occultant sa vision et noyant les abords de l'entrée dans un flou gris et ocre, empli de poussières. Ed plissa les yeux, jetant un rapide coup d'œil au garde, livide, assis par terre et la bouche grande ouverte.

Le jeune blond souffla, ne s'étonnant pas de le voir ainsi figé. Lui-même respirait avec une certaine difficulté, le cœur tambourinant dans sa poitrine oppressée. Ce ne fut que lorsqu'il s'avança vers Alphonse pour l'aider à se relever qu'il nota la faiblesse de ses jambes, aussi solides que du coton.

_ Grand-frère, est-ce que ça va ?

La voix stridente et pleine d'angoisse de son cadet le tira de sa contemplation muette, le regard rivé vers l'ouverture. Il se précipita sur lui, aussi vite que le permettait son corps vacillant.

_ Al !

Le plus petit aida l'armure à se redresser en position assise, vérifiant rapidement qu'il n'avait rien, soupirant de soulagement en constatant que la marque de sang dans sa grande carcasse creuse était encore intacte. Alphonse tremblait, dans un concert discordant de plaques de métal, essayant vainement de se calmer. S'il avait eu un cœur, il aurait sans doute explosé avec les galeries tant sa frayeur avait été grande.

Il se raidit d'un coup, surprenant Edward qui s'apprêtait à parler et lui demander si tout allait bien.

_ Ed ! Mlle Lewin, elle… !

Le sang du Fullmetal se glaça subitement dans ses veines. Oh, bien sûr, il n'appréciait pas la jeune femme. Du tout même. Depuis qu'ils s'étaient rencontrés, il ne cessait de lui chercher des poux et de prier pour sa mort imminente afin qu'elle lui foute un peu la paix.

Il ne s'attendait pas à ce que ses prières exagérées soient entendues et exécutées de manière aussi radicale.

_ Oh merde…

Edward se leva, chancelant, aussi choqué que son frère et le malheureux garde qui voulait seulement d'un boulot tranquille, loin des cris de sa femme et de ses mômes. Plus jamais il ne foutrait les pieds ici, plus jamais.

L'ainé Elric contemplait l'entrée, à demie ensevelie sous les gravats et la terre, emprisonnant quiconque se trouvant à l'intérieur. Bordel… Helena y était, à l'intérieur.

Son cerveau tournait à vide. On disait souvent du blondin qu'il était un Alchimiste remarquable de par sa rapidité à agir dans une situation problématique, et son efficacité à la résoudre. Pourtant, alors que ces deux compétences étaient plus que requises dans le cas présent, il ne parvenait à bouger un muscle, tétanisé, son regard d'été braqué sur l'amoncellement de roches qui venaient de sceller efficacement le destin d'Helena Lewin.

Pendant un quart de seconde, il se demanda ce qu'il allait dire à Mustang au sujet de sa fille.

Puis il sursauta quand une seconde explosion retentit. Un roc vola sur une vingtaine de mètres, passant par-dessus la route et fracassant un arbre avant de continuer sa course le long de la pente boisée, finissant par s'arrêter contre un tronc dans un fracas assourdissant. Edward le suivit bêtement des yeux puis se tourna à nouveau vers les mines quand Al poussa un cri strident.

_ HELENA !

Toussant, crachotant, une forme sombre s'extirpa difficilement des décombres, couverte de poussière. Elle fit quelques pas, inspira une immense bouffée d'air et s'écroula en avant dans un chuintement étranglé. Cessa de bouger.


Tin tin tiiinlinlin lin liiiiin (oui, ceci est censé être une petite musique angoissante pour marquer la fin de chapitre et le suspence insoutenable qui en découle)

Alors, Helena a-t-elle succombé? Suis-je sadique au point de faire mourir prématurément ma chère Alchimiste? Ed va-t-il se montrer sympatoche avec elle? Est-ce qu'elle va perdre la mémoire, redevenir une enfant (mentalement parlant), perdre son bras, sa capacité alchimique, sa santé?

Vous le saurez en lisant le prochain chapitre! (Pas pour tout de suite, hein. Mais je vais me bouger un peu le train, c'est promis)

Pensez à nourir l'auteur, ça lui fera plaisir. A bientôt.