Bonjour, bonsoir, bonne année même peut être, depuis le temps qu'on ne s'est pas vu, pour ceux qui suivent effectivement cette fiction et qui doivent rager de me voir avancer à deux kilomètres à l'heure. A ce sujet, j'aimerais sincèrement vous amener des bonnes nouvelles, malheureusement... Eh bien, j'ai perdu tragiquement mon pc il y a de cela deux mois, maintenant (misère... si longtemps déjà?!) plus les études, des concours, du travail, bref, la vie mouvementée d'une jeune qui veut des sous pour se racheter un ordinateur et qui révise pour apprendre un métier. Mais parce qu'il fallait tout de même que je donne signe de vie et que je déclame un peu l'avancement des choses, je fais donc un rapide passage ici.
Alors, tout d'abord, non, je n'abandonne pas l'Enfant des Deux rives. Je sais, je sais, je mets un chapitre tous les six mois (et encore) mais j'ai de bonnes raisons et elles sont citées plus haut. Disons que cette fic subit un peu les aléas de l'emploi du temps et mes envies du moment. Elle reste toujours en stand by et je la complète régulièrement, donc pas de souci, on en verra un jour le bout et la fin, c'est promis.
Ensuite, ce que je vous donne aujourd'hui, c'est un petit interlude, je dirais, que je ne pouvais pas mettre avant puisque s'y glissaient quelques informations qui auraient pu compromettre le mystèèèèère que j'avais laissé planer un bon moment sur les origines d'Helena.
Je vous livre donc des petites scénettes toutes simples, du quotidien entre un militaire et une métisse Ishbal, toutes ces premières fois qu'on oublie parfois mais qui restent les plus belles de toutes. Par ailleurs, si jamais vous avez des envies ou des suggestions à ce sujet, je vous invite à les faire : je pourrais veut être vous caller un autre interlude, avec ça.
Sur ce, bonne lecture bonnes gens !
La première fois était venue de manière si banale qu'il n'y avait pas vraiment prêté grande attention, se contentant d'accéder à la requête de sa fille adoptive d'un geste machinal. Le mot était sorti naturellement et même Helena n'en n'avait pas tenu compte, le nez plongé dans son assiette.
Pourtant, ce simple mot de quelques lettres avait marqué un tournant dans leur relation.
_ Tu me passes le sel s'il te plait, papa ?
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C'était à la fois simple et terriblement stupide. Roy y avait déjà songé plus d'une fois, principalement quand le silence de son appartement froid devenait un peu trop oppressant. Bien qu'étant un homme d'action, le militaire savait pourtant que dans les faits, l'opération était un tantinet risquée. D'un part parce qu'il n'était quasiment jamais chez lui, et son manque de temps libre poserait également problème, ensuite, parce qu'il n'avait jamais eu une grand affinité avec ce genre de choses.
Mais quand Helena lui avait avoué, alors qu'elle enfournait ses pâtes au gruyère avec la régularité d'une moissonneuse batteuse, qu'elle s'ennuyait à rester seule toute la journée Roy s'était décidé à franchir le pas.
Alors que l'Ishbal caressait son tout nouveau chat, il avait eu le plaisir de se voir dessiner sur sa frimousse enjouée, un sourire heureux et ravi.
Le premier qu'elle lui offrait.
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Roy n'était pas un grand amateur de musique. Non pas qu'il n'y trouvait aucun intérêt –il n'était pas contre un bon morceau de jazz de temps à autres en rentrant du boulot – seulement, il avait très peu d'avis sur la question faute d'avoir le temps de s'y pencher sérieusement. Et quand on lui demandait quel était artiste, ou encore sa chanson préférée, il vous répondait invariablement qu'il n'en avait aucune idée.
Jusqu'à ce qu'il décrète, alors qu'Helena écoutait une histoire drôle du Sous-Lieutenant Havoc, assise à même le bureau, que son rire d'enfant était la plus belle musique du monde.
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Cette première fois-là, il l'avait regrettée.
Il avait agi sur le coup, pour tout dire et parce que son geste avait été, sur le moment, la seule chose à laquelle il avait pu penser. Il avait choqué la foule, attroupée autour d'eux sur le trottoir, mais Roy se foutait bien du regard des autres, gardant le sien fixé sur sa fille et sa joue rougit.
Helena n'avait rien dit lorsqu'il l'avait giflée de toutes ses forces, imprimant sur sa peau mate la marque de ses doigts crispés. Les oreilles bourdonnantes et les yeux balayant l'espace autour d'elle d'un air incertain, la jeune Ishbal avait paru perdue. Elle ne comprenait pas pourquoi les gens criaient en se précipitant sur la chaussée pour aller porter secours à l'homme choqué qui descendait en tremblant de son véhicule fumant, encastré dans le lampadaire désormais tordu, à moins d'un mètre d'eux.
Là d'où elle venait, de telles choses n'existaient pas, comment aurait-elle pu savoir que ces cubes de métal auraient pu la tuer d'un simple impact, alors qu'elle traversait la rue sans regarder ?
Ce jour-là, Roy avait connu la peur primale de tous parents face à un danger menaçant la vie de leur enfant.
Ce jour-là, il avait ramené sa fille à la maison en se jurant de toujours la protéger.
La première et dernière fois qu'il portait la main sur elle.
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Cette première fois-là n'était pas de lui, puisse qu'il n'avait pas le matériel adéquat mais de Maes. Et sur le coup, il avait copieusement engueulé son meilleur ami pour les avoir suivis jusque dans ce parc avec des airs de pervers pépère. Maintenant qu'il regardait le cliché un peu mal cadré, d'Helena et lui en train de manger une glace sur un banc, il le remerciait sincèrement.
La première photo de leur album.
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Dire qu'il était fier était un euphémisme incroyable. Le sentiment qu'il ressentait à l'heure actuelle était bien au-delà de ça et il aurait été le chanter sur le toit du QG malgré la pluie qui tombait à grosses gouttes.
Une journée ordinaire pour un mois de septembre, il faisait gris et froid, et il ronchonnait de ce temps de chien tandis qu'il remplissait des pages et des pages de rapports sans intérêt. Non pas qu'il avait particulièrement envie d'aller courir dehors ou se précipiter en mission sous cette météo déplorable, mais le terrain lui manquait sérieusement et il en avait plus qu'assez de voir s'amonceler sur son bureau la bête noire de tout militaire. Et cette maudite paperasse semblait se multiplier chaque fois qu'il y jetait un œil.
Comme à son habitude, Helena était assise sur le sofa devant le bureau, les jambes repliées sous elle, un lourd volume d'Alchimie dans les mains, tiré de sa précieuse bibliothèque, des feuilles sur la table basse et des dessins dans tous les coins.
Si la scène n'avait rien de bien particulier, la donne avait rapidement changé quand un flash soudain avait illuminé la pièce, si fort que Roy avait cru à un orage.
Quand Helena s'était levée, lui mettant dans la main un stylo encore chaud de sa récente transmutation, il l'avait regardée d'un air ébahi.
Et pour la première fois depuis longtemps, sa paperasse avait semblé diminuer comme par magie.
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Cette première fois avait été infernale. Non pas parce que l'un comme l'autre, les deux Mustang tiraient une gueule de trois pieds de long, mais parce que Maes, devant eux, les trainaient dans son sillage en hurlant à tout va, plus heureux qu'un enfant.
Les allées de ce magasin de vêtements avaient défilés pendant ce qui semblait être des heures, la lumière crue leur bouffant les yeux, Helena franchement indisposée par le monde qui se pressait autour d'eux et le bruit ambiant.
Preuve vivante que la haine du shopping n'était pas une affaire de gènes.
« Tonton Hughes » avait passé le restant de la matinée à naviguer dans les rayons et prendre la plus jeune de leur groupe pour une poupée géante, à tel point que Roy adressa une prière pour sa femme et son futur enfant, si jamais il en avait un.
Quand la gamine avait eu l'air de vouloir commettre un meurtre, le brun avait préféré arrêter le massacre et filer à l'anglaise avec sa fille. Les deux s'étaient retrouvés à galoper dans les rues de la ville en abandonnant Maes dans son monologue enjoué et Roy s'était juré de ne plus jamais faire les magasins avec lui pour trouver de quoi se mettre à la petite Ishbal.
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Pour cette première fois, il n'avait pas été à ses côtés et Roy s'en était voulu.
Une simple négociation, voilà ce que cela aurait dû être. Juste une négociation, pas une pseudo prise d'otage de leur équipe. Dire qu'il avait été inquiet était un piètre euphémisme. Helena n'était pas seule sur cette mission, quelques militaires étaient à ses côtés. Et c'était le sous-lieutenant Havoc qui avait veillé sur elle. Même si le terme « veillé » était un bien grand mot.
Roy n'avait eu que la version du rapport écrit que lui avait fourni Helena, le visage fermé et les poings serrés. Et c'était déjà bien trop.
Des empoignades, des cris et des injures. Des menaces et des promesses de mort. Des passages à l'acte. Tentatives du moins.
Helena avait rétabli froidement la situation ; le traité avait été signé dans le sang.
Elle avait 15 ans.
Et ce jour-là, elle tuait son premier homme.
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Cette première fois, il s'en était mordu les doigts. Et tout l'étage lui était tombé dessus en hurlant, par la même occasion.
La mission était pourtant d'une facilité déconcertante : au bout du couloir à droite, à côté du distributeur automatique et de la machine à café. Même Havoc et Breda, qui l'accompagnaient à ce moment-là, n'avaient toujours pas compris comment Helena, du haut de ses 15 ans à peine, avait réussi un exploit pareil.
La machine avait implosé, crachant ses circuits avant de rendre l'âme dans un hurlement déchirant et un début d'incendie. L'uniforme d'Havoc avait commencé à prendre feu, Breda avait manqué de devenir aveugle quand les ampoules avaient éclaté dans une lumière blanche digne de celle du bout du Tunnel et Helena n'avait gardé sa main intacte que parce qu'il s'agissait de son auto-mail.
Les feuilles, qui n'avaient rien demandé à personne, et encore moins de se retrouver là, avaient bien évidement cramé avec le tout ; la prise murale avait sauté et les plombs avec, plongeant l'entièreté de l'aile Est dans le noir le plus complet.
Roy venait d'apprendre à ses dépends que faire des photocopies était un métier à risque.
Et voilà, rapide comme l'éclair mais bon, imaginez vous que je suis sur une berge en train de chanter "ohé ohé, auteur abandonnée". Histoire de donner des nouvelles, quoi. ^^
Sur ce, je vous remercie tous bien fort, vous souhaite bonheur, paix et prospérité et à la prochaine ! (En espérant que ce ne soit pas en 2015, un chapitre par an, c'est une bonne moyenne, non? )
