Juste, parlons d'eux : DiZ -2 - "Continuer"

« Naminé ! »

« Enfin, je l'ai vu, ma fille... Depuis tout ce temps si concentré sur Strelitzia, nous en avions oublié notre deuxième enfant : Naminé. Je la reconnais enfin, mais elle est partie. Plus loin que chez sa grand-mère, partie loin de ses connaissances. Elle a même laissé son téléphone derrière elle. J'ai passé des jours à lire tous ses messages, à écouter tous les appels qu'elle a passé, à connaître sa vie qu'elle avait enregistré pour laisser une trace. Et ces garçons, là, qui ont parlé de la falaise... »


Ventus (le poète) : « La falaise ? Bien sûr que je la connais. C'est un endroit qui me tient beaucoup à cœur et je suis content que personne n'y aille. Enfin, vous en venez, vous, mais vous êtes la seule personne à y être allé depuis qu'on l'a découvert pour la première fois. J'aime beaucoup cet endroit, c'est très... comment dire ? Inspirant. C'est là-bas que j'ai écrit mes premiers poèmes ! Mais je n'y suis pas retourné depuis un moment, à cause de Van et Myde. Parce que plus qu'une source de créativité, c'est un lieu de romantisme. Moi, Roxas et Vanitas, il y a une éternité, sur le rebord de la falaise... Puis Roxas n'est plus venu, n'arrivant plus à peindre. Il a aussi quitté notre romance, du coup... Alors j'ai continué à voir Vanitas seul, à la falaise. Comme Roxas était le plus sérieux d'entre nous, sans lui, on faisait un peu n'importe quoi et c'est en dansant comme des tarés que j'ai failli tomber. Et puis, Vanitas à rencontré Myde alors on n'est plus allé à la falaise. Ils y sont allés, eux, une ou deux fois, tous les deux. Mais pas plus. Maintenant que je suis de nouveau avec Vanitas, je comptais y retourner bientôt avec lui. Ça fait longtemps que j'ai posé mes crayons, mais recommencer à écrire là-bas ne va pas être difficile, ce sera plutôt naturel, même. »


Roxas (le peintre) : « Oui, bien sûr que je connais. Je m'y suis réfugié avec les autres, puis j'en ai été implicitement exilé, quand je les ai laissé seuls. Mais j'y suis retourné sans que personne ne le sache, après. Quand même en hiver, on trouve que le temps est encore trop beau... ça n'allait plus, à ce moment-là. Alors j'ai peint les arbres aux couleurs meurtrières de l'automne, j'ai peint la roche de la couleur sombre de la nuit sans lune. Mais tout ça s'en est allé, je vais mieux maintenant. Comme on dit : le temps efface tout. La pluie aussi... Et vous ? Pour qu'elle raison avez-vous utilisé le temps ? Qu'avez-vous effacé ? Votre fille ? Ne me dîtes pas que c'est votre fille ! Nan, vraiment ? Pas la peine de répondre, je sais tout... De blanc immaculé, une petite fille blonde vous regarde de ses yeux bleus injectés de sang : ça fait combien, maintenant ? Trente ans qu'elle pleure en silence, noyée sous les larmes de sa propre sœur qui ne voulait pas que tout ça lui arrive ! Ce que l'on a effacé ne reviens jamais. Plus de peinture, plus de couleurs, plus de petite fille à qui sourire... pas après trente unité de temps. Cela a été court, mais l'oiseau du paradis à croisé le chemin de la vague solitaire. Un regard échangé, pas de sourire, pas de mots. Personne d'extérieur n'aurait pu entendre les excuses de la grande et les pardons de la petite. Elles ne se sont même pas arrêtées quand elles se sont vues, puisque, de toute façon : le temps. À moi, le temps m'a pris mes toiles et mes idées. Mais mes pinceaux sauront retrouver le chemin de l'art, alors vous aussi, continuez. »


Vanitas (le photographe) : « C'est incroyable, pas vrai ? La falaise. Un sanctuaire, simple et clair. Je n'y réfléchis pas deux fois et je fais face à mes craintes. Vraiment, c'est un endroit sacré que personne ne devrait fouler. Enfin, si. Là-bas, on y voit tant de souvenirs, on y ressent tant d'instants passés, comme un histoire qui se répète... trois garçons : un poète, un peintre et un photographe. J'y suis retourné il y a peu, avec Ven. Rien n'a changé en si longtemps... Mais c'est normal, puisque là-bas, tout se vit, comme si la falaise n'existait pas, comme si c'étaient nos sentiments qui nous faisaient voir ce lieu miraculeux. Vous permettez que je vous prenne en photo ? Il faut que je me réhabitue, je voudrais m'y remettre mais j'y ai pas touché depuis la fin de notre trio, avec les jumeaux. Et vous, vous ressentez quoi, à la falaise ? Quels sont vos sentiments ? »


« Je vais retrouver mon chemin, mais pas mes filles ? Le temps me les a prit, et on ne peut pas lutter contre le temps. Alors il faut faire avec ce qu'il nous a laissé : le temps futur. Si j'ai perdu mon temps passé, il me reste mes sentiments pour mon futur. Il n'est jamais trop tard pour tout ce qu'il reste à faire. Oublions ce que tout le monde a déjà oublié et poursuivons notre chemin... »