Je dois parler de ce que j'ai fait "Pour l'avoir aidé à partir... (un écho du passé)"

« Quand je suis avec lui, tout va bien. Quand je l'embrasse, tout va bien. Quand je couche avec lui, tout va bien. Quand il me sourit, tout va bien. Alors puisque tout va bien, tout va bien. »


Alors on changé de vie. Ven voulait voulait mettre entre parenthèses tout ce que nous avions vécu jusque là pour continuer à vivre sans se soucier du mal qui nous était arrivé.Il voulait que j'arrête de penser à Myde, qu'il disparaisse de mes pensées comme il a disparu du monde. Je l'aimais, oui, et je l'aime encore, mais il ne faut pas rester focalisé sur ce qui n'existe plus, sur ceux qui ne sont plus là... Ven a fait nos bagages et m'a emmené sans me prévenir auparavant. On a disparu, une nuit, une nouvelle fois. C'est d'ailleurs ce que je sais faire le mieux, disparaître. Et ce que je fais le plus souvent... Finalement, les leçons de fugue de ma mère auront véritablement été utiles.

"On a toute la vie devant nous" , qu'il disait. C'est pour ça qu'on est parti, à pieds, pour le voyage de notre vie. On est allé toujours plus au sud, pour rejoindre les montagnes. Je savais que mon frère habitait pas là-bas mais je n'en ai pas parlé à Ven, puisque je ne savais pas si Sora faisait aussi parti de mon ancienne vie. Mais toujours plus au sud, encore après avoir traversé les dernières traces de civilisation, j'ai suivi Ven en essayant de ne pas lui demander trop de fois s'il savait où il allait. Au final, nous sommes arrivés dans un village secret où allaient les gens comme nous. Enfin, où ils allaient à une époque, mais maintenant ce sont leurs arrières petits-enfants qui y vivent, et plus personne d'autre ne vient. Sauf nous.

Ça a été difficile, au début. Je ne m'entendais avec personne, et je ne voulais pas travailler dans les cultures avec les autres. Cette vie ne me correspondait pas le moins du monde et malgré mes quelques efforts, je ne m'y suis jamais fait. Mais j'avais promis à Ven de faire de mon mieux pour m'adapter à cet endroit. Et quelques années plus tard, Ven me félicitait d'y être arrivé. Ce qui n'est en réalité pas le cas. Mais gardons ça pour plus tard et parlons de ce qui est arrivé depuis ce jour.


Moi, j'aimais Ventus. Après tout, Vanitas et Ventus sont un peu une seule entité quand ils sont ensemble. C'est pour ça que je ne voulais pas le quitter une seule seconde. C'est vrai que même si ce n'est pas lui qui possède les Yeux au pouvoir apaisant, je ne me suis jamais senti aussi bien qu'avec lui. Ce qui était particulièrement horrible vu que je suis censé aimer quelqu'un d'autre qui n'est pas Ventus. Mais juste à le regarder travailler, se démener dans un quotidien tellement vide, par rapport à ce qu'il a connu des années auparavant... je ne peux plus m'empêcher de sourire, maintenant. Peu importe où nous nous trouvons, peu importe ce que nous faisons, son éclat est toujours le même. Et Ventus ne doit jamais le perdre ! Il doit vivre sa vie en restant toujours lui-même... étincelant.

Il a remarqué, lui aussi, que les choses avaient changé depuis quelque temps. Je suis plus gentil par rapport à ce qu'il a l'habitude de voir, plus investi, aussi. Ventus m'a dit que c'était mon côté intérieur qui ressortait, un côté que je n'aurais montré qu'il y a longtemps, à la falaise. Je croyais que l'ancienne vie ne devait pas être mentionnée, mais certains événements ne pouvaient pas sortir des mémoires. Après tout, la falaise est un endroit chaleureux et l'un des meilleurs souvenirs. Ou alors, Ventus a peut-être voulu changer, lui aussi. Il voulait sûrement devenir un peu rebelle et ne plus respecter ses propres règles mais au final, il ne peut qu'être lui-même et rester un gentil garçon.

Il avait connaissance de l'héritage des Yeux, mais jamais personne ne lui avait parlé de la magie. Pourtant, et bien que les porteurs ne la maîtrisent normalement pas, Ventus m'a demandé si je m'étais jeté un sort de vie éternelle. Apparemment, j'aurais la même tête qu'il y a trois ans. Pas étonnant qu'il ait pensé ça et sur le coup, je ne savais pas trop comment réagir. Au final, j'ai simplement rigolé en lui disant que la magie n'existait pas. Les Yeux sont certes magiques, mais il n'avait pas à savoir qu'il y avait plus. Surtout que bientôt elle aura véritablement disparue.

Après tout ça, il n'y a plus rien eu de particulier. On vivait notre vie, ensemble, et il était heureux. Moi, j'avais parfois un pincement au cœur pour Kairi. Pourquoi elle ? Parce que Sora ne pouvait plus la voir, plus depuis des dizaines d'années, à ce jour. Mais de ce que j'ai pu à savoir, elle est retournée voir sa meilleure amie. Cependant, vous allez me dire : où est passé Sora ?

"Tu dois trouver un enfant qui portera les Yeux de Lumière, un enfant qui aura une vie similaire à la tienne, aussi difficile qu'agréable, aussi douce que mortelle. Mais tu ne le condamnera pas : son entourage le sauvera, comme ça a été le cas pour nous. Allez, Vanitas, il est temps de rentrer". La vie arrivait à son terme et nous devions refermer la parenthèse de notre vie. Il était temps de retrouver notre réalité avant de mourir, et comme c'est la mort qui nous a fait revenir, nous sommes directement passés au cimetière. Elrena, Xion, Lea, Myde... ces noms que je connaissais par cœur alors que je n'avais rencontré aucun d'eux.

Vous croyez que je me suis trompé ? Et bien, non. Ventus l'a lui-même remarqué mais a pensé qu'il ne savait pas assez de choses à ce sujet pour demander quoique ce soit. Je n'ai jamais transmis les Yeux, bien que tous les porteurs doivent le faire. Il s'est dit que je l'avais fait sans qu'il ne soit là, mais c'était faux. Seulement, ce n'était pas important. Vous savez, tout va bien, dans ma vie. Et si tout va bien, alors tout va bien. Mais le plus important, c'est que Ventus aille bien. "Ven", comme il l'appelait. Je ne me suis jamais résolu à l'appeler comme ça, moi aussi. Puisque malgré tout ce que j'ai fait, je ne suis pas Vanitas. Mais il avait déjà fait tant de mal à Myde, quand il est parti, la première fois, qu'il m'a demandé de le remplacer, pour ne pas faire pleurer Ventus, cette fois-ci. Après tout, il ne pouvait pas lui dire qu'il allait combattre des sorciers millénaires... mais au final, il en a perdu la vie et moi, je suis toujours là, à veiller sur Ventus. Puisque tant que je serais en vie, Vanitas ne sera pas mort !


Ventus (vieillard centenaire) : « Vanitas, tu es mort il y a trois mois, maintenant... Vraiment, tu auras été fidèle à toi-même jusqu'au bout. Tu aurais quand même pu tenir jusqu'à aujourd'hui, pour les cent ans de notre première fois à la falaise ! Pour l'occasion je vous ai écrit un poème. À toi... et à Roxas. Lui aussi était là à l'époque et nous n'aurions jamais dû être séparés. La falaise est notre endroit à nous, et j'aimerais le montrer une dernière fois. Au fait, tu sais ce que j'ai trouvé sur le rebord de la falaise ? Le dessin d'une moto ! Tu sais ce que ça signifie, pas vrai ? Ah, le doux bruit de ce truc qui m'aura toujours fait flipper... elle fait "VVR" la moto, pas vrai ? »

(…)

« Et donc, à vous deux, mes amours... »


Roxas (vieillard centenaire) : « T'es enfin crevé ! J'aurais attendu longtemps... Ah, Ven. C'est tellement étrange de vivre alors que toi non. Mais je me devais de survivre, pour rétablir la vérité. Tu te rappelles à quel point on était turbulents, à l'époque ? Et Vanitas était le seul à pouvoir réellement nous calmer. Comme il est resté avec toi tout ce temps, tu n'as jamais rechuté, mais même lorsqu'il s'est fait remplacer, à la montagne, tu as continué à aller bien. En fait, tes crises n'étaient pas complètement réelles, hein. Bien que tu ne t'en sois pas rendu compte, je suppose. En fait, tout ce que tu voulais, c'était récupérer l'attention que Van portait sur moi. Alors tant que tu croyais qu'il était avec toi, tout allait bien. Et c'était de toute façon son but dès son départ, que tu ailles bien. Mais maintenant que ta mémoire est retournée au néant, la vérité doit revenir. La tombe de Van ne se trouve pas ici, alors laisse-moi rayer ce nom au côté du tien, sur votre tombe, pour que ce pauvre garçon ait enfin un endroit pour laisser un souvenir. »

(…)

« Il va falloir que je me décide à mourir, moi aussi... »