Ne pas oublier de parler d'elle "Elle aussi à le droit de s'enfuir"
Naminé (la fille en blanc) : « Parfois, les gens ont envie de tout abandonner et de fuir loin de leur vie. Mais personne ne le fait, personne n'est aussi irraisonnable. On a tous une vie remplie de gens auxquels on tient. De la famille, des amis ou même de vagues connaissances... Mais vous me connaissez, je ne suis pas comme ça. Mon entourage n'est pas comme ça. C'est d'ailleurs pour cela que Vanitas s'est enfui. Il aura été le premier. S'il ne l'avait pas fait, je ne pense pas que je l'aurais fait non plus. Pas que je sois une suiveuse, hein. Mais parce que sans ça, je n'en aurais pas eu envie. Sauf que maintenant que toute cette merde est arrivée, je dois moi aussi disparaître. Pourquoi ? Qu'est-ce qui a fait que j'ai soudainement cette envie ? Cette envie de tout quitter, de partir de chez moi... Si vous avez suivi mon histoire depuis le début, vous le sauriez. »
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Naminé (la vague connaissance), au téléphone : « Ouais, Roxas, salut. Enfin, pas vraiment, mais salut à toi quand tu écouteras ce message. Il me semble qu'on ne s'est jamais parlé, tous les deux. Mais j'ai tellement entendu parler de toi... Vanitas t'adorait. C'est pour ça que je t'ai choisis comme confident. Je sais, c'est censé être Vanitas, mais il est en pleines retrouvailles avec son frère. Enfin, on peut vraiment parler de retrouvailles, s'ils ne se sont jamais rencontrés avant ? Bref. Ce n'est pas que Vanitas dépeigne sur moi, ce n'est pas que je le copie non plus, mais je ne peux plus rester ici. Je sais que c'est moi qui ai choisis cet endroit mais l'endroit où je suis ne me correspond pas. En étant connue dans ma ville, les gens commencent à faire des choses qui me ressemblent. Pas qu'ils soient devenus extravagants ou quoique ce soit, mais j'ai l'impression de me voir quand je regarde les gens, les rues ou les reflets de la ville dans le fleuve. Comme chacun sait, la personne la plus insupportable qu'on puisse connaître, c'est soi-même. Et je suis déjà de trop dans le monde pour qu'une deuxième Naminé se ramène. Ce que je veux dire, pour faire simple, c'est que je ne veux pas me faire aspirer par mes toiles. J'ai déjà conquis cette ville alors pas la peine de rester là plus longtemps. »
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Naminé (la véritable maîtresse du monde) : « Une "ville qui ne dort jamais", comme c'est surprenant. On n'a pas trop le culte des néons et de la luxure, dans l'Est. Dommage, j'aimais bien les pastels, mais ça ne va pas trop avec l'ambiance électrique de la ville. Ici, vaut mieux utiliser des feutres bien bon marché. Retour aux origines de l'enfance, quoi. Et puis, on utilise plus de feutres que de pinceaux, ce qui nous fait bien plus d'armes. Bah quoi ? Vous avez jamais enfoncé des feutres dans les yeux d'un hemmerdeur ? C'est pourtant tout à fait habituel pour les peintres... non ? »
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« J'ai croisé une fille géniale ! On aurait dit moi il y a quelques années ! Elle est vraiment trop choute, la petite, à vouloir prendre le contrôle du monde. Mais la pauvre, elle ne sait pas encore que c'est le monde qui choisi de son roi et non l'inverse. J'espère qu'elle ne fera pas trop la gueule, quand tout le monde s'intéressera à moi. Ah, ces écrans géants, sur les immeubles... à quoi bon afficher des publicités de produits que tout le monde utilise déjà ? Faut vraiment tout faire, dans cette ville. La petite ne sait vraiment pas comment s'en occuper ! Va falloir que je lui apprenne, mais pas en douceur ! On va commencer par afficher des tableaux bien traumatisants sur tous les immeubles de la ville et passer des musiques glauques toute la nuit. L'univers m'a choisi maîtresse du monde, mais moi j'en ai marre ! Laissez-moi vivre seule... »
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« Avez-vous déjà assisté à une guerre ? Moi oui : à une guerre que j'ai moi-même menée... une guerre pour ma liberté, une guerre pour déléguer ma mission à quelqu'un d'autre. On m'adule sans que je ne le veuille, on m'adore sans même me connaître... Cette vie ne me convient pas, mais je ne peux pas confier le monde à n'importe qui. C'est pour ça que je dois combattre cette gentille petite fille, qui a d'ailleurs sûrement mon âge. Je suis sur son terrain mais c'est moi qui vais gagner, c'est toujours moi qui gagne. On va voir combien de temps elle peut résister. »
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« Je ne sais pas si elle fera l'affaire, mais elle le mérite. Seulement, j'ai peur que ce que je vois dans ses yeux l'empêche d'accomplir cette mission. Mais je n'en ai plus rien à faire, je ne suis plus qu'une fille normale. J'en ai ma claque de tout ça, à mon tour d'avoir la vie que je choisis. »
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Naminé (la fille) : « C'est vrai que c'est comme ça que font les artistes, habituellement. Marcher à travers le monde pour trouver du nouveau. Cette méthode est pas mal, même si mon imagination était déjà suffisante. Mais mon passé est passé, j'ai changé de ville, j'ai changé de vie, je ne suis plus la même. Il est maintenant temps de changer de style. Fini les critiques sur ce monde de merde, on va passer aux peintures de paysages. Ce village est sympa, tout en hauteur. On dirait que les maisons sont collées sur la colline. C'est... beau à voir. »
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« C'est étrange de se retrouver dans la profonde campagne, quand on est habituée aux villes. Ne voir que des plaines vertes autour de nous, c'est
NAMINÉ (LA PETITE SŒUR) : « … … ... »
Non, elle ne peut pas parler. Elle n'y arrive pas et sait que de toute manière, elle n'en a pas l'utilité.
Quand elles se sont croisées, quand elles ont échangé ce regard qui changera toute leur destinée, quand elles se sont dit tant de choses sans même ouvrir leur bouche, quand Strelitzia s'est excusée de ne pas avoir été là pour elle, pour la sauver de leurs parents, quand Naminé a demandé pardon pour lui en avoir autant voulu sans même la connaître...
Quand, d'un battement de cil, elles se sont retrouvée de dos, Naminé savait que sa sœur était la meilleure du monde, Strelitzia a su que sa sœur l'aimait plus que tout au monde.
Le destin de la grande était devenu moins difficile. Elle n'avait plus à s'inquiéter pour qui que ce soit, sa sœur étant d'aussi forte volonté qu'elle. « Hé, Kairi ! Tu crois à la magie ? Parce que moi oui ! J'ai vu quelqu'un que je n'aurais jamais dû croiser, j'ai vu mon cœur se libérer de toute mon anxiété ! Tout ça est si peu réel... c'est forcément de la magie ! ».
Le destin de la petite était devenu plus facile. Naminé avait rencontré la cause de son passé douloureux devenant en même temps la source de son nouveau futur. Celle qu'elle était toute sa vie ne connaissait pas Strelitzia, mais maintenant, elle va enfin pouvoir devenir la vraie elle-même, celle qu'elle aurait dû être si sa sœur n'était pas partie.
si apaisant, si calme... C'est être seule au monde, exactement ce dont j'avais besoin. Le vent dans mes cheveux, l'herbe dans mon dos, la terre sur mon visage... Ma robe n'est plus blanche mais qu'importe ! Elle est une œuvre de plus peinte avec l'odeur de la campagne. Peut-être que je devrais me construire une maison ici ? Je suis censée voyager, voir du pays, mais il me faut bien un endroit où rentrer, non ? Et puis, j'ai besoin d'un espace pour exposer mon art. Je veux que les murs soient recouverts de paysages, que ce lieu clos devienne un endroit où voyager. Bon, commençons, alors. Ah, et même si les murs ne sont pas encore construits, je devrais quand même exposer ma robe, pas vrai ? Et puis, il est plus simple d'aller chercher du bois en simple culotte. »
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Naminé (la peintre) : « Attendez, madame ! Vous voudriez bien poser pour moi ? Je ne fais pas de portraits, je ne dessine que des paysages, mais vous êtes tellement élégante, ça convient parfaitement à l'atmosphère de cet endroit. »
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« Une toile est un amas de souvenirs, de ce qu'on a vu et de ce qu'on a ressenti. Mais qu'est-ce qui se passerait si une autre toile se trouvait dans le décors qu'on peignait ? La mise en abyme des artistes... quels sentiments doit-on ressentir à ce moment-là ? Ceux du tableau qu'on regarde ou de la toile qui a été peinte à l'intérieur de celui-ci ? Et que dois ressentir l'artiste, quand il peint un tableau qui se trouve dans son paysage ? Moi, j'ai trouvé une maison en plein cœur de la forêt centrale où étaient exposées des œuvres semblant avoir été laissées à l'abandon. La maison n'avait pas eu de visiteurs depuis des années... Mais bon, testons ! Peignons ces peintures ! Dessinons le souvenir de ces souvenirs... »
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« Je connais cette adresse... Je ne suis jamais venue dans cette ville, mais je connais l'histoire de ces deux maisons qui se trouvent au 27 et au 28 de cette rue. Je me demande si la "reine noire" est là... Je n'avais jamais imaginé à quoi pouvait bien ressembler ces maisons, mais elles sont tout de même différente de ce à quoi je n'avais pas pensé. Sûrement parce qu'il n'y a aucune excentricité, vues de l'extérieur, comparé à celle de leurs occupants. Flemme de sonner, j'entre. »
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Naminé (la vague solitaire) : « Ah, salut Roxas. Je ne suis pas désolée du désordre, je n'ai pas l'habitude de recevoir des visiteurs. Enfin, je pense que ça se voit. T'as pas chaud ? On est en pleine canicule dans une plaine très exposée au soleil, tu devrais enlever tes vêtements. T'as vu mes tableaux ? Ils sont beaux, tu ne trouves pas ? En haut à gauche du mur ouest, y'a même la maison de ton enfance ! J'ai dû demander à Xion pour savoir où elle était. D'ailleurs, quand j'ai vu Xion, elle était si faible, si vieille... le temps passe vite, non ? Et à côté d'elle, comme toujours, y'avait Larxène qu'était déjà morte. Xion m'a dit que c'était parce qu'elle s'était mise à beaucoup fumer pour mourir exprès. Elle se faisait peut-être chier, à rien pouvoir faire, à son âge. Ouah, Rox' ! T'es au top, en fait ! La soixantaine, ça te réussi bien ! Tu peux venir contre moi ? Je me sens un peu seule, en ce moment. Et puis... j'ai froid. Je crois que c'est à cause de la neige, dehors. Tu veux bien... me réchauffer ? »
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Naminé (Naminé) : « Oui pApa, je vaIS réVEiller STRELITZIA. Tu sAis QUi c'ÉTait, la fiLLE aveC ELLE ? FauDRa LUI deMAnder ! Je SUis sûRe quE mamAN a trÈs enVie de sAVoir, ellE auSSi. »
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« STRELIZIA, à tAble ! MamAn a faiT ton PLat préféRé ! »
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« Je peuX dORmir avEc toi, STRELITZIA ? J'ai peUr, la NUit... »
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« STRELITZIA ! »
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« STRELITZIA ? »
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Naminé (la folle) : « Elle est belle, ma maison. Je vois la mer sans bouger, je vois la ville sans bouger, je vois le ciel sans bouger. Attends... c'est normal, ça. Mais je vois quand même le ciel sans bouger ! Alors ça veut dire que j'ai plus besoin de bouger, pas vrai ? Oh, ma robe blanche ! Elle est toute blanche, c'est pour ça que je l'avais exposée ? Il faut que je la mette, il fait froid, en culotte. Ah, j'ai plus de culotte... mais il fait froid quand même. La robe a l'odeur de la ville, c'est drôle. C'est comme dans le métro où on a du mal à respirer... C'est parce que le métro est un endroit fermé, du coup il y a plus d'oxygène... Mais moi, j'ai pas besoin d'aérer, comme je vois le ciel sans bouger. »
