Il vous doit de raconter son histoire : "Confessionnal"
Roxas (le dernier survivant) : « Il est temps. Temps de parler de mon histoire. Tu ne m'as pas beaucoup vu, hein. D'habitude, tu entendais parler de moi de la part quelqu'un d'autre, mais je ne suis pas un figurant : je suis un personnage important pour cette histoire. Si Naminé était la gardienne des secrets dans la première partie et Skuld la confidente de Naminé, c'est moi qui possède tous les savoirs de la partie trois de ce récit. "Juste, parlons d'eux" qu'il disait. Et il est temps de parler de moi. »
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« Bon, vous connaissez l'histoire : Vanitas qui disparaît et Myde qui se retrouve seul. Ven qui recherche Van, Naminé qui lui dit où il est, et puis la Volonté des Yeux. Mais ça va plus loin : Kairi qui veut retrouver Sterlitzia qui est la sœur de Naminé, qu'elle va rencontrer en même temps que Skuld, qui connaissait Strelitzia. Puis Kairi va demander conseil à sa grand-mère, elle rencontre Sora et retrouve Strelitzia. Après, Myde déraille et ensuite c'est au tour de Vanitas, Ventus, moi et Hayner : tout le monde se retrouve séparé. Mais les porteurs des Yeux se rassemblent pour combattre les sorciers dont ils sont les gardiens et finissent par tous mourir. Je sais beaucoup de choses puisque c'est à moi que tout le monde a fini par se confier. Tout ça n'était au départ qu'un simple concours de circonstance, mais j'ai fini par aller voir moi-même chaque personne liée à cette histoire pour leur demander de tout me dire. »
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« Myde est le premier à m'avoir parlé - enfin, le deuxième en réalité, mais on verra ça juste après. Me voir est la première chose qu'il ait faite après que Vanitas soit revenu. Il était triste mais ne pouvait pas le montrer puisqu'il était censé se réjouir du retour Van. Seulement, Myde pleurait la mort de Ienzo. Il était censé être mort peu avant la rencontre de Myde et de Van, mais avait en réalité subsisté pendant tout ce temps. Myde le savait, mais a laissé Ienzo faire son voyage à travers le pays sans lui. Seulement, en étant séparés, la vie était différente et Myde avait besoin d'une accroche pour supporter la distance avec celui qu'il aimait et pour éloigner ceux qui s'inquiétaient de lui. C'est comme ça qu'il en est arrivé à s'attacher à Vanitas. Mais Ienzo avait fini par revenir en ville pour terminer sa vie dans un endroit qu'il voulait magnifique. Et son enterrement à eu lieu trois jours avant que Vanitas ne retourne lui aussi en ville. Myde n'avait pas de confident. Enfin, il disait tout à Vanitas mais il ne pouvait pas lui parler de choses à propos de lui ou de Ienzo. C'est pour ça qu'il s'est tourné vers moi, qui ne semblait plus vraiment lié à personne. Alors il m'a tout dit de sa vie, de sa relation avec Ienzo, de ses véritables sentiments à propos de Vanitas et de la vie qu'il comptait mener. Enfin, la mort qu'il comptait mener. Il m'avait parlé de ce qu'il comptait faire parce qu'il n'arrivait plus à s'accrocher à ses mensonges. Je ne suis qu'un simple gardien du savoir, alors me parler ne réduisait pas la tension qu'il y avait en lui. Ce n'est pas à moi qu'il aurait voulu se confier, mais à Ienzo... sauf qu'il n'était plus là, alors Myde à fini par ne plus l'être non plus. »
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« Je vous ai dis qu'il y avait une autre personne à s'être confié à moi avant Myde. Quand je parlais de concours de circonstance, ça concernait surtout cette fois-là. Lors de la disparition de Vanitas, je vivais ma vie sans avoir changé mes habitudes si ce n'était que je ne traînais plus avec les mêmes personnes, puisqu'elles étaient occupées à pleurer sa fugue. Mais peu importe, tout ça pour dire que ma vie n'a pas changée le moins du monde à ce moment-là. Et comme j'en avais l'habitude, dans le plus grand des secrets, je me rendais à la falaise pour m'endormir le corps sous le vent. Ce n'était pas pour peindre comme je le faisais auparavant, quand j'étais avec les autres. Je ne peignais plus depuis des années et je ne m'étais pas encore décidé à reprendre. Environ quatre ans après le départ de Vanitas, j'ai vu quelqu'un à la falaise, celle qui semblait ne pouvoir être atteinte que par ceux qui se perdaient dans la forêt ou qui en connaissait déjà l'existence. Le garçon était accompagné, car il était malade. Pendant toute notre conversation il souriait, d'un sourire que j'étais sûr de connaître. Mais quand son médecin a jugé qu'il fallait qu'ils rentrent, ils sont partis sans même que je connaisse leurs prénoms. Quand ils sont revenus la semaine d'après, on a continué à parler comme si on ne s'était pas arrêtés. Et il continuait de sourire. Je ne sais pas comment on a pu parler si longtemps... on a parlé de tout et de rien, mais on n'a jamais mentionné ce qui s'est passé dans notre vie. Jusqu'au jour où, presque un an plus tard, je lui ai demandé s'il aimait la musique. À ce moment-là, le sourire dont je n'arrivais pas à me souvenir a disparu de son visage pour laisser place à un visage mi-triste mi-nostalgique. Un visage que, cette fois, j'ai reconnu pour l'avoir vu tous les jours depuis cinq ans. C'était le visage que Myde avait depuis la disparition de Vanitas. « Tu es Ienzo, je lui ai dit », alors que je n'avais entendu ce nom qu'une fois des années auparavant. « Tu es Roxas », il m'a répondu. À partir de ce moment-là, on n'a fait que se parler de notre passé. Et encore un an plus tard, il a fini par arrêter de vivre. »
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« La troisième personne à s'être confié à moi est Hayner. Aussi étonnant que cela puisse paraître, il est venu me voir pour me dire qu'il partait loin de moi. Je tiens à rappeler qu'il est vraiment très amoureux de moi depuis des années et que depuis tout ce temps, on est enfin seuls tous les deux. Mais il me dit qu'il veut partir... Je parlais de la tension de Myde, tout à l'heure. Cette tension, on l'a tous eue, et quand ç'a été mon tour, Hayner a commencé à avoir peur. Il sait que quand je craque, je peux aller très loin et même sa présence ne suffit pas à me calmer complètement. Jusqu'ici, il ne m'a jamais vu faire quoique ce soit de grave puisqu'à chaque fois, il y avait Van. Il y avait juste la fois, pendant la fugue de Vanitas, où Ven et moi avons pété un câble que sa présence avait suffi à nous calmer suffisamment. Ça n'a marché que parce qu'il n'y avait pas eu de catalyseur depuis longtemps. Mais là, comme il était toujours avec moi, la capacité d'apaisement de Hayner ne fonctionnait plus assez. En fait, il m'a avoué qu'il ne savait pas s'il arriverait à être encore amoureux de moi s'il voyait ce que je pouvais faire. C'est pour ça qu'il m'a envoyé chez Naminé et qu'il parti de la ville. Quand on vous raconte une histoire flippante, vous imaginez toujours des choses encore pires que ce qu'on vous dit. Mais la réalité, la l'histoire originelle est bien plus terrifiante que tout ce à quoi vous pouvez penser. Van a raconté beaucoup de choses à mon sujet pour faire peur à Hayner, mais la réalité est que je peux être bien pire que tout ce qu'il a pu entendre de moi. Ça, il ne le sait pas et personne ne le lui a jamais dit. C'est pour ça que je n'ai pas cherché à le retenir. »
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« Hayner m'a donc envoyé chez Naminé, mais comme vous le savez, elle était déjà partie depuis un moment dans la ville d'Olette. Pour être plus précis, elle venait même de quitter cette ville quelques jours auparavant, en fait. Mais ça, je ne le savais pas encore alors j'y suis allé, pour y rencontrer le deuxième concours de circonstance. Qui pouvait bien être ici, à votre avis ? Et bien Strelitzia ! En arrivant, je l'ai vu debout sur la terrasse, fumant une clope le regard dans le vide. Elle ne fume pas, normalement, mais l'ambiance de la ville... Comme vous le savez, elle est censée habiter avec Riku, dans les montagnes du sud. Seulement, peu de temps après s'être installée, elle est repartie, cette fois pour voir ce qu'était devenue sa sœur. Mais en chemin elle s'est demandée si c'était vraiment le bon choix, s'il fallait vraiment qu'elle aille voir Naminé. Alors Strelitzia est d'abord passée chez Skuld, pour au final y rester assez longtemps. Mais après avoir réfléchis pendant ces quelques années, elle s'est dit qu'en fait, elle le devait, d'aller voir sa sœur. Elle voulait s'assurer que ce que leurs parents lui ont fait subir ne l'ait pas affecté. Et quand elle est finalement arrivée au pas de sa porte, Naminé venait partir : la seule chose qu'elle ait pu voir était une robe blanche qui tirait une valise d'où s'écoulait lentement de la peinture tombée de plusieurs bouteilles renversées volontairement. Strelitzia n'a pas pu voir le visage de sa sœur, et elle s'est dit que ce serait pour la prochaine fois. Mais ensuite, elle à complètement abandonné cette idée de la rencontrer. Heureusement que Skuld a été là pour les faire de retrouver ! Je n'avais dû entendre le nom de Strelitzia qu'une ou deux fois, puisque Naminé ne parlait que très peu de sa vie avec ses parents. Mais cette prestance... Ça ne pouvait être qu'elle, même si je pensais qu'elle était morte. Strelitzia m'a dit qu'elle était venue voir Naminé mais qu'elle l'avait raté de peu. Alors depuis ces quelques mois à partir ce jour-là, elle squattait sa maison, histoire de ne pas repartir tout de suite. Rentrer chez elle et Riku signifiait l'abandon de la recherche de Naminé, et même si Strelitzia avait déjà fait son choix, elle avait besoin d'un peu de temps pour se faire à l'idée de ne jamais rencontrer sa sœur. Et puis alors, elle m'a raconté son histoire : sa présumée mort avec la rencontre de Skuld, Kairi, sa fugue en forêt, sa rencontre avec Néo, puis avec Riku. En fait, Strelitzia aime les gens qui l'aiment et comme la distance rend les sentiments plus forts, elle s'en va en espérant qu'ils ne la recroisent jamais. Depuis la première fois, elle n'a revu Skuld que depuis son arrivée en ville pour chercher Naminé. Elle a aussi quitté Kairi pour de nombreuses années. Elle ne sais même pas si elle reverra Néo et doute encore de son retour dans les montagnes, vers Riku. Mais elle était censée s'être posée, maintenant, elle était censée ne plus partir et rester avec celui qu'elle a décidée d'aimer. On a tellement parlé, avec Strelitzia, qu'on est devenus bons amis. Alors, sûrement, nous ne nous reverrons plus, pour voir à quel point nous tenions à l'autre. Après avoir squatté tous les deux la maison de Naminé pendant presque un mois, nous nous sommes décidés à partir. Au final, je l'aurais revu une autre fois, lors de la rencontre des deux sœurs. Skuld m'avait prévenu de ce qu'elle avait prévu de faire, alors j'avais voulu les voir, moi aussi, pour que leurs retrouvailles soient consignées dans la mémoire du Confessionnal. »
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« Après avoir erré un moment, je me suis dit qu'il était temps d'aller moi-même chercher les secrets des autres. À ce moment-là, j'étais chez mes parents, alors j'ai choisis quelqu'un qui était présent en ville. Il n'y avait presque plus personne, tout le monde étant parti. Les seuls restants étaient les parents de Vanitas. Mais quand je suis allé en direction de chez eux, je suis passé devant l'hôpital où travaillais le Docteur Even, a qui je devais absolument parler. Quand j'y suis allé et que j'ai trouvé son bureau je suis entré sans même frapper. Il était en pleine consultation mais quand il m'a vu, il n'a rien dit. « Alors c'est lui, le suivant de Ienzo ? Dans combien de temps il est censé mourir ? (…) Il y a six ans ? Et vous considérez encore qu'il est malade ? (…) Ah oui, six ans... Vous pensez que c'est Ienzo qui l'a maintenu en vie jusque là, mais que ça ne pourra pas durer plus qu'à la fin de cette année... Alors dans neuf mois, quand il sera mort, ne prenez plus personne. Vous vous êtes tant occupé de Ienzo, vous étiez toujours avec lui, surtout dans les pires moments comme lors de sa rupture avec Myde... Docteur Even, vous avez déjà tant fait pour ceux qui sont déjà morts, alors il est temps pour vous de s'arrêter. Vous en avez besoin. Et si... si vous avez vous aussi besoin de parler à quelqu'un, sachez que je suis là pour vous. Tout le monde devient taré et soit se barre, soit décide de mourir, alors je suis en quelque sorte le seul survivant : celui qui conte son histoire au bord des rues de campagne, celui qui meurt en emportant la vie de dizaines de personnes avec lui. Et vous en faîtes parti. Vous êtes lié à moi par Myde et par Ienzo, alors je voudrais connaître votre histoire, pour simplement m'en souvenir après que vous soyez mort. Que vous continuiez à vivre même après votre terme comme vous l'aviez permis à Ienzo... Alors, juste, prenez mon numéro. »
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« Je n'avais plus vu Lea depuis une éternité. En y repensant, même les dernières fois où je suis allé chez les parents de Vanitas, il n'était pas là. Mais cette fois-ci, il était rentré. D'où ? De chez lui, un appart' à l'autre bout de la ville. Le trio ne s'était jamais marié, mais ils se considéraient comme tel. Juste qu'ils "avaient la flemme de s'occuper des formalités administratives beaucoup trop chiantes pour eux". Et même s'ils n'étaient pas mariés, leur séparation que je venais de découvrir ne voulais pas dire leur non-divorce. Ils étaient toujours ce couple pas net avec un enfant pas net, mais ils ne vivaient plus ensemble. On dit qu'on n'échappe jamais à son destin et Lea n'a pas fait exception à la règle. Il n'a pas pu échapper à qui il était. À cause de ça, il s'est retrouvé à ne plus aimer Xion et Elrena. Mais il était toujours proche d'elles, comme un ami très intime. Alors il s'était installé dans leur autre maison - il ne voulait plus vivre avec elles, au moins le temps de se remettre les idées en place. Et du coup, si vous suivez bien cette histoire depuis le début, vous avez remarqué que les filles vivent dans la maison de Lea, et Lea dans celle des filles. Mais ce détail n'a aucune importance. Ce qui est important, c'est de savoir que les coïncidences semblent régner sur notre monde. Parce qu'évidemment, un malheur n'arrive jamais seul : Isa, son meilleur ami, est mort moins d'une semaine après le déménagement de Lea dans la maison des filles. C'est ça qui l'a fait se renfermer et aller vivre au plus loin de ceux qu'il connaissait. Après tout, dans sa jeunesse, Lea aimait Isa. Quel est cet air d'étonnement sur votre visage ? Dès le début, il a été dit que Lea aimait les hommes. Vous ne savez vraiment pas voir les sous-entendus... Et donc, les fameuses coïncidences : se rendre compte qu'il n'aimait pas les filles autant qu'au début de leur relation, se mettre à regarder les hommes après tant d'années, s'y ré-intéresser, se remémorer ses amours d'enfance dont un, le meilleur -le cœur de son cœur- qui décède au même moment. Il m'a dit, Lea, à quel point il a souffert. J'ai écouté tout ce qu'il avait à me dire et je lui en ai même demandé plus parce que, après tout, s'il a fini par revenir rendre visite aux filles, c'est qu'il avait arrêté de pleurer. »
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« Les filles étaient là, quand il m'a parlé. Toujours accrochées l'une à l'autre. Et elles se sont confiées à moi juste après lui. Et je me suis confié à eux juste après elles. Je parlais de coïncidences, mais plus que ça, ce sont les liens que l'on retrouve de partout. Tout est lié, absolument tout ! Comme par exemple le fait que les filles sont nées dans le même village où vivent Riku et Strelitzia ! Vous ne me croyez pas ? Alors retournez quatre chapitres en arrière. Enfin, je vais le faire pour vous : « Les gens du village nous ont raconté qu'il y a quelques dizaines d'années, deux petites filles sont nées de la même manière : siamoises. Mais contrairement aux nôtres, leurs parents à elles sont justement allés en ville à leur naissance ». Tout est lié, je vous ai dit, y compris Xion et Elrena. Ça aussi, c'était dit depuis le début. Elrena m'a dit que, quand Vanitas est parti, elles ne l'ont même pas remarqué tout de suite. Oui, c'est vrai, il vivait avec Myde et non plus avec ses parents, mais il prenait contact avec eux régulièrement. Et même au bout de plusieurs semaines sans nouvelles, elles ne l'ont pas appris toutes seules. C'est Myde -enfin Demyx-, qui leur a fait remarqué, quand il est finalement allé chez elles. À ce moment-là, Lea était en déplacement, alors il a pas pu le voir tout de suite, lui non plus. Mais quand Myde est arrivé pour leur parler de Vanitas, elles ont rapidement changé de sujet. Pas parce qu'elles s'en foutaient, mais parce qu'il n'y avait pas besoin de s'attarder dessus. On parle de Vanitas, après tout. En fait, à partir du moment où il est parti vivre avec Myde, les filles -et Lea aussi, parce qu'il suivait leurs mouvements- ont arrêté de le surveiller. De jouer les parents, en fait. Parce que... ils avaient fait des recherches sur les fameux "Another-Gaze", la famille biologique de Vanitas. Il s'étaient à peine renseignés sur eux, à l'époque de l'adoption, mais ils avaient fini par s'en ré-intéresser. Alors ils ont rencontré les parents biologiques de Vanitas et son petit frère, Sora. Les cinq parents ont beaucoup parlé et il a été mentionné que si Vanitas avait un jour une soudaine envie de faire le mal, ça ne durerait que quelque temps. Un mois plus tard, en même temps que leur annoncer le départ de Vanitas, Myde leur a parlé de cette fameuse envie de tuer qu'il avait dû subir. Comme ça ne semblait avoir duré que cette nuit-là, les filles s'étaient dit qu'il n'y avait plus rien à craindre pour personne, c'est pour ça qu'elles ne se sont pas plus inquiétées que ça. Et puis, rappelons-le : on parle d'une famille extravagante, ce n'est pas une petite disparition de six ans qui va changer quoique ce soit, hein ? »
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« Avant qu'elle ne parte, je me suis beaucoup rapproché de Naminé. Alors après avoir recueilli des confessions de personnes liées à Vanitas, j'ai voulu en récupérer d'autres liées à elle. Après Strelitzia, sa sœur, il me fallait aller voir ses autres proches. Je ne vous parlerais pas de ma rencontre avec son père, qui vous a déjà été racontée. Ils ne reste donc plus que ses meilleures amies. Étant donné qu'elle vivait dans la même ville que Naminé, donc proche de là où j'étais, j'ai commencé par aller voir Skuld. Skuld, la petite fille qui a bouleversée l'histoire d'une famille en volant la sœur de sa futur meilleure amie. Et bien qu'elle se soit sentie triste toute sa vie pour ce qu'elle a causé, Skuld m'a dit qu'elle ne le regrette pas le moins du monde. Elle a été seule toute sa vie, elle aussi voulait une grande sœur - bien qu'elle n'ait même pas vécu avec elle puisque Strelitzia a été placée au village au nord. Quand elle est devenue indépendante, Skuld a cherché Strelitzia pour qu'elles puissent enfin se retrouver mais elle s'était déjà enfuie dans la forêt centrale. Alors, devant supporter le fardeau de l'héritage des Yeux toute seule, Skuld s'est renfermée sur elle-même. Puis elle a rencontré Naminé. Comme vous le savez, Skuld habite dans un quartier très passant puisqu'il fait parti du cœur de la ville. De ce fait, les bâtiments ont une architecture plus recherchée, et c'était exactement ce que Naminé recherchait, à l'époque, pour ses toiles. Alors elle s'est mise à peindre en plein milieu de la rue, le regard sur l'appartement de Skuld. Elle a continué pendant plusieurs jours avant de venir directement à l'intérieur de l'appartement, sans la prévenir. Elle s'est donc retrouvée, un matin, avec une belle demoiselle en plein milieu de son salon qui peignait ses murs que Naminé avait décidé de recouvrir de chocolat chaud pour que la pièce ait "plus de vitalité et de folie de vivre", apparemment. Les filles sont devenuent amies comme ça, dans une odeur de chocolat chaud de gouache, sur le tapis qui verra leur relation évoluer. Enfin, vous avez compris. Mais quand Skuld a découvert le lien de Naminé et de Strelitzia, elle a commencé à mettre un peu de distance entre elles. Mais ça ne les a pas empêchées de continuer à regarder les étoiles ensemble, sur le toit de son immeuble. Puis Kairi est arrivée. »
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« Après Skuld, je suis donc allé voir Kairi. Je pensais trouver Sora avec elle, mais il était déjà parti. Pour vous-savez-quoi, mais on va en reparler après. On était parti de la maison de Naminé ensemble, mais même en étant allé à d'autres endroits avant, je suis arrivé avant Strelitzia. Et c'était tant mieux : il ne fallait pas qu'on se revoit si vite... qu'on se revoit tout court. En vérité, Kairi n'a pas tant connu Naminé que ça. À partir du moment où elle a emménagée chez Skuld, elle ne l'a pas beaucoup revue. Mais Naminé est une personne qu'on pourrait qualifier... d'intense. Intense et tranquille, donc plutôt des opposés. Mais les quelques mois passés avec elle ont marqué Kairi pour toujours. Elle m'a dit « j'aimais rentrer, le soir, pour voir Naminé boire son chocolat chaud dans un récipient différent à chaque fois. Quand je sentais cette odeur, je savais que je trouverais Naminé enveloppée d'habits bien trop grands pour elle, "empruntés à vie" à son fameux frère de cœur dont je n'ai jamais su le nom, recouverts de nouvelles tâches de peinture chaque jour. Pas qu'elle peignait n'importe comment, plutôt qu'elle faisait exprès de faire gicler les couleurs dans sa vie ». Et puis, Kairi me disait à chaque fois qu'elle la mentionnait, que la maison de Naminé était un vrai coin de paradis. Littéralement. Je veux dire que sa chambre était un amas de couettes et d'oreillers, que sa cuisine était remplie de sable blanc et que ses toilettes sentaient... la peinture. Parce que Naminé adorait vraiment l'insolite et que peindre l'inconcevable dans des endroits inconcevables était ce qu'elle aimait le plus. Comme son tableau de la « Fête du Village », à la limite d'un cimetière et d'une décharge. J'ai dit que Naminé était intense et tranquille. Mais plus que tranquille, on pouvait indéniablement la qualifier de douce. Ce qui est le plus intense chez elle est son toucher, et le plus doux, son regard. Son regard du cadre privé, pas celui meurtrier qu'elle prenait en pleine rue. « La seule chose que j'ai jamais regretté », Kairi m'a dit, « la seule chose que j'ai jamais regretté avec Naminé, c'est de l'avoir rencontrée. C'est pas possible, de la connaître. C'est pas possible d'avoir une vie normale, après qu'elle ait interféré dans ta vie. C'est pas possible... ». Je comprends parfaitement ce qu'elle veut dire, puisque presque toute ma vie a été changée à cause d'elle. Grâce à elle ? Non. En réfléchissant autrement, Naminé à tué Myde, Naminé a trompé Ven, Naminé m'a fait prendre une importance beaucoup trop importante, dans cette histoire. Je ne suis pas omniscient au point d'être conscient que vous parler à ce moment-même brise complètement le quatrième mur, mais je le suis assez pour connaître l'existence de la magie que seuls les magiciens et les porteurs des Yeux sont censés connaître, je suis assez omniscient pour connaître la vérité sur la destruction de la magie et de l'île... je sais trop de choses. Je serais même le dernier survivant. Et tout ça, À CAUSE de Naminé. Je suis devenu le Confessionnal à cause de Naminé, ce qui a conduit tout le monde à me parler même ce qui était loin de ce que je leur avais demandé. Kairi m'a parlé de sa grand-mère, des étoiles et du ciel nocturne. Elle m'a parlé de son propre ciel relié à la terre, et de sa princesse. Mais... « ma grand-mère est retournée voir Yozora, ils nous observent tous les deux, la nuit ». Je ne sais pas qui est le plus inquiétant : le fait que Yozora soit toujours vivant après tous ces millénaires ce qui me fait douter de la finalité du plan, ou que le plan de destruction de la magie lui-même risque de toucher la grand-mère de Kairi au point de l'achever. Mais peu importe : le plan est enclenché et je ne suis personne pour l'arrêter. Et puis, c'est peut-être nécessaire de passer par là, peu importe le résultat que cela causera. »
(…)
« Vous avez remarqué, non, que ma manière de parler est incohérente ? Je veux dire... vous savez ? Le fait que je ne parle pas à la même temporalité. Que parfois, je connaisse le futur et que d'autres fois, je ne le connaisse pas encore. On peut dire, je pense, que l'immense tirade qu'est ce chapitre croise des phrases que j'aurais pu dire après chaque confession avec des phrases que je dirais dans le futur, après tout les événements. Même cette explication est entre deux temporalités, j'ai l'impression... Mais peu importe, ceci est le paragraphe de Sora. Logique, vu que le village où il est caché avec Ven se trouve dans les mêmes montagnes que celui où j'ai parlé avec Kairi. D'ailleurs, je vais devoir éviter Ven et les autres villageois, pour récupérer les confidences de Sora. Je vais devoir le faire de nuit... Sora, le jumeau de Vanitas, son opposé complet puisque lui n'a jamais été un connard. D'ailleurs, il est étrange que Van se soit adouci après avoir pris conscience de son héritage qui lui permettrait de faire encore plus de mal. Peut-être qu'il a compris qu'un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. Kairi m'a dit où se trouvait Sora. Elle m'a aussi dit de ne pas me faire repérer et de ne surtout pas prononcer son nom. Après tout, Sora a été mis en pause jusqu'à la fin de la vie de Ven. Mais... je me demandais juste : qu'est-ce qui ne va pas avec ce monde ? Vous savez, toutes ces coïncidences, ces histoires de magie un peu spéciales et Sora qui se plaît dans le rôle de son frère. Il n'a jamais rencontré Naminé mais c'est exactement comme si elle l'avait lui aussi touché. Peut-être que Naminé est vraiment spéciale, en fait. Mais le fin mot de cette histoire n'aura aucun lien avec elle. Ça ne veut pas dire non plus qu'elle n'est rien : pas toutes les histoires ne tournent autour des déesses. Je commence à m'égarer, mais je me comprends. Sora, donc. Ça a été ma première rencontre avec lui, en fait. Mais on lui avait déjà parlé de moi alors il n'a pas été étonné de me voir. Après tout, il a dû enregistrer la vie de Vanitas en une nuit. Mais pourquoi ? Pourquoi supprimer sa vie entière pour son frère rencontré quelques années auparavant à peine ? Sora aimait Kairi, la liberté et la vérité plus que tout au monde. Et pourtant, il ne peut plus ni la voir, ni l'avoir, ni en faire parti. Il a changé son histoire en mensonge pour -littéralement- les beaux yeux de son frère et personne ne pense que c'est une mauvaise idée ? Kairi ne s'est pas plainte non plus... « Il y a une raison a cela. Tu vois, en fait... enfin, tu as compris ». Et oui, Sora, je comprends. C'est d'une logique implacable. Ce n'est ni parce qu'il est trop gentil, ni parce que son frère est trop méchant, ni parce que Naminé a influencé quoique ce soit, mais simplement parce qu'il n'y a pas de raison. Personne ne s'était posé la question et si je n'avais pas ramené ma presque-omniscience, personne n'aurait jamais remarqué. Alors bon, il suffit de faire comme si on n'avait rien vu. »
(…)
« On arrive à un point crucial, celui qui déliera les destins tissés par Naminé et Aqua. Je parle bien évidemment de la catastrophe de l'île. J'avais arrêté d'aller chercher des confidences, j'avais déjà appris bien trop de choses. Mais au détour d'un arbre, pas si loin de l'ancienne maison de Strelitzia et de Néo que j'avais déjà vu auparavant, j'ai rencontré un certain Lépidoptère. Enfin, ce genre d'animal est éphémère, alors il n'avait plus cette forme. Plutôt celle d'une belle Dent-de-lion au cœur de beaucoup d'autres. Au centre du sorte de cercle, en plus d'Ephemer, il y en avait trois autres. Skuld aurait dû devenir la cinquième fleur de l'étoile mais comme le plan ne s'était pas passé comme il avait été prévu... Il m'a dit « c'est pour bientôt » et je le savais déjà. « C'est pour bientôt ». Bientôt, le plan va commencer. Bientôt, tu devras aller au port. Bientôt, ils vont tous mourir. Mais ça, personne ne le savait. Je suis vraiment allé au port, j'ai vu l'explosion et quand je me suis rendu sur place quand tout le monde est parti et le lendemain, j'ai rencontré Aeleus. Lexaeus. Ça a été un hasard, encore une autre coïncidence : il fuyait les magiciens et moi je partais continuer ma vie. Il a été la dernière confession que j'ai eu. Enfin, il ne m'a rien dit, il n'a pas ouvert la bouche une fois et moi, je ne lui ai pas posé de question. Mais son regard, son visage, son allure... chaque partie de lui disais qu'il ne voulait pas en parler, qu'il ne pouvait pas parler de ce qu'il s'était passé. Mais tout son être ne faisait que le répéter en boucle : « ça a été horrible, rien ne s'est passé comme prévu, c'était une catastrophe, ils sont tous morts, j'étais leur gardien mais c'est moi le seul survivant alors maintenant, je serais le gardien de leurs mémoires. J'ai pu le voir me crier, plus muet qu'un mort, qu'il a vu ce qu'il ne devait pas voir, que les sorciers des temps anciens étaient toujours là mais qu'ils n'étaient pas un mal, il a murmuré sans voix que vingt sorciers, des maîtres de la magie, étaient encore capables de la maîtriser malgré sa disparition. Il m'a dit que dorénavant, il s'appelait Lexaeus. »
(…)
« Il est difficile de donner une temporalité à tous les événements que je viens de vous dire, mais à ma prochaine rencontre, que vous connaissez déjà, j'aurais atteint la soixantaine. Seulement soixante ans lors de ma dernière rencontre avec Naminé, soit la moitié de ma vie. Et pendant cent ans, je n'aurais été qu'une sorte de vagabond. Mais retournons du côté de Naminé. Naminé la Grande, celle qui a dépérit plus vite qu'un cancéreux en phase terminale. Naminé, celle qui perdait à mesure qu'elle gagnait. Quand je l'ai revu, il était déjà trop tard. Sa rencontre avec Strelitzia aurait dû rendre sa vie plus facile et la faire devenir celle qu'elle était vraiment. C'est effectivement ce qui s'est passé, bien que rien n'ait été positif pour elle, contrairement à sa sœur, qui a fini par disparaître dans le nord, achevant sa vie seule mais plus comblée qui quiconque. Je ne dis pas que Naminé ait été malheureuse après ce qu'elle soit devenue, bien au contraire : c'est la folie qui a enjolivée la fin de sa vie catastrophique. J'étais venu la voir, pendant l'hiver. Il faisait froid, je le savais, mais quand elle m'a dit de me déshabiller à cause de la chaleur qu'elle ressentait, j'ai commencé à la ressentir, moi aussi, comme si un grand feu s'était soudainement allumé dans la cheminée inexistante de la maison en bois de Naminé. On en revient encore, à cette force mystérieuse qui l'entoure. Mais toute trace de magie ayant quitté ce monde mis à part celle des vingt sorciers des temps anciens, ce ne devait être que l'aura de folie mélangé au peu de charisme qui lui restait qui devait me faire ressentir cela. Mais Naminé était finie. Tout ceux qui l'ont connue n'ont eut qu'un aperçu de qui elle était. Que ce soit du chocolat chaud ou du sable doux traînant dans les toilettes, personne n'a jamais vraiment connu l'entièreté de Naminé. Pour savoir qui elle était vraiment, il aurait fallu être dans sa tête... mais Vanitas est mort et les confessions que Naminé lui a faites sont perdues avec lui à jamais. Alors tout ce que je peux dire, c'est que pour moi, Naminé était une petite fille qui s'accrochait à ses peintures comme moi je m'accroche à la mort. Mais on ne peux pas forcément avoir le destin que l'on souhaite. »
(…)
« Ventus, la tombe de Van ne se trouve pas ici, alors laisse-moi rayer ce nom au côté du tien, sur votre tombe, pour que ce pauvre garçon ait enfin un endroit pour laisser un souvenir. Sora, bien que ton existence ait été supprimée il a bien longtemps, il est enfin temps pour toi de sortir du plus grand mensonge de ta vie. Même si plus personne ne sait qui tu es, tu mérites tout de même que ton nom soit écrit dans les archives du monde à venir. (…) Il va falloir que je me décide à mourir, moi aussi... »
Roxas (vieillard centenaire) : « Vous savez, il existe une falaise, quelque part. Un endroit où le temps reste inchangé peu importe le temps qui passe. Je suis venu ici, quand j'étais jeune, avec mes deux amants. J'étais le peintre, celui qui étalait l'odeur de la gouache sur les couleurs du paysage. Mon frère jumeaux était le poète, celui qui faisait parler le vent chaud venant du sud. Mon meilleur ami était le photographe, celui qui faisait sourire la falaise elle-même en gardant son souvenir pour l'éternité. Mais je n'étais pas le peintre et ils n'était ni le poète ni le photographe. La falaise est un endroit où le temps reste inchangé, et nous étions le reflet du passé qu'elle a connu. La falaise est un lieu mystique où rien ne semble réel, pas même le fait que je sois le seul survivant de toute cette histoire, que tout le monde soit mort et que je sois le prochain. La falaise me faisait comme perdre cent ans d'existence, comme si je devenais ce garçon aux cheveux bleus qui, fut un temps, colorait la toile blanche des couleurs des arbres d'automne. Alors, comme lui, j'installe la tente à deux places que le trio partageait, je peins les graffitis qu'il laissait sur les arbres autour de leur endroit secret et je m'y endors un instant. »
« Il ne me reste plus qu'à mourir, sans penser à la génération suivante, qui a peut-être déjà continué son histoire possiblement liée à la nôtre. Alors je m'allonge là où je dois être, dans le cimetière de la ville, sous le saule pleureur, à l'emplacement même où Myde avait creusé cette tombe qu'il a détruite avant de mourir. Je lève juste les yeux une dernière fois et je vois un mot venu d'une époque révolue depuis longtemps : « demise », le mot que Myde avait écrit avec Vanitas, le mot qu'il n'avait pas effacé avant sa mort, puisque finalement, il le représentait vraiment. Et moi aussi, après avoir disparu toute ma vie, c'est enfin l'heure de la fin de notre histoire, l'heure de mon décès... »
