Disclaimer : Downton Abbey est l'oeuvre de Julian Fellowes.
Résumé : Le monde s'était dérobé sur les pieds d'Anthony Strallan quand il apprit le mariage de celle qu'il avait abandonnée à l'autel cinq ans plus tôt.
Note de l'auteur : Juste un petit truc qui me traînait dans la tête, pas aussi bon que quand j'ai eu l'idée, mais quand j'ai eu l'idée, il était deux heures du matin et j'avais un peu la flemme d'écrire.
Soulagement et rédemption
Anthony Strallan avait senti le sol se dérober sous ses pieds alors qu'il lisait les bans qui venaient à peine d'être affichés dans la mairie de Downton.
Lady Edith Violet Crawley allait épouser Lord Herbert Pelham, marquis de Hexham.
Il sentit une larme rouler le long de sa joue alors qu'il se surprit à sourire.
Edith allait se marier.
Lui qui l'avait abandonnée à l'autel cinq ans auparavant.
La laisser là-bas, pleurant, avait été l'une des épreuves les plus dures qu'il avait eu à affronter et aujourd'hui encore, son visage noyé de chagrin hantait ses nuits. Il aurait dû l'éconduire bien avant, lui éviter cette humiliation, cette honte, ce crève-coeur, elle qui avait été une réelle brise de printemps alors qu'il était à l'automne de sa vie, un pied déjà bien engagé dans l'hiver.
Edith allait se marier à quelqu'un de son âge, qui pouvait lui offrir plus que ce que lui aurait pu lui donner.
Il avait tellement prié le Ciel de lui pardonner l'offense faite à la jeune femme et de lui accorder le bonheur ! Elle qui souffrait tant de la solitude, de la comparaison avec ses sœurs, avec son aînée, elle qui était malheureuse, il savait qu'elle l'était, elle se retrouvait propulsée encore plus haut, détrônant Mary.
Edith, son Edith chérie, ce cher ange blond au visage encore poupin à l'époque, allait vivre une vie faite à sa mesure : aimée, chérie, pleine de succès (il s'était d'ailleurs abonné au magazine pour lequel elle écrivait) !
Qu'aurait-il pu lui offrir hormis son amour ?
Il était déjà vieux, il était casanier, ralenti, l'état de son bras s'était aggravé. Elle aurait été plus infirmière qu'épouse ! Aurait-il pu lui accorder le bonheur d'être mère, elle qui avait adopté une jeune orpheline peu avant ses noces ? Non, Edith était une jeune femme vive, qui avait besoin que tout bouge. Oh, elle l'aurait aimé, secondé, épaulé, le tout avec dignité. Mais il craignait qu'elle aurait fini par développer de l'ennui à ses côtés. Sa plus grande peur aurait été qu'elle regrette de s'être mariée, n'osant pas avouer attendre la délivrance qu'offrait le veuvage.
Edith allait se marier.
Le Ciel lui avait pardonné et accordé son vœu le plus cher :
Edith allait enfin être heureuse.
Quelques jours après le mariage, on apprit la mort de Sir Anthony Strallan, à l'âge de soixante ans, dans son sommeil, un sourire aux lèvres. Bertie tenta de consoler Edith comme il le put quand ils l'apprirent à leur retour de leur voyage de noces. Malgré la tristesse évidente dans les yeux de sa femme, il n'y eut aucune larme. Alors qu'elle se serrait contre lui, elle comprit une chose :
La savoir heureuse et bien établie avait été la seule chose qui retenait encore Anthony sur cette Terre.
Une fois qu'il avait su qu'elle était devenue Mrs Pelham, il avait pu partir l'esprit serein et l'âme apaisée.
Elle espérait juste qu'il était parti en sachant qu'elle lui avait pardonné il y avait bien longtemps déjà.
FIN
