Voici le nouveau chapitre !
Je me suis trompée dans le planning des chapitres, sans compter celui-ci il n'en reste que deux, Septième Année Partie III et IV. Je ne sais pas comment j'ai fait mon compte, mais j'ai fait comme s'il restait 3 chapitres, et non 2. Donc, pour garder le suspens, et pour me sortir de ce pétrin, je posterai le tout dernier chapitre (Septième Année Partie IV) en deux partie, le 29 mai et le 2 juin. Ça va, vous n'aurez que 3-4 jours d'attente entre les deux chapitres ^^
Bon, bonne lecture !
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Drago et Hermione riaient en s'installant dans le Poudlard Express pour leur Septième et dernière année. Ils se riaient des élèves des autres Maisons, qui s'écartaient d'eux dès qui les voyaient arriver, effrayés. Ils riaient encore en saluant Théo, Daphné et Blaise, qui ouvrit la porte d'un compartiment à Hermione pour la laisser entrer.
« Principessa, » dit-il avec un sourire.
Alors qu'ils entraient, Ginny Weasley les approcha. « Tu as beaucoup de culot, » cracha-t-elle. « Comment oses-tu revenir ici après ce que tu as fait ? »
« C'est un nouveau monde, Ginevra, » répliqua tranquillement Hermione. « Le temps où tu pouvais libérer un monstre dans l'école, envoyer plusieurs élèves dans le coma, et pourtant ne pas recevoir de sanction, aussi minime soit-elle, juste parce que tu faisais partie des petits chouchous, est fini. »
« Par contre, toi, tu peux assassiner un Directeur de sang-froid, et revenir te pavaner ici, » dit-elle. « Tu n'es qu'une putain au service des Mangemorts. »
« Fait attention à ce que tu dis, conasse, » la prévient Greg avec un regard mauvais.
« Potter est en cavale, n'est-ce pas ? » Se moqua Hermione. « Ton frère est-il parti avec lui ? Son si fidèle, bien qu'un peu bête, acolyte ? Ils pensent pouvoir battre le Seigneur des Ténèbres, un homme qui a défié et vaincu la mort elle-même, avec le pouvoir de l'amour et de l'amitié ? »
« Oui, » répondit Ginny en la fusillant du regard.
« Donc… L'amour et l'amitié peuvent tout conquérir ? » Insista Hermione.
« Oui, » répéta la Gryffondor.
« Magnifique. » Hermione sourit, et Blaise éclata de rire. « Parce que nous avons beaucoup d'amour et d'amitié de notre côté également. Et de la loyauté. Et il y a autre chose, aussi. Qu'est-ce que c'est ? Donne-moi un coup de main, Drago, mon amour. Je n'arrive pas à m'en souvenir… »
« On sait exactement ce qu'il faut faire ? » Proposa-t-il d'un ton sec. « On est pas assez con pour jouer franc jeu ? »
« Oui, » approuva Hermione avec un hochement de tête. « C'est ça. On ne s'est pas reposé sur l'équipe éducative de Poudlard pour apprendre ce qu'il fallait apprendre pour survivre, on est allé voir ailleurs et avons appris par nous-même. Il nous a juste fallu des livres, de l'intelligence, et un excellent professeur. »
« Un professeur maléfique, » la corrigea Ginny. « Je sais ce que ça fait d'avoir ce monstre dans la tête, Granger. Il est maléfique. »
« Tu as eu le Seigneur des Ténèbres dans la tête ? » Demanda Hermione d'un air amusé.
« J'ai été possédée, et il m'a forcé à relâcher un monstre – Tu étais dans le coma, je sais, mais essaye de suivre, » rétorqua la jeune fille. »
« C'est si drôle, » observa Hermione. « Je veux dire, tu te crois si spéciale. Qui parmi nous n'a pas eu le Seigneur des Ténèbres dans notre esprit ? Certainement pas Drago. Ou Théo. Ou moi. »
« Il n'a jamais été dans mon esprit, moi, » intervint Greg, et Blaise se prit le visage dans les mains, l'air désespéré.
Hermione se tourna vers Greg et lui sourit, puis reporta son attention sur Ginny. « Arrête de pleurnicher et va-t'en, petite fille. Tu n'es pas de taille, tu n'as aucune de ce qu'il se passe vraiment, et ton seul argument n'est pas valable. » Elle se tourna et alla s'asseoir, suivie par Drago, et Blaise ferma la porte d'un coup sec devant le nez de l'intruse.
Quand le charriot de bonbons arriva, Hermione lui donna une poignée de galions et lui ordonna, « Donnez-en à tous les Serpentards de Deuxième et Troisième Année. » La femme lui fit remarquer qu'elle ne pouvait pas deviner qui était dans quelle maison et dans quelle année, mais Hermione lui suggéra de trouver toute seule, comme une grande. Son interlocutrice acquiesça rapidement, un peu tremblante et continua son chemin.
« Petite brute, » lui dit affectueusement Drago quand la porte fut refermée.
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Avant qu'ils n'entrent dans les calèches censées les conduire au château, Hermione caressa le museau d'un des Sombrals, qui commença à renifler sa main à la recherche de viande crue. Il lui donna un regard menaçant quand il comprit qu'elle n'en avais pas.
« Je viendrais te nourrir une fois que je serais installée, » lui promis-t-elle en ignorant les regards apeurés des autres élèves.
« Le fait que tu puisse les voir rend les gens nerveux, » expliqua Luna en entrant dans la calèche, aidée par Blaise.
« De doux étalons, visions de la mort, » dit Astoria, Daphné derrière elle.
« Va trouver ta propre calèche, » lui ordonna cette dernière.
Astoria se contenta de sourire et s'assit à côté de Vincent, qui lança à Daphné un regard mi-désolé, mi-nerveux.
Quand ils arrivèrent au château, le Festin de Bienvenue fut un peu plus silencieux que les précédentes années, mais les Premières années furent scrupuleusement répartis dans leurs Maisons et s'assirent, effrayés, aux extrémités de chaque table. Severus Rogue leur apprirent qu'Horace Slughorn sera le nouveau directeur de la Maison Serpentard, et cette nouvelle fut reçue par des applaudissements polis. Il ignora les regards noirs des autres professeurs et continua son discours, consistant à rappeler aux élèves les endroits à éviter et les dates des essais de Quidditch.
« Tu sais, » dit Théo, « Je crois que les discours un peu bizarre de Dumbledore me manque un peu. Il ajoutait toujours un mot pour rire en rappelant que la Forêt Interdite était toujours interdite. »
Blaise rit. « Et si je te disais, 'on a gagné' ? »
« Ça fait trois mots, » remarqua Greg.
« Pourquoi pas 'potentat' ? » Offrit Hermione.
« Est-ce que ce mot est français ? » Demanda Greg, et Millie soupir a. « Quoi ? »
« Je t'aime, Greg, » dit-elle en lui caressant le bras.
« Ma sultane, » murmura Drago en embrassant le bout des doigts d'Hermione.
« Sympa le bracelet, » dit Pansy pour attirer l'attention sur son bracelet. Toute les filles se mirent à ignorer l'explication de Rogue sur le changement du programme d'Etude des Moldus et de la présentation de 'l'adorable Alecto Carrow' – Une phrase prononcée avec tant de mépris et d'ironie qu'on pouvait facilement deviner son opinion sur la professeure – pour poser des questions à Pansy sur celui qui lui avait offert le bracelet d'émeraude qu'elle avait au poignet.
« Marcus Flint, » répondit Pansy, qui essayait de ne pas trop se la jouer. Un Mangemort déjà marqué était un bon parti, si on oubliait le fait qu'il avait dû repasser ses A.S.P.I.C.s.
Millie enlaça la jeune fille et Hermione siffla, impressionnée. « Pas mal ! »
« Félicitations, » dit Daphné, qui sortit immédiatement un magazine destiné aux futures mariées, et l'ouvrit directement sur un article à propos de robes. Sans perdre une minute, Millie, Pansy et Daphné commencèrent à débattre sur quelles robes leurs mères les autoriseraient à porter.
Théo regarda Greg et ils soupirèrent.
« Est-ce qu'un jour elles vont arrêter ? » Demanda Greg avec espoir.
« Je ne pense pas, » répondit Théo en secouant la tête.
« C'était obligé que cela soit les Carrows ? » Marmonna Hermione pendant que Rogue présentait cette fois-ci Amycus comme le nouveau professeur d'Art de la Magie Noire, qui invita les élèves à explorer les nouvelles possibilités qui s'offraient devant eux grâce aux sorts qu'ils allaient apprendre dans cette nouvelle matière.
« Au moins ce n'est pas les Lestranges, » dit Drago et elle lui sourit.
« Non, ils sont stupides et brutaux, mais pas fous. Mais je n'aime toujours pas ça. »
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'Stupides et brutaux' devint rapidement un euphémisme. La plupart des élèves refusèrent de participer aux cours d'Art de la Magie Noire au départ la seule technique de motivation qu'Amycus Carrow connaissait était la terreur, ou encore la menace. Quand il fit face aux refus de toutes les Maisons sauf Serpentard, il commença à pousser les limites des sanctions appliquées sur les élèves désobéissants.
« Il n'est pas un très bon professeur, » observa Luna dans la salle commune des Serpentard. C'était un nouvel euphémisme. Les cours dans cette matière avaient continués et Luna s'était proposée pour prendre une groupe de Première année et leur apprendre convenablement les exercices pratiques qu'Amycus avait été incapable d'expliquer. Au début, le groupe n'était composé que de Serpentard mais petit à petit, de semaine en semaine, d'autres élèves des autres Maisons se joignaient à eux. « Imaginez, » leur dit Luna, « Que votre orange n'est pas composé d'orange, mais de petites créatures, et vous voulez les éloignez les unes des autres le plus rapidement possible. Vous n'avez juste qu'à les encouragez à bouger vers l'extérieur, comme un ballon. »
« Est-ce que c'est supposé être des instructions claires ? » Chuchota Drago à Hermione, mais un des élèves, une petite fille, qui avait un petit zozotement, lança avec détermination, « Oro Impendo, » et son orange explosa, éclaboussant au passage le petit groupe avec du jus et des quartiers déchiquetés du fruit. Elle émit un petit cri de victoire, et Luna applaudit et tourna sur elle-même.
« Cela ne te gêne pas de leur apprendre l'Art de la Magie Noire ? » Demanda Hermione à Luna un peu plus tard, quand les plus jeunes furent couchés et que les Septièmes Année étaient tous assis sur les canapés et se passaient une bouteille de Whisky Pur-Feu.
« Un esprit libre n'est pas un chien en train d'aboyer, (1) » éluda Luna avec sa voix habituelle. Le fait que Blaise était en train de l'embrasser dans le cou expliquait peut-être pourquoi elle agissait si distraitement, mais cela pourrait tout aussi bien être son manque d'intérêt à se faire comprendre par les autres. « La chaine de dix pieds de long, tu sais. »
« Oui, oui, » dit Hermione en s'asseyant sur les genoux de Drago. « Tant que cela ne te dérange pas. »
Les Serpentards les plus âgés regardaient maintenant Amycus Carrow avec un mépris qu'ils ne se dérangeaient même plus de dissimuler. Cet homme était vicieux et fanatique, mais n'était pas très intelligent. Comme Rogue l'avait fait remarqué l'année dernière durant un cour de Défense Contre les Forces du Mal, un esprit vif était essentiel pour exceller dans cette matière, peu importe la direction dans laquelle vous l'abordez. En plus, malgré ce qu'il avait vu sur la tour d'Astronomie ce fameux soir – et il avait été là pendant toute l'action – il continuait à penser qu'Hermione n'existait qu'en tant que simple décoration au bras de Drago et dans l'organisation du Seigneur des Ténèbres. Il ne cessait de la rabaisser de manière subtile en classe, suggérant qu'elle n'avait réussi à lancer tel sortilège seulement grâce à l'aide de Drago, et cela commençait à énerver ses camarades de classe.
Hermione, elle, se contentait de le regarder avec un regard calme et mesuré, et continuait de le remercier pour son aide à chaque fois qu'il lui donnait un conseil inutile et la plupart du temps faux.
« Tu attends le bon moment, n'est-ce pas ? » La taquina Drago un jour en sortant de la classe, un bras autour de sa taille.
« C'est toi l'impulsif, dans le couple, » répondit-elle en lui déposant un baiser sur le bout du nez.
« Je suis aussi la personne sexy et mignonne, dans ce couple, » répliqua-t-il avec un sourire.
« C'est amusant, » dit-elle, « Car la nuit dernière j'ai juré t'avoir entendu dire, 'Oh Merlin, t'es si sexy quand tu – ' »
Drago l'empêcha de finir sa phrase en plaquant sa main sur sa bouche, car Blaise venait de passer à côté d'eux. Un rire s'échappa de la bouche de la jeune fille, qui fut étouffé par la main d'un Drago ronchonnant.
Cependant, il avait raison elle attendait son heure. Mais elle se rendit compte que son heure était venue quand un des Deuxième Année rentra dans la Salle Commune, tremblant et pleurant car Amycus leur avait ordonné de pratiquer le sortilège Doloris sur leur voisin. Après son propre cours d'A.M.N., elle demanda à Drago de l'attendre dans le couloir. « J'ai une question à poser à Professeur Carrow, » lui expliqua-t-elle en sortant une des oranges de Luna de son sac.
Drago lui embrassa le dos de sa main. « Bien sûr, mon amour. »
Hermione lui sourit, puis redevint sérieuse, et rentra dans la classe. « Saviez-vous, » commença-t-elle, « Que l'on peut geler tout le liquide contenu dans un corps grâce à un seul maléfice ? » Elle lança l'orange en l'air en direction d'Amycus et murmura, « Solus Constringitur. »
Quand son interlocuteur attrapa le fruit, il l'éplucha pour découvrir un bloc de glace.
« Très impressionnant, Miss Granger, » dit-il avec un rictus. « Mais je le savais. C'est une des basiques leçons de Spells Moste Fowle. La prochaine fois, essayez de ne pas rattraper vos supérieurs avec votre savoir si - »
« On peut lancer ce maléfice sur un humain, évidemment, » continua Hermione, comme si son Professeur n'avait pas parlé.
Il lui offrit un nouveau rictus. « Oui, je sais. »
« Dans ce cas-là, si vous forcer un élève à pratiquer n'importe quel maléfique sur un de ses camarades, que ce soit en retenu ou en cours, je gèlerai tout liquide contenu dans votre misérable corps.
Il y eut un long silence. Finalement, Amycus Carrow dit, « Etes-vous en train de me menacer ? »
« Oui, » répondit Hermione avec un sourire sous-entendant qu'elle était contente qu'il ait enfin comprit ce qu'elle voulait dire. « Je vous souhaite une excellente journée, Professeur. »
Elle entendit l'orange s'écraser contre la porte dès qu'elle referma la porte derrière elle.
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Vincent et Greg amenèrent un nouveau poster 'On supporte Harry Potter' sur le bureau de Rogue, qui soupira.
Hermione était en train de gratter contentieusement son chaudron, parce que comme Rogue lui avait informé, il n'y avait aucune raison qu'elle ne sache pas en nettoyer un correctement et que si elle n'améliorait pas sa technique il la forcerait à frotter des chaudrons en retenue en compagnie de Première Année.
« Qu'est-ce que vous voulez exactement que j'en fasse ? » Demanda-t-il.
« Potter est l'Indésirable Numéro Un, » protesta Greg.
« Personne ne devrai le soutenir ! » Renchérit Vincent.
« Néanmoins, retirez des posters ne va pas les empêcher de le soutenir, et j'ai des choses plus importantes à faire qu'essayer de retrouver et punir des élèves même pas capables de reproduire un simple poster. » Rogue prit le poster et le regarda pendant quelques secondes. « Pathétique, » dit-il avant de le détruire d'un coup de baguette.
« Pourquoi personne ne l'a encore attrapé ? » S'enquit Greg avec véhémence.
« Probablement parce qu'il n'a pas quitté son petit trou Square Grimmaurd depuis des mois, » dit Rogue. « Aimeriez-vous que je communique votre mécontentement au Seigneur des Ténèbres ? »
Hermione dut retenir un rire moqueur. Ils étaient tous terrifiés du Seigneur des Ténèbres.
« Euh, non, pas besoin, » marmonna Greg.
« Alors dans ce cas-là, veuillez sortir de mon laboratoire. J'essaye d'apprendre à votre camarade l'art de la confection d'une potion et vous me faites perdre mon temps. »
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« Tu veux faire une balade ? » Demanda Drago après avoir regardé Hermione lire la même page de son manuel sept fois d'affilé. Elle soupira et fit 'non' de la tête et reprit sa lecture. Drago se leva, ferma doucement le livre qu'elle tenait dans les mains et répéta, la voix plus assurée, « Allons faire une balade. »
Il lui tendit sa main et, l'air résigné, Hermione la prit et ils se dirigèrent vers le lac.
« J'adore l'automne, » dit Drago après un moment. « Cette saison est calme et tranquille. C'est reposant. » Il s'arrêta et se pencha pour attraper une fleur, qu'il installa derrière l'oreille d'Hermione. Il lui caressa les lèvres avec tendresse. « Qu'est-ce qu'il y a ? »
Elle s'assit sur une pierre et se mordit la lèvre. « Je n'arrête pas de revoir cette scène, » expliqua-t-elle. « Je le vois tomber de la tour, l'air résigné, parce que je l'ai tué. »
Il s'assit à côté d'elle et prit sa main. « Bella aussi ? » S'enquit-il, et elle acquiesça.
« Même Fenrir, » admit-elle. « Bien que le monde se porte bien mieux sans lui. »
« Il se porte bien mieux sans Bella également, » ajouta Drago et un léger rire s'échappa de la bouche de la jeune fille.
« Est-ce que tu vois - »
« Rabastan ? » La coupa-t-il. « Ouais. Toutes les nuits. Mais je n'hésiterais pas à le refaire, s'il le fallait. »
Elle posa sa tête sur son épaule et il entoura sa taille de son bras. « J'aimerais… J'aimerais qu'on n'ait pas à tuer, » commença-t-elle. « Avant… Avant la Tour, j'avais juste l'impression de jouer à un gros jeu d'échec. Maintenant… Je ne sais pas. J'ai peur. En plus cette semaine j'ai menacé Amycus et… »
« Il est trop dangereux, » dit doucement Drago. « Je parie qu'il apprécie retirer les ailes des mouches. »
« Je parie qu'il aime arracher les bras des bébés, » marmonna Hermione. « Où est-ce que Jedusor trouve ces personnes ? »
« Sûrement dans l'aile de St. Mangouste dédiée aux personnes mentalement dérangées, » suggéra Drago, ce qui la fit rire. Elle lui tapa le bras et il lui sourit. « Maltraitance, » s'exclama-t-il, et quand elle commença à renifler, il la serra fort. « C'est bon, amour, » murmura-t-il. « On se débarrassera de tous ces tarés, je te le jure. Je t'aiderai. Théo t'aidera. Je sais que ça fait mal, je sais. Quand Potter sortira le bout de son nez, Jedusor le tuera en un rien de temps et là, eh ben, on dirigera ce monde.
« Comment ? » Demanda-t-elle entre deux hoquets.
« Bah… Je vais être Ministre et tu auras ton - »
« Non, ce n'est pas ce que je voulais dire. » Elle renifla puis s'essuya les yeux. « Comment Jedusor saura que Potter aura montré le bout de son nez ? »
Drago lui sourit, sortit un mouchoir de sa poche et lui essuya les larmes encore présentes. « Son nom est tabou. Prononce le mot en V, et des Raffleurs seront devant ta porte de maison avant même que tu n'aies le temps de prononcer 'Salazar'. »
« Des Raffleurs ? » Répéta Hermione, qui venait de se lever.
« Ils sont généralement à le poursuite des membres de l'Ordre du Phénix, » expliqua Drago en lui offrant son bras. Il sourit quand elle le lui prit sans même le penser Six ans passés au Manoir en la compagnie de Narcissa, et elle ne réalisait même pas à quel point elle avait bien assimilé les coutumes de ce monde. « A moi, » murmura-t-il en lui embrassant les cheveux.
« Pour toujours et à jamais, » acquiesça-t-elle.
Ils reprirent leur marche en direction du lac, et parlèrent Ils parlèrent des Raffleurs, la chasse des membres de l'Ordre, qu'ils devaient les attraper avant les Aurors du Ministère. Malheureusement, l'Ordre a toujours été très sélectif et ses membres discrets, donc ce n'était pas comme si ils possédaient une feuille où étaient marqués les noms des membres. Mais Mondingus Fletcher, qui avait été capturé par Flint et Montague, avait donné des noms. Ils n'avaient même pas eu besoin de le torturer.
« Il a donné le nom de Rogue, évidemment » dit Drago en haussant les épaules. « Mais on le savait déjà. Et puis Rogue avait déjà donné une liste de noms, mais ils ont tous disparus. » Il lui serra la main, réconfortant. « Arthur et Molly Weasley étaient sur les deux listes, mais on ne les trouve pas non plus. La seule Weasley qui se ballade encore dans ce monde est Ginny Weasley, mais Rogue a insisté que les mineurs n'étaient au courant de rien. Personne n'essayera de la capturer. »
« Tant mieux, » dit Hermione. « Je crois. » Ils avaient atteint le lac, et elle se pencha pour prendre un caillou, qu'elle jeta dans l'immense étendue d'eau.
« Eux aussi recrutent, » continua Drago et, en voyant le regard confus de la jeune fille, il ajouta, « Les Raffleurs. Ils recrutent. Une fois que l'on se sera débarrassé de tous les malades mentaux, il y aura - »
« Un problème de personnel, » acheva Hermione avec un petit rire. Drago rit à son tour et se pencha pour l'embrasser.
« J'aurai voulu que tu n'aies pas eu à souffrir autant en recevant la Marque, » murmura-t-elle. « J'ai détesté ce moment. »
« Moi aussi. »
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Un soir, Théo arrêta Blaise avant qu'il ne puisse quitter la table du dîner. « Je ne sais pas exactement ce qu'est le Kama Sutra, mais merci du fond du cœur d'avoir donné un exemplaire à ma petite-amie.
Blaise lui sourit et prit son sac. « C'est Luna qu'il faut remercier. »
« Page 394, » dit Théo avec un regard rêveur. « Cette page a changé ma vie. »
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Hermione ne regardait pas où elle marchait. Elle était trop occupée à farfouiller son sac à la recherche d'un roman Moldu, qu'elle essayait de faire lire à Drago. « C'est un plus grand nombre, » lui expliquait-elle. « S'il y a plus d'écrivains, il y aura - » Mais elle ne finit pas sa phrase, car elle venait de trébucher sur le corps d'un élève. Les Carrows étaient là, et pointaient leur baguette en direction du jeune garçon ramassé contre le mur.
« Qu'est-ce que vous êtes en train de faire ? » Demanda Hermione.
« Ce n'est pas ton problème, petite fille, » dit Amycus, la voix sombre. « Continue à marcher. »
Hermione regarda le garçon – Un Serdaigle, s'il se fiait à la couleur de sa cravate – et amorça un pas, hésitante.
Derrière elle, Drago commença à jurer.
« Qu'a-t-il fait ? » S'enquit Hermione, curieuse. Quand elle utilisait ce ton, Théo se mettait toujours à transpirer. Ce n'était pas de la curiosité innocente.
Un rictus apparut sur les lèvres d'Alecto. « Il a libéré un élève que nous avions enchainé. Ce n'était qu'un pauvre Première Année, et cet imbécile a cru pouvoir - »
« Je vous demande pardon ? » La coupa Hermione. « Je pense avoir mal entendu vous avez enchaîné un Première Année ? »
« Putain de Sang-de-bourbe, » marmonna Amycus.
« Partez, » ordonna Hermione, et les Carrows la fixèrent du regard, incrédules. « Je le pense vraiment. Partez, » répéta-t-elle.
« Je ne crois pas, non, » dit Alecto, qui lança un maléfice en direction d'Hermione. Le jet de lumière produit par la baguette toucha l'épaule d'Hermione, et Drago fit un pas en avant, l'air menaçant, mais s'arrêta, confus, en observant Alecto se tordre de douleur. Son frère se tourna vers elle, inquiet.
« Qu'est-ce que tu as fait ? » Cracha Amycus, mais Hermione l'ignora et continua d'observer Alecto avec incompréhension.
« Intéressant, » dit-elle. « Le collier est apparemment plus qu'un simple avertissement. »
Drago se mit à rire.
« Quoi ? » Demanda Amycus. « Qu'est-ce qui est drôle ? »
« Tu crois qu'il me dira comment il l'a fait ? » S'enquit Hermione auprès de Drago, qui continuait de rire. Finalement, quand Hermione vit Alecto essayer d'empêcher le sang couler de son épaule, elle le regarda avec une petite moue. « Le joli collier qui m'a été offert par le Seigneur des Ténèbres n'est pas qu'un avertissement pour les Mangemorts Il a l'air de contenir une espèce de système de défense. »
Amycus ne comprenait toujours pas, alors Drago intervint. « Le maléfice envoyé par votre adorable sœur sur Hermione a affecté Miss. Carrow au lieu de Miss Granger. »
« Partez, » répéta Hermione. « Maintenant. »
« Je ne crois pas, non, » siffla Amycus. « Mais je crois par contre que je vais raconter ce qui vient de se passer au Seigneur des Ténèbres. Il sera très heureux de savoir que vous avez essayé d'interférer sur la manière dont on s'occupe des élèves de ce château. »
« Très bien, allez-y, » dit distraitement Hermione. « Et ensuite je le remercierais pour la sécurité offerte de ce médaillon, et comment j'ai appris son existence. Je suis sûre qu'il sera très heureux de savoir que vous avez voulu me blesser, malgré l'interdiction claire et précise qu'il ne fallait même pas essayer. »
Amycus recula d'un pas. « Tu ne seras pas toute la vie sa favorite, petite fille. »
« C'est vrai, » admit Hermione. « Mais pour l'instant, je le suis et si vous ne partez pas je demanderais sûrement qu'on me serve votre cœur sur un plateau pour Noël. Ne jouez pas avec le diable, Amycus. Vous savez pertinemment qu'il accèdera à ma requête. »
Amycus aida sa sœur à se relever, et ils fusillèrent du regard les adolescents en face d'eux. Dès que les Carrow disparurent de leurs champs de vision, Hermione tomba à genoux à côté du jeune garçon et ordonna à Drago d'aller chercher Luna.
« Luna ? » Répéta-t-il.
« On aura besoin de son aide si on veut rentrer dans la Salle Commune des Serdaigles, » expliqua Hermione. « Et amène Blaise en même temps. »
Drago acquiesça puis partit en courant.
Hermione sortit une potion de son sac, releva la tête du jeune garçon inconscient et porta la fiole à ses lèvres. « Allez, » encouragea-t-elle. « Avale. » Puis ses yeux s'ouvrirent, des yeux remplis de terreur. « Ils sont partis, » dit la jeune fille. « Il n'y'a que moi. »
« C'est bien ce qui m'inquiète, » marmonna-t-il. « Mangemort. »
« Techniquement parlant, je ne suis pas un Mangemort, » dit-elle en commençant à soigner les blessures qu'elle pouvait voir. « Qu'est-ce qu'il t'on fait ? »
« Le plus souvent ils ont utilisé le Doloris, » expliqua-t-il. « T'en a encore ? » Demanda-t-il en montrant faiblement du doigt la fiole de potion maintenant vide.
« Pas sur moi, » répondit-elle. « Une fois qu'on bougera en direction de ta Salle Commune j'irai en prendre d'autres, mais pour l'instant je ne vais pas te laisser tout seul, car ils pourraient très bien revenir. » Elle soupira. « Enfin, un peu de repos et tu seras sur pied dans pas très longtemps. Ils utilisent toujours le Doloris. Ils n'ont pas d'imagination. »
« En quoi ça t'importe ? » S'enquit-il.
Elle s'assit sur ses talons, et aida le jeune garçon à s'asseoir plus confortablement. Ses yeux rencontrèrent les siens, et elle soupira. « L'ancienne génération n'est pas du tout compétente. Comment auraient-ils pu garder le pouvoir si longtemps, tout en torturant familles, enfants et amis ? »
Il la regarda avec un petit sourire. « T'es plutôt paradoxale. »
« Je joue pour gagner, pas pour perdre. »
« Je le vois bien, » dit-il en lui tendant la main. « Michael Corner. »
Elle fit de même. « Hermione Granger. Ravie de te rencontrer, Michael. »
Elle se leva et laissa Blaise et Drago aider le jeune garçon à se relever. « Ramenez-le dans sa Salle Commune, il sera en sécurité là-bas. Je vais aller chercher d'autres potions, et je vous retrouve là-bas. »
« Je viens avec toi, » dit Luna. « Tu ne trouveras jamais notre Salle Commune sans mon aide. Michael leur montrera le chemin. Il a l'air d'avoir repris ses esprits. »
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« Pourquoi voudraient-ils l'épée ? » Demanda Pansy en faisant passer la bouteille de Whisky-Pur-Feu à Daphné.
« J'aimerais bien le savoir, » répondit Daphné, qui leva les yeux en direction des escaliers, où elle vit sa petite sœur. « Je peux te voir, Tory. Va te coucher et laisse nous tranquille. Elle se réinstalla confortablement sur Théo, dont une main avait disparue sous le pull de la jeune fille. « Elle va me rendre folle, un jour. »
Vincent avala son shot et tendit la main pour avoir la bouteille Millie la lui tendit.
« Et même, qu'est-ce qu'ils vont faire avec ? De l'escrime ? » Dit Hermione avec un petit rire, la tête posée sur l'épaule de Drago.
« Qui amènerait une épée pour un duel de sorcier ? » Rit Théo.
« Les Gryffondors ? » Suggéra Drago, et tout le monde rit.
« En parlant des Gryffondors, c'était quoi cette punition ? Etre envoyé dans la Forêt Interdite avec Hagrid ? Pour Neville Londubat et Ginny Weasley ? C'est comme une promenade de santé pour eux. »
« C'est déjà mieux qu'une retenue avec les Carrows, » chuchota Hermione.
« C'est vrai, » admit Blaise.
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Guerre ou pas, on ne pouvait pas annuler le Quidditch, et la rivalité entre les Gryffondors et les Serpentard n'en n'était que plus grande. Les lions sifflaient « Sales Mangemorts, » aux Serpentards, qui répliquaient en les félicitant d'avoir perdu Weasley et Potter. « Peut-être avec un capitaine qui ne favorise pas ses amis et un Gardien décent, vous avez une chance de gagner. »
« On vous a toujours battu, » cracha Ginny à Drago un jour devant le sourire condescendant du Serpentard. « Et on continuera à vous battre. Vous n'êtes que des tricheurs. »
« Vient, Drago, » dit Hermione. « Tu pourras lui faire bouffer de la merde après que tu as attrapé le Vif d'Or. De toute manière, elle ne risque pas de gagner avec son balai de merde. Enfin, peut-être qu'elle a eu l'intelligence de le changer. »
Le jour du match était d'un froid mordant, malgré un grand soleil, et Hermione marmonnait et jurait dans sa barbe, Théo, Blaise, Daphné et Luna devant elle. Avec Millie et Pansy, elles lancèrent sortilèges réchauffant après sortilèges réchauffant, pour rendre la température supportable. Les garçons avaient tous été très heureux et enthousiaste, ce matin, ce qui avait fatigué Hermione rien qu'en les regardant. « Pourquoi vous êtes comme ça, » avait-elle marmonné au petit-déjeuner.
« Le Quidditch, » avait répondu Greg. « On peut enfin rejouer au Quidditch, avec Drago comme Attrapeur. C'est le plus beau jour de ma vie. »
Elle avait caché son visage dans ses mains, secouée par un rire. « T'es génial, Greg. »
« Euh… Toi aussi, » avait-il dit, confus.
Le commentateur était toujours aussi partial que d'habitude. L'absence des Carrows autorisait l'élève choisit par McGonagall de remarquer toutes les fautes commises par les Serpentards, sans parler des fautes commises par les Gryffondors : Jimmy Peakes et Richie Coote s'amusaient à voler aux côtés de Drago, pour lui rentrer dedans à tour de rôle.
« C'est autorisé ? » Demanda Hermione à Pansy, qui connaissait bien mieux les règles du Quidditch qu'elle.
« Je ne crois pas. »
Mais cela n'importait pas. Drago réussit à s'extirper d'entre les deux Gryffondors et se reprit sa recherche du Vif d'Or. Ginny était à l'autre bout du terrain et faisait de même, mais aucun d'eux n'eurent de la chance. Pendant un moment, on ne put observer que le Souaffle passé de mains en mains, d'équipe en équipe. Dix à zéro. Dix à dix. Dix à vingt.
« Quand est-ce qu'ils vont trouver cette balle ? » Pesta Hermione, emmitouflée dans un pull, sa cape et une couverture. Millie acquiesça, ses yeux rivés sur Greg, qui venait de frapper un Cognard en direction d'un des Poursuiveurs de Gryffondor. « Je déteste ce jeu, » ajouta-t-elle, et Millie et Pansy rirent.
« Tu vas en entendre parler toute ta vie, tu le sais ça ? » Dit Pansy. « Marcus participe encore à des matchs et je suis sûre que Drago le fera aussi. »
« Quelle chance, » ironisa-t-elle. Le match continua encore et encore, et personne n'avait encore retrouvé le Vif d'Or. Millie se mit à regretter de ne pas avoir apporté un livre. Théo fit réciter la leçon d'Arithmancie à Hermione. Personne n'osait regarder Blaise et Luna, bien que Millie leur dit qu'il y avait des enfants ici et que personne n'avait envie d'assister à la pratique d'un cour d'éducation sexuelle.
Hermione avait arrêté de suivre le match quand une petite balle dorée attira son attention. Le Vif plana tranquillement au-dessus des gradins pendant un moment, puis reprit sa course effrénée.
Drago remarqua le Vif d'Or quelques secondes à peine après Hermione et elle l'observa voler à toute vitesse à sa poursuite. Ginny l'observa voler et comprit qu'il avait trouvé le Vif. Leurs équipes respectives arrêtèrent ce qu'ils faisaient ou presque, et essayèrent de garder en sécurité le plus longtemps possible leurs Attrapeurs. Hermione s'était levé et était sur la pointe des pieds.
« Drago Malefoy attrape le Vif d'Or, » dit le commentateur, déçu. « Serpentard gagne, 420 à 550 points. »
« Oui ! » S'exclama Hermione, qui enlaça Pansy puis Millie. « On a gagné ! On a gagné ! »
Elle descendit les escaliers des gradins avec hâte. Drago se tenait au centre du terrain, le Vif d'Or dans la main, les yeux écarquillés. « Tu l'as fait ! » Dit Hermione en se jetant dans ses bras. « Je suis si fière de toi. Tu as travaillé si dur pour ce moment. »
Ginny atterrit à côté d'eux, l'air énervée.
« C'est le moment où tu es censée dire 'félicitations', » dit Hermione avec un petit rictus.
« C'est le moment où je suis censée dire 'Allez-vous faire foutre, » répliqua Ginny. « Vous avez peut-être gagné, mais vous êtes toujours des sales Mangemorts répugnants. »
Dean Thomas atterrit à son tour et Hermione les observa, dubitative. « C'est qu'un jeu, » dit-elle.
« Sale putain ! » Cracha Ginny.
« Tu devrais plutôt me remercier, » dit Hermione, la voix maitrisée. « Allez, viens Drago. Il se trouve que je sais où se cache une magnifique bouteille de whisky-pur-feu de 18 ans d'âge parfaite pour l'occasion. » Mais Drago ne réagit pas il avait les poings fermés, l'air prêt à se jeter sur la Gryffondor.
« On y va, Drago. Cette chienne n'en vaut pas la peine. »
La fête avait déjà commencée quand ils arrivèrent dans la Salle Commune. Des bouteilles de bièraubeurre avaient apparues de nulle part, et deux bols de punch, dont étiqueté 'Pas pour les Premières Années' étaient posés sur une table, à côté d'assez de nourriture et friandise pour l'école entière.
« Comment… ? » Demanda Hermione à Millie, l'air ravie, alors que Drago se faisait acclamé par ses camarades de classe.
« Quand les elfes de Poudlard t'apprécient, pleins de choses de ce genre peuvent arriver, » répondit la jeune fille, assez fière d'elle. « Oh, au fait, j'ai donné ta couverture à Blaise et Luna et leur ai dit de la ramener. » Elle sourit. « Mais je te conseille de la laver après qu'il te l'ai rendue. »
Hermione fronça du nez. « Je crois que je vais la leur donner. »
La fête continua toute la nuit, et petit à petit, les élèves les plus jeunes partirent se coucher jusqu'à ce qu'il ne reste que les Sixièmes, les Septièmes Années et Astoria Greengrass qui avait trouvé le moyen de rester et de s'asseoir juste à côté de Vincent. Hermione avait trop bu et avait posé sa tête sur l'épaule de Drago, ses yeux à moitié fermés. « Tu tiens pas l'alcool, toi, » se moqua-t-il gentiment, et elle offrit un marmonnement offensé en guise de réponse.
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Hermione jeta le livre d'Etude des Moldus à travers la bibliothèque. Madame Pince lui lança un regard noir mais ne dit rien. Il se trouvait que cette dernière avait un gros faible pour Jane Austen et Charlotte Bronte (2), qui étaient décrites par le manuel comme de 'simples singes qui avaient eu le bonheur de trouver un crayon'.
Le petit Première Année qui venait de demander à Hermione si c'était vrai ou pas que les Moldus ne se lavaient pas l'observa, les yeux écarquillés. « Je crois que tu devrais aller poser cette question à quelqu'un d'autre, » répondit difficilement Hermione.
« Tu as peur de contredire ce que tes maîtres ont déclaré être vrai ? » Intervint Neville Londubat, adossé sur une des étagères. Hermione fronça les sourcils en le voyant finalement s'asseoir en face d'elle.
« Pas mal, la coupure, » dit Hermione en remarquant la cicatrice encore récente sur le visage de Neville. « Tu t'es pris une porte ? »
« Non, » répondit-il avec un petit rire. « J'ai demandé à Alecto Carrow quelle quantité de sang Moldu elle avait en elle. »
Il l'observa rire. « Désolée, » dit-elle. « Je suis sûre qu'elle a été ravie de pouvoir répondre à cette question. »
« Tu ne l'aimes pas, » observa Neville, et Hermione haussa les épaules.
« Personne ne l'aime, » répondit-elle. « Je crois que même son frère jumeau pense qu'elle est conne et brutale. »
« Alors pourquoi tu es dans son camp ? » S'enquit Neville. « Pourquoi tu supportes leurs idées, Hermione ? Ils pensent que tu… Que tu viens d'un peuple qui ne se lave même pas. Je sais qu'on n'a jamais été amis, je sais que toi et Drago êtes fiancés, ou tout du moins que vous allez l'être, mais tu ne penses pas vraiment qu'ils ont raison. Ces… »
« Ils représentent les limites de ce que je peux accomplir, » expliqua-t-elle. « J'essaye de… je les ai tué, tu sais. On les a tous tué, Drago et moi. »
« Qui ? » Demanda Neville, la main prête à prendre sa baguette.
« Les personnes qui ont torturé tes parents. Ils sont tous morts. » Elle se leva et se tourna pour partir, et réprima ses larmes. « Je ne peux pas empêcher les Carrows de blesser des gens si je suis de votre côté, trop occupée à paraître noble et pure. »
« Tu crois vraiment que tu es en train de les arrêter ? » Demanda doucement Neville.
« Tu devrais faire plus attention à ce qui se passe autour de toi, » éluda-t-elle avant de partir de la bibliothèque.
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Drago le savait quand Hermione avait passé une mauvaise journée. Peu importait si elle avait enduré les subtiles ou pas si subtiles réflexions des élèves des autres Maisons, où alors les regards meurtriers des Carrows, si elle avait subi une mauvaise journée et se jetait sur un canapé de la Salle Commune, trop fatiguée pour ouvrir un livre.
Il s'inquiétait.
Il s'inquiétait tellement qu'il prit à part Professeur Rogue et joua la carte du filleul pour obtenir un rendez-vous avec lui, ce qui était quelque chose que Drago n'avait jamais fait.
« Elle en reçoit de tous les côtés, » expliqua-t-il à son interlocuteur avec frustration. « Pourquoi vous ne pouvez pas - »
« Tout simplement parce que je ne peux pas, » le coupa Rogue. « Votre manque de confiance en moi quand il s'agit d'elle est normal, mais insultant. Mes mains sont aussi attachées que les votre, et peut-être même plus. Mais je me demande bien, M. Malefoy, ce que vous aimeriez que je fasse. Devrais-je annoncer demain matin au petit-déjeuner que tout le monde a l'obligation d'aimer Miss Granger et de lui envoyer des petits mots gentils ? Devrais-je tuer les Carrows de sang-froid ? Non ? Alors que suggérez-vous ? »
Drago arrêta de faire les cent pas pour regarder son parrain, qui était assis au bureau du Directeur devant les portraits de ses prédécesseurs, qui feignaient tous de dormir, sauf Albus Dumbledore, qui avait ouvert un œil.
« Donc une simple adolescente devrait juste - »
« Oui, » l'interrompit une nouvelle Rogue. « C'est elle-même qui a décidé de marcher sur le fil du funambule. Si elle m'avait d'abord consulté, je lui aurais dit que c'était une décision idiote. »
« Idiote est un peu exagéré, » intervint le portrait de Dumbledore.
« Venant de vous, c'est difficilement encourageant, » remarqua Rogue. « Les nobles idiots ont toujours été vos favoris. »
« Qu'est-ce que je fais ? » Demanda finalement Drago.
Rogue soupira. « Offrez-lui un endroit calme et rassurant, » suggéra-t-il. « Ne vous plaignez pas quand les compromis qu'elle négocie ne vous plaisent pas. » Cette dernière phrase emblait dirigée à l'encontre de Dumbledore, qui se rassit dans son siège et ferma les yeux.
« C'est quelque chose que je peux faire, » acquiesça Drago. « J'aimerais juste - »
« Sortez, » ordonna Rogue à Drago. « Je n'ai pas le temps pour ces idioties et je ne suis pas l'homme qu'il faut aller voir pour obtenir des conseils niveau relation amoureuse. »
Drago emmena Hermione dans sa chambre ce soir-là quand il la trouva affalée sur un des fauteuils de la Salle Commune, son manuel de Runes trempé de ses larmes. Théo et Blaise sortirent rapidement après un regard de Drago en leur direction.
« Je ne peux pas rester ici, » marmonna faiblement Hermione en le voyant enlever ses chaussures et la mettre au lit. « Le règlement dit que… Et puis il y a ta mère, ceux qui dorment dans ce dortoir et puis - »
Il posa son doigt sur sa bouche. « Comme Blaise dirait, princepessa, laisse-nous prendre soins de toi. » Il porta bien plus de vêtement qu'il en portait d'habitude pour dormir, car s'il dormait nu à ses côtés cela voudrait dire qu'il attendait quelque chose de cette nuit. Il passa sagement la nuit avec ses bras autour d'elle. Parfois, dans la nuit, Hermione se réveillait et enlevait un de ses vêtements pour être plus à l'aise, et il se réveilla pour la voir blottie contre lui, son tee-shirt et sa jupe jeté sur le sol.
Il se réveilla également avec la frustration d'une érection matinale, et vit Blaise assit sur son propre lit en train de les regarder dormir avec un sourire amusé.
« Qu'est-ce que tu veux ? » Marmonna Drago.
« A moins que tu veux que toute la Maison sache où elle a passé la nuit, vous devriez vous lever avant le soleil, » dit Blaise, amusé. « Vous avez vingt minutes avant que les plus matinaux se réveil, et je te conseille de la ramener maintenant dans son dortoir. Sauf si tu désires recevoir une Beuglante de mère… »
Drago frissonna, et son érection disparue à cette pensée, puis réveilla Hermione.
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En allant dans la Grande Salle pour le petit-déjeuner, Hermione croisa Michael Corner et Neville Londubat, qui étaient en pleine conversation. Mais ces derniers s'arrêtèrent de parler quand elle passa devant eux et elle se tendit.
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(1) Citation d'Adlai E. Stevenson Jr. Issue d'un discours prononcé à l'Université du Wisconsin le 8/10/1952, la citation complète étant : « If we value the pursuit of knowledge, we must be free to follow wherever the search may lead us. The free mind is not a barking dog, to be thethered on a ten-foot chain. » Cela signifie, « Si nous valorisons la recherche de la connaissance, nous nous devons d'avoir la liberté de pouvoir poursuivre cette recherche, peu importe où elle nous mène. L'esprit libre n'est pas un chien en train d'aboyer, pour être attaché à une chaine de dix pieds de long. » Traduction approximative faites par mes soins, par faute de traduction 'officielle'. Si vous trouver une erreur ou une inexactitude, sentez-vous libre de me la faire remarquer.
(2) Jane Austen est l'auteure du célèbre roman Orgueil & Préjugé (très bon livre, je vous le conseille) et Charlotte Bronte a écrit Villette et Le Professeur.
Merci à toutes vos gentilles reviews ! Prochain chap le 18 mai.
