Bonne lecture !
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Hermione passa par chez elle juste assez longtemps pour déposer des cadeaux et les embrasser. Ils semblaient surpris de la voir. « Tu ne restes pas à l'école pour les vacances cette fois-ci ? » Demanda sa mère. « Parce qu'on a organisé un voyage de 6 mois en Australie pour commencer notre retraite de bon pied et on avait prévu de partir demain mais… »
« Non, ne t'inquiètes pas, » la rassura Hermione qui lui embrassa la joue. « Je resterais chez des amis. »
« Bien, bien, » dit son père, et ils retournèrent à leurs occupations. Avec un rire résigné, Hermione transplana au Manoir Malefoy. C'était la première fois depuis que le Seigneur des Ténèbres s'était ressuscité qu'il ne restait pas au Manoir Malefoy pendant les vacances.
Théo et Daphné avaient été appelés, évidemment, et reprirent leurs rôles de chaperons envers Drago et Hermione. Bien qu'elle adorait passer du temps avec ses amis, elle ne comprenait pas pourquoi ils devaient absolument être là.
« Les normes sociales n'ont aucun sens, mon enfant, » lui expliqua doucement Narcissa. « Mais, crois-moi. Tant qu'il y aura plusieurs adolescents ou enfants ici, personne ne supposera que vous êtes en train de faire des choses que vous n'êtes pas supposés faire. »
C'était une chose bizarre à entendre de la part de la sœur de la femme que tu avais assassiné.
Ils passèrent la plupart de leurs temps à parler, lire des magazines de mode et de Quidditch. Ils mangeaient le soir avec Narcissa et Lucius, et échangèrent leurs cadeaux pour Noël. C'était un soulagement de pouvoir passer des vacances sans la tension que leur offrait l'école, et Narcissa les garda en sécurité des autres Mangemorts jusqu'à que Drago et Hermione furent convoqués au Ministère.
Quand Tom Jedusor, le Seigneur des Ténèbres, aussi connu sous le nom de Voldemort, exigeait votre présence à une audience du Ministère, vous ne dites pas non. Mais Hermione, assise dans une des salles d'attentes du Ministère, voulait être partout sauf ici. Elle aurait voulu lire, ou faire du shopping avec Daphné, ou embrasser Drago, ou voir combien de temps ils pouvaient faire plus que s'embrasser avant qu'un elfe de maison apparaisse dans la pièce avec un plateau de biscuit ou des tasses de thé.
Les elfes de maisons, apparemment, avaient un sixième sens pour savoir si un couple le faisait ou non, et un intérêt développé quand il s'agissait d'empêcher Drago de 'compromettre' Hermione. « Ils pourraient pas se mêler des affaires des autres, » s'était plaint la jeune fille après une énième apparition de l'un d'entre eux dans la pièce, mais Drago était trop occupé à remettre son pantalon pour lui répondre.
Maintenant, elle souriait poliment, un sourire vide de tout sentiment qu'elle avait appris à maîtriser au bout de quelques années chez les Malefoys. Elle s'était préparée à passer son après-midi entière devant une session du Comité contre les Activités Contraires aux Intérêts Sorciers. Hermione remarqua, de façon amère, que Tom Jedusor n'était pas venu.
La salle d'audience était petite, et des Détraqueurs avaient été placés au fond de la pièce. Lysandre Yaxley s'assit au centre de la pièce, suivit d'un greffier qui s'assit à côté de lui, sur une petite table. Un Patronus en forme de chien s'était placé entre les deux hommes pour dissuader les Détraqueurs de les attaquer. Les yeux d'Hermione rencontrèrent ceux de Yaxley, et avec un petit coup de baguette magique, la jeune fille fit apparaître son propre Patronus. C'était déjà assez contraignant de devoir passer son après-midi ici, alors devoir se sentir triste et désespérée à cause des Détraqueurs… Yaxley lui sourit indulgemment puis murmura quelque chose à son secrétaire qui revint avec la première affaire.
« Dedalus Diggle, » énonça le secrétaire alors que l'homme, blanc comme un linge, s'effondra sur une chaise qui lui entoura les mains de menottes. « Vous êtes accusé d'être un membre de l'Ordre du Phénix. Que plaidez-vous ? »
« C'est une plaisanterie ! » S'écria Diggle, bien que faiblement, car les Détraqueurs commençaient déjà à lui soutirer chaque once de bonheur et de force qu'il possédait en lui. « Vous n'avez pas le droit ! Je suis un sang-pur, vous ne pouvez pas me faire ça. » Mais cette dernière phrase ressemblait plus à une supplication qu'a une affirmation.
Yaxley regarda ses notes. « Vous êtes accusé d'être membre de l'Ordre du Phénix, qui a été déclaré contraire aux droits et sentiments de tout bon sorciers et sorcières. Vous avez été dénoncé par Mondingus Fletcher et Severus Rogue. Les autorités vous ont demandé de signer une déclaration écrite sous serment stipulant que vous ne faites pas parti de cette organisation, et vous avez refusé.
Diggle se redressa du mieux qu'il put malgré ses menottes et déclara, « C'est un affront à ma dignité, à ma liberté de me demander de signer un tel document. »
Yaxley jeta un coup d'œil aux chaines qui entouraient les mains de l'homme. « Votre liberté, oui. Etes-vous un membre de l'Ordre du Phénix ? »
« Un membre d'une organisation dédiée à la liberté ? Au renversement de cette imbécile que vous appelez Lord Voldemort mais qui n'est rien d'autre qu'un sang-mêlé ? A l'égalité et - »
« Oui, c'est ça, » l'interrompit Yaxley. « Je suis au courant de votre propagande vous n'avez pas besoin de gaspiller le temps de cette court à nous répéter ces inepties. »
« Venez à un de leurs rassemblement et regardez si je suis là, » railla Diggle. « Mais je ne répondrais pas à votre question. »
« Connaissez-vous Emeline Vance ? »
« Je n'y répondrais pas non plus ! » Cria Diggle.
« Connaissez-vous Elphias Doge ? »
« Vous n'avez aucun droit ! »
« Connaissez-vous Sturgis Podmore ? »
« Je ne vais pas vous donner des noms ! C'est vous qui êtes contraires aux intérêts sorciers, » s'exclama Diggle, qui commença à rire. « C'est absurde. Vous travaillez pour un fou ! Vous essayez de combattre des personnes décentes avec votre – Ce n'est pas normal ! »
Hermione tendit la main et prit celle de Drago. Il leva ses doigts à ses lèvres et lui sourit sombrement. « C'est toi qui a demandé des procès, » murmura-t-il.
Yaxley semblait s'ennuyer. « Donc vous niez être un membre de l'Ordre du Phénix ? »
« Et vous ? Niez-vous travailler pour un homme fou et raciste ? » Répliqua Diggle, assis sur sa chaise, sa soudaine vague d'énergie l'ayant quitté. « Le niez-vous ? »
« C'est moi qui pose les questions ici, » dit Yaxley. « Bien que je serais heureux d'interrompre un court moment ce procès pour vous informer que, oui, c'est vrai, je nie travailler pour un homme, je cite 'fou et raciste'. Je travaille pour le Ministère de la Magie, qui a déclaré l'Ordre du Phénix comme étant une illicite organisation. Les membres sont sujets à un enfermement immédiat et l'interrogatoire peut être effectué à Azkaban si besoin. Les choses s'arrangeraient sûrement pour vous, M. Diggle, si vous coopériez et nous aidait à identifier d'autres membres de votre groupe terroriste. »
« Je ne ferais jamais ça, » marmonna Diggle. « Je ne suis pas un mouchard. Vous devriez avoir honte. »
« Pour la dernière fois, M. Diggle, êtes-vous, ou n'êtes-vous pas, membre d'une organisation nommée l'Ordre du Phénix ? »
« Je le suis, » admit-il. « Mais il vaut mieux en être membre plutôt que d'être un Mangemort.
« Je vous remercie d'avoir partagé votre opinion avec nous, » répliqua nonchalamment Yaxley. « Et vous refusez de nommer d'autres membres de cette organisation frauduleuse ? »
« C'est ça, » répondit Diggle.
Yaxley haussa les épaules. « Très bien. Alors ce sera Azkaban pour vous. » Il fit un signe de tête en direction de son secrétaire, qui fit sortir Diggle de la pièce pour l'envoyer sûrement en prison. « Ensuite, nous avons le procès d'une certaine… » Yaxley regarda sa feuille. « Hestia Jones. »
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Il y eut un incident la veille de Noël, bien qu'Hermione n'en entendit parler seulement avant sa dernière nuit au Manoir Malefoy. Harry Potter, qui avait fait profil bas tout l'automne, était sorti de son terrier.
« Il est allé à Godric's Hollow, » dit Jedusor à Lucius. Ils étaient tous rassemblés dans la même pièce. Hermione et Drago étaient assis sur un canapé, penchés sur un livre sorcier de poèmes d'amour, et écoutaient discrètement une conversation auquel ils n'avaient pas le droit de participer, autre que répondre aux questions qui leurs étaient posées. Daphné avait récemment appris à tricoter, et croisait férocement ses aiguilles l'une après l'autre pour former un motif. Théo était assis à côté de Lucius.
« C'est juste… » Jedusor secoua la tête, qui essayait de contrôler sa rage. « J'avais installé un piège à son attention, bien sûr. C'est un des endroits auquel je m'attendais qu'il y aille. Visiter la tombe de ses parents, poser des questions sur Dumbledore à la vieille Bathilda. » Il prit une gorgée de son whisky-pur-feu et sourit. « Ce vieil homme n'a fait aucune faveur à Potter en le transformant en un de ses aveugles partisans. Potter était obligé de découvrir un moment ou un autre le passé de Dumbledore. »
« Bien sûr, » dit Narcissa. « Je me suis d'ailleurs toujours demandé si c'était Dumbledore ou Grindenwald qui avait tué cette fille. C'est irritant, vraiment. L'Histoire aurait été très différente si elle avait vécu. »
« Ou juste si elle n'était pas devenue folle à cause de ces Moldus, » ajouta Lucius.
Jedusor avala une autre gorgée de whisky. « Le serpent que j'avais laissé dans le corps de cette femme a fait exactement ce que je voulais qu'il fasse. J'étais en direction du village, quand ce petit bâtard m'a glissé des mains encore une fois. » Il tourna la tête vers Drago et Hermione. « Je commence à croire que j'aurais dû laisser Miss Granger faire le travail quand il était encore à l'école. »
Elle leva la tête. « J'aurais été très heureuse de tenter ma chance, mon Seigneur. »
« La seule bonne nouvelle, c'est de savoir à quel point son ami est incompétent. Il a lancé des sortilèges à droite à gauche - je commence à m'inquiéter à propos de la qualité de l'enseignement de votre école – et a réussi à casser la baguette de Potter avant de les faire transplaner en dehors du village. » Jedusor avala le reste de son verre. « C'est probablement trop espérer qu'ils se soient disloqué à l'atterrissage, mais au moins il n'a plus de baguette. » Il posa son verre et soupira. « Il y a toujours eu quelque chose de particulier à propos cette baguette. »
Daphné, qui était restée silencieuse depuis le début de la conversation, marmonna quelque chose sous sa barbe et montra la longue chose verte sur lequel elle travaillait. « Ça ressemble à quoi d'après toi ? » Demanda Hermione. « Je crois que je l'ai mal fait. »
« A mon avis, ça ressemble énormément à une écharpe que Théo adorerait porter à l'école, » répondit Hermione. « N'est-ce pas, Théo ? »
Théo lui lança un regard noir et Jedusor, brièvement distrait de la conversation, rit.
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Quand ils revinrent à l'école après les vacances, les Serpentards commencèrent à écouter une émission appelée 'Potterveille'. Réalisée par ce qui semblait être des opposants au nouveau régime, c'était très souvent hilarant et, évidemment, la tentation d'écouter ce programme était importante vu qu'elle était complétement interdite.
Ils installaient des guetteurs devant la salle commune lorsque c'était l'heure de l'émission puis le reste de la Maison s'installait autour pour écouter. Parfois, les Sixièmes et Septièmes années jouaient à un jeu d'alcool consistant à boire dès que l'animateur appelait Harry Potter le Sauveur du Monde des Sorciers.
Un jour, Vincent dut aller à l'infirmerie car il a failli tomber en coma éthylique Madame Pomfresh le remis sur pied et, à part lui donner un prospectus sur la consommation d'alcool chez les mineurs, ne dit rien et ne le punit pas. Basé sur les déductions des élèves, le papier devait avoir été imprimé au moins une trentaine d'année auparavant. Daphné lui arraché le prospectus des mains et, après avoir roucoulé sur les vêtements portés par le personnage imprimé, le fourra dans son 'tiroir à idée', puis lui suggéra de boire des plus petits gorgées la prochaine fois, et que si Pomfresh avait un autre papier de ce genre sur l'abus de drogue il devrai lui prendre pour qu'elle puisse l'examiner.
« On dirait que tu t'en moque qu'il aurait pu mourir, » avait sifflé Astoria. « Tout ce qui t'importe c'est tes vêtements. »
« C'est maintenant ! » Les avait appelé un Cinquième année un autre soir. « Le mot de passe c'était 'Albus'. »
« Ca m'étonne pas, » ricana Drago.
« … Vraiment désolé d'avoir dû arrêter l'émission pour un certain temps, » commença l'animateur. « Mais nous avons quelques problèmes en ce moment avec les Mangemorts, ils n'arrêtent pas de capturer notre personnel - » Des petits applaudissements retentirent dans la salle. « - Très impoli de leur part si vous voulez mon avis, mais nous venons de trouver de nouveaux locaux et nous sommes enfin prêts pour recommencer la diffusion de l'émission ! »
Ils huèrent cette fois-ci, mais des rires résonnèrent en même temps. « Quelqu'un reconnait la voix ? » Demanda Hermione.
« Lee Jordan, » répondit Millie. « Tu te souviens pas ? C'est lui qui commentaient les matchs de Quidditch pendant quelques années. »
« Je suis heureux de vous annoncer que nous avons quelques habitués ici ce soir. Bonsoir ! »
« Bonsoir, Rivière ! »
« Vraiment ? » S'exclama Blaise. « Les noms de codes sont si stupides. Ils pensent vraiment que personne ne reconnaîtra leurs voix. »
« Les Gryffondors. Jamais été très intelligents et logiques, eux, » marmonna quelqu'un.
« Donc, venons-en aux infos, » reprit Rivière. « Dedalus Diggle a été déclaré coupable d'être un membre de l'Ordre du Phénix et envoyé à Azkaban, tout comme Emeline Vance et Hestia Jones. Tous les trois ont refusé de donner les noms d'autres membres de notre brave résistance. Je vous propose de faire une minute de silence pour honorer leur sacrifice. »
Il y eut un silence et Hermione tendit son verre à Drago qui lui servit du whisky-pur-feu. « Bois, » dit-il et elle lui sourit.
« Le corps de Bathilda Tourdesac fut trouvé dans sa maison de Godric's Hollow. Nos courageux membres de l'Ordre furent capables d'inspecteur ses restes et nous confirmèrent qu'elle fut tuée à l'aide de Magie Noire. »
« Maintenant tournons-nous vers Royal, que vous connaissez-tous des anciennes diffusions. Royal, quel-est l'état actuel des affaires du Ministère ? »
La voix profonde qui répondit à la question était, effectivement, celle d'un participant régulier mais personne ne pouvait dire à qui elle appartenait. « Nous vivons des moments sinistres, Rivière. Le Comité contre les Activités Contraires aux Intérêts Sorciers continue de condamner d'innocents citoyens qui ne sont coupables que de travailler pour la liberté de tous et, je suis profondément triste de dire que la vaste majorité de nos citoyens font comme si de rien n'était. Les Mangemorts sont les vrais ennemis ici, et bien qu'ils ne sont pas en train de tuer le peuple dans leurs propres lits, nous savons tous que c'est ce qu'ils ont fait avant et que ce n'est qu'une question de temps avant qu'ils ne recommencent. Je vous en prie, chers auditeurs, de penser à ce qu'il se passera quand le pouvoir ce sera affirmé dans leurs mains. Ils mettent déjà en place des politiques pro-Mangemorts et les responsabilités les plus hautes leurs sont offertes. Joindre les Mangemorts parait peut-être comme quelque chose de censé maintenant, mais ils ne sont pas très fraternels entre eux Ces personnes ne sont que des meurtriers. »
« Exactement, Royal. Que pouvez-vous nous dire sur Harry Potter, l'espoir du Monde Sorciers, notre sauveur ? »
Blaise leva son verre. « Culs-secs, tout le monde ! » Cria-t-il.
« Harry Potter est toujours vivant, » dit Royal.
« Non, sérieusement ? » Railla Hermione.
« Comment pouvez-vous en être sûr ? » Demanda Rivière.
« Si les Mangemorts et Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom - »
« Allez, dit son vrai nom, » trépigna Greg.
« - Avait capturé le sauveur du Monde Sorcier - »
« A votre santé les gars ! » Intervint Daphné en avalant son verre.
« - Ils le crieraient sur tous les toits. Ils savent très bien que c'est seulement l'espoir qu'on place en Harry Potter qui fait avancer la résistance. Il est l'Elu, le symbole de tout ce qui est bon dans ce monde, et il battra Lor… Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom - »
« On y était presque, » dit Greg, déçu. Toutes les semaines, il espérait que l'émission se finisse sous les bruits des attaques des Raffleurs. »
« - Et avec son aide nous empêcherons ces barbares d'envahir nos maisons. »
Hermione ricana. « On les a déjà envahies, crétin. On est d'ailleurs en train d'aménager. »
« Et maintenant, parlons des Amis d'Harry Potter, » fit Rivière. « Ronald Weasley est toujours hors-de-vue, et la plupart d'entre nous pensent qu'il est en sécurité avec le sauveur du Monde Sorcier - »
« Y'a qu'les chochottes qui boivent pas ! » S'exclama Vincent.
« - Et qu'ils sont à la recherche d'une façon pour battre Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Rubeus Hagrid, bien connu pour être le garde-chasse et gardien des clés de Poudlard, vient d'échapper de justesse à son arrestation - »
« Et pourquoi ont-ils voulu l'arrêter ? » Demanda Pansy.
« Après qu'il fut accusé d'avoir organisé une fête en l'honneur d'Harry Potter, chez lui. »
« Je suis blessée de ne pas avoir reçu d'invitation, » bouda Hermione, qui rigolait malgré tout à moitié. « Trop c'est trop. Hagrid doit être retiré de la liste d'invités du mariage. »
« Je le dirais à ma mère, » ricana Drago.
L'émission continua pendant encore quelques minutes, et incita les auditeurs à joindre la résistance, supporter Harry Potter et tout le bla-bla. Finalement, ils révélèrent le mot de passe pour la prochaine émission, 'Fol-Œil', et ce fut tout.
« C'était court cette semaine, » se désola Pansy. « C'est nul. Seulement trois shots. » Elle but le reste de son verre. « C'était bien mieux la semaine dernière. »
« Je suis d'accord, » acquiesça Vincent, qui s'adressa ensuite à Astoria. « Tu veux marcher avec moi ? »
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« Pas mal, l'écharpe, » se moqua Neville Londubat quand il croisa Théo dans la cours.
« Ta gueule, » répliqua Théo, qui prit le bout de papier que lui tendait discrètement le Gryffondor.
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Les invitations arrivèrent par hiboux pendant le petit-déjeuner Narcissa s'était mis en tête d'organiser un bal de Pâques en l'honneur de la remise des diplômes des Serpentards. Drago ronchonna en voyant la sienne : Il avait espéré passer des vacances tranquilles sans voir la tête des Carrows et de Londubat, et à la place il devait participer à un bal.
Pansy couina quand elle ouvrit la sienne. « Je me suis déjà assuré avec le Seigneur des Ténèbres que M. Flint sera disponible pour être ton cavalier, » avait écrit Narcissa sur un bout de papier qu'elle avait placé dans l'enveloppe. « J'ai hâte de vous voir tous les deux ensemble. »
« C'est drôle qu'on appelle ces bouts de papiers 'invitations', » marmonna-t-il. « Si tu veux mon avis, c'est plus une convocation qu'autre chose. »
« Ne sois pas si rabat-joie, » le réprimanda Hermione. « Certains d'entre nous n'ont pas assisté à un bal depuis celui de notre Quatrième année. »
Ses yeux et ceux de Pansy se croisèrent pendant un bref et inconfortable moment au souvenir de ce bal puis Pansy dit, « Je me demande si ils nous laisseront sortir en dehors du campus pour faire du shopping cette fois-ci. »
Hermione observa la date sur son invitation. « On dirait qu'elle l'a déjà prévu. On aura donc largement le temps d'aller dans de bonnes boutiques, pas forcément Pré-Au-Lard. » Elle sourit à Daphné, et les deux jeunes filles murmurèrent à l'unisson, « Chez les Moldus. »
Pansy semblait nerveuse. « On a le droit de faire ça ? » S'inquiéta-t-elle. « Vous savez, avec - »
« On t'emmènera, » la coupa Daphné. « Tu sauras enfin le bonheur de rentrer dans Harrods (1). » Elle soupira, rêveuse. « Les chaussures, Pansy. Attends de voir les chaussures. »
« C'est quoi ton problème avec les chaussures ? » Rit Hermione.
« Des bonnes chaussures… C'est comme de l'ambroisie (2). »
« Mais oui. »
Blaise plia son invitation en forme d'avion et le souffla à travers la Grande Salle vers Luna, qui l'ouvrit, et son sourire s'agrandit au fur et à mesure qu'elle poursuivit sa lecture. Elle gribouilla quelque chose dessus et la renvoya. Blaise éclata de rire en la lisant, mais refusa de révéler ce qui y était écrit. « Je suis l'homme le plus chanceux de cette Terre. »
« Faux, » contra Drago en entourant les épaules d'Hermione de son bras.
« Page 394, » marmonna Théo et Blaise rit une nouvelle fois en observant le visage de Daphné prendre une teinte rouge vif. Elle lança un regard courroucé à Théo, qui suggérait sûrement qu'il pouvait toujours courir pour re-bénéficier des plaisirs de la page 394.
Astoria sourit à Vincent, qui déglutit difficilement. Il lança un coup d'œil à la case 'plus un' qu'arborait son invitation, et marmonna, « Voudrais-tu m'accompagner au bal avec moi, Tory ? »
« Oh, bordel de merde, non, » jura Daphné.
Astoria ignora royalement sa sœur et offrit à Vincent un de ses sourires soi-disant séduisants et dit, « Oui, j'aimerais bien. »
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Les cours de Potions, Runes et autres furent rapidement oubliés au profit de qui portera quoi. Au fur et à mesure que l'école avait pris connaissance du bal, cet évènement était rapidement devenu LA fête où aller. Luna, qui était la seule fille en dehors de Serpentard qui avait été invitée, était devenue une cible pour toutes celles qui désiraient y aller.
« Est-ce que quelqu'un pourrait m'expliquer pourquoi cela m'intéresserait de larguer ma petite-amie pour une sale harpie qui s'est amusé à l'insulter ? » Se plaignit Blaise.
Greg haussa les épaules. « Les femmes sont tarées. »
Narcissa avait demandé à Hermione de poser à un endroit facilement trouvable un bout de papier et rapidement la rumeur que les Malefoys voulaient organiser un bal du même genre pour cette fois-ci tous les élèves de Septième année de l'école se répandit.
Hermione admirait les ruses et stratagèmes de Narcissa, qui avait fait des élèves de Serpentard non les plus détestés de l'école, mais plutôt les plus enviés. En effet, si quiconque ose insulter un Serpentard, il ou elle sera automatiquement retiré de la liste d'invités.
Rogue supprima plus d'un magazine de mode des mains de ses élèves. « Pourquoi perdez-vous votre temps à étudier ces inepties ? » Demanda-t-il à Hermione après lui avoir confisqué un magazine français Elle. « Vous savez pertinemment qu'il vous trouvera magnifique, même habillée en guenilles. »
« Cela ne veut pas dire que je veux porter des guenilles, » répliqua Hermione en observant tristement son magazine disparaître entre les flammes d'un incendio.
« Bon, allez préparer d'autres potions de douleurs, » lui ordonna Rogue. « Pour une raison que je ne comprends pas, la plupart de mon stock a disparu automne dernier. » Hermione le regarda et il ajouta, « C'est uniquement une solution sur court terme. »
« Je ne vois pas de quoi vous voulez parler, » dit Hermione, toujours boudeuse.
« Il se trouve qu'avec mes devoirs de Directeur de cette école, j'ai moins de temps pour pouvoir faire un inventaire correct de potions et ingrédients, » expliqua Rogue. « Et je ne peux pas m'occuper des commandes non plus. Peut-être pourrais-je ajouter ces tâches à vos nombreuses responsabilités, Miss Granger ? »
« Génial, de nouveaux trucs à faire, » ronchonna-t-elle et Rogue posa une main sur son épaule.
« Ce sera finit dans pas très longtemps, » promis-t-il. « Je suis impressionné, Miss Granger, par ce que vous essayez de faire. »
« Potter doit mourir, » dit-elle, la voix sombre. « Je ne peux pas - »
« Je sais, » l'interrompit-il. « J'ai expliqué à mon abruti de filleul de ne pas se plaindre si vous faites des compromis qui ne l'arrange pas tellement, et je me rends compte que je devrais suivre mon propre conseil. » Il soupira. « Je n'essayerai pas de vous arrêter. »
Hermione baissa les yeux et fit comme si elle ne comprenait pas, ce dont Rogue ne tint pas compte. « Par contre, je vais devoir vous interdire de lire ces déchets en ma présence. Allez plutôt préparer des potions. J'aimerais vous voir améliorer la potion de douleur : Il faut que la victime subisse les mêmes douleurs tout en diminuant la dose de potion nécessaire à ingérer. Cela devrait vous empêcher de penser à de choses futiles comme l'eyeliner ou les chaussures. »
« C'est Daphné qui est folle de chaussures, » marmonna Hermione en se dirigeant vers le laboratoire.
Les rivalités au Quidditch. Les Carrows. Les longs regards remplis de sous-entendu de la part de Londubat. Les insultes de Ginny Weasley dès qu'elles se croisaient dans les couloirs. Les devoirs. Les rassemblements de la DA, qui s'était ouvert aux inscriptions des Premières, Secondes et Troisièmes année de toute l'école, ce qui les avait forcé à organiser les réunions dans la Salle sur Demande. Quand les vacances de Pâques arrivèrent, Hermione n'avait qu'une envie, c'était de ne penser qu'aux chaussures.
« Je savais que je pouvais te faire aimer les chaussures, » jubila Daphné en feuilletant un magazine avec la jeune fille dans leur boudoir au Manoir Malefoy.
« Tout ce qu'il t'a fallu, c'est une Hermione tellement surmenée qu'elle n'en pouvait plus à la fin, » ironisa Drago.
« Ne sois pas si désagréable, Drago, » le réprimanda Daphné, toujours aussi absorbée par son magazine.
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Le jour du Bal arriva rapidement, et la matriarche se tint à la porte, prête à recevoir chaque couple d'adolescents qui arrivaient avec sérieux. Marcus Flint se courba devant elle et lui adressa un léger sourire avant que Pansy ne l'entraîne dans la plus petite salle de bal des Malefoys ou les musiciens avaient déjà commencé à jouer.
Astoria, habillée d'une longue robe noire, donna à Narcissa un parchemin enroulé d'un ruban noir et une rose en la remerciant de son hospitalité.
« Je t'en prie, mon enfant, » dit Narcissa, quelque peu stupéfiée. « Qu'est-ce ? »
« Je vous ai écrit un poème, » répondit Astoria.
Une fois que tous les invités furent arrivés, Narcissa et Lucius se barricadèrent dans la bibliothèque.
« Es-tu sûre que c'est de la musique ? » Demanda Lucius avec une grimace.
« Plus que je ne le suis à propos de ce poème, » éluda Narcissa en lui tendant un parchemin.
Il le lut une fois, puis une seconde. « Qu'est-ce que c'est ? »
« Un cadeau pour me remercier de mon hospitalité, » dit sa femme.
« Fascinant, » murmura Lucius. « Je n'aurais jamais pensé à faire rimer 'clown' avec 'boom' et 'tragique' avec 'magique' dans le même quatrain. »
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« Tu es très jolie, » dit Greg à Astoria, qui roucoula encore plus que d'habitude sous le compliment. « Quoi ? » Demanda-t-il nerveusement. « J'ai fait quelque chose de mal ? »
Mais elle ne répondit pas.
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Les Raffleurs ne se montrèrent pas jusqu'au milieu de la soirée.
« Je suis désolé, » dit l'un d'eux. « On ne savait pas exactement où les emmener. »
Narcissa et Lucius lancèrent une regard dubitatif au groupe d'hommes rustres et sales, et dit, « Nous sommes en train d'abriter un bal pour notre fils et ses amis. Je ne vois pas pourquoi vous penser qu'on voudrait voir quel membre de l'Ordre vous avez capturé aujourd'hui. Livrez-les au Ministère. »
« C'est que… je demande votre pardon, Monsieur, » intervint un autre homme en se tordant les mains. « On pense que c'est sûrement… vous savez. Eux. Mais on n'est pas vraiment sûrs et j'veux pas le déranger lui tant qu'j'suis pas absolument sûr de qui c'est. »
« Eux ? » Répéta Narcissa avec un air dédaigneux. « Eux qui ? »
« Potter, » murmura l'homme. « Et Weasley. »
Narcissa observa les deux garçons couchés sur le sol avec plus d'intérêt. Battu et sales, ils essayaient de camoufler leurs visages. « Vous savez, » commença-t-elle. « Je ne les ai vu seulement qu'une ou deux fois. Nous ne sommes pas de la même catégorie sociale, voyez-vous. »
Lucius étouffa un rire et elle lui lança un regard noir.
« Heureusement, les enfants sont là. Si l'un des deux est allé à Poudlard, quelqu'un pourra les identifier. » Elle claqua des doigts et un elfe apparut à côté d'elle et, après quelques ordres bien reçus, il disparut. Les portes de la salle de bal s'ouvrirent et les adolescents en sortirent, comme une vague de couleurs pastelles et noires.
« Drago, chéri, » dit Narcissa. « Peux-tu, toi ou un de tes amis, identifier ces deux individus ? »
Drago dirigea son regard vers les personnes en question et Hermione fit de même. Il bougea du pied l'un d'eux et un visage parsemé de taches de rousseurs apparut et le fusilla du regard. « Je pense que celui-ci est Ronald Weasley », dit Drago.
« Connard, » marmonna ledit Ronald.
« Enfin sortit de votre tanière ? » Demanda Hermione. « Vous êtes bêtes ou quoi ? »
L'autre garçon se tourna vers elle, une étincelle d'espoir dans les yeux. « Potter, » le salua-t-elle poliment. « Ça fait un bail. »
« On doit trouver le collier, » éructa-t-il. « Granger, il faut que tu comprennes. Ce monstre - »
« Tu veux dire le Seigneur des Ténèbres ? » Demanda-t-elle et Potter acquiesça.
« - Il ne peut pas être tué tant que nous n'avons pas détruit, eh bien, beaucoup de chose, mais l'une d'entre elles est le pendentif. Le pendentif de la mère de Tu-Sais-Qui. On était dans la maison de Sirius et on ne l'a quitté qu'une fois, et on a trouvé un ancien Gazette des Sorciers où il y avait une photo d'Ombrage arborant le collier et on a pensé - »
« Donc vous êtes sorti de votre cachette pour retrouver Ombrage et lui voler le pendentif ? » L'interrompit Hermione. « Seulement avec des présomptions basées sur un vieux Gazette des Sorciers ? »
« On a fait une erreur, » admit Potter. « On a prononcé son nom et ces bâtards ont débarqués avant qu'on ne puisse s'échapper. »
« Bon travail, » félicita Lucius. « Flint ? » Reprit-il brusquement, et l'intéressé lâcha la main de Pansy avec un sourire désolé. « Retranscrit les noms de ces hommes et offre-leurs une récompense. » Il se tourna vers l'équipe qui avait ramené les deux fugitifs. « Soyez sûrs que le Seigneur des Ténèbres entendra parler de vos exploits. »
« Merci, Monsieur, » marmonna l'un d'entre eux, et ils sortirent de la pièce, suivis par Marcus Flint.
« Vous êtes tous les deux des idiots, » dit Hermione pendant que Lucius appuyait sur sa Marque pour prévenir Jedusor. « Le journal est vieux d'au moins neuf mois. Ombrage est morte depuis la fin de l'été. »
Potter tourna la tête vers elle, bouche bée.
« C'est vrai, » renchérit Théo. « J'ai moi-même observé le Seigneur des Ténèbres la tuer. »
« Vous devriez vraiment vous assurer que vos informations sont à jour avant d'agir, » cracha Hermione en reculant de quelques pas.
La pièce devint plus sombre, plus froide. On pouvait même sentir le pouvoir du Jedusor vibrer à travers l'air quand il apparut à la porte d'entrée. Il marchait calmement, indifférent aux élèves qui l'observaient et le saluaient avec crainte.
« Tu m'as appelé, Lucius ? »
« Je crois, mon Seigneur, que nous avons un présent pour vous, » dit Lucius, qui montra de la main les deux garçons couchés par terre.
Tom Jedusor, ou plutôt Lord Voldemort, commença à sourire puis sortit sa baguette d'un geste lent et gracieux. « Cela fait dix-sept ans que j'attends ce jour, Harry Potter. Tu es la dernière chose qui se tient devant moi sur le chemin de l'immortalité. »
Puis un bruit retentit.
« Vous ne blesserez pas Harry Potter, » le prévint une voix venant du plafond. Hermione, comme tout le monde, leva la tête pour voir un elfe de maison perché sur le lustre. Ensuite la créature disparut soudainement, pour finalement réapparaître devant les deux fugitifs.
« Kreattur ! » S'exclama Harry Potter, soulagé. L'elfe attrapa les deux adolescents et disparut définitivement.
La corde rattachant le lustre au plafond avait été fragilisée par les soudaines apparitions et disparitions de l'elfe. Elle céda finalement. Drago attrapa Hermione et ils se jetèrent en avant, et Lucius fit de même avec Narcissa. Le reste des personnes présentes s'éloignèrent d'elle-même. Les cristaux du lustre se brisèrent en heurtant le sol et tout le monde se recroquevilla pour se protéger des milliers de morceaux de verre.
« Qu'est-ce qu'il vient de se passer ? » S'écria Théo, brisant le lourd silence qui avait suivi l'accident.
Jedusor regard autour de lui, visiblement furieux, puis disparut à son tour.
Hermione fixait du regard l'endroit où avaient été Potter et Weasley, maintenant recouvert de morceaux de verre. « Pourquoi est-il si putain de dur à tuer ? » Se plaignit-elle.
. . . . . . . . . . .
Severus Rogue, maître de potions et directeur de Poudlard, observait le formulaire qu'Hermione Granger lui avait fourni.
Il fallait savoir lire entre les lignes pour comprendre la vraie signification de ce qui y était écrit, et il ferma les yeux puis déglutit. Elle allait vraiment mettre son plan à exécution. Sa logique – et son amour pour elle – lui hurlait de l'arrêter car c'était une idée suicide.
Il n'était tout de même pas très sûr s'il avait déjà été aussi fier de quelqu'un de sa vie.
Il se résigna et signa le papier et le posa dans la pile de lettres à envoyer.
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Une fois revenus à l'école, Hermione apprit la nouvelle via Théo, qui, pour une raison mystérieuse, était toujours au courant de tout avant tout le monde. Hermione avait posé la question à Daphné un jour, mais la jeune fille avait ignoré sa question et Hermione n'avait pas insisté.
Ce que Théo savait, c'était que des Raffleurs avait dépassé les limites et s'étaient attaqués à des Nés-Moldus, pour le plus grande déplaisir du Seigneur des Ténèbres. On l'avait entendu dire, à travers les cris de ceux qu'il torturait, « Qu'est-ce qui vous a fait croire que la pureté du sang m'importait plus que mes serviteurs ne suivant pas mes instructions ? Votre boulot, c'est faire ce qu'on vous dit de faire, pas de penser. J'ai déjà des personnes dont leur boulot est de réfléchir, et ce n'est certainement pas le vôtre. Je ne serais pas aussi conciliant si cela venait à se reproduire.
« Ils ont attrapés ton oncle, » dit doucement Théo à Drago, qui semblait ne pas comprendre.
« On a déjà tué mon oncle, » lui rappela-t-il. « Cet été. »
« Pas Rudolphus, » soupira Théo. « Ted. Ted Tonks. Ils l'ont blessé plutôt gravement on n'attend pas à ce qu'il ne survive. »
Drago dut réfléchir pendant un moment. On ne parlait jamais d'Andromeda Tonks née-Black, chez lui. Elle était la sœur de sa mère qui avait disparue après avoir épousé un Né-Moldu. Ses grands-parents avaient toujours été bien moins ouverts d'esprit quand il s'agissait de marier quelqu'un qui n'était pas sang-pur, comme beaucoup de famille. Drago s'était toujours demandé si le sort d'Andromeda avait pesé dans la balance quand il avait présenté Hermione à sa famille.
« Il va bien ? » Demanda Drago. « Il n'a pas eu une fille ? »
« Tu as un cousin que tu n'as jamais rencontré ? » Intervint Hermione, l'air horrifié.
« Andromeda fut déshéritée, » expliqua-t-il. « Tout comme Sirius. Supprimé de l'arbre généalogique. »
« Mais c'est toujours ta famille, » dit-elle. « D'après ta mère, Sirius était… »
« Je sais, » murmura-t-il. « C'est juste… Compliqué. »
« Nymphadora, » confirma Théo. « Mariée au Professeur Lupin. Le loup-garou. » Il eut du mal à contrôler un frisson en prononçant le mot 'loup-garou'.
« Comment tu sais toujours tous ? » Demanda Drago et Théo le dévisagea jusqu'à ce que Drago soupire. « D'accord, » marmonna-t-il, quelque peu vexé. « Tu le sais, c'est tout. Comme par magie. »
« Je suis un sorcier, après tout, » répliqua fièrement Théo. Il se tourna vers Hermione. « Qu'est-ce que tu fais ? »
Elle haussa les épaules et sortit un parchemin de son sac. « Je viens juste de réaliser que j'ai quelque chose à écrire. Rien d'important. » Elle tendit ensuite un livre à Théo, qui le rangea rapidement. « Lis-le, s'il-te-plaît, » lui demanda-t-elle. « J'ai une idée dont je veux te parler. »
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Neville observa le livre que Théo avait posé sur une table de la bibliothèque. « Je n'en ai pas besoin, » dit-il en repoussant le livre.
« Bientôt, tu en auras besoin, crois-moi, » répliqua Théo et mais Neville fit non de la tête et s'accroupit pour refaire ses lacets.
« Je l'ai déjà appris par moi-même, » expliqua-t-il. « Je travaille là-dessus depuis ma Troisième Année. Quand tes parents ont l'esprit brisé et inutile, tu ressens un besoin urgent de trouver un moyen de ne pas finir comme eux. »
Théo lui sourit puis lui tourna le dos, observant les livres disposés sur l'étagère en face de lui. « Je crois que je t'apprécie de plus en plus, Neville Londubat. »
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Remus Lupin détacha le bout de papier de la patte de la chouette et fronça les sourcils de plus en plus au fur et à mesure de sa lecture.
« Qu'est-ce que c'est ? » Demanda sa femme, qui avait du mal à faire tenir en place leur fils.
Lupin lui tendit la note.
Cher Professeur Lupin,
Veuillez pardonnez mon impertinence de vous écrire de cette façon. Je voulais vous inciter vous et votre femme, que j'espère avoir un jour l'honneur de rencontrer, d'aller vous cacher au plus vite. Comme vous le savez sûrement, certain des serviteurs du Seigneur des Ténèbres se sont échappés de leur laisse, puis-je ainsi dire. J'ai peur que, dû à votre connexion avec un certain Ordre et la famille de votre femme, que certains d'entre eux risque de s'en prendre à vous. Le Seigneur des Ténèbres gagnera, j'en suis sûre, et quiconque s'oppose à lui sera annihilé. Je vous en prie, ne lui permettez pas de vous détruire.
Sincèrement,
Hermione Granger.
P.S. : Accordez-moi la faveur de bruler cette lettre.
P.P.S. : La mort de Sirius a été vengée.
Tonks le dévisagea. « Que veut-elle dire par 'la mort de Sirius a été vengée ? »
« Bellatrix a été tuée durant le combat de la Tour d'Astronomie, le printemps dernier, » expliqua Lupin. « L'histoire officielle, c'est que sa mort est inexpliquée, ou tout du moins un simple accident pendant la bataille. »
« Ce n'est pas vraiment un accident, alors. »
« Apparemment, non, » confirma Lucius en récupérant le parchemin pour le jeter dans la cheminée, ou rien ne se passe pendant un moment, jusqu'à ce qu'ils aperçurent les bords du papier disparaître petit à petit.
« Une de tes élèves, alors, » dit Tonks en regardant son bébé, qui s'endormait.
« Oui, » répondit Lupin. « Une Née-Moldue. Une fille intelligente mais… Elle est presque fiancée à ton cousin, tu sais. »
« Avec Drago ? » Répéta Tonks, stupéfaite. « Ma tante Narcissa a autorisé son précieux Drago de sortir avec une Née-Moldue ? »
Lupin haussa les épaules. L'aversion d'Harry et Ron envers le Serpentard et sa petite amie avait été sujet de longues conversations durant les réunions de l'Ordre. Lui-même n'avait jamais trouvé la jeune fille particulièrement intéressante mais il avait apprécié la façon dont elle avait aidé Sirius il y a quelques années. Il apparaîtrait maintenant qu'elle voulait à son tour l'aider à s'échapper ou, plutôt, s'admit-il, faire échapper sa femme, bien qu'il suspectait qu'il était bien plus que le mari de la cousine de Drago dans cette histoire. Enfin, c'était tout de même intéressant qu'elle ait voulu les aider. « Tu crois qu'on devrait se cacher ? » Demanda-t-il. Il s'attendait qu'elle réponde 'non'.
Pourtant, elle posa son regard sur Teddy, puis répondit, « Je crois, oui. Je pense que Tu-Sais-Qui va gagner cette fois-ci. Je ne veux pas que notre fils… L'enfance d'Harry était… Ce n'était pas bon. James est mort. Sirius est mort. Je ne veux pas que tu meurs non plus. » Elle le dévisagea. « Il faut reconnaître le moment où il faut s'arrêter et sauver sa peau. Et c'est le moment. Il cible les membres de l'Ordre, merde ! » Elle observa la pièce. « La chouette est toujours ici ? »
Lupin acquiesça. L'animal volait tranquillement dehors en cercle, et ne montrait aucun signe qu'elle désirait partir.
Tonks prit alors un morceau de parchemin et rédigea une réponse.
Merci, pouvait-on y lire. J'aimerais beaucoup vous rencontrer vous et Drago, et même sa mère, quand tout ceci sera fini.
T.
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(1) Harrods est un grand magasin chic de Londres, situé à Brompton Road dans le quartier de Knightsbridge. La galerie mesure 92 000 m², surface répartie sur sept niveaux entiers. (J'y suis déjà allé, c'est cher, c'est génial, c'est magnifique. Mais c'est trop cher pour moi. Bien trop cher.) (Cf. Wikipédia)
(2) Nourriture des dieux grecs, réputée pour être divinement délicieuse. Littéralement.
Donc, prochain chapitre le 29 mai, et le tout dernier le 2 juin ! J'ai teeellement hâte que vous découvrez la fin !
Merci à tous ceux qui ont posté une review au dernier chapitre !
