Ou, l'autrice cherche l'inspiration et s'essaie à écrire en sortant des thèmes de derrière les fagots.
Rayon de soleil
Le manoir Agreste est impressionnant, avec son escalier colossal, ses plafonds hauts, son dallage de marbre, ses grands espaces. Tout y est luxueux et épuré. Propre et immobile. Ce n'est pas un foyer, vous diront les employés de maison, c'est un musée. L'exposition du statut d'un haut couturier reconnu mondialement et de la plastique parfaite de son fils (et du corps figé d'une actrice spectaculaire, mais ça, personne ne vous le dira). Toute la lumière captée par ces fenêtres démesurées, reflétée par ces murs immaculés n'y change rien : le bâtiment est froid comme seul peut l'être quelque chose dénué d'âme, vide car manquant un cœur. À l'image du maître des lieux, avoueront peut-être les employés de maison, s'ils ne craignent pas que vous alliez le répéter.
Il y a néanmoins une chose qui peut illuminer ces grands espaces aseptisés. Les employés de maison le savent, et ils cherchent autant que possible à le provoquer. Le garde du corps va parfois jusqu'à plier les strictes règles de son contrat, tandis que le chef confectionne des chaussons aux pommes et camembert indépendamment du menu. C'est simple : le rayon de soleil qui réchauffe ces pièces impersonnelles ne vient pas de derrière les vitres renforcées, mais directement du sourire d'Adrien Agreste.
S'il n'était pas aussi rare, et si facilement douché par la désapprobation glaciale de Gabriel Agreste, le manoir connaîtrait certainement le printemps.
