Disclaimer: Shaman King et ses personnages appartiennent à Hiroyuki Takei.
Un chapitre court, ENFIN!
.
XIII
Les fils d'Actéon
.
– Je t'assure que si on fait un minimum attention, on ne risque pas de se faire griller, promit Pino sur le ton de la conspiration.
Horo Horo haussa les sourcils et fit la moue, peu convaincu.
– Je ne sais pas. Je voulais aller voir si mes premières pousses étaient déjà sorties, tu comprends…
– Oh non, hein! râla le grand blond. Laisse-les souffler deux minutes, tes plantes! Elles ne vont pas s'envoler, elles seront encore là demain.
– Mais…
– S'il te plaît, supplia Pino, voyant que râler ne servait pas très bien sa cause. S'il te plaît, s'il te plaît. Je veux savoir ce qu'il y a là-haut!
Voyant que Horo Horo paraissait se laisser attendrir, il implora encore.
– Bon d'accord! céda ce dernier, boudeur. On va les voir, tes greniers. Mais si un surveillant nous surprend, tu me le paieras cher!
– Génial! Personne ne nous verra, je te jure, et on ne restera pas longtemps! Dix minutes maximum et après on s'en va.
– On a intérêt, remarqua Horo Horo. Les chambres des profs sont juste en-dessous.
Pino ignora cet aspect négatif et s'étira joyeusement. Ils étaient seuls dans leur chambre et le soir tombait. Si Manta avait été là, ils l'auraient volontiers associé au projet mais leur très sérieux colocataire avait choisi de passer sa fin de soirée à la bibliothèque, à finir ses devoirs d'arithmétique. Pouh, avaient dit les deux amis. D'accord vas-y, nous on reste ici.
C'était peu après que Pino avait eu l'idée d'aller explorer les greniers. Il ne s'attendait pas à autant de réticence de la part de Horo Horo. Son ami était plus aventureux que ça, d'habitude. Depuis qu'ils se connaissaient, ils s'étaient juré plusieurs fois qu'un jour, ils iraient voir ce qu'il y avait au cinquième étage, et qu'il le feraient ensemble. Ce jour était arrivé, avait décidé Pino. Sur un coup de tête. Comme toujours. À ses yeux, c'était une étape incontournable de la quatrième année. Pour une fois que la plupart des profs et surveillants s'étaient attardés à la cantine, ils n'allaient pas rater leur occasion!
– Allons-y, chuchota Pino.
– On ne prend rien?
– Que veux-tu emporter?
– Je ne sais pas, une lampe…
– Il y a l'électricité là-haut, t'inquiète!
– Comment tu peux le savoir? Tu n'y es jamais allé!
– C'est Namari qui me l'a dit.
Horo Horo croisa les bras, avec la mine de celui qui vient de tout comprendre.
– C'est lui qui t'a mis cette idée en tête?
– Mais non, voyons, tous les élèves rêvent de le faire et on en a déjà parlé plusieurs fois. C'est le moment. Allez, dépêche.
.
Ils se faufilèrent dans le couloir, partagés entre le désir de se faire discret et la crainte d'avoir l'air terriblement suspects, à raser les murs comme des comploteurs. Ils trottinèrent jusqu'à l'escalier menant à l'étage des professeurs et le gravirent à pas de loups. Puis ils traversèrent le couloir pour rejoindre l'escalier interdit du dernier étage, le cœur battant. Ce ne fut qu'une fois hors de vue qu'ils se remirent à respirer.
– Ouuuf, gémit Pino à voix basse en s'appuyant contre le mur. Je ne pensais pas qu'il était si loin.
– Moi non plus, souffla Horo Horo.
Un bruit de porte claquée les fit sursauter. Tendus comme des ressorts, ils restèrent sagement immobiles le temps que l'enseignant remonte le couloir. Son pas leur parut terriblement lent. Lorsqu'il se rapprocha de la cage d'escalier, Pino sentit ses tempes bourdonner furieusement. "Pitié, faites qu'il descende, faites qu'il descende!" Il ne savait pas ce que l'inconnu pourrait avoir à faire au grenier, il ne savait pas non plus à quel dieu il s'adressait en particulier, mais il priait de toutes ses forces. Finalement, le pas se mit à décroître et Pino comprit qu'il se dirigeait vers les étages inférieurs. Sauvés, une fois de plus!
– Allons-y, articula silencieusement Horo Horo.
Pino prit la tête et c'est tout fièrement qu'ils rejoignirent les greniers.
.
Le cinquième étage embaumait la poussière et l'abandon. Contrairement aux autres, le parquet n'était pas ciré régulièrement et arborait une couche de crasse impressionnante. Les murs n'étaient pas lambrissés mais tout simplement peints à la chaux. À la place des sévères lustres de bronze et de verre, le plafond était jalonné de luminaires simples, tapissés de toiles d'araignées, que les deux garçons n'osèrent pas allumer. Le couloir était également encombré de vieux meubles défectueux abandonnés, de caisses empilées les unes sur les autres, d'étagères branlantes et de diverses choses non-identifiables, protégées par de longs draps blancs. On repérait aussi, entre les portes fermées des mansardes, les reliefs des bêtises de leurs anciens condisciples. Ici, un vieux portrait éclaboussé d'une substance douteuse traînait par terre. Là, une taxidermie de lapin (ou de chien. Ils n'étaient pas vraiment sûrs, en fait.) avait perdu sa patte avant gauche et achevait de prendre les mites. Là encore, un vase cassé semblait se demander ce qu'il faisait encore là.
Pino et Horo déambulèrent au milieu de ce capharnaüm, les yeux emplis de curiosité. D'un commun accord ils ne touchèrent à rien. Ils n'essayèrent pas d'ouvrir les portes fermées. Ils ne tentèrent même pas de soulever l'une des housses pour voir ce qui se trouvait dessous.
Soucieux de ne pas faire craquer le sol – surtout juste au-dessus d'une chambre occupée –, ils se risquèrent à pas feutrés sur le plancher usé. Leur entraînement de danseurs leur était bien utile à cette heure! Pino exécuta même une arabesque dans un coin, qui fit pouffer son camarade. Ils commençaient à identifier les planches dangereuses à l'œil nu lorsque soudain Horo Horo arrêta Pino et lui désigna du doigt une partie du sol.
Le jeune homme se pencha, perplexe, et finit par comprendre. À certains endroits, la poussière ne se voyait plus. On distinguait très nettement les traces du passage discret d'une personne.
Quelqu'un s'était donc aventuré ici.
Vraisemblablement, ce n'était pas Bounster, le concierge. Si ça avait été lui, les traces se seraient trouvées au milieu du couloir, en ligne. Pas sur les côtés, de-ci de-là, telle la piste d'un animal sauvage. Bounster n'avait pas besoin de se cacher, il était la seule personne de l'école à avoir pleinement accès à ces lieux. Les traces avaient donc été laissées par un clandestin, comme eux. Qui cela pouvait-il être?
Pino chercha le regard de Horo Horo et comprit que celui-ci était parvenu aux mêmes déductions. Les deux garçons échangèrent un sourire et se mirent à suivre les traces. Ils se rendirent vite compte que celles-ci formaient un sentier "sûr", qui permettait de ne pas faire craquer le bois en marchant.
Ils arrivèrent alors à l'autre bout de l'étage. Là, tout au fond, se trouvait une vieille échelle de bois, éclaboussée de peinture blanche, qui conduisait à une trappe entrebâillée. Pino s'étonna. Il ne savait pas qu'en plus des greniers, l'école comportait aussi des combles. Cela dit, après réflexion, c'était normal.
Soudain, une autre pensée lui vint: et si la personne qui avait laissé des traces se trouvait encore là? Qui allaient-ils surprendre s'ils montaient à l'échelle? Et à quelle occupation? Le délicieux frisson du mystère parcourut l'échine de Pino. Tout d'un coup, il mourait d'envie de savoir.
Une histoire rocambolesque se peignit à grands traits dans son esprit. Depuis des siècles, l'académie recelait un trésor qui se trouvait en fait caché sous la cime du toit. Quelqu'un avait découvert son existence et…
Pino fut ramené à la réalité par son meilleur ami qui le tirait par la manche. Horo Horo fit signe de rebrousser chemin.
– Non, répondit silencieusement Pino en désignant l'échelle.
Horo Horo secoua la tête. Pas question, disait son visage fermé. Tu es fou?
Pino lui adressa son regard suppliant de chien battu, pleurant pour qu'on l'adopte.
Cette fois, son camarade se fit davantage prier. Il paraissait farouchement opposé à ce que l'on aille plus loin. Mais plus il s'obstinait, plus la curiosité de Pino était forte. Finalement, une fois encore, le grand blond remporta la bataille. Horo Horo leva les yeux au ciel et capitula. Pino dut se retenir pour ne pas sauter de joie.
À pas de loup, il rejoignirent l'échelle. Horo Horo s'effaça pour laisser passer Pino. Avant de monter, celui-ci demanda, dans une articulation muette:
– Pourquoi tu ne voulais pas?
Sans répondre, Horo Horo le suivit.
Une fois en haut, Pino jeta un regard sous la trappe entrouverte. Celle-ci menait à une mezzanine toute empoussiérée et encombrée de dizaines de cartons, de vieilles planches et de reliquats de tête de lits. Il se pinça le nez pour ne pas éternuer. C'est alors que son regard tomba sur le coin droit du grenier, où l'on avait relégué une pile de vieux matelas. Dessus, en fait de trésor, se trouvait…
…un couple.
Évidemment.
Horo Horo, qui s'était hissé aux côtés de Pino, posa sur la chose un regard blasé et se tourna vers son complice. Sa bouche forma les mots: "Voilà pourquoi." Pino soupira intérieurement, un peu déçu. Il aurait dû s'en douter.
.
Ne pouvant monter plus haut, incapable de redescendre, Pino scruta les deux amoureux enlacés. Ils n'étaient pas de leur année. C'était des grands. Des très grands même, des troisième cycle. Il reconnut le premier, qui lui tournait le dos et était allongé sur ses coudes, la chemise apparemment ouverte. Sa coupe noire et courte, ainsi que sa musculature un peu plus affirmée que celle de la plupart des élèves de Hoshigumi le trahissaient: il s'agissait de Lee Pyron, un des rares septième année à avoir décidé de se spécialiser dans les rôles féminins des ballets. Ce qui expliquait sa carrure plus importante. Son compagnon, allongé sur son ventre, et dont on n'apercevait que les jambes et une touffe de cheveux pour le moment, était un peu plus fin. Pino le reconnut tout de même, en raison des différentes tonalités de blond présentes dans sa chevelure ondulée: Boris Tepes, un sixième année qui se destinait à la fois à la danse et au théâtre (et excellait dans les deux disciplines).
Pino écarquilla les yeux. Il ignorait que Lee et Boris fussent ensemble. Première nouvelle! Le premier était plutôt gentil et on le connaissait pour sa sagesse et sa prudence. À tort, visiblement. Le second, lui, était un histrion hyperactif que seul Kadow appréciait. Qu'est-ce qu'ils fichaient ensemble, ces deux-là?
Bah, songea finalement Pino, le cœur a ses raisons que la raison ignore, comme on dit.
Tout à coup, Boris se redressa et sa tête apparut par-dessus l'épaule de Lee. Il fourra son nez contre sa nuque et murmura à son oreille. Mais les deux espions étaient trop loin pour entendre.
Pino commença alors à se demander pourquoi, au juste, ils restaient là, à regarder. Même Horo Horo paraissait hypnotisé par la scène, alors qu'il n'était pas franchement partant, à la base. Pino réalisa qu'il n'avait pas envie de partir. Non. Il était curieux. Il voulait voir.
Tandis que les amoureux s'embrassaient langoureusement, avides l'un de l'autre, il se remémora le baiser échangé avec Ryû. Ce n'était pas un mauvais souvenir. La chose en elle-même ne lui avait pas déplu. Ryû savait y faire. En revanche, cela l'avait laissé de marbre. Enfin pas totalement non plus, il était humain, tout de même, mais il n'en avait rien retiré de spécial, n'avait pas éprouvé plus de plaisir que cela, ni l'envie de recommencer. Et même après ça, il n'arrivait pas à se sentir gêné en face de Ryû. Ils continuaient à bien s'entendre, à discuter. C'était comme s'il ne s'était rien passé.
Malgré le caractère anodin de l'événement, cela l'inquiétait. Il se posait de plus en plus de questions sur lui-même. Et ce qui était d'autant plus bizarre, c'est que la scène à laquelle il assistait, elle, ne le laissait pas indifférent.
La vue des deux corps le fascinait, l'intriguait, l'attirait, et même lui échauffait les sangs. Le son des lèvres se joignant et se séparant, de la salive qui se mélangeait et s'épandait sur la peau, avait un pouvoir hypnotique qu'il ne comprenait pas. Un rapide coup d'œil à son meilleur ami lui apprit que Horo Horo subissait le même effet. Il fixait les deux tourtereaux avec de grands yeux ronds, les pommettes un peu plus colorées que d'habitude, la bouche ouverte. Brusquement, il la ferma et déglutit silencieusement.
Et encore, ils n'avaient rien vu. Ce qui suivit les édifia encore davantage. Boris quitta les lèvres de Lee pour l'embrasser tout autour et en-dessous du menton. Il descendit le long de sa gorge et se mit à parcourir son torse, bouche grande ouverte. Ses baisers se firent encore plus lascifs et tirèrent à son compagnon des gémissements sourds que Boris vint étouffer de sa main, glissant ses doigts entre les lèvres de Lee.
Il faut qu'on s'en aille, pensa Pino, dans l'urgence. Il faut. Maintenant. On ne peut pas rester là.
Il pressa la main de Horo Horo qui resta atone. Et laissa son bras retomber. Il avait peine à respirer. Et il commençait à avoir chaud. Très chaud.
Lee soupira de nouveau. Boris se remit à lui embrasser la gorge et son ami se cambra en arrière sur ses coudes, les yeux fermés. Au moment où il étendait la tête en arrière, celle de Boris apparut par-dessus la sienne. Le sixième année ouvrit alors les yeux… et les vit.
Il lâcha aussitôt Lee et se redressa en s'écriant:
– Eh! Mais qui est là? Montrez-vous!
Pino tressaillit et faillit tomber de l'échelle. Il se retint à Horo Horo qui avait sursauté lui aussi. Pendant ce temps, Lee se retourna, débraillé et Boris poussa un juron.
Sans réfléchir, Pino lâcha l'échelle et s'enfuit en courant, Horo Horo sur les talons. Ils coururent sans un regard en arrière, jusqu'à l'escalier qu'ils dévalèrent sans se soucier de rester silencieux. Par chance, l'étage des professeurs était désert.
Les deux amis se ruèrent jusqu'à leur chambre sans se retourner une seule fois. Ils ne s'arrêtèrent que lorsque la porte claqua derrière eux. Ensuite ils se regardèrent et reprirent leur souffles, appuyés sur leurs cuisses.
– Bon… sang… chuchota Horo Horo.
– Tu l'as dit!
Ils échangèrent à nouveau un regard, complice, cette fois. Ils n'arrivaient pas à croire qu'ils venaient vraiment de vivre ça. Et surtout qu'ils s'en étaient tirés sans se faire attraper!
Alors, le fou rire du soulagement les prit et les secoua pendant cinq bonnes minutes.
Lorsque Manta revint, ils étaient calmés. D'un accord tacite, ils décidèrent de ne rien lui dire.
.
Un peu plus tard, alors que l'expérience du grenier leur paraissait de plus en plus irréelle, ils se rendirent ensemble à la salle d'eau pour faire leur toilette. Pino se brossait les dents et Horo Horo nettoyait sa peau à l'aide d'un lait hydratant, lorsque la porte de la salle de bains s'ouvrit.
C'était Namari.
– Oups! s'écria celui-ci. Je ne vous dérange pas j'espère.
Derrière son sourire perpétuellement moqueur, se cachait quelque chose. Pino et Horo Horo le savaient, tout comme ils savaient parfaitement que le cinquième année avait ses habitudes dans une autre des salles de bains de l'étage.
– Bien sûr que non, protesta Horo Horo légèrement froidement. Fais comme chez toi.
– Ah, vous êtes sympas, vous. C'est pas le cas de tout le monde dans votre promotion.
Pino se demanda à qui il pouvait faire allusion mais ne releva pas.
Namari commença à brosser son abondante chevelure noire en sifflotant entre ses dents. Pino admira l'espace de quelques secondes l'épaisseur lustrée de la masse d'ébène qui ondulait sur les épaules du jeune homme. Il y avait quelque chose de captivant, là-dedans. Un charme puissant un peu comme… ce qu'il avait vu tout à l'heure, dans les combles. Malgré lui, Pino rougit.
Dans le miroir, Namari souriait. Soudain, il attaqua:
– Vous savez ce que j'ai entendu tout à l'heure?
Les deux quatrième année ne répondirent pas. Horo Horo, la mine innocente, peignait lui aussi sa chevelure bleue. Pino remarqua qu'il aurait dû s'arrêter depuis quelques minutes, déjà. D'ordinaire, il ne se brossait pas aussi longtemps, le soir.
– Oh alors attendez. Vous allez voir, c'est une super histoire. Boris et Lee étaient au grenier… Tous les deux. Si vous voyez ce que je veux dire. Et ils étaient, oh pas vraiment en pleine action, mais presque, quoi, quand soudain…
– Ça va, l'interrompit Horo Horo. Oui, c'est nous qui les avons surpris. Et alors?
– Oh, fit Namari, mais quelle coïncidence!
Pino intervint:
– On ne va rien dire, hein, tu sais?
– Pardon?
– On ne va pas cafter! On voulait juste visiter un peu les greniers! On ne l'avait jamais fait et on s'était toujours juré que… euh…
Il se tut soudain, sous le regard de son ami, réalisant qu'il n'avait aucune raison de raconter sa vie, leur vie, comme ça.
– Je n'en doute pas une seconde, le rassura Namari, un peu plus sérieusement.
– Comment tu as su que c'était nous? demanda abruptement Horo Horo.
– Boris m'a décrit un blond et des cheveux bleus. Pas tellement difficile de deviner, hein.
– Oui bon…
– On va oublier ce qu'on a vu, promit Pino. On ne voulait pas… on ne voulait pas déranger…
Namari éclata de rire.
– Je m'en doute! Bah, de toute façon, c'est de leur faute! Je leur avais proposé ma chambre, ils n'avaient qu'à accepter!
Et il rit encore tandis que les deux autres ouvraient de grands yeux ronds de bonnes mœurs traumatisées.
– Allons, ne faites pas ces têtes, gloussa Namari.
Il y eut un silence, durant lequel chacun fit mine de se préoccuper très sérieusement de sa toilette. Puis, Pino s'enhardit à demander:
– En fait, tu voulais juste t'assurer qu'on ne dénonce pas tes potes?
Namari étira ses lèvres en un sourire énigmatique et rejeta ses épais cheveux en arrière.
– Pff. Qu'est-ce que tu vas imaginer! Je faisais juste la conversation, moi, c'est tout!
Et tandis que les deux autres se tenaient coi, il lança:
– Tenez, j'en ai une autre à vous apprendre. Une bonne.
Mesurant savamment son petit effet, il fit demi-tour sur lui-même et, les yeux brillants, annonça d'une voix basse:
– Vous saviez que les filles d'Ozoresan-Fumbari doivent passer devant nos grilles, demain matin?
.
