Café
Adrien soupire longuement devant son reflet. Puis il entreprend de camoufler ces cernes qui refusent de s'effacer toutes seules. Voilà trois nuits que le Papillon le balade dans Paris avec Ladybug, à courir des heures après des victimes acharnées et Adrien est si fatigué qu'il n'arrive même plus à se souvenir d'une bonne raison de bouger.
Comme un automate, il se prépare. Comme un automate, il va déjeuner. Comme un automate, il suit Nathalie dans son bureau quand elle le lui demande.
Là, l'odeur de café le frappe de plein fouet. Nathalie lui parle, probablement de son planning, mais il ne l'écoute pas, trop occupé qu'il est à lorgner la tasse sur le bureau d'où s'échappe ce fumet si entêtant. Adrien n'aime pas l'odeur du café, et il est à peu près certain qu'il n'aime pas plus le goût, mais il se trouve aujourd'hui inexorablement attiré par le miracle que promet la caféine.
Être éveillé. Ne pas être constamment tiraillé par cette envie passive de s'arrêter de fonctionner.
Un peu d'énergie, oui, c'est ce qui lui faut. De quoi lui permettre de ne pas confondre Plagg avec une chaussette, d'être capable de suivre les cours, de réagir en cas d'une autre urgence.
« Adrien ! »
Avec une affreuse lenteur, il reporte son regard sur Nathalie, qui l'observe avec une pointe d'inquiétude derrière son impassibilité coutumière. Elle lui intime de retourner se coucher, ajoute qu'elle préviendra le collège et le médecin.
Comme un automate, Adrien s'exécute.
