Escrime

Adrien sent la sueur couler le long de ses tempes. Il marche, il rompt, il pare, il riposte, il feinte, il se fend, encore, encore, et encore. Kagami lui impose un rythme éreintant. Ils parcourent la longueur de la piste en une suite d'action, puis soufflent à peine le temps de reprendre leur garde, et c'est reparti.

14 à 11 pour elle. Il ne pense pas pouvoir remonter.

Kagami feinte en bas, attaque en haut. Il parvient à parer à la dernière seconde. Elle rompt sans attendre, mais Adrien la poursuit, glissant de sixte à prime et touchant dans son dos. Kagami le complimente pendant qu'ils reprennent leur position.

Puis, à peine le « allez » lâché, elle se fend en un éclair, dégage, et alors qu'il rompt à tout berzingue, elle redouble tout aussi vivement, évite sans mal sa parade hâtive et le touche en plein dans la poitrine.

Pendant un instant tout s'arrête, à l'exception de leur respiration bruyante sous leur masque. Puis ils reviennent en position de rassemblement, se saluent et se serrent la main.

Bien qu'il ait perdu, Adrien se sent bien. Tout son corps pulse d'une bonne fatigue, noyée dans les endorphines et la satisfaction. Et maintenant que le match est terminé, il peut féliciter Kagami pour telle ou telle action, même s'essayer à quelques plaisanteries qui la font sourire entre deux gorgées d'eau.

L'escrime lui apporte une certaine liberté en même temps qu'un exutoire à sa frustration. Et même de la compagnie ! Ce n'est pas exactement sauver le monde avec l'amour de sa vie, mais Adrien est heureux.