Cauchemars
C'est toujours une prison.
Parfois ce sont des barreaux, qui projettent leurs ombres ou qui réduisent son espace, fins comme des fils de soie et plus solides encore ou épais comme les murs de béton qui recouvrent Tchernobyl, inébranlables et infranchissables, comme ses parents les ont voulus.
Parfois c'est une bulle qui le sépare des autres. C'est l'impossibilité soudaine de se rendre à l'école, de revoir ses amis. Ce sont les bras du Gorille qui se referment autour de lui et l'éloignent d'un danger imaginaire. C'est une convention sociale qu'il ignore, c'est une faute de sa part, ce sont ses amis qui l'abandonnent d'eux-mêmes, parce qu'il n'en vaut pas la peine.
Parfois c'est l'absence de Plagg. Sans miraculous et sans compagnon, la captivité pèse encore plus lourd que s'il n'avait pas connu la liberté. A-t-il échoué ? A-t-il compromis sa seule chance de liberté ? Lui a-t-on retiré par malice ? N'est-ce que fatalité ? Parfois, le Papillon est vaincu et les choses sont tellement pires…
Parfois, c'est l'ignorance, ces murs intangibles contre lesquels il s'escrime à force de sang et eau. L'ignorance le retient en son sein, comme une forêt d'épines, comme la tour de Raiponce, lui cachant les chemins qu'il pourrait prendre et le condamnant à l'immobilité. Mère, où es-tu ? Père, que veux-tu ? Qui suis-je, vraiment, dans tout cela ?
Parfois c'est l'impuissance qui réduit son horizon à la faible longueur de ses bras d'adolescent.
Toujours, c'est une prison.
