Réponse aux reviews :
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Coucou Tiph ! Alors, Riyu a grandi à Mahōtokoro, parce que sa famille en est la dirigeante. Mais autrement, les professeurs peuvent rentrer dans leur famille pendant le week-end ou en fin de journée (même si c'est plus rare). Par contre, les familles ne peuvent pas venir à Mahōtokoro. Yep, les anglais ont perdu énormément de leur savoir, en se contentant de ce qu'ils avaient déjà, et juste de ça. Oh, il doit bien y avoir des personnes avec plus de connaissances (comme les Mystères et les Langues-de-Plomb), mais ce n'est plus enseigné, en tout cas, plus à Poudlard. Les britanniques ont beau dire que Poudlard est la meilleure école du monde, elle est aussi celle qui a l'enseignement le moins diversifié. Et, finalement, oui, les professeurs doivent être maître dans leur domaine, mais ils doivent aussi passer une formation pour être considérés comme aptes à enseigner. C'est que les sorciers japonais ne mettent pas l'éducation de leurs enfants entre n'importe quelles mains.
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Disclaimer spécial : Enma, Orion et Raiyu ne viennent pas de moi, mais de Raiu-chan et Ywëna, toutes deux autrices ici. Vous pouvez retrouver Enma dans Enma vs Avengers, Enma à votre service, et Les bons, la brute, et la nympho. Orion apparaît dans Un chasseur sur l'échiquier. Raiyu n'est malheureusement pas dans des fics.
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Notes d'en-tête :
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- Le Japon sorcier est divisé en de nombreux clans nobles. Chaque clan comporte une ou plusieurs familles, chacune avec ses différentes branches. Généralement, la famille dirigeante du clan va porter le même nom que le clan, les autres portant des noms différents. Chaque clan a sa ou ses spécialités. Les Aoki fabriquent des baguettes, les Murakami des amulettes, les Kondō, Ito, Yoshida, et Tokugawa sont impliqués dans la politique et l'économie, etc... Le clan Matsumae était un clan simple, dont un grand nombre de membres gérent des temples et des sanctuaires, autant sorciers que moldus, mais aussi connu pour ses artistes et ses culturesfertiles au cœur de l'archipel.
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- Termes divers d'architectures : L'engawa est un couloir surélevé couvert, possiblement clos faisant plus ou moins complètement le tour d'une maison. Le shōji est une panneau coulissant constitué d'une trame de bois recouverte de papier de riz. Un équivalent plus épais et opaque, le fusama, existe.
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- L'Akatsuki est l'équivalent de l'Akebono chez les créatures magiques. Les deux organisations travaillent en collaboration étroite (ainsi qu'avec certains clans) pour protéger le Japon.
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Chapitre 8 : Bazar et vacances.
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Le mois de juin se finit tranquillement, parsemé de quelques explosions. Les sélections pour les différentes équipes d'Hikō-kyū et de quidditch se déroulèrent sans que les premières années n'y participent. Ce n'était pas exceptionnel, mais cela faisait quand même plusieurs années que ce n'était pas arrivé. D'autant que l'actuelle promotion de première année comportait un grand nombre d'élèves qui semblaient prometteurs.
Il y eut un feu de joie multicolore d'allumer juste avant les vacances, mais personnes ne revendiqua cette frasque.
Finalement, les élèves embarquèrent sur la jonque de l'école en direction de Niigata. Les premières années passèrent le trajet à discuter de leur divers projets de vacances. L'IMAI passa bien à un moment, mais elle repartit assez vite quand Takeshi se fit botter hors du salon par son petit frère. À un moment, quelqu'un demanda qui pouvait bien diriger le navire, mais personne ne fut capable de répondre, et une expédition dans les couloirs pour trouver la commanderie ne mena à rien.
Le bateau accosta en fin d'après-midi sur les quais magiques de Niigata. Ceux-ci étaient installés dans le cours de la rivière Agano, pas très loin d'un ancien sanctuaire shintoïste, qui était aussi l'entrée des quartiers sorcier et magique de la ville.
Un grand nombre de familles attendaient là, regroupaient à différent point du quai. On pouvait identifier les différentes alliances entre celles-ci par leur proximité, les familles et les clans indécis se trouvant entre. Lorsque les enfants descendirent du bateau, ils se dirigèrent donc vers leur parents, les groupes d'amis se séparant parfois après une étreinte ou un salut pour se diriger vers leur parents. Quelques murmures se faisaient parfois entendre derrière le brouhaha des retrouvailles quand des amitiés incongrus par rapport aux histoires des familles se faisaient voir.
Mais ce ne fut rien par rapport à l'arrivée des première année. Voir débarquer les héritiers ou cadets de huit des plus grandes familles du pays accompagnés d'enfants de plusieurs autres lignées connues fit l'effet d'une petite bombe. Les quelques journalistes dont les enfants étaient encore à Mahoutokoro se dépêchèrent d'en prendre notes, voir pour certain, de prendre quelques photographies.
Les enfants ne firent pas spécialement attention à l'agitation que leur apparition engendrait.
- Par là, indiqua Yukimichi en montrant leur familles, regroupées du même côté des quais.
Ils s'étaient organisés avant de partir, peaufinant les derniers détails lors du voyage, pour pouvoir se voir à plusieurs occasions lors des vacances. Yukimichi profita du tohu-bohu pour entraîner Tora et Ōkami vers un grand homme en simple hakama et kimono gris aux manches courtes, dévoilant des bras musclés. Mais le plus étonnant avec lui était son visage. Ou plutôt, son absence de visage. En effet, on avait beau se concentrer sur celui-ci, personne ne pouvait le décrire vraiment. Le jeune Iga avait expliqué que c'était dû à une tradition de sa famille : un important tatouage runique permanent combinant plusieurs effets, dont le plus perceptible était de masquer l'identité des membres du clan. Les glyphes de Takeshi et lui ne seraient terminés qu'à leur sortie de Mahoutokoro, mais certaines des protections en étaient déjà actives.
- Père, salua le jeune Iga en s'inclinant tranquillement devant l'homme.
- Yukimichi, répondit le seigneur du clan Iga en penchant légèrement le torse, me présenteras-tu tes amis ?
- Père, voici Akagitsune-Shiroihebi Tora et Ōkami, dit-il en désignant tour à tour les garçons, sans erreur. Tora, Ōkami, voici mon père, Iga Genkishi.
Les jumeaux s'inclinèrent poliment devant l'homme, qui leur rendit le salut d'un mouvement de tête.
- Ainsi, voici les fameux Shinobi qui en font voir de toutes les couleurs à Mahoutokoro, demanda Genkishi avec un sourire assuré. J'espère que vous envisagez de vous calmer, à l'avenir.
Les trois garçons parurent gênés par la remarque, mais cela ne trompa personne. Tout le monde savait que dès qu'ils seraient de retour à l'institution, les blagues reprendraient. Certains craignaient aussi que le trio n'attende pas la fin des vacances. Ils pouvaient être terrible, d'après les professeurs. Toutefois, l'arrivée de l'IMAI, accompagné de Akagitsune-Shirohebi Moriko, la mère des jumeaux et de Suzaku, leur évita de devoir répondre. Ils furent rejoint par les parents des autres enfants de la promotion, plus le reste de leurs familles.
Tandis que les adultes finissaient d'organiser les séjours des enfants chez les uns et les autres, les plus jeunes préparaient leur propres programmes de vacances ; pendant ce temps, l'IMAI retrouvait d'anciens étudiants qu'ils avaient connus à Mahoutokoro, comme la sœur aînée de Masao, et prévoyaient comment occuper les bals et soirées auxquels, en tant qu'héritiers de familles et de clans majeurs, ils allaient devoir assister pendant l'été. L'idée de droguer le buffet fut émise, mais vite étouffer. Après tout, c'était un de leur réconfort dans ces grandes soirées trop sérieuses.
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Les enfants, accompagnés des quelques parents qui pouvaient se libérer de leur obligation, se retrouvèrent dix jours plus tard à Kōsadōro. Hideto, qui était le plus proche du monde moldu, sa mère étant née-moldu et son père sang-mêlé, était passé inviter Fuki chez elle.
Sango et Sugi, dont les familles avaient leurs échoppes en villes, s'érigèrent comme guides, même si, en fait, à l'exception de Fuki, tous connaissaient la ville. Enfin, semblait-il. Ainsi, Yukimichi retint Mizuho de s'engager dans une allée sombre, lui indiquant un graffiti marquant une entrée des Ombres, le quartier sombre de Kōsadōro.
Itaro Akiya, le père de Kaguma, qui les avait accompagnés jusque là, les abandonna pour se rendre à la gare internationale de portoloins. Il devait accueillir un ami français venu se renseigner sur les illusionnistes. Un certain Carder, ou Carter, d'après ce qu'avait entendu Kaguma.
Ryūzōji Densetsu les laissa aussi. Lui allait livrait les produits des réserves de dragons que son clan gérait, en échange de potions et de baumes pour les bêtes.
Du coup, les plus jeunes se retrouvèrent lâcher dans le quartier commerçant.
Sango et Sugi commencèrent à les guider dans un tour des boutiques,passant de magasin de jouets aux librairies, de ceux de farces et artifices aux apothicaireries. Et dans chaque, les bourses s'allégeaient. Ils eurent parfois quelques surprises, comme lorsqu'ils rentrèrent dans une boutique de marionnettes, et se retrouvèrent face à un sosie de Kakashi, que celui-ci leur présenta comme étant son frère aîné qui tenait l'échoppe familiale ; ou lorsque, rentrant dans une boutique d'artificier flamboyante, Masao et Ryūko se jetèrent au cou d'un grand homme massif, à la peau marquée de brûlures. Il s'agissait de leur oncle, celui qui leur avait appris, depuis quelques années, à fabriquer des feux d'artifices. Ils quittèrent ces deux boutiques avec chacun un petit automate magique, et un stock d'artifices pour la soirée.
En effet, il se tenait cette nuit à Kōsadōro le bal des tisseurs, qui fêtait le début des grands vents qui permettaient la récolte des cocons de soie de bombyx irisés, une espèce de ver à soie magique, dont les fils, à la foi extrêmement résistants et souples, étaient la base des fameux tissus de soie japonais.
En fin de matinée, ils furent accueillis par la famille de Sayo, les Kobayakawa, dans le grand domaine que le clan Matsumae possédait dans le quartier des temples.
Le domaine était entouré par une palissade de bois clair. L'entrée en était gardé par deux statues : un renard et un chien viverrin. Leurs socles étaient couverts de runes.
Dans l'enceinte, au milieu des jardins et des bois, des bâtiments étaient groupés en petit nombre autour d'un ensemble central. Chaque groupe était pour une famille du clan, tandis que le corps central était pour la famille Matsumae. Devant un des ensembles, un couple s'entraînait aux arts martiaux. Sayo désigna l'homme comme Mamoru Inari, qui enseignait en ce moment à l'école de magie britannique.
Ils se dirigèrent, sous la conduite de Sayo, Aki, son renardeau, sur l'épaule, dont il avait viré l'automate, vers une petite (si tant est que le terme puisse s'appliquer à un bâtiment de trente mètres par quinze) maison aux bords des bois. Sur l'engawa, une dame en kimono léger, d'un beige doux brodé de petits écureuils gris, et aux long cheveux bruns encadrant un visage lutin, les attendait. Visiblement, la mère de Sayo.
- Ainsi, voici les terribles Shinobi qui terrorisent Mahōtokoro, déclara-t-elle d'une voix douce. Entrez donc.
Les enfants s'inclinèrent poliment, en rougissant un peu sous la remarque. Il semblerait que leur petit secret se soit vite éventé. Mais tant que personne n'avait de preuves, ils étaient tranquilles. La dame les mena d'abord dans une petite pièce où ils purent se restaurer dans un joyeux brouhaha. En chemin, un petit écureuil identique au broderie de son kimono, grimpa sur l'épaule de dame Kobayakawa. Sayo les conduisit ensuite de l'autre côté de la maison.
- Les jeunes filles à droite, et les garçons à gauche, indiqua-t-elle devant deux chambres aménagées avec des paravents. Et ne vous avisez pas d'essayer de rentrer, conclut-elle en fermant le shōji au nez des garçons.
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Dans les rues de la grande cité magique, les enfants s'émerveillaient sur toutes les décorations déployées autour du bal. Bien sûr, ils n'avaient pas accès à la réception proprement dite, pas encore, mais de nombreux artisans et artistes s'étaient installés dans les rues, déployant des trésors d'imagination pour attirer les curieux. Ici, un vendeur de talismans présentait ses œuvres. Là, un grand aïnou en lourd vêtements de cuirs brodés taillait une statuette dans un bois clair. Un délicate aura de glace commençait à entourer la sculpture, promettant de donner un tsangusuri délicat, mêlant bois et glace, et peut-être pierre si l'homme le désirait, caractéristique du vieux peuple aïnou.
Les rues étaient remplies de monde. Des sorciers se baladaient de stand en stand, seuls ou en familles, et plusieurs fois, les enfants saluèrent des personnes connues. De nombreuses créatures magiques flânaient aussi en ville, ou tenaient une des nombreuses échoppes du festival. Si certaines n'étaient reconnaissables qu'aux motifs de leurs habits, et pour ça, les jumeaux Akashi se montrèrent étonnamment doués, distinguant sans effort les différents clan de Tanuki, qui pourtant aimaient à ressembler à des sorciers, le groupe eut aussi la surprise de voir plusieurs shirohebi aux délicats traits serpentins et quelques kitsune s'inclinaient devant eux, bien que d'autres leur lança des regards franchement hostiles.
Fuki, surtout, avait les yeux qui brillaient. En effet, elle leur avait raconté que, au printemps, quand on lui avait annoncé qu'elle était une sorcière, qu'elle allait devoir aller dans un institut particulier toute l'année en dehors des vacances, et qu'elle allait devoir passer dans une gigantesque cité magique totalement inconnue pour acheter des fournitures scolaires qui ne lui disaient rien, elle et ses parents avaient assez mal réagis. Le professeur Matsuyama s'était retrouvé mis à la porte par le père de Fuki. Ce qui ne lui avait pas plu non plus. Riyu, qui avait déjà entendue l'histoire, ainsi que bien d'autres semblables, était pliée de rire, tandis que les autres enfants regardés Fuki avec de grands yeux ébahis. Ils ne pensaient pas du tout que l'arrivée du monde magique chez les nés-moldu puisse être aussi violente. Que Fuki fut la fille unique d'un riche couple d'exploitant de thé, et leur héritière n'avait pas aidé. L'enseignant avait été mis à la porte trois fois encore (enfin, une fois à la porte. Les deux fois suivantes, il était passé par la fenêtre.) avant que les Ōkubo ne se résignent. Et encore fallut-il que Ryō cloue toute la famille devant la table du séjour. Bref, les débuts de Fuki dans le monde magique avaient été tout sauf simples. Heureusement qu'elle avait rencontré Sayo dans la nef, sinon, son arrivée dans le monde magique aurait été bien plus difficile.
Plus tard, pour le goûter, la bande envahit un petit café à l'européenne. Tenu par un jeune sang-mêlé britannique, il commençait à se faire connaître, autant pour l'excellente qualité de ses produits que pour l'ambiance à la fois calme très européenne des lieux. Le propriétaire lui-même, avec ses chemises, son béret, sa moustache impeccable et son accent anglais avait attiré autant de monde que le café lui-même.
Ce fut une altercation sur la place devant le café qui les fit sortir. Enfin, plutôt, Kumi se rua dehors, suivit par le reste de la bande. Au centre de l'esplanade, une patrouilles de l'Akebono essayait de maîtriser un homme d'une quarantaine, d'une taille moyenne, mais assez musclé, aux cheveux blonds mi-longs. Étrangement, à côté de l'échauffourée, deux femmes, toutes deux pas très grandes, l'une fine aux cheveux châtains clairs, l'autre plus fluette aux cheveux sombres, se tordaient de rire. Ce fut d'elles que Kumi s'approcha, le reste des enfants restant
- Enma-chan ? Raiyu-chan ? Mais qu'es-ce qu'il se passe ? Qu'est-ce qu'Orion a encore fait ?
Les deux femmes étaient trop mortes de rire pour pouvoir lui répondre. Un des agent de l'Akebono s'avança pour lui ordonner :
- Reculez, mademoiselle.
- Mais… Vous êtes en train d'arrêter mon oncle, répondit Kumi avec un trémolo dans la voix.
Le reste du groupe s'était arrêté au bord de la foule. Connaissant la jeune Hachisuka, les enfants étaient persuadés qu'elle était intérieurement morte de rire.
- Mademoiselle, je suis désolé, continua l'agent, mais cet homme est en état d'arrestation pour atteinte à la pudeur.
Là, la fillette ne pu se retenir, et s'effondra de rire avec ses tantes.
- Que se passe-t-il ici, tonna soudain une voix.
Les membres de l'Akebono se redressèrent d'un coup à ce son. Celui qui venait d'interpeller tout le monde fendait la foule, dépassant les badauds de deux bonnes têtes. Il faisait aussi une largeur d'épaule de plus que la plupart des gens. Il portait ses cheveux noirs long et attachés, et sa barbe fournie. À ses côtés, une grande dame au visage pointu, avec des yeux fauves et de courts cheveux roux, regardait la scène.
Le duo n'eut pas à se frayer un chemin très longtemps. L'éclat de voix de l'homme avait attiré l'attention de la foule sur eux, et celle-ci s'écartait maintenant rapidement de leur passage. C'est qu'il ne faisait pas pas forcément bon de se tenir devant Matsudaira Isami et Akagitsune-Shirohebi Moriko.
Le maître de l'Akebono et la maîtresse de l'Akatsuki étaient connus à la fois dans les communautés sorcière et magique pour l'efficacité de leur coopération.
Cette fois, ce furent les jumeaux et Mizuho qui se portèrent à la rencontre des adultes.
- Mère, s'exclamèrent les jumeaux devant la dame.
- Oncle Matsudaira, appela Mizuho.
Les adulte accueillirent les enfants, puis tandis que dame Akashi discutait avec les jumeaux et Mizuho, Matsudaira se dirigeait vers ses hommes.
- Alors ?
Puis il jeta un regard vers l'homme qui venait d'être interpellé, entravé au sol, puis vers les deux femmes et la fillette qui riaient encore comme des baleines, et un air d'extrême lassitude se peignit sur on visage.
-Enma, Orion, Raiyu, pourquoi faut-il toujours que vous soyez impliqué dans le moindre bazar absurde dans ce foutu pays ?
Le ton de l'homme eut au moins le mérite de calmer les trois andouilles.
Enfin, à peu près.
Parce que, forcément, c'était mal connaître la propension à apporter le chaos des Hachisuka.
-On n'a rien fait ! s'indigna Raiyu.
-On ne pouvait pas savoir qu'Orion oublierait de s'habiller pour venir nous retrouver, continua vertueusement Enma.
-Et qu'il ne porterait que des sous-vêtements de dentelles très fines et presque transparentes, finit innocemment Kumi.
-Comment tu peux savoir ça ?
-Bah, ça se voit.
Du coup, tout le monde tourna la tête vers Orion, mais heureusement, l'homme avait été couvert. Matsudaira fit un geste à ses agents qui transplanèrent avec le mercenaire.
Pendant ce temps, Enma s'était mise à fixer le maître de l'Akatsuki, pendant que Raiyu avait sorti un carnet sur lequel elle écrivait en fixant elle aussi l'homme et que Kumi lisait par dessus son bras avec un sourire flippant.
La fillette aux cheveux arc-en-ciel avait parlé de ce qu'écrivait sa tante, sans rentrer dans les détails. Mais ça avait été suffisant pour que Kaguma et Kakashi, qui passaient pour les plus sages de la bandes, décrètent qu'ils attendraient bien quelques années avant les cours d'éducation sexuelle.
Mizuho et les jumeaux les rejoignirent sous leur regards admiratifs. Le maître Matsudaira devait être le beau-frère du père de Mizuho, ce qui expliquait leur noms différents. Quant à Tora et Ōkami, ils s'étaient toujours présentés avec une version courte de leur nom : Akashi. Dans les deux cas, faire le rapprochement était possible, en connaissant extrêmement bien les deux maîtres, et encore, car ils étaient quand même très secrets sur leur famille. Les trois garçons se retrouvèrent assaillis de questions dès qu'ils rejoignirent le groupe.
Les enfants repartirent dans leur exploration de la ville, récupérant au passage Kumi, mais pas après que ses tantes lui aient arrachée l'endroit où les retrouver ce soir. Enfin, quand Raiyu lui eu arraché. Enma était bien trop occupée à baver sur le maître Matsudaira. Quand la bande tourna au coin de la place, elle semblait être en train de lui faire des avances.
Toutefois, ce n'était pas pour l'animation de l'après-midi que le festival des tisseurs était connu, mais pour sa nuit, là où le matsuri avait vraiment lieu. À ce moment, une longue procession s'organisait dans les rues de Kōsadōro. Plusieurs artisans, autant sorciers que créatures magiques, s'associaient pour fabriquer de grands chars de bois et de soies, ornés de sculptures et de tissus somptueux. Chacun défilait pour attirer la chance et la magie sur les précieuses cultures où se développaient les cocons de soie du papillon. Les attelages, tirés par les artisans eux-mêmes, partaient des différents ateliers le long des quais de la ville, pour rejoindre le temple de fortunes où ils seraient bénis. Ils rejoindraient ensuite les différentes plantations à travers l'archipel. C'était ça qui avait donné la légende moldue des processions de Yōkai qu'on pouvait rencontrer dans les campagnes la nuit.
Enfin ça, c'était la tradition d'origine.
Parce que un peu moins de deux cents ans plus tôt, les artificiers avaient décidés de mettre leur grain de sel dans les processions bien ordonnées. Et maintenant, en même temps que les tisseurs défilaient dans les rues, les artificiers se défiaient, rivalisant d'ingéniosité et d'adresse dans leur art, couvrant le ciel de motifs enflammés.
Les enfants, cette fois menés par Masao et Ryūko, accédèrent aux coulisses du défilés. Les artificiers étaient installés sur des barges placées sur les différents canaux de la ville. Celle du clan Ryūzōji flottaient sur le canal principal de Kōsadōro.
Ils y retrouvèrent l'oncle de Ryūko et Masao, Asobibi Haiko, qui dirigeait les tirs du clan. Après tout, il était connu comme étant un excellent pyrotechnicien, même en dehors du pays. Plusieurs jeunes gens du clan finissaient d'installer les rampes et les fusées sur le pourtour du navire.
La foule se massait sur les quais devant les ateliers. Un grand brouhaha s'en élevait. Quelques marchands ambulants avaient installés leur stand le long des quais, ou se baladaient dans la foule en proposant leur produits.
Les portes des ateliers s'ouvrirent alors… sur rien. L'intérieur des bâtiments était plongée dans l'obscurité. La foule attendait. Puis, dans un grincement d'essieux, les chars fut une débauche de couleurs, de tissus et de bois sculptés qui envahit les quais. Chaque char était tiré par un groupe d'une douzaine de personnes. Tout autour des haneto en costumes chamarrés dansaient en une chorégraphie complexe. Certains s'élevaient dans les airs, d'autres entouraient leur mouvement de feu ou d'eau. Une brume d'étincelles multicolores flottait autour du cortège.
Puis les artificiers entrèrent en action. Les Ryūzōji avaient l'honneur de tirer les premières et dernières fusées du festival. Au signal de Haiko les artificiers allumèrent les premiers feux, qui s'envolèrent rapidement. Le bruit décrut, avant que les premières explosions ne retentissent peignant le ciel en blanc. Au début, rien ne se devinait, tout juste quelques formes. Puis une nouvelle volée fusa, rajoutant du vert, et un grand bruit ébahis s'éleva de la foule. Les feux formaient un gigantesque ver à soie installé sur des feuilles. Une nouvelle explosion, et le ver s'enroula dans un splendide fil soyeux et irisé. L'animal d'escarbilles fendit son cocon, en un splendide papillons aux ailes multicolores, qui survola la ville en quelques battements d'ailes, avant de se dissiper sous les fusées des autres groupes d'artificiers. Seul resta le cocon, dont le fil commença à se dévider. D'autres s'ajoutèrent, pour former un splendide tissu clair brodé d'un motif mouvant, tantôt dragon, tantôt oiseaux, ou reptiles ou tigres. La dernière fusée à s'ajouter à l'ensemble transforma le tissu en une tenue vide qui s'inclina vers le quartier des temples.
Puis le fracas des applaudissement et des félicitations recouvrit tout autres bruits, même celui des autres feux tirés.
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- Alors, il serait de retour…, dit une voix grave.
La pièce était sombre, tout juste éclairée par une lanterne au plafond. Les participants ne pouvaient distinguer que la silhouette des autres. Ils étaient peut-être dix. Peut-être moitié plus, ou moitié moins.
- Oui, nous en avons reçu confirmation par des amis des ports. Mais il ne serait pas venu seul.
- Des membres de sa famille ?
- Non. Les Baiji, affirma la voix grave.
Un halètement de surprise parcouru la pièce.
- Il n'a pas osé, s'exclama une voix douce.
La silhouette à la voix grave se contenta d'un hochement de tête.
