Réponse aux reviews :

Salut Tiph. Si tu savais comme le clin d'œil pour Carter a été dur à mettre en place. On ne savait plus du tout avec Zeidra si les dates correspondaient. Et les gosses, mettre les bazars ? Mais pas du tout. C'est connu qu'ils sont angéliques. Raiyu, Orion, et Enma vont en effet réapparaître bientôt… Les Baiji ? Je ne vois pas de qui tu parles. Quant au festival, il est inspiré des festivals et des concours de feux d'artifices que tu peux voir en Asie et à Québec.

.

Note du chat : Quelqu'un peu m'expliquer pourquoi mes propres personnages décident de se mettre en couple sans me demander mon avis. C'est discret, et ça ne se voit peut-être pas encore, mais il y en a déjà quelques-uns qui m'ont envoyés paître et comptent bien passer du temps avec leur moitié.

.

Note n°2 : Il est possible que vous lisiez des mots japonais dont l'écriture passe d'un ou à un ō. C'est parfaitement normal. Il s'agit d'un passage d'une transcription courante où le o long est marqué par ou à la transcription légale où il est marqué par ō.

.

Notes d'en-tête :

.

- Un oni est un cousin des trolls européens. Mais, ils sont bien plus intelligents, plus humainement proportionnés, avec une peau souvent rouge ou bleu, et de une a plusieurs cornes. Ils sont très forts, et travaillent du coup souvent donc dans des métiers requérant ça. Mais certain des grands inventeurs, penseurs et artistes des créatures magiques sont aussi des onis.

.

- Les dodomeki sont une race de créatures magiques endémiques du Japon. Elles ont un corps de femme, aux bras couverts de dizaines d'yeux. Leur origine n'est pas claire pour tous, de même que leur écologie. Elles sont apparus vers le Ve siècle, et se retrouvent maintenant dans un peu tous les domaines.

.

- Les gashadokuro sont des créatures de très hautes tailles, à forme humaine, mais relativement maigres, et, surtout exosquelettiques. C'est à dire que les organes sont contenus dans les os, qui forment l'extérieur du corps. La race a une très forte culture picturale, et un gashadakuro va peindre son corps au fur et à mesure de sa vie.

.

- Les nekomata sont des chats bipèdes à deux queues. Dans la société magique, ils font partie des moutons noirs. En effet, ces créatures sont incapables de synthétiser certains nutriments, mais sont aussi incapables de régénérer leur noyau magique. Ils doivent donc consommer des animaux magiques pour survivre. Et, certains nekomata ont remarqué que manger des créatures magiques ou des sorciers est plus nourrissant…

.

- Ō-Bon : comme dit dans le chapitre plus bas, Ō-Bon est une semaine (généralement entre début et mi-août, la date varie suivant les endroits, comme pour beaucoup de festivités du Japon) pendant laquelle les familles se réunissent pour honorer les défunts. C'est un aspect très important chez les sans-charmes comme chez les sorciers et les créatures magiques. Surtout, pour ces derniers, mourir avec des regrets peut signifier revenir en tant que fantôme. Les vivants prennent donc grand soin d'honorer leurs ancêtres, et les personnes en fin de vie. Oui, parce que, si les anciens peuvent ne pas revenir en fantôme, c'est un avantage…

.

- Kyōto est l'ancienne capitale du Japon sans-charme, et encore une des villes les plus importantes de l'archipel. Pour le monde magique/sorcier, la ville est toutefois resté la ville principale, là où est Kōsadōro, le Shogunat, et d'autres institutions importantes. De plus, la ville contient plusieurs grands temples et sanctuaires d'importance pour tout le Japon, et il est courant pour les habitants de l'archipel d'y venir pour Ō-Bon ou pour le nouvel an.

.

- Le kanji dai signifie littéralement « grand ». Certaines villes organisent des festivals où des lettres de feu gigantesques sont tracées à flanc de colline. 大 l'est souvent. Comme quoi, l'humour…

.

Chapitre 9 : Vacances et bazars.

.

Une main insistante secouait l'épaule de Yukimichi.

.

– Jeune maître, réveillez-vous, dit une voix claire en s'accompagnant d'un mouvement insistant. Votre oncle vous réclame.

.

Le garçon émergea rapidement. Il commençait à être habitué. Depuis le début des vacances, trois semaines plus tôt, son oncle l'avait appelé près d'une quinzaine de fois, souvent au beau milieu de la nuit. Lors de la majorité de ces réveils, il retrouvait Takeshi dans le couloir avant de rejoindre leur père et leur oncle qui les emmenaient sur les lieux.

.

Il s'agissait très souvent d'agressions de sans-charmes, ou de duels illégaux qui avaient mal tournés. Pour les sans-charmes, quelques sorts de soin et de manipulation de mémoire, et tout rentrait dans l'ordre.

.

Mais lors des duels, il s'était plus d'une fois éloigné pour vomir. Les sortilèges qu'utilisaient les combattant lors de ces rencontres étaient sales. Très sales. Les duels se passaient dans les Ombres. Et les Ombres, c'étaient son oncle qui les encadraient.

.

Et plus tard, ce serait à lui de s'en occuper. Si tout le monde savait que les Iga maintenaient la frontière entre les mondes sorciers, magiques et sans-charmes, avec l'aide du clan shirohebi des Hakari, tâche dont hériterait Takeshi, l'existence même d'une branche mineure de la famille était jalousement gardée secrète. C'était elle que son oncle dirigeait pour s'occuper des Ombres. Et ce serait Yukimichi qui en hériterait. Seul lui en aurait la charge.

.

– Jeune maître, dépêchez vous, insista la voix. Le maître Genraku dit que c'est urgent.

.

Le garçon passa hâtivement sa tenue, un simple hakama et une veste de kimono gris, et récupéra un foulard qu'il ajusta pour masquer ses traits. Il sortit en faisant attention à ne faire aucun bruit.

.

Le shōji se ferma doucement derrière lui. Derrière lui, la chambre était vide. Un souffle souleva le futon.

.


.

Genraku et Yukimichi avançait dans les Ombres de Kyoto. Son oncle l'avait rapidement prévenu de ce qu'il se passait. Un groupe de Yōkai avait été attaqué dans les ombres. L'oni, le dodomeki, et le gashadokuro n'avait rien pu faire contre le sorcier qui les avait agressés. Des passants avaient bien tentée d'intervenir, mais n'avaient pu qu'être blessées à leur tour. Et comme l'agresseur était complètement masqué, personne ne pouvait vraiment le décrire. Il était habillé complètement en gris, avec un large mon dans le dos. Mais Genraku n'avait pas laissé Yukimichi en entendre plus. À la place, le garçon avait été envoyé interroger un nekomata qui disais avoir vu la scène. Il n'en tira rien de plus.

.


.

Même si l'attaque avait eu lieu dans les ombres, et que Genraku et Yukimichi avait fait leur possible pour empêcher la panique de se répandre, les milieux informés commençaient à s'inquiéter.

.

Ce qui, à la veille de la semaine de Ō-Bon, se traduisit par un renforcement discret de la sécurité du pays. Cela fit quand même la une de plusieurs journaux, dont le Mahou Shinbun, dont la première page alarmiste ne manqua pas de faire grincer de nombreuses dents.

.


.

Le lendemain commençait Ō-Bon, la semaine d'hommage aux morts. Celle-ci se déroulait en clan ou en famille. Du coup, cette semaine là, les Shinobi la passèrent en famille.

.

Chaque clan avait ses traditions pour honorer les défunts. Certaines étaient connues de tous, tandis que d'autres étaient beaucoup plus secrètes.

Ainsi, les Ryūzōji étaient connus pour les feux qu'ils allumaient ou tiraient, et qui devaient servir à guider les défunts. On savait aussi que les Murakami et les Aoki faisaient dons de leur plus belles œuvres de l'année aux morts en en ornant la tombe familiale.

À l'inverse, les traditions d'autres clans étaient inconnues. Personne ne savaient comment les Matsuyama-Mori, qui n'étaient que six, passaient Ō-Bon. De même pour les Iga ou les Akashi.

.

Toutefois, une chose était certaine lors de la semaine de Ō-Bon. Le dernier jour, les sorciers se rassemblaient à Kyōto. Chacun venait au temple de la ville sorcière pour prier ses ancêtres. C'était aussi l'occasion de grande réjouissance. De nombreuses étales étaient déployées dans les rues, attirant les badauds pour des jeux, ou pour déguster des takoyaki ou des soba. Plusieurs des places de la ville étaient dégagées pour accueillir les danses qui closaient la semaine. En plus de ça, les sorciers pouvaient profiter des attractions sans-charmes, comme les grands caractères de feu qui brûlaient sur les monts autour de la ville.

.

Mais cette année, les choses étaient différentes. Les mesures de sécurité de l'Akebono étaient suffisamment discrètes pour que personne ne les remarquent.

Mais lorsque la petite bande des Shinobi se balada en ville ce soir-là, l'absence de Yukimichi, de Ōkami et de Tora se fit largement sentir. Même si ce n'était pas tout à fait sensible, le trio était plus ou moins à la tête de la petite promotion.

Du coup, quand Masao, Sango, Sugi, Riyu, Sayo, Fuki, Kumi, Kaguma, Kakashi, Mizuho, Ryūko et Hideto se retrouvèrent ce soir-ci, et se promenèrent en ville, ce fut moins agité que les fois précédentes. Pas d'explosions intempestive par les cousins Ryūzōji, même si on en passa pas loin lorsque le groupe rejoignit un des monts où s'étalait en grand l'idéogramme dai, et que Masao et Ryūko voulurent voir s'ils pouvaient rendre ça plus joli. Heureusement, Hideto et Fuki les arrêtèrent avant qu'ils ne versent une poudre de fabrication Asobibi dans le feu.

.

Un peu plus tard, ils tombèrent sur une esclandre en ville. Enfin, une esclandre… Il s'agissait seulement de Enma, Orion et Raiyu qui avaient un différent avec un homme de l'Akebono. De ce que les enfants comprirent, Enma l'avait repéré dans la foule, et faisait maintenant tout un foin en espérant que cela fasse venir le maître Matsudaira, qu'elle trouvait très à son goût. Raiyu lui soufflait des conseils à l'oreille pour que l'officier fasse venir plus rapidement son supérieur. Quant à Orion, il s'était glissé derrière le membre de l'Akebono. Et se prit une baffe magistrale, avec une amende pour outrage.

Les enfants prirent la tangente avant que ça n'aillent plus loin. Il y avait de toute façon des choses qu'ils ne voulaient pas voir. Vraiment pas.

.

Un peu plus tard dans la soirée, Sugi et Sango durent les laisser. Le dernier soir de la semaine d'Ō-Bon était, pour les grandes familles nobles l'occasion d'organiser la deuxième grande réception de l'été. Et Sugi et Sango, en tant qu'héritière de leur clan, se devaient d'être présentes.

.


.

Si Yukimichi, Tora et Ōkami étaient absents, la raison était simple. En tant que puînés de leur familles, et suivant la tâche de celles-ci, il leur reviendrait de contrôler les Ombres du pays. Toutefois, ce devoir leur serait grandement facilité s'ils connaissaient rapidement ceux avec qui ils devraient traités plus tard. De fait, Iga Genraku et Akagitsune-Shirohebi Fuka les accompagnaient pour les présenter à la Cour de la nuit. Tel était le nom du conseil qui dirigeait les Ombres. Il était composé de onze personne, cinq créatures magiques et cinq sorciers, plus le seigneur, qui incarnait la neutralité. À ceux-ci se rajoutait un membre de la famille Iga et un de la famille Akashi.

.

C'était ces deux personnes, actuellement Iga Genraku et Akagitsune-Shirohebi Fuka qui dirigeaient vraiment le conseil. Ça avait toujours été ces deux familles. Mais le conseil servait de contrepoids dans une certaine mesure.

.

La présentation des successeurs était une tradition du conseil. Celui-ci refusait de reconnaître et d'obéir à quelqu'un qui ne lui avait pas été présenté. Ainsi, chaque membre du conseil avait été présenté.

.

Et cette fois, c'étaient les trois garçons qui se tenaient devant l'assemblé. Alors qu'eux étaient brillamment éclairés, le conseil était maintenu dans l'ombre. Ils ne pouvaient même pas voir ou se tenaient l'oncle de Yukimichi et la tante de Tora et Ōkami.

.

Les treize membres formaient un arc de cercle devant eux.

.

– Enfants, les interpella une voix d'homme sur la gauche, légèrement chuintante. Qui êtes vous ?

.

– Je suis un Iga, déclara Yukimichi.

.

– Je suis un Akagitsune-Shirohebi, déclarèrent les jumeaux d'une même voix.

.

– Et que faites-vous ici, gamins, demanda une voix plus grave sur la droite.

.

– Je me présente au conseil pour quérir la place qui m'est dû, énoncèrent les trois garçons.

.

Les membres du conseils se tournèrent les uns vers les autres, échangeant quelques signes, et sûrement quelques paroles que les enfants n'entendirent pas.

.

Puis la personne qu milieu de l'assemblé se leva.

.

– Bien, déclara-t-elle. Quand vous saurez votre devoir, vous obtiendrez votre place. Partez maintenant.

.

Tora, Yukimichi et Ōkami sortirent de la pièce.

.


.

Le lendemain de la semaine de Ō-Bon, quelques jours avant la rentrée, les jeunes sorciers furent emmenés au festival de Yamaga-Toro. Celui-ci se déroulait à Kumamoto, et l'animation du quartier sorcier était aussi importante que celle de la ville sans-charme. Dans cette dernière, il s'agissait d'un festival du feu, avec des milliers de lanternes suspendues dans la ville, de nombreuses danses pendant toute la nuit, et des hommages aux temples, accompagné de feux d'artifices tirés depuis la rivière. Dans la ville magique, il s'agissait d'une grande fête des quatre éléments. Ainsi, la journée était divisée en quatre, d'abord l'eau, puis la terre, le feu, et enfin l'air. Durant chaque quart, des maîtres et des artistes de l'élément respectif faisaient des démonstrations de leur talent. Parfois très simple, comme le faisait les étudiants de l'AÉK, l'académie élémentaire de Kōsadōro, qui organisait pour chaque filière un spectacle ; parfois beaucoup plus compliquée, telle celles faites par les maîtres-artisans fabriquant les tsangusuri.

.

De nombreux stands et échoppes parsemaient les rues, vendant sucreries, confiseries et grillades. Des artistes vendaient ou fabriquaient leurs œuvres. Une foule déambulait dans les rues, flânant tranquillement.

.

C'est là donc, que les jeunes sorciers se retrouvèrent. Même s'ils retournaient à Mahōtokoro dans deux jours, ils comptaient bien en profiter. Ils se retrouvèrent avec leur parents à l'entrée du quartier magique. Très vite, les enfants s'éparpillèrent, laissant les adultes entre eux. C'était alors la toute fin du quart de la terre.

.

– Venez voir par ici, indiqua Mizuho.

.

Sur la place qu'indiquait le jeune métis, un groupe d'artistes martiaux enchaînaient coups et parades, levant des voiles de sables et des blocs de roches, projetant des cailloux et des éclats tranchants, en une danse gracieuse malgré l'élément rude. Sur le sol de la place, un grand cercle de protection avait été tracé. Les combattants portaient de simples tenues grises avec une ceinture brune. Puis, à midi pile, un des artistes qui restaient sur le bord de la piste rentra dans le cercle, tandis qu'un sortait. Lui portait une tenue grise avec une ceinture brune et rouge. À la terre se mêla alors le feu, le sable et la pierre entourés de flamme bleuté et rougeâtre. Les artistes de la terre sortirent petit à petit, remplacés par ceux du feu. Sur la place, la température monta.

.

– Par-là, indiqua le jeune Iga, en les faisant repartir vers les avenues et les temples.

.

Le groupe passa rendre hommage aux temples, avant de déambuler dans les rues, en en profitant pour refaire le stock d'objets de farces et attrapes. À un moment, ils s'arrêtèrent devant l'échoppe d'une fabricante de masques. Chacun était finement ciselé et délicatement peint. Plusieurs étaient des accessoires de théâtre, tandis que les autres devaient servir pour l'ornement ou lors de fêtes. Tora, Yukimichi et Ōkami tendirent chacun un papier à l'artisane, qui les empocha avec un salut de la tête. Durant le reste de la journée, les autres membres du groupes les fixèrent d'un regard curieux.

.

Le groupe continua à déambuler pendant tout le quart du feu. Il croisèrent plusieurs connaissance de Mahōtokoro, dont l'IMAI, qu'ils avaient quitté plus tôt. À ce moment, Suzaku et Seigi durent s'y mettre à deux pour embarquer Takeshi. Ils retrouvèrent leur parents une heure après le début du quart de l'air pour rentrer chez eux.

.

Deux heures après la minuit, Yukimichi était réveillé par une main le secouant.

.

– Jeune maître, réveillez-vous, déclara une voix claire en accompagnant le mouvement.

.

– Que se passe-t-il, demanda le garçon en se levant.

.

– La cour de la nuit a été attaqué, expliqua la voix.

.


.

– Était-ce vraiment la meilleure chose à faire, demanda une voix en provenance d'un coin plus claire de la pièce.

.

La petite silhouette menue de la personne qui avait parlé, ainsi que sa voix, laissait penser qu'il s'agissait d'une femme.

.

– Nous n'avions pas le choix. Il fallait leur montrer leurs responsabilités, lança une voix plus grave à l'opposé de la pièce sombre.

.

– Et l'attaque, sait-on qui est responsable ?

.

Cette fois-ci, la question venait de devant une petite alcôve, et la voix était très basse, celle d'un homme sûrement âgé.

.

– Bien sûr, acquiesça un autre homme. Mais il se cache. Et ses alliés sont suffisamment puissants pour que nous ne puissions pas les faire tomber comme ça.

.

Dans la pièce, les voix se turent. Quelques mouvements furtifs, et une partie des personnes sortirent. Seuls restaient la femme dans le coin clair, et les deux hommes qui avaient répondu.

.

– Et maintenant, demanda le premier homme.

.

– Maintenant, dit la femme, il va nous falloir terminer ce qui a été commencé il y a onze ans.

.

Le deuxième homme se contenta de poser sa main sur une pile de paquet posés à côté de lui.