Disclaimer : Shaman King et ses personnages appartiennent à Hiroyuki Takei.
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XLIV
Cercle vicieux
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Entre l'approche des sélections et les répétitions du Lac des cygnes qui venaient de commencer pour le corps de ballet, les quatrième année étaient en ébullition. Pour beaucoup, cela se traduisait par des régimes soudain. Achille, par exemple, ne mangeait quasiment plus rien. Cela faisait quelques jours que Reoseb l'observait en douce et, à force, il n'avait pu s'empêcher de se comparer à la silhouette diaphane de son colocataire. À côté d'Achille, il avait l'air – disons-le – empâté. Voilà comment, d'un coup d'un seul, il avait décidé de se lancer dans un régime, histoire d'être le plus svelte possible pour la visite de Hao.
Ce soir-là, il avait décidé de sauter le dîner. Il était très doué pour prétendre être barbouillé. Cela n'étonnait jamais personne, étant donné tout ce qu'il mangeait : il lui était déjà arrivé plusieurs fois de se donner des indigestions en période de stress intense. Mais c'était sans compter les protestations brutales de son estomac qui lui avait bien vite fait comprendre que lui n'était pas d'accord du tout.
Reoseb regrettait d'avoir pris cette décision. S'il avait été manger comme tout le monde, son ventre n'aurait pas produit un vacarme tel qu'Achille avait fini par lui décocher une réflexion aigre. Alors, il n'aurait pas eu l'idée d'aller chercher cette pomme dans sa case, au vestiaire, malgré le couvre-feu passé, il ne serait pas descendu au premier, et il n'aurait pas eu l'atroce vision qu'il avait à présent sous les yeux.
Reoseb n'aurait jamais pensé qu'il regretterait l'ignorance mais à présent qu'il était confronté à la chose, il était certain qu'il aurait mieux aimé ne pas savoir. Ou en tout cas ne pas l'apprendre de cette manière, aussi brutalement.
La mort dans l'âme, il regarda Ren et Horo Horo s'étreindre dans un recoin, non loin du studio de danse. Il avait été alerté par un bruit lointain et étrange, qu'il avait fini par identifier comme des soupirs et des bruits de bouche. Amusé, certain de ne rien découvrir de plus qu'un couple de grands, il avait cherché l'origine du bruit et s'en était rapproché. Joyeusement, il avait parié sur Namari et Mohammed. C'était les plus évidents. Ceux qu'on voyait tout le temps et qui semblaient à peine se cacher des professeurs.
Et puis, en s'approchant, il avait remarqué la petite taille des deux protagonistes. La chevelure bleue de l'un, qui se voyait même dans la pénombre, et la coupe reconnaissable de l'autre. L'identité des protagonistes ne faisait dès lors plus aucun doute.
Le couple était si occupé à se bécoter qu'il ne l'avait pas entendu approcher. Si Reoseb avait pu bouger, il se serait enfui pour oublier définitivement ce qu'il avait vu. Il avait presque envie de rire en songeant à sa jalousie lorsqu'il imaginait Ren dans les bras d'une des filles d'Ozoresan-Fumbari. Quel imbécile. S'il avait su !
Il n'arrivait même plus à éprouver de la colère. Il voulait simplement que cela n'existe pas. Pas comme ça, pas son Ren avec cet olibrius, ce petit catineur de Horo Horo qui avait rendu son meilleur ami à moitié fou pour aller ensuite lui voler le garçon qu'il voulait.
La colère monta enfin, délivrant Reoseb de sa stupéfaction. Il fit demi-tour en silence, laissant ses deux camarades à leurs embrassades. S'il restait là, il serait beaucoup trop tenté de se jeter sur eux et de les rouer de coups.
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Il remonta l'escalier dans un état second. Son cerveau semblait s'être mis en veille et ne se relança qu'une fois le pied posé sur la dernière marche. Alors, il s'immobilisa, paralysé par une idée terrible.
Et si… ?
Ce serait atroce. Oh, ça leur coûterait cher. Et puis après ? Pourquoi pas. Il l'avait déjà fait. Ce serait tant pis pour eux. Quand on était un garçon bien, un digne élève de l'académie Hoshigumi, on ne faisait pas ce genre de choses dans les couloirs de son école. On se tenait bien et on restait propre, tout propre et pur, pour sa future épouse. Ou pour Hao.
Oh oui, cela leur coûterait cher !
Ni une, ni deux, Reoseb se précipita dans sa chambre. La lumière était encore allumée. Achille lisait dans son lit mais Nichrom travaillait encore. Accoudé à son bureau, le visage posé sur ses mains, son ami mâchonnait rêveusement un crayon. Reoseb le secoua.
– Viens avec moi, lui enjoignit-il.
Au passage, il récupéra ses pantoufles, qu'il n'avait pas prises pour faire moins de bruit.
– Quoi... marmonna Nichrom.
– Viens, je te dis.
– Chhht ! les tança Achille.
L'ignorant, Reoseb tira Nichrom de son fauteuil.
– Je dois te parler, c'est urgent.
Nichrom lui obéit en grommelant. Sitôt dans le couloir, Reoseb claqua la porte et lui expliqua les faits.
– Quoi ? fit Nichrom à nouveau, cette fois éberlué.
– Je te l'ai dit, ils sont en bas, en train de se rouler des galoches grosses comme…
– Hein, mais t'as dit qu'ils étaient en train de… euh…
– Oui, bon, j'ai peut-être exagéré… en tout cas, ils s'embrassent ! Et pas qu'un peu !
– Eh ben en fait, j'étais déjà au courant, siffla Nichrom avec colère. Merci de me faire passer une bonne soirée.
– C'est pas pour ça, gronda Reoseb. Écoute. Il t'a laissé tombé comme un vieux collant pour aller avec quelqu'un d'autre et moi…
Il se tut un instant, se souvenant qu'il n'avait jamais osé parler de Ren à Nichrom. Mais un éclair de compréhension passa dans les yeux de son camarade.
– C'est Ren que tu aimes, souffla-t-il.
Puis le Pache eut un petit rire sarcastique.
– C'est dingue, cette histoire…
– On s'en fiche, cracha Reoseb. On tient une occasion de se venger, toi et moi.
Les yeux de Nichrom eurent un éclat cruel.
– Tu veux dire...
– Les dénoncer, pardi !
Un petit sourire naquit sur ses lèvres mais disparut rapidement.
– Ce ne serait pas la première fois qu'on surprend une amourette dans cette école.
– Il y a une différence entre se tenir par la main et se peloter contre un mur.
Nichrom serra les dents et Reoseb sentit que ces derniers mots l'avaient blessé.
– C'est vraiment ce qu'ils font ? demanda-t-il avec lenteur.
– On s'en fiche, riposta Reoseb. Ils n'avaient qu'à se tenir. Ou être plus discrets. De toute façon, il suffit de prétendre qu'on a vu le pire. Qu'ils l'aient fait ou pas, qui est-ce qu'on va croire ? On peut tout imaginer. Et avec la visite de Hao qui approche, le directeur ne prendra pas de risques. D'ailleurs, s'ils sont juste écartés de la sélection, ils auront de la chance, conclut-il avec hargne.
Nichrom resta de marbre.
– Et s'ils sont renvoyés ?
– Bien fait pour eux !
– Mais ça veut dire qu'ils quitteront l'école…
Reoseb ravala sa riposte. Il n'avait pas pensé à cela. Mais sa colère était plus forte.
– Je m'en fiche, répliqua-t-il avec feu. En ce qui me concerne, il peuvent bien crever tous les deux.
Nichrom détourna la tête, partagé.
– Tu es avec moi ou pas ? Dis-le vite, parce qu'ils ne resteront sûrement pas là toute la nuit.
Son ami hésita quelques secondes puis acquiesça. Reoseb hocha la tête.
– Alors on y va.
D'un pas ferme, il se dirigea vers la chambre du surveillant.
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Au départ, Lucky ne semblait pas vouloir les croire. Il commença par ricaner, l'air goguenard, lorsque le jeune garçon évoqua le couple enlacé. Mais son attitude changea du tout au tout lorsqu'il comprit qu'il s'agissait de quatrième année. Évidemment, pensa Reoseb. Pour les grands, « ça va », ils ont passé la sélection, c'est moins grave s'ils arrivent un tout petit peu fanés dans le lit de leur épouse. Dégueulasse.
Néanmoins, il se réjouit intérieurement lorsque Lucky perdit son sourire, enfila sa robe de chambre en hâte et fila prévenir le directeur tandis que Nichrom et Reoseb étaient sommés de rester sur place.
Les deux garçons attendirent en silence, jusqu'à ce qu'un pas précipité martèle le couloir. M. Maxwell apparut dans l'embrasure de la porte, accompagné du concierge, et les toisa sévèrement.
– Montrez-moi, ordonna-t-il.
Reoseb ouvrit la marche.
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Son cœur battait à tout rompre lorsque l'on atteignit le couloir du premier étage. Le rythme des pas de ses compagnons, surtout ceux du directeur, accentuait cette chamade. Reoseb priait de toutes ses forces tous les esprits de la terre pour qu'ils n'arrivent pas trop tard. Si Ren et Horo Horo avaient eu ne serait-ce que l'idée de changer d'endroit… ils ne risquaient pas seulement des problèmes : ils se feraient punir pour avoir dérangé le directeur et pour le mauvais goût de toute l'histoire.
Le studio approchait. Plus de quelques mètres. Là, encore quelques pas et on y serait. Il faisait trop sombre. Reoseb n'arrivait pas à voir. Ce n'était pas là. Pas encore là. Un peu plus loin.
Il s'arrêta. Fit un demi-tour sur lui-même. Il avait dû dépasser l'endroit. Forcément.
Il fit quelques pas en arrière, chercha encore. Son cœur battait si fort qu'il était sûr que les autres pouvaient l'entendre. Car c'était le seul son qui résonnait dans le couloir.
Ren et Horo Horo étaient partis.
– Ils étaient là ! protesta Reoseb. Je le jure !
Il chercha des yeux jusqu'au plafond, comme s'il était possible que les deux amoureux s'y cachent.
– Je le jure, répéta-t-il faiblement.
– Êtes-vous sûr de n'avoir pas été induit en erreur, Reoseb ? demanda le directeur sur un ton glacial.
– Je sais ce que j'ai vu ! Je ne mens pas !
– Il est vrai que vous n'aviez pas menti la dernière fois, reconnut platement le professeur de danse.
Reoseb sentit la rougeur envahir ses joues. Le ton était neutre mais sans appel : M. Maxwell l'avait définitivement classé dans la catégorie « mouchard ». Il bomba le torse avec défi. Rien à faire, songea-t-il avec férocité. Ce n'était tout de même pas de sa faute si les autres faisaient des bêtises.
– Fouillez l'étage, ordonna soudain M. Maxwell. Dépêchez-vous et pendant ce temps, je vais faire le tour des chambres de nos quatrième année.
Sur un « Bien, M. le directeur ! » Lucky et Bounster disparurent et l'ancien danseur toisa ses deux élèves.
– Venez avec moi, leur intima-t-il.
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Reoseb n'osa pas regarder une seule fois Nichrom sur le chemin du retour. La gorge serrée, il songeait aux ennuis qu'il allait à présent s'attirer, et dans lesquels il avait entraîné son ami. C'était injuste. Injuste ! N'était-ce pas Horo Horo et Ren qui avaient fauté ? Fallait-il en plus qu'il se fasse punir, juste pour avoir voulu leur rendre la monnaie de leur pièce ? Décidément, il les détestait de plus en plus. Tous les deux. Il les méprisait, aussi. Deux sales petits mijaurés qui se donnaient des grands airs mais n'avaient aucune vertu.
– Vous m'attendrez ici, ordonna le directeur en les conduisant à la chambre de Lucky.
– Pourquoi ? osa demander Reoseb avec morgue.
Une étrange lueur passa derrière les lunettes de M. Maxwell. Il pressa ses lèvres l'une contre l'autre et dit :
– Je suppose que vous ne tenez pas à ce que tous vos camarades sachent pour quelle raison je dois faire le tour de leurs chambres, n'est-ce pas ?
Un froid passa dans la poitrine de Reoseb. Il baissa les yeux et ne vit pas le directeur partir.
Il y eut des bruits de pas, de portes auxquels on toque et des échanges de voix. Reoseb tendait furieusement l'oreille. Pas une seule fois le directeur ne sembla recevoir de réponse négative. Passées les premières portes, il ferma les yeux, devinant que le professeur arrivait à celle de Yoh, Ryû et Ren. Il l'entendit frapper et attendit. Attendit. Puis la porte s'ouvrit et la voix de Ryû se fit entendre. Il y eut quelques murmures, puis une autre voix se mêla au dialogue et la porte se referma. Reoseb échangea un regard avec Nichrom et comprit qu'il avait perdu.
C'était bien le timbre de Ren qu'ils venaient d'entendre.
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Reoseb ne s'étonna pas de l'air sévère du directeur lorsque celui-ci revint les voir. Il commençait même à se demander s'il n'avait pas eu des visions. Ou si, tout simplement, il n'avait pas surpris un couple de dernière année qu'il avait pris pour ses camarades.
Mais non, c'était stupide. Comment aurait-il pu se tromper à ce point ? Nichrom lui avait même confirmé que Ren et Horo Horo fricotaient ensemble.
Il écouta à peine le laïus du directeur. Sa déception. La nécessité de ne pas mentir, l'imminence de la sanction.
Ils furent interrompus par le retour de Bounster et Lucky, essoufflés.
– Nous n'avons rien trouvé, M. le directeur. L'étage est vide.
– C'est normal, répondit l'enseignant. Je viens de finir le tour des chambres. Toutes nos quatrième année se trouvent bien dans leurs lits.
Puis il ajouta :
– Par mesure de prudence, je vous suggère de faire le tour des chambres de nos élèves les plus âgés. Et ensuite des premier cycle. Il n'est pas exclu que nos jeunes amis se soient mépris sur les personnes.
Le directeur attendit que les deux hommes s'en soient allés pour se tourner à nouveau vers Reoseb.
– Je ne sais pas pour quelle raison vous êtes allés inventer de telles histoires, soupira-t-il. Mais…
– Nous n'avons rien inventé, protesta Reoseb. Je les ai vus. Vous les avez simplement ratés de peu. Pourquoi aurais-je inventé cette histoire, en effet, si ça n'était pas vrai ? Pourquoi irais-je m'attirer des ennuis pareils en sachant qu'on ne trouverait rien ?
Il toisa son maître de danse qui posa sur lui un regard aigu.
– C'est tout à fait juste, reconnut-il enfin. Mais je ne peux pas sanctionner deux élèves sur vos simples paroles.
Il prit un temps et Reoseb devina que ce serait le moment du verdict.
– Je vous donne à chacun une semaine de retenue, décida-t-il enfin. Une heure, tous les soirs, après le dîner, à partir de demain. Pas plus car je n'ignore pas que vous avez beaucoup de travail.
– Maître, intervint Nichrom.
– Cela vous paraît injuste ? fit le directeur.
– Non, Maître, se ravisa le Pache.
– Parfait. Retournez dans votre chambre. Et pour de bon.
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Le directeur Maxwell eut la délicatesse de ne pas les raccompagner. Avant de rentrer, Reoseb arrêta Nichrom qui l'interrogea du regard.
– Je suis désolé, murmura-t-il. À cause de moi…
Nichrom baissa le nez.
– C'est pas si terrible, glissa-t-il. On aurait pu avoir pire.
– Mouais, sûrement.
– Et puis…
– Quoi ?
Nichrom se redressa pour le dévisager.
– Comme ça, on est quittes.
– Qu'est-ce que tu veux dire ?
Reoseb eut un mauvais pressentiment qui se confirma lorsque Nichrom avoua, dans un souffle :
– C'est moi qui ai renversé ta composition, en cours d'art floral.
La phrase lui tomba dessus comme un coup de bâton sur la tête. L'ensemble des événements survenus depuis défila devant ses yeux. Reoseb songea à sa colère envers Ren. Son désir de vengeance, de destruction. Sa dispute avec Nichrom. Et tout ce qui s'était passé ensuite. Leurs deux cœurs brisés. Un ricanement amer secoua ses épaules. Il secoua la tête et toisa à nouveau son meilleur ami. Il n'avait même pas envie de lui en vouloir. C'était si loin…
– Comme tu dis, approuva-t-il. On est quittes.
Nichrom tendit une main hésitante. Reoseb la regarda sans la prendre. À la place il posa ses bras autour du cou de Nichrom et serra. Quelques secondes s'écoulèrent avant que son ami ne lui rende la pareille.
– On pourrait presque sortir ensemble, toi et moi, gloussa alors Nichrom. On est assortis, nous, au moins.
Reoseb pouffa de rire dans son épaule et se détacha de lui.
– Ça va pas très bien dans ta tête, hein, toi.
– Je suis bien moins déglingué que toi, protesta Nichrom.
– Hum hum.
Échangeant un sourire complice avec lui, Reoseb songea que son meilleur ami lui avait manqué. Soudain, le son lointain d'un conciliabule d'adulte les fit sursauter. Ils reconnurent les voix de Lucky et Bounster qui revenaient de leur tournée des chambres.
Aussitôt, ils se ruèrent dans leur chambre et refermèrent la porte en tremblotant. Pas question de se faire reprendre deux fois à la même bêtise ! Ça serait pathétique.
– Alors ? lança soudain Achille, les faisant sursauter. C'était vous qu'il cherchait, le directeur ? Qu'est-ce que vous avez fabriqué, encore ?
– On s'est fait prendre à se tripoter dans une salle vide, riposta Reoseb du tac-au-tac.
Il savoura la vision d'Achille fronçant les sourcils de dégoût en le dévisageant de haut en bas. À quoi pensait-il donc ? Que ce n'était pas lui qu'on aurait pris avec un disgracieux comme lui ? Ou que c'était une honte de se faire attraper aussi bêtement ?
– C'est une plaisanterie de mauvais goût, je suppose ? fit-il avec dédain.
– Va savoir, se moqua Nichrom, qui était entré dans le jeu de Reoseb.
Achille se détourna en levant les yeux au ciel.
– Mais bien sûr, soupira-t-il.
– Tu ne nous crois pas ? ricana Reoseb.
– Pas une seconde, répondit Achille. Mais si jamais il vous venait l'envie de faire ça ici, faites-le en silence. J'aimerais dormir.
Il disparut dans son lit. Reoseb et Nichrom échangèrent un regard diabolique et ce dernier singea une des mimiques pompeuses de leur colocataire. Reoseb eut un rire silencieux et se laissa tomber sur son lit.
Il avait beau feindre, il se sentait éteint. Et l'image d'Horo Horo et Ren enlacés demeurait dans son esprit comme gravée au burin.
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